Skip to main content

Full text of "Li romans de Durmart le Galois: altfranzösosches Rittergedicht"

See other formats


Google 



This is a digital copy of a book thaï was prcscrvod for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 

to make the world's bocks discoverablc online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 

to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 

are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. 

Marks, notations and other maiginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book's long journcy from the 

publisher to a library and finally to you. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prcvcnt abuse by commercial parties, including placing lechnical restrictions on automated querying. 
We also ask that you: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain fivm automated querying Do nol send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a laige amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attributionTht GoogX'S "watermark" you see on each file is essential for informingpcoplcabout this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are lesponsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countiies. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can'l offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liabili^ can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps rcaders 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full icxi of ihis book on the web 

at |http: //books. google .com/l 



Google 



A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 

précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 

ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 

"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 

expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 

autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 

trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en maige du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 

du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 

Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages apparienani au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 
Nous vous demandons également de: 

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer l'attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 

A propos du service Google Recherche de Livres 

En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse fhttp: //book s .google . coïrïl 



Sec ^(r'i 



y 



e ^-a 







:; 



BIBLIOTHM 



DES 



LITTERARISCHEN VEREINS 



; 



IN STUTTGART. 



CXVI. 



-'Vil '•'/'"•■ 

t ■•: ; .. ■' 

V". .- ^ .x/ 



TÛBINGEK. 



ORDRUCKT AUF KOSTRM DES LITTKRARISCHRN VRRKtKS. 

1873. 



PROTECTOR 
DES LITTERARISCHEN VEREINS IN STUTTGART 
SEINE MAJESTÂT DER KÔNIG. 



VERWALTUNG : 

Prâsident: 
Dr A. V. K e 1 le r , ordentlicher professer an der k. universitât ia Tûbingen. 

Eassier: 
Roller, universitâts-secretar in Tûbingen. 

Agent: 
Fues, buchhândler in Tûbingen. 



GESELLSCHAFTSAUSSCHUSS : 

• 

Professor dr Barack, oberbibliothekar in Strafiburg. 

Greheimer hofrath drBartsch, ordentlicher professor an der g. univer- 
sitât in Heidelberg. 

K. fireiherr v. Cet ta in Stuttgart. 

Sofrath dr Hemsen, director der k. handbibliothek in Stuttgart. 

Dr Holland, professor an der k. universitât in Tûbingen. 

Dr E. V. Kausler, vicedirector des k. haus- und staatsarchivH in 
Stuttgart. 

Dr Elûpfel, bibliothekar an der k. universitât in Tûbingen. 

Director dr 0. v. Klumpp in Stuttgart. 

Dr Maurer, ordentlicher professor an der k. universitât in Miinchen. 

Dr Simrock, ordentlicher professor an der k. universitât in Bonn. 

Dr V o 11 m r in Stuttgart. 

Dr Waitz, ordentlicher professor an der k. universitât in Gôttingen. 



LI ROMANS 



DE 



DURMART LE GALOIS 



ALTFMNZÔ8ISCHES RITTERGEDICHT 



ZUM ERSTEN MAL HERAUSGEGEBEN 



VON 



EDMMD STENGEL. 









FtÎB DEN LITTERABISCHEN VEREIN IN STUTTGART 

NACH BESCHLU88 DES AUS8CHUSSES VOM SEPTEMBER 1871 
6EDRUCKT VON H. LAUPP IN TÛBINGEN 

1873. 



Sec ^^(r^. e, r>a 



t ■ ■ ■< 
Il •• 




/ 



■** 



Moût par estoit de grant hateze 
Et chevaliers de grant proece, 
Joie maintint tôt son jovent 

30 Si venqui maint tornoiement, 
Maint poigneis de mainte guerre, 
Contre tos homes tint bien terre. 
Moillier ot bone et sage et bêle 
Qui tos tens li sembla no vêle ; 

35 Quar il Tavoit par amor prise, 
S'ot nom la roine Andelise, 
Fille al roi de Danemarche. 
Mais très puisque Noe fist Tarche, 
cl: Ne fa dame de sa valor, 

40 Onkes nus ne vit belissor. 
Li rois Tavoit molt désirée, 
Lies fu, quant il Tôt esposee 
Et a li n'en pesa de rien(s), 
Qu'ele Tamoit de fin cuer bien, 

45 Quant par amors vindrent ensemble. 
Ne lor falu. rien, ce me semble. 
Très plaisant vie démenèrent, 
Todis par amors s'entrammerent. 
Li rois por sa tredoce amie 

50 Faisoit mainte chevalerie, 

Por li portoit guinples et manches . 

^ Et chaintures et conissances 

W Ja de li ne fust loins ne près, 

^ Qu'il ne le desiraist ades. 

55 Por lui et por li despisoit 
L'ore, que nus enviellissoit 
Et qu'il les covenra morir, 
Ne l'un de l'atre départir. 
Onques rois n'ama tant roine 

60 De bone amor loial si fine ; 

Quar par maintes fois li sembloit, 
Q'onques de li eu n'avoit 
Fors desiers et douces pensées; 
Lors revenoit a grans j ornées 



65 La ou il la quidoit trbver; 

Quar a li voloit rasembler. 

Quant il estoient a sejor, 

Adont mostroient lor amor 

Li uns vers Tatre dolcement, 
70 Ensemble aloient bien sovent 

A desduit de chiens et d'oisealz. 

Lor siècles estoit bons et beals; 

Quar li chevalier del pais 

Estoient avuech eals todis 
75 Et les dames et les puceles 

Dont il i avoit molt de bêles, 

Notes vielles et chancons 

Avoit todis en la maison, 

Trestot prisoient la covine 
80 Et del roi et de la roine. 

Mais je ne vos conterai mie 

De chief en chief tote lor vie. 

Il avint et bien fa seu, 

Que la roine enchainte fo, 
85 Tôt son termine a droit porta, 

Tant que d'un fil se délivra. 

A cel enfant porter as fons 

Ot molt halz clers et halz barons. 

Quant baptizies fu et levés, 
90 Par nom fa Durmars appelés. 

Molt fu li rois joians et lies 

De son novel fil, ce sachies. 

Mais grans anuis seroit a dire. 
Ne de conter to tire a tire 
95 Comment cil enfes est norris. 
Bien est gardes et bien servis. 
Tant qu'il est venus a XV ans. 
Beals est et gens et drois et grans, 

88 molt halz] hait ist iiu lus. von gleicher hand in halz gebeGert. 



c 2 : Bêles jambes ot et beals piez, 

100 De cors estoit si bien tailliez, 
Que nule riens n'i sofraignoit. 
Lons bras et grandes mains avoit, 
Lonc col et droit et gros et blanc, 
Si n'estoit mie mors de sanc; 

106 Quar sor le blanc visage estoit 
La colors ki Tenlnminoit. 
N'estoit pas leAms ne anscais, 
Vairs ot les ueb, jolis et gais, 
Beal front, bêle boche et beal nez, 

110 Les chevelz blons recerceles. 

Plus estoit clers que nule gemme 
Et si n'ot pas bealte de feme. 
En la semblauce de son vis 
Estoit fiers et antres hardis; 

116 Onques ne engiens ne nature 
Ne fist si bêle créature. 
Sages estoit et envoisies 
Et cortois et bien enseignies. 
Et bealz parliers et clerveans 

120 Et debonaire et acointans. 
Largece et cortoisie a faire 
Ce ne li pot onque desplaire; 
Quar il en estoit costumiers. 
Trestos les filz as chevaliers 

126 De son pais avoit od lui, 
N'i estoient pas a anui. 
Mais a joie et a grant desduit. 
Ensemble menoient grant bruit 
De behorder et d'escremir 

180 Et de riber et de saillir. 

Durmars lor estoit bons compains 
Et si n'avoit mie en desdains. 
Les povres bachelers gentiuz 
Il ne lor estoit mie eskiuz, 

136 Ains lor donoit les riches dons. 



Mais trop seroit li contes Ions 

A deviser tote s'enfance. 

De ce ne sui pas en dotance, 

Que Durmars li plus belz ne fiist 
140 Que Totn a cel tens coneust. 

N'estoit pas d'entule manière, 

De boiz savoit et de rivière; 

Et qui le veist a cheval 

Bien poist dire del vassal, 
145 Conques ne vit si bien séant, 

Si apert ne mielz chevachant. 

De tôt son cuer Tamoit sa mère. 

Et molt estoit bien de son père. ' 

Li rois avoit un sceneschal, 
160 Prodome et vaillant et loial. 

De la blanche cite estoit 

Sceneschaus et si i manoit, 

Molt i avoit riche maison, 
' Palaiz et sale et hait doignon; 
c 3: Li manoirs estoit bien fermes 
156 De halz murs et de grans fosses. 

Li sceneschals estoit molt riches, 

Si n'estoit pas avers ne chiches. 

Sa femme estoit bêle et plaisant 
160 Et si n'ot pas XVIII ans, 

Longe ert et droite et blonde et gente. 

En li acesmer ert s'entente, 

Chantans estoit et envoisie. 

Bien parlans et bien enseignie. 

165 Li sceneschaus estoit d'eage. 
De ce nel tien je mie a saige 
Que si trejou(e)ne feme prist ; 
Quar jov(e)nes viellece despist. 



141 entule] das »t« ist undeutlich. Vielleicht îst zu emendieren: 
l^i fd d^inutile m. 



6 

Bien va le diable chacant 
170 Vielz hom aachies qni prait enfant. 

Chevaliers fa li acenescliaz^ 

Riches est de linage haz^ 

El pais le servoient tôt, 

Li rois Jozefens Tamoit mot. 
175 Pot ce qu'il le sa voit gentil 

Li commande a garder son fil. 

»9eneschaz, co a dit li rois, 
»MoIt estes sages et cortois, 
Grardes mon fil et enseignies, 

180 Je vnel qne ses maiatres soies. 
N'ai cure que filz d[e] vilain 
L'ait en baillie ne en (sa) main; 
Qoar ja vilain n'ierent si riche 
Qoe lor conseil ne soient niche. 

185 Lor enseignement est trop vilz. 
Vos estes saiges et gentilz, 
Gardes mon fil et aprendes, 
Totes les teches li mostres 
Dont i[l] pnet venir a hantece 

190 Et a honor et a proece. 
A vostre ostel descendera; 
Ja boqois nel herbegera. 
Dnsqn'adonc qn'il iert plus senes. 
Trop i verroit de nicetes.c 

196 Li seneschaz ot et entent, 
Que li rois le prise forment 
Et qne tant l'aime de son cuer; 
Qnar il ne vuelt a nesun faer, 
Qn'atres ait son fil en baillie. 

200 Al seneschal nen poise mie, 
Anchois li est et bon et bel. 
Lors enmaine son damoisel 
Li seneschalz a son ostel. 
Et Dnrmars ne desiroit el 



205 Qaa veoir la seneschalisce, 

Molt est lies de si bêle ostesse. 
Or est Durmars et si vassal 
A le maison le seneschal, 
De plusors gius se desdaisoient 

210 Li damisel ki jou(e)iie estoient. 

r237r® c 1: Nirai plus le conte enlongant. 
Durmars aime la dame tant 
Qu'il ne puet mangier ne dormir, 
Force d'amor li fait jehir 
215 A la dame tôt sou pense; 

Lui semble qu'il Tait trop celé. 
La dame de fin cuer Tamoit, 
Mais nus hom ne s'enparciyoit ; 
Quar ele n'estoit pas volage 
220 Si sot bien covrir son corage. 

Un jor estoit aler chacier 
Li seneschalz et arcoier, 
Tôt li valet Durmart ausi 
I alerent, mais ge vos di, 

225 Que Durmars se fait malhaities, 
Quant il voit les palais voidies 
Et qu'il i est sotainement. 
En la chambre entre liement, 
Volentiers s'i abandona, 

230 Le senescbaucesse i trova 
Qui plus estoit bêle que fee. 
Liez est, quant seule l'a trovee. 
Ses meschines et ses pucelles 
Estoient en altres chambreles. 

235 La n'avoit que li seulement; 
En un romans list et aprent. 
Son damisel voit si se lieve. 



215 Ms. penser. 



8 

»A! dame,« fait il, »molt me grieve 

Que vos contre moi vos levés, 
240 Bons jors vos soit hui ajomes 

Si voirement com je le vuel.« 

La dame respont sens orguel : 

»Sire bien soies vos venus.« 

Lors s'asient ambedui jus 
245 Devant un lit qui molt fu bealz, 

Ovres a flors et a oisealz. 

La. dame dist al damisel: 

»Sire moi ne fu mie bel, 

Quant on ne me dist, que vos esties 
250 Vains et pesans et dehaities; 

Je devoi or aler a vos.« 

»Dame molt m'eust este dols,« 

Fait Durmars, »li vostre venirs; 

Quar en vos est tos mes désirs. 
255 Dame vostre grande bealtez 

Et vostre debonairetez, 

Vos dois regars, vostre simplece 

A mis mon cuer en grant destreee. 

Certes dame je n'ai pensée 
260 Qui ne soit a vos atomee. 

Geste amors est sens obliance. 

En mon cuer est vostre semblance 

Et nuit et jor mise et enclose. 

Trop sui hardis, quant dire l'ose; 
265 Mais force d'amors me soprent 

Qui m'a done cest bardement. 
c 2: Et se vers moi vos corecies. 

De mort destroite sui jugies. 

Dame merci. « Et dont se teut 
270 Dumars que plus dire ne peut. 

Adonc commença a fermir, 

Entremesler et a pâlir. 

Quant il n'a pooir de plus dire, 

260 MS. Qui nos ne. 270 que ist in qui zu ândem. 



9 

La dame Tesgarde et remire 
275 De ses bealz uelz molt dolcement. 
Cîolor li vuet muer sovent, 
Sel conoist molt bien a sa chiere, 
A son vis et a sa manière 
Et entent bien a sa parole. 
280 Qu'amors Ta mis a balte escole 
La joa(e)ne dame ne fa mie 
Del respondre trop esbahie. 

»Sire,« dist ele, >ce sachies, 
Trop Ions plais est en la fin nies, 

285 Miech vaut longe joie que corte; 
Je ne pris mie une torte 
Dame qui todis fait proier 
Son ami, puis qu'ele Ta chîer. 
Mielz valt la joie et li desduis 

290 Que Ions respis et Ions ennuis. 
Certes, en lonc detriement 
Ne gaaignent dames noient. 
Mainte en a son ami perdu 
Quil Yossist avoir retenu. 

295 Miech doit om sa joie haster 
Que son tens perdre ne gaster. 
J'ain mielz plus de joie en amor 
Que mains de joie et plus dolor. 
Yos estes sages et vaillans 

300 Et bealz et jou(e)nes et plaisans; 
Puisque vostre amors m'est donee. 
Ne puis estre miech assenée: 
Et se je ne vos fai dangier, 
Ja ne m'en deves mains prisier; 

305 Quar de ce soies bien certains 
Que vos estes li promerains 
Que onkes amasse a nul jor. 
Ne jamais n'aurai atre amor. 

284 En nies] Die beiden »n« undeutlich. 



10 



Je vos ain de fin cuer entir ; 

310 Ja ne le m'oissies gehîr, 

Se (je) n'en fuisse requise avant; 
Quar ce ne fust pas avenant. 
Or est ensi, a vos m'otroi, 
Je vos doins ma pensée et moi.« 

315 »Dame,< ce dist li damisialz, 

»Cis dons me senble asses plus bealz 
Que dons qui onque fust dones, 
De tôt annui sui eschapes.« 

Lors se trait Durmars près de li 
320 Et ele vers lui autresi, 

Par I baisier s'amor li done. 

Li uns plus Tatre n'araisone, 
c 8 : Ains fait chascuns sa volente. 

D'amors se sunt asseure, 
825 Baisent et acolent et rient 

Et lor volente s'entredient. 

L'uns change al altre de jujaz, 

Molt lor semble lor desduis biaz. 

Or a Durmars, quanque il vuet, 
380 Que de nule rien ne se duet ; 

Mais par l'enseignement son maistre 

Ne fist il pas celé uevre naistre. 

Quant il est ore de magnier 

Li maistre serjanz fait drecier 
335 La table et fait Teve doner. 

Lors se sunt assis al disner 

Durmars et la dame ensement; 

Quant il orent a lor talent 

But et mangie, si se levèrent, 
340 A molt grant joie trespasserent 

Gel jor qu'aine ne lor annuia. 

Et li seneschaz repaira 
De la forest ou il ot pris 
II cers si s'est el retor mis. 



11 

345 En la rote le seneschal 

Ot grant noise et grant batestal. 
Cil veneor lor cors sonoient, 
Id vallet Dormart behordoient. 
Tant se desduisent d^nn et d^el, 

350 Qu'il sunt revenu al ostel. 
Li seneschalz est descendus; 
Quant il est el palais venus, 
Son damoisel trueve haitie, 
A grant mervelle s'eu fait lie. 

355 El palais entrent li dansel 
Dusqu'a LX damoisel 
Qui por armes Durmart servoient, 
Molt sunt lie, quant haitie le voient/ 
El palais fu la grans clartés, 

360 Molt i ot cierges alumes 
Et viandes apparillies. 
Lors furent les tables drecies, 
Quant ont lave, si sunt assis, 
N'i a celui, ne soit servis 

365 De riche mes a grant plante, 
Et si ont a lor volente 
Froit vin et sain et aspre et cler. 
Apres mangier ont fait oster 
Les tables, quant il en est tans, 

370 Li plusor font vieler chans 
Et li alquant notes harper 
Et li plusor vulent joer 
As des, as tables, as esches. 
Tel desduit menoient ades, 

375 De jor en jor si faitement 
Se desduisoient cointement. 

Mais a Durmart riens ne plaisoit 
Fors la dame que il amoit 
v*^ c 1 : De fin cuer et ele lui si, 

380 Que nus d'eaz II ne s'en covri. 
Yoiant la gent s'entrebaisoient. 



12 

8i que tretot l'aparcivoient. 
Li seneschaz bien Taparcoit 
Et trestot lor covine voit; 

385 Mais il est de si trehaut cuer, 
Qn'il n'en daigna a nesiin faer 
De rien sa feme chastoier. 
Manoir s'en vait al gaut plenier 
Un molt bel chastel qu'il i a; 

390 Mais sa feme pas n'i mena, 

Ains Ta avuech Durmart laissie. 
Et Durmars faut de compaignie; 
Tos les valles qui o lui furent, 
Li damisel bien s'en parciurent, 

895 'Se lor torne a molt grant anui, 
Trestot se départent de lui. 
Nus n'est avuec lui demores 
Fors uns chaitis I esgares 
Qui demora por lui servir. 

400 Or at Durmars tout son plaisir. 
Puis que il est avuech s'amie. 
Trois ans a mené ceste vie, 
Qu'onques de li ne s'enlonga. 
La gent le blâment ca et la, 

406 Trestot dient, que onques mais 
Ne nasqui si tresbels malvais î 
Car de guerres ne de tornois 
Ne li estoit mie II nois, 
Chevaliers eschisvoit ades, 

410 Ja son vuel ne li fussent près. 

Quant li rois Josefens le sot, 
A grant merveille li desplot. 
Li rois revint de Danemarche 
il ot fait garnir la marche, 
415 Le roialme ot a justicier. 

Siens estoit de part sa mollier. 
n riches roialmes tenoit 



13 

Id rois qui bien les jasticoit, 

n estoit âmes et cremns. 
420 Quant en Gales est revenus, 

Son fil ot blâmer et despire, 

Totes les gens en ot mesdire. 

Tant en a li rois demande, 

Que on li a dit et conte, 
425 Cîomment ses fik.est engignies. 

Li rois en est molt corocies 

I jor a fait son fil mander. 

Qu'il veigne tost a lui parler. 

Durmars i vait, mais s'il osaist, 
480 Molt Yolentiers s'en deportaist. 

N'avoit o lui c'un escuier, 

Âl descendre tint son destrier, 

Durmars est el polais montes, 

Bealz est et gens, grans et levés, 
c 2 : A la mesure qu'il croissoit 
436 Sa force et sa bealtes dobloit. 

El palais avoit chevaliers, 

Serjans, valles et escuiers. 

Quant il voient venir Durmart, 
440 Trestuit en getent lor eschars 

Li uns al altre coiement. 

Et Durmars n'es proisa noient. 

Outre s'en va le chief levé. 

Qu'il n'i a home salue 
445 Deci qu'il vint devant son père 

Qui ne li fist pas chiere clere. 

Devant le roi s'engenoilla, 

Cortoisement le salua: 

»Bois de Gales et des Danois 
450 Bon jor vos doinst dex li grans rois.« 

Li rois respont ireement: 
>Gars, je ne te salu noient. 
Ne jamais jor ne t'amerai 



14 

Beci adont, qB«D toi Yenrai 

456 Proeee et sene et eortœiBie; 
MaÎB de tôt ce n^i voi je mie 
Tn ainneB Inxme et perecae. 
DéfaeB ait beahee aene proeoe. 
Trb beaz malvaifi enten a moi: 

460 Bez que doit faire £lz de roi? 
Il doit amer Ibb chevalierB 
Et honorer et tenir chieis^ 
Domier lor doit ke nchee donfi 
fii doit haïr fims et ielonfi 

465 fii doit le aiecle reabadir, 
Joie et proeee maintenir. 
Fik de roi doit ertre loialz^ 
Dignes et yraÔB et de caer hak, 
He doit estre luxmioB; 

470 Qiuir c est I pkûs vîh et hontoz. 
Tn £bîb pechie molt desloial 
I)e la femiTif» le aeneschal 
Que ta tiena, molt m'en esmervel. 
Ce n'eat mie par son conael; 

475 fie ta le aeneachal creoies, 
Ja sa feDQLme ne li torroies. 
Mais il iTen daigne semblant ùâre^ 
Ne parler de ai &it a&ire. 
E! quar laÎMe ester ta folie, 

460 fii feras sens et corioisie, 

Fais remander les damoisealz, 
Tos les LX jovencialz 
Qne je fis o toi demorser 
Por toi servir et honorer. 

465 Trop tempre lor donas congie 
fii m'en as forment corocie, 
Bamande les hastivement 
Et je te di sens faillement, 
De ci a II ans te ferai 

480 ChenilBer si t'adoberai, 
c 8: Toi eentisme des oompaignons. 



15 

Por ce est li respis si Ions, 
Qu'entreci et dont conoistras 
Des armes et aprenderas. 

495 Et se ta vnelz a el entendre 
Del atrui te covient despendre; 
Car del mien n'auras n'i ja point, 
Tant com tu soies en cest point. 
Ne te donrai ne nn ne el, 

500 Ne n'enterras en mon ostel. 
Et se ta par ontrequidance 
Ne par nule desmesurance 
Prens de mes homes ne del mien, 
Je te ferai, saches tu bien, 

505 De ma chartre veoir le fons. 
Je t'ai mostrees II raisons, 
Tien te a lequele (que) tu yielz; 
Biai m'est, se tu en fais le mielz.< 

Durmars a al roi respondu: 
510 »Sire bien vos ai entendu, 

Molt me plaist vostre ensengnemens, 
Vos m'aves dit raison et sens, 
Vostre chastoi ne hac je mie. 
Mais asses miech me plaist m'amie 
515 Cui je maintien et maintenraî, 
Ja vostre consel n'en crerai.< 
Li rois respont sens longe fable: 
»Je te commant a vis diable; 
Puis que tu vuelz estre malvais, 
520 Enlonge moi si me tien pais.« 

Lors s'est Durmars en pies levés. 
Par maltalent s'en est tornes. 
Del palais ist, tost s'en torna, 
Qu'onkes a home vl\ parla 
525 Fors a son père seulement. 
Del ui se part ireement, 
Droit a s'amie s'en revient. 



16 

D'autre choze ne li sovient 
Que de li et de son solas. 

530 Ele racole de ses bras, 

Quant il est revenus de cort. 
»Dame,« fait il »a quel qu'il tort 
Tos jors serons nos mais ensemble, 
Âtres desduis bons ne me semble 

535 Que li vostre cors.« sel baisa, 
Tôt le chastoi lors li conta 
Que ses pères li avoit fait. 
De chief en chief li a retrait. 
»Sire« fait ele, »ne vos chaut, 

640 Mes cors ne m'amors ne vos faut; 
Et quant vostre pere(s) morra, 
Li roialmes vos eschara. 
Lors s'assient après ce mot 
A uns eschais d'ivoire gros, 

645 Joent desus un eschequier. 

Mais trop vos poroit annuier, 
f 288 r® c 1 : Se tos lor fais vos racontoie, 
Molt de ma paine i gasteroie. 
Co est et par jor et par nuit, 

560 Qu'ensenble mainent lor desduit. 
Durmars engage les mantiaz. 
Les chaintures et les jojaz; 
Quar a despendre rien n'avoit. 
Se la dame ne li donoit. 

555 Entre lui et son escuier 

N'avoient c'un ronci trotier. 
Tôt li chevalier del pais 
Dient, que Durmars est faillis 
Qui mener deust halte vie 

560 Et maintenir chevalerie. 

Mais de tôt ce ne faisoit rien; 
Li gentil home dient -bien. 
Que li roialmes iert perdus, 
Tantost qu'il iert a lui venus; 



17 

565 Molt aimeut la vie son père. 
Revenir vuel a la matere. 

Vait s'ent ivers, estez repaire, 
Que li bealz tens suef s'esclaîre, 
Li boiz et li vergier florissent, 

570 Des chans des oiseaz retentissent. 
Ce fu al prinstens en paschor 
Que li rois estoit a sejor 
 la blanche cite en Gales, 
Todis avoit plaines ses sales 

575 De chevaliers et de desduit. 
Ne croi pas, que ne li anuit 
De son fil qui si est remes. 
Par un matin s'estoit levés 
Durmars et vestus et chacies, 

580 Ses chevealz a aplanoies. 

De la chambre s'entre el palais 
Qui molt est riches et biaqf^, 
A une fenestre s'apoie. 
Voit el pre Terbe qui verdoie, 

585 Voit le tens bel et le jor cler. 
Si ot les aloes chanter 
Qui vers le ciel montent chantant. 
De mainte chose vait pensant. 
Durmars qui les chans escolta, 

590 Tôt son afaire recorda. 
Molt li desplait et desagree 
La vie que il a menée. 

Il en appelet son vallet: 
»Vien cha tost a moi Dionet.« 

595 El Diones molt tost i va. 

Durmars li dist: »0r enten cha, 
Si m'ai dex, bien sai et voi, 
Que c'est grant damages de moi. 
Je sui filz a si tresprod ome, 

GOO Et l'on ne poroit dusqu'a Rome 



Dirman 



18 

Trover si malvais com je sui ; 

Car je ne fai bien a nului, 
c 2 : N'a chevaliers n'a altre gent, 

Mes af aires ne vant noient. 
605 Je deusse estre chevaliers, 

Passe a trois ans tos entiers ; 

Et se sai bien certainement, 

Que je deusse hautement 

Chevalerie maintenir 
610 Et tôt le pais resbaudir. 
" Trop ai ceste amor maintenue, 

Je doi mais bien issir de mue, 

Miech ain de la dame a partir 

Que moi abaissier ne honir; 
616 Quar on doit bien Tamor laissier 

Dont on ne fait fors empirier. 

La gent me blâment, bien le sai, 

Ja por ce ne m'esmairai; 

Quar trestf^ cil qui blâme m'ont 
620 Ains demi an mé proiseront. 

Si vivent et je sui vivans, 

Chascuns iert de moi biendisans. 

Li rois est en ceste cite 

Lasus en son palais pave, 
626 Gr'irai a lui et si sarai, 

Comfaite amor g'i troverai. 

Se li rois ne me vuet aidier, 

Ge m'irai allors porchacier. 

Ge ne sui mie en trop grant soing, 
630 Que je ne truisse ou près ou loing 

Qui tost me fera chevalier; 

Et je sai de voir sens quidier. 

Que, quant je serai adoubes, 

Ancois que li ans soit passes, 
636 Ferai je tant par ma proece. 

Que mes pères ara tristece 

De ce qu'il ne m'ara aidie, 

Mais de mon pris se fera lie. 



19 

Nus ne se doit désespérer, 
640 Mais plus et plus al bien penser.* 

Diones li respont: »BeaIz sire, 

Je vos o sens et raison dire; 

Mais quant li hom dist sens et bien, , 

Si ne le fait, ce ne vaut rien. 
645 Vos n'aries jamais honor 

De tenir ci plus lonc sejor, 

Aies a cort, ne dotes ja. 

Vostre père molt lies sera, 

Se il vos voit a bien entendre, 
650 Ne sares mie tant emprendre, 

Cum il vos osera aidier; 

Car il a le cuer haut et fier. 

Durmars respont: »Tu as bien dit. 

Je vois a cort, se dex m'ait. « 

655 Que que il parolent ensi, 
La dame de la chambre issi, 
D'un blanc diaspre ert acesmee. 
Si ot une manche affieblee, 
c 3 : I cercle d'or qui molt fu bialz 

660 Ot mis desor ses blons chevalz; 
Ele voit Durmart trepensiv. 
»Beals sire,€ fait ele, podiv, 
Quar me dites que vos penses.« 
>Dame,€ fait il, »bien le sares, 
• 665 Je m'en irai a la cort ja 
Savoir, se li rois m'aidera, 
Tant que je me puisse mostrer 
Al siècle et haltement ovrer. 
Et por mon père losangier; 

670 Me co vient de vos eslongier; 
Car ja li rois ne m'aideroit, 
Tant cum il o vos me saroit. 
Dame je vos puis bien amer 

656 Ms. de la da chambre. 



20 

Sens tqjors o vos demorer, 
675 Je m'envois, a deu vos cornant. « 

La dame respont en riant : 
»Bialz douz amis, vos en ires, 
Je ne sai, quant vos revenres. 
Mais je vos di bien sens mentir: 

680 Tant com je vos sarai entir 
Et vers moi fin amant et vrai, 
De tôt mon cuer vos amerai; 
Et se je truis en vos bobance, 
N'ai[e]s ja puis en moi fiance, 

685 Je ne quit pas por vos derver, 
Ains m'en sarai bien déporter. 
Ne vos en requis premeraine, 
Assi ne ferai jo derraine. 
Deu proierai par sa merci, 

690 Qu'il me racort a mon mari.« 

»Dame,« fait Durmars, »vos dires 
Trestot ice que vos vodres.« 

IL 

A tant s'est de li départis. 
Sens baisier est li congies pris. 

695 Ele ne l'en tint pas trop tort; 

Durmars s'envait droit vers la cort 
Mais de la dame vos di tant, 
Qu'ains nus ne vit a son semblant, 
Qu'ele de celé départie 

700 Fuist dolante ne corecie. 

Je ne sai que ses cuers pensa. 
Mais onque semblant n'en mostra. 
Parmi le marchie qui fu lez 
S'en est Durmars outrepassez ; 

705 Borjois et dames l'esgarderent, 
Li un as atres le mostrerent. 
Coi[e]ment dient: Vez le la 

707 Ma. coiment. Vgl. 441, 822 u. s. w. 



21 

Celui qui ja bons ne sera. 

Quel oir a nos sire engenre? 
710 Icil maintenra le règne 

Àssi cum une chamberiere.« 

Cest mot disoient en derrière; 

Mais Durmars les plusors oi, 

Si ^ue tresbien les entendi. 
▼•cl: Il et ses valles tant errèrent, 
716 Qu'el hait palais le roi entrèrent. 

Li rois fu d'une chambre issus 

Ou il ot ses consealz tenus. 

Cel jor fu esclariement, 
720 N'ot od lui chevaliers que cent; 

lui ot dames et puceles 

La roine L bêles 

Qui tos jors avuec li manoient, 

Bien et volentiers le servoient. 
725 Et trestote celé maisnie 

Fu desduisans et envoisie. 

Quant Durmars el palais entra, 

Tote celé gent i trova. 

Li plusor furent en estant, 
730 Et si seoent li alquant, 

N'avoient cure de tristor, 

Ains escoltent I jugleor 

Qui vielle par le palais, 

Je ne sai ou notes ou lais. 
735 Les dames et li chevalier 

Qui furent el palais planier 

Voient Durmart qui est venus; 

Ains plus belz hom ne fu vens. 

Plus de L se levèrent, 
740 Encontre lui molt tost alerent. 

Si Tont haltement bienveignie, 

Et il a loi d'ome enseignie 

A trestos lor salus rendi; 

Ne fist pas semblant esbahi, 



22 



745 Âins s'en ala molt tost avant 

La ou il vit le roi séant, 

Si cam il dut le salua. 

Âins li rois ne le regarda, 

Ne de riens ne le respondi. 
750 Et Durmars le laissa ensi, 

Vers la roine en va todroit, 

Et quant la roine le voit: 

>Bealz filz,« fait ele, »bien veingnies, 

y eues avant, si me baisies.« 
755 »Dame,« fait il, »deus vos doinst joie 

Si tregrande, con je voldroie.« 

Tresdevant li s'engenoilla. 

Et la roine le baisa 

Plus de VII foiz en I tena[n]t. 
760 Durmars se redrece en estant. 

Si vait (en)contre les chevaliers. 

Lors fu aprestes li mangiers. 

Par le palais les tables, metent 

CSl qui par droit s'en entremetent. 
765 Blanches napes, coutelz et sel 

Veissies aval cel ostel. 

Et Durmars saisi un bocler, 

Si vait al roi Teve doner; 

Et li rois maintenant lava, 
770 Onques a son fil ne parla, 
c 2: Vers la roine Durmars vient. 

Si porte le bocler et tient. 

El palais ot un escuier, 

Filz estoit a un chevalier, 
775 Li escuiers fu molt estolz 

Et fel et deputaire et rolz. 

Vient a Durmart, se li esrache 

Le bocler et des mains li sache. 

Puis li a dit: »Sire vassal, 
780 A la feme le seneschal 

Deussies vos Teve doner, 



23 

Nos le vos ferons esposer. 
Je ne vos quit mie si digne, 
Que vos doies servir roine.« 
785 Durmars voit, que cil le laidinge, 
Hauce le poing, si le blastinge, 
Tel col li done enmi le piz, 
Que cil chai tos estordiz, 
Efc, quant cil quide relever, 
790 Durmars le va de pie boter. 
Si le rabat tôt estendu. 
Ja Teust mort et confundu, 
Quant li chevalier li tolirent 
Qui por li socorre i sorvinrent. 

795 «Garçons malyais,^ ce dist Durmars 
>Mo1t esties folz et buinars. 
Quant tu vers moi t'osas enprendre; 
Je te ferai ardoir ou pendre. « 
Li eschuiers est desconfis, 

^ Tomes s'en est tos esbahis. 
Et la roine lors parla: 
>Par mon chief,« fait ele, »cis a 
Reciute ore mavaise estrine, 
D entreprist maie aatisne. 

W6 Nus biens ne vient al chief del tor 
D'estriver contre son saignor.« 
La roine s'en va manois 
Seoir pardesus un hait dois. 

Par le palais trestot lavèrent; 
^10 Quant sunt assis, lors aporterent 
Les mes qui la dierent servir. 
Durmars va un cotel saisir, 
Si va devant le roi trainchier. 
Les dames et li chevalier 



794 Von gieicher hand spâter nachgetrageD, dafîir blieb die letzte 
leile der spalte onbeschrieben. 803 palàographisch zul&ûig wftre auch 
ertriue und escrine. 811 Ma. mes cil qui la, aber cil ist darchgestrichen. 



v: 



24 

S15 Et les pocelles endement 
Le Toient si bel et si gent. 
A mervelle Font esgarde, 
Por ce qu'il ot si grant bealte: 
Et de plusors dames ot la 

B20 Dont ehascnne le convoita. 
Molt consiUierent li baron, 
Ck>ienient dient sens tencon : 
> Voies, com nostre damoisiaz 
Est plaisans et apers et biaz; 

825 Mais nos tenons a grant damage 
De ce qu'en lui n'a vasselage.c 

c 3: Ensi de Durmart consilloient 
Et mainte chose en devisoient, 
N'ai cure de plus eslongier. 

830 Quant ce vient après le mangier 
Les tables ostent, ce fu drois. 
Maintenant a lave li rois, 
Apres fa li vins aportes 
A copes d'or et a grans nés. 

835 Li rois et la roine biurent 
Et cil et celés qui la furent. 

Durmars s'en vait al roi parler, 
Molt sot bien sa raison conter. 
Ge ne sai pas, quant qu'il dist la; 

840 Quar les plusors mos consilla. 
Mais tant parole sagement, 
Que H rois l'escolte et entent 
Et molt volentiers parler l'ot. 
Il li respont al premier mot: 

845 »Vuez tu donc a bonté entendre, 
Poroit nus biens en toi descendre.* 
>A! Sire,« Durmars li respont, 



845 auch dont palftographisch zulâBig, wie ûberhaupt t iind c 
kanm za unterscheiden sind. 



25 

»De nule rien en tôt cest mont 
N'ai ju si tresgrant desirier 
850 Com de mon pris a avancier; 

£t s'onque mais n'en fiz semblance, 
Ce m'a fait jonece et enfance. 
Qu'or me reconois et bien sai, 
Que mon tens mal despendu ai, 

355 Je sui de la dame pari;is 

Por qui je perdoie mon pris, 
Onque de li n'avanchai rien.« 
»Certes,« fait li rois, »tu dis bien. 
Laisse l(e) atant si te recroi, 

860 N'est pas amors de fil a roi 
Vers la feme d'un vavassor. 
Filz de roi doit avoir amor 
A haute pucelle roial 
Ou a roine emperial; 

865 Mais vavassor et bacheler 
Cil doivent haut et bas amer. 
De fil a roi n'est pas ensi. 
Quant je fu jones je tendi 
A fille a roi de haut parage, 

870 Tant que je l'oi par mariage. 
.C'est vostre mère, je Tain tant, 
Que tosjors va l'amors croissant. 
Ele m'a molt proie de ti, 
Et certes por l'amor de li 
^7^ Oui filz tu es t'aiderai gie.« 
Lors a li rois son fil baisie, 
Atant est la pais atiree 
Et la haine pardonee. 
Tôt cil del palais en sunt lie, 
^ Or a Durmars bien esploitie. 

Molt en est la roine lie. 
Le roi baise plus d'une fie 
f.23dr»cl: Et dist, qu'ele at grant desirier 
De veoir son fil chevalier. 



26 

885 »DoTice amie,* ce dist li rois, 
»I1 iert chevaliers ains II mois; 
Quant vos a certes le voles, 
A Pentecoste iert adobes. 
Âsses est cis termines cors, 

890 Mains i a de LX jors. 

Quant Durmars ces mos entendi, 
Dedens son cuer s'en esjoi, 
Tos ses valles a remandes. 
Derechief sunt a lui remes, 

896 Chevalier seront avuech lui. 
D'une chose bien certains sui, 
Que Durmars vuet querre son pris. 
Il est envoisies et jolis. 
Larges et frans et debonaire 

900 Et si biaz, que nel sai retraire. 
Bel set les chevaliers tenir 
Et par doner et par joir. 

Un jor ala parler al roi. 
»Sire,« fait il, »entendes moi, 

905 De la feme le seneschal 

Vos proi por deu Tesperital, 
Qu'a son mari le racordes 
Et vostre conseil i metes.* 
La roine ces mos entent. 

910 »Sire,« dist ele, »penses ent,« 
Li rois moJt vôlentiers l'otroie 
Et por son seneschal envoie, 
Et sa moUier assi mandèrent, 
Tant qu'a I jor les assemblereut. 

915 Mainte parole i ot retraite, 
^ Et tant que la pais i fu faite, 

Onkes li seneschaz ne fist 
Semblant, que sa feme haist. 
lui l'enmaine a son hostel, 

920 D'orenavent conterons d'el. 



27 

Li douz mois de mai est entres, 
De biaz jors est enlumines, 
Li rosiers florist et li glais, 
Molt est ois tens jolis et gais. 

H25 La flors de lis naist et blanchoie, 
Li roseignoz maine grant joie. 
Li rois Jozefens fait mander 
Tos ses barons et assembler, 
A sa cort assemblent et vienent 

030 Tût cil qui de lui terre tienent. 
La roine pas ne s^oblie; 
Car les dames somont et prie 
Et les pncelles de parage, 
Mainte en i ot cortoise et sage. 

033 Tûtes celés de son pais. 
I sunt venues, ce m'est vis, 
Todroit al jor de Pentecoste. 
La gens s'asemblet et ajoste 

c 2 : A la blanche cite en Gales. 

9J0 Totes sunt joncies les sales 
De roses et de flors de lis 
Et de frez jons novels coillis, 
N'i a chambre ne soit joncie 
Et richement apparillie, 

W5 De la cite fu li marchies 

De fresche herbe trestos joncies 

Et les rues tôt atresi, 

Cel jor i ot maint gin basti. 

Moult fu la cors grans et planiere, 
050 Gens i ot de mainte manière, 
De bachelers et de barons 
I fu molt grande la foisons. 
La ot mainte robe envoisie. 
Mainte d'orfroi, mainte trechie 
056 Mainte vaire, mainte d'ermine. 
La cors me sembla pas frarine, 
Mil chevaliers i ot et plus 



28 

Bien acesmes et bien vestus 
Et mil que dames que pucelles 

960 Vestues de robes novelles. 

Ains que Durmars fuist adobes, 
S'est il en son cuer porpenses, 
Qu'ordenes de chevalerie 
Doit estre de grant saignorie. 

965 Â un eveske (se) confessa, 
Sains esperis li consilla, 
De celle chose molt bien fist. 
Li contes me tesmoinge et dist, 
Que lors fu chevaliers novels 

970 Lui centisme de jovencels, 
Aie sunt a la haute messe. 
La presse fu grans et espesse 
Des chevaliers qui messe oirent, 
Durmart regardent et remirent 

975 Et trestot cil qui Tesgardoient 
Li uns as altres le disoient, 
Qu'onques en la crestiente 
N'ot home de si grant bialte. 
Chances avoit d'un noir samis, 

980 D'un(s) dra[p](s) de soie fu vestis 
Batue a or, forre d'ermine, 
La penne ert fresche et clere et fine 
Et li coliers fu sebelins. 
Fermai ot d'or a clers rubins, 

985 Sa chainture si ert de soie, 
Chascuns membres i reflamboie 
Qui d'or i est mis et fermes, 
Molt est Durmars bien acesmes 
Et molt semble bien chevaliers. 

990 Les dames ont les cuers ligiers 
De lui esgarder et veoir, 
Chascune le vossist avoir. 

Quant l'autre messe fu chantée, 
Del mostier s'en est retomee 



29 

c3: Tote la grans chevalerie. 

996 La fors ot une praerie 
Qui devant la cite estoit, 
Molt grans raingies i avoit 
D'arbres plantes haus et foillis, 

1000 Chascuns ert de novel floris. 
Mais ne sai pas dire le nombre 
Des gens cni il rendissent nmbre, 
Desore chantent li oisel, 
Dex fist le tens et cler et bel, 

1005 Vers est li prez et plains de flors 
Qui sunt de diverses colors, 
Par lius i avoit fontenelles 
Qui molt furent cleres et bêles, 
Li lius estoit molt delitables, 

1010 Drecies i estoient les tables 
Et desos les arbres assises; 
Et quant les napes furent mises, 
Lors veissies Teve doner, 
Dames et chevaliers laver. 

1015 Quant ont lave, seoir s'en vont, 
Li seneschal lor mestier font, 
Trestot cil qui servir dévoient 
Sachies, que pas ne s'en faignoient. 
Desos les arbres sunt assis 

1020 Duc et conte, prince et marchis; 
Rens i avoit grans et planiers 
De dames et de chevaliers 
Et de molt cointes damoiseles. 
La servoient II C. puceles, 

1025 Jones, blondes et eschevies, 
Totes enpurs les cors vesties 
Et ducqu'a IIC. chevalier, 
Jone bacheler et legier 
les pucelles vont servir. 

1030 Et si vos di sens escharnir, 
Que a chascun mes aporter 
Les oissies en hait chanter 



30 
Chanson d'amor(s) bien envoisie. 

La fu joie bien essaucie, 
1035 La n'ot estrive ne tencie, 

Assez i ot but et mangie. 

La ne vit om nulai foler, 

Ne l'un desor Tatre boter. 

Et si vos di trestot por voir: 
1040 Li uns puet Tatre bien veoir 

Des rens et de celés qui sisent, 

Et après mangier s'entremisent 

Li serjant des napes oster. 

Dont i oissies atemprer 
1045 Mainte harpe, mainte vielle, 

Molt fil la joie grans et belle. 

Tôt li escuier vont monter, 

Cel jor veissies boorder 

Mil damoiseaz frans et gentiuz. 

1050 Tant dure la feste et li giuz, 
Qu'il est plus de none passée, 
v** c 1: Une grande noire nuée 

• Commença le jor a torbler, 
Et si fist semblant de toner. 

1055 Li rois que Ton tenoit a sage 
Ne vot pas atendre l'orage, 
A sa gent dist: »Tost en alons, 
En nostre cite nos metons.« 
Quar li acesme s'en plaindroient 

1060 De cest ore, s'il Tatendoient. 
Sor II molt riches palefrois 
La roine monte et li rois. 
Lors montent dames et puceles 
Et chevalier et damoiseles, 

1065 Trestot s'enforcent por l'ore. 

Voirs est, que tant se sunt haste. 
Que par la maistre porte entrèrent 
En la cite que près troverent. 



31 

Durmars en est li plus lontains, 
1070 Venus i est trestot derrains 

Et sist desor un grant destrier, 

Si parloit a un chevalier 

Qui maint afaire li ot dit. 

Devant la maistre porte vit 
1075 Durmars un grant vilain ester, 

n le commence a esgarder, 

Por ce qu'onques mais n'ot veu 

Si grant home, ne si corsu. 

D'une esclavine ert affiebles, 
1080 Bordon ot gros, si fu ferres. 

Cil hom estoit tos blans chanus. 

Sa barbe li avenoit jus 

Plus d'un pie aval sa poitrine; 

Quant il voit Durmart, s'i l'encline 
1065 Et puis par EU fois se seigna 

Et contremont sa main leva. 

Et dist: »Je voi ci la merveille, 

Mais ce[le] n'est mie parelle 

Al atre merveille que vi, 
1090 L'autre est plus grande de cesti.« 

Durmars s'areste al pèlerin. 
»Prodom,« fait il, »di moi la fin : 
Quelz mervelle est ce que tu voisV 
Por quoi te seignas tu III foisKc 

1095 »Sire,« fait il,« sens contredit 
Vos sera ja conte et dit 
Par queil raison je me seignai, 
Senz eschamir le vos dirai. 
Je tien a merveille provee 

1100 Vostre bealte démesurée. 
Vostre beatez passe mesure. 
Si est mervelle tote pure, 
Si que l'on s'en doit bien seignier 
Et durement esmervillier ; 
1105 D'autre rien ne me mervillai, 



32 

Quant je vos vi et encontrai. 
Or vos ai dit et demostree 
Grant partie de ma pensée, 
c 2: L'une des mervelles saves, 
1110 Mais Tatre est plus grande asses.« 
»A!« fait Durmars, »j'ai bien vi 
Chu que tu m'as conte ici ; 
Mais se dex te doinst joie avoir, 
Volentiers voldroie savoir 
1115 Del atre merveille plus grande. « 

»Sire la roine d'Irlande 
Ele est si bêle et si bien faite, 
Que ne porroit estre retraite 
Sa grans bealtez enluminée 

1120 Qui sor totes est esmeree. 
Ele at de béate sormontees, 
Trestotes celés qui sunt nées ; 
Mais dex me m'a mie done 
Tant de sens ne de dignité, 

1125 Que je deusse deviser 

Sa grant bealte ne raconter. 
Sa bealtes est et simple et lie 
Jolie et doce et envoisie. 
Sa bealtez n'est mie volage, 

1130 Ne esbahie, ne umbrage 
Ains 6((t clere[e] especialz. 
Et si senble digne et loialz. 
Ele est de cors si aven ans 
Et de membres si treplaisans, 

1135 Que nus n'en saroit conte rendre; 
En sa béate n'a que reprendre. 
Nus ne la doit bealte nomer. 
Mais fine mervelle clamer. 
Et se n'a pas XVIII ans 

1140 La tresbele la tresvaillans, 

Bien sai, que onques n'ot mari. 
MiCîs ne doit estre sens ami ; 



33 

Quar c'est la plus bêle del mont 

De trestotes celés qui sunt. " 

1145 Et vos qui de béate passes 

Tos les homes que j'ai troves 

Deves bien amer la plus bêle 

Qui roine est et jovencele. 

Reine est et vos filz de roi, 
1150 Si avenroit bien, que vos doi 

Eussies ensemble ajostees 

Vos II béates et assemblées. 

Et certes, s'ensi avenoit. 

Très tos li mons en parleroit, 
1155 Si en séries de plus hait pris, 

Se de s'amor esties saisis. 

Se vos pensies a grant proece. 

N'a grant vigor n'a grant hatece, 

Ja por nul péril ne lairies, 
1160 Que vos maintenant n'alissies 

Querre la trebele roine; 

Quar c'est une merveille fine.« 

Durmars a trestot entendu. 

Quant que cil li a despondu. 
^^' >Prodom,« fait il, »or enten cha, 
^Ï66 Bien sai, plusors roines a 

Manans en la terre d'Irlande; 

Car c'est un isle molt tresgrande* 

Mais di moi tost sens lonc sermon, 
^^70 Comment celé roine a nom.« 

>Sire,« fait cil, »ne sai que dire, 

Mais assi m'ait nostre sire 

Al jor que je le pou veoir. 

Je mis trestot en nonchaloir 
^175 Le nom de li et des chastialz 

Dont ele a molt riches et bealz. 

»Prodom,« fait Durmars, »quar m'i mainne. 

»Sire,« fait cil, »por nule paine 

Que je seusse deviser 



34 

1180 Ne vos i sauroie mener; 

Que molt i a félons passages 
Et desYoians et trop savages. 
Mais se vos querre le voles, 
Si chevachies trestos armes; 

1185 Quar trop troveres aventures, 
Perillozes et fors et dures. 
Mais je ne quit, que vos soies 
Si proz, que tel faiz encliargies.« 
»Certes,« fait Durmars, »si ferai, 

1190 Trestot le fais enchargerai 
De li querre et de li amer, 
Del tôt me vuel a li doner. 
Dorénavant sui ses amis, 
Loins est li ainz dont je sui pris; 

1195 Aportees m'as telz novelles 

Qui molt me sunt bones et bêles, 
Et tu i dois bien gaaignier.« 
Lors li a fait G solz baillier 
Son ehambrelaiu qui lez lui fu 

1200 Et son mantel a or batu 
Qui tos fu d'ermines forres. 
Or est li vilains bien loes, 
Monsaignor Durmart en mercie 
Et si près de lui s'umelie, 

1205 Qu'il li baise le destre pie. 

Lors l'encline, si prent congie, 
Atant s'en part sens plus atandre. 
Je ne quier plus a lui entendre. 

De monsaignor Durmart vuel dire, 
1210 II est sens annui et sens ire; 
Car une jolie pensée 
S'est en lui mise et arestee. 
Trestot en chevachant pensa, 
Onques nus ne le destorba, 
1215 Ce li abeli durement. 

Très devant le palais desceut. 



35 

• 

Assez est qui son cheval tient, 
Et mesire Durmars s^en vient 
Ens el palais qui molt es gens, 

1220 Molt i traeve de bones gens, 
f240r®cl: Harpes i sonent et vielles. 

Dames i dansent et pucelles. 
Â.tant vient mesire Durmars, 
Et li chevalier de cent pars 

1225 Encontre lui tost se levèrent, 
Si cum il diurent, Tonorerent, 
De molt bel respons Tout trove 
Tût cil qui ont a lui parle. 

Mais dire me covient avant 
1230 Mesire Durmars maintenant 
Yoiant les barons s'abaudone 
Si près del roi, qu'il Taraisone. 
»Sire,« fait il, »sens demorer 
Me faites mais armes doner, 
Ï235 Es si me faites sens targier 
Vostre millor cheval baillier.« 
»Beaz filz,« ce respondi li rois, 
»Ja n'est il guaires de tornois 
Por coi vos doies armes prendre.* 
'-*0 »Sire,« fait il, »sens plus atendre 
M'adobes, u je m'en irai 
La ou jamais ne vos verrai. « 
Et li rois respondi sens ire: 
»Beaz filz dont vos covient il dire, 
"^^ Quele aventure vos querres.« 
»Sire, quant je serai armes, 
Adont le vos dirai je bien, 
Ja devant ce n'en sares rien.« 

La roine est molt trespensee, 
^^ De son fil est espawiree, 

Ele ne set que il vuet faire. 
Mais ci me covient de li taire. 



36 

• 

Qaant li rois vuet son fil haster, 
Ses armes li fait aporter. 
1255 Et mesires Darmars osta 
Son bliat, et on li bailla 

I porpoint molt riche et molt bel 
D'un vert samit cler et novel. 
Mesire Darmars Ta vestu, 

1260 Se Ta bien lacie et cosu, 

Coûte pointe de soie prendent 
Dui chanbrelain, se li estendent 
Deseure les fres jons novials 
Ens el palais qui molt fa bialz. 

1265 Mesire Durmars s'est assis 
D'amors et de joie peusis, 
Chaces de fer li ont lacies 

II pucelles bien envoisies, 
Dui cheyalier li ont chaucies 

1270 (Uns) [II] espérons d'or en ses pies; 
Et puis a vestu en estant 
Un blanc hauberc molt bien séant 
Fort et ligier de bone maille; 
Lors li lacierent la ventaille 

1275 II pucelles bien acesmees, 

Se li ont bien les mains armées; 

c 2: Puis vesti sa cote a armer 

D'un vermel samit d'outre mer, 
Liepars d'or i avoit corans, 

1280 Fres et clers et rescintelans. 
Mesire Durmars fa en pies, 
Grans est, apers et bien taillies. 

Uuant la roine son fil voit 
Si bel et si gent et si droit, 
1285 De lui servir ne s'est pas fainte. 
Une cainture li a cainte 
De soie a membres d'or ovres. 
Riches pieres i ot asses. 
>Bealz filz,« fait ele, >je vos proi, 



37 

1290 Cest joel portes de par moi 
Et si soies mes chevaliers. « 
>Dame,« fait il, >molt voleiitiers.« 
Lor le baise plus de VII fois. 
A ces paroles vint li rois, 
1295 Si vait son fil chaindre Tespee; 
Onques miedre ne fu portée 
Ne en tornoi, ne en bataille. 
Et par deseure la ventaille 
Li ont fait lacier et fermer 
1300 I helme fort et dur et cler 
Qui freschement fu toz dores. 
Li helmes estoit corones 
Dune riche corone d'or 
Les pieres vale[n]t I tressor 
Qui flamboient en la corone. 



1305 



Et li rois son fil araisone: 
»Beaz filz, or estes vos armes, 
Or me dites, on vos ires.« 
»Sire rois, je le vos dirai, 

^^^^ Sachies de voir, que je querrai 
La bêle roine d'Irlande ; 
Car fine amors le me commande. 
C'est la mieldre et la plus bêle 
Qui soit ne dame, ne pucelle, 

lois Ele est bone et bêle a devise. 
Présenter li voiz mon servise; 
Car je soi siens trestos entiers. 
Mais ja valles, ne chevaliers 
Ne venra en ma compaignie; 
w2o Quar je ne vuel pas, que Ton die. 
Se je truis alcune aventure 
Qui soit perillose, ne dure, 
Que li uevre soit achievee 
Fors por moi et por ma pensée; 
^^25 Quar se je chevahers menoie 
Et je aventures trovoie 



38 

Ou j'ocezisse X gaans, 
Ja n'eu seroit mes pris plus graus; 
Ains diroit oui communal ment, 
1330 Que ce seroit fait par ma gent.« 

Quant li rois entent ces paroles, 
A pou qu'il ne les tint a foies. 

c3: »Bealz filz,« fait il, »en tôt Yrlande 
Qui si par est et large et grande 

1335 Ne sai roine a marier, 

S'a vostre cors le vuel mander, 
Que lues ne vos soit envoie. 
Mat en feres chevalerie.* 
»Sire,« fait il, »ce n'a mestier; 

1340 Je n'ai cure de plus targier, 
Querre voi? la bêle roine; 
Que li cuers me dist et devine, 
Ke par li serai honores. « 
»A!« fait li rois, »quar me nomes 

1345 Celle vostre novelle amie.« 
»Sire son nom ne sai je mie, 
N'onques encore ne la vi. 
Mais tôt mi penser sunt a li. 
Quanque j'en sai, cest par atrui, 

1350 Si m'a conquis, que ses hom sui.« 
Li rois et la roine voient. 
Que retenir ne le poroient. 
Ne tant ne li sevent proier, 
Qu'i vossist mener chevalier, 

1355 Vallet ne garçon ne serjant. 
Et si l'en vont forment proiant 
Chevalier, dames et pucelles; 
Mais ce ne lor vaut II ceneles. 
Mesire Durraars arraina 

1360 Son père et molt bel li proia 
Des jov(e)nes bachelers ligiers 
Qu'il fist avuec lui chevaliers. 
Que bien lor face et les retiegne 



39 

De ci adont que il reviegne. 

1365 Et si revient, il lor fera 
Trestot le bien que il porra. 
Li bons rois lor^creanta 
Tôt quant que il li demanda, 
La roine a son fil baisie 

1370 Plus de C fois et enbracie, 
Et si disent mainte parole 
Dont je ne tenrai mie escole. 

Mesire Durmars congie prent 
A celz del palais bonement, 

1376 Et trestuit icil qui la erent 
A damedeu le commandèrent, 
n est fors del palais issus, 
Et ses chevalz li fu tenus 
Devant la loge tos covers 

1380 D'un drap de soie molt divers. 
Ains plus riches ne fu veus 
Et la selle estoit mise sus, 
Li chevals fu bien enfernes 
Et bien estrains et bien caingles 

1385 De menbres d'or i ot poitral; 
Ne sai pas deviser cheval, 
Mais cil ert bien taillies et grans, 
Fors et délivres et corans, 
^^1: Hardis et vistes sens faintise. 

1390 Ains malvaistes, ne coardise 
Ne fu en cel destrier veue; 
Car parmi une presse dure 
De V C chevaliers lanchaist 
Por tant que om li adrechaist. 

1395 Ains nus en presse, ne en cler 
Nel vit drecier, ne eschiver, 
Et si vos di, que il corroit 
Et radement et tost et droit 
Et s'es[t] de bones aventures 

ï^ JJt peneu9 contre paines dures. 



40 

De poil estoit luisans et bais, 
De nule rien n'estoit malfais 
Et si n'ot nnl mehaing sor lui. 
Mesire Durmars sor celui 

1405 Estoit montes, si prent Teseu 
Et si Ta a son col pendu. 
Bien vos sai l'escu deviser: 
Pains estoit d'un sinople cler 
A n liepars d'or esleves, 

1410 Corans et d'argent corones. 
Maintenant a prise sa lance 
C'une pucelle bêle et franco 
Li a ens en sa main donee, 
Et il l'en a molt merciee. 

1415 La lance ert de sinople tainte, 

A liepars d'or fu molt bien painte, 
Li fuz ert gros et Ions et drois 
Et li fers clers, tranchans et rois. 
Mesire Durmars le paumoie 

1420 Et par les enarmes de soie 
A mis son escn en cbantel, 
Molt s'en acesme bien et bel. 
Tôt cil qui en la place estoient 
Molt volentiers le regardoient; 

1425 Ear a cheval fu trop plaisant, 
Drois et apers et bien seans. 

*Bealz filz,« fait li rois Jozefens, 
»Vos estes molt beaz et molt gens, 
Gardex, que vos soies molt prouz 

1430 Et hardis et chevalerouz, 
Et si gardes, que vos soies 
Fins, cortois et bien entechies. 
Ne soies mie beubencieres. 
Ne vanteres ne trop parlieres; 

1435 Mais douz de cuer, de grant simplece. 
Ames loiate et largece; 
Car loialtez et cortoisie 



41 

Âvuech la grant chevalerie 

Sient molt trebien et avieuent; 
1440 Quar le pris gardent et maintienent. 

Âvarisce haes de mort, 

Ne soies pas a son acort. 

Se vos estes faos et avers, 

Ja vostre pris ne sera clers, 
c2: Ains sera estains et noies; 
1446 Car uns avers mal entechies 

Est de mainte chose blasmes 

Dont I cortois seroit loes. 
Mains hom par sa malvaise teche 
Pert bien grant cri de sa proece. 
Gardes, que ja n'aies faintise 
D'onorer deu et sainte glise; 
Quar sens deu amer et cremir 
^e puet nus a grant bien venir. 
Bealz filz, se vostre honor âmes, 
Ces enseignemens retenes.« 



1450 



im 



1460 



-Mesire Durmars respondi: 

»Sire je vos ai bien oi, 

Tostre enseingnement sunt molt vrai. 

Se deu plaist, je les cremerai. 

A deu soies vos commandes, 

Et vos, dame, ne m'obliës. 

Proies deu, que il me defenge 

De vilenie et de blastenge.« 

^"^ La roine a cest mot sospire. 

Et si n'ot pooir fors de dire: 

»Beaz fiz, deus te consaut et gart,« 

Et mesire Durmars s'enpart 

Qui molt s'envait joians et lies, 
U70 T^jg^ fjj jg jg^ ggjj^ esiongies. 

Li rois euv son palais s'eutorne, 
La roine est pensive et morne 
De son fil qu'ele en voit aler. 



42 

Mais de son duel lairons ester, 

1475 Ses cuers fust asses plus dolans, 
Mais il ert costnme a cel tens, 
Que les aventures querroient 
Li fil as rois qui dont estoient. 
Quant il pooient eschiver 

1480 Et en lor pais retorner, 

Adont tenoient les grans cors, 
Li siècles n'estoit mie sors; 
Quar on donoit les riches dons, 
Jolis estoit trestos li mons. 

1485 Ce devoit molt a la gent plaire, 
Or est li siècles d'altre afaire; 
Quar li riche home sunt malvais. 
N'aiment fors riotes et plais. 
Qui set losengier et mentir, 

1490 Reponre et mucier et trahir 
Cil parole a cort baudement. 
Or proions, qu'a si faite gent 
Doinst damedeus annui et honte. 
Je n'en tenrai ore plus conte, 

1495 Revenir vuel al aventure. 

Mesire Durmars par droiture 
Chevache toz sens et chemine, 
Querre va la belle roine. 
Bien a X liwes chevachie, 

1500 Ancois que il soit anuitie, 

c. 3: Et quant li jors est déclines. 
En une forest est entres. 
Parmi un grant chemin s'enva. 
Et la nuis si noire espessa, 

1505 Qu'il ne pooit mie veoir 

Le chief de son cheval paroir. 
Que que il chevachoit ensi, 
Une grande clarté choisi. 
La clartés li semble de fii; 

1510 Tant a son droit chemin tenu, 



43 



Qu'il vient a un arbre tôt droit. 
Sacbies, que cis arbres estoit 
Tos cbargies de cleres chandoilles 
Ausi luisans ke sunt estoiles. 
1515 Des le pie desi an copier 

Ne poist nus sa main tochier 
Fors desor chandeilles ardans 
Dont la fores est reluisans. 
Mesire Durmars s'aresta 

1520 Qui celé merveille esgarda, 

Mais il n'ot pas le cuer esmarbre; 
Desore le copier del arbre 
Vit un enfancon trestot nu 
Qui plus clers et plus luisans fii 

1525 Que le chandoilles par verte. 
Mais Tenfancon a remire 
Mesire Durmars molt petit 
Ausi qu'en trespassant le vit; 
Quant mielz le quida esgarder 

^^o En la clarté qu'il veoit cler, 
Tôt a un fois est trespassee, 
Et il de sa main destre armée 
A fait le signe de la crois, 
Et lors si oi une vois 
^^ Qui li dist: > Chevaliers va t'ent, 
Ce saches tu certainement : 
Se tu jamais vois les mervelles 
Del enfancon et des chandelles, 
Faire t'estue[t]ne lassier pas 
'^^ Les commans que donques oras. 
Se tu nés fais, tu seras mors 
Et perdus en arme et en cors. 

Mesire Durmars s'esbahi 
De la vois que il e[n]tendi, 
^^^5 La terre ot croler et hocier 



^•^^l Mb. 



nel. 



44 

Desos les piez de son destrier. 
A dameden s'est commandes 
% s'est d'ilneques trestornes. 
Lors s'en parti, tant chevacha 

1650 C'une priorie trova 

De nonains molt bien estoree, 
La porte li est defermee, 
Ains qu'il i ait gaires huchie. 
Icele nuit l'ont herbigie 

1555 Les nonains tôt a son plaisir, 
Richement le fisent servir, 
f241r<^cl: Li chevalz fa bien aaisies. 

Mesire Durmars s'est cochies, 
Desi adont qu'il ajorna, 

1560 Que li eschielete sona 

Por la messe del jor chanter, 
De fin cuer le vait escolter 
Mesire Durmars bonement 
Et puis as nonains congie prent 

1565 Si est sor son cheval montes 
De totes ses armes armes. 
Lors chevace et tant esploita 
Que dedens lU jors mer passa, 
Entres est en la terre grande 

1570 Que maintes gens claiment Yrlande. 
Mais on ne doit mie arrester 
A totes les choses conter 
Quar ce seroit ennuis et hontes 
Or primes commence li contes. 

1575 Par I matin souz chevacoit 
Mesire Durmars qui estoit 
De la nef issus et partis, 
Lui semble que il soit garis. 
Quant issus est fors de la mer; 

1580 Quar il voit le tens bel et cler, 
Les près virs et les boz foillis, 
Tos li airs estoit esclarcis 



45 

Et si ot les chans des oiseaz. 
Tant chevaca U damoiseaz 
1685 Qu'en une grant forest entra, 
Ains de cevachier ne fina, 
Tant que il vint en I lande 
Qui vers estoit et bêle et grande; 
Ja estoit bien près de midi, 
1590 Quant mesire Durmars choisi 
Un chevalier trestot arme 
Sor un grant destrie[r] sejome. 
Parmi la lande s'en venoit 
Li chevaliers si amenoit 
i595 I leverier en une lasse. 

Anchois que le conte vos lasse, 
Tos dirai quel chose avint la. 
Hesire Durmars se lancha 
Tors de la voie en I sentier 
160O Por encontrer le chevalier, 

Et li chevaliers vient vers lui, 
La (u) il s'encontrerent andui, 
S'a li uns l'atre salue. 

Hesire Durmars a parle 
^ Al chevalier en arrestant, 

»Sire,« fait il, »par deu le grant 
Je quier la roine d'Yrlande, 
Mes cuers la désire et demande, 
Ce est la tresplus bêle née 
^ Qui onques fuist crestienee, 
Âtrement ne sai son nom dire 
Mais la tresplus bêle, beaz sire. 
Je sui ses liges chevaliers 
Et ses fins amis droituriers ; 
Se vos m'i saves assener 
La u je le puisse trover, 
Molt feres que bien ensegnies, 
S'a cest besoi[n]g me consillies.« 



^2: 



1^15 



46 

Li chevaliers respont briement: 

1620 »Beaz sire quant tomoiement, 
Quans pogneis ne qoant estor 
Aves vos vencu por s'amor? 
Dites,' quans chevaliers aves 
En bataille por li outres? 

1625 Se vos le voles desrainier, 

Grant fais vos co vient enbracier; 
Quar molt doit al siècle valoir 
Qui si haute amor vuet avoir.< 
Mesire Durmars respondi : 

1630 »Sire chevaliers je vos di, 

C'ainc a armes ne m'espr'ovai, 
Nonques chevalier ni grevai.* 
Et li chevaliers respont lors: 
» Certes vassalz, dont est ce tors 

1685 Et molt grans outrequiderie, 
Quant avoir quides tel(e) amie 
Com la roine d'Yrlande est. 
Se m'ait dex, ves me ci prest 
De dire, que droit n'i aves. 

1640 Or endroit me fianceres. 

Que jamais n'i penseres jor; 
Hui gerpires li et s'amor. 
Et se cis plais ne vos agrée, 
Vos ares vers moi la mellee.« 

1645 » Certes,* fait mesire Durmars, 
»N'estes pas avers ne eschars 
De parler ennuiosement. 
Je n'en ferai ja sairement 
D'amors guerpir por vo manace, 

1650 Ains vuel, que li I de nos face 
Al atre le piz qu'il pora.< 
Et li chevaliers s'enlonga 
De lui plus d'une grant traitie, 

1625. 1626 Die reimworte sind wohl uiuziistelleu. 



47 

Si a sa levriere atachie 
^655 A une branchete sapine, 
Ja Yora fomir s'aatine, 
Vers monsaignor Durmart retorue. 
Ce sachies, que pas ne sejorne 
Mesire Durmars, que tost muet 
1G60 Vers le chevalier, quant qu'il puet, 
Li'escu devers son piz tome, 
Puis a le frain abandone. 
Bien set des espérons ferir, 
lie cheval point par graut air, 
665 IMolt coroit tost et radement. 
lii chevaliers pas nel atent, 
Ains le va si tost encontrer; 
Ce semble, qu'il doie voler. 
c^= Xances baissies s'entrevienent, 
^"^^ Bel portent lor escus et tienent; 
La u se sunt entrevenu 
^'ont pas failli, ains ont féru 
Si roidement a icel poindre. 
Que les escus font as bras joindre 
^^"75 Et les bras font al cors hurter, 
Andoi furent près del verser. 
Mais li chevaliers a brisie. 
Sa lance est en trois esclichie; 
Mesire Durmars pas ne faut, 
^^^ Ains fiert le chevalier si haut 
Et si très roidement Tenpaint, 
Qa'en la sele pas ne remaint, 
Ains li tôt archons et estriers. 
Roidement chiet li chevaliers, 
^ Si que tôt le chief li estone; 
Quar contre terre grant flat done. 
Et mesire Durmars l'outra, 
Quant il reguenchi, si trova 
Le chevalier en son séant; 
^odo Ne pot relever en estant, 
Si ot debrisies les rains, 



48 
Que tos en est floibes et vains. 

Lors descent mesire Durmars 
Qui n'est pas faintiz ne coars, 

1695 Molt tost fiert en terre sa lance, 
Del faerre trait Tespee blanche, 
Si la tient bien fer enpoingnie, 
Molt justement Ta paumoie, 
Si at le braz destre entese. 

1700 Li chevaliers Ta regarde, 
Quant il le voit ensi venir, 
Bien le doit doter et cremir. 
»Sire,« fait il, »por deu vos proi. 
Que vos aies merci de moi, 

1705 S'en vos a pitié ne franchise. < 

Mesire Durmars sens faintise 
A respondu le chevalier: 
»Dont vos covient il fiancier. 
Que vos feres ma volente.« 

1710 »Sire,« fait il, »tot vostre gre 
Ferai plainement sens faillir, 
De quant que je porai fornir. 
Par si que me saves la vie.« 
»Par mon chief, vos n'i morres mie« 

1715 Fait me sire Durmars, »amis. 
Quant vos estes a mon devis. 
De la roine que je quier 
Me dites donques sens boisier 
Noveles, se vos les saves, 

1720 Et lors que de ci partires. 
Vos en ires a grant esploit 
A la blanche cite tôt droit, 
La maint la roine Andelise. 
Salues le moi en tel guise, 
V c 1 : Qu'a li vos rendes prisonier 

1726 De par son novel chevalier 
Oui ele dona sa cainture; 



49 

Vostre prison n'iert pas trop dure. 
Se vos vostre fiance âmes, 
1730 Icest voiage me feres.« 

»Sire,« fait il, »n'en dotes rien, 

A la roine irai je bien, 

Celi a cui vos m'envoies; 

Mais del atre sui desvoies, 
1736 De celi que vos tant âmes. 

Que por son lige vos tenes. 

Ne porquant al miez que je sai 

Certes vos en avoierai, 

Vos enmerres ceste levriere, 
1740 Si gardes, qu'en nule manière 

Ne tornes voie cha ne la 

Se celi non ou ele ira. 

S'ele vient a chemin fôrchie, 

Tost avéra le chief baissie; 
1745 S'ele arreste, si arrestes; 

La ou ele va si aies. 

Assi me puist deus avancier, 

Ne vos en sai mielz consellier.« 

Li chevaliers atant si monte, 
1750 Ensi con la matere conte, 
Mesire Dormars li aida, 
 damedeu le commanda. 
Li- chevaliers par vérité 
S'en va vers la blanche cite, 
1756 Quant il ara dit ses noveles, 
Sachies, qu'eles ierent molt bêles 
Et a la roine et al roi 
Qui de lor fil sunt en efifroi. 
Bien iert li chevaliers venus; 
1760 Mais de lui ne vos dirai plus. 



Daman 



A monsaignoi* Durmart repaire 
Li contes qui tôt dis esclaire, 



50 

N'est pas drois, que ci le tos lasae. 
Mesire Durmars prent la lasse, 

1765 A tôt le lévrier s'en torna 
En la lande, plus n'aresta, 
Ains Ta maintenant trespassee, 
En la halte forest ramee 
f]st entres et molt entrepasse, 

1770 Tant qu'il est pins de none basse. 
Li chemins que il a trove 
L'a yçrs une lande mené 
Qui molt estoit et grans et lee, 
Plus duroit d'une grant loee. 

1775 Al entrer de la lande voit 
I nain qui tos seuz chevacoit 
De sor un grant ronci le trot, 
Le visage ot plus noir d'un pot, 
Li nains qui si estoit bochus 

1780 Et froneies et lais et chanus 

c. 2: Une grant maie avoit trossee, 
Vestus de chemise ridée 
Et sorcot de soie a son point 
Molt se quidoit plaisant et joint; 

1785 Li nains ert leflfrus de devant, 
A grosse vois venoit chantant. 
Mesire Durmars l'aprocha. 
Et, quant de près le regarda, 
Lors dist et si s'aficha bien, 

1790 Qu'ains mais ne vit si laide rien. 
Bien li semble d'infer issus. 
Quant il est près de lui venus, 
»Figure,« fait il, »deus te saut.4c 
Et li nains li respont en haut: 

1795 »Vos aies grant malaventure. 
Quant vos me clamastes figure. 
Sire chevaliers malsenes. 
Cil escus est bien assenés 
Que vos portes a vostre col, 

1800 Je ne vos tien mie por fol; 



51 

Car ne semblés pas laidengies 

Ne trop foies ne deprisies, 

Vostres helmes est (et) clers et sains, 

Vos ne fastes onqaes Gayains.« 

^^ Xors s'entome li nains atant, 
Del tost aler fu molt coitant. 
IMesire Durmars le rapele 
IPor oir alcune novelle, 
IMais ne li vaut ne tant ne quant, 
''^ Xi nains le va trop eslongant, 
lit.mesire Durmars le lait, 
vTot droit vers le chemin se trait 
TJ sa levriere voit guenchir. 
IParmi la lande voit venir 
^^ I chevalier trop bien monte 
8or I grant cheval abrieve, 
Holt estoit riches li destriers, 
Armes estoit li chevaliers 
Holt richement a sa devise. 
J^O Et si vos dirai en quel guise: 
Ses armes sunt totes dorées, 
Molt richement enluminées, 
Ses helmes fu dores trebien, 
D'autre taint n'avoit sor lui rien, 
\i^25 Ses covertures et sa lance 

Furent d'assi faite semblance, 
Li chevaz desoz lui ambloit, 
A grant mervelle bons estoit; 
Mais li chevaliers ert si grans. 
Por I poi qu'il n'estoit gaans. 

Quant mesire Durmars Tesgarde, 
*A foi,« fait il, »mavais fus arde, 
Celui qui la vient s'il n'est preuz; 
Car molt est grans et mervilleuz. 
Onque mais si grant chevalier 
^e vit nus hom, al mien quidier, 

4* 



52 

c3: CSl doit craTenter tôt le mont, 

Or ai je veu le dromont. « 

Lors se sont tant entraprochie, 
1840 Qne Tans a Tatre bienveignie. 

Mesire Dormars franchement 

L'a arainie promierement. 

»Â!« fait li chevaliers, »beaz sire, 

Me saries vos novele dire 
1845 D'une roine que je quier, 

En Yrlande a a justicier 

Et yilles et chastiaz asses 

Et si tr^rans est sa biates, 

Qu'en tôt cest siècle n*a sa per; 
1860 Mais li ne sai je pas nomer, 

De tôt mon cuer Tain et désir, 

Et si n'en puis novele oir 

Par nului qui soit en cest mont.« 

Li grans chevaliers li respont: 
1855 »Beaz amis, lasse m'ent en pais, 

Ja de li ne me parler mais, 

Je ne sui pas ses messagiers. 

Quidies, que soie noveliers? 

Certes, grant folie pensastes, 
1860 Quant por novelier m'enterchastes. 

Ce que je vos ai salue 

Vos aura hui molt déporte; 

Se salue ne vos avoie, 

Celé teste vos trancheroie.« 

1865 Quant mesire Durmars Tentent, 
Se li respont molt asprement: 
»(Dans) chevaliers por vos[tre] grandece, 
Ne por tote vostre ruistece 
N'aures vos mie de ma teste, 

1870 Onques, je quit, a haute feste 
N'achatastes si chier avoir, 
Ma teste ne poes avoir 



Sens vos trop dui 
»Fui,« fait li gra 

1875 Car de rien ne m 
Se je a toi me ce 
Lors s'entome, pi 
Et mesire Dormai 
D'orguel et de fie 

1880 A pou, qu'il ne s( 
Mais ensi est la c 
Qu'andui s'en pari 
Et ce doit molt a 
Chascuns s'en vait 

1885 Mesire Durmars ti 
Parmi la lande qi 
Son oire commenc 

Lors voit hors del 
Une bêle pucelle ( 

1890 Ambiant venoit to 

. Sor I blanc palefr 

Qui ferm et suef 1 

^2r»cl: Sanbue ot d'un ve 

Et archons dores 

1895 Une corgie en sa 
La pucele qui seul 
Vestu avoit I chai 
D'un blanc dyaspr 
Estincele d'or arra 

1900 Mais de la pucelle 
Qu'ele n'ot pas gu 
Mais I manche bie 
D'un blanc chainsi 
Son vis et son col 

1905 Que ele uvoit plus 
Molt ert sa beatez 
Sor ses espales ot 
Ses cheviaz blons ( 
Molt les avoit clert 



54 



1910 E! deas cum ele estoit plaisansl 
Ele ert tresesmereement 
Del tôt bienfaite eutierement 
De cors, de membres et de vis. 
Blanche estoit come flors de lis; 

1916 Mais ce ert de droite nature, 
Sor li n'avoit atre tainture. 
A visage de cracefiz 
Avient li tains et li vernis, 
Mais dame ne s'en doit meller, 

1920 Trop est viez chose a porpenser. 

La pucele que je vos di 
N'avoit pas a biate failli, 
Ains avoit la color novele 
Sor chascune blanche massele, 

1926 Beal nez avoit et blanc menton. 
Ni avoit rien de mesprison, 
La boche ot petite et vermelle, 
Onques nus ne vit sa parelle, 
Blanc et traitiz avoit le front, 

1930 N'ot si bienfait en tôt le mont, 
Vairs ot les iez et ameroz 
Et simples et rians et doz, 
N'avoit pas foie esgardeure. 
Bien sembloit doce créature; 

1935 Mais nus ne poroit sa façon 
Descrire par devision; 
Car ains si bêle ne conurent 
Trestot cil qui a son tens forent, 
Ne totes celés ensement. 

1940 Mesire Durmars bonement 
L'a esgardee al aprochier, 
Son vis li voit en hait drecier. 
Lors le commence a rerairer. 
Sa manche li voit deffubler, 

1945 Si Ta mise tresdevant li. 



55 



Et la soie grande merci, 
Qnant ele mostrer se daigna, 
Molt grant cortoisie fist la. 
c2: Qnant mesire Durmars le voit, 
1960 Si conoist molt bien et parchoit, 
Qu^ains mais si trebele ne vit. 
Ijors Taproche, se li a dit: 
»Bien veignies, doce damoisele.« 
Simplement respont la pncele: 
1955 >Dex vos conduie, beaz, doz sire.« 
DAesire Durmars son frain tire, 
>Bele,< fait il, »ne vos poist mie, 
INe le tenes a vilonie, 
Se je volentiers vos esgart; 
1960 Quar assi ait dex de moi part, 
Âins mais si trebele ne vi, 
Com vos estes, por voir le di. 
La plus bêle estes, gel sai bien 
De tôt cest siècle terrien 
1965 Fors la roine d'Yrelande 

De cui veoir sui molt en grande. 
Tant m'a on fait de li entendre. 
Que trestos me vois a li rendre, 
Bendus m'i sui sens li veoir 
^^^ Et sens le nom de li savoir, 
Ne conois li ne son parage 
Et si Vain de tôt mon corage.» 

Xja damoisele en sorriant 
Hâ a respondu maintenant: 
^ »Ore, beaz sire damoisealz, 
Aves vos eus ses juealz, 
Ses sains, ne ses messagiers?« 
>Bele, se dex me puist aidier, 
Onque son messagier nen oi, 
19B0 îjg ggg juealz, ce poise moi.« 
»Sire,< dist la pucele sage, 
>Ains mais en trestot mon aage 



56 

N'oi parler d'amor si fiere, 
Vos âmes d'estrange manière; 

1985 Mais ja proverai erranment, 
Se vos Tames bien vraiement. 
Par celé foi que li deves 
Celé levriere me dones 
Et si n'en aies plus tarjant, 

1990 Dones le moi tost et errant.* 
Mesire Darmars sens pins dire 
Li done, mais del cuer sospire. 
Por le conjnrement qu'il ot, 
Apres li dist al promier mot: 

1995 »Doce damoisele, prenes 

De par li ce que vos voles, 
Et se vos en nule manière, 
Ma doce damoisele chiere, 
Me saves ensengnier de li, 

2000 Consillies m'ent, je vos en pri.« 

»Sire,« dist la pucele, »oie8. 
Quant vos a moi vos consillies, 
Dont en venes la u g'irai, 
Ains demain noue vos menrai. 

c3: Devant Landoc en mi la pree, 

2006 Molt i veres grant assenblee 
De chevaliers et de puceles 
Et de dames cointes et bêles. 
Gens i ara de mainte geste; 

2010 Quar chascun an i a grant feste 
Mesires Cardroains li ros 
Qui molt esi> fiers et orguilloz. 
Icele joie a establie 
Por Ydain de Landoc s'amie, 

2015 Sor une perce en mi le pre 
Aura un espervier mue. 
Chascun an li met on ades, 
Ce seit on bien et loins et près; 
Se damoisele vuet venir 



57 

Por Tespervier prendre et 
S'amaint o li I chevalier 
Trestot arme sor I destrie 
Ja l'espervier ne bailleroit 
Se le chevalier n'amenoit; 

5 Quar a prendre cel esperv 
Li covient dire et desraini 
Que ele est pins bêle dld 
Contre monsaignor Cardro 
Covient son chevalier com 

Et s'il l'en puet Torguel i 
Yde a perdu son esperviei 
Et li atre Ta sens plaidiei 
Mais a celi molt meschero 
Se son chevalier i perdoit 

5 Car Ide le feroit honir 
U en laide prison gésir. 

»Mout est Cardroains fiers 
Quant il a VII chevaliers 
Qui par VII fois i sunt v 
Bien a Tespervier défendu. 
Venue sui por l'aventure 
De V samaines d'erreure, 
Bien en quit l'espervier p( 
Nus ne le me puet contre 

5 Car ju amain I chevalier 
Tôt le plus grant et le pi 
Que l'on puist el siècle tr 
Bien le poistes encontrer, 
N'est encor gaires la avan 

»Je ne vi onque mais si g 
Fait mesire Durmars, »pa] 
Se c'est cil que j'ai encon 
Totes ses armes sont a or 
Il siet sor I grant cheval 

6 Sf a une dorée sele.< 



58 

»Sire, c'est cil, fait la pucele, 
Mais se vos a lui enqnerres 
Son covine, pas nel saares; 
Car je ne il, beaz tresdoz sire, 

2060 Ne porons nnloi nos nons dire, 
▼•cl: Dusqu'adonc que nos resoions 
Ens el pais dont nos venons. 
Li grans chevaliers tient de moi 
Molt grant saignorie par foi, 

2066 Et s'est il d'ausi grant pooir 
Comme je sui al mien espoir. 
Assez avons hors et cites 
Et chastiaz et grans fermetés; 
Mais je ne puis dire a nului 

2070 Ne mon estre, ne qui je sui, 
Dusque je soie en la contrée 
La u je fui norie et née. 
Quant vos noveles ne saves 
De la bêle que vos querres, 

2076 Je vos lo qu'o moi enveingnies; 
Car devant Landoc ce sachies 
Seromes demain, ce me semble 
Molt i veres de gens ensemble, 
Vos lor demanderes noveles. 

2080 Dex doinst, qu'on les vos diet bêles! 
La pores vos tel chose aprendre 
Dont je ne vos puis raison rendre. 
Et se vos la n'en saves rien, 
Dex avoier vos en puet bien. 

2085 Or pensons de tost chevacier, 
S'ataindrons le grant chevalier 
Qui molt est fel et orguilleuz. 
Je sai bien qu'il est molt crueuz; 
Mais par la foi que vos deves 

2090 A la rien(s) que vos plus âmes, 
Sil vos dist nule félonie. 
Ne respondes fors cortoisie; 
Mais sofi&es le tant seulement, 






59 

Qae nos sachons certainement 
^095 Comment il le fera demain 

^Envers monseignor Cardroain.« 

Ifesire Ehirmars li vaillans 
lii a respondu come frans: 

^Certes, ma doce damoisele, 
^^^ ^vnec ce que vos estes bêle, 

Si saves vos molt bel parler, 
/ Je ne doi mie renfuser, 

<3ue je ne voise ensenbie vos. 

"Vostre conseil est bons et doz, 
^^^ Certes, vostre commandement 

Terai je debonairement, 

Et dex me doinst encore faire 

Tel chose qu'il vos doie plaire; 

Quar mes cuers le vuet et désire. < 

2110 Tant chevacierent sens plus dire, 
Qu'il ataignent le chevalier 
Utre la lande en un sentier 
En arrestànt se regardoit, 
La puoele contr(e)atendoit. 

2115 >Damoisele« fait il »venes, 
Vostre palefroi plus hastes. 
c2: Se jo en la vostre contrée 
Vos avoi ore ramenée, 
Jamais, assi me doinst dex joie, 

2120 De feme ne m'enconberroie ; 

Quar el chevacent par compas. 
Venes I por plus que le pas ; 
Aves vos ore compaignon? 
Certes, je le tien a bricon 

2126 De ce, qu'il o vos s'acompaigne : 

Jo ai en mon cuer grant engaingne.« 
»A!« fait mesire Durmirs »cheles 
Jo ser volentiers les puceles, 
Les dames et les chevaliers, 



60 

2130 G'ier ennuit mais yostre esquiers, 
Je ne ving fors por vos servir, 
Ensi vos porai jo soflfrir.* 
Fait li grans chevaliers: »Venes, 
Puisque vos or servir deves.« 

2185 jjors chevacent tôt le chemin, 
Li jors aloit molt a déclin, 
Et quant de la forest issirent, 
Lor nain troverent et choisirent 
Desoz I grant chaine foillu. 

2140 Devant le nain ot I grant fu 
Qu'il avoit alume et fait. 
De son fusil ot le fu trait, 
Li charbon sunt bien enbrase. 
Une grant pièce de larde 

2145 I rostissoit li nains goces 

Qui molt estoit voisoz et nés, 
Et quant il voit venir sa gent, 
Si lor cria molt haltement: 
»Venes ceste voie de cha, 

2160 Vostre viande est preste ja.< 

Lors s'en vont tôt droit celé part. 
Presque li nains de duel ne part, 
Quant monsaignor Durmart choisi ; 
Quar il set molt bien tôt de fi, 

2165 Que cil Tavoit clame figure. 

»A!« fait il »ques malaventure. 
Sire chevaliers, vos amaine. 
De vos veoir ai molt grant paine, 
Figure me clamastes hui, 

2160 De vostre venir dolans sui, 

Je vuel savoir qui ci vos mande, 
Venes vos por garder viande. < 
Mesire Durmars en sosrist. 
Al nain s'aproche, se li dist: 

2165 »Nain, tu as molt hisdoz visage, 



61 



Ta maintiens bien ton droit usage; 
Car nule rien[s] de ta façon 
!Ne doit ja dire se mal non.€ 
lia pncele rist de cest mot 
'^70 Et li grans chevaliers qui Tôt, 
ISiais li nains en est si ires, 
Que por un poi, qu'il n'est crevés. 






lii chevalier atant descendent, 
^ I sapin lor escus pendent, 
IMesire Durmars li cortois, 
li beaz li proz et li adrois 
^ descendue la pucele 
<jui molt est debonaire et bêle. 
Xi chevalier sunt desarme, 
IRefroidie se sunt et lave 
A une molt clere fontaine 
Qui la sorgoit et clere et saine. 
Li nains a de sa maie ostee 
Blanche tualle et bienovree. 
Si Ta maintenant estendue 
Sor fechiere et sor herbe drue, 
Sor la nape mist II coteaz. 
Pais i met sel et beaz gasteaz. 
Et lors si prent II esquieles 
^ ^ D'argent molt bones et molt bêles. 
Es esquieles met le haste 
Li nains qui de servir se haste, 
Del eave prent en I bocler, 
Si fait les chevaliers laver, 
Mais la pucele levé ancois; 
Car ce est bien raisons et drois. 
Lors s'asient, et li nains sert 
Qui molt se fait viste et apert. 

Mesire Durmars et la bêle 
^wK) Mangierent a une esquiele, 

Li grans chevaliers mainga seulz; 



219i 



62 

Qnar il estoit molt dangereoz. 
Li nains lor aporte le vin 
A une grant cope d'or fin, 

2205 Apres lor done II pastes 
De faisans tenres et lardes, 
Et li grans chevaliers maingue 
Qni molt durement s'en aiue, 
Tantost com sos pastes failli, 

2210 Le viande as atres saisi, 

Tôt le manga sens renfuser, 

Si but grans trais del froit vin cler. 

Nus ne vit onque chevalier 

Ne tant boivre, ne tant mangier. 

2215 Mesire Durmars Tesgardoit, 
Et la pucele s'esrioit. 

Apres mangier lors se levèrent, 
Les chans des oisealz escolterent 
Qui par la forest s'envoisoient. 

2220 Por la docor que il sentoient. 
Mesire Durmars en estant 
Fu deles le chevalier grant, 
Et li grans chevaliers a dit, 
Conques plus bel arme ne vit, 

2225 Que mesire Durmars estoit. 
La pucele dist bien por droit, 
Qu'aine mais ne vit en son vivant 
Si bel home ne si plaisant, 
f243r®cl: Et li nains respondi en haut, 

2230 Que dehetoit cui il en chaut. 

La nuis vint et li jors passa, 
Li grans chevaliers araisna 
Monsaignor Durmart fièrement. 
» Vassal « fait il »tot erranment 
2235 Aparillies herbe et fechiere; 
Quar a ma damoisele chiere 
Feres son lit et puis le mien 



63 

Desos cest arbre loins del sien 
£t faites de U rains foillie 

^^40 Por le serain que je n'ain mie, 
INos et nostre hemais gaities 
lEt les chevaz paistre laissies, 
Oardes, que a nuit ne dormes, 
Si chier eom vostre vie aves; 

«s C!ar se je donnant vos trovoie, 
"Par mon chief, je vos ociroie.« 
^ monsaignor Durmart sovient 
IDel conjurement qu'il bien tient; 
^uar onques al grant chevalier 

^ INe vaut estriver, ne tencier, 

Ains fist les lis et atorna 
Por celi qui le conjura. , 

Trop vos poroie deviser. 
Dormir s'en vont et reposer, 
^ La pucele pas ne dormi; 

Quar li velliers li abeli. 
En penser ot mis son desduit, 
En tel chose pense la nuit 
Dont je ne vos dirai pas ore, 
^^o Bien le pores oir encore; 

Ancois que Tabe soit crevée. 
S'est la damoisele levée, 
Si se vesti et acesma 
t)'itel(x) robe cum ele ot la. 
Por la rosée porte en haut 
Les pans de son riche bliaut. 
Vers monsaignor Durmart s'en va; 
Sachies, que dormant le trova, 
Molt le vit bel en son dormant; 
^ Car contre la lune luisant 
Pot bien sa façon remirer. 
Je ne sai pas a deviner, 
S'ele ot talent de lui baisier. 
Mais por docement envellier 



^265 



64 

2275 Le baisa la bêle m fois; 
Lors s'est esvellies li Galois. 
»A!« fait ele »beaz amis dolz, 
Na dormes pins, esveillies vos; 
Quar 11 grans chevaliers ersoir 

2280 S'aficha molt et dist por voir, 
Que se il vos trovoit dormant, 
Il vos ociroit maintenant; 
Vos dotes petit sa manace.< 
»Bele« fait il »ja deu ne place, 
c2: Que nus puist ma vie acordier, 

2286 Si aie en mon desirier.« 

La nuis trespasse et Tabe crieve 
Et mesire Durmars se lieve, 
Si met la sanbue et la sele 

2290 Sor le palefroi la pucele 
Et puis ensele les chevals 
Et si lor lace les poitrals. 
Bien les covri et acesma 
Et tôt maintenant lues s'arma; 

2295 La pucele vallans et sage 
Li a aidie de bon corage. 
Quant li grans chevaliers s'esvelle, 
Si voit, que tresbien s'aparelle 
Mesire Durmars de servir. 

2800 »A!« fait li grans »or puis garir. 
Puis que j'ai si bon esquier, 
Ensi vos aroie jo chier.« 
Quant la damoisele l'entent, 
Tote en rogist de maltalent. 

2305 »Sire« dist ele »or entendes, 
Quant a chevalier commandes, 
Qu'il vos serve par estovoir. 
Vos deves doblement valoir.* 
»Bele« fait il »encor anqui 



2277 Ms. dolz^aniis.' 



65 

^^10 Sarez vos bien com preuz je 8ui.« 
Xjors s'est armes et puis si monte, 
^e Yuel pas alongier mon conte. 

Tost montèrent et cbevachierent, 
Oe sachiee, que tant esploitierent, 
^ <ju'ancoi8 que none soit passée, 
Snnt devant Landoc en la pree. 
IMais ne sai pas nombre tenir 
X)es gens que la poreat venir, 
Tôt cil del pais i eitoient; 
^ Oar chascnn an s'i assembloient, 

lEt d'atres lontaines contrées 
3 furent les gens assemblées. 
XJne perce tote dorée 
^voit drecie en mi la pree, 
^^ Sor la perce ot I espervier 

IBel et plaisant, trestot mnier. 
IKII chevalier le gardoient 
Qui par proece molt valoient, 
Ceaz i avoit on fût venir 
2,3^0 Pqj. droite jnrtiée a tenir, 

Por ce qu'il estoient vaillant 
£t de hàlt linage poissant. 
Entbr Tesperrier cbaroloient 
VXXTI puceles qui chantoient, 
Obevalier et dames assi 
I caroioient sens estri, 
Oes atres giuz que Ton i fait 
Ne vos tenrai conte ne plait. 

Loins de là perce une traitie 
Avoit une tente fichie, 
^ ' Cardroins se siet en la tente 
Dejoste s'amie la gente, 
Tos armes atent s'aventure 
Cardroains qui de pais n'a cure. 
^^^^ De fors la tente ert ses escus 



2336 



66 

A un molt haut arbre pendus, 
Li escus fu mien escient 
Verrues a une aigle d'argant. 
Cardroains quide bien sens falle 
2350 L'espervier avoir sens batalle, 
Mais cil qui en la pree estaient 
Le grant chevalier venir voient. 

Parmi la presse de la gent 
S'est abandon es fièrement, 

2855 La damoiselle aprsB lui vient, 
Et mesire Durmars li tient 
Compaignie molt volentiers, 
Tote jor fu ses chevaliers, 
Deriere alz chevacoit li nains 

236(5 Qui de félonie fu plains. 
Cil qui sunt en la praerie 
Voient bien celé compaignie, 
Del grant chevalier dient tuit, 
Que se Cardroains ne s'en fuit, 

2366 II Tavera lues estrangle, 
Ja vers lui n'aura poeste, 
Et si dient, que la pucele 
Est a devise la plus bêle 
De trestotes celés qui sunt, 

2370 Ne qui furent, ne qui seront, « 
Por voir le jurent et affient. 
Et de monsaignor Durmart dient, 
Qu'ains si bel chevalier arme 
Ne virent sor cheval monte. 

2375 Dq rnainte chose illoc parlèrent 
Mais en poi d'eure s'asemblerent 
Tôt entor le grant chevalier, 
Ja est venus al espervier. 
Sa damoisele a apelee: 

2380 »Venes avant tresbele née, 

L'espervier prenes maintenant. « 



67 

La pucele se trait avant, 
De la perce s'est aprochie, 
Tost a la longe deslacie, 
^6 La main sen^ stre avant teu 
Et li esperviers sus sailli. 
Sens esbatre et sens elfreer 
La bêle l'en quide porter. 

Mais Tde en set ja la nove 

O Kardroain son ami apele. 
»Sire« dist ele »quar mont€ 
De proece estes renomes, 
Ce dist on par tôt cest paii 
Mes esperviers est ja saisis ; 

o Se vos ne le me poes rendr 
De moi ne deves joie atead: 

: »Damoisele,<: fait il »bien s 
Que l'espervier vos renderai 
Ja de ce ne soies dotans.« 

Lors fu Ide lie et joians, 
Son ami a trois foiz baisie, 
Puis li a son elme lacie 
Et si li a chainte l'espee 
Qui ta trainchans, bien atn< 



^') Kardroains ist fors de la te 
I esquiers sens longe atente 
Li a son cbeval amené, 
Le frain misât tôt ensele. 
Li chevalz fa graxis et apei 

10 D'un drap de soie ert tos c 
Mesire Cardroains i monte. 
»Dex!« fait il »gardes moi 

^ Lors pent son escu a stfn c 
Ne sembla ne niche(s) ne f 

15 Mais bons chevaliers -par se 
Molt tost a saisie sa lance. 
La fu Ide. bien acesmee 



< 



G8 

Sor I grant palefroi montée, 
Vers la perce s'en vait ambiant; 
2420 Et Cardroains vait galopant 

Sor frain, son escn en chfinteU 
E, deus cum il le porte bel! 
Atant rémanent les caroles, 
Ja i ara ruistes paroles. 

2425 De Landoc Ide i est venue 
Vers la perce tôt irascue, 
De maltalent s'est molt irie, 
Tost a la pucele arraisnie. 
» Certes* fait ele » grant oltrage 

2430 Et grant orgael et grant folage 
Fesistes hui et commenchastes, 
Quant vos mon espervier ballastes, 
La raison voldroie savoir 
Gomment vos le quidies avoir. « 

2435 La bêle pucele respont: 

»Par mon chief vos le sares dont 
Par quel raison je le baiUaif 
Ne comment je Teuporterai: 
Mes chevaliers le conquerra 

2440 Vers le vostife que je voî la, 
Lors ne saures en T espervier 
Que clamer ne que chalengier. 
La raison vos en ai mostree. 
Bien voi, que vos estes iree, 

2446 Vostre plaisir vos lairai dire; 
Mais vos ne deves pâ9 mesdire, 
A nos n'afiert pas 11 tenciers. 
Bien en covingne as chevaliers.* 
Lors tesmoignierent mainte gent 

2450 Qu'ele ot parlet molt sagement. 

Cardroains ot ire -et pesance. 
Vers le grant chevalier s'avance 
c2: » Vassal* dist il ^entendes moi! 



69 



Tesmoinguies vos sor vostre foi, 
2455 Que vostre pucele a conquis 
Par bealte de cors et de vis 
L'espervîer que tenir li voi?« 
»Cardroain« fait il »mal le croi, 
<jue vos le demandes a certes, 

2i60 Trop sunt les provances apertes, 
Miez vaut ses regars seulement 
Que de yo damoisele cent.« 
»Par deu< fait Cardroains li fiers, 
»yos aves menti grans clochiers, 

^^ #ar mon cors le vos proverai.« 

»Certes< fait li grans »poi m'esmai 
De ceste batalle or endroit; 
Qnar je sai bien, que ju %i droit, 
Et se j'avoie bien grant tort, • 
^ Se t'averoie jo lors mort. 
Tu n'oaeroies ja emprendre 
Vers moi Tespervier a défendre. « 

Quant Cardroains Ta a[n]tendu. 
Fièrement li a respondu: 
»Sire grans cheraliers rubestes. 
Bien voi, que vos bobenciers estes. 
Por mon cbief, je vos voi ferir, 
Comment qu'il en doie avenir. « 
La lance paumoie et brandist, 
^^ Li grans chevaliers s'esbahist; 

Quant il li toit tel semblant faire. 
Ce ne li puet joir ne plaire. 
»Cardroain« fait il »arrestes. 
Bien voi, que vos estes ires, 
^^ Je ne quier plus vers vos contendre, 
Je vos ferai Tespervier rend{^.« 

»Avoi« fait la pucelé »sire, 
Comment osastes vos ce dire? 
Mon espervier ne lor rendroie 



70 

21^ Por tos les chasteax de Chmlrote: 
\oë lor gabes al mien espaic^c 
>Ce sachies. ains k di parWoir.c 
Fait li grans cheyaliers >aiiiie. 
Je ne me combaterai mie, 

24îi'0 Mais por ce que je soi â grans 
Et H\ membros et si 
Qoidai Cardroain 
Et sens mes membres timffllier 
En quidai Tespender porter. 

26tM) Or voi, qu'il Testuet demorer. 
Rendes lor tost, je vos en proî; 
Qoar par le foi que je vos doL, 
Se je Cardroain ocioie, 
Chevalerie abasseroie. 

2605 Tant me crien de moi et de loi, 
Que de nos II nHert bataille hm.« 

La pucele est molt esbahie, 
Tost fu par la resne saisie. 

c8: Damoisele Ide et Cardroains 

2510 I lancierent molt tost lor moins: 
Lors li dient vos envenres 
La ou jamais joie n'ares. 
Quant la bêle s'ot manecier, 
Des iex commence a larmoier, 

2516 Maint chevalier en sunt dolant, 
Por ce qu'ele estoit si plaisant; 
Mais por le gre lor danunsele 
Yoloient saisir la pncéle 
Et mètre jus del paleficoi. 

2520 Or est la bêle en grant eôroi, 
Entor li voit la presse drue. 
Mesire Durmars s'esvertue; 
Quant il le voit en tel balance, 
Par mi la presse des gens lance, 

2525 Les le grant chevalier passa, 
A pou, que son pie ne haucha. 



71 

S'il ne quidast avoir mespris, 
Ja Teust féru sor le pis, 
Por ce qu'il le voit si malvais. 
2530 Outre s'en vait de grant eslais 
Mesire Durmars radement, 
Trestot la presse de la gent 
A son cheval en abat jus, 
Plus de XXX tos estendus. 
^^5 >Kardroain€ fait il »estes coi, 
!Molt faites ore grant desroi, 
. Qu'i la pucele laidengies. 
Xi esperviers li est jugies; 
<^ar plus bêle est que vostre amie. 
Et s'il est nus qui m'en desdie, 
De bataille sui aprestes 
Yers vostre ccHffli se vos voles. « 

I 
Kardro^ÎBfi Toi m. tl^en aire. 

»yassal€ fiyt il »bien pores dire, 

Ains que de 41 soies partis, 

Que de folie estes sopris, 

Vostre mors est hui aprochie.« 

Lors a la pucele laissie, 

Maintenant se traient les gens 

Arrière plus de II arpens, 

Tost s'asisent et acoisierent. 

Li doi chevalier s'eslongierent 

Plus de plain arpent mesure. 

Fier furent et bien acesme, 

D'orguel et de fierté frémirent, 

Les chies de lor chevalz guenchisseut 

Li uns vers l'atre sens targier; 

Ja les feront tost adrecier, 

Les fers des lances regardèrent,^ 

^^ Les escus des cotes hurterent, 

Es mains lor volent les eiiftrnie», _ i^r 

^^^^ Mb. saisie laissie. '^^ ^ 



72 

Andoi sunt bienséant as armea^ 
Devant lor pis les esons joignent. 

Lors brochent les chevaz et poingnent, 
f244rocl: Et li destrier bien se remurent, 

2666 Droit alerent et tost corurent. 
Li chevalier lor lances baissent, 
Fer les tienent et bien s'eslaissent, 
Al aprochier pas ne se faignent, 

2570 Roidement fièrent et ataignent 
Sor le[s] escus al encontrer, 

I font les lances assener 

Si bien, que nus d'eaz doz ne faut. 
Mesire Durmars le fiert haut, 
2575 Et Cardroains le fiert plus bas, 

II ne josterent mie a gas; 
Quar les riches escus perderent 
Et les blans haubera demallierent, 
Si que par mi se sunt passées 

2680 Les lances roides et planées. 
Es cors des chevaliers floterent, 
Et li cheval s'entrehurterent 
Et de poitrines et de frons 
Et li chevalier des blasons; 

2585 Et li aubère se desmaillierent. 
Si que tôt li cercle froissierent. 

Li cheval trébuchent andoi. 
Et li chevalier gisent coi 
En mi le champ toi estone, 

2590 Bien semblèrent mort u pasme. 
Tost se relievent li cheval, 
A terre gisent li vassal, 
D'nij^-.grant liée planiere 
Ne fisent il semblant ne chiere, 

2595 Qu'il se poissent removoir. 

Cil qfi de près les vont veoir 
Dientoien, qu'il sunt andui mort. 



73 
Si qu'fl n'i a mais nul resort. 

A icest mot en piez se drece 
2600 Mesire Durmars par yisteoe, 
Ses sens li estoit revenos; 
Lors ne sembla mie esperdus, 
L'espee trait et fer le tient, 
Tôt droit vers Cardroain s'en vient. 
*2605 Mais il ne le daingne assaillir, 
Quant il le voit si coi gésir, 
Une grant pièce l'esgarda, 
C'oninjaes cil ne se remua. 
»CertM« fait mesires Durmars, 
-61 o ^Chevaliers seroie coars, 

■Se sor cest mort home feroie, 
Trop grant vilow feroie, 
IMiech me vient estanchier ma plaie, 
Que H sans fors- ilel cors me raie; 
2615 Jq mg ggjj tiop-afiFebloie, 

Cest por ce qm j'ai trop saignie.« 

Xors n'i fait plus longe raison. 
De âda cors oste le tronçon. 
Mai» d'une chose bien li vait ; 
^ Car tôt le fer en a fors trait, 
^ • N'i a pas le pegnon laissie, 
Ains Ta del tronçon delacie ; 
Lons estoit et si ert de soie, 
A tôt k pegnon tient sa voie 
Tôt droit al riv d'une fontaine 
Qui d'iloc estoit molt prochaine, • 
N'i avo^t pas demi arpent, 
Venus i est tôt eranment. 

Mesire Durmars a oste 
Son escu a liepars ovre, 4if ' 
Sor son escu gete s'espee 
Qui d'or ert crosie et letree^ 



74 

Lors est abaissies al raisel, 
Tant i wee le pegnonoel. 

2635 Que tos li sans en est aies. 
Ja se Yossist esiare bendes, 
Son blanc aubère amont solieye; 
Mais sa plaie forment li grieve, 
Neporquant il Ta bien sentn, 

2610 Qu'il n'est féru fors el voit bu 
S^il a qui sa plaie li gart, 
Ne qui, qu'il ait de mort regart. 
La pucele avuee cui il vint, 
La bêle qui Tespervier tint ^ 

2615 Li alaist volentiers aidier *v 

Sens commander et sens proier ; 
Mais por ce q'on ne li laissa, 
Molt dolente s'en conoiera. 

Mesire Durmars s^ert béndes^ ^'.^ 
2650 Al miech qu'il pot s'eii atomes, 
Il a sa plaie restanchie 
Del pegnoncel l'a bien faissie. 
Mais il a molt de sanc perdu, - 
A son col repent son escu .,. - 
2665 Si reprent s'espee en sa main, 
Lors s'en rêva vers Gardroain 
Qui giut el pre tos estendus; 
Car par mi le cuer fu férus. 
Tôt cil qui la sunt dient bien, 
2660 Que de vie n'i a mais rien. 

Uns chevaliers s'est avancies 
Molt proz et molt bien enseingnies, 
Monsaignor Durmart en apele. 
»Sire« fait il »vostre pucele 
2665 [A] l'espervier, ce m'est avis, 
Fièrement li aves conquis, 

* 
2640 da» »t« in voi^ ist im ins. undeutlich. 



75 

Tost aves mort bon cheTalier. 
Mais li plaindras n'i a mestier. 
Puisque vostre lance est froee, 
2670 La costume est en ceste pree^ 
Qu'atre lance vos baillerons, 
Ne ja nul mal ne vos ferons. « 
»Sire« dist il »vostre merci, 
La costume ain je bien ensi.« 

2675 Lors est sor son cheval montes 
Mesire Dnroiars tos navres, 
^^' Li chevaliers li a donee 

Grosse lance roide et planée. 
Puis li a dit et consillie: 
2680 »Beaz sire, aies de vos pitié, 
K'arestes plus ci longement, 
Por amor deu aies vos ent; 
Car mesires Bruns de Morois 
Qui molt est hardis et cortois 
^^^ Yodra ja vengnier Cardroain 
Que il tient a frère germain. 
Bruns de Morois est molt hardis 
Et làoH-bons chevaliers eslis. 
Quant ceste feste a assemblée, 
" ^ Chascun an se met a celée 

En I vergier molt près de ci, 
Et quant il set bien tôt de fi, 
Que ses frere(8) en a le plus bel. 
Lors s'en rêva a son chastel, 
^ Que ja si ne se mostrera. 

Mais je quit bien, quant il sara. 
Que ses frère est mors et ontres, 
Lors venra ci tos aires, 
Molt par iert grans ses maltaleus; 
^^ Aies vos ent, si feres sens.« 
Quant cil a sa raison finie, 
Mesire Durmars Ven mercie 
Del consel qu^il li a done; 



76 
Drois est, qu'il Ten sache bon gre, 

2705 Maintenant d'iloc se parti, 
Et la damoisele atresi 
S'en est ensemble o lui torm&;-i- 4 * 
Mais ce li plaist molt et ag^<i^ t ^*- ' 
Qu'ele enporte son espervier. ' »^ 

2710 Lors commencent a chevacier, 

Et quant il fm:ent loins des gens 
n traities u III arpens, 
A monsaignor Durmart pairoli 
La pucele qui n'est pas foie. 

2715, »Ha« fait ele »beaz sire dos, 
Tos mes services est en vos, 
Salve m'onor vos servirai 
De quanqueB servir vos porai; 
Car vos m'aves hui bien tense[e] 

2720 Et de grant annui délivrée. 
Mes grans chevaliers me falli 
Mais vos, la vostre grant merci, 
M'aidastes bien come prodom,' 
Sire, dites moi vostre nom.« > .. 

2725 »Certes« fait il, chu edt bien. «hQft» 
J'ai a nom Durmars li Galois, , ^ 
Si sui fiz le roi Jozefent 
A cui tote Gales apent. 
Et si est rois de Danemarche, 

2730* Il a este en mainte marche 
De grant proece renomes. « 

« 

»Sire« dist ele »bien semblés 
v" c 1 : De bon estre et de haute gent. 
Il me poise molt durement 
2735 De ce, que vos estes navres. 

Bien voi, que trop estes grèves, 
Vos m'aves fait molt gent socors, 
Guerredones vos iert aillors^ 
Se vos venes en mon pais, 



77 

2740 De ee dont vos estes pensis 
Molt bien vos en avoierai, 
Sachies, que je vos mosterai 
La tresbele roine gente 
Qui tant tos plaist et atalente; 
^745 Mais je ne. vos en dirai plus, 
Dnsqne vos esteres venns 
Ensemble o moi en ma contrée; 
Car el pais n je foi née 
Me covient ancois revenir, 
^^ Que plus en puisse descovrir. 
De plus enquerre et demander 
Me deves bien respit doner 
X)eci qu'en mon pais, beaz sire.« 
»Ce ne doi je pas contredire, « 
^ Fait mesure Durmars »por voir, 
^os me faites grant joie avoir 
De ce que vos m'aves promis, 
iMoi semble que. je sui garis; 
Quar tel promesse m'aves faite 
^ Qui tôt me conforte et rehaite. 
Seneois soit vostre cors gens 
Et vostre dolz acointemens; 
Bien sui porpenses et garnis. 
Que ja duc en vostre pais 
^ Nule rien ne vos enquerrai 
Et de vos servir tant ferai, 
Que ja mes cuers n'en iert faintis.« 
»Sire« dist ele »grans mercis.« 



O 



A cest mot d'errer s'enforcierent. 
Mais de noient ne se gaitierent 
Del grant chevalier qui venoit 
Et qui durement se penoit 
De monsaignor Durmart ataindre ; 
Quar grever le voloit sens faindre. 
Li grans malvais de pute orine 
Savoit bien tote la covine, 



78 

Qne li Galois ert si navres, 
Qu'il ot del sanc perdu asses; 
Qnar ses nains li avoit nuncie 
2780 Qui tôt Tafaire ot espiie. 

Molt quide bien li grans cmenz, 
Qne mesire Durmars U preuz . 
Soit por sa plaie Inès conquis. . 

La bêle pucele a cler vis 

2786 Se regarde, si voit venir 

Le grant chevalier par aûr^ - 
Monsaignor Durmart le mostra. 
»Sire« dist ele »je voi la 

c. 2: Le grant chevalier qui vos siut, 

2790 Je quit que mal faire vos vint. 
Mais je vos di par droite foi, 
Plus me crien de vos que de moi.« 
»Bele« fait mesire Durmars, 
»Li grans chevaliers est coars, 

2795 Je le conois ja si tresbien, 

Que mes cuers ne le dote rien.« 

liors se tient coi(s) et si s'areste, 
De son cheval guenchist la teste 
Vers le grant chevalier qui vient, 

2800 L'escu par les enarmes tient. 
Et li grans chevaUers li crie: 
^Vassal, molt faites grant folie, 
»Quant vos la pucele enmenes, 
Maigre vostre, le me laires; 

2805 Mar veistes sa compaingnie.« 
Lors muet a li lance baissie, 
Molt fait le cheval tost aler; 
Et mesire Durmars li ber 
Le vait encontrer fièrement 

2810 Et molt chevalerosement 
A boute son escu avant. 
Baisse la lance al fer tranchant. 



-J> 



r> ^ 



79 

ïi chevalier si droit s'adrecent 
Grans merveille est si ne se blecent; 
^^/'i Quar si tost corent li destrier, 
Qu'il font le fu des fers lancier. 
La pucele s'en esbahi, 
Mesire Durmars voiant li 
Broche et adrece et esperone, 
^^O La terre bondist et resone 
Desoz les pies de sou cheval. 
Tost assemblèrent li vassal; 
^ais li grans chevaliers falli, 
Qu'ai aprochier tost s'esperdi. 
H a un poi son frain tire 
Et si l'eschive tôt de gre ; 
<^ar a hurter pas ne requiert, 
lEt mesire Durmars le fiert 
Hoidement, sens nule fallance. 
Si que le cler fer de la lance 
Xi a mis desoz le menton, 
•A tôt le deerain arcon 
Le fait jus voler trestot plat, 
Si qu'ai chaoir rent molt grant quat. 
Li chevalz al grant chevalier 
S'esfroie et lance outre I sentier. 
Par mi une rue.chavee, 
Qui plus de vint piez estoit lee. 
Sailli li chevalz tos covers. 
Et li grans chevaliers culvers 
Remaint gisant tos estendus. 

Mesire Durmars n'en fait plus, 
Ot la pucele s'achemine 
Devers le grant forest sapine, 
La damoisele se rehaite 
^^ Por la jôste que il ot faite. 
»Sire« dist ele »or ai veu, 

^^ ^8. desoz le son arco mto. 



^ ^. 



80 

QuVn I jor ayes abatn 
De n orguilloz le dangier. 
2d50 Or vos laist dex tant esploitier. 
Qne tost poissies mire trover 
Qui vostre plaie pnist saner.< 
»Bele fait il JhesiiB l'otroit.* 

Lors chevacent a grant esploit, 

2865 Bien qnident estre a salvete 
Mais ja seront araisone; 
Car Bruns de Morois les sioit 
Qui tôt le covine savoit 
De son frère qui ert ocis. 

28riO Laissie Tavoit es prez floris, 
N'i arreste pas longement, 
Apres se haste durement 
D^ataindre celui qui Va mort, 
Sor I destrier isnel et fort 

2865 Siet Bruns de Morois tos armes, 
Tant s'est de chevacier hastes, 
Que monsaignor Durmart choisi 
A rentrée del gaut foilli. 
Adont se va il tôt coitant, 

2870 Et quant il le vait aprochant, 
Si li a haltement buchie: 
»Vassal, trop aves chevachie, 
Brun de Morois m'apele on, 
Je vuel prendre la vengneson 

2875 De mon frère que mort ayes.« 
A icest mot s'est retomes 
Mesire Durmars tôt de plain; 
Mais i[l] se sent molt feble et vain. 
La pucele s'est arrestee 

2880 Deles lui tote espeuree; 

Quar durement se dote et crient 
Por Brun de Morois qui la \aent. 

2855 Ma. laliiete. 2865 Mr. le Moroia. 



f 



81 



Mesire Dormars voit et set, 
Que Bruns de Morois trop le het, 
^^S5 Vers lui le voit venir deslais, 
Ce n'est pas senblance de pais. 
Molt Taraisone sagement 
Mesire Durmars qui Tatent. 
»Bruns de Morois* fait il »estes, 
^9o Par celé foi que vos deves 
Amors et honor et proece 
Xjt cortoisie et gentilece 
lEntendes et parlez a moi, 
^ins que faciès atre desroi.« 



»f=^ 



IBruns de Morois s'est arrestes, 
Tantost que il est conjures. 
>Vassal« fait il »que vues tu dire, 
Tant m'aves fait d'anui et d'ire, 
^ae jamais jor ne serai lies. 
Si me serai de vos vengnies.« 
»Certes«, fait mesire Durmars, 
»Nices et malvais et coars 
Et molt povres de cuer séries. 
Se vos en cest point m'assaillies ; 
Car je sui navres mortelment. 
Vos ne feres nul vengnement 
De vostre frère, ce sachies. 
Se vos en cest point m'ociies ; 
Qaar il meisme s'est vengies, 
A mort sui navres et plaies, 
Et se je par la deu poissance 
Ne par la vostre mesquerance 
Vos puis issi d'armes oltrer, 
Tos li mons vos pora blâmer. « 



^^ 



^ Quant mesire Bruns de Morois 
A bien entendu le Galois, 
»C!omment« fait il »sire vassal. 
Se ne vos ferai altre mal, 



82 

Et si m'aves mon frère mort 

2920 De oui je n'aten nul confort, 
Grant talent ai de vos ocire. 
Fait mesire Dormars »Beas sire, 
Laissie[s] m(e) aler sor ma fiance 
En tel point et en tel balance, 

2925 Que se je muir, vengnies sera 
Vostre frères qui navre m'a 
Et se dex tne fait eschaper 
Sens morir et sens affoler, 
Tantost que je garis serai, 

2930 Dedens LX jors irai 

La u je vos saurai sens faille 
Trestos acesmes de bataille ; 
Et se vos en ma grant vertu 
M'aves por vostre cors vencu, 

2935 Trestot cil vos en priseroient 
Qui la vérité en sauroient. 
Bien aures vengnie vostre frère. « 

»Poi que je doi Tame mon pere,« 

Fait Bruns de Morois li vaillans, 
2940 »Vos parles comme bien sachans, 

Et je vos lais aler ensi; 

Mais vos me fianceres ci, 

Que quant vos seres bien sanes, 

Dedens LX jors seres 
2945 Al chastel de Morois tôt droit, 

La vuel, que la batalle soit. 

Quant vostre plaie iert bien sanee. 

Ensi me plaist, ensi m'agrée; 

Quar ge convoite molt honour 
2950 Qui vengne de droite valour 

Sens engien et sens tricherie. « 

Mesire Durmars li affie. 

Que bien li tenra vérité 

De ce qu'il ont la devise. 



83 

^55 Bruns de Morois s'en est partis, 
Mais il encontre en I laris 
^ ^: Le grant chevalier tôt monte; 
Qnar ses nains li ot ramené 
Son cheval qui fu eschapes. 
^60 Xji grans malvais s'est escries: 
Estes vos Bruns de Morois V 
Ot onques vers vos nul defois 
Iji chevaliers que vos siwistesV 
Dites moi, se tost Tocesistes ! 
^^ Tor vos aidier après aloie.« 

:2»Par mon chief mestier nen avoie« 
Tait Bruns de Morois, se sachies, 
Xi chevaliers est molt blecies, 
^a haute honor n'i conquesisse, 
Se je en cest point Tocesisse. 
IMais il m'a dit et fiancie 
lEt loialment covenancie. 

Que quant il sera respasses 

Dedens LX jors passes, 

Venra tos solz combatre a moi. 

Ensi Totriames nos doi.« 

»Certes« fait li grans »ju irai 

Apres lui, si vos vengnerai.« 

Fait Bruns de Morois. »Ne feres, 

Ensemble o moi retomeres. 

Bien seres annuit herbigies.« 

Atant s'est li grans acoisies, 

Lors s'entornerent sens délai. 

Del grant chevalier me tairai, 
^ Et de Brun de Morois ausi 

Ne vos enconterai plus ci. 

Mesire Durmars est entres 
En la forest tos adoles ; 

* • 

Y>>3w ^g adobes , welches aber von gleicher hand in adoles geân- 

6* 



) 



84 

Qnar sa plaie li rengreva. 
2990 Ehi un molt bel lieu s'arreeta, 

Desoz un arbre descend! 

Et la damoisele atresi. 

Sos la branche d'un olivier 

Met la bêle son espervier, 
2995 Mesire Dnrmars prent conroi 

Del cheval et del palefroi, 

Tost les arache a I lorier. 

La pucele li vait aidier, 

Son escu pent a une branche, 
3000 Lors li descaint Tespee blanche, 

Apres li a son elme oste. 

De sos nn grant chane rame. 
S'est mesire Dnrmars assis, 
La damoisele al simple vis 

8005 S'est assise par deles Ini. 

»Sire€ fidt ele, »en cest jor d'ni 
Aves estet molt travillies. 
Or n'estes pas bien aaisies; 
Mais ensi est, annnit ferons 

1010 Trestot le miez que nos porons, 
Glines vostre chief desor moi.« 
Mesire Durmars dist: »Avoi, 

c 3: Certes, trop m'abandeneroie.« 
La damoisele tant l'en proie 

3015 Par donchor et par amiste. 
Que son chief a sor li cline, 
Et il maintenant s'endormi. 

La nnis vint et li jors falli, 
La Inné loist et clere et bêle, 
3020 Tote nuit velle la pucele; 
Et quant ce vint al ajomer. 
Lors chantent li oisel molt cler 

3006 Mb, j^t iL 



I 



85 

For le tens ki beaz est et gais, 
lii solias fait loisir ses rais 
^025 Sor les fuelles et sor les flors, 
Clers fa li matins et li jors. 

Uesire Durmars s'esveilla 
lEt tôt eu estant se drecha. 
>Dex« fait il »com j'ai bien dormi, 

030 Damoisele, vostre merci 

Des grans biens que vos fait m'aves, 
Toirs est, que je sui molt navres; 
Mais vostre dolce compaignie 
M'a molt ma dolor adolcie. 

►3^ Montons, si tenons nostre voie; 

Car volentiers chevaceroie. 
Tant que je poisse trover 
Mire por ma plaie saner.« 
»Sire« dist ele, »ju aroie 
De vostre saute molt grant joie.« 
A ces paroles s'entornerent, 
Et lors maintenant si montèrent, 
Riens de lor n'i ont oblie, 
Parmi I grant chemin ferre. 
Chevalcierent grant ambleure. 



'O^S 



N'ert pas la matinée obscure, 
Ains ert li tens clers et sens, 
Ja estoit li jors esbaudis. 
^ A monsaignor Durmart greva 

^ La chalors qui grande leva, 

8a plaie le angnant; 

Mais il n'en mostroit nul semblant, 
Por la pucele s'en gardoit. 
Si que la bêle s'en parchoit. 

^5 Et quant il est tierce passée. 



« 



^^ im Ms. sind 5 buchstaben verwischt. Ich vermuthe: va 



\ 



86 



Si est ane lande troTee 
Molt bêle et trestote reonde, 
Une grans fontaine parfonde 
Très en mi la lande sorgoit. 

3060 De joste la fontaine voit 
Mesire Durmars une tente 
Tote vermelle, molt fu gente. 
La tent[e] ert molt bien estachie, 
Près d'un grant arbre estoit drecie. 

3065 Dui valiez desoz Tabre estoient 
Qui molt durement se penoient. 
De viande querre et haster, 
Lors fuz ardoit et bel et cler. 

y^ c 1 : Mesire Durmars maintenant 

8070 A la tente est venus errant, 
Douz pans en a trove hacies. 
De son cheval s'est abaissies, 
Tôt de plain esgarde laens, 
Lors voit un lit qui molt fa gens. 

3075 Li lis estoit et hauz et grans 
« Et beaz et riches et plaisans, 

Mainte uevre i avoit bêle et cointe, 
Covers d'une coûte porpointe 
Qui n'estoit pas vies ne usée, 

8080 La coûte fu eschequeree 

D'orfroi et de vermel samis. 
Mais n'estoit mie seuz li lis, 
Ains seoit sus une pucele 
Qui molt paroit et jone et bêle, 

3085 Ele estoit blonde eschevelue, 
D'un vermel samit ert vestue, 
Molt perent bien si blon chevel 
Sor le riche sami vermel. 
Un pigne d'ivoire tenoit 

3090 La pucele qui se pignoit, 

3090 Ms. plaignoit. 



3100 



87 

Devant li sert une tosete, 
Une molt jone meschinete 
Cui li servira molt bien avient, 
Devant la danioisele tiont 
3095 Un mireor, ce m'est avis 
Dont ele mire son cler vis, 
Et par devant le lit seoient 
Dui jovencel qui la juoient 
Sor un eschequier as esches. 
De bien juer furent engres, 
Yestu estoient de burel, 
Et sachies, que li II tosel 
Frère a la damoisele estoient. 
Par devant li se desduisoient. 

3105 Mesire Durmars salua 

Le pucele lues qu'il vint la. 
>Damoisele« dist il »bon jor 
Vos doinst dex par sa grant docor 
Et vostre bêle compaignie.« 

3^^C> »Sire Jhesus vos beneie,« 
Fait la pucele, sie se lieve. 
Mais li leviers pas ne li grieve; 
Que ele estoit bien costumière 
De mostrer a gens bêle chiere, 

SUS Vers monsaignor Durmart s'avance 
La pucele cortoise et franche. 
»Sire« dist ele » descendes 
Et vos, pucele qui tenes 
Sor vostre main cel espervier, 
31 20 Chaiens vos co vient herbigier.« 

»Enfant« fait ele »cha venes, 
Cest chevalier molt bien serves. 
Et je servirai sa compaigne. 
Ne me trovera pas estrange. 
^2: Li dui enfant le geu laissierent, 
3126 De bien servir s'aparilUerent, 



Ld une a ja bûsî FeBcs. 

A une branche Ta pendo. 

Mmre DormarE k»? deeeoit 
Zl$f^ Ex \sL damoieele enaement. 

Bon esperrier a commande 

L'im(B) des enfan& dl Fa p(»ie 

Vetfjr ane perce seoir; 

Ne mêlent pa« en nonehaloir 
'4l^/ Le palefroi ne le deetrio-, 

Ain» les font molt bien aaisier. 

Me«ire Dorniars a oste 
Bon cler elme d'or corone; 
Taniost corn il le deslacha, 

'à 140 Maintenant le prist et bailla 
La jov(e)ne pncele rosée, 
En sauf Fenporte aynec Fespee. 
Les II damoiseles sens faille 
Li deslacierent la ventaille, 

S\4b Al blanc hauberc traire et oster 
Li covint d'angoisse suer, 
Les chances de fer li osterent 
Li doi damoisel qui la erent. 
Et quant il est tos desarmes, 

8160 Si est en son porpoint remes, 
La pucele vaillant et gente 
Celé de la vermelle tente 
Voit le porpoint ensanglente, 
Par molt grant debonairete 

8155 Monsaignor Durmart en apele. 

» Certes, sire« dist la pucele 
»Je quit, que vos estes navres. « 
»Bele«, fait il » c'est vérités, 
Ma plaie me duelt molt et cuist, 
8160 Ge l'ai très hier, forment ne nuist. 
Que onque ne fu regardée. « 
»Sire,« dist la bêle senee, 



r* 



89 

»Merci, de bien m*en sai mesler 
DWe grant plaie meciner, 
3165 Se vos n'estes a mort navres, 
Ains quart jor seres tos sanes.€ 
Atant est la plaie mostree, 
La pncele Ta bien tentée, 
Molt le manoie dolcement, 
3170 Sa droiture li fait briement, 
Une poison fait aporter, 
Ne sai pas les herbes nomer. 
Quant la poison fu destempree, 
D'une molt grant cope dorée 
3175 En boit mesire Durmars lors, 
Molt li rasuage le cors. 
Les damoiseles s'avancierent 
Qui por lui servir s'aprochierent. 
Bien Tafaitierent d'une guimple. 

3180 >Sire,€ dist la pucele simple, 
^ ^ ' >La poison que je vos donai 
Est celé que millor ne sai, 
Ele vos garira dedens 
Et par defors li ongemens 
^^^ Que j'ai sor vostre plaie mis, 
Ains quart jor seres tôt garis, 
Ne vos dotes, seurs soies. « 
Mesire Durmars fu molt lies 
Et molt joians de cel afaire; 
^^ Quar bien li doit sa santé plaire. 
La pucele li fait baillier 
I mantel de soie molt chier, 
La penne estoit d'ermine bla[n]che 
Sens enbronchiere contenance. 
Mesire Durmars s'affiebla. 
Et la damoisele apela 
Sa meschine sens plus atendre. 
Tôt maintenant H fait estendre 
Devant son lit un drap de soie 



^195 



90 

3200 Qui resclarcist et reflamboie, 
Lors lavèrent et puis s'asisent, 
Et doi damoisel s^entremisent 
De mètre la table erranment. 
Sor II escameas bassement. 

3205 Blanche nape avoit sor la table 
Qni bêle estoit et delitable, 
Nule riens n'i fa obliee 
Qui la deust estre aportee, 
De riches mes sunt bien servi 

3210 Et de bon vin tôt atresi. 

Longement sisent et mangierent, 
Ce sachies, que bien s'aaisierent, 
Apres mangier la table osterent 
Doi vallet qui Taigue portèrent 

3215 Monsaignor Durmart font laver 
Et sa compaigne ot le vis cler. 

Bien sunt servi et pla[i]sanment, 
Nés honore pas faintement, 
La damoisele de la tente, 

3220 Bones espisces lor présente, 
Molt les esjoist et conforte. 
I damoiseaz le vin lor porte, 
Quant or en but, lors s'aparelle 
Celé de la tente vermelle, 

8225 Une harpe fait aporter. 

Si commence un lai a harper. 
Molt le savoit plaisanment faire. 
Bien sot les notes a fin traire 
Et bien les savoit commencier 

3280 Et bien monter et abaissier. 

A monsaignor Durmart plaisoit 
Ce que la pucele faisoit, 
La damoisele al espervier 
Dist, qu'ele fait molt a proisier. 

8235 Quant la bêle fine son lai. 
Lors vait seoir sens nul délai 



f 



91 



^ ^ : lues monsaignor Dnrmart tôt droit. 

2»>Sire< fait ele »or me plairoit, 
C^ue mes amis fuist ci o vos 
'^^^ Qui molt est debonaire et dolz 
&^'il estoit ci, se deiis me voie, 
Il feroit de vos molt grant joie ; 
<^nar il herbeges volentiers 
IBt puceles et chevaliers, 
^^ mi set tote la gent tenir 

^^olonc ce qu'on les doit chérir. 
Oladineaz li vermalz at nom, 
^3'a de proece grant renom, 
IK'onques miez entechie ne vi, 
Oe saries vos, s'il estoit ci. 
Ciertes, molt esbahie sui 
^t molt trespensee por lui; 
^uar il a en ceste contrée 
^ chevalier de grant ponee, 
^^^ Cil at nom li Fel de la Garde, 

Xes chemins de la forest garde. 
Mais chu est molt cruozement, 
Volentiers desmonte et descent 
Une dame ou une pucele. 
S'il rencontre, ja n'iert tant bêle, 
S'ele a bêle chevaeeure. 
Il dist, que ce est sa droiture. 
Et s'il encontre chevalier. 
Maintenant li tout son destrier. 
Se cil ne li puet eschaper 
Par meslee et par tost aler, 
Del sergant et del esquier 
Vuet avoir le ronci trotier, 
^^^ Ne deporteroit pas I moine 

"" ^ Ne I prestre ne I chanoine. 

De tos ceaz qu'il puet encontrer, 
Vuelt il paage demander. 



\ 



92 

»Sire, or vos di(e) que mes amis 
S'est bien durement aatis 

B275 De celé costume abaissier, 
Il het le félon chevalier 
Tant que, s'il le puet enconiarer 
Por tant, qu'il soient per a per, 
Par vérité vos sai bien dire, 

3280 Que l'un d'eaz II en iert li pire. 
Très hier matin chaens s'arma 
Mes amis et lors s'entorna 
Desor I grant cheval de pris 
Tôt covert d'un vermel samis, 

8286 Jhesus le gart de mequeance; 

Quar j'ai en mon cuer grant dotance 
Por ce, conque puis ne le vi, 
Que de chaens se départi. 

A cest mot respont li Galois, 
8290 Mesire Durmars li cortois. 

»Certes« fait il »ma doce amie. 

Se deu plaist et sainte Marie 
c 2 : Yostre amis n'aura se bien non ; 

S'il puet vaintre le mal félon 
829Ô Qui si parest mal entechies, 

Molt sera ses pris avancies. 

Or soies trestote seure, 

Qu'encor ancui par aventure 

Revenra vos amis tos lies. 
8300 Confortes vos et rehaities.« 

De cel mot fu lie et joians 
La pucele sage et vaillans, 
Monsaignor Durmart mercia 
Por ce, qu'ensi le conforta. 
3305 Mais ce ne seroit pas raisons 
De raconter toz lor répons ; 

8298 Ma. nom. 



93 



Qaar mainte chose fisent la. 
Mesire Dormars sejoma 
m jors en la vermelle te[n]te, 
5SiO Et la pucele mist s'en tente 
A lui garir et respasser, 
Hie fist ele bien assaser 
î^e de boivre ne de mangier, 
Que il n'eust son desirier, 

331 s Et sa compaigne o le cors gent 
Fn servie molt bonement. 
Trois jors tos plains i sojornerent, 
£n la damoisele troverent 
Orant compaignie et grant solas. 

(320 Xi chevaliers ne revint pas, 

Cil qui de la tente estoit sire, 
Cha avant m'ores de loi dire. 

iMesire Darmars se senti 
Al quart jor trestot fin gari, 
Tantost com jor est esclairies. 
S'est il vestus et chacies, 
Et II damoisel li aidierent, 
Ses chances de fer li lacierent, 
Ses chevaz fa tos enseles 
Et covers et bien acesmes. 
Mesire Dnrmars a vestu 
Son blane aubère sere et dru, 
Fors estoit et de bone ovraigne. 
Et li palefrois sa compaigne 
Fu ja trestos aparillies. 
Ele meismes, ce sachies. 
S'est ja pièce, qu'ele est levée ; 
Tantost cum ele est acesmee, 
^ Son espervier manoie et tient, 

'^^ Et celé de la tente vient 

Vers monsaignor Durmart errant, 
Décernent li dist en riant: 
>Sire, dex soit a vostre armer, 



à 



94 

Bien pores haimais sejorner 

3845 Et Yostre compaigne la bele.c 
»Certes€ fait il »ma damoisele, 
Li demorer ne puet or estre, 
De damedeu le roi celestre 

c 3 : Soit li YOstre cors honores. 

8350 Bien quidai estre a mort navres, 
Mais vos m'aves rendu la vie, 
Por de et por la vostre aie 
De ce soies tote certaine, 
Que je meteroie grant paine 

3866 En yostre anui a abaissier, 
Se je vos en pooie aidier.c 
»Sire< dist ele »bien de croi, 
Molt me plaist, quant gari vos Yoi.« 

Queque il ensi devisoient, 
8360 Parmi la lande venir voient 

I vallet qui venoit corant 

Vers la tente grant duel faisant. 

II ot la teste hurepee. 
Sa cote li ert dessiree 

3365 Trestote dusqu'en la cainture, 
N'ert pas joians de s'aventure 
Li valles qui venoit a pie. 
Le visage tint enbronchie. 
Mesire Durmars le choisi, 

3370 »Par mon chief« fait il »je vos di, 
Que cil qui la vient semble ires, 
Voies, cum il est dessires, 
Bien semble qu'il soit laidengies. 
Férus et botes et sachies.« 

3375 Quant la pucele de la tente 
Voit le vallet, si s'espoente, 
A monsaignor Durmart a dit: 
»Sire, se damedeu m'ait, 
Cil qui la vient est mes serjans, 

8380 Bien senble tristes et dolans, 



95 

Je quit, qu'il médira noveles 
Quine me seront mie bêles. < 

A ces mos li valles entra 
En la tente, si s'avança. 
3385 >Damoisele« fait il »merci, 
Partes vos maintenant de ci; 
Quar se vos estes ci trovee, 
Ja seres en prison menée 
Tôt droit al chastel de la Garde. 
S390 Li fel chevaliers qui le garde 
Me toli ore mon ronci 
A II traities près de ci. 
Jo avoie traite une bisce 
Mais li envers que deus honisce 
^•^ lie me resqueut trop laidement, 
£!t si me dist molt vistement, 
Qu'il a vostre ami en prison; 
Quar il et tôt si conpaignon 
X'encontrerent très devant hier. 
^^ 11 lor ocist un chevalier, 
£t si lor tua II chevalz, 
Id fel trahitres desloialz 
Le me dist ore et acointa, 
Quant en cel boz me démonta. 
Mon chaceor prist en sa main, 
Et si le bailla a son nain.« 
La pucele plore et sospire. 
Quant ele ot ces noveles dire. 
N'est pas merveille ne folie 
S'ele de ce est esbahie. 

Quant mesire Durmars oi 
Le vallet qui parloit issi, 
Maintenant l'en arraisona, 
»Frere€ fait il »quel part s'en va 
^ Li chevaliers qui te bati.4: 
»Sire, par deu qui ne menti, 



Cl , 

340e 



96 

Li chevaliers ne s'en fait pas, 
Vers son oste s'en va le pas. 
Bien sai, que je Tatainderoie 

3420 Molt tost, se mon preu i sayoie.« 
»Amis« fait il »dont m'i menés, 
Se je Tataing, veoir pores, 
Que je ferai tôt mon pooir 
Del saignor de chaens ravoir. « 

8426 »Sire« ce dist li esquiiers, 
»Je vos i menrai volentiers.< 

Mesire Dormars chaint s'espee, 
La pucele s'est molt penee 
De lui 3ervir et acesmer 

3480 Por ce, qu'ele Toi parler 
De délivrer son chier ami. 
»Sire« dist ele »laissies ci 
Yostre compaigne ensemble moi.4: 
»Ma damoisele, je Totroi, 

3435 Molt volentiers le vos lairai 
Dusqu'adonc, que je revenrai.< 
Atant s'est armes li Galois, 
De sa main s'a saignie III foiz. 
Quant il a son elme lacie, 

3440 Bon cheval tiueve aparillie, 

Tost est montes, son escu prent. 
Par la guige a son col le peut. 
Lors li vait sa lance baillier 
La pucele del espervier. 

3445 Mesire Durmiars l'en mercie. 
Quant il a sa lance saisie. 
Si prent as pucele[s] congie. 
Il a un pou son frain lasquie. 
Si a des espérons féru, 

3450 Bien s'acesme de son escu, 

Nus ne l'en pot par droit reprendre. 
Grans salz fait le cheval porprendre, 
Tropert as armes bien seans 



97 

Et vistes et bien chevacans, 
Lance levée, Teseu pris 
Galope de fierté espris. 
A damedeu le conunanderent 
Les pnceles qui demorerent. 



Mesire Durmars s'en torna, 
Et li valles qui le mena 

:^ Si Coroit a pie cum esragies; 
Quar il vossist estre vengies 
Del chevalier qui li ot fait 
Trop grant ennui sens nul forfait. 

^-^^ô Par devant le Galois chemine 
Li valles qui d^errer ne fine, 
N'a pas hi voie entrobliee. 
Tost ont aie une loee, 
L'espesse del boiz trespasserent, 

^'^'^^ Et quant d'atre part essai verent, 
Si entrèrent en I escars. 
Lors choisi mesire Durmars 
Le félon chevalier cruel 
Qui s'en rêvait a son ostel, 
"^^^ Et ses nains qui molt lies estoit 
Le ronci al vallet menoit. 
Li e[s]quiier8 les aparchut, 
Tantost cum il les reconut, 
Devant le Galois s'aresta 
• ^Qo Et tôt maintenant li mostra, 
»Sire« dist il »je voi celui 
Qui trop m'a fait honte et ennui, 
Il prist devant-ier mon saignor, 
Si Ta enserre en sa tour, 
* ^ A maintes gens a fait contraire. 

Trop est lies, quant il puet malfaire. 
Or vos doinst deus force et poissance, 
Que vos prengnies de lui vengnance. 
De maintes gêna seres loes, 
^9o Se vos son orguel abates; 



98 

Car plus félon querre u'estuet.« • 
A cest mot li Galois s'escaet, 
Devant son pis son escu joint, 
Lors broche le cheval et point, 
3495 Aures le félon chevalier 

Fait molt tost corre le destrier, 
A haute vois s'est escries: 
»Sire, chevaliers arrestes. 
Vos n'en poes aler ensi.« 

3500 Quant li Fel de la Garde oi 
Apres lui tôt ensi crier, 
Molt tost fait le cheval tomer. 
Plains de fierté et plains d'air 
Monsaignor Dumart voit venir 

3505 Les grans galos de randonee, 
L'escu pris, la lance levée. 
Bien pense li fel orguilloz, 
Qu'il vient contre lui si iroz, 
Tost li radrece le cheval. 

3510 Je vos di, que li doi vassal 
Al aprochier se défièrent. 
Conques d'atre pais n'i parlèrent. 
Lor piz et lor genoz cousirent 
De fors escus que tost saisirent, 

3515 En chantel les orent tomes; 
Les chies portèrent enclines 

c3: Desoz les elmes flanboians ; 

De lor clers espérons tranchans 
Font les chevaz si tost aler, 

3520 Que granz perilz est del hurter; 
Car li vassal les adrecierent. 
Les grosses lances abaissierent. 
Haut s'entrefierent al joster. 
Les riches escus font troer, 

3525 Mais arrester covient les fers 

Sor les mailles des clers haubers. 
Li chevalier pas ne se faignent. 



99 

Par force et par vertu 
De nule rien ne se dep 
3630 Et li cheval molt tost 1 
Lors covient les lances : 
Il en font les tronchons 
Plus de VII toises contr» 
Li chevalier outre s'en v( 

3535 Sens hurter et sens deroc 
Chascuns a trait le bran < 
Tost reguencirent et torne 
Sor les clers elmes se doue 
Grans coz de lor espees nu* 

•-i54o gor les escus sunt descendut 

Mont s'adamagent et empire 
Li doi vassal forment s'airen 
Quant sunt outre, tost reguei 
Par molt grant fierté s'envais 
" • ^^ Des poins et des pomeaz se d 
Si grans colz, que trestot s'est 
Li cercle de lor elmes froisseni 
Et lor escu fendent et croissem 
Bien sachies, que molt se travs 
•^55o De lor rois espies qui bien tai] 
Se fièrent sovent et menu, 
Grant pièce se sunt combatu. 

Qui les veist bien poist dire, 
Qu'il se haoient de grant ire. 
• &55 Lj fgj chevaliers se defent 

Molt bien et molt hardiement, 
Mesire Durmars par air 
Le vait del espee ferir, 
Sor le healme qui fu luisans 
*S6o Li a done III coz si grans 

L'un après l'atre en un randon 
Que tôt l'enclina sor l'arcon, 
Le col de son destrier acole, 



100 

Et s'espee Bel poing li vole, 
3665 Andoz les estriers a perdus, 

A pou, que il n^est jus chaus; 

Mais il se tint a son destrier. 

Quant il se quida redrecier, 

Mesire Durmars le coita, 
3570 Si durement sor lui hurta 

De la 'poitrine et del escu. 

Que del cheval Ta abatu. 

f247r«cl: Li Fel de la Garde est verses, 
Contre terre tos estones. 

3575 Longement a Testor soffert. 
Mais il voit bien tôt en apert, 
Qu'il n'en puet mais estre al deseure. 
Mesire Durmars li cort seure. 
Quant li Fel del Angarde voit, 

3580 Que défendre ne se poroit, 

Monsaignor Durmart en apele. 
»Sire« dist il »por la pucele 
Qui deu porta en Beliant 
Merci vos requier et demant; 

3585 Se vos aves merci de moi, 
Je vos fiancerai ma foi. 
Que je ferai vostre voloir 
Tôt plainement a mon pooir. 
Jamais n'iere se cortois non, 

3590 D'orenavant me vera om 
Dames et puceles amer 
Et les chevaliers honorer. 
Ma felenie guerpirai, 
Ne jamais rien ne forferai 

3695 Vers gentil home en mon vivant. 
Se ce n'est sor moi défendant. « 

Mesire Durmars li respont: 
» Levés tost sus, fiancies dont. 
Que vos tenres ceste justise 



101 

M) Sens mal engin et sens £ 
Et de monsaignor Gladîn 
Qui pris est en vostre chi 
Feres a s^amie présent, 
Rendes li trestot quitemej 

35 Ains que soliaz soit escoi 
A la vermelle tente ires 
Et si proieres la merci 
La damoisele et son ami. 
Se vos lor aves fait hontj 

10 Amendes lor par vostre h 
Et demain par matin mo^ 
Sens atargier vos eu ires 
Tôt droit en Gales errani 
A la cort le roi Josefent. 

16 Hoc vos rendes prisonier, 
A la roine sa moillier 
Dites, qu'a li vos euvoia 
Ciz qui sa chainture enpo 
Par qui tos armes s'enpai 

20 A la Pentecoste de li. 
Or vos covient il fiancier, 
Que vos loialment, sens b 
Tenres iceste covenance.< 

Atant li donc sa fiance 
^ Li chevaliers sens renfuse 
Lors le fait li Galois moi 
Et li esquiiers altresi 
Est remontes sor son ron 
2: Mesire Durmars Vapela: 
30 »Beaz freres« fait il »or 
Por ton saignor a esperoi 
Ja sera mis fors de priso: 
Ensemble o lui repai[r]er 
Mais il ne me trovera pa; 
^35 Tantost qu'a la tente veu 
Lues maintenant m'en pa 



102 

Que j'ai une besoigne enprise 
Qui ue poroit estre a chief mise 
Por faindre ne por sejomer, 
3640 Et por ce me co vient errer, c 

Lors li respont li esquiiers: 
»Ha!« fait il »beaz sire [tres]chiers, 
Onque mais ne vos vi nul jor. 
Que dirai jo a mon saignor 

3645 Qui Ta oste fors de prison, 

Puisque je ne sai vostre nom?« 
»Amis< fait il »vos li dires, 
Durmars li Galois sui nomes.« 
Atant se par[t] del chevalier 

3650 Et del nain et del esquiier, 
Toz seuz repaire li Galois. 
Lors trueve sentiers plus de III, 
Il se met a celui a destre. 
Mais aler deust a senestre. 

3656 En son cuer vint une pensée 
De grant docor enluminée, 
Je ne vos sauroie pas dire 
De son penser tôt le covine. 
Mais il pensoit a la roine 

3660 Et a la grande bealte fine 
Qu'il sot en li por oir dire, 
Nus hom ne vos saroit descrire 
En quantes manières pensa 
A celi que tant désira, 

3665 Mais tant dist li contes por voir. 
Que il pensoit atant valoir, 
Que, quant la roine sara 
Les proeces que faites a 
Et ce qu'il entreprent por li, 

3670 Tost le tenra por son ami. 



3665 u. 3666 sind im ms. umgestellt. Die richtige ordi 
durch vorgesetztes b. a. angedeutet. 



103 

Quant li Galois a ce peni 
Que il trover ne le poroii 
Lors entre en un despere: 
Mais il n'i est pas lougei 
Sovent li change sa pens 
Tost li desplaist, tost li i 
Quant faillir quide a son 
Dont se commence a esbf 
Et quant il pense a asch: 
Lor s'esjoist en son pens€ 
En tel manière s'oblia, 
Plus de XX liues chevaca 
Qu'onques n'aprocha vers 
En penser ot mise s'entei 

Del Félon de la .Garde oi 
Anchois que midis fuist i 
A la vermelle tente vint 
Et sa fiance molt bien tii 
Que le chevalier délivra, 

^ Droit a s'amie le mena. 
Descendus est, merci lor ] 
Et molt docement s'umeli 
Tant a fait, qu'il est acoi 
Lors prent congie, si est 

ï Li Fel de la Garde por ^ 
Cel jor meisme vuet movc 
A aler en Gales tôt droit 
Chevalcier vuet a grant € 

Ci se taist li contes de k 
Si me covient dire d'atru: 
Dedens son cuer est molt 
La trebele pucele gente 
Qui monsaignor Durmart 
Ele demande molt sovent^ 
^ Quel part li Gtklois est al 
Quant il n'est iloc retom< 



104 

Mais li esquiiers ne ses sire 
Ne l'en savoient fors tant dire, 
Qu'il le quidoient trover la; 

3710 Car il i diut estre piecha. 

Âdont pense en mainte manière 
La damoisele a morne chiere 
Et dist, qa'el iert molt esbahie, 
S'ele s'en vait sens compaingnie; 

8715 Lors se commence a dementer. 

Mesire Gladoins li ber 
Le conforte par grant docor, 
»Bele€ fait il »n'aies paor, 
Qae seule n'en ires vos pas. 

3720 Si me doinst dex joie et solas, 
Vos n'ires ja si povrement, 
Que vos n'aies moi et ma gent. 
Demain par matin moverons, 
Ensemble o vos chevacerons. 

3726 De ci qu'en la vostre contrée, 
Ne soies ja désespérée; 
Que je vos doi molt bien aidier 
Por vos et por le chevalier 
Qui m'a fors de prison oste. 

8780 Ce que je vos ai présente 

Vos ferai jo n'en dotes mie.« 
La pucele molt l'en mercie, 
Drois est, que telz raisons li siece. 
Ci se taist li contes grant pièce 

8785 De la pucele al espervier, 

Trop grans alonges n'a mestier. 

Mesire Durmars chevacha, 
Qu'ains en XX liues n'aresta, 
N'onques ne fina de penser, 
8740 Ce li fist sa voie oblier. 
▼•cl: Onques Percevaus li Galois. 
Ne fu de penser si destrois, 



105 

Quant le vermel sanc remira, 
Comme sire Darmars fa la. 
Tant a chevacie en pensant, 
Qn'il est près de solial conchant, 
Qnant il voit le soleil baissier, 
Molt se commence a mervillier. 
»Certes« fait il »forvoies sui, 
Bien sai de voir en cest jcJr d'ui 
Ontrage d'armes le Félon 
N'estoit se matinée non, 
Et or est bien basse vespree. 
J'ai chevachie Une jornee, 
N'ai pas droite voie tenue, 
La vermeille tente ai perdue. 
Je n'i saroie repairier. 
Ci voi tant devoiet sentier, 
Que je sui trestos desvoies. 
Beaz sire, dex quar m'avoies. 
Tant que je puisse retrover 
La bêle pucele al vis cler 
Qui mostrer me doit la roine.« 



A cest mot tint la teste encline, 
^"^^^^ Si ne set quel voie tomer, 
Lors a oi un cor soner 
Molt clerement et a haut ton. 
Mesire Durmars a bandon 
S'adrece vers la vois del cor, 
^^ Tant chevace, qu'il vint au cor 
De la forest qui molt est grans; 
Et quant il vint fors as plains chans. 
Lors voit sor I ronci ferrant 

I veneor qui vient criant 
^ Apres chiens qui courent el bois. 

Mesire Durmars li Galois 

A le veneor aprochie. 

Tant que de près l'a arrainie. 

*Frere« fait il quar me conseille, 



106 

3780 Je quier une teute vermelle 

Qui dedens cest boz est tendue, 
Forvoies sui, je Fai perdue, 
Si que je n'i sai rasener. 
Se tu m'i savoies mener, 

3785 Tu poroies faire grant bien.« 

»Sire« fait cil »je n'en sai rien, 
Maint jor ai le forest chercie, 
Onque n'i vi tente drecie, 
Je ne puis ci arrester plus ; 

3790 Car j'ai trestos mes chiens perdus, 
Si les me covient rasembler. 
Mais se vos voles osteler, 
Je vos sai molt bien avoier 
La u vos pores herbiger. 

3795 Celé blanche voie tenes, 

Al pie de cel mont troveres 

c2: I chastel fort et bien séant. 

C'est monsaignor Brun de Branlant 
Qui molt bien vos herbegera, 

3800 Celé voie vos i menra, 
N'i troveres atre sentier, 
Ne n'i pores pas desvoier. 
Bien vos ai la voie mostree, 
N'i a pas demie loee.« 

3805 Atant s'en torne li venere, 
La lune luit et bêle et clere. 
Mesire Durmars a erre. 
Tant qu'il a le chastel trove; 
Lor puet veoir trestot de plain 

3810 Les murs et le palais hataiu. 
Sor 11 torneles haut levées 
Estoient II gaites montées 
Qui molt cleremeut âautoient 
Et od les âautes faisoient 

3815 II eschieletes acoper 



1(W 

Sens faillir et sens descorder. 

Mesire Durmars a trovee 

La maistre porte defermee, 

Laiens entra sens contredit; 

Devant I chapele vit 

En mi un prael assembles 

Vallès et esqniier asses. 

La s'enbanoient al serain, 

Li yallet ne smit pas vilain, 

Contre le Galois se drecierent, 

Molt haltement le bien veignierent, 

Maintenant vont ses règnes prendre, 

Se li aidierent a descendre. 

Uns esqniiers son cheval prist, 

^O De lui aisier bien s'entremist, 
L'escu et Tespee rechurent 
Doi valiez qui del ostel furent 
Et son cler helme li osterent, 
La sus el palais remportèrent. 

^^ Li valles qui porta Tescu 

A un clou de fer Ta pendu. 

Mesire Bruns Ta regarde, 
Âl esquiier a demande: 
»Di moi, (v)a cui est cil escus?« 
'^^^ Un chevalier qui est la jus, 
Descendi ore tos armes; 
Por herbigier est ci tomes, 
Cha sus s'en vient sens demorer. 
A cest mot le voient entrer 
^^^ Ens el palais, la teste armée 
Qui n'ot pas la ventaille ostee. 
Et mesire Bruns sailli sus, 
Tantost est contre lui venus. 
>Beaz sire« fait il »bieu vengnies, 
^^ De vostre venir sui molt lies.« 
»8ire« dist li Galois gentiex 
»En joie vos maintiegne diex,« 



108 

cd: Atant estes vos II sergans 
Qui portoient cierges ardans, 

3855 Doi atre vallet s'apresterent 

Qui maintenant le désarmèrent, 
n est remes en son porpoint; 
Qoar d'atre robe n'avoit point. 
Mais ses(t) ostes qui molt fa ber 

3860 Li fist an mantel aporter 
D'ane escarlate clere et fine, 
La penne estoit tote d'ermine. 
Li Galois s'en est affîebles, 
Asses fil la nait regardes, 

3865 Ne sembla pas filz de vilain; 
Ses ostes le prent por le main 
Qui molt savoit bien honor faire. 
Mais je ne me doi mie taire 
Des chevaliers qai laens erent, 

3870 Ce sachies, qae molt onorerent 
Monsaignor Darmart celé nuit. 
Il ne trova pas Tostel wit, 
Ains i ot molt bêle mainie 
De bêle gent bien ensengnie. 

3875 Qae qu'il parolent d'un et d'el, 
Es vos la dame del ostel 
Qui fors d'une chambre est issue, 
Si est ens el palais venue. 
Ensemble o li ot II puceles, 

3880 Jov(e)nes et avenans et bêles; 
Asses paroent bien d'un grant, 
D'un eage et d'un semblant, 
Vestues sunt d'une color, 
Filles estoient al saignor 

3885 Qui le Galois tant honora. 
Mesire Durmars se leva 
Contre la dame qui venoit. 
La dame qui venir le voit 
Le salue molt bonement 



109 

• 

tS90 Et les puceles ensement, 

Et mesire Brans de Branlant 
Fait le Galois passer avant. 
»Dame« dist il »a sa moiller 
Honores molt cest chevalier.* 

8^5 La dame n'a pas renfdse 

Ce que ses sire a commande. 

Atant fil li mangiers tos près, 

Lors veissies venir valles 

Qui de bien servir s'abandonent, 

^doo Drecent les tables, Teave donent. 
Quant snnt assis, lues maintenant 
Font porter les tables avant 
Les esqniier^et les valles, 
Li servant aportent les mes, 

3905 Asses i ot vin et viandes 

Et chandoilles, tortices grandes 
Qni sor les tables ardent cler, 
Ne sembloit mie ostez d'aver. 

► ï^cl: [I]cil n'estoit pas costamiers 
î^9lo D'estre a mains de XX chevaliers. 
Lues que ce vint après soper, 
Adont font les tables oster, 
Si boivent, quant il ont lave, 
Servi sunt a lor volente. 

Et li «ires de la maison 
A mis le Galois a raison, 
» Certes « fait il »moi est avis. 
Que vos estes forment pensis.« 
»Par deu, sire,« fait li Galois, 

^ »Je perdi hui dedens ce bois 
Une tente tote vermeille, 
Dont il me vient a grant mervelle. 
Ne le quidai pas eslongier, 
Assi con por esbanoier 

^^ M'en parti al solel levant, 



110 

Je repairai lues maintenant 
Vers la tente sens demoree, 
Ne fui pas loing une loee, 
Quant je le quidai recovrer; 
3930 Si vi le solel absconser, 

Ains puis ne vi nului vivant 
Qui m'en desist ne tant ne quant; 
Se par vos n'i sui ravoies, 
G'en quit estre trop eslongies.* 

3935 Mesire Bruns qui bien l'entent 
Li respont debonairement, 
»Sire« fait il »por voir vos di, 
C'ains en ceste forest ne vi 
Celé tente dont vos parlée. « 

3940 »Par foi tant sui je plus ires,« 
Fait mesire Durmars »beaz sire, 
Et si ne sui je pas en ire 
Ne en grant esbahissement 
Por celé tente seulement, 

3945 Mais g'i laissai une pucele 
Par qui ma dolors renovele; 
Car celé me devoit mostrer 
La bêle roine al vis cler, 
Celi d'Yrlande la senee, 

3950 La plus trebele qui soit née. 
Por li querre sui jo esmus 
Et fors de mon pais issus, 
Ains ne la vi ne ne conui, 
N'ains nel vi nomer nului 

3965 Et si ai perdue celi 

Qui me devoit mener a li, 
Forvoies sui trop raalement, 
Je di par le mien escient 
Qui la roine aroit veue 

3960 Et celi qui ju ai perdue 

Bien poroit dire en ses uoveles, 
Qu'onques nul jor ne vit si bêles, 



111 

Solonc ce que j'ai entendu 
De Tune et del atre veu.« 

- 2 : Mesire Bruns tôt escouta 

•dôe Quanque li Galois li conta, 
Bien a sa raison entendue. 
»Je quit« fait il >qme j'ai veue 
La roine que vos querres, 

33"7o La u je la vi ot asses 

De bêles dames assemblées 
Et puceles bien acesmees, 
Mais tote lor bealte passa 
La roine que je vi la, 

^^^^ Ains ne la vi que celé fois.« 

»Ha! beaz sire,« fait li Galois, 
»U le veistes. vos adont?« 
»Par deu,« mesire Bruns respont, 
Al chastel de Landoc le vi 
En mi un prêt vert et flori, 
Assez fu cel jor esgardee; 
Car molt i ot grant assemblée. 
Mesire Gardroains li roz 
Qui molt estoit chevaleroz 
I vint cel jor bien acesmes 
Sor un cheval trestos armes. 
Chascun an tôt ensi venoit 
Par un espervier qui seoit 
Sor une perce en mi le pre, 
^^ Et quant is Tavoit conqueste, 
Si le douait Ydain s'amie; 
Mais cel jor ne [l']ot ele mie, 
Ains Tôt la roine d'Yrlande 
La cui beatez est si tresgrande. 

^^5 Ele amena II chevaliers, 

Chascuns sembloit hardis et fiers, 
Li I ert trop Ions et trop grans. 
Mais li altres ert bienseans. 



^^r 



f 



112 

Li grans avoit armes dorées 

4000 Molt cleremeut eiilaminees ; 
Del altre sai bien vérité, 
Comment je le vi acesme. 
Assi faites armes portoit, 
Comme les vostres sont todroit, 

4005 Je les vi de près et de loing, 
Et lues que ce vint a besoing, 
Li grans chevaliers s'enfoi 
Por ce, que li cuers li fali. 
Molt fn la roine esbahie, 

4010 Quant ses grans coars Tôt guerpie; 
Mais li altres li desraina. 
L'espervier qui mis estoit la. 
Il ocist Cardroain sens faille, 
Assez tost venqui la bataille. 

4016 La roine prist Tespervier, 
S'en enmena le chevalier 
Celui qui la bataiUe fist 
Et qui resper[vier] li conquist. 
Mais je ne sai pas qn'il devinrent, 

4020 Ne de quel part lor voie tinrent.* 

c 3 : Mesire Dnrmars sospira 
Qui de respondre se hasta, 
»Sire« fait il »por den le voir, 
Comment poistes vos savoir, 

4025 Se ce fu la bêle roine 

Qui del espervier ot saisine.* 
»Par foi je vos dirai comment, 
Je ne le sai mie altrement, 
C'uns chevaliers qui la estoit 

4030 Me dist, que bien le conissoit, 
Et qu'il savoit bien le roialrae 
Dont ele estoit roine et dame. 
Je ne conois le chevalier 
Que je m'i quidai accointier, 

4035 En la grant presse le perdi. 



113 

Plus de C fois me repenti, 
Que je plus ne Fen demandai, 
Or en saves qaanqne j'en sai.« 

A ces mos li Gralois entent, 

4040 Que c'est la roine al cors gent 
Qui est en la yermeille tente 
Dont il perdi ni main la sente; 
Lors en est en pensée grant. 
Assez li plaist plus que devant, 

4045 Desor le vuet amer sens faindre, 
N'a talent de son traval plaindre; 
Ains dist, que la tente querra, 
Tantost cum il ajornera. 
Ses ostes Ta arraisone, 

4050 Se li a son nom demande. 
Mesire Durmars se nomma, 
Debonairement li conta, 
Que il estoit et de quel gent; 
Et quant mesires Bruns entent, 

4055 Qu'il est de linage roial, 

»Sire« fait il »j'ai fait trop mal, 
Quant plus ne vos ai onore, 
Mais se il vos venoit en gre 
Nule chose qui chaens soit, 
4060 Tôt a vostre commant seroit; 
Car îadis, quant bacheler ère, 
Foi je mol? bien de voske pU, 
Por lui et por vostre acointance 
Ferai armes d'atel semblance 
4066 Com celés sunt que vos portes. 
Li presens vos en iert dones, 
Cant vos revenres ci parent. « 

»Sire grans mercis del présent, « 
Fait li Galois bien enseignies, 

^2 Ib. ier m.; ier- ist aber in ui verbessert. 
UvmMn S 



114 

4070 »De Yostre acointance soi lies, 
U que je soie près u loingn, 
Se je sai vostre grant besoing, 
Tantost i venrai sens targier. 
Por tant, que je vos paisse aidier.« 

4076 A ces mos lor portent le vin 

Li esquiier et U meschin. 
V c 1 : Quant orent bnt li chevalier, 

Si fa molt bien tens de couchier, 
Li lit sant tôt aparillie. 

4080 Brans de Branlant a molt proie 
Le Galois, qa(e) il(l) i demoraist 
Et qu'eBsamble o li sejornaist; 
Mais proiere n'i a mestier 
Ne de saignor ne de moiUier, 

4085 A damedea le commandèrent, 

En lor chambres laens entrèrent. 
Et cha defors el grant palais 
* Ert I grans lis richement fais. 

Mesire Darmars se coacha, 

4090 De tôt son cuer la nait pensa 
A la bêle roine franche, 
Lors li membre de sa semblance 
Et de son doch acointement, 
Fine amors Talame et esprent. 

4095 En sa pensée s'endormi, 

Dont li sembla, qu'il fuist o li, 
Ele le baisoit en riant, 
Se li mostroit molt bel semblant ; ' 
Ce li sembloit visablement, 

4100 Qu'ele fuist tote a son talent, 
En sonjant le tient en ses bras, 
Molt ot la nuit joie et solas. 
Al resveillier part son desduit; 
Quar il trueve son lit tôt vuit 

4105 Fors de li qui tos seuz i gist. 
Lors sospire et pense et> iremist. 



115 

»Deus« fait il »com sui engingnies, 
Quant je si tost sui esyeillies, 
 tos jors mais dormir vorroie, 
o En itel point com jo estoie 
J'avoie tôt mon desirrier.* 

Âtant voit le jor esclairier 
Mesire Durmars, si se lieve, 
Âssi tost com li aube crieve; 

^15 Li vallet qui del ostel sont 
Isnelement servir le vont^ 
Et quant li Galois est armes, 
Si est sor son cheval montes 
Qui tos aparillies li fo. 

4120 n prent a son col son escu, 
Devant lui voit lances assez 
As fers tranchans, a fuz planes, 
En I lancier estoit chascune. 
Mesire Durmars en prent une, 

^^^ Son oste rueve saluer, 

Atant s'en va sens arrester. 
Quant il est del chastel partis, 
Lors cïievalce tôt I larris, , 
Vers le grant forest s'adrecha 

180 Par un sentier que tost trova 
Et dist, que il vuet repairier 
Vers la tento qjn'il perdi hier, 

^ ^ - Mais ne set quel voie tenir. 
Li jors se prent a esbadir, 

*^'^6 Li soliaz fait esclacir Tair, 
Mesire Durmars sent le flair 
Des flors noveles espanies 
Et bien en L parties 
Ot le chant des menus oiseaz 
*^^0 Sor branches et sor arbreseaz, 
Molt vont grant joie démenant. 
Mesire Durmars va pensant 
A la rien qfxe il glus désire, 



8* 



116 

En pensant le Toit et remîre, 

4ii6 Bien Tont amon pris et lade. 
Tant a li Oalois cheraleie, 
Qne il est près de la Tespree, 
Mainte voie a le jor troTee, 
Lors vient al oriere del bois, 

4150 Si a oi molt grant effiroiz 

De chiens qoi chercent et glatissent 
Si cler, qni li gant retentissent. 
Âtant a li Galois Yen 
I Tallet qoi tôt a pie fh, 

4155 Si ot devant Ini atachie 
Son chaceor tôt estanchie. 
Mesire Dnrmars va tôt droit 
Vers le vallet, Inès qn'i le voit, 
Saine le promierement, 

4ld() Puis Taraisone bêlement, 

»Valle8« fait il »parole a moi. 
Se dex te doinst joir de toi, 
Saroies tu nule novele 
D'une vermelle tente bêle 

4105 Que perdue ai dedens cest bois.c 
»Sire,« dist.li valles cortois, 
»De la tente ne sai je mie, 
N'ainc ne la vi jor de ma vie.« 

>Gerte8« fait li Galois »amis, 
4170 Dont sui je li plus esbahis 
Et to8 li plus desconfortes 
Qui puist estre de mère nez.« 
»Par mon chief« fait li valles »sire, 
Par vérité vos sai bien dire, 
4175 Que j'ai veu en cest jor d'ui 
Tel home qui plus a d'enui 
Et qui plus est desconsillies. 
Que vos n'estes bien le sacliies.« 
»Valles« fait il »ce ne puet estre, 
4180 Je ne le croi d'ome terrestre; 



117 

Neporquant volentiers oroie, 
Se sa dolors ataint la moie, 
Se ta me ses raison conter, 
Je sni tos près de Tescoter.^ 

^ »Sire je le vos conterai « 

Fait li valles »qne bien le sai, 
Hier matinet ala chacier 
In rois Artos et chevalier 

\ z. Ensemble o lui a grant plante, 

K> La roine al cors honore 
Estot ensenble o li venue. 
Je ne Tavoi onques veue, 
Si la vi molt tresvolentiers ; 
Garder le dut I chevaliers 

195 Qui molt est bien del roi Artu, 
C'est mesîre Ydier li fiz Nu 
A oui el eret commandée. 
Je vi la roine arrestee 
Pàrdeles un chemin forcie, 

^^^ Ja li estoient eslongie 

Li chien et les gens autresi, 
Kus n'estoit demores o li 
Fors Tdîer et une meschine, 
Molt estoit seule la roine, 

^^ Si qu(e) ele meisme disoit, 
Que trop folement demoroit. 

Or oies comment li avint, 
Tôt maintenant iltiec sorvint 
Bruns de Morois. trestoz armes, 
^^10 Covers estoit et acesmes 

D'un drap de soie emperial, 
Si seoit sor I grant cheval. 
Bruns de Morois est molt vaillans, 
Hauz hom et riches et poissans, 



it 



*187 man BoUte Hui mat. erwarten. 



116 

4215 Lonc tens a la roine amee, 
Plus de VU ans Ta désirée. 
Ne sai s'il le fist espiier, 
Mais la li Ti prendre et baillier, 
Devant li le mist et leva. 

4220 Tdier li fiez Na(z) s'avaneha, 
Al frain Tala prendre et saisir, 
Qu'il 11 vont sa dame tolir. 
Bruns de Morois se corecha, 
Le poing destre arme entesa, 

4225 Ydier feri en mi les dens, 

Si qu'il en fd trestoz sanglons; 
Jus del palefroi Tabati, 
La roine en porta ensi. 
Et mesire Ydier remonta, 

4280 Âpres lui point, se li cria : , 

»Par deu, culvers trahitres, lerres, 
Vos Tenportes come roberes, 
Se ce fdist par chevalerie, 
Je ne vos en blâmasse mie; 

1285 Mais vos aves fait traison 
Et félonie et mesprison. 
Certes, se ju armes estoie. 
Par mon cors le vos proveroie.c 

Lors tint Bruns de Morois tôt ooi, 
4240 »Ydier« dist il »bien sifti et croi, 
Que la roine rescories. 
Se vos le pooir en avies. 
Droit a Morois ren()orterai, 
Ja de rien ne renforcerai, 
f249r<»cl: Tant comme li solauz luira, 
4246 Et se chevaliers venoit la 
Por la roine délivrer, 
Et il me puist d'armes outrer. 
Rendue vos soit la roine. 

4249 Mb. aatine roine. 



119 

« 

De ce fâiz je bien aatine, 
Qu'il n'ar» garde fors de moi. 
Par fiance le vos otroL 
Or i parra que vos feres, 
Et comment vos le sooorres.« 



Lors B^entorue Bruns sens plna dire, 
Ydier est ho[n]tos et plains d'ire, 
Il n'oze mie repairier 
.Al roi Artu por sa moillier; 
Qu'il a paor, que il ne die, 
4260 Que il Tait vendue et triidiie. 
Bruns de Morois est chevaliers 
Beaz et cortois, h[ar]dis et fiers, 
A son ostel en est aies 
En itel point com vos oes. 
4265 Qui la vuet querre la bataille 
La le pora trover sens f lille 
Devant le chastel de Morois, 
La est mesire Ydier tôt cois. 
[Je]^ne sai quel chose il atent, 
<27o Esbahis est trop durement, 

Je quit que c'est li hom vivans 
Qui soit orendroit plus dolans. 
Nus ne puet tant d'anui avoir 
Ne vos ne autre, je l'espoir. 
^^ Ce que je vos ai ci conte 
Vos ai je dit par vérité; 
Car je le vi et si Toi, 
Je ne vos ai de rien menti. « 

»Valles,« fait mesire Durmars, 
^^ »Je ne vosisse por C mars, 

Que je n'eusse a toi parle; 

Quar tu m'as ore ramembre 

I jor dont moi ne sovenoit. 

Alttr me covient orendroit 
^ A monsaîgnor Brun de Morois, 



120 

Molt feras ore que oortcds^ 
Se tu a la voie me mes.* 
»Certes, sire,« fait li yalles, ■ 

Par celé crois vos en irois, 

4290 Bel chemin et grant troyerois, 
Vos laires le boz a main destre 
Et le plain champ devers senestre, 
Ja pores veoir le chastel, 
En tôt le siècle n*a si bel. 

4295 La vile est trop bien aasie, 
Si ne dote ost ne chevacie. 
Li sire est molt de hait corage 
Et plains de trop grant vasselage, 
Onqnes ne fa d^armes outres, 

4300 A deu soies vos commandes. « 

c2: »Beaz freres« dist il »dex te gart.« 
A ces mos li Galois s'en part. 

La voie trueve bêle et 'droite, 

Il chevace, tant esploite, 
4305 Qu'il voit le chastel de Morois 

Qui ne dote contes ne rois. 

Ne nus ne le puet aprochier 

D'une liue por assegier; 

Quar de mares et de croliere 
4310 Estoit fermes en tel manière, 

Que nus nel pooit assaillir. 
* Et si vos di tôt sens mentir 

Que tote la terre est fermée. 

Plus de demie grant jornee 
4316 Ni avoit s'une entrée non, 

Li mares Tacnelt environ. 

Laens sunt les gaigneries 

Et li boiz et les praeries 

Et li vergier et les fontaines 
4820 Qui sorgoient cleres et saines, 

Tôt li pais est bien fermes ^ 

Et bien manans et bien poples. 



121 

Bruns de Morois en es 
Ne le chaigflist por ni; 
Il ne la tient de nul i 
Fors de Jhesn le créât 
Seurement puet guerre 
Nus ne puet sa terre < 
Tôt si home sunt bien 
D'ancesserie natnral, 
Onques ne fisent trahie 
Ce font ore maint hall 
Qui quident, qu'on ne 
Mais maudit soit lor v 

' Tex fait son preu d'esi 
Qui plus les tient viex 
Ne ja n'ierent si redot« 
Qu'il ne soient a doi i 
Li félon traitre punais. 

> Nen oz plus dire, je m 

Mesire Durmars li tiaL 
Vint al entrée de Mon 
Il voit la vile forte et 
Sor les murs voit maii 

5 Plus de Vn lices a p£ 
Et barbakanes bien fei 
Et si voit a chascune 
Porte ferrée colleice. 
Asses près de la ferme 

Voit I chevalier arrest< 
Molt-dolant et molt iri 
C'est mesire Ydier li fi 
Sa main a sa masselle 
Quant il voit le Galois 

5 Molt est joians de sa ^ 
Contre lui vait, si le » 

: Tost li a conte son en 
>Sire« dist il »trop do 
Ma dolors croist ades c 



f32 

4360 Brans de Morois m'a fiMk ffifant honte, 
Je n'ai ci armes ne cbsfcri«rt 
J'atendoi alcon chevalier 
Qui ci venist par ayenture, "^ *• 

De cui j'eusse Tarmenre ^ \ 

4365 Et le desiarier par sa franchise ; 
Ci soi arrestes en tel gnise. 
Se vos armes et vos destrier 
Me Yolies prester et baillier, ' 

Encor anem les raveres 

4370 Et a tes jors conquis m'ares. 
Certes ma honte yengneroie, 
Molt volontiers, se je pooie.c 

Mesire Durmars sens te^cier 

A- respondn le chevalier, 
4375 »Sire« dist il »de vostre Mioi 

Ce poise moi, dolans en sui; 

Mais par vérité le sachies, 

Je ne sui pas bien aasies 

De ce dont vos me requerres; 
4380 Car je sui laens ajornes 

Contre Brun de Morois sens fiaille. 

Ja iert de nos II la bataille, 

Je vois ma fiance aquiter 

Orendroit sens plus demorer, - 
4885 Se je puis fewbre a ceste voie 

Et vostre besoigne et la moie, 

Ce sera molt bêle aventure. 

Foi que je doi sainte escriture 

Tôt mon pooir en ferai ja.* 
4390 A cest mot Ydier Tacola, 

Si l'en mercie bien VII fois, 

Molt a grsnt fiance el Gralois; 

Car il le vuet trop bel arme. 

Fier et apert et bien monte. 

4393 vuet = voit wie 276, 4984. 



13B 

B95 Vers le chastel andoi s'en Tont, 
Asses tost en 1a vile sont; 
Quant il ont la porte passée, 
Tantost fa après eas fermée. 

Mesire Dormars regardoit 
fc^OO La vile qni trop bêle estoit; 

Car les mes w!\nt grans et lees, 
Si estoient totes pavées. 
La yile ert note et bien manàlis • 
Et grans et riche et desduisans, 
4405 Molt i ot maisons bien ovrees, 
Palais et sales fenestrees, 
Crotes et votes et celiers, 
Chambres et loges et soliers, 
Mplins et mostiers et chapeles 
^^^ Jardins et cleres fonteneles. 
Asses i ot clers et borjois, 
Acesmans et nés et cortois; 
'''^'' La vile n'ert pas deegamie, , 

Todis i ot chevalerie, 
4415 Yii XX chevalier i manoient 
Qui lor estages i faisoîent. 
La vile ert chies de la contrée, 
Si estoit molt /bien estoree. 

Mesire Durmars dist sens guile, 
^^ C'ains mais ne vit si plaisant vile, 
A grant merveille le prisoit, 
Et mesire Ydiers sobaidoit, 
Qa'ele faist soie qnitement 
Et toz li pais ensement. 
^'^^ Que que il vont ensi parlant, 
Voient mainte dame plaisant, 
Et mainte pucele acesmee 
De chevaliers estraite et née. 
Mesire Ydier et li Galois 
^^ Tomerent lor chies mainte fois 



It4 

Por regarder les damiseleB '. 
Et les dames cointes et bêles, 
Ilaec voient maint riche ator 
Et nudnte vermeille color, 
4435 Maint bel cors et maint bel entmel 
• Et maint blanc col et maint vair nd 
Et mainte trece blonde et clere, 
Ce nos raconte la matere. 

Mesire Dnrmars trespassa 
4440 Geaz et oeles qni forent la, - 

Il n*i a pas tenu lonc plait, . 

Mesire Ydier o loi s^en vait. 

Asses sont andni regarde; 

Tant ont cbevacie et erre, 
4445 Qu'ai maistre chastel sont venu. 

Mais il n'i simt pas descendu, 

Une halte sale ont trovee 

Qui de piere fu machonee. 

Si ert de plonc tote coyerte, 
4450 Mainte fenestre i ot overte, 

Ghanbres i ot et cheminées 

Et loges trop bien devisees. 

Près de la sale hait drecie 

Siet une grans tors batilUe, 
4465 Si avoit bien XL escus 

As creteaz de la^tor lasus. 

Mais je vos di bien sens mentir, 

Li escu ne sunt pas entir. 

Ni a celui ne soit troes. 
4460 Mesire Durmars li senes 

Le mostre a Ydier le fil Nu; 

Lors ont esgarde et veu, 

Qu'il avoit es plusors blasons 

Tronchons de lances et. pignons, 
4465 II les esgardent lougement. 

Que qu'il arrestent, erranment 



126 

Voient venir parmi la cort 

I petit gocet gros et cort, 
2 z D'une noire cote ert vestos, 
IrVO II estoit chayes et bochus, 

La teste ot grosse et plat le nés 

Et cort col et vis rebole, 

LentiUoz estoit et rosses, 

Tos senz estoit li nains goces, 
L^75 Fors qu'il avoit a compaignon 

I singe hisdoz et félon, 

Tomer le faisoit et saillir. 

Mesire Dormars voit venir 

Le gocet qui venoit clochant, 
4480 Quant li Galois voit son semblant, 

»Per deu« fait il »mesire Yder, 

Ja ores novele d'infer, 

CSl qui la vient i fu noris.« 

A cel mot lor prent molt grans ris. 
^^& Li nains les esgarde a estai. 

Comme cil qui molt pensa mal, * 

Si enflez est, ne pot mot dire, 

Por ce qu'il les voit ansdoz rire. 

Mesire Durmars en riant 
^^^^ Li a dit: »Quar venes avant. 

Parles a nos gentik figure, 

Par la foi que deves laidure 

Enseignies nos vostre saignor, • 

Apres nos dites par amor 
^'^^é Que senefient dl escu 

Qui sunt a ces creteaz pendu. « 

Li nains ot le conjurement, 
Por I pou, qu'il ne crieve et fent, 
»Ha!« fait il »mavais chevaliers, 
^^ Com estes fel et pautoniers, 

^9 Mg. A une. 4481 Yder = Ydier 4196, 4203, 4525 ; sonst iat 
» ftbgekfirtt Yd' geschriebeD. 



126 

Quant vos figure me clamaetes 
Et vos ensi me conjoraetes 1 
Vos vees, que je sni I hom, 
Si ne soi de fer ne de plom, 

4505 Ains me fist dex a sa semblance, 
Honte Yos veigne et mescheance* 
La senefiance sanres 
Des escos dont vos dema[n]des, 
Mesire a trestos cealz conquis 

4510 Dont li escu snnt Iasn« mis. 
Quant il a cbevalier yeneu, 
Lasus en fait pendre Tescu; 
Li Yostres, i(l) sera portes, 
Ains que li jors soit trespasses, 

4515 Et li chies vostre compaignon . 
Sera fichies en I plancon, 
Or renvenes la u g'irai, 
Droit a mon saignor yos menrai, 
Por ce que je sai bien de fi, 

4520 Que YOS seres andoi honL€ 

Mesire Dnrmars se seigna 
Tantost après le nain s'en Ya, 
Si fuist coars, n'i Yossist estre 
Por tôt le trésor de Guincestre. 

c 3 : Il et mesire Ydier s en Yont 

4526 Apres le nain, passent un pont, 
Parmi un haut guichet plenier 
Sunt entre en un bel Yergier. 
Molt i ot vers arbres foillis 

4680 Et flors de roses et de lis; 
Laens ot I bêle lande. 
Plus d'un arpent fn large et grande, 
I haut arbre foilli aYoit 
Al chief de la lande tôt droit, 

4686 Desoz Tarbre fu estendus 

Uns dras de soie a or batus. 



127 

Illnec fil la roine assise 
Genoivre qui molt fa sosprise 
Et Bruns de Morois, ce m'est 
S'est droit pardeyant li assis, 
Por ce qa'il poist miex remirei 
Sou doz semblant et son vis ci 
De plus près ne Tose aprochiei 
Com de ses blanches mains bai 
Et ce ne fait il pas sovent; 
Car fine amors qui li defent 
Li fait la roine cremir; 
Il n'oze achiever son deair, 
Ains dotoit la roine si, 
Qu'il n'ozoit estre seuz o li; 
Por ce qn ele ne fuist irie, 
Tenir li faisoit compaingnie 
VI dames et lllï puceles 
Sages et eortoises et bêles. 
 la roine consilloit 
Mesire Bruns celé ore estoit, 
Molt docement s'amor li proie 
»Dame« dist il »j'ai molt gran 
De ce que vos me demores, 
Jhesus del ciel en soit loes.« 
»Bruns de Moroisc fieût la roin< 
»Se vos m'ames bien d'amor fii 
Dont ne me requerres vos mie 
Ne bontage ne vilonie, 
Nus ne doit corocier de rien 
Ce qu'il aime de fin cuer bien.< 
»Dame« dist il >si voirement, 
Com je vos aim bien vraement, 
Si me doinst dex tel choze fairi 
Qu'a vostre amor me daignies 
»Sire,« dist la roina sage, 
»Dex me défende de hontage.« 

in kfinnte Mock leawn : tele ore. 



128 

Mesire Durmars lî proifides, 
Vient a ces moz tos eslaimes, 

4575 Bien acesmes, la lance droite, 
La bataille met et convoite, 
Il tient Tescn par les enarmes, 
Si li sient si bien ses armes, 
Qu'il i semble norris et nez. 

4580 Par maltalent s'est escriez: 
f250r^cl: »Brnns de Morois levés tost sus, 
Molt est prodom li rois Artus, 
Trop sees près de sa moillier, 
Gel siège vos covient changier, 

4685 Ne Taves pas a droit conquis. 
Tos soit li chevaliers bonis 
Qui dame enporte outre son gre; 
Trop vos voi or abandone. 
Je vien aquiter ma fiance; 

4590 Ce sachies vos bien, sens dotance, 
Que je sui cil que vos siwistes, 
Quant en la forest Tatainsistes. 
La me feistes otroier, 

* Geste bataille fiaiïcier; 

4595 Jo estoie forment plaies, 
Dex soit loes et gracies 
De ce, qu'il m'a fait respasser; 
Ci sui venus mon jor garder. « 

» Vassal, « ce dist Bruns de Morois, 
4600 »Je fui l'atre jor trop oortois. 
Quant issi vos laissai aler, 
Deable m'en fisent meller 
De faire celé cortoisie, 
Neporquant je ne vos dot mie; 
4605 Quant vos partires del vergier. 
Jamais ne venres chalengier 
Feme de conte ne de roi, 
Mar acointftstes vostre foi, 
Miex vos venist ains la vespree, 



129 
1.0 Que vos l^eussies trespassee.« 

A ices mos en piez se drece 
Plains de fierté et de proece; 
I cors d'ivoire al arbre pent 
A une chaaine d'argent, 

is Bruns de Morois le sone si, 
Que cil del chastel l'ont oi. 
Mesire Ydier li demanda: 
» Dites moi Bruns que ce sera, 
Apeles vos donques aie.« 

>20 >Naie« fait il »n'en dotes mie, 
Mais mi vallet m'aporteront 
Mes armes et si m'armeront, 
Et si vuel, que li chevalier 
Qui sunt el chastel estagier 

S2ô Veignent veoir ceste bataille. 

Mais je quit bien sens nule faille, 
Vos vorries estre aillors que ci; 
Car ce sachies vos bien de fi: 
Se j'oci vostre compaignon, 

^^^ Je vos ferai droite parcon 
A ce qu'il aura gaaignie.« 
>Molt m'ares ore manecie,« 
Fait mesire Ydier li vaillans, 
»Dex nos soit aie et garans.« 

^^ Bruns de Morois plus ne respont, 
Et si vallet qui venu sont 

^ ^ : L'ont tost arme et bel et bien. 
Si qu'il n'i falirent de rien. 
Il monte sor un grant destrier 

^^40 Vigeroz et fort et Hgier, 
. Hardis estoit et bien corans 
Et si n'ert pas desâveuans. 
Onque millor n'ot Percevauz, 
Tos estoit cove[r]s li chevauz 
^^46 D'unes vermelles covertures 



lâo 

Qui ne sunt pas viex ne obscures, 
Ains sunt molt envosiement 
Faillolees sor cler argent. 
Bruns de Morois fu beaz armes, 

4650 Volontiers ert bien acesmes. 
As armes ert fiers et estoz 
Et al ostel cortois et dolz. 
De ses teches vos conteroie 
Mainte bone, se je voloie; 

466r> Mais trop grans alonges n'est proz, 
Ja iert la bataille a estroz. 

Totes les dames del chastel 

Et puceles et jovencel 

Et yavassor et bacheler 
4660 Vienent la bataille escouter, 

Entor la place s'asemblerent. 

Si que tote Tavironerent, 

Molt i ot vilains et cortois. 

Et mesire Bruns de Morois 
4665 Avoit ja saisi son escu 

Qui de vermel sinople fu 

A I aigle d'or flanboiant, 

Grosse lance ot a fer tranchant. 

Bel le paumoie (Bruns) li hardis, 
4670 H met Tescu devant son piz 

Plains de fierté comme lions, 

Fier[t] le cheval des espérons. 

Tôt le frain li abandona; 

Contre le Galois s'adrecha, 
4675 Et li Galois s'adrece a lui; 

D'un arpent loins movent andui. 

Tost et droit corent lor cheval, 
Bien les adrecent li vassal; 
Assi tost cum il s'entrevienent 
4680 Des grosses lances que fer tienent, 
S'entrefierent de plain eslais. 



181 

Des escns font percier les ais, 

Li blanc hanberc pas ne faussèrent, 

Les lances en pièces volèrent, 

4685 Al vent volèrent les escliches. 
Cil encontres fa durs et riches, 
Li cheval furent fort et gras, 
Et si ne renfuserent pas, 
Ândoi hurterent et chuquierent, 

40î)0 Li arcon des seles froissierent ; 
Et li chevalier, ont fendus 
Sor lor poitrines lor escus, 

c3: Âl chaoir que des elmes font, 
Lor estone cervele et front, 

^95 A por un poi qu'il ne s'afolent. 
Li doi cheval a terre volent, 
Mervelle est, qu'il ne suut crevé, 
Ne empirie ne espale. 
Ne li chevalier ensement 

4700 Ne sunt empirie de noient, 
Fors que chascuns estone fu. 
D'estordisons sunt revenu, 
Andui resaillent tost en piez, 
Lor escus metent sor lor chiez, 

47^5 Si tienent les espees traites, 

Cleres et tranchans et bienfaites, 
Molt s'entrevienent cruelment, 
Li uns requiert Tatre asprement; 
Des espees grans coz se douent, 

4^^^ Si qu'eles tintent et resonent 
Sor les elmes qui luisent cler, . 
Des escus font pièces voler 
Sovent fièrent et petit faillent, 
Lor haubers fausent et desmaillent, 

^'^5 Lor espees ensanglenterent ; 

Car en plusors liez se navrèrent.* 

veste bataille est sens déport 
Li uns vossist Tatre avoir mort. 



132 

De lor espees esquermissent, 
4720 Les estiuceles resplendissent 

Qui del fer et del- acier saillent, 
Sor les elmes fièrent et mallent; 
Car des escns n'ont tant d'entir 
Dont il se paissent mais covrir. 
4725 Fièrent et chaplent et enpaignent, 
Mervelle est, qu'il ne se mehaignent; 
Car de lor espees agnes 
Qui sunt trainchans et esmolues 
S'entrelancent droit vers les iex. 
4730 Ce n'est mie solas ne giex, 

Tôt cil qui la bataille voient 
Par vérité dient et croient, 
Conque mais ne virent si dure. 
Mesire Ydier s'afiche et jure, 

4735 Qu'ains mais ne vit a nesun jor 
De II chevaliers tel estor; 
Car trop a longement dure. 
Et molt se sunt andoi grève. 
N'encor ne set il pas choisir, 

4740 Al quel on se deust tenir; 

Car li plus fiers et li plus fors 
Sue et de menbres et de cors. 
Sovent se vont des piz hurter, 
Li I fait l'autre chanceler 

4745 Et remuer de son estage. 

Trop sunt andoi de fier corage. 
Ains mais ne fu Bruns de Morois 
Par un chevalier si destrois, 
* c 1: Et li Galois pense atretel^ 

4750 Qu'ains mais par nul home charnel 
Ne fu menés a tel meschief ; 
Chascuns a paor de son chief. 
Bien escremissoit li Galois, 
Mais mesire Bruns de Morois 

4755 Gaitoit son poing as coz geter ; 



133 

Por ce que li voloit couper, 
Getoit ades e[n]senble o lui, 
Trop se vulent grever andui. 

Jif esire Durmars est sachans 
^60 Et fors et vistes et poissans, 
JNdiolt se vuet durement pener 
I3e celé bataille achiver; 
Vers Brun de Morois s'abandone, 
XDel poing arme granz coz li done 
tôt le pomel del espee, 
ta, teste li a estonee. 
Cil grans colz li grieve et deetraint, 
lEt mesire Durmars Tenpaint * 
XDel espale et del gros del piz, 
lOrs chai Bruns tos estordis. 
[esire Durmars s'avancha, 
lor Brun de Morois se lancha, 
lEntravers giut sor sa poitrine, 
.dont fa joians la roine, 
It mesire Ydier li fiex Nu 
HMolt lies et molt joians en fu. 
IBien iert ses voloirs acomplis, 
Se Bruns de Morois est conquis; 
IMais de tant a son cuer ire, 
<5u'il meismes ne l'a outre. 

Bruns de Morois set bien et pense, 
<5u'en lui n'at mais point de défense, 
X alaine et la force perdi. 
Tôt si membre sunt affebli. 
^*^h j;t mesire Durmars li sache 
Son elme si, qu'il li esrache; 
Puis entoise Tespee nue, 
La teste li eust tolue. 
Mais Bruns de Morois s'est hastes, 

' 4786 qu'il == qa' i ig. 



134 

4790 »Sire« dist il »ne m'ocies, 
Foi que deves chevalerie, 
Ne me tôles menbre ne vie; 
Se vos aves de moi manaide, 
'Jamais ne vos porterai faide 

4795 De la mort Gardroain mon frère 
Qui molt ert preuz et beaz jostere. 
Ma fiance vos plevirai, 
Qu'a mon pooir vos servirai, 
Certes, envoier me poes 

4800 En quel prison que vos voles. 
Ains.ne fui traitres ne faus, 
Et por oe que je sui loiaus. 
Doit on Tiver de moi pite, 
Je n'amai onques mavaiste. 

c 2 : Ci poes vos par vérité 

4b06 Bien conoistre ma loalte; 

Car ja merci ne vos querisse, 
Se traison faire vossisse, 
Ains vos eusse fait ocire; 

4810 Mais assi m'ait dex nostre sire, 
Miex vodrai estre a mort livres 
Que vivre et traitres clames; 
Quant je vos ui sospris Tantrier, 
Onques ne vos daigna tochier. 

4815 Or sui sopris, déportes moij 

Car on doit bien, si com je croi, 

Al cortois faire cortoisie 

Et al félon la félonie, 

Bien poes entendre et savoir, 

4820 Se je vos di menchonge u voir.« 

Mesire Durmars set de fi, 
Que Bruns de Morois quiert merci. 
Maintenant li dist li Galois: 
»Si m'aut dex. Bruns de Morois, 
4825 Je vos di loialment por voir, 
Se vos merci voles avoir. 



185 

Rendre vos covient la roine 
Qui ci est en vostre saisine; 
Cant ele vorra congie prendre, 

^ Lues maintenant sens plus atei 
Al roi Artu le renvoies, 
Et si Yuel, que ses bom soies. 
Et demain sens plus arrester. 
Vos covient en Gales aler 
En la prison d'une roine 
Qui molt est debonaire et fine, 
C'est la femme al roi Josepbem 
Salues le moi doucement; 
Ele fera de vos grant joie, 

» Et dites, que ci vos envoie 
Qui ses fiex est et ses amis, 
Ne soit mie ses cuers maris; 
Car je sui toz sains et baities. 
Ce vuel je, que ce li noncies. 

^ Quant vos ares fait cest messag 
Dont ires faire vostre bomage 
Al roi Artu lues erranment, 
De lui receves Ugement 
Vos cbasteaz et vostre pais; 

) Quar tant aves vers lui mespris 
Que bien li deves amender 
Et vostre bomage proienter. 
De grant méfait doit estre pris< 
Grans veingnance u bâte amen< 

5 Je vos vuel ore I giu partir 
U de ce faire u del morir, 
Pemes lequel que vos voies.* 

Bruns de Morois comme seues 

Dist, qu'il fera sa volente 
Ensi, cum il a devise. 
: Li Galois en preut la fiance, . 

Seurs est de sa covenance; 

Car Bruns ne li mentira mie. 



136 

Tant est plains de grant cortoisie. 

4865 Ambedoi en pies se levèrent, 
Tôt droit vers la roine alerent; 
Et si ert en estant drecie, 
Joste un arbre fa apuie, 
Bien ot la bataille esgardee. 

4870 Premerains Ta arraisonee 
Mesire Durmars li vaillans 
Comme sages et bien parlans, 
Il a en tel guise parle, 
Que la roine a pardone 

4875 Brun de Morois son maltalent; 
Mais il li a fait sairement, 
Qu'ai roi Artu fera omage, 
De lui tenra son eritage. 

Geste amendise est bêle et grande, 

4880 La roine congie demande, 
Qu'ele se vuet d'iluec partir, 
Ne le puet mie retenir 
Bruns de Morois por sa proiere. 
Cant il vuet, qu'en nule manière 

4885 Ne vuet sa dame demorer. 
Il fait XX chevaliers monter 
Et XX dames qui bêles sont, 
la roine s'en iront, 
Cortoisement l'en renvoia 

4890 Bruns de Morois qui bien Tama, 
Desarmer se fait .erranment 
Et le Galois promierement. 
Ambedui se sunt molt haste, 
Si qu'il sunt anchois desarme, 

4895 Que la roine soit montée; 

Mais ele est ja toste aprestee 
De monter et de chevalchier. 
Lors se vait a li acointier 

4886 lis, faut. 



^ooo 



►05 



137 

M&sisxre Dnrmars comme sages; 

il n'ert pas faas ne ombrages. 

présente son servise 

'ies moz et en itel guise, 

la roine Ten sot gre. 
^« dist ele »par verte 
Ijien, que vos m'aves jetée 
grant annui u j'ere entrée, 

vales molt, 'ensi Tespoir, 
3 nus n'en doit mervelle avoir; 

bien part a vostre semblance, 

vos soies de grant vaillance. 

demores par amor 
l.a maisnie monsaignor, 

seres del roi et de moi.« 
3ne, par la foi que vos doi,« 
» mesire Durmars errant, 

ne val mie encore tant 

ge soie de sa maisnie, 
^e si haute compaignie, 
Ja en sa cort n'e[n]terrai 
<{VL adonc, que je miex vaurai; 

bien sai, qu'entre tant de preuz 
• estre chevaliers honteuz, 
l'a par armes tant ovre, 

Ton conoisse sa bonté. « 






i^ g^ ^^ vos feroie plus lonc conte, 

•^^es mos la roine monte, 
s^ire Durmars l'a levée 
la sa[m]bue d'or listée, 
mesire Ydier li cortois 
,v3^^ ^^ partir baisa le Galois. 
^^ roine s'en est partie 
"^ tôt molt bêle compaignie 
^^ dames et de chevaliers 
k ^t de sergans^ et d'esquiiers, 

^ 1^0^^ U nuit giure[n]t al Bel-Brullet 



188 



I chasiel fort et bel et net; 

La roine a le roi trove, 

Si li a tôt dit et conte, 

Comment ele fut délivrée. 
4040 Maïs de tant s'ert ele obliee, 

Qn'ele ne sot nomer ceini 

Qni le geta del grant enni. 

Li rois fd plains de maltalent, 

Mander devoit tote sa gent, 
4945 Vers Morois devoit cheyacier. 

Bien qoidoit la terre essillier. 

Mais mesire Tdier li jnra. 

Que nule rien n'i forfera; 

Car bien sachies, qne la contrée 
4960 Est environ tote fermée. 

Et la roine a le roi dit, 

C'ains VIll jors sens plus de respit 

lert ses bom trestot ligement 

Bruns de Morois par sairement. 

4956 Contre tos bomes sens boisier 
Li rois s'en ala consillier. 
Et tôt si baron qui la erent 
En bone foi le roi loerent, 
Qu^il receust Brun a son home, 

4960 Puis ne doteroit I pome, 
Que nus li forfesist de la. 
Et li rois ensi Totroia, 
Mais ce fist la guerre laissier, 
Que trestot li XX chevalier 

4965 Qui la roine ramenèrent 

Devant le roi sor sains jurèrent, 

Que ne perdit sa dignité 

La roine al cors honore 

Par Brun de Morois lor saignor. 

4970 Ce tesmoingnierent li plusor, 
Que li rois Artus seulement 
Fu molt lies de cel sairement, 



189 

^ ' Si l'ont sei baron entendu. 
Ci me tairai del roi Artu. 



est el chaste! de Morois 
[esire Dnrmars li Galois, 
or I siège qui bien est fais 
•'est assis el riche palais 
lui molt ert beaz a III estages, 
!t Bruns de Morois comme sages 
*ait molt le Galois honorer, 
^'aiwe chade li fait laver 
îes mains et son col et son vis, 
^'nne robe de chier samis 
;t d'ermine le fait parer, 
HVIalgre sien li fist endosser; 
I^dais ce fu force en tel manière, 
<^u'i ne le fist fors par proiere. 
CDant li Galois fu acesmes, 
IN'enpira mie sa béates, 
riot li cheralier le proisoient 
^Et les dames qui la estoient, 
^ssez tost de lui s'acointierent 
Sens ce, que pas nel enuierent. 
^Mesire Durmars voit Tostel 
I6el et plaisant et d'un et d'el, 
IVlolt i voit cierges cler ardans 
^t valles beaz et bien servans 
<jui tantost vont Taiwe douer. 
"^^ Bruns de Morois a fait laver 
Le Galois trestot premerain, 
Puis le prent por la destre main. 
Seoir le fait a I haut dois 
Dejoste lui comme cortois. 
^^ Sens plus targier seoir s'en vont 
Cil et celés qui lave ont, 
Ne vos sai pas chascun nomer, 

^^ M», p. trestot. 



140 

Longement sient al soper, 
Bien sunt servi sens noise faire, 
5010 Les napes font cuellir et traire 
Li seneschal après mangier. 
Dont se lievent li chevalier, 
A lor ostelz conchier s'en vont 
Fors li plusor qui la gieront. 

5015 Bruns de Morois par grant- chierte 
A le Galois araisone, 
»Sire« dist il »foi que vos doi. 
Par vérité sai bien et voi, 
Tant sunt vos armes empiries, 

5020 Jamais n'ierent par vos baillies. 
Je vos ferai altres baillier 
Teles qui font molt a proisier, 
Demain par matin les aures; 
Dites, queles vos les voles 

5025 Ne de comfaites conissances.« 

»Sire, je les vuel totes blanches,« 
Fait mesire Durmars li ber, 
^Demain sens plus de sejomer 
Al chastel de la Garde iroie 

c 3: Molt volontiers, se ge savoie; 

6031 Et se vos la voie i saves, 
Par vostre merci m'i metes 
Le matin, beaz, doz sire chiers.« 
»Certes« fait Bruns »molt volentiers 

5035 En la voie vos meterai. 

Lues que de vos départirai, 
Ge m'en irai a esperon 
Tôt droit en Gales a bandon, 
Vostre message fornirai 

5040 Trestot le miez que je porai.« 

A ces paroles vont couchier, 
5014 Von gleicher hand nachgetragen. 



141 

Gant virent le jor esclairier, 
Dont ne jurent plus ne dormire 
Ains levèrent et messe oirent, 
Et tantost cum il ont disne, 
Arme[r] se font puis sunt mont 
Mesire Durmars 11 vaillans 
Fu armes et cover» tos blans, 
Il et mesire Bruns s'entornent, 
Lues erranment plus ne sejorne 
Quant il sunt de Morois issu, 
Parmi un grant chemin batu 
S'en vont li doi vassal proisie, 
Bien a li uns l'autre acointie, 
Plus de VII liues chevacierent, 
Conques ne se descompaigniere] 
Dusques a I chemin forchie. 
La prent Vuns a Vatre congie, 
D'une part s'en vaît li Galois, 
Et mesire Bruns de Morois 
Tient del atre part son chemin. 

I diemence par matin 
Est Bruns arrives a droit port 
Droit a la cite de Bangot, 
La trova le roi Josephent 
Et sa mollier o le cors gent 
N'ert pas a maisnie esclarie, 
Ains ot molt bêle compaignie 
De dames et de chevaliers; 
Car li rois estoit costumiers 
De maintenir joie et desduit, 
Le félon vaVassor recuit, 
Mal engignoz et sorprendant 
N'amoit li rois ne tant ne quai 
Mais les bachelers envoisies, 
Preuz et cortois, bien entechies, 
Ceaz tenoit il a compaingnons, 
Si lor donoit les riches dons. 



142 

La messe ot oie li rois, 

5080 Quant mesire Brans de Morois 
Vint el palais trestoz armes, 
Descendas ert a I des grès, 
La fors demora ses destriers. 
Se li garda uns esqniiers. 
y^ c 1 : El palais vint mesire Brans, 

5086 Ghascane le voit et chascuns 
De ceaz qui la dedens estoient. 
En tel guise veifir le voient, 
Que ses elmes fa enbares 

5090 Et ses escus frais et troès. 
Et ses haubers fu desmaillies. 
Vers la roine est aprochies, 
Bien li avoit on enseignie, 
Il a sa raison commencie. 

5095 Le roi salue et la roine, 

»Dame« dist il »cortoise et fine, 
Ci me rent a vos prisonier 
De par le millor chevalier 
Qui puist estre de son aage, 

5100 N'onques*plus cortois ne plus sage 
Ne plus bel ne vi a nul jor, 
Salus vos mande en droite amor, 
C'est vostre fiez bien le sachies, 
Dame il est tos sains et haities.« 

6105 Gant la roine ot ces noveles 

Et li rois, se li sunt molt bêles. 
Gil del palais s'i assemblèrent 
Qui les noveles molt amerent, 
De lor damoisel sunt joiant, 

5110 Por ce qu'on le tient a vaillant. 
Bruns lor a dit tôt et conte. 



5085 ist doppeit geschtieben als schlussvers von c. 3 und 
len von y^ c 1. 5090 Ma. et barres; das dnrchstrichne l 
dnrch ûbergeschriebnes troes ersetzt. 



143 

^I3^3mmeiit i Tôt d'armes outre, 
H comment délivrée fa 
ta feme al riche roi Artu. 
•ien fil venus Bruns de Mor[o]is; 
'ar la roine demanois 
le fist desarmer ses puceles 
tes plus cointes et les plus bêles. 
*ainô cel jor ne s'en pot râler 
*or chose, qu'il seust conter, 
!t s'en estoit il molt engres; 
bis dedens les V jors après 
son homage al roi Artu, 
;nsi con devise li fu. 




^X^e dirai plus a ceste fois 
X)e monsaignor Brun de Morois. 
C^nant lî Galois de lui parti, 
X^a nuit giut a I gaut foilli 
^lîhies I hermite qu'il trova 
lEt l'endemain s'achemina, 
^Cilolt trespassa vaus et montaignes. 
lEt boz et landes et champaignes, 
Dedens une forest trova 
TJne lande, si s'aresta, 
^ Xors voit en milieu de la lande 
TJhe fontaine bêle et grande 
<iui près d'un haut arbre sorjoit. 
Hesire Durmars s'aparchoit, 
Que la avoit este tendue, « 
^ La tente qu'il avoit perdue, 
^^' Bien a le Ueu reconeu. 

»Certe8« fait il »tot ai perdu, 
Caut ci n'ai ma dame trovee, 
Ne sai quel part s'en est alee, 
^^ Mon cuer enporte, et je sui ci ; 
Ains mais tel merveille ne vi 
Est ce merveille? Nenil voir; 



144 

Car amor^^ si grant pooir, 
Qa ele pot faire son plaisir 

5150 De ceaz cui ele vuet saisir. 
Mais je n'ai pas la dignité. 
Que je sache tôt le secre 
De fine amor entièrement, 
Ne le sevent gaires de gent. 

5155 Xez qnide estre d'amors lacies 
Qni ne fu onques aprochies, 
Mais une volentez trop vaine 
Les plusors sorprent et dèmaine, 
Lues désirent ce que il voient 

51fK) Et asses requièrent et proient, 
Et tantost ne lor en sovient. 
Sifaites gens si n'aiment nient, 
Desireor sunt apele, 
Ensi doivent estre nome. 

.5166 Je vos di, que li fin amant 
Sunt bien a ces desconissant ; 
Car qui fine amor saisira,* 
Ja nul jor ne s'en partira, 
Tant cum il ait en cors la vie; 

5170 Mais pou en est de tel baillie. 

»A! fine amors, vostre merci. 
Quant finement m'aves saisi, 
Dame que je ne puis veoir 
Tos sui vostres sens decivoir, 

5175 Cant ne vos ai trovee ici, 
Por un poi que je ne m'oci. 
Mais je sui vostres ligement, 
Por ce ne m'ocirai nient; 
Car se je vostre home ocioie, 

5180 Bien sai, que vers vos mefferoie. 
Por vos servir me garderai, 
Certes dame, je vos querrai. 
Ne sai quel part, ce poise moi. 
Doce roine, a vos m'otroi, 



146 

Sl$6 Dex qui iosdis iert sens finer 

Me doinst, que vos paisse troyer 
En tel manière et en tel guise, 

Qa*il Yos soit bel de mon senrise. 

S^an chastel de la Garde estoie, 
^ Aisses tost iloc troyeroie 

Qni de yos me diroit noyeles, 

^dentiers lés oroie bêles. 

De cest donck lieu me partirai, 

Doce dame, u je yos laissai, c 

> Adesire Durmars al partir 

Ne se pot de plorer tenir, 
= I^lns de cent fois le lieu encline; — 

Cest por Tamor de la roine — 

X^ors s'en parti en sospirant, 
^ Et si yait des iex lermoiant. 

Sifaites larmes et telz plors 

dilaime jo reliques d'amors. 

De la lande issi li Galoîs, 
D^amors ta sopris et destrois; 
ITant a erre et chevachie, 
Qu'il yoit 1 grant mur bàtillie 
ït une haute tor quaree 
Qui sor I mote ërt fermée; 
Xi chasteals ert parans et beaz. 
^^ I yallet qui tent as oiseaz 
A mesire Durmars trove, 
Maintenant Ta arraisone, 
>Valletc fait il »por deu, di moi, 
Quelz chastiaz est ce que je yoi.c ^ 
^^^^ >Sire« fait il »qui ce resgarde 
Ce est li chastiaz de la Garde, 
Et se yos aler i yoles. 
Bien estes en la yoie entres. 
Si que yos n'i poes faillir, 
5230 Se de gre n'en yoles partir.* 



14« 

>Frerec fait il »dex te diwflt jaie.« 
A cel mot se met en la Toie. 

Mesire Dormars tant erra, 
Qn'al chastel vint, et si trova 

5225 La grant porte desrerroillie, 
Laens entra lance baissie. 
Devant la sale en un prael 
Trova le saigner del chastel, 
La seoit il et sa moilliers, 

5230 lui avoit Vn chevaliers 
Qui li tenoient compûgûie, 
Cil estoient de sa maisnie; 
Li Fel de la (jarde entendoit 
A I chanteor qui chantoit. 

5235 Cil qui sunt el prael assis 
Voient venir, ce m'est avis 
Monsaignor Durmart tôt arme, 
Tôt sunt encontre lui aie 
Et li Fel de la Garde assi; 

5240 Et quant li Galois descendi, 
Maintenant vont a son destrier 
Li serjant et li esquiier. 
Qui son cheval li establere[n]t. 
Et li autre le désarmèrent. 

5245 Molt fa li Galois onores 
Et bienveignies et salues, 
Li Fel de la Garde le prent 
Par la main molt cortoisement. 
En la sale seoir Tenmaine, 

6250 De lui onorer molt se paine, 
I^antel li fait affiebler. 
]w la bêle dame al vis cler 
f 252 r® cl : L'onore bien et sagement 
Et cil del ostel ensement. 

5255 Briement vos vuel avant conter. 
Quant il est ore de soper, 



147 

Lia table metent li sergant, 
Si donent eave erranment. 
ILêi Fel de la Garde s'assist 
O Et le Galois par le main prist, 
A. une esqniele mangierent, 
Celé vespree s'acoiutîerent. 
li chevalier, quant assis furent, 
plante mangierent et burent, 
"Et quant ce vient après mangier, 
table estent li esquiier. 
ii Fel de la Garde parla, 
IMonsaignov Dormart araisna, 
»Sire€ dist il -wtâ vos plaisoit, 
* "Vostre nom saroie or endroit, 
I^or ce vos verrai acointier, 
Qu'amer vos vuel et tenir chier.c 
Oant mesire Durmars Toi, 
Cortoisement li respondi: 
^ 3^Sire ja ne vos iert celés 

IMes nens, quant vos le demandes, 
X)urmart le Galois me nomerent 
C]!il qxd des sains fons me levèrent, 
de vos di, que mes pere(s) est rois 
De Danemarche et des Galois. c 

>Sire,« fait lî Fel de la Garde, 
>De vos ne me donoie garde, 
Molt aves proece et valor, 
Tos estes cil qui l'autre jor 
&^B5 Y^g conbatistes contre moi. 
J'ai bien aquitee ma foi; 
Cant je parti de vos Tautrier, 
Je m'alai rendre prisonier 
En la cort le roi vosfee père 
^^ Et la reine vostre mère. 
Certes, molt honores i fui, 
N'a gaires que venus en sui. 

Mais je vos vuel conter et dire 

10 



148 

D*ime pacele, beaz, doz sire 

5296 Qui fd en la yermelle tente, 
Je le vi por vos si dolente, 
Qn'ele se pasma, ce sachies, 
Por ce que yos ne revenies. 
Gladinax le reconfortoit 

5300 Et s'amie qni la estoit, 

Mais tôt ce ne lor valoit rien. 
Dex ne fist home terrien, 
Se la pncele adont yeist. 
Que grans pitiés ne Ten presist. 

5305 Je ne sai, qu'ele est deireniie; 
Car la tente fn destendne. 
Cel jor meisme fu cuellie 
Entre Gladinel et s'amie, 

c 2 : S'en alerent o la pucele 

5810 Qui de cest secle est la plus bêle. 
Je ne sai, se puis le veistes. 
Ne se YOS de gre le perdistes.c 

>De gre?c fait mesire Durmars, 
>Je fuisse trop fel et ga^paars, 

5315 Se je Teusse ensi laissie, 

Tant ain li et sa conpaigme. 
Que c'est la riens, se deus me voie 
Que je plus volentiers verroie. 
' De li querre sui esbahis, 

5320 Mais je Tai de buen cuer enpris, 
Si le querrai molt volentiers. 
Consillies moi, beaz sire obiers, 
U il feroit millor aler 
Por noveles a*demander.c 

5325 Fait li Fel de la Garde: »Voir, 
Cil qui noveles vuet savoir 
Voist a la cort le roi Artu, 
La repairent grant et menu, 
La ot om noveles ades. 



149 

^^30 A Gladingesbieres ci près, 

Jlia Tint li rois iares devanthier 
Por sejomer et por saignier. 
«Je sai bien, qu'il i a de ci 
m jornees, et si vos di, 
^^^ Que par mi un grant bras de mer 

"Vos coyenra outrepasser. 
^ CJertes sire, se je osoie, 

Orant pièce vos convoieroie, 
HMais ju ai £Edt tant d'enemis 
^^ Hit si mortelment sui hais, 

<^e de ci ne m^os* eslongier. 
3\]a pftis me envient porchacier 
lEn Ifll XX liex ou en cent; 
Car il me heent trop de gent, 
^^^ IMais de ci vos enseignerai 
Xa voie ensi, com je le sai. 

»Gant vos venres la fors as chans, 
Vos troveres II sentiers grans, 
Celui a senestre laissies, 
 main destre vos adrecies 
Par mi une grande valee, 
Et quant vos Tares trespas[s]ee 
Et vos seres sor la montaigne, 
Dont verres le pais estraigne. 

^^^ Lors troveres boz et bruieres, 
Sentiers i a de G maniérés. 
La ne set nus tenir la voie, 
S'aventure ne li avoie. 
Je voroie, que vos fuissies 

6860 pj^j. jjj^jj consel bien adrecies, 

St si vos plaist a sejomer, 
Chaens [fjait molt bel demorer, 
Bien sachies, que je vos ferai 
• Trestot le bien que je porai.« 

530^ Walt; funleeerUch. 



150 

» 

c 3 : Li Galois respont grans mercis, 

6366 Li yallet orent fais les lis, 

Que que li chevalier parloient, 
Grosses chandeilles alumoient. 
Atant fu li vins aportes, 

5370 Si fu as chevaliers doues. 

La uuit prist congie li Galois 
A sou oste; car ce fu drois, 
Il u'i parla mie al demain, 
Por ce quHl se leva trop main. 

6375 Gant fu couchies petit dormi, 
Al matin, quant jors esclarci, 
Mesire Dunnars s^est levés, 
De lui armer s'est molt hastes. 
Cil del ostel le vont servir, 

5380 Bien Tout arme a son plaisir, 
Tost li ont son cheval baiUie. 
Montes est, son elme a lacie, 
L'escu et la lance saisi, 
Del chastel de la Garde issi. 

5385 Vers la vallée s'aresta 

Que ses ostes li enseigna. 
Près de VI Unes a erre, 
Ains qu'il ait le val trespasse. 
Gant il est sor le tertre en haut, 

5390 Li grans chemins pleniers li faut. 
Lors trueve desers et gastine. 
Tôt droit vers la mer s'achemine. 
Si chevace trop trespenses. 
A I port vient si trueve assez 

5395 Bons maroniers et bones nez. 
Il estoit plus de none assez. 
Gel jor meisme en mer entra, 
L'eudemain a port arriva. 
De la nef issi al matin, 

5891 Ms. gastines. 



151 

iOO Xorg se met en I grant chemin; 
Oant il vint a I hermitage 
lAoli parfont dedens le boscage, 
lii Gtilois trueye I saint hermite. 
Près d^une chapele petite 
0& Ert ses habitacles drecies, 

Entre II grans chemins forchiës 
Faisoit li prodom son labor. 
>Beaz sire, dex vos doinst bon jor,c 
Fait li Galois al premier mot, 
>4:io Et li prodom, tantost qu'il Tôt, 

Lieye erranment son chief en haut, 
Se li dist: »Sire, dex yos saut.c 
liors s'areste, si est tos cois. 
>£eaz doz sirec, fait li Galois, 
^^ »Se Glandingesbieres saves 
Hia yoie, se le me mostres.c 



20 



li sains hermites lors respont: 
Sire, ces II yoies i vont, 
sÀB la plus longe est par decha 
la plus corte par delà. 
^Ziheyaeies le longe, beaz sire; 
-^ar la plus corte, c'est la pire, 
^Elschiyer le yoi mainte gent, 
X)echa ires plus savement. 
^ X'autre yoie n'est pas commune; 

Car al chastel de Boche-Brune 
Ayoit L cheyaliers, 
!N'a mie encor VIII jors" entiers. 
Plus d'un an i ont converse, 
^ ^ Maint gentil home ont destorbe ; 
Mais on dist, que li XXXVI 
La merci de en sunt ocis. 
Voirs est, que mesire Gawains 
Et ses compains mesire Yvains 

^*^ Mb. de cha la. 



# 



-»«•« 



152 

5435 Et Lancelos li beaz, li proz. 
'Et Engrevains li orguilloz 
Et Sagremors li desrees, 

V Mesire Perchevals et Ques 
Assemblèrent a eaz Tautrier 

5440 A I destroit près d'un vergier, 
Les XXXYI en i tuèrent, 
Et li XIIII en eschaperent, 
n grans liues furent chacie, 
Mais ne porent estre baillie, 

5446 A Rochebrnne repairierent. 

Ains por ce ne se chastoierent, 
Il oeisent devant moi hier 
Sor cest chemin I chevalier, 
Por ce qu'il se voloit défendre; 

5450 Ceaz qui se vulent a eaz rendre 
Font il mener en lor prison, 
Si lor demandent raenchon. 
Molt doit bien tez gens echiver 
Cil qui n'a forcç d'eaz grever. c 

5456 » Certes sire,« fait li Galois, 

»0r me consaut dex li grans rois; 
Quar la plus droite voie irai, 
Ja por eaz ne m'esquiverai; 
Car tost sunt en tel lieu aie, 

5460 Ja por moi n'ierent encontre. 
Et se je truis par aventure, 
La meslee aront fort et dure. 
Je croi bien, que dex m'aidera, ^ 
Et lor pechies lor grèvera; 

6465 A deu vos commant, beaz, doz sire. 
Proies por moi, dex le vos mire.< 

tt a le prodome encline 
sment par humilité, 
Li sains hermites molt li proie, 
5470 Qu'il ne voist mie celé voie. 

Mais je vos di, que ses chastois 



^& 



158 

e li vaut rien a celé fois. 

el saint hennite s'est partis 

esire Dormars U hardis, 

ar mi la grant forest foillie 
<Z!heyace bien liue et demie, 

ors a xme lande troyee 

e chastengiers avironee. 
CDant il est en la lande entres, 
m voit VII chevaliers armes 

'antre part la lande todroit. 

ien pense, lues qu'il le[s] parchoit, 
<^ue ce snnt li culvert félon 
<^ ne faisoient se mal non. 
X)e tant li est bien avenu, 
<ju'il sunt tuit a pie descendu 
X^or lor chevaz faire estaler, 
Hiiais il se hastent de monter, 
Cant le Galois voient venir; 
Car bien, le quident retenir. 



Xi doi se sunt ja si haste, 
Qu'il sunt tôt premerain monte, 
Tiors laissent .core lor chevauz. 
Et li Galois s'adrece a auz; 
Car l'asembler vuet et convoite. 
Des espérons le cheval coite, 
Tost cort, et li Galois s'aire. 
Le fer de sa lance remire 
Por son josteor miex ferir; 
Car il ne vuet mie faillir, 
n fiert le promier qui tost vient, 
La grosse lance qu'il fer tient 
Li fait par mi Tescu passer. 
Par mi le cors sens arrester 
^ Li est la lance outrepassée, 
El gros del piz li est &oee. 



"Ha. VI ch. Vgl. 5755, 5791. 



164 

■ 

Et li Galois de plain randon, 
Le laisse outre a tôt le tronchon, 
Si laisse mort le chevalier, 

5510 As autres se vaît adrecier. 
Li I des cheyaliers s^avance, 
Sor le Galois brise sa lanee. 
Et mesire Durmars sens faindre 
Le vait encontrer et enpaindre, 

6515 Del tronçon Ta si assené, 

Por I pou, qu'il ne Ta crevé; 
Car il le fiert sor la forcele. 
Tôt pasme Tabat de la sele, 
Tost a gete le tronçon jus. 

5620 As V chevaliers est corus ' 

L'espee nue en sa nuân destre; 
Lors fiert a destre et a senestre, 
Sore lor cort si asprement 
Et si chevalerosement, 

5625 Qu'il les a tos desaiwes. 
A haute vois s'est escries: 
»Gertes ne me retenres mie 
Yiez gens, garconiere abaubie.c 
Caut cil s'oient ensi despire, 

5580 Dont lor croist maltalens et ire. 
n ont lor lances jus getees, 
Si vont ferir de lor espees 

3 : Tôt ensemble sor le Galois. 
Or est molt sopris et destrois, 

5635 Que sor lui descharcent et fièrent. 
Li chevalier trop Tangossierent, 
Mais tant coiivoitent son cheval, 
Qu'il ne li vêlent faire mal; 
Quar bien le quident avoir sain. 

5640 Mesire Durmars tôt de plain 
Fiert et combat et tient meslee 

* 
5508 Sollte çian S'eslaisse o. beasern? 



>o 



155 

Si bien, qu'ai tnmclutttt del espee 
Les a trestos espapillies. 
As plosors a les poins tranchieB 
^5^/5 j;t as antres les chies copes ; 
Tos les a mors et affoles, 
JBien les a mates et conquis, 
Ji ce qu'il est preus et hardis 
lEt grans ei fors ^t bien âmes 
lEt vigeroe et bien montes, 
lEt al aie de Jhesu 
Ji, li Galois le champ yencu. 



Li auctors tesmoigne et retrait. 

Que bons chevaliers entresait 

Puet plus faire, c'om ne puet croire. 

Ceste parole est tote Toire, 

Mainte aventore est avenue 

Qui n'est mie pariot ereue. 

Mais de ce le lairai ester 

Âl pan de sa cote a armer 

Tert mesire Dmmars s'espee. 

Puis Ta el fderre rebotee. 

Ains li Galois ne s'esperdi, 

De son bon cheval descendi, 

Le petit pas Ta pormene. 

Cant il Ta I pou repose, 

Si remonte tôt demanois. 

Les chevaliers laisse tos cois, 

Une de lor lances enporte. 

Molt se resjoist et conforte 

De ce, qu'il a ceaz desconfiz, 

Deu en rent grasces et merciz. 

Bien est li Galois esproves, 
Lies et joians s'en est t<Nrnes, 
N'a pas erre xme loee, 



5SVO 



5575 



S^6o T * 

-^ armer sind nn undeutlich. 



156 

Gant il a la forest passée, 
A main destre voit I chastel, 
Horde estoient li cretel 
D^niz et de cloies tôt entor. 
S580 Palais i ot et hante tor 

Qui molt estoit bien cretelee, 
Tôt environ estoit hordee; 
Car cil qui la dédens manoient 
Le roi Artu forment dotoient. 
6586 Sor haute roche estoit assiz. 
Li chastiaz qui molt ert haiz, 
N'i ayoit entrée fors une. 
C'est li chasteaz de Bochebmne, 
f 258 r<^ cl : Mainte gens a honie et morte. 

6690 A III arpens près de la porte 
Est mesire Durmars passes, 
Le chastel regarda asses; 
Mais il n'i vont pas herbegier, 
Outre s'en yait sens plus targier. 

5595 Tant a erre I grant chemin, 
Qu'il entre en I bruiUet sapin, 
Ni ayoit gaires a passer, 
Li Galois oi gens parler. 
Cant il cheyauce plus ayant, 

5600 Tant ot il la noise plus grant; 
Lors s'areste por escolter. 
Se li semble, qu'il ot crier: 
»Ha! deus, quar nos faites aie, 
Doce dame sainte Marie, c 

'^^ Quant li Galois entent le cri, 
Le cheval poiut, l'escu saisi, 
La grosse lance paumoia, 
Tantost vers le cri s'adrecha. 
Lors est fors del brullet issus, 

5610 Si a Vn chevaliers veus 

Qui sor grans chevaus sunt monte. 



167 

Ikfais li troi sont tôt deaarme, 
^t li ini ont hanbers yestus, 
IMais il n'ont elmes ne escns, 
^iS ^na ont lor ventailles laissies. 
Soi lor espales deslaeies. 
T cheraliers amainent pris 
Xes mains loies, ce mW vis, 
^enir les font contre cheyalf 
Trop lor faisoient honte et mal. 
IPar devant les V prisoniers 
Chevacent sor roncis trotiers 
lor V moillier qui prises sont, 
llolt s'esmaient et grant duel font, 
Derrière les dames seoient 
T pantonier qui les gardoient. 

Quant eles voient le Oalois, 
Se li crient a haute vois : 
»Ha I sire, car nos sooores, 
Se vos tant de prœce aTes.< 
Cant li Galois les entendis 
Tantost conut et bien chosd 
Li quel estoient prisonier; 
Car il les voit ceaz laidengier 
Qui trop les mainent laidement. 
Mesire Durmars erranment 
Pardevant les dames s'eslaisse. 
Le chetal point la lance baisse, 
Joins en Tescu vait assembler, 
Quanque li chevaz puet aler. 
Et quant ce vient sor le ferir, 
Mesire Durmars send faillir 
Est as robeors assembles, 
Tost desconfist les desarmes ; 
^ • L'un^ en fiert si par mi le cors, 
Que la lance ist d'autre part» fors. 

^ Mg. priaêt. 



158 

Tantost con li autre ont yeu 
Lor compaignon mort abatu, 
Vers le Galois mneyent d^slais, 

5650 Sor li bmissent a I fais 
Et entrayers et pardeyant, 
Chascuns tient Vespee tranchant, 
Sor li fièrent sens espargnier. 
Mesire Dormars fait lancier 

M55<^ Le cheyal qui tost se remne, 
Del fuerre trait Tespee nue, 
Lors U yeiasiez coz doner, 
Poindre et ferir et encontrer, 
Desqu'es mentons lor fent les chies; 

5660 Car il n'ont pas elmes lacies. 

Tant s'est li Galois conbatos, 
Qu'i les a toz mors et yencus 
Fors I tôt sol qui s'^i foioit. 
Qnant mesire Dnrmars le yoit, 

5665 A espérons s'eslaisse après, 

De lui ataindie 'est molt engres, 
Et cil s'enfoit sens recoyrer, 
Mais il ne pot gaires aler. 
Quant mesire Dnrmars Tataint, 

5670 Del esca le hnrte et enpaint 
Si roidement al trespasser, 
Qu'il le fist a (la) terre yerser. 
Lors s'est li Galois arestes # 
Sor le cheyalier tos ires 

5675 L'espee entoise por ferir; 
Car la teste li yot tolir. 

Et li cheyaliers li escrie: 
»Beaz sire ne m'ocies mie.< 
S'espee tote nue prent, 
5680 A monsaignor Dormart le rent, 
»8irec dist il »merci yos quier, 
Loialment yos yuel fiancier, 



169 

Que se tos me laiscdes aler 
Sens ocire et sens affoler, 
5ô5 Tos poes hui tant gaaigmer, 

CTains mais U cors d'un chevalier 
~Ne fist conqaeste en I seul jor, . 
Dont il <e«8t ai grant honor: 
JBoche-Bmne vos renderai, 
Tos mes prisons délirerai 
Dont ju ai plus de IIII XX, 
Oheyaliers, dames et mescbins. 
Sire, j'ai nom Creoreas, 
Ains de mal faire ne foi las, 
Molt sui cremns et loins et près, 
A Roche-Brune est mes reces, 
Del chastel soi sire clames. 
N'ai voisin dont je soie âmes. 
Mais loialment le vos créant, 
Prodom serai d'orenavant. 
Se vos la vie me Iais8MU< 

A cest mot c'a^t en^nojllîee 
là chevaliers a jointes maini^ 
De paor fn pales et vains. 
Mesire Dnrmars prent s'espee, 
Cil li a sa foi afEie[e] 
Que il se rendra prisonier . 
(La) n il le verra envoier. 
Mais ancors ara délivres 
^ ^^ Les prisons qu'il a enseres. 
Lors remonte Creoreas 
£t li Galois plus que le pas.. 
Vers les V dames s'en repaire. 

Li Y pantonier d^malaire 
^^ Les a voient piecha guerpies; 
Ke sunt mie trop esbahies 
Les y dames, bien le sachies, 
Ains ont lor maris desloies 



% 



160 

Molt tost et molt isnelement, 

5720 Puis les font armer yistement 
Des armes ceaz qni sont oeis. 
Et sor k» grans eheyaz de pris 
Snnt monte li Y chevalier, 
Chaseuns ot chaint le bran d*acier, 

5725 Tôt vont le Galois saluer 
Et bienveignier et mercier, 
Lors se snnt de Ini acointie, 
De s'acointance sunt molt lie. 
Voirs est que de Ini font grant joie, 

5780 Et mesire Dnrmars lor proie, 
Qn'o Ini voisent a Roche-Brune, 
Bien sache chaseuns et chascune, 
Que li robeor sunt ocis, 
Et si a le chaste! conquis; 

5785 Saisir le Tait ains Tannitier, 

Mais nM veut pas sens herbegier. 
19t li Y chevalier li dient 
Et li creantent et affient, 
Cfo lui iront sens renfuser 

5740 La u il leb vorra mener. 

Lors s^entornent haut et joiant, 
Si chevaucent et vont errant. 

A Boche-Brune sunt venu, 
Greoreas qui sires Ai 

5745 Fait al Galois rendre les clés, 
Lues quHl est el chastel entres. 
Mais ains qu'il soient descendu. 
Fors d'une chambre sunt issu 
Dusqu'a XXX sergant arme, 

5750 En plorant se sunt arreste 
Devant Greoreas tôt coi. 
»Sire« font il »en grant efiroi 
Somes entre en cest jor d'ui; 

5786 von gleicher hand nachgetragen. 



• 



161 

Or entendes le grant annî: 
'-^T65 Perdu[8] aves VII chevaliers 
Un la lande des chastegniers. 

^ 1 z 1^^ a gaires que nos les trovames, 
IMors et senglans les aportames, 
^'en trovames vivant fors un, 

'<^^~> Tostre neveu Pinel le Brun, 
lA.o\i feblement a nos parla, 
Si nos dist por voir et conta, 
Cuns chevaliers tos blans armes 
Les a ocis et decoles, 

'^ Et si nos dist del chevalier 

Qui seoit sor I bai destrier, ^ 

Qui molt estoit grans et apers, 
D'un blanc diaspre ert tos envers; 
Mais nos ne le veismes. pas. 

Lors pense bien Creoreas, 

Que c'est li Galois entresait 

Qui cel damage li a fait. 

»Sire« dist il »foi que vos doi, 

De mes compaignons vos mescroi, 

Que vos ne les aies ocis; 

Car vos aves, ce m'est avis, 

Et bai cheval et armes blanches. 

Ce sunt antretels conissances. 

Come cil a dont vos oez 

Qui mes compaingnons a tuez. 

Certes, ce poes vos bien estre. 

Bien le tesmoingne vo main destre, 

Que si tost nos ot desconfis, 

Tenes ma foi, je vos plevis. 

Que se vos le voir m'en contez, 

Ja por ce nen s^eoB grèves.* 

Cant mesire Dur mars oi, 
.^^^ ^teht im ma. doppelt. 



^ r 



^'''^O 



r>7,v 



.r»*- 



\«i 



Que ^ ^'ttrfri^^*^' 
Que VU chevft» -ortereiit, 

P«r lot outrage m _ ^^j^^à^ 

Me covint çen ^,^0^ 

Je sai ae vo«r ^^^^^^^ 
^..orpecb^J^ . 

Tos les VI a terre ©^ 

Si vo. ai ^'J^risoBB renare 
île aeveB tos 1^ P e. 

r>«C^ ^^ ^"%'S nT «1-. oBt*, 

US vuel je -«««^;;*^e fi, 

Je vos ««rt me aeUvre..* 
Que vos tost le» °» 

•-„ ÏA les «ares,* 
. 5810 .Certes «««;/»%^^, 

Lors s'en ^o"** V_ecWer 
,,.. Sifaitcbaam^^S^ftoissier 

Et el^»'«»;^j', défaire, 
5815 Et ces esga^W. ^^^^ ,^„e. 

Tos les pnsons e ^^ ^ 
QuatrevxnseB^ ^^p^ 
CbevaUers et serj ^^^ 

Soffertle] avoaeut^ 

5820 Creoreas les ^^ ^^oit. 

P^r devant le "x* ^^ ^^^^ 

Cant «^es«es Durm ^^^^^^ 
Descendus est a «on 

Tait s escnent U P^^ 



1G3 



>cf2 



>Beaz, doz «re, bien vengnies vos, 
Claris nos aves et re8eoz.« 
Illoq(nes) fa mesire Durinars, 
^ien acoles de XIII pars, 
Molt Al servis et honores 
^^> Des prisons qu'il ot délivres. 
Tôt environ lui s^asemblerent, 
A grant joie le désarmèrent. 

Quant desarnuM f« li Galcm, 

Beaz fil et gens et grave et droùt; 

Creoreas le regarda, 

»Sire« fait il »M]tendes cha, 

Dez nos a hin molt bien mosire, 

Qa'il n'aime pas des[lo]ialte, 

Qaant vos tos senz par vostre eors 

Nos aves deaeen&s et mors. 

Dez soit graeies et loes 

De ce, qne je soi eschapes, 

Je promet a sainte Marie, 

Qae jamais a jor de w» vie 

Ne serai traîtres se &as, 

Dorénavant serai knaiis; 

Car je sai tnen trestot de voir, 

Qu'encontre dea n a nul pooir. 

Je quidai hitm de vœ orains, 

^ Que ce fuist mesires Gavains 
Por ce, que ai estoutement 
Corustes jieare nœtre gent, 
Bien saves abalnr un home, 
Dites moi, eomment on vos n^me, 

^^ Se vostre nom vos ^biist a dire.« 
»Durmars li Giriois ai nom, sim.* 

»Sire,« ce dist Creoreas, 

« 

»Yos estes travillies et las, 
Mestier aves de reposer. « 
^^ A cest mot li fait affiebler 



11* 



164 

I mantel vert a penè grise. 
£n la sale de piere bise 
Est mesire Dormars entres, 
Beaz sièges i troya asses, 

58B5 Si s'est assis entre sa gent, 
Molt s'i acointe bêlement, 
Et de la roine dTrlande 
Mesire Dnrmars lor demande: 

c3: Ains par ealz ne fa avoies, 

5870 Gant I yalles sailli en pies, 
Devant le Galois se lancha, 
Pardevant lui s'engenoilla 
Li yalles comme bien senes. 
»Sire« dist il »se yos voles, 

5875 Par celé foi que je doi dieu. 
Demain vos menrai en tel lieu 
U on set tôt ades noveles 
Et de dames et de puceles 
Et de chevaliers autresi. 

5880 Li chasteax n^est pas loins de ci; 
Car se nos le matin movons, 
Ains qu'il soit vespres i serons. 
Par mon chief, se vos i venes, 
Je quit bien, que vos i ores 

5885 Noveles qui tost vos plairont 
Que cil del chastel vos diront. « 



»Certes valles,« fait li Galois^. 
»Bien senbles sages et cortois, 
Dites, ciment est vostre nons.€ 
»Sire, j'ai non Guivres li Blons, 
Ghaens ai este prisoniers 
Plus a de IIII mois entiers. 
Fors de prison m'aves oste, 



5890 



5881 im ms. doppelt geschrieben. Das 2te mal 8teht Et 
Die verszahl der spalte ist aber 56 da der groBe buchstabe 
kleiner ist als sonst 



166 

Si vos di bien par yerite: 
Je me tien por Yostre vallet-c 
»Certes« fait li Galois »Graivret, 
Ensemble toi irai demain, 
MoTons le matin alqnes main.« 
»Sire,« fait cil »quant tob plaira.c 



Mesire Durmars appela 
Creoreas le redote, 
Saigement l'a arraisone. 
»Sire« dist il »parles a moi, 
Vos aqoiteres YOstre foi 
Ensi, com je yob dirai ja: 
Demain, tantost qne jors sera 
Âl roi Arta vos en aies, 
De par celui le saines 
Qui par armes conquist Tatrier 
Brun de Morois en son vergier, 
Cest chastel recives del roi, 
Si l'en serves en bone foi, — 
Ja li rois ne le vos torra — 
Tos les prisons li mostres la 

* * ^ Que vos m'aves ci délivres 

Et sens mentir le roi contes, 
Comment vos fustes hui conquis 
Et vostre compaignon ocis. 
Bien seres a la cort venus; 
^^O Car prodom est li rois Artus. 
I autre voiage feres; 
Car en Gales vos en ires 
Droit a la roine Galoise 
Qui molt est vaillans- et cortoise, 

^ ^ ^ : Depat moi le salueres, 
^^ Je sui sez fiz, ce li dires. 
Contes la roine, cornent 
Jo assemblai a vostre gent. 
Dites li, que je m'en parti 
^^Bo Tôt savement la deu merci 



1«6 

De trestote ceste aventaref 
' ' Li contes la yeriie pure^ 

Et quant YO0 li ares eontee^ 

Dont iert vostre foiz aqnitee, 
5985 Laissies tos yos mayais usages 

Et si soies prodom et 8aiges.« 

Greoreas li respondi: 

»Sire, par dea qni dm menti 

Je YOS ferai tôt phînement, 

5940 Quant que vos ai en eovenent 
Tôt ensi, con vos devises.c 
A tant fa li mangiers hastesf 
Greoreas a fait yenir 
Sergans et valles por senrir. 

5945 Ja estoit li jors irespassês. 
En la sale ayoit alomes 
Pins de XXVn eierges cler. 
L^aiye donerent a layer 
Li esqniier et li sergani, 

5950 Pois misent les tables ayant. 
Li Galois prist nn cheyalier, 
Delez Ini Tasist al mangier, 
Senris fa mesire Dnrmars 
De pain et de yin et de charst 

5955 Et trestot li autre ensement 
Furent seryi plenierement. 

Leye se sunt après mangier^ 
Si font ]e Galois dechaoier, 
La le seryent giunt et petit, 

59(50 Gochier le fout en I beal lit. 
Mais n'erent pas asseure 
Cil qui Airent desprisone, 
Bien s'armèrent et hanbergierent, 
Trestote celé nuit yellierent, 

5965 Et si ont ceaz dedens boutes 
Fors del chastel tos désarmes. 



167 

La porte fa close et fremee, 
Li prisonier Tont bien gardée. 
Devant le Galois ont veillie 
5970 X chevalier bien hanbergie, 
Et si font devant lai ardoir 
n grans cierges por cler veoir. 
La nuit fd gaities li chasteaz, 
Tant qae li jors fa clers et beaz. 

5975 Tantiost que li aabe creva, 
Mesire Darmars se leva, 
Tost s'est armes et montes est; 
Car son cheval trneve tôt prest. 
Son esca prent et pnis sa lakice, 

5980 Molt est de plaisant contenance, 
c2: Les prisons a araisones. 

»Saign0r« fait il »vos en ires 
Droit a la cort le roi Ârtu, 
Si qne del roi sere[s] veu, 

6985 Greoreas vos i menra, 

Et quant vos seres mostre la, 
Dont voist chascons en sa contrée. « 
»Sire€ fout il »molt nos agree^ 
Qne nos façons vostre plaisir, 

5990 Volentiers vos devons servir. « 
Ghascnns envers lui s'ameUe, 
Et li Galois les en mercie* 
Atant se parti des prisons, 
lui s'en vait' Guivres li Blons, 

5995 Lors commencierent a errer. 

Del Galois lairai a parler. 
Une grarît pièce m'en tairai. 
De Greoreas vos dirai. 
Gant il parti de Rochebrune, 
6000 lui n'amena gens nesune 
, Fors les prisoniers délivres. 
Al roi Artu s'en est aies. 



168 

Li bous rois Artus sejoruoit 

A Glatingebieres tôt droit, 
005 Creoreas i est venus, 

Devant la sale est descendus, 

Laens a ses prisons menés, 

A merveilles fa esgardes 

Des haus barons qui la estoient; 
GOjO Car li plusor molt le haioient. 

Devant le roi s^est arrestes 
. Creoreas trestos armes, 

»Bons rois« fait il iplains de largece, 

Dex gart vos et vostre bautece, 
t>0)5 Cil qui conquist Brun de Morois 

M'envoie a vos, beaz sire, rois. 

C'est cil qui rescost la roine 

Par sa haute proece fine, 

Salus vos mande en tel' manière, 
0020 Que vos par la soie proiere 

Receves moi et mon bornage 

Sens moi faire ennui et hontage. 

Por voir vos di de[l] chevalier, 

Qu'il desconfist nos XIIII hier, 
6025 Moi et ma gent desaiwa, 

XIII en ocist et affola; 

Et en la fin de la meslee 

Donai al chevalier m'espee, 

Del tôt me miz en sa merci; 
6030 Car moi le covint faire ^ensi. 

Par sairement Taseurai, 

Rochebrune li délivrai, 

De vos le me covient tenir, 

Por ce me fist il cha venir. 
0035 Depar lui vos ai amenés 

Ceaz que j'avoie enprisones, 
c3: Par sa proece sunt gari. 

Demandes lor, se j'ai menti. 

Bien doit on croire le message 



^40 <3ui maine si bon tesmognage.« 
^Dites moi,< fait li rois Artus, 
:»Qn*e8t li eheyaliers devenus 
<^ si grant proece fist hier, 
Demain yos dévoie assegier^ 
^-^ Jlt tantost com je vos preisse, 

Si m'aut dez, je vos pendisse. 
IMais li bons chevalier»^ hardis 
Tes a ore en [son] conduit ptis, 
Par sa proece et por s'anxn* 
Vos lairai tote vostre honor.* 
Ja n'en querrai autre consel, 
Mais del cheyalier me mervel, 
Gomment il n'est a moi venus. 
Si m'ait dex et sa vertus, 
Se je Tavoie de maisnie, 
Molt seroit. ma joie avaucie; 
Car li cors d'un bon chevalier 
Sor tote rien fait a proisier.* 

Cant li rois à dit son corage, 
Creoreas li fait homage; 
Par sairement l'asseura, 
Que loialmeut le servira. 
Li rois donc as prisons congie, 
^ Cil s'en partent joiant et lie, 

^ Chascuns en son pais s'en torne; 
Creoreas la nuit sejome, 
Tôt li baron qui l'escoterent 
Li un as autres recorderent 
La mervelle qu'il ont oie 
De la haute chevalerie. 
Que mesire Durmars fist hier 
Se mervellent li chevalier. 
Mais je ne me doi pas meller 
De chascun mot a recorder; 
^^ Car cil n'est mie bons contere 
Qui trop alonge sa matere. 



*HiVo 



Greoreas » eongie {nris, 

Bi s'est del roi Arta perids, 

Tôt droit vers Gales cherach», 

6060 Par ses jomees tant erra, 
Qu'il vint a la bkmehe cite, 
Le roi de Gales a trove 
Et la roine aa moillier — 
Gel jor i ot maint oheYalier. 

6085 Greorea0 lor a eontee 
La vente de aa meslee 
Qne mesixe Dnrmara Yeiiqai, 
Onqnes de mot ne lor menti. 
Tôt plainement et toet knr dist 

6090 Ge que mesires Dnrmars fist, 

Et si lor dist, qu'il est tos sains. 
Li rois entent vers deu ses nudnn, 
T* c 1 : De son fil est lies et joians« 

Por ce qu'il est preus et vaillans, 

6095 Et la roine a si grant joie^ 
Que conter ne le vos sauroie. 
Tôt cil qui les noveles oient 
Deu et sainte Marie en loient, 
Ne fisent mie joie a gas, 

6100 Gi lairons de Greoreas. 

Mesire Durmars s'en parti 
De Roohebrune un venredi, 
Guivres li Blons s'en vait o lui, 
Tôt parlant chevachent andui. 

6105 Mais li Galois parla premiers, 

»Guivre8« fait il »beaz amis chiera, 
U est ce, que tu me menras?« 
»Sire« fait il »n'en dotes pas; 
Gar je vos menrai droite voie 

6110 A un chastel tôt plain de joie, 
Ghascun jor { ot on noveles, 
G'est li chastez as X puceles. 
Je vos dirai, se vos voles. 



IVI 



-f orcoi il «st ensi nomes. 
^ pnceles i a nênans 
^ones et bêles et pfaûsaiis, 
Tote lor terre cmt miee ensemble * 
Dont eles ontt m ooi& moi senble, 
IFlns de XXXIX G linrees. 
Xes pnceles snnt assenées 
Jl X cheyaliers de grant pris 
IBeaz et cortois et bien joUb, 
Trestot snnt si ehe^alerons, 
Eons chevaliers est mains prons; 
Tôt se snnt a nn acord mis, 
Si mainent ensemble todis, 
N'onqnes n*oiit al mien escient 
Li uns al antre maltalent. 
Les pnceles snnt si senees, 
Que ja n'i^rent ensemble irees, 
Ne parole de vilenie 
N'iert ja par lor boches oie. 
Lor X amis les ont si chieres, 
Que lor oommans et lor proieres 
Yuelent tôt ades aohiever, 
Il ne finent onqnes d'errer 
 tornoiemens et a guerres, 
Molt snnt proisie par maintes terres. 
Por ce qn^l oirrent loins et près, 
Sevent noveles tôt ades^ 
Si vofit qnerrant les aventures, 
Si font batailles fors et dures 
N'ouques nus d'esK, c'est ventes, 
Ne fu en .champ d'armes outres, 
^^ Mavaisete het ei perece, 

Mainte pains ont por lor proeoe; 
Et cant il vienent sejomer 
A lor ostri por reposer, 
^ "^ • Lors se fonA si bien aaisier, 

* 
^^ verderbt, etwa: Que boi» ek 



»V> 





La gcurt 
Cky» ci 

«1^9 âoTcM i 

Des thewà&en et la 
Ôni la 

De mitre et de 
Se desduiBeiii a 

6:«i Mok TÎfot 

MaÎDS solas et manie joie oaâ 
U X eheralier «pi fna mL 
là plus beax et M jlbm wllaas 
Il a a nom GectgeatMae^ 

6165 Chies est et sire de la lole 
Par sa haute pvoeee estonle. 
Bien set estre de haut afiure, 
Beaz est et jHreoz et debonaire, 
N*onqnes ne fo d'annes Tuitare 

017U Sa suer germaine fo ma mère. 
Des X cheYaUera ai conte 
Tôt plainement la v«ite.€ 

»Certe8c fieût li Gralois »beaz foere, 
Ne qoens ne rois ne emperere 

0175 Ne trestot li prince qm snnt 

N'ont tant de joie cam il ont; , 
Car, puisque chasoons a s'amie, 
Ne paient avoir millor vie. 
J'ai bien failli a si grant joie, 

6180 Se damedeu ne m'i avoie.c 
Adont sospire d'amors fine, 
Si pense a la bêle roine. 
Guivres li Blons le voit penser, 
Si ne le vuet pas destorber, 

618j Tant chevauchierent qu[e] il sunt 
Desor I grant tertre reont. 



^ts 



^^^ 



178 

CJant il ont le tertre monte, 
Si voient un cliastel ferme 
X)ejoste I eaye roide et fiere, 
fres d^une grant forest pleniere. 
Xi chasteaz ert molt bien assiz 
X)e Yingnes et de près floris, 
Tôt environ est bien fermes 
X>e trencheis et de fosses 
lEt de noveas murs batillies, 
Xi manoirs est bien hebergies; 
€ar n^i a chambre ne maison 
<^ ne soit coverte de pion, 
IDe loins perent les cheminées 
<jm laens sunt en haut levées. 

Mesire Durmars regarda 
Le chastel quant il Taprocha, 
Molt le voit bel et bien ferme, 
Maintenant Ta Guivret mostre. 
N^avoient pas a chevachier 
Demie liue al mien quidier. 
»Sire,€ ce dist Cuivres li Blons 
»Li manoirs que nos la veons 
A ces hauz murs a ces toreles 
C'est li chasteaz as X puceles, 
lia devons eneui herbergier. 
Si ne vos devoit annnier, 
Molt volentiers iroie avant. « 
»Ya dont,« fait li Galois errant. 

^uuivres s^en vait les grans galos 
Par mi un pre dejoste un boz; 
Ains qu^il soit el chastel entres, 
A les X chevaliers troves 
Devant H porte cha defors, 
Illuec desduisoient lor cors. 
Les X puceles i estoient, 
En mi I prael se sepient 



174 

Deaos une yigiia trellie 
Qui bien ert foillue et cliargie, 
6225 La font harper notes et lais, 
Et li plosor tieneut lor plais 
D^amors et de cheyalerie, 
Sovent mainent flô&ite yie 
A celé joie qne la font. 

6230 Atant es vos Gnirret le Bkmt 
Devant le prael desoendi, 
Li X chevaUer Font choiflL 
Tantost corn il le reeoimreni, 
Molt lie et molt joiant en furentY 

6285 Tôt le saluent haatement 
Et les paceles ensement. 
Guivres lor a bien respondn 
Ce qa'il doit, a ekascnn «la, 
De totes pars a loi parolent, 

6240 Assez le baisent et aeolent. 
Mais ses oncles Geogenans 
Cil en est tos H plnis Joians, 
»Ha !« fait il »beaa nievs dont viens ta ? 
Je te qnidai avoir perdn. 

6245 Gomment fus ta despri8ones?« 

»Sire« fait il »ja le sanres, 

De Rochebrane issîrttit hier 

Tôt li Xim chevalier, 

Por aventurer s^en aloieat 
6250 Tôt armé, si cum il soloient, 

Mais il troverent avenifcare 

Qui molt lor fu oniela et dure; 

Car un chevaliers trop vaillans 

Les encontra fors as plains chans. 
6255 Cil chevaliers par son se«l -cors 

Les a tos desconfis et mors, 

Si qu'il en a les XIII ocis, 

Et Creoreas i fa pris. 



175 

Xi cheyaliers dont je vos di 
Xe fist Tenir a sa merci, 
1 r IBochebmne U délivra, 

Tos les prisons li rendi 1» 
Dont il i avoit plus de cent. 
Xi bons chevaliers voirement 
INos a si faitement rescoos. 
Dex, corn il est gentîex et dons 
]E!t beaz et sages et cortoisi 
Il a nom. Dnnnars li Oalois, 
J'ai hai estet ses esqniiers, 
Si vos di, qae li chevaliers 
Tient chaens herbergîer ennait. 
Orant compaignie et grant desdnit 
Li deves tôt porter et faire; 
Car il est molt de hant affaire. < 

Li chevaliîsr et les pooeles- 
Sunt molt joiant de ces noveles, 
Plus de C fois deu en loerent, 
Apres ces mos se regardèrent, ' 
Si voient le GUois venir. 
Lors s^avaneent por kii servir. 
Quant il les a bien aprochies, 
»A foi, beaz sire bien veignies« 
Font cil et celes qui la sont. 
Et mesire Dnrmars respont, 
Que deus lor doinst bone aventure. 
Lors sont venu f]rrant aleure 
De totes pars à son descendre, 
Li vallet vont le cheval prendre, 
Tantost cum il est descendus. 
Molt est li Qalois bienvenus, 
Les puceles le de8avixiM*ent, 
Onques serjant n'i adeserent, 
Et quant eles Font desam^, 
A son col li ont affieble 
^^ I mantel de porpre sanguine. 



176 

Forre d'ane penne d'ermine. 

Li Galois fa en son estage, 
Béas fa de cors et de visage, 
Nale béates ne li faloit 

r>300 De qaant qn'a home covenoit. 
Geogenans li bien apris 
A le Galois par le main pris, 
Bel se sot de lai acointier; 
Car il n'ert pas a enseignier. 

6305 Tôt li antre come cortois 
Se sant acointie del Galois, 
Et les pnceles antresi 
Ne le traevent pas enbahi, 
Mais molt sage et molt bien parlant 

6810 Sens foie chiere et sens babant, 
De lai honorer molt se painent, 
La sas el haat palais Ten mainent 
Qai molt estoit riches et beaz, 
Tos fa joncies de joins noyeaz. 

6315 Mesire Darmars dist por voir, 

C'ainsmais ne vit si gent manoir, 
c2: Et si ne vit onqaesmais gent 
De si trebeal acointement; 
Car des chevaliers li sembla, 

(>320 Qa'il en fast acointies piecha. 
Et les paceles a frovees 
Si cortoises et si senees, 
C'aincmais ne vit si bien aprises. 
Les tables sant el palais mises, 

6325 Cant li viande est aprestee, 
Li vallet ont Teve donee, 
Tantost s'asient al mangier 
Et paceles et chevalier* 

La plus vaillans des damoiseles 
6330 Qui dame estoit des X paceles 
Celé avoit a nom Dyonise, 



177 

Deles le Glalois s'est assise, 
Si «nangierent andoi ensemble. 
Geogenans, si eom moi semble, 
Se paine del Gkklois servir, 
Maintenant fait les mes venir. 
Li mangiers fu plaisans et nés. 
De bons poissons noveaz et fres, 
Lamproies orent et saumons 
Brars et mules et estorgoos 
Et bons lus socis a plante 
A I chaut poivre gerofle 
Qui fu destempres a canele ; 
Si ot chascuns doble esquiele, 
Bons vins orent et clers et sains 
Et bons raspes de toneas plains, 
Si ont de maint desduit parle, 
Anchois qu'il se soient levé, • 
Et tant com li mangiers dura. 
Une damoisele harpa 
Notes et lais molt plaisanment. 
Âpres mangier lues erranment 
Les tables ostent li vallet. 
Si lèvent por estre plus net 
^^^ Cil et celés qm mangie ont, 
Laituaires aporter font 
D'espisces et de gingebras, 
A copes d'or .et. a henas 
Lors a om le vin aporte. 
Si boivent a lor volente, 
Bien sunt servi en itel guise. 
Mais n'en ferai atre. devise, 
Chans et notes font vieler 
Qui molt plaisent a escolter. 

^^ Li Galois parole en séant 
A monsaignor Greogenant, 
»Sire« dist il »8e vos saves, 
D'une chose me responde^ 

Buno^ï, 12 



» 



178 

Dont je snî en pensée grande, 
«370 C'est d'une roine dTriande » 

Qui plaisans est et jone et bêle, 

De li ne puis oir novele, 
c3: N'onques ne fui en son pais, 

De ce sui je molt esbahis 
6376 Qui ne sai la u ele maint, 

Et si ne truis qui la me maint. 

De li m'a om dit et conte, 

Qu'ele a passe de grant bealte 

Totes celés qui sunt vivans.c 

6380 »Sire,« ce dist Geogenans, 

>Je vos di par vérité fine. 

Que de celé bêle roine 

Ne vos sai jo pas avoier; 

Mais on doit lundi tomoier, 
6385 As Blanches-Mores en la lande 

Près del chastel de Roche-Lande. 

La ont fait le tornoi crier 

II puceles a marier, 

L'une est dame de Blanches-Mores, 
6390 Si est nièce le roi ^des Mores, 

L'autre est dame de Boche-Lande, 

Li tornois iert en une lande; 

Voirs est, qu'il doit estre II jors. 

Chaens sera vostre sejors 
6395 Dusqu'al movoir; se bel vos semble, 

Nos irons o vos tôt ensemble 

A cel tornoi dont je vos di. 

Cil qui le vaintera lundi 

Aura celi de Blanches-Mores 
6400 Qui maint sor la marche des Mores, 

Cil qui mardi le vaintera 

Celi de Roche-Lande aura, 

Et qui II jors le vainteroit 

L'une des puceles auroit 
6405 Laquel(e) qu[e] il vorra choisir, 



«_> 



179 

Sens ce ne s'en puet il partir; 
Car Tune Ten coyient il prendre. 
Mais bien vos sai dire et aprendre, 
Jurer covient le chevalier, 
Qu'il est bachelers sens moilUer 
Et gentiez hom d'ancesserie, 
Autrement nen aroit il mie. 



»Je sai molt bien, qu'a cest tornoi 
Seront et duc et conte et roi, 
Par le mien escient vos di, 
Que diemenche ains miedi 
I aura chevaliers venus 
De XX jornees et de plus- 
En mi la place ara drecie ^ 
Une loge molt envoisie 
A m estages haute et lee, 
Tôt environ enfenestree. 
Les hautes dames del pais 
Et les puceles, ce m'est vis, 

^*2s Seront en la loge montées, 

Molt en i aura d'acesmees, , 
Les II puceles i seront 
Por qui li preu soi peneront. 
Al tornoi aura jugeors, 

W30 Yjj chevaliers, bons vavassors 
Qui furent as armes jadis 
De grant affaire et de haut pris, 
Cil sauront bien, si com je croi. 
Qui bien le fiSra al tornoi. 

^*^^ Et se vos i voles venir, 

La pores noveles oir 

De ce que vos aies querrant; 

Car chevaliers i aura tant. 

Qu'il ne. puet estre al mien quidier, 

^^^ Qu'il n'i ait aucun chevalier 

De la contrée la roine 

Qui si parest trebele et fine. 

12» 



^^cl : 



i 



180 

Et se Yos el tomoi yenes, 
Je sai molt bien entalentes 

6445 De vos servir, beaz sire obiers. 
Moi X[isme] de chevaliers 
Bien moverons a tens lundi; 
Car n a pas Y Unes de ci 
Dosqae la on tomoiera. 

6450 Par den sire ne laissies ja, 

Que vos ne veingnies al tomoi, 
De mes chevaliers et de moi 
Seres servis molt bonement 
Tôt a vostre commandement; « 

6455 Mesire Dnrmars respondi, 
»Sire« dist il » vostre merci 
Tant m'aves dit et présente, 
Qu'a tos jors mais ai volente 
De vos amer et tenir cbier; 

6460 Ja ne vos porai avancier 

En lieu, que je ne vos avance 
Et molt en désir la provance, 
Et se vos en lieu me troves, 
Je vos proi, que vos le proves, 

6465 Si pores adont parcivoir, 
Se je Tai dit par decivoir. 
A vostre consel me tenrai; 
Car a cest grant tomoi irai, 
Et si i vuel armes porter 

6470 Por moi desduire et déporter. 
Por vos atendre, je vos Si, 
Sejornerai dusqu'a lundi. « 

»Sire,« ce dist Geogenans, 
>De ces noveles sui joians, 
6475 Jamais ne quier, que soit défaite 
L'acointance qu^avons ci faite, 

« 
6471 ms. atendre duaqu^a ie« 



181 

Todis mais vos devons amer. 
Je fai a vostre desarmer 
Orains, quant vos venistes ci, 
Si esgardaî molt bien et vi, 
Qae vos armes smit depecies 
Et estroees et percies, 
Et por ce vuel ore savoir, 
Qaelz armes vos vores avoir. 
TJ a lions a a liepars.« 
>Certes,< fait mesire Darmars, 
>Blanches armes totes noveles 
Me seroient plaisans et bêles. « 
>Par foi sire, et vos les ares,< 
Fait Geogenans li senes, 
>Et si prendres de nos destrier; 
Les plus riches et les plus chic 
»6rans mercis« fait li Galois » 
De ce que je vos o c dire, 
La merci deu, j'ai bon cheval 
Qui molt puet sofirir paine et 
Bieu sai, que por armes porter 
Ne poroie millor trover, 
Mais de ce que vos aves dit 
Vos sai bon gre, se dex m*ait, 
Assi grant, com se je prendoie 
Les chevax, se deus me doinst 

Que ke li doi vassal parlèrent, 
Li autre chevalier joerent 
De plusors geuz dont il savoie 
Et les puceles entendoient 
As geuz veoir et regarder; 
Mais de totes choses conter 
Me sembleroit trop grans annu 
Li jors faut, si revient la nuis 
Les lis ont fai[s] li esquiier, 
Et quant il est tens de couchi 
Lors sunt alees les puceles 



182 

En lor chanbres riches et bêles, 
6516 Gha fors el grant palais plenier 

Se jaoient li cheyalier. 

Lor lit sunt fait et bel et grant, 

Le Galois font coachier ayant; 

Gant il Font fait bien aaisier, 
6520 Dont se conchent li chevalier, 

Et quant ce vint al endemain, 

Ne se levèrent pas trop main. 

Madamoisele Dyonise 

Qui molt est sage et bien aprise 

6525 A fait le Galois présenter 

Blans dras linges a son lever, 
Et chances noires de samis 
Et solers trancies laceis 
Et robe de soie novele 

6530 Li envoie la damoisele 

Et mantel a penne d^ermine 
Et coler d'uevre sebeline. 
Gans et chainture et aumosniere 
Et iremal de riche manière 

6535 Et chapel d'or luisant et cler 
Ot mesire Durmars li ber, 
Ensi Tacesma de novel 
La damoisele del chastel. 
Li X chevalier sunt levé, 

6540 Tost sunt vestu et acesme, 

c3: Lor mains et lor boches lavèrent; 
Mais le Galois tant onorerent. 
Qu'il le fisent anchois laver. 
Lors fnnt le chapelain haster, 

6546 Si qu'il poront a lor plaisir 
Lues erranment la messe oir. 
Les X puceles sunt levées, 
Et quant eles sunt acesmees. 
Fors de lor chambres sunt issues, 

6650 Si sunt en la sale venues. 



183 

Cant mesire Darmars les voi 
Assitost cum il les parchoit, 
Lues erranment ya encontre 
Bonement le(s) salae[n]t cel 
5 Qui sages et cortoises snnt; 
Li Gfilois si bel lor respont, 
Com on doit pneele respond 
Mais je ne sai pas tôt despc 
Lor coni^nances ne lor dis. 

Les damoseles totes X 
Li font de lor jueaz présent 
Et li Galois molt sagement 
Renfhse ce qu^il ne vuet pre 
Car il n'astoit mie a aprend 

5 Ains ert sages et bien apris 
Neporqaant des jaeas a pris 
Car, se il alcnn n'en preist, 
Paor a, qu'il ne mespreist 
Vers les puceles qui li tend( 

A loi servir totes entendent 
Li Galois de lor jueaz prent 
Ensi que de rien ne mesprei 
Car anchois qu'il s'en soit i 
Les a dones et départis 

5 As chamberieres de laens, 
Tôt ce fu cortoisie et sens. 

Geogenans et li Galois 
Et tuit li atre demanois 
S'en alerent a la chapele, 
La messe oirent haute et bc 
Et quant li services est fais, 
Lors s'en revinent el palais, 
Maintenant font l'eave done 
Tantost s'asient al disner. 

Mg. la pucele ; dariiber chapele. 



184 

6685 Al mangier sisent longement, 
Bien sunt servi planierement, 
At après mangier on[t] lave; 
Anchois qu'il se soient levé, 
Yieler font notes et chans, 

6590 Molt sant les paceles sachans 
Et plaines de grant cortoisie. 
Le Galois portent compaingnie 
Si sagement sens rien(s) mesprendre, 
Que Von n'i seust que reprendre 

6595 De juer et d'esbanoier. 

Et de berser et de chacier 
f256rocl: Est mesire Durmars aaise, 

Drois est, que tes sejors li plaise; 
Car tuit Tonorent sens faintise. 

6600 Bêles armes de mainte guise 
Li présentent li chevalier, 
Li uns li présente I destrier 
Et li autres sa bone espee 
Glere et tranchant et amoree 

6605 Et li aultres elme dore. 

De quant qu'il li ont présente, 
Ne vont rien prendre li Gtilois, 
En merciant come cortois 
A tos les presens renfuses. 

6610 Mesire Durmars a asses 

De plusors desduis, ce sachies, 
Et ses chevalz Ai aaisies 
Si bien, que riens ne li faloit, 
De quant que il li covenoit. 

6615 II j ors a sejome issi. 

Et lues que ce vint al lundi, 
Li X chevalier s'atornerent ; 
Car le tornoi pas n'oblierent. 
Messe ont oie bien matin, 

6620 Ja se vorront mètre al chemin; 
Tantost cum il ont 4t!t trosser, 



6636 



185 

Sor les palefirois vont monter, 
1/68 X puceles sont montées, 
A lor plaisir sunt acesmees. 

^'*^^ Geogenans fu molt cortois; 
^Car il fist monter le Galoîs 
Sor un grant palefroi ambiant, 
Ferm et suef et bien portant; 
Son cheval fait mener en destre 

^^^O Li frans chevaliers de bon estre. 
Atant se metent a la voie. 
Vers le tornoi vont a grant joie, 
Li garçon chacent les soumiers, 
Li vallet mainnent les destriers, 
Et si portent escus et lances 
Et pengnencias de conissances. 
Celé route ne sembla mie 
Mal aperte ne esbahié; 
Car tuit ensemble vont chantant, 

^^^^ Et si flahutent H alquant. 

.Tôt desduisant molt plaisanment 
S'en vont vers le tornoiement, 
Tos chargies voient les chemins 
De chevaliers et de meschins 

664 f^ Et de chevaz et de blasons 

Et de soumiers et de garçons. 

Fait mesires Durmars: »Parfoi, 
Tos li mons vient a cest tornoi.* 
»Sire,« ce dist Geogenans, 
066O »Voirement iert li tornois grans, 
Decha par devers Blanches-Mores 
Sera li gentiz rois des Mores 
Et plus de VC chevaliers 
Qui tuit ierent a ses deniers. 
6bS5 Li j.Qig Ydier de Cornuaille, 

^^ ^. chem'. 



^ ^ 



186 



Cil ara molt grosse bataille 
Et li cnens Brandis de Gulvoie 
Qai por fine amor se desroie. 
Li quens Gralans del -Gat-Destroit, 

6660 Cil iert decha; car estre i doit, 
Et li rois Bangon de Valon 
Et Galehes de Comillon, 
Cis n^est pas mains riches d'an roi, 
Cil ne tenra pas en conroi; 

6665 Car trop est rades et corans 
£t talentis et desreans. 
Bruns de* Morois iert par decha 
Qui molt grosse bataille aura 
Et li beaz quens de Duveline 

6670 Qui proece a en sa saisine, 
Et Clamadoir de la Bruiere 
Ara molt gent a sa baniere, 
Et li quens de la Grant-Montaigne 
Cil iert decha o grant compaingne. 

6675 Bien doivent estre redotees ^• 
Les rotes que j'ai ci nomees. 

»Cil decha aront plus de gent 

Que cil delà mien escient; 

Mais devers Roche-Lande ara 
6680 Mellors chevaliers que decha: 

Bien que [cil] par delà seront 

Li mellor chevalier del mont, 

Cil del ostel le roi Artu 

Qui tienent proece en vertu 
6685 Seront delà trestot ensemble. 

C'est lor recovriers, ce me semble. 

Li rois des Ysles iert delà 

Qui volentiers tomoiera; 

Car il est chevaliers noveaz 
6690 Et si est fors et grans et beaz 

Et bien riches et bien mueblez 

Et des armes entalentes. 



187 



De bachelers ara grant roate 
Cibeyalerose et bien estote, 
t560& Molt pora ceaz decha grever, 
Si vnet dnrement assembler. 
Delà iert li rois d'Orcanie 
Qai molt a grant chevalerie, 
Et li rois d^EiScosse ensement 
6700 CSl iert delà a molt de gent, 
Et li rois qni tient Benewic 
Et li riches quens de Biswic 
Et li quens Braiains d'Arondel 
Qui bien set faire grant cembel 
^705 Et li quens de la Blanche-Lande 
Cil seront devers Roche-Lande. 
Mainte grosse bataille ara 
£t par decha et par delà 
^^* Mais ne vos sai nas uomer totes 
^^ Ne les batailles ne les routes. 
• Dever^.^Ianches-Mores serons 

A cetz delà tornoierons, 
e vos le voles creanter.« 



«7is 



ti72o 



67 as 



Fait mesire Durmars li ber: 
^Je vuel estre molt volentiers 
Oontre les millors chevaliers; 
CDar je sai bien certainement, 
Qui tient meslee a bone gent 
Ses biens fais en est miez proisies, 
I^ortant qu'il soit a droit jugies. 
-Al grant meschief doit om savoir 
Qui doit loz de proece avoir, 
rielz set les mavais abaubir 
<jui n'ose les buens envair, 
3Bnsi se. quident avancier 
Li comte coart beubencier.« 
>Certes« fait Geogenans »sire 
De ceaz ne doit om nul bien dire, 
!N'est mie sens mavaise teche 



188 

6730 Qui plus a benbant que proeee. 
Benbans est ane yaiime chose. 
Nos bon[8] proadom mostrer nd O0e.€ 

En» chevacent tôt parlant, 
Tost vont li palefroi anblant, 

6735 Tant ont lor droit chemin tena, 
Qn*a Blanches-Mores sont venn. 
Adonc regardent et si voient 
Les cheyaliers qni s'en issoient 
Fors de la yile tôt arme. 

6740 La ot maint destrier enaele 
Et mainte bêle covertore, 
Les routes s'en vont a droiture 
Vers la place por tomoier, 
Li grant chemin et U sentier 

6745 Sunt des cheyaliers trestot plain. 
Li plusor se metent al pkin 
Por les presses qui sunt trop âiws 
Sor les chemins et sor les rues, 
La ot mainte lance planée 

6750 Et mainte baniere levée. ^ 

• Moût sunt bêles a regarder 

Les armes qui flànboient cler 
Et les banieres qui ventelent. 
Huée flahutent et vicient 

6755 Cil qui de ce sevent servir 
Por les chevaliers resbaudir, 
Li plusor servent de harper 
Et li alquant de flajoler, . 
Li auquant vont d'armes parlant, 

6760 Et cil az tymbres vont tymbrant. 
La ot maint chevalier de pris 
Govert de soie et de samis, 
Del tomoi sunt joiant et lie 
Li vaillant et li envoisie. 
y* c 1 : Ja sunt en la place venu 



189 

Cil qui promiers sunt apparu, 
Et encor sunt li deerain 
De Blauches-Mores si prochain, 
Qu'il s'en issent espessemeut 
Por aler al tornoiement. 

Mesire Durmars maintenant 

En apele Geogenant, 

»Sire« dist il »se vos voles, 

Car nos armons ci en ces près 

Dejoste cest aunoi foilli.c 

»Je le Yoloie dire ausi,« 

Fait mesire Geogenans, 

»Molt est cis liez beaz et plaisans.c 

Lors descendent li chevalier, 

Tantost font lor chances lacier, 

Bien s'armèrent et par loisir, 

Et si font lor chevaz covrir 

De riches covertures bêles 

De lor armes totes noveles. 

Clant li chevalier- sunt arme, 

Sor les palefrois sunt monte. 

Lors chevacent vers le tornoi 

Par mi un pre joste I aunoi, 

S'en vont les blans haubers vestus; 

Mais lor elmes et lor escus 

Font porter a lor esqmiers, 

Et si font mener lor destriers. 

Lor baniere est en haut levée 

Blanche et vermelle, eschequeree, 

8or I grant destrier vigeroz 

Le porte I esquiiers jnolt proz. 



Geogenans corne senes 
A tos ses vales apeles, 
»Saignor« dist il »parles a moi, 
^^^ Je vos commant et si vos proi. 
Que monsaignor Durmart serves 



r F^*^ 



Si cliier, com vos m'amor mres.* 
»Sire« font cil »tot plainement 
Serons a son commandement. « 

6806 Or est li Gbiois assenés 

De bons valles prenz et senes, 
Li soliaz commence a haucier, 
Tant se hastent de cheracier 
Li X chevalier tôt ensemble 

6810 Et li Galois si, qn'il moi semble, 
Qu'il snnt venu droit en la lande 
La n Tasemblee est molt griinde 
Des chevaliers trestos armes. 
Cil qni les avoient esmes 

6815 Les prisoient a Y milliers, 

La ot molt de riches destriers 
Qui sont covert de drae de soie, 
Tote la place reflauboie 
Des armes qni cler resplendissent, 

6820 Et li cheval si cler bénissent, 

c2: Que tote la place fremist. 
Mainte baniere i resplendist 
Batue a or et a argent, 
La ot maint bel acesmement, 

6825 La veissies maint chevalier 
Son cheval corre et enlaissier. 
Dens, tant gaimple et tante mance 
Et tante bêle conissance 
Qni fa donee par amors 

6830 Veissies porter les plusors. 
Bien doit faire chevalerie 
Qni porte jnel de s'amie. 
La ot de molt lontain pais 
Et dus et contes et marcis 

6835 Et haus barons et bachelers. 
Beaz est li tens et li jors clers. 
Et la place est et bêle et dare, 
Plas d*ane grande liae dure 
Trestote verde et tote igans. 



191 

Sor les elmes loist li solaus, 
Huée ùÀt molt bel et molt gent. 
De II pars ont asses de gent, 
Bien doivent tomoier par droit. 

En mi lieu de la place droit 
Avoit une loge de fost, 
La plus bêle qui onques fost, 
N'ert pas mains haute d'une tor, 
m C fenestres ot entor. 
La fisent .celé loge faire 
Deus puceles de haut a&ire 
Qui de bealte orent grant pris, 
Por celés, fn li tornois pris. 
Cel jor sont molt bien àcesmees, 
Sus en la loge sunt montées, 
El plus haut estage lamont 
As fenestres apoier vont. 
Les n puceles ne sunt mie 
En la loge sens compaignie, 
Ains i a mainte damoisele 
Et mainte dame cointe et bêle 
Qui de lui acesmer se paiue. 
Tote la loge en est si plaine, 
Que je n'en puis nombre savoir, 
I^or le tornoiement veoir 
Sont as fenestres araingies, 
Molt sunt celés joians et lies 
Qui les plus beaz liez ont saisis. 



D'ermine et de vair et de gris 
Sunt acesmees les plusors, 
^^ La ot dras de maintes colors. 
Les plusors ont chainses vestis 
De blanc diaspre, ce m'est vis, 
Et si ont manteaz afaeblees. 
Et les auquans sunt acesmees 
^^ De samis et de dras de soie. 



192 



La sont en solas et en joie, 
c 3 : La ot maint gent cors avenant, 

Maint vair nel et maint doch semblant 

Et mainte vermillete boohe. 
«880 Saverose, plaisant et doche 

Et mainte gorge clere et. blanche 

Et* mainte bêle contenance 

Et maint chief blont et maint cler vis. 

Bon chevalier d'ancise pris 
G885 Et qui dès armes conissoient 

Deles les dames se seoient. 

Je quit, que cil les mosterront 

Les bienfais qn^al tomoi verront. 

Li chevalier as X puceles 
6890 Se vont veoir les damoiseles, 

Des palefrois descendu sont, 

En la loge montent amont, 

Le Galois funt àler avant 

Et monsaignor Geogenant. 

0895 J^ug en la loge sunt monte 

Li X chevalier tôt arme, 

Chascuns i a mené s^amie. 

Bien acesmee et bien vestie. 

Les dames et les damoiseles 
6900 Font grant joie des X puceles 

Et des chevaliers ensement. 

Geogenans molt sagement 

Noveles enquiert et demande 

De celé roine d'Yrlande 
6905 Que li Galois quiert et désire. 

Mais la nel en set on rien(s) dire. 

Monsaignor Durmart regardoient 

Les dames qui laens estoient. 

Et Tune al autre consilloit: 
6910 »Cis est beaz chevaliers a droit.* 

La pucele de Roche-Lande 

De lui conoistre est molt en grande 



193 

^t Ict dame de Blanches-Mores 
69j^ ^^^ raiaint sor la marche des Mores. 
^^ ces n fu pris li toruois, 
^^'^oistre valent le Galois. 

«nans lor conseilla, . 

« dist il ^entendes cha, 
hevaliers tos blans armes 
li Galois est bornes, 
doit estre liez et joians, 
li pins beaz qni soit vivans, 
je vos di, qne sa bontés 
^ asses miez que sa bealtes.« 
t se snnt en pies levées 
II dames comme senees, 
font le Galois bel semblant, 
re Dnrmars passe avan.t, 
est a eles acointies 
e prens et bien affaities, 
s il n'i pnet gaires parler; 
T la fors mnevent por joster 
hevalier d'ambedonz pars, 
^e prent mesire Dnrmars, 

de la loge s'en issi 
li X chevalier assi, 
fors ont lor chevaz troves 
"^ covers et bien enseles. 

8 montent H X chevalier, 

^ \ ^^^"^^ ^^itost font les elmes lacier, 

escns prendent et lor lances, 
^^^ert sunt de lor conissances. 
e Dnrmars est montes 
haume hicie tos armes, 
^jA r%^^^^^ bnen cheval siet li Galois, 

Z" ^^s est covers blans comme nois, 
^^«intenant a son escu pris, 
*^cdens son cuer est tos espris 





y 



13 



194 

D'amors et de chevalerie, 

6950 Gant il a sa lance saisie, 

Son cheval fiert des espérons. 
Âpres lui point Guivres li Blons 
Et X vallet tôt apreete 
Qai portent lances a plante, 

6955 Pardevant le Galois coroit 
Cil qui le baniere . portoit, 
Li X chevalier vont après 
Qui de bien faire sunt engres. 
Et les puceles tote[s] dis 

6960 Â deu commandent lor amis. 
En la loge sunt demorees, 
Ja veront jostes et meslees. 
As fenestres sunt apoies 
Plus de VII XX dames proisies 

6965 Et plus de- trois C damoiseles, 
Les routes voient grans et bêles 
Qui chevachent por assenbler, 
Molt reluisent li elme cler. 

Devant les daines preraerains 

6970 Vient por joster mesire Yvains 
Tos covers sor I cheval sor. 
En chantel portet Tescu d^or 
A un vermel lion rampant, 
Tos est covers d'itel senblant, 

6975 De ses armes a lances taintes 
Plus de L a lions paintes, 
Cil qui les portent vont chantant. 
Et mesire Yvains vient devant 
L'escu pris acesmeement, 

6980 Sor firain galope cointement, 

Près de lor chevaliers s'aproche. 
Mesire Durmars poin^ et broche. 
Vers lui s'adrece, quant qu'il puet. 
Et mesire Yvains a li muet, 

6985 De grant ravine se requièrent. 



%> 



Î9», 



/r 



195 

Al aprochier bien 8*entrefierent, 
Si qu'il font percier les blasons, 
Les lances volent par tronchons. 
^^' Li chevalier n^ont pas hurte, * 
Demi arpent se sunt outre, 
Antres lances ont recovrees 
Que doi vallet lor ont donees. 
Voiant dames, voiant pnceles 
Fisent XXV jostes bêles, 
Cains n'i falirent ne reculèrent, 
N'onques ne se desaiwerent. 

Oeogenans muet por joster, 
Quant que' li cbevaz puet aler 
un des compaignons Twain, 
ien se treiierent tôt de plain, 
i qu'il ont lor lances brisies. 
Xiors sunt les jostes conmie^cies 
res des dames -a I arpent, 
a i ara tornoiement. 



►v^ 



*or joster maet mesire Eez 
^Entre II rens bien acesmez, 
ID'un drap de soie tos covers, 
^ons est as armes et apers. 
Xors le conoissent mainte gent 
^1 escu noir, al chief d'argent 
^^e mesire Eez porte bel 
^ar les enarmes en chantèl. 
As dyables le oommandoient 
"Tez m C qui venir le voient, 
Li piusor le heent de mort 
Qui le vorroient avoir mort; 
Car sovent dist grant félonie 
A ceaz qui ne li sient mie, 
Et si set bien en cort porter 



^^ 4er vers hat eine ailbe lu vîal. 



18» 



196 

7020 To8 ceas cui il vuet déporter. 

Mesire Eez avant regarde, 
Si voit lé Félon de la Garde 
Qui por joster vient d'atre part, 
Âl escn d'or al noir linpart 

7025 Le conoist bien li seneschanz, * 
D'ire et de maltalent est chanz; 
Car lui ramenbre del meffait 
Que cil li avoit piecha fait. 
Cant monsaignor Ee en sovient, 

7030 Vers lui s'adrece et cil li vient, 
Cant que li chevaz puet randir, 
As lances baissier et brandir 
S'entrevienent plus que le pas 
Comme cil qui ne s'aiment pas. 

7035 Bien se fièrent al apcochier, 
Si qu'il font les escus percier, 
Les Unces escligent et faingnent, 
Des cors et des chevftz s'enpaignent, 
Lor escus fendent al hurter, 

7040 Et lor helmes font enbarer, 
Li arcbon des seles froerent, 
Âmbedoi li cheval crevèrent 
Et li chevalier sUnt [ve]rse 
En la place tôt estone, 
c3: En grant "^piece ne se remurent. 

704G Plus de C chevalier corurent 
Por rescore le seneschal 
Et cors et escu et chevaL 

Mesire Durmars lor adrece, 
7050 Plains de vigor et de proece 

Vait tote la rote encontrer, 

Sa lance fait entors voler, 

III en abat a son venir, 

Outre fait le cheval bruir 
7055 En la grant presse de la route. 





197 

qu'il la tresperce trestote. 
lai fièrent al trespasser 
lus de XXX por lui grever, 
t li Galois soffre et endure, 
^^ ^^^or lui est la meslee dure^ 

aïs il s'en va bien descombraut, 
odis fiert et enpaint avant, 
irs poignent li X chevalier 
or monsaignor Durmart aidier, 
'S HDur^ment vienent enlaissie, 

^ZZihascuns tient Tescu enbracie, 
.or lances portent abaissies, 
assembler les ont brisies. 
'ote celé rote forscloient, 
"O •ZPant font, que le Galois descloient 

'entre les chevaliers delà, 
eogenans le fist bien la 
ISit tôt si compaignon ausi, 
Hilolt vienent bien corne hardi, 
lEt molt prisierent lor venue 
"Trestot cil qui Forent veue. 
J)evant les dames le fist bieû 
Tvains li fiez roi Urien, 
Tant tint meslee a ceas delà, 
Que monsaignor Ee remonta, 
Sor I bai cheval chastelain 
Qu'il ot gaaignie de sa main. 

Mesire Ees est remontes 
De lui vengier entalentes. 
Le Félon de la Garde voit 
Qui de remonter se penoit. 
Mais Kez nel laisse remonter, 
Ains le Vait del cheval hurter 
Si durement^ qu'il le rabat 
^^ Encontre terre trestot plat. 



k 



^ ^. for descloient. 



198 



Ja Teust pris et retenu, 
Gant al rescore sant venu 
Plus de IinXX chevalier 
Qui malgret sien li font laissier. 

7095 Li Fel de la Garde remonte, 

Maintenant vuet vengier son honte, 
Tantost fait lancier le cheral 
Par devant Ke le seneschal, 
Molt bien le quide retenir, 

7100 A ce qu'il voit sa gent venir. 
V» c 1 : Al irain le prent, vers lui le tyre. 
Une grans bataille désire 
Por Ke le seneschal grever. 
Plus sunt de IIIC bacheler 

7105 Qui tôt sunt venu a forclose. 
Et mesire Ywains qui bien ose 
I grant fais atendre et sofrir 
Commence mellee a tenir, 
Tos est enclos entre lor gent, 

7110 Trop demeure seurement. 

En la grant presse s'abandone, 
Cols i reçoit et cols i donc, 
Molt a sofert et endure. 
Entre lui et monsaignor Ke 

7115 Sunt trop enconbre et chargie. 

Atant vienent tôt eslaissie 
Cil del ostel le roi Artu 
Qui bien ont le meschief veu, 
Por rescore lor compaignons 

7120 Fièrent chevaz des espérons, 
Lor bataille est bien estendue, 
Tote serrée et tote drue, 
Porprent plus d'une arbalestree. 
La ot mainte enseigne levée 

7126 Et maint riche destrier covert 
Et maint buen chevalier apert. 
Gelé rote est et bone et bêle. 



199 

Arain.te manche de damoisele, 
Afainte iniiiuple et mainte entresaigne 
Vexssies en celé compaigne, 
Lel oi maint cler elme lacie 
Ëfc iDuaint riche escu enbracie, 
^^ti.^<^ oissies flajoler 
7^ -Efc imainte flahnte soner, 

-"^ol^t vienent aceemeement. 
■va. ot chevaliers plus de cent 
^^^^^■^i.'fc li pire, si com je croi, 
^'^^ide bien vaincre le tomoi. 
7j^ 8ô:»rx-e chevachent tôt de front 
^-'^^^ l&nces droites' contremont, 
^'^ <3irumt*il ont tant chevachie, 
j^^^^-^il sont près des rens aprochie, 
r'^^^^^^^ss laissent corre tôt ensenble 
«,, ^^ J^^ dtx:rement, que terre trenble, 
^^-■■"ti -vienent tost esperonant. 

,^ _^^:a ir^ Grawains vient devant 

mcelos del Lac après 

,_ ii li fiez le roi Ares 

^^^^gremors et Perchevauz 
7150 ^ =^:S^ec et Gales U Chaus, 
-ç,^*^^^c de Bogemont li preuz 
^ -^^^ngrevains li orguilleuz, 
j^ ^~^^^-Tes et Gaharies, 
j^. "^^^^^.res li petis et Gifles 
"^^^^ /ti ^ ""^K^^ulaz cil de la déserte 

«. :&t mainte proece aperte 

^^' ^T^ ^^^^esire Ydier li fiex Nu. 

^3unt tôt ensemble venu, 



^cuns vuet estre premerains. 
71^ ^_ "^^^int vient mesires Ga vains 

monsaignor Yvain rescore, 
.ii que li cheval puent core, 
devent tôt si compaignon. 
se tornent a esperon 



200 



7166 Gil delà qui joste avoient, 

Gant celé grant bataille voient 
Qui sor eaz devoit deschargier, 
N'ont cure de plus atargier, 
La place Toident erranment, 

7170 Molt s'en vont efiEree[e]ment. 
Mesire Yvains est demores 
Gomme bons chevaliers proves, 
Et il et Eez snnt revenu 
Issi, qu'il n'i ont rien(s) perdu. 

7175 Assez orent en lor blasons 
'Et fers de lances et tronchons, 
[Et] lor elme estoient casse, 
Et lor cheval alques lasse. *' 
A II valles II lances prisent, 

7180 El front de la rote se misent 
cheaz de la table reonde 
Qui sunt li plus vaillant del monde. 

Eu la, place ert li rois Artus, 
Grant pièce a, qu'il estoit venus, 

7185 Les commenchalles ot veues 
Et les premeraines venues. 
Si dist, que le blanc chevalier 
En doit om durement proisier, 
Por ce qu'il vint o pou de gent 

7190 Assembler si hardiement 

Et por ce, que il trespercha 
Tos ceas a cui il s'adreçha. 
Ge estoit Durmars li Galois, 
Mais ne le conoist pas li rois, 

7195 Si l'a blanc chevalier nome, 
Por ce qu'il le vit blanc arme. 
Li rois ne prisa mie envain 
Le bienfait monsaignor Yvain, 
Ains dist, qu[e] il l'avoit bien fait. 

7200 Mais n'en tenrai mie lonc plait 
De nomer tos ceaz qu'il proisa, 



201 
I^e de dire quant qu'il vit 1 

1^'ert mie seuz li rois Ârtus. 

Ains ot o lui contes et dus 

Et maint prince et maint vs 

Et maint chevalier de valor 

<jai sens armes sunt al torn 

Li rois sist sor I palefroi 

Qui molt estoit riches et gn 

Et beaz et fors et bien anb 

Molt valoit bien I bon destj 

JPor I grant taz de geot pe: 

Li rois avoit chainte s'espee 

Si ot nne chape affublée 

D'une riche color sanguine 

Qui tote ert forree d'ermine 

Sor son chief portoit I chaj 

De paons molt riche et mol 

Ëntor le roi a gens armées 

Qui portent maces et espees 

Cil se painent del roi garde 

Ne laissent pas sor lui foler 

 lui ne puet aprochier nuf 

Se ce n'est rois u cuens u ( 

n riches pers de haute hon 

U chevaliers de grant valor 

Les routes chevachent avani 
Molt se vienent entr(e)apro( 
Ja iert grans li tornoiemens 
Li rois s'areste al cors des 
Por la venue de sa gent 
Qu'il vuet veoir tôt plainem 
Ja vera les venues totes, 
Fieres et rades et estotes. 
Entre II rens n'est demores 
Nus hom qui soit (j[e mère 
Les banieres al vent baloiei 



202 

Et les batailles 8*entrevoient. * 

Lors vont assembler le tornoi 

7240 Cil de la maisnie le roi, 
Li bon chevalier defensable 
Qai sunt de la reonde table; 
Tuit ensemble poignent et brochent, 
Si près de ceas delà s'aprochent, 

7245 - Qn*il font lors cheyaliers fermir. 
Si Yos di bien, qu'en lor venir 
Sunt lor banieres desploies, 
Les escns pris, lances baissies 
Vont si dnremiiit assembler, 

7250 Qa*il font la chanpaigne trenbler. 

Li rois Ydier de^Cornoalle 
Muet a tote celé bataille, 
Il et li cnens de Duvelline 
Laissent corre de grant ravine 

7255 Et Brans de Morois ensement. 
Cil III muevent premièrement, 
A tôt rencontre s'abandonent, 
VC chevalier esperonent 
Qui de lor compaignie sont, 

7260 Lances baissies après vont 
Si tost, cum il puent aler. 
 toz ceaz muet a encontrer 
Mesire Gavains li cortois. 
Mesire Durmars li Galois 

7265 S'adrece a lui tos premerains,. 
Et il et mesire Gawains 
S'entrefierent en lor venir, 
Lor lances brisent al ferir, 
f258r'cl: Outre s'en vont sens arrester, 

7270 As graus batailles vont hurter. 
En la plante des chevaliers, 
Iluec adrecent lor destriers. 

Mont tost vient Lancelos li ber, 



203 

Cant qu'il puet le cheval haster, 
72*7 s S'adrece a trestos les venans 
La u mains a des conissans; 
Car le déport ne qniert il point. 
Li cuens de Daveline point 
L'esou vermel al cliief d'ermire 
'^^o Met en chantel par vigor fine, 
Et Lancelos vers loi s'eslaisse, 
Tôt maintenant sa lance baisse. 
Mont se sunt bien entrefem, 
Andoi sont percie li escu, 
^2BS Les esclices sunt haut volées 

Des lances qui tost sunt froees, 
Âl trespasser bien s'entretaignent, 
ûes escus et des cors s'enpaignent ; 
Mais Lancelos Ta si hurte, 
'•.Jo Qn'il la fors des archons porte. 
Li cuens de Duveline chiet, 
Or a mestier, c'on le reliet, 
^i compaignon Tout bien outre, 
Si Tout rescos et remonte. 
Lancelos met main a Tespee, 
fantost s'adrece en la meslee, 
iTent la bataille et ront la presse, 
-Avant s'enpaint, onque ne cesse, 
ȉi a outre les premerains 
Cjui devant lui murent orains. 



^or I riche destrier norois 
ATient tos covers Bruns de Morois 
Xjance baissie Tescu pris, 
X)'orguel et de fierté espris, 
Ht Saigremors li desrees 
S*adrece a lui tos abrieves, 
Un chantel portent lor escus. 
Des grosses lances as rois fus 
S'entrefierent près des mettons. 
Pot poi, ne vuedent lor archons. 



72t>5 



7300 



730& 



7;iio 



204 

Si durement s^entrevierent, 
Que trestot se desaiwerent, 
Mais les lances siint pechoies, 
Utre s*en vont resnes lasqnies, 
7315 Si se rafichent es estriers, 

Bien s*aferment sor les destriers, 
Chascnns se radrece endroit lai, 
Molt le vêlent bien faire andui. 

Li rois Ydier de GomoaiUe 
7320 Vient devant tote sa bataille 
Sor on cheval molt tost corant. 
Si ot escu riche et parant, 
D'ermine estoit frez et noveaz. 
En Fescu ot II lionceaz 
& 2 : De vermel sinople rampans, 
7326 Ses elmes fa clers et laisans, 
Tos estoit covers ses chevaz 
D'ermine a lionceaz vermaz. 
Durement s'adrece li rois 
7330 Contre Perceval le Galois, 
Et Percevaz tos eslaissies 
S'est contre le roi adrecies. 
Si tost com il vienent andui, 
S'adrece Percevauz a lui, 
7336 Si se fièrent des grosses lances, 
Les cleres alemeles blanches 
Font par mi les escus passer. 
En haut font les tronçons voler. 
Mais je vos di, que Perceval 
7340 Â abatu jus del Cheval 

Le roi Ydier par sa proece; 
Car il n'est hom de sa vistece. 

Iluec est grans li frosseis, 
Or recommence pogneis, 
7346 D'anbes II pars al assembler 
Veissies ces lances froer 



205 

Et ces escns percier et fendre 
Et chevaliers par terre estend 
Plus de X en [i] trebuchiereB 
De tronçons et d'espees fieren 
Cil qni lor lances ont froees. 
En mi le chaple des espees 
S'est Percevaz feras li ber, 
La ]i yeissies cols doner 
Et tranchier helmes et blason 
Et rescore ses compaignons 
Et ceas delà si envair, 
QnH] les fait arrière sortir. 
En mi la presse de lor gent 
Se combat si hardiement, 
Qne tôt abat et tôt cravente 
Et durement les espaente. 

Durement est bons li tornois, 
Et Percevaz li bons Galois 
Est en la grant meslee ades, 
Si compaignon li sunt si pre 
Mais bien sovent le vont per( 
Car il tresperce si avant, 
Que nus hom ne le puet siwi 
As grans rotes qu'il voit veni 
S'adrece sovent et menu. 
Cel jor li est si avenu, 
Qu'il venqui le tornoiement 
Molt bien et molt outreemeni 
Mais les dames n'i entendoiei 
Ne espérance n'i avoient 
Por la queste del saint graal 
Car il [ert] castes et loial. 
Se ce ne fust, molt bien creu 
Que son amor avoir deussent. 



ta. oreisBèni. 



206 



c 3 : D'ambedoz pars poignent et broeent, 
Al assembler fièrent et joignent, 
X grans batailles desroterent 
Qui de plain front s'entrecontrerent. 

7385 La veissies cheTas crerer, 

. Lances brisier, tronchons yoler 
Et maint escn frnindre et percier 
Et abatre maint cheyalier, 
La ot mainte janbe froissie 

7390 Et mainte chanole brisie. 
Ilnec assenble li tomois, 
Des lances est grans li effirois 
Âpres commence la tenchons 
Des espees et des tronchons. 

7395 La ot enseignes escriees 
Et banieres al Tent levées, 
Li tornois est riches et baens, 
N'i a déport ne dus ne cnens, 
lia prisoîst on poi le dangier 

7400 D'an fanz plaideor losengier. 

Âl tomoi vient li rois d'Escosse; 

Galehes de Comillon broche, 

Si s'adrece molt durement 

Âl roi et a tote sa gent, 
7405 Et li rois se radrece a hii; 

Lor lances brisent bien andni, 

Li esclic snnt en haut lancie. 

J^ tôt le tronchon alongie 

Est Galehes outre corus 
7410 Â ceaz qu'endroit lui a veus, 

Encontrer et fèrir les vait; 

De son tronchon si bel cop fait, 

Qu'il en abat un chevalier; 

Devant fait corre le destrier, 
7415 Si se radrece en mi le tas. 

Sor lui veissies maint esclas, 

Et mains tro[n]s de lances voler. 



207 



Il ne poist pas retorner. 
Ains fast ja pris, mes errQ,nment 
Li snnt vena tote sa gent 
Lances baîsaies tôt de front, 
Plus de II C cheTàlier snnt 
Qni tuit vont des lances ferir, 
Si qu'il ont fait en lor tenir 
7425 II grans batailles remuer 
Et Tune sor Vautre hurter. 
I arpent les mainent ferant, 
Et (ralehes chace devant, 
As armes le reconissoient 
74$o Li plnsor qui le regardoient. 
Ses escus ert tos frez dores, 
Si ert de synople frestes 
A un vermel quartier luisant. 
Cel jor voient bien li alquant 
^^ Sa justice et son hardement. 



Cl. 



^40 



Atant vient al tomoiement 
lii rois des Isles a grant rote. 
Sa bataille ^t fiere et estote. 
Bien i a m C chevaliers 
Xes escus pris sor les destriers, 
Xances levées, tos seres, 
Desos les elmes enclines. 
£t quant il sunt près del tomoi, 
Si chevacent a grant effi*oi, 
Xor lances alongent et bassent; 
Dt II grans batalles s'eslassent 
<îui tost lor vineot de randon, 
C'est li rois Bangos d'Avalon 
f!t li cnens Barndis de Galvoie, 
Cil siiBt andoî covert de soie, 
B et lor gens ensemble tienent. 
Lances baissiës molt tost vienent. 
En lor II rotes, ce sachies, 
Ot bien JQ C elm«s lacies. 



208 

7465 Ces II batailles desrengierent, 

Al roi des Isles s'adrecierent. 

Et li rois al encontre muet, 

Gan que li chevaz corre puet, 

Il et li riches rois Bangns 
7460 S'entrefierent sor les esens, 

Lor lances brisent, otre vont. 

Les escliches volent a mont, 

Lor batailles sunt assemblées. 

La ot tantes lances froees, 
7465 Que des tronchons et des escliches 

Et des encontres durs et riches 

Et de la friente de cheyaz 

Et de la noise des vassaz . 

Est li bruis et li tons si grans, 
7470 Que trestos en fremist li chans. 

Biefl le fait li rois d'Âvalon 

Et il et tôt si compaignon, 

Et li quens de Galvoie ausi 

Maint cop de s^espee i feri; 
7475 Mais fièrement les encontra 

Li rois des Isles qui percha 

Lors batalles en son venir. 

Si qu'il les fist auques fermir. 

Tôt si chevalier ensement 
7480 Assenblerent si radement. 

Qu'en lor venir chevaz crevèrent. 

Par mi II batailles hurterent, 

Si qu'il les remisent arrière 

Plus d'une traitie planiere; 
7485 Trestot desconfit s'en alassent, 

S'autres rotes n'es recovrassent. 

Li quens Galaus del Gaût-Destroit . 
Celé desconfiture voit, 
Lors lasse core tos oovers, 

7487 Galaus, oben 6659.Galaiis ; n und n sind beide mal g 



209 

Bien acesmes et bien apers, 
De plain eslais, son escu pris, 
S'adrece entre les desconfis 
^ : A chaus qui sor ces s'abandone, 

Sa lance pecoie et tronchone. 
^95 A cel poindre sens renfure[r] 
A fait n chevalier verser, 
Outre s'en vait Tespee traite, 
Bêle chevalerie a faite. 
Tantost sunt après lui venu 
750O Si compaignon qui l'ont veu, 

Et li quens de la Grant-Montaigne 
Comt après a grant compaigne. 
Ces n batailles recovrerent, 
Al roi des Isles assenblerent, 
^^ Hies foians fisent retomer. 
La veissies al encontrer 
Périr de tronchons et de lances 
£lt d'espees cleres et blanches, 
Ija ot mainte enseinge escriee. 
■^ Xi rois des Isles tint mellee 
A UI contes et a un roi; 
Xors laissent corre a grant desroi 
XI batailles por lui aidier, 
I^lus sunt de Vil XX bachelier, 
^ <3ui tôt assenblent a un bruit. 
Xa veissies maint arcon wit 
ï!t maint bel cheval estraier, 
Huec puet on bien gaaignier. 

ïn mi le grant tomoi plus dru 
^ Endroit la gent le roi Artu, 
Tient mesire Durmars melee, 
Sovent i refiert del espee. 
Quant il voit les rens esclairir, 
Adont vait de lance ferir, 
^ Maint chevalier i desconroie, 
Mainte grosse lance i percoie; 



14 



210 

Car a grant plante Ten donoient 
Li vallet qui de ce servoient. 
Molt set li Gralois bien joster 

7530 Et molt set Inen de lance en cl^ 
Et en la grant meslee dme, 
La Tait ferir d'espee nne, 
Lor bataille perce et desront; 
Laens se lance si parfont, 

7535 Qn'i le fièrent de totes pars. 
Bien le fait mesure Dnrmars, 
Cant il se Toit trop encombrer, 
Bêlement se set délivrer, 
GheTaliers estone et abat, 

7540 Par si grant vigor se combat, 
Qn'il senble bien apert^nent, 
K*armes ne li costent nient. 
Bien fait sa proece paroir, 
Plainement le puent veoir 

7545 Celés des fenestres amont 
Qui la sus en la loge sunt. 
IIUC sunt bien acesmees 
Dames et puceles senees, 

c 3: Molt en i a de bien proisies 

7550 Et de cointes et d'envoisies, 
les dames a cheyaliers 
Sachans d'armes et euToisies 
Qui les mostrent les bîenfiEÛsans 
Et les routes miez defendans. 

7655 Monsaignor Durmart le Galois 
Prisent les dames maintes fois, 
Le blanc chevalier le nomoieat 
Por ce, que son nom ne savoient, 
Assez i parolent ûe lui, 

7660 Et molt i regardent autrui. 
Teles i a, si com je croi. 
Qui lor amis ont al tomoi 
Qu'eles amoient par amors^ 



211 

Bien reconoissent les plnsors 
7^^^ Les goimples qu'elee ont donee^ 
Et lor manches qui sunt ridées. 
Celé qui voit sa guimple entire 
En son cuer commence a despire 
Celui qui le porte por li. 
7570 La sunt li mavais eschami, 

Qui bien le fait devant s'amie 
Miex en vaut sa chevalerie, 
Et qui le fait mavaisement 
Trop est eschamis malement, 
^^^ Por tant que s'amie le voie, . 
U por tant qu'de dire Toie. 
Tez i fu al matin âmes 
Qui fu al vespre renAises, 
Por ce qu'ai tomoi fti veus 
fjt de manaiste coneus. 

£2ncor en i a molt de teuz 

Oui les dames qoident molt preuz, 

Por ce qu'il lor font a croire 

Mainte chose qui n'est pas voire. 

I lor dient, qu'il font mervelles, 

£2t les chaitives ont orelles; 

^ais s'eles a tornoi alassent, 

Je ne quit pas^ qu'eles amassent 

liCs eoars beubanciers mavais 

Qui devant eles sunt criais 

for escorder si quident bien, 

Que cil ne lor mentent de rien, 

Ifais tôt cil ne sunt pas vallant 

Qui devant eles font beubant, 

Hecreans chevaliers vanteres 

Ceintes et coars et borderes. 

Oil tient de lui molt grant sermon, 

Oant il ne voit se mavais non, 

^^^ Mais quant il est entre les buens, 

Adont n'est mie li plais suens, 

14* 



e^S 



212 

Ains est tos mus et tos tapis, 
Por ce qu'il ne vaut nn tapis. 
Qui tel chevalier vuet amer 
Trop a son cuer nice et amer, 
f259r<^cl: Molt doivent bien estre reprises 

7606 Les dames qui la se sunt prises. 
Mais je quit bien avoir mespris, 
Cant j'ai cest afaire repris ; 
Car les sages bien entendans 

7610 Aiment les preuz et les vaillans 
Et les chaitives les chaitis, 
Ensi est.li siècles assis, 
Si le nos covient esgarder. 
D'autre chose m'estuet parler. 

7615 J)q\ tornoi vos dirai avant, 
Mesire Durmars i fut tant 
Que li plusor qui Tout veu 
Dient, qu'encore l'a vencu. 
O lui sunt li X chevalier, 

7620 Cil ne le vulent pas lassier, 
Ains le rescoent trop sqvent. 
Et li Galois molt durement 
Les va rescorre et deUvrer 
La u il les voit encombrer. 

7625 Les plus grans presses fait partir, 
Molt peut d'armes grant faiz soffirir, 
Badement cort a la meslee, 
Al ferir qu'il fait del espee 
Tient haut son escu devant lui. 

7630 »E! deus com cil l'a fait bien hui!« 
Dist li rois Artus qui le voit, 
»Je tesmoing et si di por droit, 
C'ainsmais ne vi un chevalier 
Nul jor a armes si manier. 

7685 Certes, molt volentiers saroie 
Qui il est, et se li donroie 



213 

De mon avoir à son talent, 
S'il voloit estre de ma gent.€ 
Si faitement prise li rois 
40 Monsaignor Durmart le Galois, 
Et tôt si haat baron qui Toent 
Durement le prisent et loent. 

Del tomoi voient espessier 
Et les grans routes desrengier, 
^64G Mains chevaliers molt bien le fait. 
Les dames en tienent grant plait, 
De la loge (la) u eles sunt 
Voient et aval et amont 
Et les iostes et les mellees 
SO Et la iplendor des espees. 

Les dames ont maint prisonier, 
St si ont maint riche destrier; 
Car qui cheval i gaaignoit 
TJ qui chevalier i prendoit 
^ ^s dames en faisoit présent 
£t as puceles ensement. 

Tulas de la déserte est pris 
£t il et Mordres li petis 
Trestos montes sor lor chevaz, 

^ Ausi est Eez li seneschaz. 
^ In chevalier as X pucelles 
Les envoient lor damoiseles. 
Cil troi sunt en la loge entre 
Devant les dames tôt arme, . 

* De lor haubers sunt chamoisie, 

As fenestres sunt apoie- 
Deles celés qui lieuz lor font. 
Por poi, que Eez de duel ne font 
De plusors mos qu'il ot la dire, 
^ Les unes voit juer et rire, 
Les autres ot d'armes parler. 
Tôt ce faisoit Ee forsener. 



214 



7680 Bien sai, q -^ toto, 

Blesditoieut'» ^. 

Que ca atoit ^ 
Î5e s'en poTO^t «e^ ^^ ^^à^ 
7685 Et « *^*''''LL a col esten*^ 

Qa il ne V ^tatini ; 
Celui ote8 vos ^^^t, 

®^" '-^tn^ît a «on garant- 

Avons ja de Vor » ^^^,^«68, 
^«^ '^^^ "^rertnontees.- 
7695 De ce qne^ ^,^^ ^^^^ 
Onqx^es *f«^%\^ea et rient 
Ains en 3^e«\*J VtraUent. 

^* ^'^^ 'tlmes vont pariant, 

^"' tliÏÏ vont esçessant. 
„oo Les mesiees v 

. est bons et estabies, 
Li tornois est ^^^es, 

Cil qui sunt ^^^\.^^, grande 
Par force et par ^ ^^^^^^^ 

7705 Yuelent cbaus a 

'''' 1 çoi fo-t ^r" t B^ancbes-Mo: 

Ceaz qui ««^\f;'X des Mores, 
Lors cbevace ^^^^ 
a: feit ses araines sou 



Lors cbevace nj-^ 
Si fait ses aravnes sou 



215 

Et ses grans banieres lever. 
En sa rote a contes et dus, 
Plus i a de VII G escus, 
Lor elme luisent et j9.amboient, 
Lor banieres al vent desploient. 
La veissies maint grant cheval 
Govert de soie et de cendal, 
De loins perent les conissances, 
Ce senble une forest des lances. 
La a molt de bons chevaliers 
Qui sunt monte sor bons destriers, 
D'un front s'en vienent tôt serre, 
Les escus pris, tôt ordene, 
Et si ne se desroient pas, 
Ains chevacent le petit pas, 
Devant le roi sonent frestel * 
Et flahutes et chalemel. 
Et des flajoz et des vicies 

I sunt les mélodies bêles. 

Sor I grant cheval siet li rois. 
Si est trestos covers d'orfirois. 
Ses armes sunt totes dorées 
A aigles d'azor eslevees, 
Ses elmes est d'or corones 
JËt de pieres estinceles. 

Molt a li rois grosse bataille, 

II ne vuet mie poindre a falle. 
Tôt outre le tornoi s'en va 
Por desconfire ceaz de la ; 
Cant il a le tornoi forcloz. 
Maintenant muet les grans galos. 
A lui muet li rois d'Orcanie 

A tôt molt grant chevalerie 
Et li rois qui tient Ben[e]uic 
Et li riches cuens d'Evuric 
Et li quens Briains d'Arondel 
Sor un ferrant cheval isnel 



216 

Et li quens de la Blanche-Liande. 
Chacuns de ceaz a rote grande, 
Bons chevaliers a en chascnne, 

7760 De V batailles ont fait une 
Por le roi des Mores grever, 
Trestot vont a lui assembler. 
Li rois des Morefi set molt bien, 
Que nus depors n'i vaura rien, 

7766 Tex V batalles voit venir 

Que ja voront del sien tenir, 
n lor adrece le destrier. 
Et il et tôt si chevalier 
Vont assenbler a ces V rotes 

7760 Qui de plain eslain vienent totes, 
D'anbes II pars li'plusor trenblent 
Lances bàissies tôt assenblent 
Si durement a un efirois, 
Que Ton puet oir les escrois 

7766 Bien près d'une liue pleniere. 
Gelé assenblee est dure et fiere, 
Lances i volent par asteles, 
Fraignent arcon(8) et brisent seles. 
La veissies al assenbler 

7770 VC escus de front hurter. 
Maint elme veissies quassier 
Et maint cercle rompre et frossier. 
V® c 1 : La ot maint cheval espale 
Et maint chevalier estone, 

7775 Jus de son cheval abatu, 
A la terre tôt estendu. 
Si vos di bien, qu'ai redrecier 
N'ot mie chascuns son destrier, 
Onquemais plus dure venue 

7780 Ne fu a 1 tomoi veue. 

Li rois des Mores est corus 
7770 Ml. esous escus. 



217 

La u voit ceaz delà plus drus, 
Al conte d*Arondel hurta, 
Si qu*il tôt le desaiwa. 
Gant il a, brisie sa lance, 
En la presse bruist et lanc«, 
Tantost jeté jus le tronchon, ^ 
Del espee fiert a bandon. 
Molt est li rois de fier talent 
Et molt le fait hardiement, 
Sovent se voit al frain hauper. 
Mais nus ne Ten poist mener; 
Car bien le rescoent sa gent. 
La veissies espessement 
Chevaliers meller et ferir 
Et grosses batalles venir. 

B^anbesdoz pars li ren frémissent, 
Les espees cler retentissent 
Des coz que li chevalier douent, 
Li elme tintent et resonent 
As durs encontre perilloz 
Dont li alquant sunt angoissoz. 
La est li tomois bien férus. 
Tant i a haus homes venus, 
Que de la noise des barons 
Et des hurteis des blasons 
Et des araines et des cors 
Est li bruis et li tons si fors. 
Que la place en trenble et respont. 
Al corre que li cheval font 
Senble bien, que la terre fonde. 
Tôt cil de la table reonde 
S'adrecent a celé meslee 
Les escus pris de randonee. 
Tôt entor a forclos en vont, 
Ceaz outrent qui devers eaz sunt 
Et des atres VC u plus. 



818 



Mesire Gayains est coms 
Devant la rote to* premiers, 

7820 En mi le tas des cheTaliers 
Fait le cheyal si tost aler, 
Qu'il en abat II al hurter. 
Parfont se met en la meslee, 
Il fiert del poing et del espee, 

7825 Del cors bmist et del cheval. 
Uuec veissies le vassal 
Et colz doner et colz so£Erir, 
Sor lui oissies retentir 

c 2 : Le fust et le fer et Tacier, 

7830 .Sovent se voit al frain sachier; 
Mais il ne se dai(s)gne esbahûr, 
Ains lance avant par grant air, 
Si fait semblant, qae loi n'en cballe, 
En la grant presse fiert et malle. 

7885 Iluec est mesire Gavains 
Férus et botes et enpains. 
Cil del ostel le roi Artu 
Sunt après lui si tost venu, 
Qu'il ont le tomoi remue 

7840 Plus de plain arpent mesure. 

Les rotes qu'il troevent plus drues 
Ont trespercies et fendues, 
Trop malement desaivrerent 
Tos ceas a cui il's'ajosterent, 

7845 Le roi des Mores et sa gent 
Toment de la place, erranment. 

Grans est li cris et la huée, 
La desconfiture est levée. 
Maintenant vont haper as frains 
7850 Cil qui convoitent les gaains. 
La ot tire, la ot sachie 
La ot maint cheval gaaignie 
Et maint baron pris tôt monte. 
Cil s'enfuient tôt efi&ee 



219 

7855 Qui devers Blanches-Mores sont, 
A esperon nïolt tost s'en vont 
Tôt desconfit en tel manière, 
Quant Glamador de la Bmiere 
"Vient al tomoi tos acesmes, 
7860 Hardis et fiers et bien montes 
Sor grant cheval fort et isnel. 
Devant son piz tient en chantel 
Ij'esca vert a la fasse blanche, 
Si ert orlez par connissance 
78es D'une vermelle enbordeure, 

ïlndroit la grant desconfiture 
Pait adrecier lui et sa gent 
De plain eslais molt durement. 
Xes desconfis a bien outres, 
r87o <)eas qu'il ohacent a encontres, 
Joins en Tescu, sa lance basse 
-Â. tos ceas qui vienent s'esla88e(nt). 
Al ferir de lance abati 
I chevalier tôt estordi, 
^ II en a fait voidièr les seles, 
^a lance vole par asteles. 
Le cors et le cheval adrece 
En la presse par grant vistece. 



rs^o 






Tant de chevalier le ferirent, 
Por*un poi, qu'il ne l'abatirent; 
Mais par grant vigor se retient, 
Tote sa rote après lui vient. 
Bien i a UI G bachelers 
Lacies les elmes drus et clers. 
Apres Glamador s'eslaissierent. 
De lances et de tronchons fièrent, 
En lor venir ont abatus 
L chevaliers et plus. 
Hoc est la chace. arrestee, 
^^ Glamador est en la meslee, 
Si commence d'armes a faire, 



220 

Mais il ne pnet mie défaire 
. Tote la chace, ce sachies, 
Ains est trop durement chargies. 
7896 II et sa gent on[t] trop perdn 
Se d^atmi ne sont sacom. 

Mais Galehes de Comillon 
Et il et tôt si compaignon 
Gorent por Glamador rescore. 

7900 Gant que li bons chevaz pnet core 
Vient Galehes devant sa gent, 
Outre sa baniere I arpent 
Est alez de lance ferir, 
Si qu^il abat en son venir 

7905 I chevalier fors des archons. 
Sa lance vole par tronchons. 
Et Galehes s'adrece avant 
L*espee nue paumoiant, 
Tost fait core le cheval sor 

7910 Vers la baniere Glamador, 

Geaz devers lui vuet bien otrer; 
Gar il ne vuet mie foler 
Par mi ceaz qui devers lui snnt. 
Si chevalier après lui vont, 

7916 Mais il est si avant coros, 
• Qu^il est de X lances fems, 
Ains que sa gens lui soit venue. ' 
Galehes tient Tespee nue, 
Si ne fait pas sembknt ne chiere, 

7920 Qu'il velle retomer arrière. 

En la grant presse fait lancier 
Et cors et escu et destrier. 
Lors se combat molt fièrement. 
Ne le fait pas doteusement. 

7925 Tant a sojffert, tant a féru, 
Que si compaignon sont venu 
Molt durement a esperon, 
A I bruit crient Gomillon, 



221 

Tôt ensenble de randonee 
79êO S'adrecent en la grant mellee, 
fixèrent et chaplent et borissent, 
Les rotes fendent et partissent. 

lilolt sont yenn estontement, 

IMais bien les encontre et atent 
^35 Li rois des lUes diantre part, 

Ne le truevent mie coart 

ISAais hardi et chevaleroz. 

^ers Im a chevaliers si prouz, 

Qu'il osassent bien envair 
*0 II tans d'antre gent et soffirir. 
^ = Or sont ensenble près après 

lEt Glamador et Galehes, 

X!t lor banieres et lor gent 

ICiolt le font bien apparanment, 
^ 3!ndroit eaz ont fait le tomoi 

^Ârrester et tenir tôt coi, 

IS^e le puent pas tôt achaindre 

^e toz ceas qu'il chacent destraindre. 



^O 



Derrier lor dos en mi les chans 
Est la desconfiture grans; 
(Car) Mesire Galehes chacoit, 
Et mesire Tdier le siwoit, 
Et Lancelos s'en vait corant 
Par mi les batalles hurtant 
Et Sagremors et Galehes, 
Des espérons brochent après 
Tôt cil de la reonde table 
Qui trop sunt dur et defensable. 
, Li rois des Mores s'en aloit 

^^ Il et li quens del Gaut-Destroit 
Et li quens Brandis de Galvoie, 
Cil troi se sunt mis a la voie 
Et totes lor gens autresi, 
Molt fn dolans qui la chai. 



222 

7966 Quant mesires Dannars parchoit, 
Que cil deTers coi il astoit 
S'en yenoient si fidtement, 
D tient tôt coi, et si atent 
Chans qni la vienent bruissant. 

71)70 Grosse lance cler fer tranchant 
Tient li Gralois en sa main destre, 
Devers son escn a senestre 
Laisse les desconfiz passer. 
Tantost s'adreoe a encontrer 

7975 A toz ceas qni vienent. dhancant, 
De plain eslais en adrecihant 
S'adrece as gens le roi Artn 
Tôt droit, en mi le tas pins dm. 
Al hnrter abat Saigremor 

7980 Et le vallet al cercle d'or, 
En III pièces vole la lance, 
Et mesire Dnrmars s'avance. 
Si s'est en la presse lancies, 
Molt i fa enpains et chaqnies, 

7985 Ja sera pris et retenus, . 
Si n'est erranment secorus. 

Por U aidier poignent ensemble 
In X chevalier, ce me senble, 
En la grant presse s'abandonent, 

7990 Maint cop i rechoivent et donent; 
Mais trop alerent a meschief. 
N'en poissent venir a chief 
De monsaignor Durmart rescore, 
Quant Briins de Morois laisse core 

7996 Sor I riche destrier molt bel 
Fort et hardi et molt isnel. 
c2: Devant sa baniere s'en vient. 
Par les enarmes l'escu tient. 
Quant que chevaz l'en puet porter, 

8000 Vait as chevaliers assembler. 
Gant il a sa la lance brisie, 



223 

» • 

Tantost a Teapee enpoignie, 
Parfont s'est en la presse miz 
Comme bons chevaliers esliz. 
^5 »Morois,« s'eserie hautement, 
Sa rote vient molt durement, 
Bien i a Vil Xî cfaevaliers, 
Jones bachelers et ligiers, 
Trestot se fièrent a un fsAa 
^^O Su la presse de plain eslais, 
Fendent et percent les conrois. 
La le fait bien Bruns de Morois; 
Oe li doit on en bien retraire. 
Qu'il ot en bones gens afaire, 
^ IN'onques por oe ne s'esbahi, 
IMais tôt ades lor envai. 

-Eiancelos par grant estoutie 
lît par sa grant chevalerie 
^A fait remonter Saigremor 
■^ Ht le vallet al cercle d'or. 
Tins chevaliers en icel point 
^pres le roi des Mores point, 
^La) U il Tataint, en haut li crie: 
>Rois des Mores n'en fues mie; 
Car vos en seres trop blâmes. 
Oentiex sire, quar secores 
Brun(s) de Morois, voetre neveu. 
Le bon chevalier et le preu. 
Par mon chief, se vos retomes, 
*^^ Tos li tomois iert recovres.* 



Li rois des Mores retorna, 

Tote sa bataille arresta 

Li quens del Gaut-Destroit guenchi 

Et li quens de Galvoie ausi. 

Ces m batalles e^eronent. 



^E5 



«û^^ 



re secores. 



224 

Tronpes et araines i sonent, 
A ceas qni chacent vont hurter, 
Si qn'il les vont tos arrester. 
Telz a chacie qui tient tôt coi, 

8040 Adont yeisfldes bon tomoi: 
X batailles snnt retomees 
Les banieres en haut levées, 
Par si grant air recovrerent, 
Qne tote la chace arresterent. 

8045 Maint cheyalier par terre estendeiit 
Et maint escu percent et fendent. 

In quens Enor de Dnyeline 
Cil vient de si tresgrant ravine, 
Qu'il desaine chevaliers; 

8050 Car il estoit bien costumiers 

D'un grant faiz enprendre et sofrir, 
Et bien savoit son miex veir. 

c 3 : N'ert mie ses escns entiers, 

Qu'ai tomoi vint o les premiers 

8055 Et tote jor i ot este, 

N^onques n'i ot son elme oete, 
Molt le fist bien; quar preuz estoit 
Et mainte bone teche avoit; 
Car il estoit larges et frans 

8060 Et debonaire et desduisans. 
Assez avoit de bien en lui. 
Mais parler nos covient d'autrui. 

Tos li tomois est asenbles 
Et bien férus et bien melles, 

8065 N'est pas en I lieu arrestans; 
Car en mains liex aval les efaans 
Fu molt mistes li chapleis 
Et des lances li froisseis. 
Et les chevaz molt encombroient 

8070 Li tronchon qui par liex gisoient. 
Les mellees sunt grans et drues, 



225 

De tronchons et d'espees uaes 
' S^éntrefierent menuement, 

La a molt grant espessemeut. 
S075 De la famée des chevaaz 

Xorble li airs et li solauz, 

X3e loins senble, qae li pais 

Soit tos eubrases et espris. 

Les espees suut teutissaus 
^®0 Sor les elmes clers et luisans, 

Li cercle frossent et desrompent, 

Cornent et businent et tronpent 

Oil qui de ce servent le jor, 

La at d'armes grant resplendor. 

Dn mi la presse des barons 
£n la plante des confanous 
ïluec est mesire Dormars, 
De lui dient d'anbes II pars, 

<iue c'ert I de ces entresait 

<i\ù tôt [l]e jor Tavoit miex fait; 

€ar longement fu en Tester, 

Maint bel encontre fist le jor. \ 

Puisque li tomois commencha, 

Plus de II liwees dura 

Si grauz et si chevaleroz, 

Que bien i couut om les proz. 

Tôt assemblèrent li conroi, 

N'onques ne vit om a tornoi 

Manière de chevalerie 
^ Qui la ne fust cel jor fornie 

Et de combatre et de joster 

Et de forclore et d'encontrer 

Et de fuir et de chacier 

Et de perdre et de gaaignier, 

Bel ataindre et bel demorer, 

Bien soJBfrir et bien recovrer, 

Bel assenbler et bel partir. 

Tôt ce puet om iloc veir, 

15 



>o 






^o^ 



226 

Ne me vuel ore pas mesler 
8110 De tos les bienfàisans nomer; 
Car qui tos les vos nomeroit 
Trop grans ennuis vos senbleroit. 

Li tornoiemens dure tant 
Qu'il est près de solial cochant 

8115 D'anbes II pars sunt molt grève, 
Li plus preu sunt li plus lasse. 
Al vespre est li tornois espars, 
Lors s'en revont de maintes pars 
Et les rotes et les banieres 

8120 Et les gens de plusors manières, 
Chascuns a sa voie acuellie. 
Tôt droit vers sa herbergerie. 
Li jugeor sunt en effroi 
Liques a vencu le tornoi, 

8125 De monsaignor Durmart disoient 
Li plusor, qu'a lui se tenoient. 
N'est pas fines li jugemens, 
Ains s'acordent de tos lor sens 
Li un a monsaignor Gavain, 

8130 Li autre a monsaignor Yvain, 
Maint en vêlent doner le pris 
A Lancelot, ce m'est avis. 
Et a Percheval le Galois, 
Et li alquant Brun de Morois. 

8135 De Galehet de Cornillon 

Sunt li plusor eu grant tenchon, 
Del roi des Isles ensement 
Font li plusor grant parlement. 
Chascuns i a rauienteu 

8140 Ce qu'il a endroit soi veu, 
Cel jor ne sot on pas de fi 
Qui le tornoiement venqui. 

As ostez vont, il n'i a plus, 
Lors s'en torne li rois Artus, 



227 

Cant il' en voit la gent partir. 
A Roche-Lande- vont gésir, 
Par devant lui en vont sa gent 
Les banieres droites al vent, 
En sa rote avoit maiut escu 

^o Tôt depecie et tôt fendu 

Et maint elme tôt enbarre 
Et maint visage dehurte. 

^ Li rois se prent a esjoir, 

Ne se puet de parler tenir, 

^ss Cant il voit sa chevalerie 

Par cui il maintient saignorie. 



»Dex,« dist li rois a Saigrerpor, 
»Com est riches de bial trésor 
Qui bons chevaliers a o lui! 
JMolt riches et molt ni an ans sui; 
Quar j'ai les millors chevaliers 
Que puist avoir rois ne princiers. 
Ja vers eaz ne tenrai avoir; 
Clîar rois ne puet onor avoir, 
Se de chevaliers ne li vient, 
^uant del roi Daire me sovient 
liai les chevaliers avilla 
Ht les vilains tos ensaucha, 
jVIolt sui joians, quant on me conte, 
Qu'il en fu mors- viement a honte. 
Il ensaucha sers et vilaius, 
Et cil Tocisent de lor mains ; 
Mar avilla lai chevaliers. 
Rendus l'en fu ses drois loiers. 
Molt doit on riche home blâmer 
Qui chevaliers ne vuet amer.« 



sieo 

2 : 



>o 



O 



^7.*^ 



»Sire,« ce respont Saigremors, 

»Dex nos guarisse vostre cors; 

Car vos âmes les chevaliers 

^ Et molt lor dones volontiers. 

15* 



228 

6e ne vos en losenge mie; 

Car ce n'est pas losengerie, 

S'on dist le bien, quant on le Yoit; 

Car on le doit dire par droit. < 

8186 A. sa gent vait li rois parlant, 
Si se desdoit en cheTachant, 
Par devant Ini est trespassez 
Mesire Oavains tos armes. 
Li rois Tapele et il i vient, 

8190 Sor Tespale son bras li tient, 

^Comment vos est fait il »beaz nie8?« 
»Sire, tos sui sains et haitie8,< " 
Fait mesire Gavains errant, 
»Mais molt aloie ore pensant 

8195 A cest tomoi qui si bons fn. 
Moi senble, que tôt Ta vencn 

I chevaliers trop beaz armes 
De blanches armes acesmes. 
E, dex! cnm il est vigeroz 

8200 Et sages et chevaleroz - 

Et fors et poissans et hardis! 

II a hui fait, ce m'est avis, 
Molt de chevaleries bêles. 
Li chevalier as X puceles 

8205 L'ont al tornoi molt bien servi. 

Je me tien a fol esbahi 

De ce, que je n'ai demande 

Del chevalier la vérité 

Qni il est et de quel pois. 
8210 II aroit del tomoi le pris. 

S'il estoit sor moi a jugier.* 

»A!« fait li rois »del chevalier 
Voloie je parler sens falle. 
Je ne vi hui grosse batalle 
8216 Ne rote la u (il) s'adrechaist, 

Qn'il nel fendist et tresperchaist.< 



229 

Ensi parloient d^nn et d 
Tant qu'il sunt venu al 
Cant li rois Â.rtns desce: 
Lors fa asses qui le ser\ 
Mais a ceste fois nos tai 
Et del roi et de ses bar 
Assez i ot joie et desdui 
A Roche-Lande celé nuii 

Mesire Durmars s'en ala 
As Blanches-Mores par ( 
Ensenble o les X chevali 
Qui lor escus n'ont pas ( 
Cant il sunt a Tostel vei 
Lues erranment sunt des 
Maintenant se font desai 
Puis vestent robes a par( 
Molt bêles et molt envoi 
Bien ovrees et bien tran 
Cil de ostel les tables m- 
Si vos di bien, qu'il s'en 
Del bien servir al miex 
Chevalier et puceles levei 
Tantost s'asient al soper. 
liors veissies mes aporter 
L'un après l'autre plaisa: 
Bien sunt servi et largei 
De riches mes et de bon 
De chandelles et de torti 
I fu molt grande la clar 
Et quant li mangiers fu 
Tantost sunt les tables o 
En séant ont lor mains 
Le vin font aporter, si b 
Bien sunt servi, si cum i 
En l'ostel oissies chanter 
Et sons et notes vieler. 



2S0 

Par la cite a molt grant joie, 
Tote la vile reflanboie 

H255 Des luminaires qui cler sunt ; 
Del un ostel al autre vont 
Li chevalier par mi ces rues; 
Molt sunt les presses fors et drues, 
Cant li uns vait Tautre veoir. 

8260 Maint cierge veissies ardoi^ 
Et mainte chandoille porter. 
Mais trop aroie a deviser, 
Se je disoie tos les nons 
Ne des contes ne des barons 

8265 Ne quel ostel chascuns tint la. 
Mesire Durmars s'aais^ 
Al ostel les X chevaliers 
Qui molt Tonorent volentiers, 
Al cochier ont et fruit et vin, 

8270 Dormir se vont dusqu'al matin, 
Qu'il voie[u]t le jor bel et cler. 
Et quant il est tens de lever, 
f 261 r^ c 1 : Lors se font chaucier et vestir, 
Al mostier vont la messe oir, 

8275 Puis repairierent maintenant, 
Si se disnerent en séant 
Sor frois joinz noveaz apôrtes, 
Poucins ont tenres, bien lardes 
A vert jus qui de roisin fu. 

8280 Cant il ont mangie et beu 

Ligierement sens trop chargier, 
Lor armes font apar illier, 
Les chances de fer ont lacies 
Qui sunt blanches et bien mal lies, 

8285 Molt s'arment bien et cointement. 
Tôt sunt acesme richement. 

Monsaignor Durmart acesmerent 
Les X puceles qui l'armèrent. 
Il a blanches armes no vêles. 



b. 



231 

Si vos di, que leÊf X puceles 
Sa ventalle molt bien li lacent, 
Chapeax de roses li atachent 
Par tote sa cote a armer, 
Ne pas n'i vulent oblier 
Les covertures de! destrier, 
Ains i font chapeaz atachier 
L'un après Taiitre espessement. 
Et par tôt Tescu ensement 
Sor blanc dyaspre tôt novel 
Sunt bien atachie li chapel. 
Li elmes est tos frex dores 
Et par deseure est corones 
De vermelles roses molt bêles. 
Bien acesraerent Jes puceles 
Monsaignor Durmart le Galois; 
Car Geogenans li cortois 
Très hui matin lor devisa 
Et docement lor commanda. 

Par les ostez de la cite 

Se sunt li chevalier arme, 

Tôt sunt monte et tôt s'en issent. 

Par mî ces grans presses bruissent 

Cil as grans destriers vigeroz 

Qui del issir sunt desiroz. 

Mesire Durmars li vaillans 

Et mesire Geogenans 

S'en issent fors a la champaigne, 

N'ont pas enniose compaigne; 

Car les X puceles i sunt. 

^ Si vos di, .que tôt chantant vont 
Les puceles et lor ami 
Et mesire Durmars ausi. 
Asses tost en la place vienent, 
Pardevers Blanches-Mores tienent, 

6 Et cil delà et cil decha 
Sunt en la place venu la. 



282 



En la loge se rasenblereut 
Les dames qui del pais erent 

c 2 : Et les pnceles autresi, 

8330 Chascune a ja son lien choisi, 
As fenestres se vont rengant 
L'une deles l'autre apoiant. 
La fors en la ehàmpaigne voient 
Les cleres armes qui jBamboient 

8335 Et les bauieres ventelans. 

Des rotes est covers li chans, 
Tôt sunt arme li chevalier, 
N'i a fors des elmes lacier 
Ja sunt monte sor lor chevaz. 

8340 Mesire Kez li seneschaz 

Vait as X chevaliers parler, 
Briement vuet sa raison conter, 
A Geogenant s'aresta 
»Sire« dist Kez ^entendes cha, 

8345 Vos presistes ier al tornoi 
Tulas de la Déserte et moi 
Et Mordret le petit ausi, 
Por nos III sui je venus ci, 
Se nos dites sens demorer, 

8350 En quel point nos porons finer. 









■.ii3 



Greogenans a respondu: 
» Certes, bien vos ai entendu, 
Sire, seneschal de Bertaigne, 
Ja n'en ferai longe bargaigne, 

8355 Bien sai, que je de vos aroie 
Grant raencon, se je voloie. 
Vos estes riche home tôt troi. 
Mais por vostre saignor le roi 
Qui tant aime la bone gent 

8360 Vos clain je quite bouement. 
Si que ja rien(s) n'i perderes.* 



»Grans merci, sire,« ce dist Kez, 



233 

»0r me nomes le cbeyalier 
Celai qui si bien le fist hier 
Et qui fa acesmes tos blans.« 
»Certes,« ce dist Geogenans, 
»G'est li plus preaz de son eage 
Qui pnist parler de nal lengage, 
C'est cil qui Roche-Brane priât 
Et qui Creoreas conquist, 
Durmars li Qalois a a nom, 
Bien doit estre de grant renom; 
Car il est molt et bons et beaz. 
C'est cil a ces vermauz chapeaz 
Sor cel destrier côrant et aspre 
Qai covers est de blanc diaspre.« 

Mesire Kez sens plus targier 
Se vait del Galois acointier, 
IMainte chose li présenta, 
îlt li Galois l'en mercia. 
Atant s'en part li seneschauz, 
Si s'en rêvait pardevers chauz 
Qui devers Rochelande sunt. 
Li chevalier as elmes vont, 
D'anbes II pars les ont lacies. 
Sus en la loge ce sachies 
Sunt les dames et les puceles, 
Cel jor en i a molt de bêles. 
Les rotes voient chevacier 
Et l'une vers l'atre aprochier. 

Avant se traient les conpaignes, 
Ja sera li tornois estraignes, 
Cil del ostel le roi Artu 
Cbevachent molt sere et dru 
Le petis pas, les escus pris. 
Devant les atres se sunt mis 
Tôt ensenble li compaignon, 
8i qu'il n'i a se lor gens non. 



234 

• 

Molt ont grosse batalle et bêle.. 

8400 Mesire Dnrmars en apele 
Geogenant, se li mostra 
»Sire€ dist il »qai sunt cil la 
A tant d'enseignes baloians?« 
»Par mon chief,€ dist Geogenans, 

8405 »Cil qui la vienent a conroi 
Sant de la maisnie al bon roi 
Qui Tonor del siècle maintient. 

»Gele baniere qui la vient, 
Cale blanche al vermel quartier 

8410 C'est monsaignor Gavain le fier, 
Et c'est la mesires Gavains 
Qui la vient o les premerains; 
Cil al escu d'ermine après 
Ce est ses. frères Gahares, 

8415 Cil d'argent a vermauz aiglies 
C'est lor frères Gaharies, 
Et ce est Mordres li petis 
Cil covers al vermel samis 
Qui sor argent est faillolee. 

8420 Telz ITII XX en i vees 

Qui tôt ont les elmes lacies 
Dont mesire Gavains est chies, 
Molt l'aiment cil de sa contrée. 

»Cele autre baniere dorée 
8425 A cel vermel lion ranpant 

N'est mie sens saignor vallant; 
Car elle est monsaignor Yvain 
Qui de bonté a le cuer plain. 
Tote celé rote a lions 
8430 Que nos si plainement veons 

Conois je bien molt grant piecha, 
Certes bon chevalier i a. 
De tos ceaz vos sai je bien dire, 
Que mesire Yvains en est sire. 



236 

»Cele autre baniare a argent 
Qui contre le solel resplent, 
III bendes vermelles i sont 
Qui totes III enbellin vont, 
C'est la baniere Lanzelot. 
Si vos di bien al autre mot, 
Que tôt cil as escus bendes 
Que vos en sa rote vees 
Sunt jovencel de son parage, 
T^e n'i a nnl de grant eage. 

>L'enseigne de vermel cendal, 

C'est la baniere Perceval 

Qui molt est plains de grant vallance, 

Cil quiert le graal et la lance 

Dont je ne vos sai dire rien ; 

Mais Perceval conois je bien. 

»Cele baniere en hait drecie 
D'or et de vermel losengie, 
C est monsaignor Erec le sage 
Qai nez est de roial linage. 
Il prist une povre pucele, 
Por ce qu'il le vit jone et bêle, 
Et s'est Erec molt riches hom 
Et fiez a roi de grant renom. 
Ce est il la que vos vees 
Qui si est ore haut montes, 
Cil a ces armes losengies 
D'or et de vermel envoisies. 
Tôt cil as escus losengîes 
Que je voi ilidfiz lai rengies 
Sunt chevalier de son pais 
Qu'il a toz fais et tos noris. 

»Ces noires banieres parans 

As chies d'argent resplendissans, 

Celés sunt Ke le seneschal. 






/:-' 



236 

8470 Je le voî sor un grant cheyal, 
De ses armes est acesmes, 
Ce est iloc mesires Kes 
Cil qui la vient devant s» gent 
Al escu noir al chîef d*argent, 

8476 Et cil qui porte el ehief devant 
Le vermel Koncel corant 
Ce est ses nies li Lais-Hardis 
Et ce est iloc Brans de Lis. 
Cil uoirs qui d'argent est frètes 

8480 Est Saigremors li desrees, 
C'est cil as armes gironees 
D'or, de synoples eslevees. 
Cil d'argent al vermel lion 
A celé rue de paon, 

8485 C'est Engrevains li orguilleuz. 
Mesire Eez n'est mie seuz, 
Ains a o lui tex Y banieres 
Dunt les rotes sunt grânt et fieres, 
En chascune a bien XX escus, 

8490 En l'une mains, en l'autre plus. 

»Cele baniere en hait levée 
D'or et de noir escartelee, 
Ce est Aullas de Roche- Mont 
Qui les batalles perce et ront, 
8495 Bien set ferir de grosse lance. 

»Et celé autre baniere blanche 
c2: A la vermelle faisse en mi, 

C'est le bon chevalier hardi 

Giflet le fil Do de Cardiiél^ 
8500 Qui n'aime pas vilain- oi^el. 

Plus vigeroz de lui n'i sai. 

Ne plus loial voir, ne plus vrai. 

Tôt cil a ces escus fassies 

* 
8498 I«t damit nicht Tuhtt de Roge-Mont gomeint? vj 



Iks^-.. 



237 

De plnsors tains entreseignies 
^5 Sunt o lui et de sa mainie, ' 
Molt est sa rote resoignie. 

»Yees Tos celé autre baniere 
Qui ne chevace pas derrière? 
Oele estachie contreval 
O De vair et de vermel œndal 

Al chief d'or qui si resplendist? 
C'est Tristans qui onques ne rist, 
Oil est sires de grans chasteaz 
£t de manoirs riches et beaz, 
^ -As armes est bons chevaliers 

IFors et poissans et durs et fiers 
ïlt estouz et chevalerouz; 
HsLis trop est fiers et orgilloz. 
Ceiieà, si fuist bien entechies, 
-^ Par tôt le mont fuist resoingnies. 
IKiches hom est et bien meubles, 
Il deust todis estre armes; 
- Car il ne vaut s'a armes non. 
Maint home l'ont trove félon, 
Mais de ce le tien je a sage, 
Qu'il ne mostre pas son outrage, 
S'il ne voit molt bien son affaire 
A quel chief il en pora traire. 
lui vient Melians de Lis; 
Car ses nies est et ses amis. 
C'est cil a ia baniere blanche 
Qui porte le vermelle manche 
En cel escu taint a argent 
Et en la iNMftere ensement. 
^^^ De la table reonde sont 

Tôt cil qui. la vienent de front. 
N'ai loisir de chascun nomer; 
Car sor l'eure astons d'asenbler.« 

Queque Geogenans parla, 



238 

8640 Mesires Dnrmars Tesconta; 
Les batalles Bunt aprochies, 
Ja i ara seles Yoidies. 
Li cnens de Daveline en ta 
Por asenbler a ceas delà 

8545 Devant sa gent par grant vigor. 
Ses armes sunt d'une color 
Vermeille comme graine fine, 
Fors tant qae fieies sant d'ermine, 
Tel esen ot et^tele ensaigne. 

8550 Et il et tote sa compaigne 
Vait asenbler et tost et droit 
Al roi des Isles qui venoit. 

c3: Li rois des Isles fti molt beaz 
Et joves chevaliers noveaz, 

8555 Bien senbloit de geste roial, 

Cel jor sist sor un grant cheval, 
Ses armes sunt d'asor ovrees 
A flors de lis d'or eslevees 
Dont li tains est enlumines. 

8560 Molt ert li rois bien acesmes, 
Tos fu covers il et sa gent 
De ses armes entièrement, 
Asenbler vait devant sa rote. 
Sa bataille derenge tote, 

8565 Li rois s'adrece de ravine 
Droit al conte de Duveline, 
Et li quens se radrece al roi. 
Si cum il vienent a desroi, 
S'entrefierent si durement, 

8570 Que li tronchon volent al vent. 
Dés grosses lances qu'il ftœrent 
Al trespasser s'entre hurterent. 
Si que les bocles des escus. 
Chairent a la terre jus. 

8575 Li II baron pas ne versèrent. 
De plain eslais s'abandonerént 
En mi les grans batailles drues 



239 
Qui d*anbe8 II pars snnt venued. 

Li tornois assenble a un fais, 
' lies escos pris de plain eslais 
S'entrevienent les grosses rotes, 
A I bruit assenblerent totes. 
Lia a si grant escroseis, 
Que la noise et les froiseis 
Et le hnrteis des escus 
Ot on une liée u plus. 
Cant les rotes hurtent enseable, 
Tes li chans en fermist et trenble, 
Cheval i crient et affolent, 
Et chevalier par terre volent. 
Plus de III C en i chairent 
Qui lor chevaz iloc perdirent, 
Cil qui chaient al assenbler 
Ne puent pas lues remonter; 
Car par mi eaz s'en vont hurtant 
Les batailles en trespassant. 
D'anbes II pars ensenble chuquent, 
Maint en i gisent et trébuchent, 
La a grant noise et grant tencon. 
Al vent bruient li gonfanon 
Et li peignon et les bauieres 
Qui su[n]t de diverses manières. 

La u li tornois assenbla 
Dont veissies et cha et la 
^ Maint bel encontre dur et fier; 
Apres veissies commencier 
Les chapleis et les mellees, 
Et des tronchons et jles espees 
' Volent les pièces contremont, 
^ A terre en gisent li grant mont 
Des escliches et des asteles. 
Maint bon cheval a tôt lor seles 
S'en vont fuiant tôt estraier. 



240 

Apres Gommencent a chacier 
8615 Cil qui les gMins convoitoient, 
Li un as altres les toloient, 
Telz i convoita del autrui 
Qui del sien ot molt grant ennui. 

Durement est bons li tornois, 

8620 Mesire Durmars li Galois 

Est en la grant mellee ades, . 
Li X chevalier li sunt près, 
Mais bien sovent le vont perdant; 
Car il tresperce si avant, 

8625 Que nus hom ne le puet siwir. 
As grans rotes qu'il voit venir 
S'adrece sovent et menu; 
Cel jor li est si avenu, 
Qu'il venqui le tornoiement 

8630 Si bien et si utreement, 

Conques n'en estriva nus hom. 
Cil qui la lie sevent son nom 
Dient la u sunt par tropeaz: 
»Tot a vencu cil as chapeaz.« 

8635 Ensi vont del Galois parlant, 
Molt le regardent li auquant. 

Mesire Gavains d'autre part 
La grant presse ront et départ, 
Maint cop done et maint en a pris, 

8640 Des armes est si bien apris, 

Qu'il en a fait, quant qu'en affiert. 
A destre et a senestre fiert, 
En mi les chevaliers s'enbat. 
Si vos di bien, qu'il se conbat 

8645 A loi de chevalier parfait. ' 
La u il est en son bien fait, 
Li est avenus grans meschies; 
Car il est durement blecies 
Et si navres en la main destre, 



241 

> Qn*il ne paet plas a tomoi esfcre. 
n et sa gent et sa baniere 
Se traient maintenant arrière, 
Son escn et son elme osterent 
Si vallet qui près de lui erent, 
Sa yentaille fait deslacier, 
Durement voit sa main saignier, 
Bien quide avoir les ners copez. 
Uns esquiiers s^en est tomes, 
Al roi le vait conter et dire. 

Li rois Artus forment sospire, 
Dedens son cuer est molt ires 
De son neveu qui est navres, 
Xues maintenant a lui s'en va, 
Xes maistres-mires i mena. 
Cant li rois vient a son neveu, 
»Beaz nies« dist il »certes, je veu, 
Que jamais jor joie n'aurai 
Dusqu'adont, que je vos saurai 
Tôt sane et tôt fin gari.« 
Mesire Gavains respondi: 
»Certes sire, je n'arai mal.« 
I buen mire sage et loial 
Fait li rois avant apeler, 
La plaie li fait regarder. 
Cant li mires l'a bien veue, 
De sa main destre tote nue 
Fiance monsaignor Gavain, 
Que' il le rendera tôt sain ; 
De tant cum a la plaie afiert, 
Tos garis et tos sanes iert 
Ains XV jors, por voir li jure. 
Mesire Gavains s'aseure. 
Quant il ot, qu'i pora garir; 
Mais ce Tôt fait molt esmarir, 
^ Qu'il quidoit, que la main perdist. 
Anchois que li mires venist. 



10 



242 

Miex Yonst estre mors asses 
Qae vivre joves affoles. 

Li rois Artas molt grant joie a 

8690 De son neveu qui garira, 
Atant regardent le tomoi. 
Les batalles et li conroi 
Snnt ensenble mesleement 
En XX lies al tomoiement. 

8696 Qui dur encontre vuet aver 
Tost le puet iloc recovrer, 
Et cil qui vuet ferir d*espee 
» Puet trover la dure meslee. 
Et cil a beac aeesmemens 

8700 Puent joster entre II rens, 
Que ja ne s'i veront haper, 
Ne as frains prendre ne tirer. 
Cel jor se sunt iloe mostre 
Li cointe coart acesme 

8705 Qui de lance sevent ferir 
Sens altre proece fornir, 
Et mains bons chevaliers eslis 
Si mostra bien comme hardis. 
Mais totes les chevaleries 

8710 Qui la furent cel jor fomies 
Ne puis je pas ramentevoir, 
Ne de chascun dire le voir. 

lot le tornoi d'anbes II pars 
A vencu mesires Durmars, 
8715 Li rois Artus le tesmoigna 
Et maint autre qui furent la, 
Et les dames le tesmoignoient 
Qui lasus en la loge estoient. 
Li jugeor s'i acorderent, 
8720 C'ains de rien(s) ne s'i descorderent 
c 3 : En cel point, que de lui parloient. 
Lors le regardent, si le voient 



243 

Un mi les cheyalierâ barir 
lit meslee rendre et sofirir. 

8725 Près des dames en lor regars 
Sien le fait medre Darmars, 
Tlaisans chevalerieis bêles; 
Dames le voient et pnceles, 
Les plasors vont de Ini parlant. 
S730 Bist Tune al antre eb consillant: 
»Li blans eheyaliers fait tnerrellës 
As chapeaz de roses vermelles, 
Tes est depecîes' ses escus, 
Il a de ses chapèaz perdns; 

73 s Tg]2 Iqq pQÎgt avoir portes 

Qui-molt mielz les enst gardes. « 
Tôt issi del Galois disoient 
Les dames qni le regardoient. 



40 



iT 



Molt désire H rois Ârtns, 

Qu'il soit fors del tornoi issus; 

Car volentiers Tacointeroit 

Por la proece qu'en lui voit. 

Li rois mande Geogenant, 

Qu'a lui veigne(nt) parler errant; 

I chevalier i envoia 

Qui lues maiiikenant le trova, 

(La) u iKavoit «on elme oste. 

Cant li ohevaiièis Ta trove, 

»Sire« dîst il »venes al roi; 

Car il vos a mande par moi, 

Que tost venes a lui parler. « 

Geogenans sens arrester 

Pier[t] le cheval des espérons, 

^ Si est lui tierch de compaignons 

^^ Venus al roi hastivemeût, 

n le salue sagement 

Comme cil qui bien le sot faire. 

Mais li gentiez rois debonaire 

.Le salua encor anchois. 

16* 



244 

8760 »6eogenaD,€ ce dist li roiSf 
»Conissie8 yos le chevalier 
Que vos tant parsiwistes hier? 
Por ce le vos ai demande, 
Que vos aves ensenble este 

8765 Et YOS et il et vostre gent 

A cest tomoi molt paranment, 

Près li ares este todis 

Et hier et hni, ce m'est avis.* 

»Sire,< ce dist Geogenans, 
8770 »Li chevaliers est molt vallans, 
De ces noveles sni joians 



II jors a o moi sejome. 
Certes, molt ai en lui trove 

8775 Sens et cortoisie et valor, 
Il n'est pas fix de vavassor, 
Y^ c 1 : Ains est fiez le bon roi vallant 
Qui tient Danemarche le grant 
Et totes Gales ensement. 

8780 Gis est plains de grant hardement, 
Il a nom Dnrmars li Galois, 
Molt le doit hair cis tornois; 
Car il Ta orendroit vaincu. 
Maint cop en a en son.escu, 

8785 II fist une chose Tautrier 

Dont tos li mons Ten doit prisier, 
Molt me senble beaz li recors; 
Car il conquist par son seul cors 
Ceaz qui Roche-Brune gardoient 

8790 Et qui le pais destraignoient. 
C prisons i fist délivrer 
Bens nule raencon douer. « 



8772 fehlt, der schreiber hat den raam einer zeile fre 
Ich flchlage vor: Qu'il est a vos aosi plaisans. 8780 Me 
Gif. der schreiber scheint ursprûngliches cil in ois geftndert 



245 



»Comment€ fait ti rois lest ce cil?€ 
Geogenans respont: »Oil, 
8796 De lui Tos di certainement, 
Que s'il puet vivre longement, 
n venra a molt grant hautece; 
Car en lui n'a malvaise teche, 
Et s'a des armes tant enpris 
S800 Et tant fait, qu'il en est en pris. 
Certes, bien le doit on prisier 
Et tenir a bon chevalier. « 
Li rois respont: »Vos dites voir, 
Cestui me covient il veoir. 
C'est cil que j'ai tant désire, 
N'onkes ne le vi désarme 
Ne arme, s'a cest tomoi non. 
Certes, je vos donrai beal don, 
Se vos tost a moi l'amenés, 
Gentiex sire, car vos hastes, 
Ains que soit espers li tomois.c 

Lors s'en vait querre le Galois 
Geogenans plus que le pas. 
Mais il ne le trovera pas; 
Car, quant li tomois départi, 
Mesire Durmurs s'en parti 
Et dist, que por ce s'en ala. 
Que nul,Voii0 demorer n'est la, 
Puis qu'il ne puet estre avoies 
De ce dont il est desvoies. 
Des X chevaliers s'est enbles. 
De tant s'est en son cuer blasmes, 
Qu'a Geogenant ne parla; 
Mais d'autre part il se pensa 
^^ De trop longement arrester, 
Amors le commence a haster, 
Qu'il voist tost (la) u ele l'envoie. 

Maintenant se met a la voie, 



246 

Lues que fine amors le commande 

8830 A nnlni congie ne demande; 
Car mont durement le hastoit 
Fine amors qni sa dame estoit, 

c2: Et il se paine ntreement 
De faire son commandement. 

8835 Bien pense mesire Dnrmars, 

Que mayais cners fanz et coars 
Ne doit de fine amor joir, 
Coars cners n^ose deservir 
Ce qu'amors puet gnerredoner. 

8840 Todis doit fins amis penser, 
Que fine amors Tayanoera; 
Qni bien aime ne s*en yait ja, 
Mais ait bon'esperance ades; 
Car telz e«t de grant joie près 

8846 Qui le pert por un poi atendre. 
Fins amans doit ades entendre 
U a morir n a ataindre, 
Ne se doit esbahir ne faindre. 

Mesires Dormars a enpris 

8850 A estre fins loian^ amis 

Et dist, qn'en loialte morra, 
U il de fine amor gorra«, 
De la roine li soyient, 
Lors dist, que querro li ooyifiBat, 

8865 Jamais ne qniert faire s^or 
En I ostel qu'un tôt sol jor 
Dusqu'adont, qu'il ora noyeles 
Qui li seront plaisans et bêles. 
Atant s'en vait bêle aleure 

8860 Tôt une yoie bêle et dure, 
Tant chevaeet sens nul arest. 
Qu'il entre en I grant forest. 

Ci laira de lui a parler, 

Del roi Arta yos yuel conter. 



247 

8865 De ce fu molt dolaas li roit, 
Qu'a Ini n'ot parle li Galois 
Ne Geogenans ne sa gent 
Ne4'en sorent dire noient, 
Asses Tont quis et demande; 
8870 Mais il ne l'ont mie trove, 
Ne sevent qa'il est devenus. 
Dolans en est li rois Artas, 
Tantost fait I letres faire 
Comme cortois et debonaire, 
^^^ô Les envoie al roi Jozefent 
A qui totes Gales apent. 
Ce li manda li gentiex rois, 
Que ses fiex Durmars li Galois 
Avoit le grant tomoi vencu 
Qui devant Blanches-Mores fu, 
Et s'ot ci] tornois chevaliers 
Par nombre plus de C miliers. 

Cant li rois Jozefens oi, 
Que ses fix le tomoi venqui. 
Plus de C fois deu en loia, 
Grans fu la joie qu'il mena, 
Et il et la gentiez roine 
Sospirerent de joie fine, 
Totes lor gens deu en loerent, 
Grans fu la joie qu'il menèrent. 
Li rois a guise d'ome sage 
Fist doner beal don le message 
Qui les letres li aporta, 
Grant solas et grant déport a 
^^95 Des noveles qu'il a oies, 

Molt les a hautement joies. 
Mais por ma raison avancier 
Me covient ore ci laissier 
A parler del roi Jozefent 
^^ Et de la roine easement. 



248 

Quant li grans tomois fa fines, 
Et li Galois s'en fa enbles, 
L'endemain a la matinée 
Fu molt tresgrande Tasenblee 

8906 Devant la loge as damoiseles. 
Je vos di, qae les II paceles 
Por qai li grans tomois fa pris 
Ont lor cuers dolans et maris, 
Gant celui n'i voient noient 

8910 Qui venqui le tornoiement. 
As X chevaliers ont parle, 
Tant ont enquis et demande, 
Qu'elles sevent bien del Galois, 
Qu'il est de contes et de rois. 

8915 Tant oient prisier sa hatece 
Et sa bealte et sa proece. 
Qu'elles sunt de s'amor soprises. 
De si grant sens furent aprises, 
C'a nului senblant ne mostrerent. 

8920 Mais onque por ce n'oblierent 
Monsaignor Durmart ne s'amor, 
Ains pensèrent a lui maint jor, 
Tant l'araerent sens oblier, 
C'ains ne se vorent marier, 

8925 Ains renfuserent dus et contes, 
Mais plus n'en parole li contes. 
Del Galois vos dirai avant. 
Comment il li fu avenant. 

Quant mesires Durmars li ber 
8930 Voit le tornoiement finer. 
Tôt a enblees s'en parti, 
Asses tost devant lui choisi 
Une forest foillue et grande. 
Tant chevace par mi la lande, 
8935 Qu'il est en la forest entres. 
Maintenant s'est achemines, 
Par mi le forest chevacha, 



249 

Tant que li solax se coucha. 
Del herbergier fa tens et drois, 
Icele nuis gint li Galois 
A la maison d^un vavassor 
Qui li porta molt grant honor, 
Et Tendemain i sejoma 
Por son cheyal qu'il reposa. 
Cant ce vint al jnedi matin, 
Li Galois se met al chemin, 
Tos seuls cheyache molt pensant, 
A lui meisme va disant: 

»E! deus u porai je troyer 
Celi qui m'a fait oblier 
Totes pensées fors a li! 
Gant je prenuerement le yi, 
Ne quidai pas que ce fiist celé. 
Beaz sire dez, ja fu ce ele 
Qui si bel senblant me mostra, 
De ses beaz uelz me regarda 
Issi tresdebonairement, 
Que je quidai certainement, 
Qu'elle me yosist lues amer. 
Ce qnidier lairai or ester, 
S'ele m'esgarda docement, 
Ele nel pot fiûre altrement; 
Car ele ad si tresdoz senblant, 
Qu'ele ne puet ne tant ne quant 
Regarder se docement non. 
S'ele ayoit le cuer bien félon. 
N'en poroit ele senblant faire. 
Que ne senblaist fins debonaire; 
Car si bel uel riant et cler 
Le font docement regarder. 
S'ele docement m'esgarda, 
Onques por ce plus ne m'ama. 
Ne quit, qu'ele i pensast de rien. 
Mais adont le quidai jo bien, 



260 

8976 Or ai perdu mon bel quidier 
Qui si me faisoit rehûtier. 

»Mais ce me fait sovent joiant, 
Qn*ele me fist si bel senblant 
Le premier jor qu'a li parlai, 

8980 A li meisme demandai, 
S'ele savoit nule novele 
De la roine plaisant bêle, 
Gelai a qui mes caers s^otroie, 
Et c*ert ele a oui je parloie, 

8986 Je* ne le conissoie mie, 

Et si fui en sa compaignie 

Yn jors tos plains, se dex me voie. 

Ele sot bien que je Tamoie; 

Car je li dis, que d*amor(s) fine 

8990 Amoie la bêle roine 

Celi d'Yrlande o le cler vis, 
Et, c'ert ele a eni je le dis. 
Mais ce ne saroie je pas. 
Ce me fait vivre en grant solas, 

8996 Que, cant je li dis mon pense. 
Moi senble bien par vente, 
Mellor senblant m'en fist après. 
De ce me menbre tôt ades. 
Moi senble, qn'ele me baisa, 

9000 Cant en la forest m'evella. 

Bien m'a cis doz baisiers trahi. 
Se ju as autres ai failli; 
Cant ele me vint esvelUer, 
Ce fa por le grant chevalier 

c2: De cai ele s'aloit dotant, 

9006 Qa'il ne m'ocesist en dormant. 

*A doace dame debonaire, 
Molt me doit la grans bo[n]tes plaire 
Qae vos dont me fesistes la, 
9010 Jamais mes cners B^èUiera. 



261 

Certes, ce me Tient molt en gre, 
Qa*en Tostre aervise ai este 
Tos armes le haolme lacie. 
Por Yos en je mon cors plaie 

15 Devant Landoo en mi la pree, 
Ce fa a la grant assenblee 
17 je me oombati por vos 
Encontre Gardroain le roz. 
Je vos fis avoir Tespervier, 

^O Vos désistes al repairier, 
Qne, s^en vostre pais aloie, 
Ensenble o vos la troveroie 
La bêle reine d^Trlande 
Dont je sni en pensée grande. 

^^ Vos esties la bêle roine, 

Mais vos celies vostre covine 
Si, qn'adont n'en pen rien(s) savoir. 
Ce m'a donc molt bon espoir, 
Qn'i vos plaisoit, qn'o vos alasse 

^^ Et compaignie vos portasse. 

»Dame a oui je me sni dones. 
Tant me plaist la vostre béates, 
Qa'ades m'en sovient en veUant, 
Et la nnit vos voi en soogani. 

^^ D'amors n'ai, las, autre desduit 
Fors i>en8er et songier par nuit, 
A ce me oovient déporter. 
Dame je ne pais oblier 
Vo beal sens ne vostre aco(n)intance 

^^ Ne vostre plaisant contenance. 
Bêle roine blonde et gente, 
Ce fa en la vermelle tente, 
Qae je l'autre jor vos perdi. 
Elas, onques puis ne vos vi, 

^5 Que de la tente m'eslongai; 
Cant je revenir i quidai, 
Je forvoai par trop peoser. 



252 

Onqnes pois n*i sou rasener; 
Molt en sui en mon cner dolans, 

9050 Je ne doi pas estre joians. 
Gant ensi vos soi eslôngies, 
Doce dame, asses tost quidiea, 
Qne de gre vos aie gnerpie. 
Jamais n'arai joie en ma vie, 

9056 Se de Yostre amor ne me yient, 
Mes cuers se dote molt et crient 
De ce, que n'aies pris mari 
Pnis Tore que je me parti 
De yostre doche compaignie. 

9060 Bien sera ma joie fallie, 

c2: Se donee estes a nnlni 

Fors moi que yostres liges sni.c 

A lui meisme ensi parloit 
Mesire Durmars qui pensoit 

9065 A la rien qui plus li agrée, 
Le jor le voit en sa i>ensee 
Et maintes fois songoit la nuit, 
Qu'il ert o li en grant desduit. 
Gant il songoit qu'il ert o li, 

9070 Todis Yossist dormir ensi, 
Et quant le jor a li pensoit. 
Sa pensée tant li plaisoit, 
Qu'il ne vossist jamais dormir. 
Mais ne poroie a chief venir 

9075 De tos ses penses recorder, 
D'autre chose verrai parler. 

Mesire Durmars li Galois 
A erre plus de IIII mois. 
Puisque del grant tornoi parti. 
9080 Dedens ces IIII mois vos di, 
G'ains de la tresbele roine 
Ne pot oir novele fine. 
S'il seust bien les drois sentiers 



268 

Et les plains chemins droitnriers, 
908CS Dedens I mois poist trover 
' La bêle roine al vis cler; . 
Mais il troYoit tant de broieres 
Et de fores grans et planieres, 
Qu'il ne sot tenir droite voie. 
909O Et se je tôt vos racontoie, 
En quant liez il se herberga 
Ne confais ostelz i trova 
Ne qnantes fois la mer passa 
Ne al quels pors il arriva, 
^9S Ce seroit parlers por noient, 
Trop i aroit d'alongement. 
A grant matere bien descrire 
Govient de mainte chose dire. 
Mais on i doit parler briement 
^^^ Et bien fomir ce c'om enprent. 

XJn jor d'iver qu'il ot gelé 
Ot mesires Durmars erre 
^Tres le matin, qu'il ajorna, 
ITant que li solaz esconsa, 
Conques ne vit home vivant 
Dusques près de solel cochant, 
<3u'il est sor I tertre montes. 
Xors s'est li Galois arrestes, 
Si regarde tôt environ, 
Si veroit chastel ne maison; 
€ar volontiers herbergeroit. 
Devant lui regarde, si voit 
Chevaliers qui vont riverant, 
A pie coroiént li alqnant, 
Grant noise mainnent et grant bruit 
Cil qni la snnt en lor desduit. 
Quatre faucons en haut jetèrent. 
Et cil qui de ce se meslerent 
Fisent bien sordre les oiseaz, 
^ Molt lor senbloit li desduis beaz; 



os 



yOc 1. 



254 

Car quant lî uû fiftiicou montoient^ 
Li aatre famson descendoient, 
Si tost se vont ayal coler, 
Qae la ne lor pnet eschaper 
9125 Hairons ne ane ne mallars. 

Molt tost yait mesire Dnrmars 
Vers ceaz qnî la vont en rivière, 
Par mi une verde jonciere 
S*en vait li Glalois chevaohant,* 

9130 D*nn vallet se vait aprochant 
A cai il a molt tost parle-, 
iValletc fait il »par ta bonté 
Di moi, qm eil chevalier 8tint.« 
Et li esquiiers li respont: 

9135 »Sire, ja le sares errant, 

C'est meenre Brans de Brtotitnt 
Qni ci vint or esbanoier. 
Ce sunt o lui si chevalier. 
Ci la sor cel blanc pàlefiroi 

9140 C'est mesire Bruns par ma foi 
A celé grant ehaj^ forée 
Qui de graine est enlunfinee.c 
Queque li Galois entendoit 
Al vallet qui li respondoit, 

9145 Maintenant vient Bruns de Brftnlant 
Vers monsaignor Durmart ambiant. 

»Sire,« dîst il »bi6n veigûies vos, 
A nuit herbergeres o nos, 
Ce ne poes vos contredire. < 
9150 Et li Galois respont: »Beaz sire, 
Jhesus del ciel vos beneie, 
L'ostet ne renfnse je mie, 
Ains vos sai de ce molt bon gre. 
Que vos le m'aves* présente 

9143 Ma. li ualtes ^lofe. 



*î 



255 

9155 Si bel et si cortoisement.« 
Et mesires Brans erranment 
En envoie an valiez devant, 
»ya t'en« fait il lesperonnant, 
Fai tost an grant fa a]amer.« 
^iôO Et cil s'en vait sens arrester 
Por Tostel faire aparillier. 
Adont vont lor faucons loier 
Cil qui les orent a garder, 
Vers l'ostel vaelent retorner; 

'^ôs Car le solel voient coachier. 
11 n'a vallet ne chevalier 
Qui n'ait le Galois saine, 
Ifolt li ont bel senblant mostre. 
Al ostel vienent, si descendent^ 

^^ A. monsaignor Dnrmart entendent 
Xi valiez qui l'ont désarme, 
Par la main destre l'a mené 
Srans de Branlant en son palais. 
Xi fas est alames et fais^ 
li siège sont fait environ, 
Bien senble ostex a haut baron, 
Les chandoilles snnt haat levées 
Qoi snnt a la perce alamees, 
Laiens fait molt bel et molt cler. 

^^ Le Galois prent a raviser 
Mesire Brans qai l'esgarda^ 
»Sire« dist il »nel celés ja. 
Comment estes vos apeles.« 
»Certes sire, ja le saares, 
Darmars li Galois ai a nom, 
Et vos qai molt estes prodom 
M'aves herbergie aatrefois.« 
»Aasi m'ait dex li grans rois,« 
Fait mesire Brans de Branlant, 
^^ »Je vos aloie ravisant, 
Si ne vos savoie nomer. 



^ : 



^1B5 



256 



Certes, molt fiûtes a loer. 
Vos yenqnistes le grant tomoi 
Devant Blanches-Mores par foi 

9195 Et Roche-Brune oonqnesistes. 
Pnisqne vos de chaens partistes, 
On m'a molt bien dit et conte, 
Gomment vos aves pois ovre ; 
Car ne doit estre pas celée 

9200 Hante proece renomee. 
Aores soit dex de lasus, 
Gant Yos chaens estes Tenus 
En cest ostel qui nostres est, 
De vos servir sommes tôt prest.€ 

9206 Lors le commence a acoler, 
Et se li a fait affiebler 
I sorcot vert, forre de gris 
Et un mantel, ce m'est avis, 
D'escarlate forre d'ermine. 

9210 Bruns de Branlant de joie fine 
Fait molt tost sa mollier mander 
Por le Galois faire honorer 
Et ses II filles qui sunt bêles. 
Et la dame et ses II puceles 

9215 I sunt venues erranment, 

Acesmees sunt p[l]aisanment. 

Li Galois est encontre aies. 
De totes III fu acoles 
Et salues premièrement, 

9220 A chascune son salu rent, 
Elles Tont bien reconeu; 
Gar autres fois Torent veu. 
Grant solas li font et grant joie. 
Ne sai que plus deviseroie. 

9225 Li mangiers est aparillies, 
L'aiwe douèrent, ce sachies. 
Gant ont lave, tost vont seoir. 



257 

Certainement vos di por voir, 
c 3 : Que longement al mangier sisent, 
9230 Cil qui del servir s*entremisent 
Servirent bien si cam il durent. 
Apres mangier apreste furent 
Cil qui les tables lues osterent, 
D^eave chaude lor mains lavèrent 
>236 Cil et celés tôt a loisir 

A cui on en devoit servir, 
Apres lor ont le vin done 
Gortois vallet et bien sene. 



!40 



Deles le Galois se seoit 
Mesîre Bruns qui Taraisnoit, 
»Sire« dist il »je sui molt lies, 
Cant chaens estes herbergies. 
Certes, je n'ai pas oblie 
Ce que je vos ai présente, 
Cant je piecha vos herbergai. 
Por voir vos dis et creantai. 
Que, se vos par ci revenies, 
Tôt autretel escu aries 
Et ausi fais (et) acesmemens, 
-^^o Qqjjj YQg aportastes chaens, 

Cant vos l'autrier i herbergastes. 
Bien sâi, que vos adont portastes 
I escu de synople taint, 
Doi liepart d'or i furent paint, 

^^ Molt i avoit riches enarmes. 
Je sai bien, qu'asi faites armes 
Vi jo vostre père porter 
Jadis, quant je le vi errer. 
Tôt ausi faites vos donrai, 

^ Puisque promises vos les ai; 
Car de prometre sens douer 
Ne doit nus en grant pris monter. 
Certes, ja vos seront mostrees 
Les armes qui bien sunt ovrees.« 



258 

9265 Mesîres Brans sens pins parler 
A fait les armes aporter 
Devant le Galois en présent, 
Et mesires Darmars Ten rent 
Molt docement grès et mercis, 

9270 En son cuer est molt esjois 
De ses droites armes qu'il a, 
Molt volentiers les regarda. 
Li blans hauberd est bons et riches, 
Les chances de fer sunt closices, 

9276 La cote est de vermel saiûis 
A liepars d'or molt bien assis, 
Les covertnres teles sant 
Qui sor le bon cheval seront, 
Li escus est molt bien ovres 

9280 Et li elmes tos frez dores 
A coron e resplendissant. 
Molt vait li Galois regardant 
Les armes qui li sunt donees, 
Cointement li sunt présentées;* 
f264rocl: Car la lance pas n'i faloit 

9286 Ne la sele qui tainte estoit 
De ses armes tote novele. 
Clere espee tranchant et bêle, 
Et grant destrier rade et corant 

9290 Li vaut doner Bruns de Branlant. 
Et li Galois molt l'en mercie. 
Mais le cheval ne prent il mie; 
Car il ne vuet mie changier 
Ne s'espee ne son destrier. 

0295 »Mesire Brun,« fait li Galois, 
»Je vos di bien, et si est drois, 
Que tos sui a vostre plaisir. 
Ne ja deus ne me laist morir, 
Si vos aie guerredones 

9300 Tos les biens que vos faiz m'aves. 
Conquis aves moi et ma gent, 



259 

Ce sachies bien certainement, 
Qa'a mon pooir vos aideroie, 
Se je Yostre besoing savoie; 

930S Car vos Taves bien deservi. 
!Et jo par vérité vos di, 
Que l^aas hom ne doit bonté prendre, 
S'il ne vuet le gerredon rendre, 
A Jhesn vos commanderai; 

*^*^ Car bien matin chevacherai.« 

>Sire« fait Bruns »ne vos hastes, 
Ensenble o moi sejorneres, 
Si laires passer la froidure 
Qui trop est enuiose et dure.« 
^^ Fait mesire Durmars li ber: 
»Je ne poroie sejorner, 
Ne proiere n'i a mestier. 
Mais saries me vos ensegnier 
La u H rois Artus seroit?« 
^ »Voir€ fait mesire B[runs] »tot droit 
A Glastingebiere en ires, 
Le ^oi Artu i troveres, 
Li chemins est larges et grans, 
Asses troveres marcheans 
""^ Et gens qui celé part iront 
Qui la voie vos mosteront. 
Cant vos demorer ne voles, 
A deu soies vos commandes. « 
Et U Galois a respondu : 
^ »Sire, dex vos tiegne en vertu. « 

De la bone dame vos di 

Et de ses filles autresi, 

Qu*a deu commandent le Galois; 

Mais mesire Durmars anchois 

^^5 Les avoit a deu commandées 

Et de lor semblans merciees. 

Atant vait li Galois cochier, 

Quant il voit le jor esclairier, 

17" 



260 

Tantost se lieve et si s'atome; 

9340 Car lai semble, que trop sejome. 

c2: Cil del ostel molt bien Tarmerent 
Et son cheval li amenèrent, 
Lors monte mesire Dnrmars 
Et prent son esca a liepars. 

9345 Li liepart sant tôt &es dore 
Sor sjnople snnt esleve, 
D'itelx armes est tos covers. 
Bien seans est et bien apers, 
Tele lance a, com il demande, 

9350 Ceaz del chastel a deu commande. 
Atant s^en va, si s^achemine, 
Cel jor trestot d'errer ne fine, 
Tant qu'il est bien près de complie, 
La nuit giut a une abeie, 

9355 Et l'endemain s'en est partis, 
Tantost s'est a la voie mis. 

Cel jor a son oire tenu, 

Tant que bien près de vespre fu. 

Al issir d'une forest voit 

9360 I vilain qui buce porteit. 
Mesires Durmars le hucha, 
Et li vilains le regarda. 
Se li a dit: »Que vos plaist sîrePc 
Fait li Galois: »Sez me tu dire, 

9365 Se celé grant voie planiere 

Va bien droit a Glastingebiere ?« 
»Sire« fait cil »vos aies bien. 
Et si vos di une autre rien: 
Li rois Artus i vint très hier, 

9370 Si a o lui maint chevalier, 

Demain tenra grant cort li rois; 
Car il a près de III mois, 
Que la novele en est oie, 
Ja i a grant chevalerie. 

9375 Sire, molt iert riche la cors. 



261 

£t si sera demain li jors 
De la sainte nativité 
Qui molt est de grant dignité, 
Ja pores devant vos choisir 
9380 Glastingebiere sens faillir. € 

lii Galois se part de celui, 
Asses tost choisi devant lui 
Glastingebiere et le chastel 
I]t le grant palais riche et bel 

938ô Xa u li rois Artus estoit. 
As fenestres del palais voit 
HG escus qui i pendoient 
Ht trestot arengie estoient. 
Dedens le palais ensement 

3do jjn pendoient bien plus de sent; 
Ohaus n'a pas li Galois veus. 
Mais il regarde les escus 
Qu'il voit as fenestres paroir, 
Et si ne set mie de voir 
Por coi li escu pendent la, 
Mais encor ancui le sara. 



Jdî^ 



' • Atant est li Galois entres 
Dedens la vile tos armes, 
Asses de gent le regardoient 
^^ Dont li un as atrés disoient: 
»Voies bel chevalier et grant 
Et bien apért et bien séant. 
Et si est richement montes 
Et molt cointement acesmes. 
Par senblance doit estre preus 
Et hardis et chevalereus.« 
Ensi disoient li auquant. 
Et li Galois chevauce tant, 
Qu'ai maistre chastel est venus. 
^^O Des hautes fenestres lasus 
Le voient cil qui laiens sunt 



^^os 



262 

En une haute loge amônt 

Qui joignoît al palais todroit. 

Eex li seneschaus i estoit 
9415 A nne fenestre apuies 

Molt joins et molt aplanoies, 

Sor son chief ot I chapel d'or, 

La consilloit a Saigremor; 

De lor affaires consilloient 
9420 Et molt de choses deyisoîent 

Tôt par desduit et solachant. 

Lors voient venir chevalchant 
Monsaignor Dormart tôt arme, 
Et Saigremors le mostre a Ee, 

9425 »Voies« fait il »beal chevalier 
Bien acesme sor grant destrier, 
Molt a riches armes et bêles, 
Et si senblent totes no vêles. € 
»Certes«, fait Kez li seneschans, 

9430 Bien est acesmes li vassans, 
Je vuel aler a son descendre 
Et li ferai son cheval prendre. 
Si Tenvoierai al ostel. 
Et se li chevaliers vuet el 

9435 Que herbergier et reposer, 
G'irai, sel vorrai escolter.c 
Fait Saigremors: »Dont vos hastesic 
Atant avalent les degrés, 
Del Galois se sunt aprochie, 

9440 Molt hautement l'ont bienvegnie. 
Et il comme bien porpenses 
Les a hautement salues. 
Mesire Kez sens plus atendre 
Fait l'escu et la lance prendre, 

9445 Et li Galois l'en rent mercis 
Gomme sages et bien apris. 
Descendus est sens plus targier, 
Kex a fait prendre le destrier, 



263 

Si Ta I vallet commande 
9450 Qui maintenant Ta estable, 

Et Saigremors comme cortois 
A oste le healme al Galois 
<^ 1 : Et si fait recivoîr s'espee ; 

A monsaignor Durmart agrée 

^455 L'acointance qu'il trueve a aus. 
>§ire,« fait Kex li seneschaus, 
»Lasus vos ferons desarmer, 
Eien ferai vos armes garder 
En une chambre la deseure, 

^^O Et s'il en vient ne poins ne eure, 
Que Yos en aies nul mestier, 
Tantost les vos ferai baillier.« 

Mesire Durmars otroia 
Ce que mesires Eez dist la, 
^^ Et si l'en a molt mercie, 
Puis a sagement demande 
Des escus qni lasus flanboient, 
Par quel raison il i peudoient. 
Fait Saigremors li desrees : 
»Ce vos dirai je bien asses, 
Tant comme la cors durera, 
Doivent li escu pendre la, 
Dedens VIII jors trestos entiers 
Ne pora venir chevaliers 
^475 pQj. aventure demander, 

Qu'il ne le puist chaens trover. 
Si vuet joster, il jostera, 
Si com ja piz nel en fera. 
Et se il vuet avoir bataille. 
Je ne quit mie qu'il i faille, 
Ains en pora avoir asses. 
Tant qu'il en sera tos lasses. 
As chevaliers de chaens sont 



4:70 



mo 



myf, 



a. vallz. 



264 

Li escu qai pendent lamont, 
9485 Je vos di, qne cil s'armera 
Quel esca qae on abatra; 
Car a celui se doit conbatre 
Qui venra son escu abatre.« 

Tant que li Galois escoolta 

9490 Ce qae Saigremors li coiita, 

Tôt parlant montent les degrés. 
Al un des huissiers a dit Eez, 
>Je YueU fait il »que tu me dies, 
Se li »rois a vespres oies.€ 

9495 »Sire« fait il »nenil encore, 
Li rois ala a vespres ore 
Et si chevaUer ensement, 
El palais n'a gaires de gent.€ 
Et mesires Durmars et Kez 

9500 Et Saigremors li desreez 

N'ont iloc plus lonc plait tenu; 
Laiens el palais sunt venu, 
Lors truevent grant fu sens fumiere. 
El palais ot une chaiere, 

9505 Des ars estoit si conjurée 
Et fu par nigremance ovree, 
Que poi de gent s'i asseissent, 
Que tantost lor sens ne perdissent. 

c2: Tant i a d'uevres bien taillies 

9510 Qui de fin or i sunt treslies, 
Qu'ai deviser m'anueroit. 
Cant li Galois regarde et voit 
La ebaiere de tel faiture, 
Celé part s'en va a droiture; 

9515 Car de plus près le vuet veoir 
Por les uevres qu'il voit paroir. , 

»Sire« dist Kez »a la cbaiere 
N'aprochies en nule manière ; 
Car se vos i aies seoir, 



265 

520 Tost vos en pora mescheoir. 
Or entendes, si ne vos griet, 
En la chaiere nus ne siet, 
S'il n*est bons chevaliers eslis 
Larges et loials et hardis 
Et cortois et bien entechies, 
Qui tantost ne soit enragies, 
Avers ne trahitres ne fans 
Ne parjures ne desloiaus 
N'i puet seoir, c'est vérités, 
Que maintenant ne soit desves. 
Sens et largece et cortoisie 
Et treshante chevalerie 
Covient le chevalier avoir, 
Qui s'i osera asseoir. 
Et s'il ces bones teches n'a. 
S'il s'i assiet, il desvera. 
L'autrier i vi perdre lor sens 
Quatre chevaliers de chaens 
Que l'on tenoit forment a preus, 

^^ Trop est cis sièges perilleus. 
Maint chevalier i ai veu 
' Qui sou sens iavoit perdu, 
Cant je les desves regardoie, 
£t jo cha dedens les veoie 

*^ Et corre et saillir et triper 
Et a ces maisieres hurter, 
De la chaiere m'enlongoie, 
Por I roiame n'i seroie, 
Ja si fait siège n'amera[i]. 
Ce sui ge qui ja n'i serai 
En la chairete desvee, 
De mal fu soit ele enbrasee. 
Gardes bien, que vos n'i sees, 
Si chier com vostre sens aves.« 

'^'^ Cant mesires Durmars entent 
Que mesires Eez li deffent, 



)5o 



i 



266 



Qu'en la chaiere ne sesist, 
Tantost maintenant s'i assist, 
Li Galois sens plus arrester. 

9560 Eez le commence a regarder, 

»Saigremors€ dist il »alon8 ent; 
Car cis desvera erranment, 
Près de loi fetfk mayais estre, 
Lors se sengne de sa main destre. 

c 3 : Mesires Dnrmars en riant 

9566 »Saignor€ dist il »Yenes avant, 
N*aies de moi nnle paor; 
Car ge ne sen mal ne dolor.c 
»Sire chevaliers, € ce dist Eez, 

9570 »Cant en vostre sens demores, 
Vos teches snht bones eslites, 
Si vos plaist vostre nom me dites ; 
Car molt le désire a savoir.c 
»Darmars li Galois ai nom voir, 

9576 Et si sui fiex le roi de Gales 

Qni tient chasteaz et tors et sales. « 
Adont fa Eex lies et joians, 
Il et Saigremors li vaillans 
Se saut acointie demanois. 

9580 Atant vient de vespres li rois, 
Mesire Eez encontre ala. 
Si tost corn- le roi encontra, 
Ains qu'il fuist el palais entres, 
^Certes sire rois,« ce dist Eez, 

9585 En la chaiere s'est assis 

I bons chevaliers trop hardis. 
Mais oukes sou sens n'i mua. 
Ne sa parole n'i chauga. 

Ja est ce Durmars li Galois 
9690 Cil qui set vaintre les tornois, 

II en venq»i I grant Tautrier 
U il ot maint bon chevalier. 
Ce fu par delà Boche-Lande 



267 

Vers Blanches-Mores en la lande, c 
5 »Certe8,€ ce dist li rois Artos, 
»Molt sni lies, cant cil est venus 
Qui Bocbe-Bmne me conqoist 
Et qui les prisons me tramist, 
Il doit estre de moi molt bien, 
) Ses pères fu germains le mien, 
Et cis m^a ja molt bien servi, 
N'onques sens armes ne le vi.« 

El palais vient li rois parlant. 
Si trueve le Galois séant 
En la chaiere mervelleuse 
Qui a maint home ert périlleuse 
Encontre le roi se leva 
Li (ralois qui le salua 
Molt sagement comme cortois. 
'»A foi béas sire,« dist H rois, 
»Bien soies vo^ venus chaens. 
Vos estes mes prochains pareus, 
Servi m^aves sens moi veoiir. 
»Beaz sire de tôt mon pooirc 
Fait li Galois »vos servir oie 
En tos les lies u je seroicc 
Lors le fait li rois desarmer, 
I chanberlain fait aporter 
Une robe tote novele 

^ D'une color inde trop bêle, 

^ Et si fn d'or estincelee. 
Tôt estoit d'ermine forree 
Et [col] et mantel autresi. 
Mesire Durmars se vesti 

^ De la robe qui molt fu riche, 
D'un fermai d'or son col affiche, 
Si chaint une chaiuture d'or. 
Lor dist li rois a Saigremor: 

* ■ 
[col] ist verwifloht. 



268 

»Faite8 la roine venir, 
9630 Se li dîtes sens escliamir, 

Qa'ele viegne al bon cheyalier 
Qui le geta fors del vergier.c 

Lors s'en est Saigremors tomes, 

Si est por la roine aies, 
9635 Maintenant li disjb et conta 

Tôt ce qne li rois li manda, 

La yerite li a contée 

De la cliaierole desvee. 

Comment li Galois i ot sis, 
9640 Et comment il s'en ert partis, 

Et dist, qne Dnrmars a a nom 

Cil qni si est de grant renom. 

La roine molt s'eqoi 

De ces noyeles qn'ele oî. 
9645 Lor manda monsaignor Gavain 

Et o li monsaignor TVain 

En une chambre u il estoient, 

Deles bêles dames seoient. 

Li messages lor dist briement, 
9650 Qne la roine les atent, 

Et il n'i ont plus atendu, 

A la roine sunt venu. 

»Saignor€ dist ele »or en venes, 
La fors el palais troveres 

9655 Le bon chevalier, le cortois 
Qne tant prisies vos et H rois, 
C'est cil qui conquist Roche-Brune, 
Mavaise tache n'a nesune. 
Bien l'a prove nostre chaiere ; 

9660 Car il i sist en tel manière, 
Qu'il onques son sens n'i perdi. 
Ses bones teches l'ont gari.c 



« 



9650 Ms. roine voirement les. 9653 Ms. dist il. 



269 

»Dame<, fait mesire Gayains, 
»Se li chevaliers foist vilains, 
^65 L ne se ftist mie levés 
De la chaiere bien senes, 
Sa cortoisie li aida 
la grant proece qu'il a. 
Bons chevaliers d'armes prisies 
^67o Doit estre molt bien entechies; 
Car o la grant chevalerie 
Siet molt bien la grans cortoisie. « 



7S 



Fors des chanbres ist la roine, 
N'a o li dame ne meschine 
Qui molt ne soit bien acesmee; 
Cant ele est el palais entrée, 
^ = Tôt li baron encontre vont 
Et li chevalier qui la sont. 
Li Galois Ta molt tost veue, 
^ Contre li vait, si le salue. 
La roine Ta ravise, 
Si Ta bonement salue, 
Ne le vait pas desconissant, 
Âins »li mostre molt bel senblant. 

^ >Sire«, dist la roine al roi, 

iMonsaignor Durmart que ci voi 
Deves amer et tenir chier; 
Car il se paine d'ensaucier 
Vostre honor et vostre avantage, 

^^ Il fist venir a vostre homage 
Brun de Morois, c'est vérités. 
Et Roche-Brune, ce sàves. 
Vos fist avoir par sa proce. 
Et pbr lui et por sa hautece 

*^^5 Le deves vos tant honorer, 
Qu'il vos en doive mercier. « 
»Dame«, fait li rois en riant, 
. »De moie part vos di ge tant, 



270 

Qne, se je molt nel oneroie, 
9700 Mayaisement me proveroie.« 

»Gerte8« fait 11 Gâlois, béas sire, 
Tant m'aves fait, dex le vos mire. 
Que, tos sui en vostre service 
De tôt mon pooir sens faintise.« 
9705 Fait li rois: »Molt vos doi amer.« 
A ces mos sens plus deviser 
S'avance mesire Gavains 
Et ses compains mesire Tvains, 
Âl Galois s'acointent andoi, 
9710 Maintenant sunt si bien de loi 
Et il d'eans si, qu'il lor senbla, 
Qu'il fussent compagnon piecha. 

Lasus el grant palais hautain 
Lez Tescu monsaignor Gavain 

9715 Font pendre Tescu le Galois. 
»Mesire Durmarsc, fait li rois, 
»Tel escu porta vosiare père. 
He deus, cum il fn beaz jostere 
Et com il fist de sa main destre! 

9720 Par nature deves bons estre; 
Car vos estes de bon linage 
Et tos estrais de haut parage. 
Une chose vos vuel proier 
Que bien me deves otroier, 

9725 Se moi et mon onor âmes: 
De ma maisnie demores. 
Maint buen chevalier ai o moi 
Dont li père sunt conte et roi, 
Je vuel, que lor compains soies, 

9790 Et si en seres sire et chies, 
vos et Gavains seres ensenble. 
Je vos di bien, et voir me senble, 

c 3: Que ma cors en iert essaucie. 
Se vos estes de ma maisnie. « 







271 

• 

Li Galois respont sagement: 
»Sire je doi molt hautement 
Dameden servir et loer, 
Gant tant me yoles onorer, 
Que de vostre maisnie soie. 
Bien sai, que molt m'avanceroie 
D'estre avec si tresbone gent, 
Proie m'en ayes doncemeiit, 
Si vos en doi savoir bon gre. 
Mais j'ai dedens mon cner voe 
TJn veu que je molt bien tenrai, 
Ja de maisnie ne serai ; 
Car je nen pnis estre a nnl fuer. 
I pense ai dedens mon cuer 
Qae je ne pois a nuloi dire, 
Cis penses me defent, beax sire, 
Que ja de maisnie ne soie; 
Car mon grant veu trespasseroie. 
Mais certes sire bien sachies. 
Je sui todis aparillies 
De vos servir a mon pooir. 
Si qu'il vos senblera de voir, 
Que de vostre maisnie soie, 
Ausi bien com se jo n'estoie. 
Vos servirai, quant vos vores, 
Haus hom et riches sui asses 
Por vos servir al mien demaine.« 

Li rois Ârtus plus ne se paine 
Del Galois requerre a enui, 
Seoir le fait bien près de lui. 
De son beal respons le mercie. 
Laiens a si grant baronie 
lit tant de bachelers vallans 
Et de bêles dames plaisans, 
Ne sai, que nonbre vos en die 
De la grande chevalerie 
Com de la sale raemplir. 



272 

Ancliois qne li jors pnist fallir 

I a G tortins alnines, 

Gant li mangiers est aprestes, 

9776 II vallet ont Feare cornée, 
A n araines Font sonee. 
Li rois Artns levé premiers, 
L'eaye donent as chevaliers. 
Gant li bons rois en est servis 

9780 Et la roine o le cler vis. 

Par le palais molt beal s^asisent, 
Li chevalier les dames prisent 
Et les pnceles ensement, 
Doi et doi sizent plaisanment, 

9785 Près de lui fait seoir li rois 
Monsaignor Durmart le Galois. 
Je ne dirai pas tos les nons 
Ne des contes ne des barons 
yo c 1 : Qui par les tables sunt assiz, 

9790 La a maint chevalier de pris. 
Des mes i a si grant plante, 
Ja par moi ne seront conte. 
Bons vins i ot et clers et sains. 
La ne senbloit mie vilains 

9795 Mesire Kes qui bel servoit, 
XV chevaliers i avoit 
Qui estoient de sa maisnie, 
Ghascuns tint la verge enpoignie. 
Tôt ser voient ensenble o lui. 

9800 Tost eust dit bien grant ennui 
A un beubencier orguilleuz. 
Mais molt amoit les sages preus. 

Tantost com li mangiers fina. 

Les tables fisent oster la 
9805 Geas qui s'en dévoient mesler. 

Doi G tortich i ardent cler 
^ Qui la en haut sunt atachie, 

En II parties sunt rangie, 



273 

'Siolt est grans la clartés laiens. 

98 lo Xa a de plnsors estmmeiis, 

Xi anquant harpent et vielent, 
Xi plosor chantent et favielent 
Ht cil qui set dire beaz dis, 
I est molt Yolentiers ois. 

5815 Xa ot grant joie et grant desdnit, 
Crrant pièce 8isen[t] de la nuit; 
!Mais la roine se leva, 
Tantost com il li enuia, 
Dedens ses chanbres est alee, 
^^ Mainte dame a o li menée 
Et mainte pucele vaillant, 
Bele et cortoise et bien parlant. 

A monsaignor Dormart grevoit 

Ce, que la bele n'i estoit 

Por cui amor il vait pensant, 

La n'en sot il ne tant ne quant. 

Sagement a al roi parle. 

Se li a congie demande; 

Mais li rois le vait molt proiant 

De demorer a la cort tant. 

Que li Vin jor soient passe. 

Li Galois Ta bien renfuse, 

Sagement li a escondit; 

Et li rois Ârtus li a dit. 

Que demain dusqu'apres mangier 

Ne puet il mie chevacier, 

Ains ora messe et disnera 

Et tôt le jor sejornera. 

Tant l'en proie li rois Artus, 

Que duc après mangier sens plus 

Li otroie de demorer 

Li Galois qui bel set parler. 

Et li rois l'en a mercie 

Et dist, qu'il l'en set molt grant gre. 



^Ba, 



^^<o 



274 

c 2: Atant Tont as ostez cocliier 

0846 Li baron et li chevalier, 
Li palais voide de la gent, 
Et li riches rois Artus prent 
Monsaignor Dnrmart par le main, 

9850 Pois dist a monsaignor Gavain : 
»Menes ent le Galois, beaz nies, 
Gardes, quil soit bien aaisies.« 
Mesires Gavains fait grant joie 
Del Galois dont li rois li proie, 

9855 Par le main Ta pris liement. 
»Beas sire« dist il »alons ent. 
Al ostel nos aaiserons. 
Gant vos plaira, si cocherons. « 
»Mesire Gavains, « ce dist Kez, 

9860 »Se le chevalier me tôles. 
Ce ne sera pas cortoisie, 
A vostre ostel n'ira il mie, 
\^ Ains Ten menrai certes al mien. 

Jamais ne vos amerai bien, 

9865 Se vos meismes n'i venes. 
Or i parra, se vos m'ames.« 
»Alons i,« fait mesire Yvains. 
» Certes,* fait mesire Gavains, 
»Je ne Vose Ke renfuser.€ 

9870 Ains font lor palefrois mander, 
* Tost sunt monte et tost s'en vont, 
Devant Tostel descendu sont. 
Et quant il sunt laens entre, 
I grant fii truevent alume, 

9875 En Tostel est la clartés grans 
Des grosses chandoilles ardans. 
Gant li chevalier sunt assis, 
La s'enbanoient de beaz dis, 
Asses orent vin et clare, 

9880 Longement on[t] sis et parle. 
Maintenant sunt li lit tôt prest. 



275 

Lors Tont cochier, quant tene 
L'endemain par matin leveren 
De bêles robes se parèrent, 
Et quant il sunt bien acesme 
Tantost sunt al mostier aie. 
Li rois i estoit ja venus, 
Ensenble o lui a rois et dus 
Et maint conte et maint bau 
De dames i a grant foison 
Et de puceles ensement. 
Mesire Durmars sagement 
A le roi Artu salue, 
Et si Ta del cbief encline ; 
En riant li a dit li rois : 
»6ien yeignies vos, sire Galoi 
Lors le fait aprocbier avant, 
Lez a lez furent en estant 
Et il et mesire Gavains 
Et d'autre part mesire Yvaing 
Li rois fait messe commenciei 
Molt hautement sens plus tai 
Li clerc lievent en haut lor ( 
Li plusor notent le deschant, 
Li un servent d'encens portei 
Li autre des orges soner, 
Molt hautement font le servis 
Mais n'i vaut nient longe de^ 

Quant li servises fu fines, 
Li rois Artus s'en est tomes. 
Et tantost cum il est venus 
En la haute sale lasus, 
Monsaignor Durmart apela, 
A ses haus barons l'acointa 
Qui molt l'ont cel jor onore. 
Molt a li Galois regarde 
L'ostel al riche roi Artu, 
Maint chevalier i a veu 



276 

Qui riches robes ont vesties, 

9920 Li un les avoient parties 
Et li autre d'orfroi bendees, 
Si sunt trancbies et coees. 
Telz i a qui les ont entières, 
Ce ne sunt mie les mains chieres, 

9925 Tant i a des pênes d'ermine 
N'en sai pas la vérité fine. 
De riches dras a or batus 
Veissies les plusors vestus, 
Tote la sale reflanboie 

9930 Del or qui luist et de la soie. 
Laiens a tant de chevaliers 
Et de barons et de princiers 
Et de damoiseaz acesmes, 
Ne les aroie hui tos nomes. 

9985 Tôt i a dames assenblees 
Et puceles bien acesmees, 
Que je n'en sai dire le nombre. 
La ne se traient pas en ombre 
Ne les dames ne les puceles 

9940 Celés qui quident estre bêles, 

Ains se sunt volentiers mostrees ; 
Car ne vêlent pas estre enblees. 

Kez fait haster le [grant] mangier, 
Si a fait les tables drecier, 

9945 Blanches napes fait sus estendre, 
Bien set a son mestier entendre. 
Le sel fait mètre en ces salières 
Qui sunt d'or fin bêles et chieres, 
Enpur le cors estoit remes 

9950 Li seneschaus tos defubles. 
Si ert d'une cote vestis 
D'un molt riche vermel samis 
A vimieles d'or bien assises 
Qui plaisanment i furent mises, 

9965 La cote ert d'ermine forée. 



•; ' 



277 

Et si estoit molt bien coee. 

p" c 1 : Mesires Kex fu en estant, 
Xe cors ot gent et avenant, 
Acesmes fu molt richement 

9960 Xui L time de sa gent, 

De lor manteaz sont defiible, 
lot serviront ensenble o Ke, 
Chascun a mis a son mestier 
Dont il doit servir au mangier. 

^^^ C damoisel se deffublerent, 

Par le palais Teave donerent. 
Et cant li bons rois est assis. 
Maintenant ont lor sièges pris 
Li chevalier et cba et la. 
"^^ La roine cba fors manga; 

Car por la cort plus essaucier 
Le fist on el palais mangier, 
li a mainte dame bêle 
Et mainte haute damoisele. 
Et dedens les chanbres laiens 
En seoient plus de III cens, 
Cil jove bacheler ligier 
S'i sevent molt bien acointier. 
Molt volentiers laiens servoient 
Cil qui par amors i amoient, 
A grant foison vienent li mes. 
Et molt i ot haus entremes. 

Mesires Gavains li cortois 
Se sist dejoste le Galois, 
^Bs p^yg ^j^jj^ qu'entres II s'ert assise 

Une pucele bien aprise. 
Suer ert le conte d'Arondel. 
Kes fait servir et bien et bel, 
N'i laisse noisier ne crier 
^^ Tôt por la cort a destorber, 
Molt plainement s'entreveoient 
Cil et celés qui la seoient. 



278 

Ne se haustent pas de lever 
Al deerain mes aporter, 
9995 Si que om en doit parservir. 

Cil de laiens voient venir 
Par mi la porte I chevalier 
Tôt arme sor I grant destrier, 
Li chevaliers ert molt apers, 

10000 De vert cendal fa tos covers 
Il et ses destriers ensement, 
Si ert fallolez sor argent, 
L'escu et la cote a armer 
Avoit fait molt bel falloler, 

10005 Par mi le vert cendal paroit 
Li argens qui resplendissoit, 
Cant li vens faisoit venteler 
Les fuelletes al solever. 
Par devant le piz del cheval 

10010 Avoit I molt riche poitral, 
VU campanetes i sonoient 
Qui molt grant noise demenoient. 
c2: Devant le chevalier venoit 
Une pucele qui seoit 

10015 Sor une molt riche sambue 
Qui tôt estoit a or batue, 
Li palefrois est bien anblans, 
La pucele est bêle et plaisans 
Et jone et blonde et eschevie, 

10020 D'un vermel samin fu vestie, 
Si ot une manche affublée 
Qui blanche estoit et bien ridée. 
V lances a li chevaliers, 
Porter les fait sor V destriers 

10025 V nain [s] qui tôt sunt bocere 
Et gros et cors et remuse. 
De vers dras sunt li nain vesti. 
Si ont vers chaperons assi. 
Tôt près après li gocet vieneut, 



279 

1003O Verdes lances en lor mains tienent 
A y beaz peigoncias fermes, 
Si les portent en haut levés. 
Li doi nain vienent fiajolant, 
Et li III vienent tôt chantant 

0035 A grosses vois sens point tenir, 
De bien loins les paet on oir. 
Devant eaz vient li chevaliers, 
Molt bien li sient es estriers 
Li pie qui sunt volti et bel. 

04O II tient son escu en chantel 
Sor son chief a elme dore, 
Tôt freschement enlumine. 

Li chevaliers tôt a cheval 
Est entres el palais roial, 

^^ Ligierement i est montes; 
Car n'i a pas roides degrés. 
Deles lui vient la daraoisele 
Qui plaisans est et blonde et bêle. 
Apres sunt venu li Y nain 

^^ Chascuns une lance en sa main, 
Li doi servent de flajoler. 
Et li m servent de chanter, 
Les vois ont grosses et bruians. 
Et si n'apointent riens lor chans. 
^ A mervelle sunt regarde, 
Cant il sunt el palais entre, 
N'i a dame ne chevalier 
Ne pucele ne esquiier 
Qui ne regart les nains bochus. 
^^ Mesires Kez les a veus, 

Tantost les a al roi mostres. 
»Sire« dist il »or esgardes, 
Cis chevaliers est trop hardis 
Et molt doit estre de grant pris, 

^^65 Cant en infer a pris la proie. 
Certes, hardiement guerroie. 



280 

Dedens infer priât il ces nains, 
Tant i gaaigna il a mains. 

c 3: Lors se taist Kes, si passe ayant, 

10070 Et li rois ya molt regardant 
Le cheyalier qoi vient issi. 
Assitost cnm fl Ta choisi 
Lui et les nains et la pncele, 
II chevaliers li rois apele, 

10075 Si fait la voie desconbrer. 
Ja ont fut les tables oster 
Cil de laiens qui servi ont, 
Tôt li vallet arrière vont. 
Kez lor fait le palais voidier; 

10080 Car il vaet que li chevalier 
Et les dames s*entreveissent. 
Li escnier del palais issent, 
Tôt mandient le seneschal. 

Or est laiens sor son cheval 

10085 Li vers chevaliers tos armes, 
Devant les nains s'est arrestes, 
D vait regardant les escns 
Qui pendent el palais lasns, 
L'one de ses Y lances prent, 

10090 Le cheval broche vistement, 
Tost le fait lancier et saillir, 
Tôt le palais fisent tentir 
Les campanetes qui sonoient 
Al poitral n eles pendoient. 

10095 Li chevaliers ne salua 

Ne roi ne conte qni faist la, 
Vers les escns s'est aprochies, 
Venus i est tos eslaissies, 
Tantost en a I abatu 

10100 Qui d'un riche sinople fa 

A II liepars d'or flanboians. 



281 

Hesires Dnrmars li vaillans 
Yoit bien, que ce est ses escns 
Qui devant lui est abatas, 

» Lors maintenant en piez sailli, 
D*orguel et de fierté rogi, 
De son mantel s'est defubles, 
Molt se hastet, qu'il soit armes. 
Tantost a li Galois ostee 

^ Sa cote d'ermine forée, 

Il ert d'un vert porpoint vestis 
Qui fu d'un molt riche samis. 
Lors sunt doi chanb^lain venu 
Qui devant lui ont estendu 

» I drap de soie bien ovre, 
Vert et vermel eschequerre. 
Iluec est li Galois assis. 
De n puceles fu servis, 
D'une part est mesire Yvains 

^ Et d'autre mesire Gavains, 
As n puceles enseignoient, 
Comment le Galois armeroient. 
Ses armes sunt aparillies, 
Cant il a ses chances lacies 

= Tôt par loisir et en séant, 

^ Sor ses pies se drece en estant, 
Il a son blanc hauberc vesti 
Et sa cote a arme ausi. 
Cant la ventaille est bien fermée, 

^^ Maintenant a chainte s'espee. 
Les II puceles l'aprochierent 
Qui son cler elmcf li lacierent. 

Li Galois ert si beaz armes, 
Qu'a mervelle estoit regardes, 
^ Por ce qu'il ert si bien seans 
Et si drois et si avenans. 
Por lui proie mainte pucele 
Et mainte dame riche et bêle. 



282 

Et la roine bonement 

10140 En proie a dea molt doncement, 
Qne li gart s'onor et son cors. 
Atant s'en est issus clia fors 
Mesire Dormars tos armes, 
Si tmeve devant les d^res 

10145 Son cheyal tôt aparillie. 
Doi esqniier li ont baillie 
Tôt covert et tôt ensele, 
Et si Vont molt bien enfrene. 
Li Galois monte apertement, 

10150 Lues maintenant son esca prent, 
Tantost a son col le pendi, 
Par les enarmes le saisi. 
Y pnceles bien acesmees 
Âvnec le Galois snnt alees 

10155 Â tôt y peignenciaz de soie. 
Que la roine li envoie, 
Deles le Galois s'aresterent 
Celés qui les lances portèrent. 
Je vos di, qu'il li mescheroit, 

10160 S'a cbascune joste faloit; 

Car les puceles s'asenbloient 
Et les dames qui se penoient 
De lui veoir et regarder; 
Grant mestier a de bien joster. 

10165 Devant le grant palais plenier 
Siet li Galois sor son destrier. 
Le haume assis sor la ventaille. 
Si est tos près de la 'bataille, 
N'i a fors de la lance prendre. 

10170 Mais il li covient tant atendre. 
Que la grans presse soit alee 
Qui devant lui est assenblee. 
Del autre chevalier vos di. 
Celui qui Tescu abati, 

10175 n ert issus la fors al plain. 



283 

O loi sa pucele et son nain. 
Devant la porte fa tos cois, 
La ot atendu le Galois, 
Le chief del destrier a torne 
)I80 Vers le palais par grant fierté, 
^^' En chantel a son esca mis, 
Si ne senble mie esbahis, 
La cors est grans et bêle et lee, 
Et si n'est de rien enconbree. 

A une fenestre lasus 
S'est apoies li rois Artus, 
O Ini a maint baron poissant 
lEt maint buen chevalier vaillant, 
Ht cil qui laiens ne pooient 
^^ Deles les murs s'avironoient, 
ÎEt sor les aleoirs ausi 
IMontent li plasor a estri, 
Si s'arengent espessement, 
La a molt grant plante de gent. 
 une fenestre entaillie 
S'estoit la roine apaie, 
Ces dames vont prendre lor lies 
Et ces puceles qui miex miex. 
Maintenant se sunt arrangies 
Et as fenestres apoies, 
Les n chevaliers regardoient 
Qui sor les grans chevas seoient. 
Tôt arme les elmes lacies. 

Li uns s'est del autre eslongies, 
^ Tant cum on puet d'un boion traire, 
Tôt prest sunt de lor joste faire. 
Les lances tienent en lor mains. 
Lors ont abandones les frains. 
Si laissent lor chevaz aler ; 
^^ De plain eslaiz sens renfaser 
Se vont encontrer et ferir, 



^S 



284 

Les escliclies fisent fiEÔllir 

Des grosses lances quHl bnsierent. 

Li chevalier pas ne chnqoierent, 

10215 Tost ont getes les tronchons jus, 
Bel s'acesment de lor escns. 
Andoi se snnt molt bien outre, 
Tôt bêlement sont retome, 
n autres lances recovrerent 

10220 Que II puceles lor douèrent. 
Li uns Ters l'autre se radrece 
Molt durement par grant vistece, 
Beal sevent lor escus porter 
Et bel s'acesment al joster, 

10225 De plain eslais ferir se Tont, 
Et les lances brisies sont. 
Anbedui sunt si bien jostant 
Et as armes si bien séant, 
Que tôt cil qui les regardoient 

10230 Par fine vérité disoient, 

G'ainsmais ne virent chevaliers 
Si bien seans sor les estriers 
Ne qui miex seussent ferir 
De grosses lances sens faillir; 

10235 Car tôt ades haut assenoient, 
N'onques al joster ne failloient. 

c 3 : Mesires Durmars je vos di 
Et li vers chevaliers ausi 
Ont lor jostes bien enploies, 

10240 Chascuns a V lances brisies, 

Onques lor chevaz n'i tochierent. 
Se des espérons n'es brochierent. 
Bien haut ont lor escus troes. 
Mais n'ont pas les haubers fauses 

10245 Cant il ont lor jostes parfaites, 
Tantost ont les espees traites. 
Si les entoisent par air. 
Si durement se vont ferir 



285 

Sor les clers elmes qui resplendent, 
^0250 Que li cercle rompent et fendent. 
Et des pumeaz et des brans fièrent, 
Par molt grant air se requièrent, 
Come hardi se combatoient, 
^ers les visages se lancoient 

-55 De lor espees bien sovent. 
Ifus ne savoit certainement, 
Xi quelz en avoit le millor 
Tors tant, que par plus grant vigor 
Xi coroit seure li Galois. 

^^ Et cil n'ert mie si destrois, 
<2aHl ne se defendist si bien, 
€'on ne Ten sot blasmer de rien. 

Moût se combatent igalment, 
La bêle pucele al cors gent 
Qui vint o le vert chevalier 
Ne se vot pas plus, atargier, 
Ains vint al roi lues erranment. 
Si a parle entendanment. 
»A!« fait ele »rois debonaire, 
Vos qui les grans biens soles faire 
Je vos vien un don demander 
Que vos me deves bien doner, 
Certes n'est pas drois, que g'i faille. 
Sire, apaisies ceste bataille. 
C'est li dons que je vos demant, 
Li chevalier sunt si vaillant. 
Que trop grand damages seroit. 
S'a nul d'eaz II i mescheoit. 
Li vers chevaliers est molt preuz 

^^ Et sages et chevalereuz, 
Molt est jolis et envoisies 
Et larges et bien entechies. 
Gladain le vert l'apele oVi, 
n est fiz a un haut baron 

^^ De la Menor-Bretaigne ver, 



266 

n est deehft passes te mer. 
Par delà est bien oonnens; . 
Car il a ja tomois yencus 
Et batailles et poigneis. 

10290 Or yient decha querre son pris, 
Molt se puet d'armes travillier, 
Chaens s'est Tenus acointier 
;67r®cl: Et a tos et a vostre geût, 
Il vent en son acointement 

10295 Sa cheyalerie mostrer, 

Si l'en deves plus onerer. 
Sire por deu, je vos requier. 
Que lui et l'autre cheyalier 
Faites orendroit demorer, 

10300 N'en laissîes nul d'arme otrer; 
Car, se li uns d'eaz est conquis, 
Trop iert honteus et desconfis, 
Et s'en cest point sunt deseyre, 
Ja de rien n'en seront blasme, 

10305 Ghascun poes s'onor sayer 
Sens yostre cort desonerer.c 

>Gertes« fait li rois »damisele, 
Geste requeste est bone et bêle. 
Vos n'ayes pas requis utrage, 

10310 Molt me senbles cortoise et sage, 
Je me sui ja tos consillies 
De ce dont yos si me proies. « 
Lors ne laisse li rois Artus 
Les cheyaliers conbatrer plus, 

10315 En tel guise se départirent, 

Que sanc ne menbre n'i perdirr 
N'ains lor chevaz n'i enpirierei 
Ne de rien(s) ne s'i avillierent 
Gongie demande li Galois, 

10320 Mais ne li done pas li rois, 
Ains li proie de demorer, 
Et la roine o le yis cler 



I 



287 



L*eii va proiant molt docement. 
Mais tôt ce ne lor vaut nient; 
'^326 Car li Galois s'en vuet partir 
Por achiever son grant désir. 
Il a tant d'occoisons trovees, 
Que lor proieres sont gastees 
Tors tant, qu'i lor en set bon gre. 
033O Xa li a om molt présente 
Chevaz et armes et joeaz 
lËt riches dons plaisans et beaz, 
IMais mesires Durmars n'en prent 
Tors nne lance seulement, 
^ Al départir le roi encline 
Et Ini et la gentil roine 
A damedeu a commande 
Et monsaignor Gavain et Ee ; 
Tantost cmn il a congie prist, 
Atant s'est de la cort partis. 

Li Ters chevaliers est remes, 
Si vos di, qu'il est demores 
De la maisnie al roi Artu, 
Et sa bêle pucele fîi 
De la maisnie la roine. 
Ci remaint li contes et fine 
Del roi Artns a ceste fois, 
Si vos conterai del Galois, 

^ Quelz aventures il trova, 

^ Puisque de la cort s'en torna, 
De nomer totes ses jornees 
Ne ses ostez ne ses disnees 
Ne ferai pas longe devise. 

^^ Li Galois a grant convoitise, 

^^ Que celé por cui il se paine 
Sache de vérité certaine 
Trestos les maz qu'il sent por li. 
Adont se tenroit a gari, 
Se la bêle savoit de voir, 



^^ ^ 



10360 Comment s^amors le fiût doloir. 

Molt Tait li Oalois sohaidant, 
Qa'ele senst son covenant, 
Si qoidast, qn'ele le senst, 
Grant joie et grant solas enst. 

10365 Mais por sohaidier solement 
N'a om mie tôt son talent, 
Ains se coyient molt travellier; 
Car, s'on ayoit por son haidier 
Trestos ses voloirs acomplis, 

10370 Telz bom est povres et chaitis 
Et perecenz et viez et niées 
Qni dont seroit manans et riches, 
Ne ja ne s'en travilleroit. 
Mais en gisant sohaideroit. 

10376 . Si aroit tôt son desirier, 

Lors ne saroit on pas jngier 
Qni seroit bons ne qni mayais. 
Se cbasenns ayoit ses sobais. 
On conoist ore miex les prenz 

10380 Entre les mayais perecenz; 

Car li pren sunt par lor boute 
Et par lor trayal amonte. 
Et li mayais snnt despisie 
La n li yaillant snnt prisie. 

10386 Molt yat yigors, molt yat proece, 
Et molt doit om bair perece; 
Car por perece, ce sayes, 
Est mains bom poyres et blasmes. 
Ne ja n'iert de baute yalor 

10390 Qui trop amera le sejor. 
Se li Galois n'enst erre 
Et as armes son cors pêne, 
De lui ne fust nus beaz dis fais. 
Nient plus que des nices mayais 

10396 Qui les bystoires pas ne croient, 



a I 



lo 



289 



Por ce que faire n'oseroient 
Les grans proeces que cil fisent 
Qui de haute uevre s'entremisent. 
Des buens est li biens recordes; 
04OO Molt est li hom preus et seues 
Qui se travaille por bien faire, 
Et tôt cil sunt de viel affaire 
Qui pooir ont de faire bien, 
Quant en lor vies n'en font rien; 
De sifaite gent me tairai, 
^ Mais del Galois vos conterai. 

Ce fu en Yrlande tôt droit. 

Que mesires Durmars erroit 

Par mi le savage pais, 

I jor chevachoit molt pensis 

Tos armes, -la teste enclinee, 

Si ot erre très la jornee, 

Tant que mie dis fu passes. 

Lors est en I pais entres 

U il a devant lui trovees 

Les viles arses et gastees, 

Fortereces voit abatues 

Et glises arses et fondues. 

Les molins trueve depecies 

Et les jardins tos essillies. 

Mesires Durmars n'a trove 

Qui li die la vérité, 

Par quel raison celé contrée 

Estoit sifaitement gastee. 

Mais tôt ainsi cum il erra, 

Plus de Vn C homes trova 

Sor le chemin sanglens et mors, 

Trestot nu gisoient li cors. 

Si n'estoient pas mis en terre; 

^^^^0 Bien senbloit, qu'iluec eust guerre. 

Li pais ert si destorbes 

Et si malement désertes, 
in " 19 



XS 



290 

Qu'en vint Unes en I tenant 
N'ot home ne feme manant. 

10435 Mesire Dnrmars tant chemine, 
Qu'il trespasse celé gastine, 
Et tantost cum il Ta passée, 
Si a une forest trovee 
Dont li arbre sunt gros et hant. 

10440 La lune lieve et li jors faut, 
Et mesires Dnrmars erra, 
Tant que forment li enuia, 
Et bien li devoit ennuier; 
Car ne savoit u herbergier, 

10445 Ne le pais ne conissoit. 
Que que il ensi chevacoit, 
A main destre choisi I fn 
Qui desos I grant arbre fu. 
Gant li Galois voit la clarté, 

10450 Celé part a son frain tire. 
Si s'est vers le fu adrecies. 
Et quant il s'en est aprochies 
Atresi près cum un arpent. 
Lors voit le fu tôt plainement, 

10455 D'atre part voit I grant destrier 
Et I brachet et I lévrier. 
Par delez le fu se seoit 

I archiers qui la se chafoit, 
Si a voit o li I garchon, 

10460 Et cil rostisoit venison 
v" c 1 : Que li archiers prist al berser. 

Celé part vait sens arrester 
Mesires Durmars tost et droit, 
La sèche raime debrisoit 
10465 Par desoz les pies del destrier. 
Li archiers ot le boiz froissier, 
Et si ot la terre bondir, 

II se commence a esbahir, 



291 

Maintenant a son arc tendu, 

1047O Si espoeres cum il fu, 

Vers son cheval molt tost ala, 
De son frain mètre se hasta, 
Comme cil qui monter voloit. 
Mesires Durmars le parchoit, 

10475 Vers lui s'adrece, se li crie, 
»Frere« fait il »ne fuies mie, 
Parles a moi, vos n'ayes garde. < 
Âtant li archiers se regarde. 
Si voit le Gralois tôt arme 

'^^O Qui la Tavoit assegure. 

Maintenant li dist li archiers: * 
»Bien yegnies vos, beaz sire chiers, 
Si vos plaist o nos a descendre 
Et de nostre viande prendre, 
►*QS Jq YQg (Jonrai a graut foison 
Et pain et vin et venison. 
iJe ce soies certains et fis, 
Je ne sni mie desgarnis; 
Que, quant je doi en boz aler, 
^ Et je quit auques demorer, 
Je faiz porter et pain et vin 
£t blanche tuaille de lin 
Et un molt bel henap d'argent 
- Et esquieles ensement 
■^ Que je fais mètre en I maie 

Qui n'est mie a trosser trop maie; 
Oant derrier moi la fait trosser, 
Ce ne puet mon cheval grever. 
Todis ai o moi I garçon 
^ Qui molt me siet près del talon, 
J'ai I brachet et I lévrier 
Qui durement font a proisier. 
Puisque j'ai pain et vin et sel. 
Je ne m'esmaie gaires d'el; ^ 

^^^ Car j'ai tost I beste prise, v- ^ 

19 ♦ 



292 

en soi herbergies en tel gaise, 
Qae j*ai viande et yin assez 
Dont Yos ares, se vos yolez. 
La liTreson de mon destrier 
10510 Vos partirai sens engignier 
Por doner a vostre cheval.* 

>Foi que doi den Tesperital,* 
Fait mesires Dnrmars li frans, 
»Molt estes cortois et vaillans, 

10515 Cant vos ce m'aves présente, 

Et je vos en sai molt bon gre.« 
c 2: A cest mot li Galois deseent, 
Et li sSkhiers son cheval prent, 
Al miex qu'il puet Ta estable, 

10520 Et quant li a le frain oste, 
Par devant le cheval a mise 
La livreson qu'il ot promise. 
Li Galois oste son escu, 
Si Ta a I chane pendu, 

10525 Et li archiers tost li aida, 
Son cler elme li deslacha. 
Del Galois vos di ge sens faille, 
Qu'il n'abat mie sa ventaille. 
Mais I poi en fait deslacier, 

10530 Si qu'il pora boivre et mangier. 
11 a fait ses mains desarmer, 
Deles le fu qui si art cler 
L'espee chainte s'est assis. 
Près de lui a son elme mis, 

10635 Si que, s'il en avoit mestier, 
Maintenant le poroit lacier. 
Tantost fait laver le Galois 
Li archiers qui molt est cortois, 
Apres li aporte a souper, 

10540 Et se li done bon vin cler 

Dont li. Galois boit volentiers. 
Bonement le sert li archiers, 



293 

Apres mangier lors se chaaferc 
Mais onqaes des lis n'i parlerei 
2!ar il n'es poieut avoir la. 

^ monsaignor Darmart meobra 
De la terre qu'il ot trovee 
Si] essilie et si gastee 
Et .des homes qu'il trova mors, 
[j'archier en araisona lors, 
►Prere« fait il »j'ai hui trove, 
Tôt ensi comme j'ai erre 
lies viles arses et brûlées 
St les glises totes gastees, 
St si trovai homes asses 
VIors et sanglens et tos navres. 
Pot nu et tôt deschauz gisoiem 
Et li charbon tôt vif estoient 
Des maisons arses que je vi. 
Por ce me senble, je vos di, 
3ue ce soit fait novelement, 
Trop ont chevacie crualment 
Dil qui la terre ont si malmise. 
Si ont laissie maison ne glise, 
Tôt li manoir sunt essillie, 
Ensi com j'ai hui chevacie. 
Car me dites > qui cest pais 
Â. si déserte et malmis, 
Ne quelz hom l'a a maintenir, 
Cant il ne le* puet garantir.^ 

A cest mot respont li arciers, 
»Certes< fait il »beaz sire chiei 
Ce est damages et pechies 
Del pais qui est essilies 
Et des prodomes qui sunt mori 
La guerre est commencie a tor 
Li grans rois d'Yrlande, beaz s 
De cui on ne doit nul bien dir 



2H 

Car trop est fel a demesnrer 
10580 Et ai a'a de loialte cure — 
n a a nom li roia Nogans, 
Mais por ce que il est trop grans^ 
Si I^apele on le grant roi. 
En Ini n*a proece ne foi, 
10685 n guerroie sa lige dame, 

âe li vuet tolir son roiame; 
Elt a*est sa germaine cosine. 
Ce est la plus bêle roine 
Que Ton puist el siècle saroir, 
lOftîX) Je vos conterai tôt le Toir 

Por coi li grans rois le gverroie 
Qui de malfaire se desroie. 

»Une grans feste fu criée 
Devant Landoc en mi la pree, 

10595 U i ot gent de maint pais, 
Sor une perce estoi[t] assis 
Uns esperviers trestos mues, 
Molt beaz et molt bien enpenes. 
Cardroains li roz le gardoit 

l()t)(JO Qui chascun an le defendoit 
Encontre un autre cheyalier 
Qui vers lui Tosaist chalengier. 
Li grans rois d'Yrlande \ ala, 
La bêle roine i mena 

10606 Qui dame estoit et sa cosine, 
Et quant ce vint a la atine, 
Qu'il li dut doner Tespervier, 
Il ne Tosa pas de.srainier 
Encontre Cardroain le rouz 

10610 Qui trop ert hardis et estouz, 
La bêle roine i laissa 
Cil qui conbatre ne s'osa. 
Ele remest molt esbahie 

♦ 
10596 Mi. e»toi8. 



296 

Entre Gardroain et s'amie, 

10615 Kenssent en prison menée, 
Si qu'il Tavoient arrestee, 
Gant I chevaliers s'avancha 
Qui trestos armes estoit la. 
Gil ot pieté de la roine, 

10620 Por li enprist celé aatine, 
Qu'a Gardroain se conbati 
Et al joster mort Tabati. 
Li chevaliers sifaitement 
Gonquist Tespervier erranment, 

10625 Et tantost qu'il en ot saisine, 
Se le dona il la roine 
Qui dame est de ceste contrée, 
G'est la plus bêle qui soit née. 
Encor li vi je tenir hier 
Dedens sa chambre Tespervier, 
Le chevalier qui le dona 
Ne vit ele molt grant piech'a; 
Mais ele en parole sovent 
Et raolt le prise bonement, 

10635 Et ele le doit molt prisier; 

Gar il li ot molt grant mestier. 



68 r« cl : 
10630 



»Gant la roine o le cler vis 
Fu revenue en cest pais, 
Del roi Nogant dit et conta, 

10640 Gomfaitement il le laissa 

Âl grant besoing coardement, 
Blasmes en fu de mainte gent. . 
Et quant il sot de vérité, 
Que la roine avoit parle 

10645 De la coardise qu'il fist. 

Lues maintenant li grans rois dist, 
Qu'ele en cest pais n'avoit droit. 
Et qu'ele a grant tort le tenoit; 
Lors vint sor li a ost banie, 

10650 Et si l'a de guerre essiUie, 



296 

»Li rois Nogans a grant trésor, 

Si don' ent tant argent et or, 

Que ce n'est se mervelle non. 

Li chevalier et li baron 
10655 Qui doivent la roine aidier 

Li sunt failli comme lanier 

Por les doniers que il rechoivent. 

Certes, malement se dechoivent 

Et grant blasme doivent avoir, 
10060 Gant il prendent sifait avoir 

Dont il sunt trahitor prove, 

Todis mais lor iert reprove. 

Molt doit on bien celui reprendre 

Qui se honist por avoir prendre; 
10665 Car, quant li avoirs est aies. 

N'est pas li blasmes oblies. 

Mais de ce ne se gardent mie 

Cil qui la roine ont trahie. 

Comme mavais li ont failli. 

10670 ^Certes, j'ai grant pieté de li; 

Car sa terre est arse et maumise. 

Et si l'a li grans rois assise 

En la cite de Limeri, 

Il i vint hier a mie di; 
10675 Cant il ot le pais gaste, 

Si vint asseoir la cite. 

Dex, que pense li mavais rois? 

Certes, il n'est mie cortois 

Ne de haut cuer ne de vallant, 
10680 Cant il a tort vait gerroiant 

La plus bêle et la plus vaillant 

Qui soit en cest siècle vivant. 

Tôt cil qui le puent veoir 

Dient por raison et por voir, 
c 2 : (Dient) qu'il onques ne virent plus bêle ; 
10686 Et si vos di, que la pucele 

N^est mie por sa bealte fiere 



297 

I^e trop baade ne trop parliere, 
1^6 se melle pas de mesdire 

90 Tîe de gens blasmer ne despire, 
^ins est sage de bel parler, 
£ien set a point rire et joer. 
ISle est de si bone acointance 
!Et de si bele contenance, 

^ô Que li sage bien entandant 
Qui del siècle sont clerveant 
INe sevent en li que blasmer; 
lEle est encor a marier. 
Dex, cum iert sire qui Taura 

^^^ Ut cui ele bien amera!< 

Cluant li Galois ot ces noveles, 
Se li sunt molt plaisans et bêles; 
Car il pense bien et devine, 
Que chu est la bele roine 
^^ Cui il aime sor tote rien 

Dont li arciers dist tant de bien, 
n a molt longement pense. 
En son cuer a grant volente 
De la roine desegier, 
^ Durement li vorra aidier. 
Or ne set il que il fera; 
Quar se il en Gales s'en va, 
Il se crient de trop demorer 
Por I grant secors amener. 
D'autre chose se porpensa 
Et dist, qu'el chastel errera 
Avuec la roine sa dame 
Por aidier li et son roiaume. 
Le grant roi Nogant ne sa gent 
Ne dote li Galois noient, 
Ains les quide bien desconfire. 
En son cuer convoite et désire, 
Que la roine le veist 
En tel point, que d'armes feist 



7ls 



^^y^o 



298 

10725 Et qu'il 86B enemifl grevart 

Et Toiant li les damagast. 

Il pense tant por li a fiûre, 

Que, s'ele n'est de trop mal air^, 

De son bienfait li sara gre, 
10730 Et se li iert goeredone. 

En sa pensée s'esjoi 

Li Galois qui pas ne gehi 

L'amor qu^il a a la roine, 

En sospirant le chief encline, 
10735 »Beaz frères, € fait il al arcier, 

»Se la roine avoit mestier 

D'un tel chevalier con ge sui, 

Je ne lairoie por nului, 

Que je ne li alaisse aidier 
10740 A mon pooir de cuer entier.* 
c3: »Par deu sire,< fait li archiers, 

»I1 ayient, c'uns bons chevaliers 

Baloie tos ceaz d'un pais, 

Et por ce si m'est il avis, 
10745 Que chascuns se doit bien pener, 

Qu'il puist les millors resenbler. 

Li aventure d'un. seul jor 

Fait d'un povre home I grant saignor, 

Et par un tôt seul cop, beaz sire, 
10750 Rescout I hom tôt un empire. 

Por ce me senble bien a faire, 

Qu'a la roine debonaire 

Faciès et secors et aie, 

Ne por péril ne laissies mie; 
10755 Car ja bien prodom ne sera 

Qui tos péris renfusera. 

Par mi periz covient passer 

Ceaz qui vulent el pris monter ; 

S'il a en vos pris et honor, 
10760 Et vos âmes sens et vigor. 

Dont venes aidier la roine 



299 

Qui tant est bone et bêle et fine. 
Je soi ses hom et ses yenere. 



Fait mesire Durmars; Béas frère, 
10765 Je li aiderai volentiers, 
Et si serai ses chevaliers. 
Mais par la foi que tu dois dieu 
Maine moi demain en cel lieu 
n je li puisse miex aidier 
10770 Ses enemis a damagier.< 

Fait li archiers : »N'en dotes ja, 
Demain tantost com jors sera, 
Vos menrai droit a Limeri, 
N'i a pas VII liues de ci, 
Et por vos miex asseurer 
Vos vuel ma fiance doner, 
Que je loialmeut vos menrai 
Et sens trahir vos servirai.* 



1077, 



•^>78() 



07B5 



L079O 



^f>'795 



^1: 



Xa fiance prent li Galois, 

Et li arciers fist que cortois, 

Cant il ensi Taseura; 

Car li Galois miex Ten crera. 

Tantost cum il est ajorne, 

8i sunt sor lor chevaz monte, 

Lors s'acheminent, si s'en vont 

A tel compaigne cum il ont. 

Devant chevache li arciers, 

Por ce qu'il set les drois sentiers. 

Li Galois Ta a raison mis, 

»Por deu< fait il »beaz doz amis, 

Dite moi, quel nom vos aves.« 

»Sire, Césars sui apeles, 

Si vos di que vénères sui. 

Je n'en doterai nului 

Ne de tjaire ne de berser 

Ne de bien ocier I sengler,' 

Et si sai des oiseaz asses 



800 
Atant com dus hom qui soit ne8.< 



»Gertes César, € fait li Galois, 

10800 »MoIt estes sages et cortoîs, 

Gant de chiens et d'oiseaz sayes. 
Je vos di que miex en yales.< 
Atant vont lor oire efforchant, 
Le chemin truevent bel et grant, 

10805 De chevacier tant se hasterent, 

Que la grant forest trespasserent, 
Et tantost qu'il sunt fors issu, 
Et qu'il sunt as plains chans venu, 
La cite de Limeri voient 

10810 Et les murs qui horde estoient. 
Li chastias^ siet sor roche haut, 
Si vos di, qu'il ne crient assaut 
Ne de traire ne de miner. 
Ne periere n'i puet grever. 

10816 Se C chevalier le gardoient. 

Vers C mil homes le tenroient, 
Por tant qu'il fassent bien garni 
Et bien loial et bien hardi. 
Al pie de la roche seoit 

10820 La cites qui molt bele estoit. 

De grans fosses iert bien fermée 
Et de haus murs avironee. 
Ens el forborc qui molt ert grans 
La s'ert logies li rois Nogans, 

10825 Si a o lui maint chevalier. 
La cite ne puet assegier 
Fors que d'une part solement. 
En l'ost a grant plante de gent, 
Buens ostes avoient asses; 

10830 Car li forbors ert grans et lez. 
Les banieres qui venteloient 
Et les armes qui cler luisoienl^ 
Choisi bien mesires Durmars. 



301 



ejoste loi yenoit Césars 
•35 L3 archiers qui molt fa cortois, 
»Seaz sire,€ fait il al Galois, 
^La Tile que tant regardes 
£!t ces hans murs que vos vees, 
C'est la cites de Limeri, 
*^ ^ins miex herbergie ne vi, 
INdainte bêle maison i a. 
Ens el grant forborc par decha 
S'est li rois Nogans herbergies, 
I\ïais par vérité le saehies, 
*^ Que, se cil qui sunt ensere 
Ont de défendre volente, 
Devant Vil ans tos acomplis 
^e seroit pas li chasteaz pris 
^e la cites qui desoz siet. 
^^ Se ceas de laiens ne meschiet, 
Xongement se puent tenir; 
Car je vos di sens escharnir, 
Qu'il i a Vn XX chevaliers 
lEt M serjans et C arciers, 
Et si a borjois en la vile, 
Molt bien arme[s] plus de III mile. 
Il ont a boivre et a mangier 
Dusqu'a II ans al mien quidier. 
Mais de laiens n'osent issir, 
^^ Ne les portent n'osent ovrir. 

>Li rois Nogans a chevaliers 
Devant la vile VII miliers 
Et C mil homes d'autre gent, 
Molt guerroie seurement; 
^^^ Car il n'est onques destorbes. 
De ci todroit, se vos voles, 
Poes bien ceas del ost choisir. 
Mais ne puent a nos venir ; 
Car v(e)es ci I mares trop grant 
^^ Et une rivière corant. 



2 z 



302 

La rivière cort par delà. 
Et li mares est par decha, 
Li oz siet outre la rivière, 
Je voi de ci mainte baniere 

10876 Et mainte ensegne yenteler. 
La bêle roine al vis cler 
N'a pins de chasteaz devers ii 
Qne la cite de Limeri, 
Et trestot si home ensement 

10880 Li sunt fali commanalmeut 

Fors cil qui laiens sunt o li.€ 

Ce que li Galois entendi 
A ce que li arciers disoit, 
Devant lui as fenestres voit 

10836 Une forterece bordée. 

Li Galois Ta molt regardée, 
L'arcier le mostre maintenant, 
»Cesar« fait il »por deu le grant, 
Quel forterece puet ce estre 

10890 Que je voi cha a niain senestre?« 
»Sire« fait César »je vos di. 
C'est li molins de Limeri, 
Il i a X molins molans, 
Si vos di qu'il n'est onques ans, 

10896 Qu'il ne valent bien VC mars.« 
»Par deu,« fait mesires Durmars, 
»Por les murs et por les cretealz 
Quidai, que ce fust I chasteaz.« 

»Certes< fait li arciers »beaz sire, 
10900 Je ne vos oi de rien mesdire; 

Car qui le voit chastealz resenble, 
Il i a X molins ensenble. 
Tôt sunt covert d'une maison 
Qui batellie est environ. 
10906 Jjî molin sunt si bien ferme 
Et si sagement atorne. 



303 

Que ja le morre ne lairont 

Por trestos ceas qui en Tost sont. 

c 3 : Laiens a sale riche et bêle, 

3910 Chanbre et cosine et chapele 
fit estables al mien quidier 
Por Vil XX chevaz herbergier. 
Oe ne yi onques de son grant 
Si fort chastel ne si séant, 

^1^ lii mares Tenclot cha deriere, 
Et par devant cort la rivière 
Qui parfonde est et grans et lee. 
Xa forterece est bien fermée 
De hans murs et^de grans tranchies 

►20 ;Et Je tumeles batellies, 

Xi chasteaz des molins a nom, 
Sifaitement Tapele om. 

»Et cil qui del chastel est sire 
Est molt vaillans, bien le puis dire. 
C'est un valles joves et beaz, 
Procidas a nom li danzeas, 
N'a pas XYIII ans passez. 
Dusqu'a I an iert adobez, 
Chastelains iert de Limeri, 
Molt a le cuer fier et hardi. 
On Ta ja molt bien esprove 
De vigor et de loialte; 
Car quant la guerre commencha 
Trop hardiement se mesla 

^ Vers ceas qui le grant roi aidoient 
Et qui. lôr dame travilloient. 
I lor arst viles et maisons, 
Si prist lor bues et lor motons 
Et lor homes et lor vilains, 

'^ Tant gaagna li chastelains. 
Qu'il a bien son chastel garni. 
Dusqu'a un an tôt aconpli 
Ont. assez, viandes et vins 



a^o 



109. 



304 

Dedens le chastel des molins. 

10945 Jjf^ ens est Procidas li fiers 
Lui LXtisme d'eseniers 
Qtii tôt sunt de gaerre sachant, 
Chascuns a cheval bien corant 
Et bêles armes ensement, 

10950 N'i snnt pas esclariement ; 
Car il ont C serjans a pie 
Qui d'armes snnt aparillie. 
Procidas est lor liges sire, 
Et de lui vos sai je bien dire, 

10955 Qu'il est hom liges la roine. 
Je conois tant lui et^s'orine, 
Qu'il ne fauroit mie sa dame 
Por tôt l'avoir d'un grant roiame. 

Fait mesires Durmars li ber: 
I096i) »Procidas fait molt a amer, 
Gant si preuz est et si loiauz, 
Bien en doit estre ses pris hauz. 
On se doit molt bien travellier 
Por la bêle roine aidier, 
f269 r®c 1: Et ge VOS di sens decivoir, 
10966 Que ju a trestot mon pooir 

Yorrai chaus del ost destorber 
U les porai je plus grever 
U del chastel de Limeri 
10970 D des molins que je voi ci.« 

»Sire,« fait César li senes, 
»Se vos en la cite aies. 
Vos ne pores la fors issir 
Por l'ost grever ne estormir; 
10975 Car les portes sunt enterrées, 
' Et si sunt tôt ades fermées. 
Cil de laiens n'ont volente 
Fors de défendre lor cite, 
Ja ceas del ost ne requerro(ie)nt. 



305 

^80 Msia el chastel des molins sont 
XX vallet jovencel 
<3ni tôt convoitent le cembel. 
S'ons bons chevaliers i estoit, 
Je vos di bien, qu'il les raenroit 

^S Tôt la u les vorroit mener 
Por lor hardemens esprover, 
Por tant que il bien le creusent, 
Et qu^il l'amassent et cremissent. 

»0r vos dirai que nos ferons 
^^ A cest mares descenderons 

Vostre cheval ferai mener; 

Car a pie vos covient aler 

Parmi I sentier si estroit. 

Que, se li chevaz mespassoit, 
^^ Tôt li covenroit demorer. 

Jamais ne l'en poriens geter; 

Car il charoit es grans molieres 

U en fosses u en crolieres. 

Ne ju autre voie ne sai 

Que celi que je vos menrai. 

Et s'i n'estoit si dur gelé. 

Je vos di bien par vérité. 

Que. nus hom n'î poroit aler 

A pie ne a cheval passer; 
^ En plusors lies a cloies mises 

Et planches* qui bien sunt assises. 

Ci parent me voiz archoier, 

Quant en la forest voiz chacier, 

Ceste voie ne me torroient 
^ Tôt cil del ost, s'i bien voloient. 

Je vos di, que de ceste part 

N'a mie la cites regart 

Ne de prendre ne d'assaillir, 

On n'en poroit a ehief venir. 

^^ Al chastel des molins irons 

Et nos chevaz iloc lairons, -^ 
''*^«^ 20 



306 

A mon garchon les baillerai; 

Car je vos di et bien le sai, 

S'en la cite voles entrer, 
11020 N'i poes a cheval aler, 
c 2 : Mais tôt a pie, se dez m'ait. 

Par mi I guichet si petit, 

Qu'il vos covenra abaissier, 

Et si vos ferai nagier 
11025 Tôt le fil d'une eave coraut.c 

»Par Jhesu le haut roi poissant, c 
Fait mesires Durmars li fiers, 
»Ensenble o moi iert mes destriers, 
Sens mon cheval n'irai je mie; 

11080 Car ce me senbleroit folie, 
Se je en la cite estoie. 
Et je mon cheval n'i avoie. 
Je seroie tos esbabis; 
Car se bataille u poigneis 

11035 Commencoit devant la cite, 
Se tôt li autre erent monte, 
Et je a pie i demoroie, 
Dolans et corecies seroie; 
Car chevaliers qui veut valoir 

11040 Doit bien a grant besoing paroir 
Et en tel point se doit mostrer. 
Qu'il i puist sa paine salver; 
Cant la proece est renomee». 
Dont est bien la paine(e) salvee. 

11046 Qr entendes que je ferai, 
Al chastel des molins irai, 
Metes moi ens, je vos en proi, 
Laiens iert mes chevas o moi. 
Ce me vient assez miez a gre 

11050 Qu'a estre a pie en la cite. 
Qu'a Procidas m'acointeres, 
Li et ses jBsquiiers dires, 



307 

Que je viegn cha por ei 
Et por chans del ost gi 
La roine me salues 
Et de par moi se li dir 
Qu'el[e] a un novel soh 
Qui se tient por son ch 

»Sire,« fait César li coi 

> »Vostre nom me dites i 
De par qui le salueroie, 
Se je vostre nom ne sa> 
» César « fait il »vos le i 
Durmars li Galois s.ui n 
Dites moi la bêle roine, 
Qu'ele iert joiaus a brit 
Car sa cites iert desegi^ 
Et sa guerre iert tote a 
Anchois qu'ele ne quit i 
Tôt ce li dites et contei 
»Sire,« fait Césars li ar 
»Je le dirai molt volent 
Et ele en sera molt jois 
Car ces noveles sunt ph 

* Ensi vont anbedui parla 
Li uns al autre en chev 

: ^ant il sunt al mares v 
Tantost sunt a pie desc 
Le cheval le Galois a p 

) Césars qui molt ert biei 
 son garçon fait le sie 
Li Galois ne le set repi 
De chose qu[e] il en lu 
Li arciers qui bien set 

> S'en vait devant le peti 
Si vos di, qu'il ne se fs 
Del cheval mener sagen 
Li Galois le siet errana 



308 



U ne vont mie lez a lez; 

11090 Car li sentiers n'est pas si lez. 
Gant le chastel vont aprochant, 
Ausi tost le vont eslongant; 
Car énsi les covient aler 
Por le mavais pas eschiver, 

11095 Tant i traevent de tornioles 

Et de crolieres qni sont moles, 
Por poi qu*il n'i sant demore. 
Il eussent plas tost erre 
De bone voie III loees 

11100 U XXX grans arbalastrees 
Que VU traities de celi. 
Tant ont aie et reguenchi, 
Qu'il sunt venu, ains que nuis soit 
Âl chastel des molins todroit, 

11105 Les murs voient et les fosses. 
Et si truevent les pons levés. 

Césars s'escrie hautement: 
Abaissies ces pons erranment 
Et celé porte tost ovres, 

11110 Lors vieut I sergans tos armes, 
Si monte sor les murs amont 
Et voit ceas qni la defors sont, 
Ne conoist pas le chevalier. 
Mais il reconoist bien Tarcier. 

11115 »Cesar< fait il »or entendes. 
Celui qui la vient tos armes 
Ne conois je ne tant ne quant.« 
Et Césars respont en riant: 
»Beaz amis, se tu ne me crois, 

11120 Par celé foi que tu moi dois 
Fai moi parler a Procidas, 
Et cil s'en vait plus que le pas. 
Si l'a maintenant amené. 

11107 Ms. Mesars fehler des illuminators. 



^3 



309 

X yallet cortois et sene 

îS Sunt avuec Procidas venu, 

De roies dras sunt bien vestu. 
Cant il sunt as creteaz mt)nte, 
Le Galois voient tôt arme, 
Et tos covers est ses chevaz. 

^O Sor le mur qui grans est et hauz 
8*areste Procidas tos cois, 
Li archiers le mostre al Galois, 

^ - »Sire« fait il »cis damoiseaz 
Qui si est avenans et beaz, 

^^ Cil que nos en droit nos veons 
As cheveaz crêpes, I pou blons 
A cel gent cors a cel fier vis. 
Ce est Procidas li hardis. < 

lii arciers n*a mie parle, 

^ Cant Procidas Ta apele, 

>Gesar< fait il »parles a nos, 
Dites moi tost, conoissies vos 
Celui a ces liepars dores 
Qui deles vos s*est arrestes.< 

^ >Sire,« fait César en riant, 
>Del chevalier vos di jo tant, 
<)û*il a nom Durmars li Galois, 
Molt est beaz parliers et cortois^ 
Et molt pert bien a sa senblance, 

^^ Qu'il soit de bien haute vaillance. 
Ënuit si com je me chauffoie 
En la forert u jo «stoie, 
La me trova par aventure, 
Si fn bien raiBons et droiture, 

^^ Puis qu'il vout que ci(l) l'amenasse, 
Que compaignie li portasse. 
Certes, je le quit molt vallant, 
Je li ai dit le covenant 



UlSOMfl. 



murs. 



1» 

Fiftïïïii» iH^ piQVl» «iTTÎr tCSt^ 



IITiJ 



^Cesu-.c fait Procida» li sige». 

iilT^> >Je E&e 9VÎ mie si Tofaiges. 
Qoe je t4< ei» !e nrhorre: 
Car je eiien. qa i ae tos dcelioiTe. 
Maid s*î! nos mtet sor sains jurer. 
Qu'il nœ aidoa sens faon»-. 

11175 Toleiitieis le leceTerai 

Et grant htmor K pturterû-c 
Fait fi Galois: >3loh dites bien^ 
Je ne tos doi Maamer de rien. 
Se Tos me qnerres seorte. 

11180 Cant fi saint satmt aporte, 
MoH Tolentiers tob jurerai, 
Qu^a mon pooir tos aiderai, c 
Procidas ne s*aresie plus, 
Del haut mur est avales jus, 

11185 lui yienent XXX esquiier, 
Chascuns. est fiez a chevalier. 
Cant li pont sont jus avale, 
Contre le Galois sont aie 
c 2: Li vallet molt isnelement, 

11190 Tôt le saluent hautement; 
Il es a molt beal respondu, 
Si lor rent briement lor salu. 
Et Procidas molt tost s'avance, 
Si rechoit Tescu et la lance 

11196 Et Tespee qui fa tranchans, 



311 

Tantost fait venir II ser^ 
Si fait le Oalois désarme; 
Les armes a fait commaE 
 un vallet qui les gardi 
O Molt regardent le Ualois 
Cil qui le voient desarme 
Cànt il Vont assez regard 
Tôt en jurent la loi de I 
C'ainsmais ne virent si b< 

5 Devant les haus murs en 
La ot on les sains aporte 
I chapelains les ot cochie 
Sor un paile qui fu ploiei 
Li Galois s'agenoille as si 

II les aore a jointes main 
Doucement les a enclines. 
»Procidas« fait il »entenc 
Par tos les sains que je ' 
Et par la foi que doi celi 

5 Que j'ain d'amor loial et 
J^aiderai la bêle roine 
Et vos et tos ceaz qui su 
Tant que vos seres devers 
Âusi me doinst deus d^axn 

Maigre celui qui le gerroi 
Tenra ele sa terre en paii 
Anchois que soit passez n 
U cil qui le guerroieront 
Le peior de la guerre aro 

5 De cel sairement s'esjoireii 
Cil del chastel, quant il l 
Et Césars li archiers jura, 
Qu'a la roine contera 
Ce que mesires Durmars c 

Cant icele seurte fiai. 



lâ (}aloia s'ert levez en 



Pi 



312 

Tantost qu'il a les sains baisies, 
Et Procidas tôt maintenant 
Li vient devant tôt en riant, 

11236 Et dist: »Beaz sire, doblement 
Aves fait vostre sairement; 
Car vos aves sor sains jore 
Et sor la grande fealte 
Que vos a fine amor deves, 

11240 Que loiaknent nos aideres, 

Je vos croi atant com mon cdrs. 
Âdont s'entrebaisierent lors 
Et li Galois et Procidas, 
Cil del chastel et haut et bas 
c 3: Le vont en bone foi baisier, 

11246 Tôt se vont a lui acointier. 
Et il comme bien entendans 
Demande le nom des alqnans. 
Qaant il les a trestos veus, 

11250 Si bien a lor nons détenus. 
Qu'il en set près de C nomer. 
Ains qu'il soit ore de soper. 
En la grant sale le menèrent 
Li vallet qui molt l'onorerent, 

11255 A I grant fa le font chaufer 
Qui laiens art et bel et cler. 

Li Galois n'a pas robe vaire. 
Mais d'un burel gros comme haire 
Li font vestir cote et mantel. 

11260 Telz robes avoit el chastel, 
Autre n'orent li esquiier. 
Ne laiens n'avoit chevalier 
Fors monsaignor Durmart sens plus 
Qui a cel jor estoit venus. 

11265 Procidas l'onore forment 
Et tôt si vallet ensement, 
Sor I siège le font seoir, 
ChascuBS le sert a son pooir. 



313 

Tantost qu'il voient aves 

> Lors font chandoilles alu 
Li keu ont haste le mau 
Tantost font Teave apari! 
Procidas sens plus arrest 
Fait monsaignor Dnrmarl 

> De loi servir molt 8*aba£ 
Il meismes Teave li done, 
A une table s'est assis 
Mesires Dnrmars, s'i a pi 
I chapelain qui siet o lui 

3 Ensenble mangiereut and 
A la table n'en sisent pli 
Et li valet s'asisent jus, 
Si mangierent par terre 
Al mangier servi Procida 

5 Devant le Galois en esta 
Les napes ostent li serjai 
Lues que ce vint après S' 

Césars vait als Galois pa 
Devant lui s'est eugenilli 

»Sire« fait il »de oe sui 
Que je vos ai amené ci, 
Je m'en vois or a Limeri 
Bien i venrai al mien qu 
Ains qu'il soit ore de coc 

5 Commandes moi vostre p 
Je 0ai tos près de vos se 
Et li Galois respont l'arc 
» César « fait il »je vos re 
Et si vos proi por amor 

Que vos me dites la roin 

: Qu'ele ne face mavais pla 
Por nul consel qu'ele onc 
Que secorue iert par celu 
Qui l'a getee d'autre enn 

B C'est dex qui bien i puet 



su 

Tant li poM dire et noncier, 
Qn'ele ara force et pooir 
De tote sa terre ravoir, 
Ains que li Penthecoete viegne, 

11810 Se li dites, qa'i li 8oyi]igiie(t) 
De tos ceaz qui servie ront.€ 
Et li archiers molt bial respont: 
»Sire, tos ces mos li dirai, 
8i que ja de rien nH fanrai.« 

11815 Lors en est li archiers partis, 
Cant al Galois a congie pris. 

Li tens est clers la nuis est bêle. 

En une petite nacele 

Se met Césars lues maintenant, 

11820 Tost vient a Limeri nagant. 
Lors est fors del batel issns, 
Cant il est al chastel venus, 
Laiens se met sens contredit 
Par mi un guichet molt petit 

11325 Que doi serjant li defermerent 
Qui le conurent et amerent. 
Et li archiers d'errer ne fine 
Dusqu^en la sale la roine, 
Cant il est en la sale entres, 

11880 Si trueve chevaliers asses 

Et maint seijant bien afPaitie. 
Lors primes avoit on mangie, 
La bêle roine al vis cler 
Fait une pucele harper 

11885 Por desduire ses chevaliers. 
Atant est venus li archiers 
Devant la roine senee. 
Si Ta hautement saluée, 
Près de li s'est engenilliee. 

11840 »Cesar< fait ele »bien veignies, 
Dites moi tost dont vos venes.« 



815 



134r& 



3ÔO 



c 2 : 



11360 



»Dame< fait GésArs »entende8, 
Je yien de la forest todroit 
TT j*ai molt bien ftiit vostre esploit. 
Car I chevalier î trovai 
A cui je dis tôt et contai 
Por coi li grans rois vos guerroie. 
Li chevaliers fist molt grant joie, 
Gant je li ou dît et conte. 
Dame, il m*a dit et créante. 
Qu'il sera vostres sodoiers. 
Je vos di, que li chevaliers 
Est al chastel des molins ore, 
Et si vos conterai encore, 
13&& Por coi il vuet la demorer. 
Il m'a dit, qu'il pora grever 
Vos enemis molt plus assez. 
Que s'il ert chaens enserez. 
Dex cum il est bien chevachaus 
Et grans et béas et bien parlans! 
Et les armes li sient si, 
G'ainsmais si bienseans ne vi. 
Dame, il noâ a sor sains jure 
Et sor la grande fealte 
Qu'i doit a fine amor loial, 
Qu'il ja ne querra vostre mal, 
Ains vos aidera loialment. 
Par moi vos mande bonement. 
Que trop ne soies esmaie; 
Car par celui seres aidie 
Qui d'autre anui vos a getee. 
Yostre guerre iert tote achievee, 
Et tôt vostre pais ravres. 
Anchois que nus mais soit passes. 
Tôt ce vos a(i) mande par moi 
hi chevaliers foi que vos doi, 
Et si moi dist al départir. 
Qu'il vos doit molt bien sovenir 
De tos ceas qui vos ont servie. < 



11366 



iia^o 



11 



^"î^ô 



316 

11880 »C!e8ar, se dex te beneie,« 
Fait la roine en sospirant, 
»Ne mé va mie eschaniis8aiit.« 
»Dame« fait il »ce sachies bien, 
Je ne vos ai menti de rien. 

11386 Gant je parti del chevalier, 

Molt docement me vint proier, 
Que de par loi vos saluasse 
Et que tos ces mos vos conttfSse, 
Ensi com vos aves oLc 

11890 La bêle roine entendi 

Ce que Césars U a noncie, 
Mais il li a bas consillie, 
Si a bien tos ces mos fomis. 
»Cesar< fait ele »beaz amis, 

11895 Comment a nom li chevaliers V« 
^Certes dame,€ fait li arciers, 
»n a nom Durmars li Galois, 
Et s^il est quens u dus u rois. 
Se li pert il bien par senblanee.c 

11400 Gant la bêle roine france' 

Ot Durmart le Qalois nomer. 
Fine amors le fait sospirer, 
Bien set sa pensée covrir. 
»E! dex€ fait ele »tant sospir 

11405 M'a fait geter li rois Nogans, 

Trop m'a [il] guerroie lonc tans.€ 
Lors SQspire plus de VU fois 
La l'oine por le Galois, 
Mais del roi Nogant se covroit; 

11410 Car en sospirant se plangnoit. 
Adont commence a désirer, 
Qu'ele soit seule por penser; 
c 3 : Lors li dient si chevalier, 

Qu'il est molt bien tens de cochier, 

11415 Et la roine s'est levée, 

Si est «1 ses chanbres alee. 



317 

Yoiant la gent a fait senblant, 
Qa'il ne li soit ne tant ne quant 
De qnant que Césars li a dit. 
11420 Cant ele cochie en son lit, 
Si a docement recorde 
Qnant que Oesars li a conte. 

»Gerte8€ fait ele »poissans rois, 
Est ce dont Dnrmars li Galois, 
^^^ Qui me mande par mon archier, 
Que pas ne me doi esmaier, 
Que par œlni arai socors 
Qui ja me socorit ailloni? 
U ou jo onques mais mestier 
J3o De niii secors de chevalier? 
Ayoi! je me sui porpensee 
Devant Landoc en mi la pree, 
lia me secoru U Galois 
Comme bons chevaliers cortois, 
^^ IMolt me jeta de grant enui. 
'Mi por ce bien certaine sui, 
<jue ce est il qui mande m*a, 
<ju'a ceste fois me secora 
Cil qui d'autre enui.m*a getee. 
Bien sai de vérité provee, 
Cuns chevaUers de bas pooir 
ISfe m'osaist pas mander por voir, 
Qu'il poist ma guerre achiever. 
Mais cis le m'ose bien mander; 
Car poissans est en mainte marche, 
Fiz est le roi de Danemarche 
Et de totes Gales ausi. 

>Le promier jor que je le vi 
Me dist il par vérité fine, 
^^ Qu'il querroit la b^fle roine 

Celi d'Yrlande et se dist bien. 
Qu'il l'amoit plus que unie rien, 



I.O 



318 

Et c'ere je teni il querroit 
Et a moi m6i8me(s) parloit; 

11465 Mais il ne me conissoit mie. 
Certes, je fiz grant félonie, 
Cant je me celai envers loi, 
De cest meffait dolante soL 
Mais d'nne chose m'esbahis 

11460 Dont mes caers est sovent maris, 
Cant nos de Landoc repairames 
Et nos ensenble chevachames 
Dnsques en la tente vermelle, 
De ce me vient a grant mervelle, 

11465 Qn'il en la tente me laissa, 
Nais pnis a moi ne repaira, 
Ne ne moi manda nule rien. 
Et se li a voie dit bien, 
T*^ c 1 : Qne je le menroie a celi 

11470 Qne si amoit de fin cuer si; 

Mais s'il m'amaist ne tant ne quant, 
Il foist repairies maintenant 
A la tente, se dex me voie. 
Or sai je bien, que je foloie, 

11475 Jamais a lui ne penserai, 
U ne m'aimme, je l'amerai. 
Voire par foi, ce m'est avis. 
Puis qu'amors a mon cuer sopris, 
Je n'ai pooir, que jel retraie. 

11480 Dont n'est ce mie amors vraie 
Qui maigre mien me fait amer, 
Ains le doit on force apeler; 
Car en prison covient manoir 
Celui qui ne s'en puet movoir. 

11485 Mais qui a droit vuet esgarder, 
L'amor c'om ne puet oblier 
Et dont on ne se puet partir 
Doit on bien a vraie tenir. 
Dont aimme je bien vraiement; 

11490 Quar partir ne me puis noient. 



319 

Et puis qae fine amors m^ensaie, 
£jt ele m*a troyee rraie, 
Dont me doit ele bien doner 
Ce qn*ele me fait désirer. 

495 »Por deu amors je vos requier, 
Se ja me voles avancier, 
En tel point me dones ma joie, 
Qne je ja blamee n'en soie. 
D sunt maintes joies d'amors 

150O Qui grant blasme font a plosors, 
Mais la joie plus onoree 
Doit estre la pins désirée. 
A! certes Dnrmars li Gralois, 
fions chevaliers preaz et adrois, 

'^^ Al chastel des molins iroie 
Idolt volentiers, se ju osoie. 
Hais je sai molt bien tôt de voir, 
Se je vos aloie veoir, 
Ne se je chaiens vos mandoie, 

^ Beaz amis, je vos perderoie; 
Car mi chevalier et ma gent 
Me mescreroient errament, 
Par envie vos ociroient 
Et moi meisme trahiroient. 

'-^ Beaz, doz amis, ce sachies bien, 
Plus dot vostre anoi que le mien, 
N'ai chastel des molins n'irai. 
Ne chaens ne vos manderai; 
Mais quant veoir ne me poes, 
^ Les penseï^ de mon cuer aves. 

Et li pense[s] del cuer vaut miex, 
Que ne face veoir des iek ; 
Car plus loins puet li cuers penser, 
Que uel ne pussent esgarder. 

' ^ î Dont vaut miex la pensée assex 
^^ Que li veoirs, c'est veritez; 
Mais li penses et li veoirs 



320 

f 

Valent tnolt miez, chu est tos yoirs, 
Que chascuns ne valle par lai, 

11680 Volentiers veroie celui 

Que je tant convoite et désir. 
E! dens par le vostre plaisir, 
Car assenbles et moi et loi 
En tel manière, que nos dui 

11535 Soions ensenble todis mais. 

Molt me senble beaz cis sohais, 
Cant antre chanse avoir n'en puis, 
Al sohaidier la me desdms.< 

Tôt ensi, com je vos ai dit, 
11540 Parloit la roine en son lit, 

Molt est ses cners loiaoz et fins, 
Dedens le chastel des molins' 
S^est mesires Durmars cochies, 
De tant est il bien aaisies, 
11545 Que ses lis est loins de la gent, 
Si puet penser a son talent, 
Ne puet somellier ne dormir, 
En pensant gete maint sospir, 
De la roine li menbroit 
11550 Et en sospirant recordoit 

Son bel parler et son doz riz 
Et son gent cors et son cler viz 
Et sa tresbele contenance. 

»E!« fait il »doce dame franche, 
11555 Tant désir vostre doce amor. 
Que je ne sai mal ne dolor 
Ne paine que je ne soffrisse 
Ne meschief que je n'en preisse 
Par si, dame, que je seusse, 
11560 Que por tant vostre amor eusse. 
Molt désir a veoir sovent 
Vostre bel cors plaisant et gent. 
Douce dame, sens vos veoir, 



821 

Ne porroie grant joie avoir, 

Del cuer vos Toi entièrement, 

Mes des nelz ne vos voi noient. 

Ce me fait molt sovent doloir, 

Que vos ne saves pas de voir 

Des maz qu'ai por vos endures 

Ne des perilz que j'ai passes. 

Doce dame, se vos savies 

Les grans paines et les meschies 

Dont j'ai este por vos grèves. 

Vos m'ameries plus asses; 

Mais vos ne le saves noient, 

Ce me grieve trop durement. 

Grentiaz raine, je sai bien. 

Gant qne j*ai fait ne me vaut rien, 

Se je n9 fais devant vos iex 

Tel chose dont je vaille miex. 

Certes, j'ai molt grant desirier 

De vos enemis damagier 

La u je les porai trover. 

De tôt mon cuer sens renfuser. 

Comme fins amis droituriers 

Et comme vostres chevaliers 

Vos servirai ma dame chiere.« 

Tôt ensi et en tel manière 

Vait mesires Durmars pensant, 

Tant qu'il voit le jor(s) bel et grant.* 



Matin se lieve li Galois 
Et Procidas comme cortois 
Le vait servir a son lever. 
Puis fait le chapelain haster, 

' Maintenant le fait revestir. 
Et li Galois vait messe oir. 
De molt bon cuer Ta escoutee. 
Tantost com la messe est finee, 
Li Galois ist de la chapele, 

^ Procidas a consel apele. 



21 



822 

I 

»Je vos ai molt oi prisier, 
Ei| molt sunt preu vostre esqaiier, 
Se c'est yoirs que Ton m'en a dit. 
Orendroit sens plus de respit 
11605 Vorai savoir et esprover, 

S'on vos doit prisier ne blasmer, 
Ceaz del ost irons estormir. 
Mais dite moi sens escharnir, 
Comment on les puet plus grever. c 

11610 »Sire,« dist Proeidas li ber, 
»Ce vos dirai je asses tost, 
Chascun jor vienent cil del ost 
A I gue qui siet cha devant^ 
Lor esquiier et lor serjant 

11616 I mainnent boivre lor destrien^ 
Et si amainent chevaliers 
Por eaz conduire a savete. 
Si vos di, qu'il sunt tôt arme; 
Mais se nos al gue(z) les trovous 

11620 Et nos bien les envaissons, 

Bien porons lor cors damagier 
Et de lor chevauz gaaignier. 
Tantost com nos serons monte, 
La fors isterons tôt arme, 

11625 Tôt une escluse vos menrons. 
Entre II grans mares parfons 
Est la voie tote pavée, 
Si vos di, qu'ele est bien si lee. 
Que, se X chevalier i vont, 

11630 Chevacier i puent de front 
Trestot ensemble, lez a lez. 
Plus de VII arpens mesures 
Poons aler seurement, 
Nos n'avons garde de lor gent, 

11636 Facent forclose ne cenbel 
' Entre nos et nostre chastel; 
f271rtcl: Car li mares est trop parfons. 



328 

Por deu gdre, qaar oos hastons, 
Si nos en issons erranment.« 

Ci4 Cant mesires Durmars entent 
La Yolente de Proeidas, 
Il l'acole d'andeuz ses bras, 
»Certe8€ fait il »prodom seres, 
Bien voi, que ûiillîr n'i poes.« 

^1645 Adont n'i ont plus atendu, 
Gant il sunt el palais venu, 
Li Galois s'arme isnelement 
Et tôt li valles ensement, 
Tant sont monte, lor glaives pendent, 

^'50 l,or armes luisent et resplendent. 
Et li serjant a pie s'armèrent 
Sus as cresteaz del mur montèrent, 
Dient qu'il lor gens secorront, 
S'il voient, que mestier en ont. 

^ Tos covers et tos acesmes 

Est mesires [Durmars] montes, 
[Sor] son chief a son elme mis, 
Plaisanment a son escu pris. 
Grosse lance tient enpoignie. 
Procida8.-ijba8te sa maisnie. 
Et il. meismes est montes 
Sor I grant destrier tos armes, 
Maintenant fait le porte ovrir, 
Lors s'en commencent a issir. 
^ li Galois s'en ist premerains 
- Et Procidas li chastelaius, 
Âpres eauz se sunt arrote 
LX vallet tôt arme 
Sor grans chevauz fors et corans. 
Armes ont cleres et luisans, 



1 16^0 



11 



y \lô^ • ^^^'^ f 1 ^^ ^^'^^^ ^^ ^^^^ ^^ pergament zen 



85. 

21 



I 



824 

Tôt snnt hardi et coragonz, 
N'i a celui qui ne soit pronz. 
Li Galois cheyace le pas, 
Dejoste lui yait Procidas, 

11675 Cant il ont III arpens aie, 

Devant lor gent sunt arreste, 
II batailles ont deviaees 
Qui sunt assex bien ordenees; 
Car o le Galois s'en iront 

11680 XXX vallet qui molt preu sont, 
Et XXX en a fait arrester, 
Cil tienent coi sens desreer, 
Tost iront les autres aidier, 
S'il voient, qu'il en ont mestier. 

11685 Mesires Durmars o. sa gent 
Chevacet tôt seurement, 
Sa route n'est pas effree. 
Cant il ont Tescluse passée. 
Lors ont de ceas del ost veus 

11690 XL chevaliers u plus 

Trestos armes sor les destriers. 
Cil conduisent les esquiiers 
c2: Qui lor chevauz ont abuvres, 
Ja sunt tpt issu fors des guiei) 

11695 Si repairent vers Tost roial, 
XL vallet a cheval 
Avoit en celé compaignie 
Et molt i ot d'autre maisnie, 
Garchons et pages et ribaus, 

11700 Palefroiz mainnent et chevauz. 

Vers l'ost repairent tôt chantant 
Li esquiier et li serjant. 

Quant li Galois les a choisis, 
En son cuer s'en est esjois, 
11705 A ses valles les a mostres, 

»Saignor€' fait il »or esgardes, 



325 

Vez ci vos mortes euemis, 
Gardes, qu^il soient bien requis, 
A.8 chevaliers assenblerons 

^"^lO Et as serjans nos meslerons, 
D'autre gaagn n'avons mestier 
Que de lor cors a damagier; 
ISAais B^il toment al desconfire, 
Dont vos sai je bien por voir dire, 

^^^ <3ue lors fera bon gaagnier.c 
^Sire penses del chevacier,€ 
-Font li vallet »n'ales dotant, 
INos ferons tôt vostre comihant, 
Ztïe ja sens vos n'en partirons 
Por nul m^schief que nos aions.c 



liors se sunt tost es galos mis, 
Cant cil del'ost les ont choisis, 
Vers auz brochent sens plus atendre. 
Canque li bons chevaz pot rendre 
S'adrece li Galois a auz. 
Et cil radrecent le[s] chevaz 
.Encontre lui molt durement. 
Tos les encontre fièrement 
Li Galois sens nul esmaance. 
Al encôHfcrer fiert si de lance, 
Qu'i lor abat III chevaliers, 
Chaoir les fait sens les estriers. 
Sor le Galois al assenbler 
Veissies escliches voler. 
Maint tronchon a en son escu; 
Car plus de XXX l'ont féru. 
Si cum il tresperce lor gent. 
Par mi eauz cort si radement. 
Qu'il porte a terre les auquans, 
"^^ Chevaliers abat et sergans. 
Et il n'i est pas déportes, 
Ains i rechoit des colz assez. 



^\7 



i 



326 



Procidas fiert des espérons, 
Lui ^^^ time de compaignons 

11745 S'est vers ceaz del ost adrecies, 
Pins de XX K en ont derochies 
Il et sa gent en lor venir. 
La poissies grant noise oir, 
c3: Des grosses glaives tronçon volent, 

117M) Ceaz del oz tuent et affolent 

Cil des molins qui molt preu sont, 
£t mesires Dnrmars deront 
La grant presse si durement, 
Qu'il effroié tote lor gent. 

11755 Quant il voit I des siens tenir, 
Tost le rescot par grant air, 
Molt set bien les siens délivrer 
Et chaus del ost bien enconbrer. 
Près de lui se tient Procidas 

11760 Qui ne se conbat mie a gas, 
Ains le fait si hardiement. 
Qu'il en est prisies durement, 
Il et sa gent molt bien i fièrent 
Et ceaz del ost si bien requièrent, 

11766 Qu'i lor font la place voidier. 
Lors commencent a gaagnier 
Cil des molins qui molt sont 8age, 
Cel jor ont fait grant vaselage; 
Mais li Galois a tôt vencu. 

11770 Bien l'ont regarde et veu 
Cil del chastel de Limeri, 
Chevalier et dames ausi 
Sunt as cretealz et as toreles, 
Et molt i a de damoiseles 

11775 Et de serjans et de borjois. 
Voiant ealz broche li Galois 
Comme bons chevaliers seurs, 
Sovent *le voient cil des murs 
En mi ceaz del ost adrecier 



327 

O Et poindre et ferir et chacier. 

Li plasor qui Tout regarde 

Dient sor lor creetiente, 

Que III chevalier bien proisie 

Seroient assez trayillie 
S De faire atretant com il fait. 

Tôt ensi en tieneut lor plait 

Cil qui suut as cresteaz lasus, 

XXVn chevalier et plus 

En sont a la roine aie, 
' Se li content la vérité 

Del pogneis qui si bons fu. 

»Dame< font il »for8 sunt issu 
Cil des molins a ceas del ost, 
Si les ont envaismolt tost. 
Avuec eaz a I chevalier 
Qui bien se set d'armes aidier, 
Cil chevaliers a tôt vencu, 
Si que nos l'avons bien veu, 
D'armes vermelles est armes 
Et si porte liepars dores. 
Molt l'avoiui regarde lafors, 
Tant a fait d'armes par son cors, 
Que nos le tenons a mervelle. 
Et dex qui ses amis conselle 
Le nos, je quit [a] envoie; 

' Car par lui sunt esparpellie 
Cil del ost si tresmalement. 
Qu'il sont esbahi durement. 
Tôt ensenble l'ont bien fait hui 

^ Cil des molins ensenble o lui.« 

.Quant la roine a entendu 
Ce que si home ont despondu, 
»Par deu« fait ele »beal saignor, 
J'ai grant fiance el criator; 
à Car il conseille chaus qui l'aimment 



328 

Et qui de bon cuer le reclaiment. 
Dex qni plains est de grant piide 
Nos a en secors envoie 
Le chevalier dont vos parles 

11820 Qui nos enemis a grèves. € 
A cest mot se taist la roine, 
I petitet le chief encline, 
Bien pense, que c'ert li Galois 
Qui ceaz del ost tient si destrois, 

11825 Por lui sospire maintenant, 

Âpres se plaint del roi Nogant 
Qui sa terre li a gastee, 
Molt set bien covrir sa pensée; 
Car cil qui près de li estoient 

11830 Par fine vérité quidoient, 
Qu'ele sopirast por sa terre 
Qui gastee estoit de la guerre. 
Mais d'autre chose li tenoit; 
Car por le Galois sospiroit. 

11835 Ele le veoit en pensant, 

Mais de li me tairai atant. 

Mesire Durmars s'en repaie 
Comme cil qui bel le sot faire 
Et remaine arrière sa gènt 

11840 Le petit pas sereement. 

X chevaliers trestos montes 
Et XV destriers enseles 
Ont cil des molins gaagnie[s], 
Molt joiant se sont repairie. 

11845 Bien lor avint de lor saillie; 

Car ains que Tost soit estormie, 
Sunt il en lor chastel entre 
Et descendu et desarme. 
De lor haubers sunt chamoisie, 

11850 Durement sont joiant et lie 

* 
11848 Mfl. gaagniM. 



329 

De ce qa*i lor est avenu. 
8or I sd^e près d'un grant fa 
S'est mesires Durmars assiz, 
Si est d'uns roies dras vestis, 
Son col et son vis a lave. 
Et Procidas a commande 
Maintenant la table a drecier, 
Li Galois s'assist al mangier, 
Delez lui siet li chapelains 
Qui n'est mie fous ne vilains, 
£t li vallet se sunt assis, 
Jus a terre ont lor sièges pris. 

En riant lor dist li Galois 
Comme debonaire et cortois: 
:>Saigndr, se dex me beneie, 
Tos me fales de compaignie, 
A moi tôt sol est délivrée 
Une grans table longe et lee, 
XX chevalier bien i seroient 
Et tôt a aise i mangeroient, 
Et je ,n'i voi or a parmain 
Fors que moi et cest chapelain. 
Quant a grant table a pou de gent. 
Ce mesavient trop durement; 
Mais se vos mon consel crées, 
Âias quart jor a table seres. 
Nos avons a plante chaiens 
Chevauz et autres garnemens, 
Faisons demain XX chevaliers, 

^ Si en iert plus beaz li mangiers, 
Gant a la table ierent assiz. 
Lors dist Procidas li hardis: 
»Certes beaz sire, je Totroi, 
Mais vos feres chevalier moî 

i Et XIX vallet ausi 

De ceas que nos eslirons ci. 
Demain par matin le serons 



3ao 



Et lot Yostre commant ferons.* 
Cant li Galois ces mos entent, 

11890 II s'en esjoist durement. 

Maintenant vont la table oster 
Li esqniier après soper; 
Entre les valles s'est assiz 
Li Galois comme bien apris, 

11895 Bone compaignie li portent, 
La se desdnisent et déportent, 
Tant qu'il est ore de couchier, 
Lors se cochent sens pi os targier. 
De ceas del chastel me tairai, 

11900 Mais de ceaz del ost vos dirai. 

Li rois Nogans in molt iries, 
Onqnes celé nuit ne fu lies, 
Por ce que si home ont este 
Si malement desbarete. 

11905 Por consillier manda li rois 
Plus de VC de ses rois, 
Aus plus hauz et a plus sachans 
Se consilla li rois Nogans. 
»Saignor« fait il »en cel jor d'ui 

11910 Avons eu honte et ennui. 

J'ai hui de mes homes perdus 
Que mors que pris XL u plus. 
Cil des molins par lor outrage 
Nos ont hui fait cest grant hontage, 

11915 Se nos fuissiens bien viguerouz, 
Ja n'en fuist eschapes I souz; 
c3: Mais si lentement nos armâmes 
Et si viement en esploitames, 
C'anchois que nos fussiens monte, 

11920 Furent il en lor fermeté. 

X de mes 'chevaliers ont pris 
Et XX de mes serjans ocis 
Sens les autres qui navre sont 
Qui jamais ne respasseront. 



331 

^1925 CoDsillies moi que g'en ferai, 
Et comment g'en esploiterai.c 

lors a parle I chevaliers 

Qui ot nom Briains de Rochiers, 

Cil ot este a Ifl meslee, 
Ï930 Maint cop i ot féru d'espee. 

»Sire,€ fait il au roi Nogant, 

>Cil des molins sont molt vaillant, 

Et si sevent bien gu[er]roier, 

Trop sunt bardi li e[squiier] ; 
^35 Maïs il trestot, ce [remenbr]es, 

Ne nos ont mie tant grèves, 

Com I solz chevaliers a fait. 

Je ne quit pas, qu'en cest siècle ait 

Mellor chevalier de celui, 
*^^^ Cil nos a tos desconfiz hui, 

Nus ne le puet al frain saisir 

Qui longement le puist tenir ; 

Car trop est fors et vigeroz 

Et des armes est engignoz, 

Il set trop bien gens enconbrer 

Et desconfire et malmener. 

Je ne sai dont li chevaliers 

Est venus ot les esquiiers ; 

Mais s'il puet longement durer. 

Durement nos pora grever, 

S'ausi nos tenons desgarni, 

Com nos avons fait dusque ci. 

Voiant vos barons vos dirai 

Le meillor consel que je sai: 
^^ Cil des molins nos sont trop près, 

Faites chascun jor tôt ades 

LX chevaliers armer 

Et C serjans poï-l'ost garder. 

La nuit en gaiteront IIIC 

^^-35 f 1 durcb das 11656 erwâhnte loch im pergament zerstdrt. 



Br^ 



c^O 



882 

11960 Qni seront arme richement, 
Et U bon destrier abrieve 
Seront ades si apreste, 
Que, se cil des molins venoient, 
Lues maintenant monte seroient 

11965 Nos seijant et nos chevalier. 
Ja n*en poroient repairier 
Cil des molins sens grant damage.€ 

Cel consel tint li rois a sage, 

Lues maintenant s'i acorda, 
11970 Et tôt li baron qui sunt la 

S'i acordent sens estriver. 

Lors vont cochier et reposer, 
f 272 r<> c 1 : Si dorment desi a cler jor. 

Par Tost getent grant resplendor 
11975 Les ensegnes et les banieres 

Qui sunt de diverses manières. 

Clers est li jors et li matins, 
Et cil del cbastel des molins 
Cant del jor voient la clarté, 

11980 Lues maintenant se sunt levé. 
Procidas li preuz et li nés 
Lui XXtisme de ses valles 
S'en es droit al Galois venus 
Qui ja ert chaucies et vestus, 

11985 Lave ot son vis et ses mains. 
Et Procidas li chastelains 
Li a dit comme bien senes: 
»Sire bien soies vos levés, c 
Fait li Galois : »Dex vos doinst joie, 

11990 Et deus vos mete en droite voie, 
Que vos soies hui chevaliers; 
Car vos XXtisme d'esQuiiers 
Le deves estre en cest jord'ui.« 

11982 Ml. Lui XXX tiime. 



888 

>Et je tos aprestes en sui,€ 
Fait Procidas »si le serai; 
Mais une chose vos dirai 
Dont je sai ennnit porpenses 
Que je ferai, se vos voles. 
Puisque nos serons chevalier, 
> Il nos covient aparillier, 
Si que nos chevalier semblons. 
Gant nos nos armes porterons, 
Ce ne moi senbleroit pas bel, 
Se nos nos cotes de burel 
Vestions desoz nos. haubers. 
Ghascuns de nos iert plus apers, 
Gant il ara cote a armer 
De [finjcendal novel et cler. 
Ja seront or endroit mandées, 
Ains que vespres soient sonees. 
Seront cosues et taillies - 
Et de nos armes enseignies, 
Et si ferons blasons covrir; 
Car nos n'avons mie loisir 
D'atendre tant, qu'il soient taint.« 
»ÂU8i m'ait dex et si saint,« 
Fait li Gralois »bien en parles, 
Huimais soit li respis dones. 
Et demain seres chevalier, 
Mais penses de tost esploitier; 
Gar vos n'aves que demorer.c 

Adont fait Procidas entrer 

En I batel II esquiiers 

Sages et preuz et beaz parliers, 

Gil feront bien ce qu'il commande, 

N'oblieront pas ce qu'il mande. 

Tost sunt venu a Limeri, 

Lors sunt fors del batel sailli, 

[fin] drei buchataben Hind ^erwischt. 



eir Si sanz ^ plcb» qu^ le {MA 

£â)HO TodroLt iski os^ Proeidaft 
^^ L>r a Eût ^ U>r Toioir 
^«tuLàaz et bokeranz akvoir. 
Nacfier f4>iLt Li doi esqoiîer 
Ccaz qui àeT«&( hecLsdre et taillier, 

lji>:)6 Ph&» de Tint ea ont £ut Tenir 
Por It>r làâûie tiùsi fomir. 
Lors font taillier et deviser 
Molt riehes eotes ^ armer 
Et eoTertoneâ enâenient. 

iâ^fù Ce n'oblierent ii noient 

Toet ont JÂit XX blasons courir, 
Molt âe hasient de levenir. 
Assez de gent lor demandèrent 
Cni ces noreles armes erent, 

12^S Ne qaex gens s'en aeesmeroni. 
Li dni Tallet qoi sage sont 
Ne lor en dient nnle rien, 
Ains lor sevent celer molt bien 
Par mencoignes [et] par beaz dis. 

]20Vi Cant il ont fait ce qu'il ont qnis, 
Tantost font el batel porter 
Blasons et cotes a armer 
Et XX elmes tos fires dores 
A laz de soie bien ovres, 

12055 8i les envoient Procidas 

Borjois qui ne le heent pas. 

Quant li valles sont el batel, 
De bien nagier sont molt isnel, 
Al chastel des molins s'en vont, 
12(HjO En poi d eure venu i sont. 
Del batel issent maintenant, 
Lors vienent vallet et errant 



12030 Ma. o«tel. 12049 [et; ist verwiacht. 1254 Ms. soip- i 
darQber bien. 



Qni tost ont les armes ostees, 

Fors del batel les ont portées. 
>65 C lances i avoit et plus 

As clers fers tranchans esmolas 

Qae li doi vallet acjiaterent, 

A Procidas les présentèrent, 

Molt bien ont fait sa volente. 
070 Dedens la saie en sont entre 

Cil qui portent les conissances 

Et les clers elmes et les lances, 

En mi la sale s'aresterent, 

Monsaignor Durmart les mostrerent 
^^s Qui molt a les armes proisies; 

Car bêles sunt et envoisies. 

Tôt ce devisa Procidas, 

Li Galois ne Ten blasma pas, 

Ains l'en prise molt durement; 
^ Et Procidas molt bonement 

Li a les elmes présentes 

Que on li avoit aportes. 

Fait [l]i Galois : » Je sai molt bien^ 

Annu[it] mais seront trestot mien 
• Cist escut et li elme ausi; 
^ Mais il seront demain parti 

A ceaz qui chevalier seront. « 

Dedens 1 chanbre s'en vont 

Cil qui les armes ont mostrees, 
^ Si les ont laiens enserees, 

Mais cha defors sunt li escu, 

^ sunt en la sale pendu. 

Piecha que li jors est faillis, 

Laens a grans tortins espris, 
^S Et li keu hastent la viande. 

Apres mangier sunt molt en grande 

* 
^^ Ma. présentes aportes. 12083 [1] ist verwischt. 12084 [it] 

k 



3» 

Li serjant et H esqniier 

De joer et d^esbanoier, 

As eschez juent et as dez 
12100 Et d*autres jeaz jaent assez, 

Grant bmit demainneDt et grant joie. 

Mesires Dormars s^esbanoie 

O les esqniiers eele nnit, 

Grant pièce mainnent lor desdnit, 
12105 Pois font les lis aparillier, 

Si vont resposer et cochier, 

Cant voient le jor esclarcir, 

Adont ne vnelent pins gésir. 

Li Galois se lieve premiers, 
12110 XX valles a faiz chevaliers, 

Onqnes n*i orent baing tempre, 

Et si ne sont pas acesme 

D'escarlate ne de samis; 

Mais en lien de vair et dé gris 
12115 Lor fait li Galois aporter 

Blans hanbers por lor cors armer, 

Chaces de fer lor fait lacier. 

Les espérons lor fait chancier 

Et les hanbers les [a] vesti 
12120 Et cotes a armer ansi. 

Sifaitement les acesma 

Li Galois qui molt tost s*arma. 

Et tantost cnm il est armes. 

Ses chevaliers a doctrines. 

12126 »8aignor« fait il »or est ensi. 
Chevalier estes deu merci, 
Bien est raisons, qae je vos die 
Qu'il covient a chevalerie: 
Chevaliers doit estre hardis, 

12130 Beaz et cortois et bien apris, 
Larges et loiauz sens folie 
Et beaz parliers sens vilenie. 



887 

Tôt ce doit estre chevaliers, 
Et si soit orgailloz et fiers 

^ Encontre tos ses enemis 
Et debonaîre a ses amis. 
Et si Yos di cni qu'il annoit, 
Qu'il n'est pas chevaliers a droit 
Cil ^m chevalier n'a fera 

^ Et qui n'a porte son escu 

- U en tomoi u en bataille. 
Por ce vos di ge bien sens faille, 
Qu'il vos covient tant esploitier, 
Qu'a droit aies nom chevalier. 
Par droit est chevatiers nomes 
Cil qui s'est as armes proves 
lEn tel point, qu'il en soit prisies. 
Je vuel molt bien, que vos sachies, 
Qu'en cest jor d'ui vos covient hsre 
Chose qu'on doie en bien retraire; 
Car tôt li novel chevalier 
Doivent hautement commencier, 
Et qui n'a bon commencement 
Ses pris en vient plus lentement. 
Je vos ai dit droite raison,. 
Ne vos ferai plus lonc sermon.* 

Mesires Procidas respont 
Et tôt li autre qui la sont: 
>Sire, molt aves bien parle, 
Et nos somes tôt apreste 
De referir nos enemis; 
Anchois que li jors soit faillis. 
Serons nos chevalier a droit.* 
»Et d[am]edeus le nos otroit,* 
> Fait li Gktlois molt dôcement, 
»La messe orons premièrement, 
Puis estormirons chaus del ost. 

[am] ist verwischt. * 



22 



838 

Li noYel cheyalier tantost 
Font le chapelain revestir, 

12170 Maintenant vont la messe oir, 
Et tantost cnm i Vont oie, 
Bien sachies, qa*il n^arestent mie 
En la chapele longement, 
Ains s*en issent lues erranment; ^■ 

12175 Mais ains que lor elmes laçassent, 
Ne que sor lor cheyaz montassent, 
Li Galois lor chaint les espees, 
Et si lor done les colees. 

Lors sont monte li cheyalier, 
12180 Ghacnns siet sor riche destrier, 

Lor elmes metent sor lor chies, 

Si les ont maintenant lacies. 

On lor aporte lor escns, 

To8 les ont a lor colz pendns, 
12185 Arme sunt de lor conissances, 

En lor mains tienent groses lances. 

Mesires Procidas seoit 

Sor un destrier qui molt valoit, 

n ot yermel escu luisant 
12190 A un lion d'argent ranpant, 

Acesmes est molt cointement. 

Lors a fait desploier al veut 

n banieres totes noyeles 

Qui sunt assez riches et bêles. 
12195 Ne deyiserai pas chacune, 

De ses armes en estoit une, . 
c2: L'autre est des armes le Galois. 

Molt fist Procidas qae cortois, 

Gant il ot tôt ce devise, 
12200 Hautement Ten a mercie 

Mesires Durmars en riant. 

Desor I bai destrier corant 

Qui de boute est esproyes 

Sist li Galois trestos ac^es, 



339 

»5 II a parle molt sagement 
A Procidas et a sa gent. 

iSaignorc dist il »or entendes, 
Je Yos dirai que yob feres : 
Ains que nos de chaiens issons, 
O m batailles ordenerons. 

Li chevalier, se buen vos senble, 
Seront en un conroi ensenble, 
XX serjant a pie nos siéront, 
Bien sai, que mestier nos aront. 
& En l'autre bataille derrière 

Je Yuel, que la soit ma baniere, 
XX vallet arme s'i tenront 
Qui près de nos ebeyaceront, 
St XXY serjant a pie 
Venront après auz tôt re[n]gie. 
£ia tierce batalle feront 
:KX vallet qui nos socorront, ' 
S[e] voient, qu'il en soit mestiers 
J'[ai] grant fiance es esquiiers 
Xit XXX serjant tôt arme 
"Yenront après auz tôt serre. 
m batalles ai devisees, 
]Bt puis qu'eles *sont ordenees, 
H n'i a mais que del issir. < 

A ces mos fait la porte ovrir 
Mesires Procidas errant, 
Li chevalier issent avant 
Tôt batillie, les escus pris, 
Les elmes .sor les chies assiz. 
^ Quant li chevalier sont issu, 
Li vallet n*ont plus atendu, 
Ains s'dn issent tôt batillie, 
En n batalles sunt rengie. 

* 
* tai] iat verwischt. 12225 Ma. vallet t. cf. 12531 

22* 



340 

Et li serjant a pie s*en issent 
12240 Qui molt durement s'aatissent, 
Qu'a ceaz del ost assenbleront, 
Tôt en tel manière 8*en vont 
Si batillie et ed sene, 
Que li Galois ot devise, 
12245 N'i oissies ne cri ne hu. 
En petit d'eure sunt yenu 
La u li escluse falôit, 
I grant pont de piere i ayoit, 
Outre passent li chevalier, 
12250 La demeurent li esquiier, 
Li Galois les fait arrester 
Al pont del escluse garder. 

c3: »Saignor« fait il »soies tôt prest 
De nos aidier, se mestier[s] est-c 

12255 Et cil li jurent et creantent, 

Et si s'afichent bien et vantent, 
Qu'i li aideront sens faintise, 
Ne ja n'i feront coardise. 
Fait li Galois: »Bien aves dit, 

12260 Ei jo, saignor, se dex m'ait. 
Vos vodrai durement aidier. 
Nos n'avons si povre esquiier, 
Se je le voi trop enconbrer. 
Que je nel voise délivrer 

12265 U ju i serai mors u pris.« 
Atant s'est des valles partis 
Mesires Durmars erranment, 
Mesires Procidas l'atent 
Et tôt si novel chevalier. 

12270 Li Galois les fait chevachier. 

Lues qu'il est en lor compaignie; 
Mais bien sachies, qu'il ne vont mie 
Plus d'une grant arbalestree, 
Cant il sunt près d'avoir meslee; 

12275 Car il voient issir d'un guez 



341 

LX cheTalîers armes 
Et bien G GOigans tôt de front 
Qui sor grans cheyanz monte sont. 
Briaina de Rociers les menoit 
^ Qni lor connestablgg estoit 

»Saignor< fait il »ayes yen, 
Cil des molins sont mal rena, 
Cant ci les avons encontres; 
S*an senz en estoit eschapes, 

S Que tôt nH fuissent mort a pris, 
Nos en seriens blasme todis. 
Trop ont cheyacie folement, 
Mais je me meryel durement, 
Dont cheyalieir lût 8ont yenu. 

' «Tai bien. celui reooneu 
Qui rautriev*. nos fist tel damage, 
Or soiouB tôt viseu et sage 
De lui prendre n de lui ooire.« 
Lors liassent eore sens pins dire 
Cil des molins premièrement; 
Deyant les autres radement 
S'en yait mesires Procidas, 
Si s'adrece en mi le grant tas 
De ceaz del ost qui molt tost viennent 
Et qui por enemis les tienent. 
Procidas fiert si le premier, 
Qu'il li fait les arçons yoidier, 
Sor I autre brise sa lance. 
Puis trait Tespee clere et bla[n]ce, 

* Si lor cort seure estotement, 
Trop s'abandonq, fièrement. 
Cil del ost fièrent tôt de plain 
Sor Procidas le chastelain. 

: Li noyel chevalier descochent, 
Por lui aidier poignent et brochent, 
Mesires Durmars vient devant, 



342 

Toi de plain eslais en corant 
S'adreoe en mi lor gent n iost, 
Qa'il desconroie oeaz del ost. 

12315 Sor I cheTalier horta si, 
Qa'a tôt le cheTal TabatL, 
Sa lance brise al aesenbler. 
Sor Ini fièrent al encontrer 
XXV cheTalier et pla& 

1232U Si com il est ayant conu, 
Procidas a si bien ontre, 
Qu'il Ta reacQz et délivre. 
Et li noTel cheTalier sont 
Venu ensemble tôt de front, 

12325 De plain eslais sens renfnser 
Vont a ceaz del ost asBonbler, 
Bien les fièrent en lor venir, 
Si qn*i lor font les fers sentir, 
Des lances percent les esens. 

12330 La ot chevaliers abatns 
Et seijans navres et oda» 
Molt cmelz est H poigneis. 

Cil des molins bien le Caisoient, 
XX serjans a pie i avoient 

12335 Molt hardis et molt bien armes, 
Tôt ensenble vont les a lez, 
De glaives fièrent et d'espees, 
Ceas del ost donent grans colees, 
XXX destriers lor ont ocis. 

12340 Lors se sont a la voie mis 

Cil del ost qui molt tost s'en vont 
Comme cil qui desconfit sont, 
Mesire Dormars broche après. 
Et Procidas est molt engres 

12345 D'eaz damagier et d'eaz destmire. 
Des noveaz chevaliers pais dire, 
Qu^il ▼ont durement destraignant 
Ceas del o^t qui s'ej} vo^t fuiant* 



343 

Gil de Limeri sont monte 
o Sor les hauz murs de la cite, 
Les dames et H cheyalier 
S*en Yont as cresteaz apnier, 
Voient Testor et la mesleê. 
La bêle roihe est montée 
^ Desor une hante torelle 
U il a mainte damoiselle. 
Césars li archiers est o li, 
Monsaignor Dormart a choisi, 
As armes Ta reconen, 
Bel li voit porter son escn 
Et ferir de lance sovent. 
Lors parla Cesar[s] hautement, 
»Dame€, fait il â la roine, 
»Je vos di par vérité fine, 
Que molt me deves avoir chier; 
Car j'amenai le chevalier 
Qui Yostre guerre achievera. 
Certes, dame je le voi la, 
Molt a hui chaus del ost grèves, 
C'est cil a ces liepars doresc 

Lors li mostre Cesfurs a doit, 
Cant la bêle roine voit 
Monsaignor Dnrmart tôt arme. 
De ces beaz uels Ta regarde. 

3 En cel point qu'ele Tesgarda, 
Mesires Darmars s'adrecha 
Apres ceas del ost radement, 
Voiant 1^ roine al cors gent 
Porte a terre III cheValiers. 

Molt le regarde "volentiers 
La roine qui tant est bêle. 
Et li Galois fiert et martelé 
Voiant ses uelz d'espee nue. 
De son loial cner le salue 

5 La bêle roiiie en penlant. 



344 

Mais ele ne ùÀt nul senblant, 
Qn'ele ait a loi nnle pensée, 
Et neporqnant molt li agrée, 
Gant ele ot son bienfait proisier. 
12390 Ele désire Tanutier, 

Et qn^ele soit loins de la gent, 
Si penseroit a son talent. 

De la roine me tairai, 
Mais del pongneis vos dirai, 

12396 Dosqnes herberges ont chacie 
Cil des molins tôt eslassie. 
Lors s'estormissent cil del ost, 
Si corent as armes tantost, 
L^ araines le roi soneient, 

12400 Gheyalier et serjant s'armèrent. 
Qnant mesires Dnrmars oi, . 
Qne cil del ost sunt estormi, . 
Le petit pas sa gent emnaine, 
Gel jor sofiri d'armes grant paine. 

12405 Devant Tesclnse près d'nn gnez, 
La s'est li Galois arrestes, 
Si qu'il a l'esclose adossée. 
Lors a sa gent arraisonee. 

»Saignor€ fait il »tot coi tenons, 
12410 Gis mares est grans et parfons, 
Puisque nos l'avons adosse, 
Nos Sûmes tôt a savete. 
Geaz del ost atenderons ci. 
No devons pas estre esbahi, 
12415 Qu^encor avons telz II batalles 
Qui lacies ont les ventalles 
Qai n'asenblerent encor hui. 
Molt lies et molt joians en sui 
De ce, qu'il sunt frez et novel, 
12420 Et si vos di, qu'i m'est molt bel 
c 8 ; De ce que vos l'aves bien fait ; 



346 

Mais ce sachies bien entresait, 
Qne Yostres bienfais ne yaut rien, 
Se vos ci ne le faites bien. 

(25 Al grant besoing, chu est la some, 
Conoist om Tueyre del prodome, 
Mal ait qui le pont passera, 
Si [n]'ara feras ceaz delà. 
Certes bien nos defenderons, 

S^al grant meschief bien le faisons, 
Tant sera nostres pris plus grans. 
Telz est beubenciers et bruians. 
Quant il' quide avoir le millor, 
Qui tost s'enfuiroit del estor, 
8e il le grant meschief veoit, 
^e consillier ne s4 saroit; 
lEt quant telz gens quident vs^loir. 
On en doit grant. despit avoir. 
Or ne resenblons mie chaus, 
Mais aions les cuers fiers et haus. 
Et si nos défendons si bien, 
Corn ne nos puist blasmer de rien.< 

Frocidas respont sagement: 

»Sire ne vos dotes noiant. 

Que molt bien ne nos défendons, 

Ja coardie n*i ferons.« 

A ces mos vienent cil del ost 

Sor les cheyaz qui corent tost, 

Ne chevacent pas en oonroi, 

' Ains vienent a si grant desroi, 
Près qu'il n'estanchent lor destriers. 
Devant lés autres vient premiers 
Cleor I riches cuens poissans 
Qui trop ert fel et malquerans, 

^ Ce fu cil qai premièrement 
Trahi la roine al cors gent, 
Et s'ert ses hom liges par droit 
Et tôt son fief de li tenoit. 



DeYttiit les Éufares j^lain arpenl 
MO Wen ilmt Cleor molt diiremeh{; 
Car premeraiiiB vuet aasenbler. 

A lui s^adrece a encontrer 
Mesures Dormaifis toe(t et droit, 
Et Cleor, tantost com le voit, 

12466 S^adrece vers lui a bandon, 
Bien s*entrefierent li baron 
Des grosses lances sens faillir. 
Les escliches en font saillir 
Et les tronchons en hant Yoleî*, 

12470 U ont fait ensenble hnrter 
Et cors et escns et chevanz, 
Si qa*U font ronpre les poitraus 
Et les aiehons devant froissier. 
Andoi chancelent li destrier, . 

12475 Li cheyaz Cleor est crevés. 
Et Cleor chiet tos estones, 
V* c 1 : Si a le braz destre brisie. 
Tôt le cors a si deffirosie, 
Conqaes puis armes ne porta. 

12480 Cil de sa route vienent la. 

Plus de XX en sont descendu, 
Cleor metent sor son escn. 
As herberges l'en ont porte, 
Por lui sont cil del ost ire. 

12486 Li Galois siet sot son cheval, 
Ne il ne ses chevaz n*a mal, 
U s^adrece par grant air 
 tos ceaz oui il voit venir, 
Et Procidas broche après lui, 

12490 Tôt ensenble vont anbedui 
En mi les chevaliers ferir; 
Mais il ne porent pas sofrir 
Ceaz del ost qui vienent si d 
Que tôt li chanp en sont ve* 



347 

95 Mesires Darmars fiert d^espee, 

Sa proece est bien oec^éee; ^' 

Car il tranche testes et bras. 

Huée le fait bien Procidas, 

Li novel che¥alier i sont 
)0 Qui bien et cointement le font, 

Et lor serjant a pie i- fièrent 

Qui lor enemis bien requièrent; 

Mais cil del ost, c'est vérités^ 

Les ont de la place getes. 

^ Lors laisse core une batalle, 

C'est de chaus des molins sens falle, 

XX valles i a fervestis 

Et XX serjans preuz et hardis. 

Le pont passent hastivement, 

Si tost vont soeorre lor gent, 

Qu'en lor venir ont abatus 

XIIII chevaliers et plus 

De ceaz del ost font remuer. 

Lors veissies l'ester mesler 
-Devant l'escluse près del pont. 

Mesires Durmars fent et ront 

Lor batailles et lor conrois, 

La fait tant d'armes li Galois, 

Qu'il est a mervelle esgardes. 
^ Iluec est enpains et botes, 

Et par deriere et par devant, 

Et il tient l'espee tranchant, 

Sor ceaz del ost fiert et charpente, 

Maint eu ocit et escravente, 
> De ceaz qu'il prent molt bien se venge. > 

La tierce batalle desrenge 

De ceaz des moUns erranment, 

Molt vienent bien et sagement. 

XX valles i a tos armes 
^ Sor grans chevaz molt bien montes, 

Et XXV serjant a pie 



348 

Vienent aprei eaz tôt reogie. 
c 2 : Amtost quHl Mit 'le pont passe, 
A ceaz del ost sont assenble, 

12535 En mi le dur estor félon 

S'adrecent de si grant randon, 
Qa!i derompent la plus grant presse. 
Et mesire Dormars ne cesse 
De ferir ne de chaploier, 

12540 Devant loi fait les rens ploier, 
Sor ceaz del ost forment suaire, 
De lor gent fait si grant martire, 
Qne li plusor s*en esbahissent, 
Devant loi fuient et frémissent, 

12545 Chevaliers abat et estone, 

Trop hardiement s'abandone. 

Cil de Limeri Tesgardoient 

Qui desor les hauz murs estoient; 

Car il [pooient] (pulent) bien choisir, 

12550 Cant il fait les rens esclairir.. 
La bêle roine al cors gent 
Le voit le jor' assez sovent. 
Césars li archiers li mostroit; 
Mais li Galois pas nel savoit, 

12555 Que la roine Tesgaardaist. 

A toz jors mais miez s'en amaist, 
Si quidaist qn'ele le veist, 
Et por li tel chose enpresist. 
Que C nel fornesissent mie. 

12560 Procidas et sa conpaignie 
. Le font bien et seurement, 
Mais cil del ost ont si grant ge7 
Qu'il les ont a la voie mis. 
Comme bons chevaliers hardis 

12565 Se vait défendant li Galois, 

12538 Ma. ne nesse. 



« 349 

De lui fait chastel et defoiz, 
Soyent guenchis por retomer, 
Devant loi fait sa gent aler, 
Ses escus est plains de tronchons. 
J2570 Por saver tos ses conpaignons 
S'est deriere les autres mis, 
Ne s'en yait pas comme esbahis, 
Ains ne degna le pont passer 
Ne il ne Procidas li ber 
^2ô75 Dusqu'adonc, que tote lor gent 
Furent passe tôt savement. 
Maint cop douèrent et reciurent 
A por un poi que pris ne furent; 
Mais (li)uns a Vautre délivre, 
Si qu'il sont andoi eschape. 
Tôt savement le pont passèrent, 
Droit sor Tescluse s'aresterent. 
Telz les puet huimais enchacier 
Qui rien n'i pora gaagnier. 
Tote loi* gent font arrester 
Et les chies des cîievaz tomer, 
Sor Tesluse tienent tôt coi, 
Ne sunt mie en trop grant effroi. 



Cil del ost s'en sunt repairie, 
Molt dolant et molt corecie. 
Des lor truevent LX mors 
Dont il en font porter les cors, 
A lor herberges descendirent, 
Ains celé nuit ne s'esjoirent. 
-^^5 Ne li rois Nogans ensement 
Ne se contint pas liement, 
Dolans fu de ce qu'il perdi. 
Par Tost sunt trestot esbahi. 

Cil des molins sunt retorne 
'•^^OO En lor chastel a savete. 

Lors se desarment tôt joiant 



350 » 

Gheyalier yallet et serjast, 

Navres en i ot XXXVI; 

Mais cil qai plus est malbaillîs 
12605 lert tôt garis et tos sanes, 

Anchois que li mois soit passes. 

Perdu ont VI chevaz de pris 

Qne cil del ost lor ont ocis^ 

Âins n'i perdirent antre rien; 
12610 Mais il pensent et sevent bien, 

Que mesires Durmars li ber 

Les sava tos al pont passer. 

De lui dient certainement, 

Se ses cors ne fnist seulement, 
12615 Que tôt i fuissent mort u pris. 

Et si en douent molt grant pris 

A Procidas le chastelain ; 

Cel jor le fist bien de sa main, 

Et tôt li novel chevalier 
12620 Le fisent bien sens esmaier. 

Enisi parolent et devisent, 

Et li yallet les tables misent. 

Maintenant font Teave douer. 

Si font les chevaliers laver. 
12625 Tantost sunt al soper assiz, 

Et après mangier font les liz . 

Li vallet et li esquiier. 

Lors se cochent li chevalier. 

Gelé nuit se sunt repose, 
12630 Et Tendemain se sunt levé. 

Gant li jors est et clers et beaz. 

Si font X chevahers noveaz ; 

Mais li Galois les adoba. 

En icel jor lor envoia 

* 

12621 Ma. parolent les et. 12632 Ms. XX ch. cf. 12688, 130 
13559, 10946. •" , 



351 

12635 La roine de ses joeaz 

Fermaoz, cnaiiitares et aneaz, 

Laiens a tos les chevaliers 

Départi Césars li archiers 

Les joeaz de par la roine. 
12640 Si vos di par vérité fine, 

Qae li Galois ot le premier 

Et le nûllor et le plus chier; 

Car par César li envoia 

La roine et se li manda, 
f * c 1 ; Qu'il n'a pas servi en pardon, 
'2646 Ains ara molt bel guer[re]don 

De ce, qu'il Ta si bien servie. 

Celé parole ne dist mie 

Césars voif^t tote la gent, 
^tîôo Ains la di bien celeement. 

Comme cil qui sages estoit 

Et par son grant sens parcivoit 

La doce amor loial et fine 

Del Galois et de la roine; 
►Sô Mais' onques en nule manière 

N'en veut mostrer senblant ne chiere. 

Telz [om] parch,oit maint covenant 

Qui n'en mostre mie senblant, 

D'itel manière estoit Césars. 

* ^ Joians est mesires Durmars 

Des joiaz qu'il a receus. 

Molt sagement a deceus 

La roine ceas del chastel; 

Car a chascun tramist joel, 
^^ Por ce que nus d'eaz ne quidast. 

Qu'a monsaignor Durmart pensast; 

Car, s'ele al Galois solement 

Eust fait des joiaz présent, 
^ Ele dotast, que li plusor 
^^ N'aparceussent lor amor; 

Car qui bien aime coralment 



852 

Sovent 86 dote, que la gent 
N'en sachent tôt le oorenant; 
D'itel phose 8*aIoit dotant 

12675 La roine qui molt ert sage. 

Cis anctors dist en son lengage, 
G'om doit bien doter et cremir 
Chose dont ennis pnet venir. 
Ifais briement vos dirai ayant; 

12680 Car li conte en snnt plos plaisant, 
Gant on les dit briement et bien, 
Trop grans alonge ne yat rien. 

Trente noyel eheyalier sont 
Cil des molins qni soyent font 

12685 As chaos del ost grans enyaies. 
Il faisoient molt d'assaillies 
On il gaaguoient soyent, 
Et si perdoient de lor gent; 
Mais lor conpaignons rachatoient 

12690 Des prisoniers que pris a voient. 
Ilnec venqui bien li Galois 
Vn pogneis dedens I mois, 
Ceaz del ost a si destorbes 
Et si durement effrees, 

12695 Qu'il se font tôt ades gaitier, 
Sovent les aloit esvellier. 
Li Galois et sa conpaigie 
I fist mainte chevalerie. 
Que je ne sai mie retraire,' 

12700 En quel point il les ala faire, 
c 2 : Ne comment il les achieva ; 

Mais ceaz del ost tant damaga,. 
Que lor engiens arst et defist 
Et de lor riches homes prist. 

12706 Voirs est, qu'il lor fist maint ennui. 
Ci se taist li contes de lui. 

Un jor a fait li rois Nogans 



353 

Escrire unes letres pendans, 
Al roi Arta les enyoia. 

'2710 Li messages qui les porta 
Ne se faint mie del errer, 
Tant oîrre et par terre et par mer, 
Qu'il vint a Carduel la cite. 
Le roi Artu i a trove, 

^^ Si le salue maintenant 

De par le riche roi Nogant, 
Les letres li done erranment. 
Et li bons rois Artus les prent, 
Tantost les fait lire et despondre, 

^ Al messagier ne vuet respondre 
Nule chose de son talent, 
Desqu'il ad parle a sa gent, 
Monsaignor Gavain apela 
Et maint des autres qui sunt la. 

»Saignor<, ce dist li rois Artus, 
»Ci m'est un[s] messagiers venus, 
Voirs est, que li grans rois dTrlande 
Par ses Jetres pendans me mande. 
Qu'il a I cite assise 

^ Qui ne puet estre sens moi prise. 
La citez a nom Limeris, 
Piech'a que li rois i a siz. 
Cil qui sunt ensere laiens 
Ce sunt unes mescreans gens. 

^ Ce dient les letres por voir. 
Et si dient sens décevoir. 
Que li rois Nogans me donra 
Celé cite, se je voi la. 
Et si me donra XX chasteaz, 

*^ Molt est cis dons riches et beaz. 

Et de moi tenra lige(me)ment 

Son roialme et son casement. 

Ainsmais a nul jor de ma vie 

N'oi en Yrlande saignorie 
^ ' 23 



I 



t>^^ ^"' nie.: 

. - ses ï^^®* 

„ Vn Btefc»^®- ^ « aodoiet- 

ûn'il -ne»*® Lb taoto»* . 

^ cbevabet» ^ ^^b\a 

^^'^^ ^^ "^ eut a - 30- 

Et çftï f *' ^j^ande vcntx son 



12756 



teall i»t ver^iB»^*- 



355 

Près de Limeri la cite; 
12780 Ayant sunt li plusor aie 

Por logîer et por ostez prendre. 

Li rois Nogans sens plus atendre 

Monte sor I riche destrier, 

lui s'en vont maint cheyalier, 
^'785 Conti^e le» roi Artu s'en va, 

La endroit n il Tencontra 

Le bienyegne molt hautement 

Et maintenant yoiant sa gent 

Li fait présent de II cites 
^O Et de XX chastiaz bien fermes, 

Ses hom tos liges devenra, 

Si dist, que bien le servira, 

De lui tenra tôt son pais. 

Li rois Artus dist: »Grans mercis, 
^ Vos m'aves fait molt bel présent. 

Et je le preng par tel covent, 

Que sens nului desireter 

Me puissies cesst don aquiter.« 

Et li rois Nogan» li otroie; 
-^ Lors chevalcent tôt une voie, 

Li uns al autre s'acointa. 

Li rois Nogans molt présenta 

As gens le riche roi Artu, 

Tôt parlant sunt en Tost ven[u]. 
^ Li rois Nogans fait a sa gent 

Yoidier maint ostel bel et gent, 

n meisme le sien voida, 

Li rois Artus i herberga. 

Cil del chastel des molins voient 
^^ Ceas qui la defors se lojoient ; 

Et quant mesire Durmars voit, 

Que li oz enforcie[s] estoit, 
' -^ : Ses compaignons apele a lui, 

»Saignor« fait il »bien certains sui, 

^^^ Que cil del ost sunt efforcie, 

23 



ÏÎ08 «Ol»8 9«»* ^,e»» 80BÇI«^«^ 

^« ^^ 'eJ^'*« ^*^; faille; 

Q»i ^' ?T1 a escient, 

Hiex 'ï»^* ^ t en bonte 
Bt en çtoece « ai^e. 

Q^^ "r II ne Ae ««^'^ 
Pe B^»^^*^"^'* entecU«» . 

^^«*^^^"?^t'amentaeBÏ^-' 
Qtt\ ne 801^ liaison 

;Se de ^^''''^^ ^ Vxonte non- 

^« ^^^i^aXes .os g-*- 
X)e ces ^^ ^ï^es, . 



867 

N'en pniflsies lait reproche avoir, c 

»Sire,€ ce respont Procidas, 
^Endroit moi ne yos dotes pas; 

12856 Car je vos di bien par mon chief, 
Ne por paine ne por meschief 
Ne por nule paor de mort 
N'ores de moi vilain recort 
Ne de mes compagnons ausi.€ 

960 »Et je damedeu en grasci,€ 

Fait mesires Dormars li sages. ^ 

Li rois Artos et ses bamages 
S'estoient piech'a berbergie, 
Ja avoit on piecVa mangie. 

^ Gant li rois Artns a some, 
Yoiant ses homes a parle 
Al roi Nogant qui bien Tentent, 
>Bois dTrlande< fait il »quel gent 

* Tienent vers vos ceste cite? 

-^ Et si me dites vérité, 

S'il font onqnes noie saillie, 
Ne s'on i fist chevalerie 
Ains, puisque vos venistes ci.c 

Et U rois Nogans respondi: 
^ »Sire, ce vos dirai je bien: 
Cil de laiens ne valent rien, 
Vn XX chevaliers ont montans 
Et C àrchiers et mil serjans 
Et bien IIQ mile borjois 
^^ Qui sunt arme a lor defois; 

Mais il n'ont pas chief de saignor 
Qui les ost conduire en estor. 
Il ont une roine a dame 
Qui ne donroit gaire por s'ame; 
^ Car ele est mescreans et foie. 
De deu ne vuet oir parole, 



358 

Mariage het et despise 

Et sacrement de sainte glise. 

Tôt cil qui laiens sont o li 

12890 Sont mescreans; mais je vos di, 
Se je les pnis a force prendre, 
Je les ferai ardoir a pendre 
U sachier les menbres des cors, 
n n'psent issir cha defors 

12895 Li mescreant li desloial; 

Mais une gens nos fait trop mal 
Qui molt sovent nos envaissent, 
Fors del cliastel des molins issent, 
Tôt ensi a nom lor reces, 

12900 Et cil chasteaz nos est si près, 
Que Ton trairoit bien a Vil fois 
De ci dosques a lor deffois. 
Je Yos di, qne cil del chastel 
Nos ont fait maint cruel cenbel, 

12905 Et ci n'ont mie IIG homes, 

Et nos plus de C milles somes. 
Ne ja ne nos gaiterons si. 
Que nos ne soions estormi 
II foiz u m en la samaine, 

12910 Et si est vérités certaine, 

Qu'il n'ont que trente cheyaliers, 
Et si n'ont que XXX esquiiers 
Et C serjans qui suut a pie; 
Mais diable(s) ont a compaignie. 

12915 >I cheYalier[s] assenble o auz. 
Si est ses escus tos verra auz 
A II liepars qui s^nt dore, 
Et si sunt d'argent corone. 
6e né yi onques chevalier 

12920 Qui si bien seust guerroier; 

Car il nos set trop bien grever 
Et sa gent conduire et saver. 
Les armes li aient ai bien, 



369 

Qne Ton n'i set amender rien ; 
c3: Cant il assenble a nostre gent, 
12^6 Molt nos effroie durement, 
Il set si de lance ferir, 
QaWme ne puet ses coz so&ir, 
Et quant il est en la meslee, 

^2930 Si bien se conbat del espee, 
Que Yolentiers Yoie li font 
Li plus preu qui contre lui vont, 
Et cant il se voit trop chargier, 
Ne se daigne pas esmaier, 

^3s Ains maine sa gent a garant 
Le petit pas tôt défendant. 
Nus ne(l) creroit por oir dire 
La proece de lui, beaz sire; 
Mais je yos di par vérité. 
Que je vos ai tôt voir conte. < 

»Par mon chief ,«^ dist li rois Artus, 
iBuens chevaliers puet faire plus, 
C'on ne puet croire ne quidier ; 
Et je croi bien del chevalier, 
Que c'est voirs que dit m'en aves.€ 
Apres ces mos s'avancha Kez, 
Devant le roi s'abandona, 
Molt près de lui s'agenoilla. 
»Sire« fait Eez >done m(e)' I don.« 
^Yolentiers, s'il i a raison,« 
Fait li rois Artus en riant. 
»Sire< fait Kez »je vos demant, 
Que demain senç plus arrester 
M'en laissies la defors aler, 

-^^6 moi L chevaliers 

Tos armes sor les grans destriers. 
Ne quier fors ceaz de ma maisnie, 
Je m'en irai lance drecie 
Tôt droit al chastel des molins, 

•-^Seo De tant vos gui je biwi devins, 



360 

Qae, se li chevaliers s'en ist 
Dont on si grant mervelle dist, 
Je le Yos renderai sens £ûlle 
U mort n pris, comment qa'il aille. 
12965 Ceaz del ost fûtes cois tenir, 
Ni laÎBsies après moi venir 
Fors ceaz qni de ma rote sont.c 

Et li rois Artas li respont: 
»Me6ire Ke, je vos otroi 

12970 Cest don que demander vos oi, 
Et si vos irai esgarder. 
»Sire ce fait a mercier, « 
Ce li respont li senescbanz, 
Lors s'en tome joians et banz. 

12975 Gant li rois Artos est cochies, 
A sa herberge est repairies 
Mesires Eez molt liement, 
Si fsÀi cochier loi et sa gent; 
Li reposers pas ne lor grieve. 

12980 L'endemain par matin se lieve 
f275r<^cl: Mesires Kez premièrement, 

Si est armes lues erranment, 
Montes est sor I grant cheval. 
La veissies le seneschal 

12985 Bien covert et bien acesme, 
Tôt si chevalier sunt monte 
Sor granz destriers beaz et apers, 
N'i a celui ne soit covers 
De ses armes tôt frescement. 

12990 Del ost s'en issent cointement; 
Chascuns porte droite sa lance; 
Plains de fierté et de beabance 
Ghevacet Kez devant sa route, 
Ceaz des molins noient ne dote. 

12995 Cienquante chevaliers armes 
Enmaine o loi mesires. Kez, 



861 

Maintenant set li rois Artns, 
Qae li seneschanz est issus 
A la champaigne la defors, 
00 Et li gentiez rois monte lors, 
En riant dit a ses barons, 
>Saignor< dist il, »qaar en issons, 
Si yerons la proece Ke.« 
Tantost snnt li baron monte 

> Sens armes sor lor palefrois; 
Car défendu avoit li rois, 
Que nus ne s'en issist armes 
Fors seulement mesire Eez 
Et cil qui de sa rote sont. 

> Apres le roi Artu s'en vont 
Maint haut baron tôt desarme. 
De lor chapes sunt affieble 

Et si ont chaintes lor espees, 
Autres armes n'i ont portées. 
Mesire Gavains s'en issi 
Et mesire Yvains autresi 
Et Perceyauz li renomes 
Et Lancelos li redotes. 
Fait mesire Tvains en riant: 
^ » Saigner cheyacons si avant. 
Que chascuns de nos voie ja 
Ce que mesires Kez fera.c 
Dist Tuns al autre: >Je rotroi.€ 

A ces mos chevace a desroi 
3 Mesires Eez qui tost s'en va; 

Mais je quit bien, qu'il trovera 

Chevalerie, ains qu'il repaire. 

Si vuet, ja pora d'armes faire; 

Car mesires Durmars li ber 
O Se fist al point del jor armer, 

Si est fors del chastel issus 

Et XXX chevalier sens plus, 



862 

Bien arme et bien monte sont, 
Ensenble o le Galois s'en Tont, 

18086 XL serjant les siwœnt, 
c2: Estaches et cloies portoient; 
Car la a li eslnse fant 
Vnet li Ghilois drecier en haut 
Une bertece défendant 

13040 Et bares lancies avant. 

Ja sunt les estaches levées 
Et les cloies en haut portées. 
Gant mesires Eez vient pongnant, 
Lance levée maintenant, 

18045 Pre[s] de lui snnt si conpaignon. 
Lors s'est escries a hant ton 
Mesires Eez li seneschanz, 
»yos< fait il »chevaliers vermanz 
Qui portes ces liepars dores, 

13050 Se vos decha le pont passez, 
Ja ares en molt petit d'enre 
La joste, s'en vos ne demeure, 
Vos n'ares garde de ma gent 
Ne je de la vostre ensement.€ 

18065 Qnant mesires Dnrmars oi, 

Que mesires Eez Tiaati, 

Vers Ini guencist molt fièrement, 

Par les enarmes Tescu prent. 

lYassaU fait li Galois »par dieu, 
13060 Ja ne me troveres esquien 

De joster a vos orendroit, 

Et si vuel qne sens déport soit; 

Car chevalerie a déport 

Ne sera ja a mon acort; 
18065 Mais quant je doi le pont passer, 

Faites vostre gent arrester. 

Tant seulement tiegnent tôt quoi, 

18033 im ma. nach 13034 nochmals geschrieben. 



863 
Qae nos aions joste nos doi.c 

Mesires Eez sens plus targier 
ISÙ70 Fait de lui sa gent eslongier, 
Pins d'nn arpent ariere en vont, 
Et li Galois passe le pont 
Cfomme cil qui vnet faire dWmes. 
U tient Tescn par les enarmes 
^07 & Et la lance par le chamois, 
Des espérons fiert li Galois, 
Li cheyaz cort par grant vistece. 
Et Kez encontre lui s'adrece 
Canque li cheraz puet venir, 
Si bien se vont entreferir, 
•Que les grosses lances pecoient 
Sor les escus qui cler flanboient. 
Li cheval sunt si droit aie, 
Qu'il ont des espales hurte; 
^ Mais il ne versent, ne trébuchent. 
Et li chevalier andoi chuquent 
De lor piz et de lor escus. 
Et li seneschaz verse jus, 
Si que les II janbes en vont 
A reversées contremont. 
Li Galois qui le cuer a fier 
Ne daigne le cheval baillier; 
Mais I sien serjant qui tost vient 
Fait tant, que par le frain le tient. 
Si Ta outre le pont mené. 
Atant brochierent les gens Ke, 
Tôt eslaissie vienent corant. 
Et li Galois en adreoant 
Les encontre si durement, 
^00 C'un chevalier par terre estent. 
Outre celui s'est eslaissies, 
Par grant vigor est adrecies 



364 
A ceas qni s'eslaissent a lui. 

N*en puet pas partir 0eii« anni, 

13105 Quant li XXX cheralier brochent, 
Vers ceaz del oet si tort descochent, 
Qu^en lor Tenir font noise grant. 
Ces grosses lances Tont frossant 
Et passent par mi ces escns, 

18110 Al assenbler versèrent jns 
Pins de XlIJLL chevalier. 
Ilnec veissies commeneier 
Bnen pogneis de tant de gent; 
Car molt chevalerosement 

18115 S*entrefierent al encontrer, 

D*anbes II pars sens déporter 
De trons de lances et d'espees 
S'entredonent si gprans colees, 
Qne li clerhehne en retentissent. 

13120 Li nn sor les antres bmissent, 
Procidas abat nn Breton, 
La le font bien si conpaignon; 
Biais il ont nne gent trovee 
Qni miex tienent a anz meslee 

18125 Et qni miex les sevent grever 
Qne cil que il snelent trover. 
Procidas molt bien le faisoit, 
En mi la presse abandonoit 
Tôt plainement cors et cheval. 

13180 Devers la gent le seneschal 

Le fait molt bien li Lais-Hardis, 
En mi le chapleis s'est mis, 
Tant fiert del poing et del espee, 
QnHl a la presse trescoupee. 

18185 Le senescal a bien ontre. 
Al regnencir Ta remonte 
Sor an destrier qu'il gaagna. 
Ce virent bien li plusor la, 



865 

Qne li seneschaz i fast pris, 
13140 Cant le rescost li Lais-Hardis. 

A cheval est mesires Eez; 

Mais anchois qu'il fhst remontes, 

Ot enter lai maint cop fera 

Voiant le riche roi Artn. 
'^^5 Mesires Dormars fiert et maille, 

La presse ront et esparpaille, 
1 : n froisset elmes et escus. 

Chevaliers porte a terre jus, 

Vers ceaz del ost pas ne se- faint, 
50 Par mi lor gent avant s'enpaint, 

Les siens rescout, les siens remonte. 

Iluec le voient roi et conte, 
A grant mervelle le prisoit 
Li rois Artus qui Tesgardoit, 

^^ Ses hauz barons a apeles, 

»Saignor< fait il »or esgardes 
Celui a ces dores liepars, 
Certes, il n'est mie coars, 
Ains est hardis et vigeroz 

^O Et so&ans et chevaleroz, 

Bien set fornir par sa proece 
Ce qu'il enprent par sa vistece. 
A por I poi, que je ne di, 
C'ains millor chevalier ne vi 

^ti Apres nil que g'en conoisc. 
Celé parole dist li rois, 
La ne sevent grant ne petit, 
Por quelz IIII li rois Tôt dit. 

Li rois Jozefens tesmoigna 
"^0 Ce que U rois Artus dist la, 
>Sire€ fait il »8i m'ait deus, 
Sifait escu porte mes fiuz, 

^"7 steht im ms. doppelt. 



366 

Com cil Ta que tos tant prisies, 
Et je sni molt joians et lies 

13175 De cestui qui si bien le fait 

Et bien voel, que le pris en ait 
Por les armes mon fil qn'i portée. 
En ces paroles se déporte 
Li rois Jozefens cni molt plaist. 

18180 Bien sachies, que pas ne s'en taist 
Mesires Gawains li cortois, 
Ains Ta molt prisant le Gralois 
Et por son pris plos ayancier 
Le mostroit a maint chevalier. 

13185 Que que li autre dient la, 
Mesires Durmars se pensa. 
Que, se cil del ost s'esmovoient 
Et lor grans batailles venoient, 
Il nel poroient pas so&ir. 

13190 Le petit pas sens esbahir 
En remaine sa gent ariere, 
Tôt ensi et en tel manière 
Est li pogneis demores. 
Droit yers Tost s'en repaire Kez, 

13195 De gens est coyers li chemins; 
Tôt droit al chastel des molins 
S'en reyait mesires Dnrmars ; 
Gel jor ont fait d'anbes II pars 
Mainte chevalerie aperte, 

13200 De lor gaagn ne de lor perte 

Ne vos acointerai je pins. 

Ja est li Galois descendus, 

c2: Et desarmes il et sa gent, 

Tantost lavèrent errament, 

13205 Lors se font molt bien aaisier 
Et bien servir sens trop noisier, 
Et si parolent li plusor 
De ce qu'il ont veu le jor; 
Mais asses petit en parlèrent, 



867 
Por ce que noveles gens erent. 

Al ostel le bon roi Artn 
Sunt li bien fait ra(re)menteu, 
Del Galois parolent sovent 
Et de Procidas enaement, 
5 Et si dient bien sens boisdie, 
Qu'il ont bone route hardie. 
Tôt ce tesmoigna li bons rois 
Et ses nies Gavains li cortois 
Et Percevauz et Lancelos; 

* Mais de recorder tos lor mos 
Seroit un alonges trop grans. 
La bêle roine plaisans 
Sayoit ja bien en la cite 
Del pogneis la yerite, 

• Comment li Galois Tôt vencu; 
Car Césars ses arciers i fu 
Qui tôt li ot dit et conte. 

La roine vient molt en gre, 
Et molt li plaist celé novele, 
^ En une chanbre paint-e et bêle 
Estoit cochie, et si p^osoit 
Et a li meisme(s) disoit: 

»Beaz sire dex, par quel raison 
Deveroit estre se preuz non 

5 Chevaliers qui II cuers aroit, 
Cant on maint bon chevalier voit 
Qui n'a fors I seul cuer en lui. 
Se li Galois le fist bien hui, 
Certes il le diet faire bien; 

Car il a son cuer et le mien. 
Bien doit estre bons chevaliers, 
Cant en lui a n cuers entiers. 
Dex me doinst joie de s'amor 
Sens pechie et sens desonor, 

=5 Ains n'amai par amors fors lui, 



368 

« 

Ne jamais n'amerai aiitmî, 
Vers lai serai loiaz et fine.c 
Tôt ensi disoit la roine, 
Âl Galois ayoit sa pensée, 

18250 Et il ne Tôt pas obliee, 
Ains pensoit tôt ades a li. 
Soyent disoit: >Dame mercic 
Sens li aprochier ne yeoir. 
Mais ne sai pas ramenteyoir 

13255 Tôt lor pense entièrement, 
D*autre chose dirai briement. 

Cil del ost se sont endormi, 
Et cil del chastel antresi 

c 3 : Se concilièrent et reposèrent. 

13260 Gant les gaites le jor cornèrent, 
Mont fh li tans beaz et sues; 
Ains que li soliaz fnist leyes, 
Mesires Gayains se leya. 
Tôt coiement en Tost s*arma. 

13265 Si yos di, que mesire Tyains 
S*arma o lui tôt premerains, 
Il et mesires Sagremors 
Fisent molt bien armer lor cors, 
Lors montèrent sor grans destriers. 

13270 Lui XXXtime de cheyaliers 
Enmena mesires Grayains 
Amerouz et de joie plains, 
N*a cheyalier en sa compaigne 
Qui ne port aucane entresaigne 

13275 De jone dame cointe et bêle 
U de bien hante damoisele, 
D^amors et d^armes lor soyient. 

Deyant le roi Artu s'en vient 
I chevaliers qui li conta, 
13280 Qne mesires Gavains s'en va 
Vers les molins tos desrees. 



369 

Tantost est li bons rois montes, 
Gant il est chacies et yestis, 
Pinces et contes et marcis 
15 A fait ensenble o lui monter; 
Mais il nH va pas por grever 
Ceaz des molins, bien le sachies, 
Ains dist molt bien, tant com ses nies 
lert al deseore de lor gent, 

> Ne s'en mellera il noient, 
Et si le voit trop enconbrer, 
n i fera telz gens aler 

Qui durement le secorront 
Et qni bien le deliveront. 
Mais li rois dist et si jura, 
Que ja hauberc nH vestira 
Por ceaz del chastel des molins; 
Car il senbleroit coars fins, 
Et si dist, qae vieltes seroit. 
Se por si peu de gent s'armoit. 

Que que li rois vait si parlant, 
Mesires Gavains maintenant 
Près del chastel des molins vient. 
Devant Tescluse tôt coi tient, 
' Decha le pont s'est arrestes. 
Ses conpaingnons a apeles, 
»Saignor« fait il »tenes tôt coi. 
Tant faites por Tamor de moi, 
Que vos le pont ne passes mie, 

> Se je n'ai grant mestier d'aie, 
Ne por le cors d'un chevalier 
Ne m'i venes onques aidier. 
Je passerai le pont delà 

Por savoir, se nus en istra 
: Fors del chastel encontre moi«. 
6 Fait mesire Yvains: »Je l'otroi. 

Or passes tôt seurement, 

Nos vos secorons durement, 

24 



( 



S70 

Se vos aves tnestier de nosc. 

13320 »A beaz compains gentiez et do8«, 
Fait mesire Gavains li ber, 
» Apres le roi vos doi amer 
Sor tos homes et tenir chier; 
Car onqaes de moi avanciér 

13325 Ne fastes periceoz ne vainsc. 
Lors passe mesires Gayains 
Outre le pont lance levée, 
Sor le haute escluse parée 
S'areste li bons chevaliers 

13330 Li larges et li beaz parliers. 

En cel point quHl estoit ensi, 
Mesires Durmars s*en issî 
Trestos armes fors del chastel, 
Si XXX chevalier novel 

13335 S'en issent o lui tôt arme^ 
Les escus pris, bien acesme. 
Molt sont li chevalier apert, 
Lor cheval sunt de fer covert 
Et de(l) lor armes par desenfe. 

13340 Mesires Durmars a celé eure 

Qu'il ist fors de la porte droit 
Devant lui sor Tescluse voit 
Monsaignor 6avaifi(s) le proisie 
Tôt arme, le haume lacie, 

13345 Et si voit bien outre le pont 
Les chevaliers qui venu sont 
Por monsaignor Gavain(s) aidier. 
S'il voient, qu'il en ait mestier. 
'Devant l'escluse tôt coi tienent, 

13350 Et cil del ost après ealz vienent 
Cha vint cha XXX, cha XL 
Gha lin XX et cha sexante. 

Uuant mesires Durmars choisi. 
Que cil del est vienent ensi, 



871 

13355 Geaz del ctastel arraisona, 

»Saignor« £ait il »de ceas de la 
Poes veoir a grant plante, 
Sor Tescluse voi arreste 
I chevalier molt folement, 
^3360 Trop s'est eslongies de sa gent, 
Molt li voi bel senblant mostrer. 
Certes, je vuel a lui joster; 
Mais onques de loi ne de moi 
Ne vos meveS) je vos en proi. 

^365 Et se cil del ost le pont passent. 
Et il sor Tescluse s'entassent, 
Dont lor laissies les chevaz core. 
Si pongneis tost por moi secore. 
Lor les enoontres darement, 

^^^O Et se nos poons a lor gent 

^ ^ z Par force resclose tenir, 

Et que nos lor poissons tolir, 
Outre le pont ne ohacies mie^ 
Trop chevaceries a folie; 

^"^S Car cil del ost, c'est vérités. 
Ont millors chevaliers asses 
Et bien IIII tans de pooir, 
Que il ne soloient avoir. 
Por ce nos devons miex garder 

'^^O De folement abandoner. 

Et en tel guise nos gardons, 
Que nos noa honors i savons. 
Or ne passons mais trop sovent 
Outre le. pont si folement, 
^^5 Que nos soliens faire Tautrier, 
Nos les poons bien enchacier 
Dusqu'al pont tôt seurement; 
Mais outre ne passons noient«. 

^Â ce que li Galois a dit 

^^ S'acordent bien sens contredit 

Cil del chastel molt volentiers, 

24 



872 

Et mesire Gavains li fiers 

A monsaignor Durmart s*adrece, 

Et lî Galois par grant vistece 

18395 S^adrece radement a lai. 

Si tost com il vienent andni, 
S'entrefierent de grosses lances, 
Les cleres alemeles blanches 
Font par mi les escns passer, ' 

13400 En haut font les tronçons voler 
Des lances qni mena volèrent, 
Et des firons et des piz harterent 
Li doi cheval qoi rade sont. 
Âl chnqaier qae U destrier font 

18405 Hartent li chevalier ensenble 

Si dorement, qne bien lor senble, 
Qn^il aient les cerviaz perdns; 
Car des elmes et dçs escas 
S'entratagnent si plainement, 

18410 Qa'il sont estone dorement, 

Li cercle des elmes rompirent. 

Et lor esca andoi fendirent. 

• 

Cil encontres est orgaillooz 
Et trop durs et trop perillooz; 

13415 Car andai crievent li cheval, 
Andai trébuchent li vassal 
Jas a terre si laidement. 
Que lor visage en sont sanglent, 
Par les boches et par les nés 

18420 Lor est li vermaaz sans voles. 
Li chevaz monsaignor Gavain 
Gist sor sa quisse tôt de plain 
En tel point, qu'il ne puet lever 
Ne le braz del escu oster, 

18425 De lui blecier forment se crient, 

Ei al Galois si bien avient, 
c3: Qu'il se relieve sus tos drois. 
Mesires Gavains gist tos cois. 



873 

I 

Ce fxL molt grans aligemens 
30 A toz ceaz del chastel laiens; 
Car s*i fdst tost levés en pies, 
Molt les eust adamagies, 
Tos les enst par sa proece 
Remis dedens lor forterece. 

5 Li Galois fa si estones, 
Qae, puis qa*il se fa relevés, 
N*ot il en grant pièce pooir 
Ne d^entendre ne de veoir. 
Et monsaignor Gkivain fait mal 

> Ce, que li grans faiz del cheval 
6ist sor sa qnisse et tant li grieve, 
Qa*en grant pièce ne se relieve. 
Por loi aidier tos premerains 
Passe le pont mesire Yvains, 

> Badement fait le cheval core, 
Por monsaignor Gavain rescore 
Vient tos eslassies par fierté. 
Apres lui ont le pont passe 

Si compaignon qui molt tost vienent. 

3 Cil del chastel pins ne se tienent, 
Ains lor adrecent les destriers, 
Procidàs qui vient tos premiers 
S^adrece a monsaignor Yvain, 
Si près de monsaignor Gavain 

à Brisent lor lances al joster, 
Qu'il font de lor lances voler 
Sor monsaignor Gavain todroit 
Qui contre terre se gisoit. 
En cel point qu'il ont si joste, 

iO Et qu'il se sont un pou outre, 
Mesires Durmars vient corant 
Vers monsaignor Yvain errant, 
A n mains le prent par l'escu. 
Li Galois l'a si ferm tenu 

i5 Et si fort tire et sachie, 



1 



874 

I 

Qu'il Ta contreval enbroncie 
Et sachie a la terre jus. 
Et mesires Darmars saut sus 
Sor le destrier qui tost li lance, 
13470 Par vigor trait Tespee blanche. 

Huimais iert lî Galois cremus, 
Bien ot veu li rois Artus 
Ce que mesires Durmars fist, 
A ses barons li rois dont dist, 

13475 Que c'est li miedres chevaliers 
Et as armes li plus maniera 
Qui soit en la crestiente 
De tant, cum il Ta esgarde. 
»Sire€, dist li rois Jozefens, 

13480 »6e m'acort bien a vostre sens.» 
Que que li rois et si baron 
S'acordent a celé raison, ' 
vo c ] : Mesire Yvains a tant tire 

Et tant sachie et tant bote, 

13485 Qu'il fait relever en estant 

Monsaignor Gavain le vallant. 
I poi fu estordis et vains, 
»Gonpains«, fait mesires Gavains, 
»Nos somes or andoi a pie, 

13490 Ja seromes tôt debrisie. 

Se nos ne savons bien guenchir; 
Car je voi II routes venir 
Qui par mi nos assenbleront, 
Or gaitons bien chauz qui charont, 

13495 Et si gaagnons II destriers. « 

Fait mesire Yvains: ^Volentiers, 
Or nos gardons al assenbler.« 

A ces mos se vont encontrer 
Cil del chastel et cil del ost, 
13500 L^s escus pris vienent si tost, 
Qu'il font le chaucie fermir 



875 

Et le fti des pieres saillir. 
Saigremors vient si tost devant, 
QaHl vait les atres eslongant, 

> Tos eslassies fiert Procidas, 
Sa lance vole par esclas, 
Outre s*adrece de randon, 
Si fiert le Oalois del tronçon 
Et li Gralois en son venir' 

^ L'a fera de si grant air 
Del pomel et del poing arme, 
Qu'i Ta contre terre porte; 
Car li chevaz font desoz loi. 
Saigremor[s] torne a grant ennui 

5 De ce, que ses chevaz fondi; 
Mais il li ,est avenu si, 
Qu'il s'est a tôt lui relevés. 
Ce fu bêle aventure assez. 
Lors commence le pongneis, 

Huée est grans li froisseis, 
D'anbes II pars al assenbler 
Yeissies ces lances firoer 
Et ces escus percier et fendre 
Et chevaliers par terre estendre. 

^ Plus de X en [i] trebuchierent. 
De tronçons et d'espees fièrent 
Cil qui lor lances ont froees. 

En mi le chaple des espees 
Est mesires Durmars li ber, 

^ La li veissies colz doner 
Et tranchier elmes et blasons 
Et rescore ses conpaignons 
Et ceaz del ost si envair, 
Qu'il les fait endroit lui flatir, 

» En mi la presse de lor gent 
Se conbat si hardiement, 
Comme s'il ne les dotast rien. 
En cel point qu'il le fait si bien, 



376 

c2: Remont mesiies GbiTains 
18540 Et ses compaiiis mesire Tyaing 
Sor n cheTaz qa*il gaagnierent, 
Par si grani vigor se lancierent 
En mi la grant mellee drue, 
Qa*il ont la presse derompne 
13545 Et Saigremor i délivrèrent 

Coi il a grant meschief troverent; 
Car cH des molins le tenoient 
Qui durement le laidengoient. 
Tant a feât meaîres GbivainSf 
13550 Qn'i lor a tèit voler des mains. 

Grans est la noise et li hnstins, 
La le font bien cil des molins, 
Vers ceaz del ost bien se défendent, 
Trop bardiement les atendent. 

13555 llaintenant ont le pont passe 
Plus de G cbevaHer arme 
Qni tôt sont al estor venn, 
Lors sont fors del cbastel issa 
TXX vallet tôt abrieve, 

13560 Bien arme snnt et bien monte, 
Tost laissent corre les cheyaz. 
Si s'adrecent vers les roianz. 
Et L serjant a pie 
Vienent après tôt batillie. 

13565 Quant a chaos del ost assenblerent, 
Chevaz et chevaliers navrèrent. 
Jus del esclose i trebuchierent 
Telz Xllli qui i noierent; 
Car il sont en Teave chau, 

13570 Et si ne sont pas secom. 

Li pogneis vait efforchant, 
Iluec le font bien li auqnant, 
Chevalerons est li estors, 
Molt est beaz et plaisans li jors. 



877 

76 Ces armes getent grant clarté, 
Sor resclose snnt assenble 
D*aubes II pars melleément 
Et li soliaz luist et resplent 
Sor les clers elmes flanboians. 

W Huec est la presse si grans, 

Que je vos di bien sens mesprendre, 
Qui cheTalier i vossist prendre 
n ne Yen poist pas mener 
Ne fors de la presse tomer. 

fô La brisent seles et archon, 
Et escartelent cil blason, 
Et ces espees resplendissent 
Qui sor ces elmes retentissent. 
La ot si grant martelison 

30 Et tel effiroi et tel tencon, 
C'on ot bien la noise et le cri 
En la cite de Limeri. 

Lors estoit la bêle roine 
As creteaz de la tor perine, 

: Des {>ucelles bien acesmans 

S Et des bêles dames plaisans 
Ot grant plante ensenble o li 
Et de chevaliers autresi 
Qui le pogneis regardoient. 

^ Molt durement se mervilloient 
De ce que li Galois faisoit; 
Car tôt ades s^abandonoit 
A eauz qui frescement venoient. 
Tôt li plus hardi le dotoient 

^ De ceaz a cui il s'adrechoit; 
Car li Galois lor decopoit 
Elmes ou escus ou haubers 
Et lor troncoit braons et ners 
Et tôt ades entre lor gent 

^ Se conbat si delivrement, 

Comme s'il fuist tos fres venus. 



378 

Molt le prise li rois Ârtna, 
»Certes€ fait il »cil as liepan 
 tôt yenca d^anbes II pars, 

13615 Molt paet sofirir et molt pœt joindre 
Et molt fiert bien de lance al poindre 
Fait li rois Jozefens: iBeaz sire, 
De lui pnet om meryelle dire, 
J*ai si grant paor de son cors, 

13620 Qu*il n'i soii affoles n mors, 
Qae tote la chars me fermist, 
Si* m'ait dex, li cners me dist 
En mon penser, que c'est mes fiex; 
Mais il n'est ore mie liex 

13625 D'enquerre son non et son estre; 
Car il fait tant de sa main destre 
Et tant li coyient colz soffiîr, 
Qn'il n'a de parler nnl loisir. 
Mais demain, se vos me crées 

18630 Le bon chevalier manderes, 

Qu'il viegne a vos tôt sayement. 
Et si yiegne a cest parlement 
La roine de Limeri, 
Si amaint son consel o li, 

13635 Et nos la yerite sachons 

Por quel chose nos gaeiroions. 
Se nos n'ayons droit en la guerre, 
Laissons la roine sa terre. 
Se râlons en nostre pais; 

13640 Car rois sacres et beneis 

Ne doit pas guerroier a tortc 
»Et je yolentiers m'i acort,« 
Fait li rois Ârtus »par mon chief, 
Je quit molt bien yenir a chief 

L3645 De ce que vos me dites ci.c 

A ce qu'il parolent issi,. 

La bêle roine esgardoit 

Le pongneis qui bons estoit. 



879 

Ele voit le Gblois sorent, 
13650 Si Teagarde si bonement, 

Et tant docement li agrée, 

Qu'il i met tote sa pensée. 
^•cl: Chevaliers 11 yoït enconbrer 

Et colz reooivre et colz doner, 
3655 Tôt li sien recuevrent a lui, 

Molt pou regarde rers autrui 

La bêle roine al vis cler, 

Ele n'en puet ses uelz tomer, 

Et s'ele por sa gent osast, 
6€>o Molt Yolentiers a lui parlast. 

Et se prisast ce qu'il faisoit; 

Mais la roine s'en taisoit 

Por ses' gens qui près de li sont, 

Ele sospire de parfont; 
^ô5 Car ele ne s'en puet tenir. 

Apres si dist por li covrir: 

»Certes dames, j'ai grant paor; 

Car li nostre en ont le pior, 

Trop durement les voi chargier, 
^'^O Je me doi molt bien esmaier; 

Car se ceas des molins perdoie 

Tote ma joie perderoie, 

Molt sui por ealz en grant dotanœ. 

£! deus par la vostre poissance 
'^^ Garissies hui, je vos en proi, 

Tos ceaz qui la sunt devers moi. 

Que nus d'eaz n'i soit mors ne pris.« 

Ce proa la bêle al cler vis 
Por le Galois tôt seulement 

^^ Plus que por tote s'autre gent; 
Et li Galois a regarde 
En icel point vers la cite. 
Si voit sor les hautes toreles 
Les dames et les damoiseles 

^^ Qui plaisanment sont acesmees, 



880 

Yolentiers les a regardai 
Mesire Dnrmars si adroit ; 
Car il pense, que celé i soit 
Qui tôt son cuer a devers li. 

13690 En sospirant a di[t] : »Merci, 
Douce dame a cui je m^otroic 
Lors tient li Galois trestot coi, 
Si regarde amorosement 
Vers les dames .si longement, 

13696 Qu^il se sent tôt desaiwe, 

Ains qu'il ait son chief retome ; 
Car cil del ost Tout si féru 
Et sor son elme et sor Tescu, 
Près qu*i n'at les estriers gerpis. 

13700 Molt fièrement est regenchis 

Mesires Durmars vers lor gent, 
Si se lance si durement 
En la presse des chevaliers, 
Qu'il desaiwe les premiers, 

13705 Les plusors fait fors des arçons 
Chaoir a terre tos enbrons 
Et les auquans al trespasser 
Fait les escus des colz voler. 

En cel point la ne fait il rien 
13710 Que les dames ne voient bien, 
c2: Et li Galois bien se pensoit. 
Que la roine Tesgardoit, 
Et que les dames Tout veu. 
Ce li doue si grant vertu, 
13715 Que bien li senble a cel talent. 
Qu'il soit venus tôt frescement. 
Lors renovele sa proece. 
En la mellee se radrece 
Si tost et de si grant vigor, 
13720 Que s'en eflfroient li plusor, 
Tote sa gent fait raloier 
Et ceaz del ost aclaroier. 



881 

Cal des molins molt bien le font, 

Mais a trop grant meschîef i sont; 
5 Car les Xllll de lor gent 

Covient défendre contre eaz cent. 

n n'enssent pas tant dore, 

S^il as plains chans fussent troye; 

Mais entre II mares estoient, 
3 Nnle forclose ne dotoient. 

Can on ne les pnet mie outrer 

Ne forclore ne sormonter, 

n n^ont garder fors devant anz. 

Geas del ost taent lor chevaz, 
3 Cil des molins sifaitement 

Se défendent molt longement; 

Mais mesire Gravains li ber 
. Se paine si d'eaz enconbrer 

Et tant les damage et enpire, 
3 Qu'il sunt molt près del desconfire, 

Molt le dotent li plus hardi. 

En cel point quHl les destraint si 
Vient Ëngrevains li orgidUoz 
En mi Testor plus perillos, 

^ Le cors et le cheval adrece. 
Lors mostre bien sa grant proece, 
Geaz des molins tresperce et fent, 
Trop les enconbre durement, 
Gant mesires Durmars i vient, 

^ Del espee nue qu'il tient 
Quida bien ferir Engrevain, 
Ne Vataint mie bien de plain; 
Car U Gadois par grant air 
Se haste si de lui ferir, 

^ Que li colz desœnt contreval, 
Si tranche le col del cheval. 
Mors est li chevaz trebuchies, 
Et Ëngrevains resaut en pies, 
Par molt grant vigor se radrece 



382 

13760 Et tant a fait par sa proeoe. 
Qu'il se lance sor I destrier 
Qu'il voit devant lui estraier. 
Tantost cum il est remontes, 
Maintenant s'est abandones 

13765 El chaple des espees nues 
U les proeoes sunt veues. 
c 3: Mesires Gavains entresait 
Ne prise noiant son bienfait 
Ne de ceaz qui devers lui sont, 

13770 Por ce que si peu de geût sont 

Cil des molins qui tant se tienent, 
Et cil del ost tôt ades vienent. 

En cel point vient mesire Eez, 
Si est outre le pont passez 

13775 Lui L time de vassalz 

Trestos covers sor lor chevaz. 
Li seneschas tant esplôita, 
Qu'a chaus des molins assenbla, 
Sor Prooidas brise sa lance, 

13780 Par grant vigor outre s'avance, 
Si s'adrece en mi les Berjans 
Qu'il a trove bien defendans. 
n n'est mie a déport venus; 
Car ses chevaz i fîi férus 

13785 De III glaives par mi le cors, 
Si qu'il chai desoz lui mors, 
Et li seneschaus est navres 
En IIII liex, c'est vérités. 
Se li covient l'estor laissier. 

.13790 Lors l'en portent si chevalier 
Devant le roi Artu todroit 
Qui le pogneis regardoit. 

• Uuant li rois voit le senechal, 
>A ! Ee« fait il »aves vos mal ?« 
13795 >Sire« £ait Eez »bien garirai ; 



S8B 

Mais ja deu n^en gracierai; 
Car il me Yuet todis honir, 
Nus biens ne me pnet avenir. 
C'est por noient, que je me paine; 
iteoo Car je beu del orde fontaine, 
Par coi je std si mescheans. 
Jamais ne serai biendisans, 
Ne jamais n'amei'fti nnlni,. 
Bonis soit tos li siècles hni.c 

^S06 Adont rient li plus ôene 

Des paroles monsaignor Ee; 
Mais li rois n'en osa pas rire, 
Ains fait venir son maistre^mire. 
Si fait les plaies regarder, 

^lO Tantost qu'il l'a fait desarmeï, 
Et li mires dist loialement, 
Qa'il iert garis prochainement. 
Li seneschaus a affîeblee 
Une chape de gris fôree, 

^^S Sor un palefroi est montes, 
Vers l'ost repaire tos ires, 
A sa herberge est revenus^ 
Molt laidement fost respondus 
Qui dont vossist a lui parler, 

^^0 Desor I lit se vait cliner. 

Lors montèrent por lui vengier 
Plus de ini C chevalier, 

*^ X : Si durement s'en vont pognant 
Vers la meslee maintenant, 

*^^6 Encor est bons li pogneis, 

Molt est grans la noise et li cris. 

Cil des molins sont trop grève. 
Tant ont soffert et endure, 
Que tôt cil del ost s'enstormissent, 
^^830 Et que lor batalles s'en issent 
Les escus pris, lances levées. 
Les banieies desvolupees. 



884 

Si YÎenent tôt frez et novel. 
Lors yoien[t] bien cil del chastel, 

13885 Qu'il nel porroient pas soffrir, 
Adont les^ en covient partir ; 
Mais il s'en vont tôt çlefendant, 
D'enres en antres recovrant. 
Et cil del ost huent après 

13840 Qni del enchacier snnt engres, 
Ilnec veissies recovrer 
Et regnencir et demorer 
Monsaignor Dnrmart si sovent, 
Qu'il s'en mervelle mainte gent, 

13846 Gomment il puet tant endurer. 
Par sa proece vuet mener 
Tote sa gent a garison, 
En son escu a maint tronçon, 
Et s'espee est tote sanglente. 

13850 Duec met li Galois s'entente 
En sa gent rescore et garir 
Et en colz doner et sofi&ir, 
Ses elmes est tos depecies, 
Molt est dolans et corecies, 

13855 Cant lui covient place guirpir. 
Mais nus ne l'en doit escharnir; 
Car il s'en vait le petit pas. 
n et mesires Procidas 
Mainnent les autres a garant, 

13860 Li uns vait l'autre rescoant, 
Et andoi lez a lez s'en vont. 
Si vos di, que tant d'armes font 
Et tant durèrent et soffrirent, 
G'ains chevaliers ne se partirent 

13865 De nul estor plus bêlement 
Ne plus chevalerosement ; 
Car par lor grant chevlAlerie 
Ont lor gent savee et garie. 
Laiens en lor chastel entrèrent, 



886 

^O Et cil del ost s*en retomerent, 
Si en ont devant auz portes 
ToB lor mors et tos lor navres. 
A pie s'en revont li alqnant 
De lor espees apniant; 

''S Des clievaz qui sont demore 
Sor l-esclnse mort et navre 
Esfc la voie molt enconbree 
Et en mains liex ensanglentee. 

• : Droit vers l'ost s'en sont repairie 

^O Pins de cent chevalier a pie 
Qui tôt ont lor chevaz perdns. 

De tant est liex li rois Artos, 
Que mesire Gavains ses nies 
Revient tos sains et tos haities. 

^5 La n li bons rois Tencontra 
Tôt en riant a lui parla, 
»Bon nies« fait il »bien certains soi, 
Que bone gent trovastes hui, 
Vos n'aves mie trop conqniz 

M Sor ceaz des molins, ce m'est viz, 
Certes, il sunt bon chevalier, 
Et si ont le millor mosnier 
Qui gardaist molin onquesmais, 
Bien set ferir de plain eslais 

^96 Et tenir mellee en soffirant. 
II [a] hui fait des armes tant. 
Qu'il a le pogneis vencu, 
Et cil qui portoit I escu 
Yermel a I lion d'argent 

^ Le fist bien et hardiement; 
Mais tôt venqui, c'est vérités, 
Li vermauz a lupars dores.« 
Lors respont mesires Gavains, 



^"^ Mb. bn. 

*n 25 



886 

»Sire« fait il »bien mii certains 

13905 Del chevalier dont vos parles, 
Qu'il a hui fait d'armes assez. 
Ansi m'ait dens de lasos, 
Ja n'eust [il] fait onqnes pins 
Que ce qu'il a hui fait beaz sire, 

13910 Si doit hom par vérité dire, 

Qu'il est bons chevaliers a droit, 
Et qui ce ne tesmogneroit 
Il seroit fel et nonsachans 
U envioz u mesdisans; 

13915 Car on laisse bien a prisier 
Par envie maint chevalier. 
Sovent avient de mainte gent, 
Que, quant il ne valent noient, 
Qu'i lor tome a molt grant annui, 

13920 Gant il oient prisier autruL 
Li envioz ne li malvais 
Ne prisent mie les bienfais, 
Ains se corocent bien a ceauz 
Qui les bons prisent voiant eauz. 

13925 Mais por eaz n'en laira om rien; 
Car des bons dira om le bien 
Maugre les envioz félons. « 

Fait li rois Artus: »G'est raisons, 
Et a ce m'acor je, beaz mies, 

13980 Que prodom soit todis proisies, 
Et que li mavais soit blasmes. 
Ja de moi ne sera âmes 
Mavais chevaliers envieuz 
Ne jou(e)nes riches periceuz; 
c3: Mais a ceaz donrai mon avoir 

13936 Qui sevent al siècle valoir. « 
Mesires Gavains s'esjoi 
De ces mos, quant il les oi. 

Atant descent li rois Artus, 



M7 

> Gant il est al ostel Tenus; 

Et mesires Gavains deseent, 

Désarmer fait lui et sa gent. 

Tantoet coia il est des%nnes, 

Si s*est Testis et acesmes 
S D*ane riche robe de soi^, 

Mainte nevre a or i reflanboie. 

Desarme sunt li chevalier; 

Et li rois s'asiet al mangier. 

Si tost que li jors est faillis; 
) lui a princes et marcis 

Et hau2 barons et sodoiers 

Et plante de bons chevaliers. 

En Tostel a molt grant clarté 

De tortins qui sunt alume, 
S AI mangier a longement siz 

Li rois qui molt' est bien serviz, 

Et il et tôt cil del ostel 
. Âsses parolent ^W et d'eL 

Apres mangier levé li rois, 
Puis a parle come cortois 

Al roi Jozefent son coisin, 

»Par mon chief< fait il »le matin 

Manderai le bon chevalier, 

Veoîr le vuel et acointier, 
5 Tos ceauz del chastel des molins 

Vorai veoir, c'en est la fins. 

Et si manderai ensement 

La bêle roine al cors gent. 

Si amenra ensenble o li . . 
^ Et clers et chevaliers ausi 

Et les borjois de sa cite. 

Par sauf conduit seront mande, 

Si sarai de quel loi il sont, 

Et comfaite créance il ont. 

*> Bien saves, que li rois Nogans 

Les tient a félons mescreans. 

25* 



888 

Et je Yorai demain savoir, 

Se il nos dist menconge n voir.c 

»Certes,« fait li rois Jozefens, 

13980 »yos feres cortoisie et sens, 
Se vos la roine mandes, 
Et se vos bel Taraisones. 
Or envoies demain por li, 
Ne le metes mie en obli, 

13986 Et si le mandes par tel gent 
Qni le conduisent savement; 
Car on dist, que li rois Nogans 
Est molt fel et molt malqnerranfiu 
Fait li rds Artos: »Yos ires 

18990 Qui savement le conduires; 
f278r®cl: Quar prodom estes et loiauz 
Et riches et poissans et hauz 
Beal saves a dames parler, 
Por ce vos i fai jo aler. 

13995 Et al chastel des molins droit 
Ira li quens del Guat-Destroit 
Por le buen chevalier hardi 
Et por ses conpaignons ansi. 
Par sauf conduit les amenra.< 

14000 Chascuns des barons Totroia 
Ce que li rois a devise, 
A lor herberges sunt aie, 
Tantost se cochent en lor lis. 
Et quant li jors est esclarcis, 

14005 Lors se lieve li rois Artus, 
I chapelains est revestus 
Qui de chanter pas ne s*oblie. 
Cant li bons rois a messe oie, 
Maintenant s*asiet al disner 

14010 Et après mangier fait monter 

• 
18998 Ml. autresL 



889 

Ceaz qui por la roine iront; 
Et al chastel des molins vont, 
Gil que li rois a commande; 
Chascuns a dit sa Tolente. 

^ Ge vos di, que li rois Nogans 
Est molt corecies et dolans 
De ce, que li rois Artus mande 
La bêle roine d*Yrlande. 
Maifl ja por loi ne remanra ; 

Car li rois Jozefens i va 
Vers la cite sens plus targier, 
Et bien im G chevalier 
S^en vont o Ini trestot arme 
Et Vil G serjant tôt monte. 

6 Por ce vait li rois si garnis, 
Qn'il ne vuet mie estre sopris. 
Se nnle gent li queurent seure, 
Todis Yoloit estfe al deseore, 
De quant qie il voloit enprendre, 

^ N'ert mie ligiers a sosprendre. 
Tost est venus a Limeri 
Li rois Jozefims, je vos di, 
Les fosses voit parfons et lez 
Et les murs hauz et bien hordes, 
La forterece prise moût. 
Et il et si chevalier tout 
S'arestent devant la cite. 
Li rois meismes a parle 
A ceauz qui sor le mur estoient 

^ Qui Tune des portes gardoient. 

»Seignor€ £ait li rois »or oies. 
Ne jo ne ma gent, ce sachies, 
Ne venons ci por nul mal faire, 
N^i laissies ne lancier ne traire 
5 Vers moi ne vers mes conpaignons. 
Par vérité le vos disons, 



890 

c 2 : Que de nos et de nostre gent^ 
Sant bones trives loialment 
II jors to8 plains, sî vos est beLc 

14050 Lors respondent cil del chastel, 
Qu'il n*i ara lancie ne trait, 
Et li rois pins avant se trait. 
»Segnor« fiait il »or entendes, 
De Gales sui rois corones 

14055 Et de Danemarche autresi. 
Or oies, por coi je vien ci, 
Je Yuel parler a la roine 
Sens tencon et sens aatine. 
Tant vos di jo bien sens mentir, 

14060 Je poroie tel chose oir 

^t de li et de son covine, 
Qn*ele aroit pais a brief termine. 
Or me faites savoir briement, 
S*ele otroie cest parlement, c 

14065 »Sire<, ce dist I chevàliex*, 
»Je li dirai molt volentiers 
Tôt ensi, com vos aves dit.« 
A ces mos sens nul contredit 
S'en est li' chevaliers tomes, 

14070 Si est a la roine aies. 

En une chanbre Ta trovee 
Par devant une cheminée, 
Si avoit li assenble 
De son consel a grant plante. 

14075 Li chevaliers Taraisona, 

»Dame< dist il »eutendes cha, 
A celé porte vos atent 
Li rois de Gales o grant gent, 
Volentiers parleroit a vos. 

14080 Dame, ce dist li rois a nos. 

Qu'il puet de vos tel chose oir 
Dont grans biens vos pora venir; 
Car vos ares bone pais fiiie.€ 



891 

»Beax sire deas,€ fait la roine, 
B »Gar me dones et pais et joie 
En tel gnise, com je Yoroie.« 

A ces mos sens plus arrester 
Se fait la roine adestrer, 
Tant qu'ele est sor le mur montée, 
Entor'li a grant assenblee 
De chevaliers et de serjans. 
Ele ert si bêle et si plaisans, 
Que cil qui la defors estoient 
De sa bealte se menrilloieut. 

> Li rois Jozefens le salue 

Lues maintenant, qu'il Ta veue, 

»Dame< dist il »en cest jor d'ui 

Vos doinst deus joie sens enui.< 

Et la roine respondi: 
^ »Sire, deus vos doinst joie ausi.« 

Lors Tacointe li rois briement, 

Se li a dit cortoisement : 
: »A! dame, estes vos la roine? 

Dites m'en la vérité fine.* 

> »Sire,« dist la bêle senee, 
»Roine sui jo apelee, 

Si doi en cest pais avoir 

Maint chastel et maint bel manoir 

Dont li rois Nogans me fait tort. 

^ Certes sire, il me het de mort. 
Et si ne set qu'il me demande. 
Bien sevent li baron d'Yrlande, 
Qu'il est mes hom liges par droit, 
Et dex qui tôt set et tôt voit 

16 Le poroit bien si atorner. 

Qu'il n'aroit seing de moi grever. 
S'il a ore mes chastias pris 
Et mes riches manoirs saisis, 
' Je sai bien, qu'il les guerpira 



892 

14120 Tôt erranment, quant den plaira. 
Telz gaagne al commencement 
Qui pois pert al definement, 
Et vos qui si bel m*aparles, 
Gomment estes vos apeles^ 

14125 Si vos plaist, dites le moi sire.< 

»Dame [me] le plaist bien a dire,« 
Fait cil qni molt ert plains de sens, 
»J'ai a nom li rois Jozefens, 
S*i sui de Danemarche rois 

141 80 Et sires de tos les Galois, 

Briement vos vuel dire et conter, 
Por quoi je vieng a vos parler: 
Dame, li riches rois Nogans 
Dist, que vos estes mescreans 

14136 Si, que vos ne crées noient 
Ne bautesme ne sacrement 
Et si despisies mariage. 
Je ienroie a trop grant damage, 
Se si tresbele créature 

14140 Mescreoit la sainte escriture 
Et ce que deus a estore. 
Por nostre grande savete 
Cil de vostre cite laiens 
Sunt mescreans et fause gens, 

14145 Tôt ce nos a dit et conte 
Li rois Nogans par vérité. 

»Gertes dame(s), li rois Artus 

n est a ce siège venus 

Por les mescreans justicier 
14150 Et por la loi deu avancier. 

Je sui venus ci de par lui, 

Que ses parens et ses hom sui. 

Se vos venes a lui parler 

Et al venir et al aler, 
14155 Vos conduirai tôt savement 



898 

Et vos et tote vostre gent, 
Si que ja n'i perderes rien, 
De ce vos asenr jo bien. 
L : Se vos poes mostrer al roi, 
30 Que vos soies de bone loi, 
n est si fins cortois et vrais, 
Qn'il laira tôt en bone pais 
Et vos et tôt Tostre roiame, 
Si en seres saisie et dame 
3£ De quant que vos deves tenir, 
A ce ne pœs yos fallir. 
Por deu bêle roine france, 
Ostes YOS de foie créance. € 

^Gertesc fait la roine »8ire, 

VO Volentiers m^irai escondire 
De ce que li rois Nogans dist. 
Ma boche et mes cuers le dedist 
De cest blasme quMl me met sus. 
Et se deus plaist, li rois Artus 

^7b Sara molt bien encor enqui 
Qui tort a de moi et de lai. 
Se je puis sauf conduit avoir, 
Je ne lairai por nul avoir, 
Que je ne voise al roi parler, 

®^ Si m'irai de cest blasme ostér. 
Por deu sire, ne vos annuit, 
Se je vos demant saf conduit: 
Car je me crien de ceaz de rost.« 
Li bons rois Jozefens tantost 

^^ Si comme rois Taseura, 
Que savement le conduira. 
Cil qui la sunt o la roine 
Et qui plus Taiment d'amor fine 
Li loientr bien en bone foi, 

^^ Qu'ele voist parler al bon roi, 
 lor consel s'est acordee 
La bêle roine senee. 



894 

Ele a dit al roi Jozefent: 
»Sire, ne vos enuit noient, 

14195 Atendes moi, si vos agrée, 

Tant que je me soie acesmeec 
»Dame« fait li rois »7olentiers, 
Mais il n^est mie grans mestiers 
De vos acesmer autrement; 

U200 Car nul plus bel acesmement 
Ne poes avoir ne mostrer 
Que vostre bel viaire cler 
Et vostre gent cors avenant. « 
Lors s'en est tornee riant 

14205 La roine sens plus parler,. 
Maintenant se fait acesmer. 
Si cum a roine covient; 
Mais desor tôt ce li avient 
Sa contenance et ses beaz sens. 

14210 Trop seroit grans alongemens 
De deviser tos ses conrois. 
Chevaliers et clers et borjois 
A fait ensenble o li monter 
Et telz gens qu'ele veut mener. 
c8: La bêle roine est montée, 

14216 Quant ele s'est bien acesmee. 
Lors chevace, si Tad estrerent 
Si plus haut home qui la erent. 
XX dames et XXX puceles 

14220 Bien acesmees et bien bêles 
Enmaine la roine o li, 
Dedens son cuer molt s'esjoi 
De ce, que li rois Jozefens 
Doit conduire li et ses gens. 

14225 Ele est molt joians et molt lie 
De lui et de sa compaignie, 
Por ce qu'il est pères celui * 
Qui tôt son cuer a devers lui 

La roine s'en vait tôt droit 



i 



806 

O Huée a M rois Tatendoit, 

Ele a fait la grant porte oririr. 
Lues que li rois Ten voit issir, 
^Contre li yait comme cortois, 
»Bien vengnies dame,« fait li rois. 

>ô »Sire,« dist la belè gentiex, 
»Bone aventure vos doinst diex« 
Lors cheyaoent sens trop coitier,.. 
Et li rois por li acointier 
Se met par devers li a destre, 

^0 Molt bel li enquiert de son estre. 
Solonc ce que li rois disoit, 
La roine li respondoit 
Si a point et si sagement, 
Qu'ele n'i mesprent de noient, 

*' Et tôt si mot bel li avienent, 
Vers Tost chevacent, tost i vienent. 

Devant Tostel le roi Artu 

Sunt li clievalier descendu, 

Dôi haut baron riche et poissant 

' Qui de grant terre sunt tenant 
Ont la roine descendue. 
Cant ele est jus de la sambue, 
Li rois Jozefens Padestra, 
Cant la bêle roine entra 

^ Dedens Tostel le roi Artu, 
Lors sunt encontre li venu 
Li chevalier et li baron 
Dont laiens ot a grant foison, 
Li rois meismes s'est drecies, 

^ Si a dit: »Dame, bien vengnies.« 
>Sire,« dist la bêle al cors gent, 
»Dex vos doinst bon avancement. < 
Lors la^wet deles lui li rois 
Qui molt fu sages et cortois, 

6 Huec veissies assenbler 
Por la roine regarder 



i* 



896 

Molt grant plante de chevalieirs 
Qni molt le voient volentiers. 
Por voir aient cil qui la sont, 

14270 Que c^ett la plus bêle del mont. 
c3: Li rois Artns a li parloit, 

Si vos di bien, qu^il le troYoit 
De bel respons et de bel sens. 
Laiens a molt de plusors gens 

14276 Qui molt prisent sa contenance 
Et sa manière et sa senblance; 
Li rois Artus forment le prise 
Et molt Toneure sens faintise. 

Laiens est li grans rois Nogaus 

14280 Qui molt est en son cuer dolans 
De ce, qu'il voit tant onorer 
La bêle roine al vis cler. 
Del roi Artu s^est aprochies, 
»Sire€ dist il »de voir sachies, 

14285 Que tant est de mavaise loi 
La roine que je ci voi, 
Qu'ele ne doit terre tenir ; 
Car trop li plaist a maintenir 
La fause loi(s) qu'ele maintient. 

14290 Tote la terre qu'ele tient 
Et son trésor et son avoir 
Doi je par jugement avoir, 
Ce ne me puet nus contredire, 
Ele ne se puet escondire 

14205 . Ne voiant clers ne voiant lais 
De cest blasme qui si est lais 
Dont ele ne se vuet recroire, 
C'est de deu hair et mescroire. 
Près sui de mostrer or endroit, 

14300 C'on le doit essillier par droii, 
Et puis c'om le set si meffaite, 

14804 Mfl. tropt 14800 Mf. Ce le. 



897 

Ele doit ertre arse a défaite, 
s Ne crées ja son escoiidit.€ 

»Certes yos ares trop mesdit,€ 

S Fait la roine »8ire rois, 

C'est grans folie et grans desrois 
De si yilainement mesdire. 
De ce YOS oz je bien desdire, 
Que je ne sui pas mescreans, 

Ains soi en damed[e]n creans 
Et tôt ades en lui crerai. 
Si que ja ne m'en recrerai 
A nul jor que je soie envie. 
Par fausete et par envie 

^ Me voles d'un blasme encôper 
Dont je me sai bien descoper. 
Vos deves mes liges hom estre. 
Si vos truis de si mavais estre 
Et si félon et si amer, 

^ Que je ne vos doi pas amer. 
Gant vos a tort me metes sus, 
Que je mescroi deu de Issus; 
Mais je croi tant deu et sa mère. 
Que ja vostre parole amere 
Ne me pora de rien grever. 
De duel vos covenra crever, 

- : Quant vostre mencoinge iert atainte 
Et vostre parole iert estainte; 
Preste sui de moi escondire > 

) Et de vos fauser et desdire. 
Ensi, com on esgardera, 
Dex et li drois me gardera. 
Ce sachent bien li archevesque 
Et li abe et li evesque 

5 Qui la roi de Rome sostienent 
Et qui Tescriture retienent, 

• 

• Mb. ne nem oder ne nom. 



808 

G'ains n'ou talent de den meacroire. 
Menchoinge yoles £ftire croire, 
Quant moi tenes a mescreant, 
14340 Je vos ferai tôt recréant 
De ce qne vos aves enpris, 
Dex qni tos les bieSB met en pris 
Et qui tos les biens set aprendre 
Me face parler sens mesprendre. 

14346 tOx entendes, comment je croi 
En den qne je pas ne mescroi : 
Je croi la sainte trinite 
Et si sai bien de yerlte, 
Qne dens nasqui yirginelment 

14850 Et prist baptesme disnement, 
Et qn^il establi mariage, 
Ce doivent croire tôt li sage. 
Et si mornt en crois por nos 
Li sires qui piez est et dos 

14365 Et al tier jor resuscita 
Et ses amis d'infer geta 
Par debonaire entention. 
Et al jor del ascention 
Monta en son ciel la atûont 

14860 Cil qui sire est de tôt le mont 
Et cui on doit servir par droit, 
Âl jor de penthecoste droit 
Ses sains apostles assensa, 
Molt grant docor veria auz pensa. 

14865 Tôt ce croi je bien vraiement, 
Et si vos di certainement, 
Cant je voi le cors den sacrer 
Del cner le croi sens mespenser. 
En den ai tote ma créance 

14870 Sens engien et sens mescreanoe. 
Et se li rois Artus mes sire 
Ne me croit de ce qu'il m'ot dire. 
Si face I grant fn «iom^ 



899 

t 

Et beneir et conjurer, 

5 Et je irai par mi le f(e)a. 
Se deas qui tôt tens iert et fd 
Me fait eschaper sayement, 
Dont sara om certainement, 
Que je me serai bien ostee 

De ce dont vos m^aves restée. 
Et vos remanres, ce sachies. 
En tel point, com vos me jngies; 

: Car par tort fait mal autrui, 
Li malz doit revertir sor lui.« 

^ Quant la roine a si parle. 
Cil de Limeri la cite 
Et chevalier et clerc et lai 
Avant se tra(h)ient sens délai 
Por la roine délivrer 
Et por le roi Nogant faoser, 
Tant ont parlet et tant ont dit, 
Qu'il ont le roi Nogant desdit 
Et que sa parole ont fausee, 
Et la roine est délivrée 
Del blasme quHl li ot sus mis; 
Longement dura li estris. 

Li rois Artus dist a sa gent. 
Que solonc les mos qu'il entent 
A molt grant tort li rois Nogans. 

^ Encor encui sera joians 
La bêle roine senee, 
Ja sera sa guerre finee ; 
Car mesires Durmars li fiers 
Lui XXXtisme de chevaliers 

î Droit vers Tost se vient chevachant. 
Desor un grant cheval ferrant 
Siet li Galois trestos covers. 
Si est molt beals et molt apers, 
Chances de £er avoit chancies 



400 

14410 Molt blanches et molt bien maillies, 
Si ot nn blanc hauberc yestu 
Qui de molt bone malle fa. 
Sa cote a armer fii molt bêle, 
El' ert tote fresce novele 

14415 D'un vermel samin bien ovre 
A lapars d'or qni sont borde, 
Tele le fist Procidas faire 
Sa bêle seror debonaire 
Qui bien savoit de soie ovrer, 

14420 Ne vos en qnier plus deviser. 
Mesires Durmars tôt ensi 
Fu acesmes, com je vos di, 
Chainte ot Tespee a poing dore, 
Deles lui vienent tôt arme 

14426 Cil des molins qui molt Tamoient, 
Sor molt riches destriers seoient, 
Escus et lances font porter 
Et elmes qui sont bel et cler. 

Li riches qnens del Gaut-Destroit 
14430 Qui par conduit les amenoit 
Lor a dit, que li rois Nogans 
Les tenoit tos a mescreans. 
Et por ce tôt arme venoient. 
Que il défendre se yoloient 
14485 Del blasme que sus lor metoit 
Li rois Nogans qui tort avoit; 
Mais [s'] il lor vuet faire prover, 
Por voir dient sens renfuser, 
c 3: Qu'en plaine cort s'en esteront 
14440 Vers autant de gent cum il sont. 
Li Galois s'est bien aatis. 
Qu'anchois que li jors soit faillis, 
Bendera il le roi Nogant 
Tôt vencu et tôt recréant, 
14446 S'il a qui justic' i K tiegne, 

Molt désire, qu'a la cort viegne. 



401 

Il et li quens del Gaat-Destroit 

S^en yienent par mi Tost todroit, 

Et en cel point qn^il sont venu 
Près del ostel le îoi Arta, 

Si ert li rois Artos entres 

En nne chanbre molt ires; 

Corecies s'ert al roi Nogant,- 

Por ce qu'i l'ot engignie tant, 
»5 Qne por faire tost et boisdie 

L'ot fait venir a ost banie 

Encontre la bêle roine 

Qui pacele est et orfenine. 

Honteoz en est li rois Artns, 
A ses contes et a ses dus 

yin[t] li rois consel demander, 

Goment il en pora ovrer. 

Mesires Kez li seneschauz 
Qui de parler est fiers et bauz 

' Li dist, que se li rois Nogans 
Ne li tient bien ses covenans, 
Qu^il le tiegnet tant en prison, 
Que il en ait grant raencon 
Qui bien vaille la covenance, 

^ N^en soit ja en autre balance, 
Et a la roine al vis cler 
Facet ses trahitors livrer. 
Si en face tôt son plaisir. 
Et de quant qu'ele doit tenir 

^ Li face resaisir li rois. 
Si ara fait comme cortois. 
Tôt ce loia mesires Eez, 
Ilnec ot des barons as^ez 
Qui contre ce pas n'estriverent, 

^ Laiens en la chanbre parlèrent 
De mainte chose longement, 

* 
Mb. bien en uaille. 
• " 26 



403 
N^aparceusi son coyenant. 

Or est en dotance et en joie 
14520 Mesires Dnrmars qui s'effroie 

En son cuer amerosement. 

La roine tôt ensement 

De joie et d'amor s'esbahi ; 

Cant ele le Galois choisi, 
452G Ele Tesgarde, si rogist, 

Et s'ele en cest point li fesist 

Yoiant la gent si lie senblant, 

Com ele en ot son cuer joiant. 

Bien parcensent li plosor 
^^^ Lor acointance et lor amor. 

Li Galois a joie de li 

Et ele de lui autresi; 

Mais lor joie pas ne mostrerent, 

Ains le covrirent et celèrent 
^3s Por le dotance de la gent, 

Et ne porquant molt docement 

S^QiitregalâeWt anbe4ui. 

Ele se lieve eontre lui 

Et contre ceauz, qui o lui vienent 

^-^O Qui por liège dame le tienent. 
»Donce dame,« fait li Galois, 
»Deus qui sire est de tos les rois 
Vos doinst tant d'onor et de joie. 
Gomme je avoir en voroie.« 

*=^46 »Sire,« dist la bêle roine, 

>Dex vos doinst bone joie fine, 

Et bien soit venus Procidas.« 

Apres cel mot ne se faint pas 

De mosti'er sa gent bial senblant, 

^^0 Chascun vait par nom saluant; 

^^- Monsaignor Durmart acola 

La roine qui s'oblia 

De la grant joie qu^ele avoit, 

26* 



404 

Et quant la bêle s'aparchoit, 
14555 Qu'ele ot le Galois acole, 

Lors a molt bel senblant mostre 
A tos les atres de eomman 
Et si yait acolèr chascun 
Por ce, c'om ne s'aparceust, 
14560 Que del Galois soprise fust. 

Ci me tairai de la roine, 
Li consauz départ et define, 
D'une chanbre ist li rois Artus, 
Si est en la sale venus. 

14565 Quant il a choisi le Galois, 
Tantost le reconoist li rois, 
Si s'en esjoist durement, 
Lors le mostre al roi Jozefent. 
»Rois de Galesc fait il »par foi, 

14570 C'est vostfe fiex que je la voi.« 
Li rois Jozefens s'esjoi 
De son fil, quant il le choiÂ;. 
Adont ne s'atargierent plus 
n et li riches rois Artus 

14575 S'en vont andoi vers le Galois. ' 
Cant il a choisi les II rois 
Qui vers lui vienent le grant pas, 
Sachies, qu'il ne s'areste pas, 
Ains les vait molt tost saluer 

14580 Comme cil qui bel set parler. 

»Sire,c dist il al roi Artu, 
»Deu[s] vos tiegne en bone vertu 
Et monsaignor le roi mon père. 
Grasces a deu, le grant savere 
14685 Je ne le vi mais grant piech'a.* 
»Et deus qui tôt le pooir a,« 
Fait li rois Artus en riant, 
»Vos doinst bone vie et plaisant.« 
Lors li funt son chief desarmer. 



405 
3.4690 Baisier le vont et acoler, 

t 

Iluec vient mesires Gavains 
Et ses conpains mesire Tvains 
Et Saigremors li deèrees 
Et mesires Gifles et Kez, 
14595 ^ Al Galois se vont racointier, 
Saluer le vont et baisier, 
Por lui honorent Procidas. 

Li rois Artus n^oblie pas, 
Qu'il n'ait le Galois demande 

14600 Tote la droite vérité, 

Comment il vint en cel pais. ' 
Et li Galois fut bien ois, 
Si lor dist briement et conta. 
Comment li areiers le mena 

14605 Et mist el chastel des molins, 
Des pongneis et des hustins 
^ ^ : Lor dist tote la vérité, 

Comment il en orent ovre, 
Puis qu'il fu el pais venus. 

146 lo Volentiers l'ot li rois Artuç. 
De Procidas tôt plainement 
Lor cont^ li Galois briement 
La loalte et la proece 
Et le grant sens et la vistece. 
'^^IS Li rois Artus l'a acole, 

Molt l'onore por sa bonté 
Et por le Galois ensement. 
Et si honeure molt sa gent 
De fin cuer et de bel semblant. 

^^ Atant es vos le roi Nogant 
De son consel est repairies, 
Si est durement esmaies. 
Gant il a le Galois veu 
Si près del riche roi Artu; 
^ De lui voit faire si grant joie, 



406 

Qu'il s'en esbahist et efifroie. 
Li rois Nogans en pies estoit, 
Cant mesires Darmars le voit, 
Lors a parle par molt grant ire, 

14630 »Rois Artus de Bretaigne sire,« 
Fait li Galois ^entendes cha, 
Li rois Nogans que je voi la 
Guerroie a tort sa liège dame, 
Se li a gaste son roiame 

14635 Comme fel trahitres proves. 
Se vos justice m'en tenes, 
Certes, tos aparillies sui 
De most^er cors a cors vers lui. 
Qu'il est mavais trahitres fauz 

14640 Fel et parjurs et desloiauz. 

Et qu'il a tort vers la roine.« 
Cant li Galois sa raison fine, 
Procidas molt isnelement 
Âl roi Artu son gage rent, 

14645 Et tôt cil des molins ausi 
Tendent lor gages a estri. 

Li rois Nogans por l'aatine 
Trenble et norcist de paor fine, 
Li plusor quident sens faillir, 

14650 Que ce soit d'orguel et d'air; 
Car il a dit al roi Artu: 
>Sire j'ai molt bien entendu 
Cest vassal qui si m'aatist, 
J'ai grant despit de ce qu'il dist; 

14665 Car de mon cors contre le sien 
Ne le doteroie je rien. 
Bien sai, que molt tost l'ociroie. 
Si que ja ne m'en greveroie; 
Mais je vuel savoir et despondre 

14660 En quel point je le doi respondre 
U par avoe u par moi. 
L'on me dist, qu'il est fiex de roi, 



407 

: Mais il n'est pas rois corones, 

Et je sni rois, bien le saves, 
» Si na sai mie la raison, 

Que je responde se roi non.« 

* 

Fait li rois Jozefens : »Par foi. 

Puisque vos responderes roi, 

Dont responderes vos mon âl 
3 Comme haut roi franc e gentil. 

J'ai II roiames a tenir, 

Je Ten doins Tun sens retolir. 

Si le ferai ja coroner, 

Puis ne le pores renfaser, 
5 Ains le vos covenra respondre; 

Mais bien vos sai dire et despondre. 

S'il est vencus par vostre cors, 

Que je le ferai banir fors 

De tote la terre que j'ai, 
Ne a mon fil ne le tenrai. 

Ja, s'en lui a haute proece. 

Ne s'esmait por vostre grandece ; 

Car on voit avenir sovent, */ 

Que trop grans hom ne vaut noient. < 

^^ De cest mot rist li rois Artus, 

Li rois Nogans tos esperdus 

S'i vait a sa gent consiilier. 

Si hatit baron et si princier 

Sont environ lui assenble, 
)0 Bien a [a] consel demore 

Plus de V lieues d'ereure. 

Or entendes quele aventure. 

Il avint a cel consel la, 

Li mavais rois Nogans s'embla 
J5 Fors del consel si coiement, 

Qu'il le seurent molt pou de gent, 

3 îch vermnthe cela a. 



408 

Sor I dromadaire est montes 
Qui molt tost li fa aprestes, 
Maintenant s'eslonge del ost, 

14700 Si entre en la forest molt tost, 
Fors del grant chemin est issus, 
Ne ensenble o lui ne va nns. 
Il n'atendoit mie sa gent, 
Ains s'en faiôit si durement, 

14705 Que nas ne le peast ataindre. 

Paors le fait trenbler et taindre, 
Fuir s'en wet al cor d'Yrlande 
n il a bone terre et grande 
Et mainte riche fermeté, 

14710 La Yoroit estre a savete. 

De Ini ne vos conterai pins. 

Je vos di, que li rois Artos 
Se mervelle del roi Nogant 
Por quel chose il demeure tant 

14716 Et dist, que trop a consillie. 
Lors li a on dit et noncie. 
Que li rois Nogans s'ensfuioit. 
Ne ataindre ne le poroit 
c 2: Nus hom vivans qui fust en l'ost; 

14720 Car il s'en va fniant si tost, 

Qu'il est bien quatre liues loing; 
Bien senble, qu'il ait grant besoing. 
Gant il en tel guise s'en Ta. 
Li rois Artus se mervilla 

14725 De ces noveles durement 
Et tôt si baron ensement. 
La roine est joians et lie 
De ce, qu'el' est si bien yengie 
Del roi Nogant son enemi. 

14780 Li bons rois Artus, je tos di, 
Fist la grant cortoisie fine; 
Car les trahitors la roine 



409 

Gant c*om en puet trover par Tost 
Fait li bons rois prendre molt tost, 

L73Ô Si les fait devant loi venir. 
Or en puet faire son plaisir 
La bêle roine al vis cler; 
Car li rois li fait délivrer. 
Mesires Eez les vnet jngier 

1:74=0 TJ a pendre u a escorcier, 
Et cil qui molt snnt esbahi 
Proient la roine merci 
Comme lor lige dame fine. 
Cant or voit la bêle roine, 

14745 Que si lige home vont plorant 
Et jointes mains merci proiant, 
Lors pense la bêle al cors gent, 
Qn*er ara merci de sa gent; 
Car fins cners amerons, gentiez 
^^ Doit estre debonaire et piez, 

Cners qui plains est de fine amor 
Ne puet estre sens grant dochor. 
La bêle roine Fenise 
Est si de doce amor soprise, 
Qu'ele n*a cuer ne volente 
De faire nule crualte, 
Âins pardone molt bonement 
A ses homes son maltalent; 
Mais la roine, je vos di, 
En ot en tel guise merci, 
Qu*il li renderont ses damages 
Et se li douent bons ostages, 
Que loialment le serviront, 
Et tant de sairemens li font, 
^ Qu^ele est molt bien asseure. 

Atant est la guerre finee, 
La roine molt grant joie a. 
Le roi Artu abandona 
Tos ses joeaz et son avoir; 



410 

14770 Mais It bons rois n'en voet avoir 
Fon le gre de li solement. 
Et la bêle roine prent 
Par le main désire le Galois, 
Yoiant contes et voiant rois 
c3: Li a dit la bêle al cler yis: 

14770 >Me8ire Dnrmart, ee m'est vis, 

Qoe tant aves fait de ma gaerre, 
Que par vos rai tote ma terre. 
Certes, yob m'aves bien servie, 

14780 Mainte dore cbevalerie 

Âves faite por moi serrir. 
Je le vos doi molt bien merir; 
Car qui bel service oze prendre 
Bien en doit bel guerredon rendre. 

14785 Et je vos di, que vos ares 

Tel don, com vos me roveres, 
Por tant, com je le puisse avoir, 
Ce vos di je sens decivoir.c 

Mesires Durmars s'esjoi 

14790 De la promesse qa*il oi, 

»Dame< fait il >vos aves dit, 
Que ju arai sens contredit 
Tel don que je avoir vorai. 
Vérités est et bien le sai, 

14795 Que vos me poes plus merir. 
Que je ne puisse deservir. 
Et se vos me voles doner 
(Et) tel don com je sarai rover, 
Si haut don vos demanderai, 

14800 Que trop grant outrage ferai 
De demander si riche don, 
On le tenra a mesprison. 
Mais grans désirs et fors talens 
Font trespasser raison et sens, 

14805 Tôt assi iert ja de moi. 
Je vos demanderai par foi 



411 

Le don que mes cuers pluB désire, 
Grant paor ai del escondire. 
Dame dones moi quitement 

14S10 Tôt Yostre cors entièrement 

Et Yostre amors sens repentie, 
Si arai la pins bêle amie 
Et la millor qui soit vivans, 
A tos jors mais serai joians, 

14:615 Se je pnis si bial don avoir. 
Je ne désir tant nol avoir 
Com le don qne j'ai demande, 
Et fine amors m'a commande 
 demander si hantemeut, 
14820 Si ne. le pnis faire atrement, 

Gant fine amors le me commande. 

»Grans est li dons qne je demande, 
Et se je a cest don faloie. 
Jamais atre don ne qnerroie, 
^^ Ains aroie a tos biens failli. 
Donce dame, et se je mesdi, 
Si en prendes le vengement 
Tôt a vostre commandement. 
Dex doinst, que je n'aie parle 
^ ^O Encontre vostre volente. 

-** - Si bien vos plaist ce qne j'ai dit. 
Certes, dont n'ai je pas mesdit. 
Et s'il ne vos plaist bonement. 
Dont ai je parle folement. 

^ Dame tôt a vostre plaisir 
Me poes ci faire tenir 
A bien fol n a bien sene. 
Se j'ai ce qne j'ai demande, 
Lors dira on certainement, 

^0 Que par sens et par hardenient 
Arai si riche don conquis 
Et comme sages le requis. 
Certes et, se je fail al don, 



412 

A fol parlier me tenra on, 
14845 Li plusor diront par envie, 

Que je requis trop grant folie. 
Il avient, quant I hom enprent 
Une chose hardiement, 
Se bien Ten vient, molt est loes, 
14850 Si Ten meschiet, si est blasmes. 
Tôt en tel aventure sui 
D'avoir grant joie u grant enni, 
J'arai lequel que vos vorres, 
Dame, merci, ne vos ires, 
14855 Se j'ai requis vostre amor fine.c 

» Certes, « fait la bêle roine, 
»6eaus doz amis, n'en dotes mie, 
Cil doit bien avoir haut' amie 
Qui hautement l'oze conquerre, 

14860 Mais ne doit hâte amor reqnerre 
Nus hom qui deservir ne l'ose. 
Ne vos dotes de nnle chose; 
Car vos n'aves de rien mesdit 
De cant que vos aves ci dit, 

14865 Ains aves parle si a point. 
Qu'il ne me desagree point. 
Se vos aves m'amor requise. 
Vos Taves hautement conquise, 
Si n'aves requis nul desroi. 

14870 Vos estes fiex de riche roi, 
Et je sui par vérité fine 
Fille de roi et de roine, 
Se m'est avis, se bel. vos senble, 
Que nos avenons, bien ensemble', 

14875 Et deus nos doinst si assenbler. 
Qu'a tôt le monde puit senbler. 
Que bone soit nostre assenblee. 
Jamais ne soit desassenblee 
Nostre conpaignie a nul jor.« 



413 

>0r n'en faites plus lonc sejor,€ 
Fait mesire Ees en riant, 
^Faisons les noces tôt errant. « 
»Por deu,€ ce dist li rois Artus, 
>Por coi targeroient il plus? 
Mais il fiancent al parmain, 
Si facent les noces demain« 
Fait Eez: >Si espensent enuit, 
Il aront pins de lor desdnit; 
Car li pensers lor grèvera. 
Dex, qnar fuissent il cochie ja 
En une chanbre a recelée 
Loins de la gent une loee!« 
»Par mon cliief,« fait mesire Yvains, 
»Gis sohais n'est mie vilains. « 
Li plusor rient de ces mos, 
»Dex,« fait mesire Lancelos, 
»Com est li Galois bien paies! 
Ainsmais sodoiers, ce sachies, 
Ne reciut si bêles sodées 
Gum al Galois sunt hui donees.« 
Fait mesire Gavains li ber: 
>Je ne vi onquemais doner 
Si bial don si hastivement, 
Andoi ont ovre sagement. « 
»Voir,« fait mesire Percevauz, 
»Mout est cil dons riches et beauz, 
Et si est molt bien apointies, ^ 
Tant doit il estre miex proisies.« 
Tôt ensi vont le don proisant 
Cil qui la sunt li plus vallant. 

urant joie a li rois Jozefens, 
Et il et trestotes ses gens 
Prisent et loent cél affaire; 
Mais je ne puis mie retraire 
Tos les mos que chascuns i dist, 
Ne de presens que l'on i fist 



414 

A la roine al Galois 

Ne dirai pas a ceste fois. 

Li Gralois molt joiosement 

14920 Fait désarmer lui et sa gent, 
Et ses pères li rois de Gales 
De ses escrins et de ces maies 
Fait molt riches robes oster, 
Si fait son fil bien acesmer 

14925 Et tos ses compaingnons o lui. 
Vos tenries a trop grant enui, 
Se de tos lor desdais parloie; 
Cil del ost fisent molt grant joie 
Celé nnit et celé vespree, 

14980 La roine s'en est ralee 
En sa cite de Limeri 
Et tôt si hant baron o li. 
La nuit dnqnes al esclairier 
Fisent laiens coudre et taillier 

149S5 Biches robes cointes et bêles ; 
D'acesmer li et ses puceles 
Se vait la roine penant. 
L'endemain al solel levant 
Fait mesire Dnrmars li ber 

14940 Tos céans des molins atomer, 
Bien sont Testa et richement 
De riches robes frescement. 
c 3 : Et bien dusqu'a cent esquiiers 
 fait li Galois chevaliers, 

14945 Molt cointement les adoba, 
Ghevaz et robes lor dona. 
Par l'ost est la joie efforcie; 
Iluec retint de sa maisnie 
Mesires Durmars voirement 

14950 Procidas et tote sa gent 
Et d'antres chevaliers asses 
Bien prisies et bien r^nomes. 

Je ne quier plus d'alonge faire, 



415 

Li jors s'esbadist et esclaire, 
i95ô Jjj ][jQjjg jQJg j^Ytns s'est levés, 

Si tost, cmn il est acesmes, 
Monte li rois et si baron. 
La veissies molt grant foison 
De bêles robes envoisies, 

i9Go JjQg rotes vieneut eslaissies 

Des damoisiaz riches et hanz 
Qui sient sor les grans chevanz 
Les escus pris por behorder. 
La veissies tost encontrer 

^^^ Et brisier lances par revel, 

La ot grant joie et grant cenbel, 
Chevaliers et contes et dus 
Veissies prendre les escus 
Et poindre et fuir et chacier 

^^^ Et bel joer sens corecier. 
A joie faire s'abandonent, 
Flaviel et flahutes i sonent, 
Laens en la cite montèrent 
Tôt li borjois qui behorderent 

^ ^ Por la joie plus efiforcier. 

Todroit a I riche mostier 

La fu la roine amenée, 

Li rois Artus Ta adestree; 

Car il le vuet molt honerer. 
^C^ Je ne quier pas tôt deviser. 

Comment la bêle est acesmee. 

Si bien fu vestue et parée, 

Com a roine covenoit. 

Et lAenres Durmars estoit 
^^ Acesmes si bel et si bien, 

C'ainsmais nul home terrien 

Ne vit hom si bien acesme. 

Li evesques de la cite 

Li a la roine esposee, 
"^^^ Or est bien lor joie afermee, 



416 

Pins seur sont et plus joiant, 
Qu'il n'eussent este devant, 
L'uns ne puet mais Tatre faillir, 
Se mors ne les fait départir. 

14995 Li plusor blasment et reprendent 
Tos ceaz qui lor amies prendent; 
Mais ne sont pas d'amors sopris. 
Certes, n'en doit estre repris 
fSSlr^^cl: Fins amans qui s'amie prent, 

15000 Je di, que cil qui l'en reprent 
 le cuer félon et amer; 
Car fins amans doit plus amer 
La joie qui li est donee 
Que celi qui li est prestee. 

16005 Cil est en perilleuz dangier 
Qui s'amie n'a a moillier; 
Car uns autres li puet tolir- 
Et devant lui prendre et saisir 
Et esposer devant ses iex. 

15010 Tôt li sage ameroient miex, 

G'uns beaz avoirs lor fust dones, 
Qu'i lor faist par dangier prestes. 
Qui s'amie prent a moillier 
Il ne le vuet pas eslongier, 

15015 Ains le prent por avoir, todis, 
Et si en vuet estre saisis 
Et sa joie si affermer, 
Qu'altre n'i puist nul droit clamer. 
Qui s'amie voit devant lui 

15020 Baisier et acoler autrui 

Et faire trestos ses desduis 
Gè li senble trop grans enuis, 
S'il aime bien de cuer entier; 
Dont doit fins amans convoitier, 

15025 Qu'il ait s'amie quitement 
En sa baillie fermement. 



417 

Certes fins amans n*est il mie 
Qoîl renfose a prendre s'amie, 
N*a amie nel tient il pas, 
^ Gant il ne fi ne son solas 
Ne vuet prendre sens départir, 
Il n'en a mie grant désir. 
Tôt cil qui font chiere d'amors 
Ne sentent mie les dolors; 

> Mais mesires Dormars U frans 
Ama bien comme fins amans; 
Car il ama sens repentir 

Et sens dechoivre et sens mentir; 
Bien sachies, qu'il ne se faint mie, 
^ Cant il prist a moillier s'amie. 

Cel jor fu il rois corones. 
Si fil rois dJTrlande clames, 
Desor son chief le corone a, 
Li rois Artus le corona, 

> Et li et la roine ausi 

El haut palais de Limeri 
Sunt repairiet haut et joiant. , 
Apres la messe maintenant 
Li keu ont le mangier haste, 

>0 De bien servir sunt apreste 
Cil qui s'en doivent entremetre. 
Lors veissies ces tables mètre 
Et blanches napes sus estendre, 
L'eave douent sens plus atendre, 

I: Chascuns a son mestier entent. 

»6 Li rois Artus plus n'i atent, 
Maintenant levé et puis s'asiet, 
Dedens son cuer li plaist et siet 
Ce, qu'il voit tant de bêle gent. 

>0 Li renc sunt grant et bel et gent 
De ceaz qui sunt assiz as tables, 
Molt est li mangiers delitables, 
n i a rois et dus et contes. 

in 



418 

Ne devise mie li contes 
16065 Tos les mes dont on i servi; 
Mais il i ot, bien le vos ^, 
Plante de hantes dames bêles 
Et molt de plaisans damoiseles, 
D^acesmees en i ot mainte-. 
15070 La ne fn mie joie estainte; 
Car on i aporte en chantant 
Les mes qui sont bel et plaiflaift, 
Et après mangier si caroTent, 
D'amors et de joie parolent.* . 
15075 Li I vêlent oir chanter, 
Et li alqofknt font vieler, 
Harpes et gigues i sonerent, 
Dames et puceles chantèrent. 

Moût fil bien la joie esbaudie, 

15080 El palais ot grant mélodie 
De psalteres et de citoles, 
Quant finees sunt les caroles, 
Lors funt juer de plusors.giex. 
Iluec avoient bien lor liex 

16085 Cil qui savoient bieji chanter 
U beaz mos dire u violer, 
Adont estoient de grant pris 
Cil qui faisoient les beâs dis, 
Cil ert molt âmes et molt sire 

16090 Qui bien savoit a cel tens dire 
Des hystoires et des chancons, 
A ceaz donoient les beaz dons. 
Or voi errer et chevacier 
Une vôide gent sens mestier - 

15096 Qui ne se vent raison mostrer 
Por coi on lor doive doner. 
Li un dient: »Je sui al roi.« 
>Je vois de tornoi en tomoi« 
Fait li altres qui ne set el 

16100 Que tencier et braire al ostel. 



419 

Li an contrefont le sot-sage, 
Si sunt lor mot nice et Tolage, 
Li atre font si le cortois, 
QuHl heent les amans des dois, 
Jfsiofi Li un snnt de C contenances, 
Si contrefont autrui senblances. 
Et li plusor portent paroles 
D'unes amors nices et foies. 
Portant vêlent beaz dons ayoir, 
^ ^ ^0 Et si quident asses valoir. 
Cil qui set livre contrefaire 
Bueve maintenant robe vaire. 
Trop en voi de fouz et de nices 
Oui on done beaz dons et riches; 

15 Mais li sage bien entendant 
Ne vont pas telz genz alevant, 
Ains vos di, que li chevalier 
Mal entendant et gpuroonier 
Cil alievent gent gareoniere, 

20 Por ce qu'il sont de lor manière. 
Ghascuns aime gens a son fuer, 
Selonc ce qu'il est de hait cuer, 
Li sage aiment les entendans 
Et li nice les nonsachans; 

25 Encui il n'a sens ne bonté. 
De ce vos ai asses conte. 

urans fu la joie, je vos di 
En la sale de Limeri, 
Gel jor i ot asses donees 
130 Bobes tranchies et coees. 

Li bon menestreu de haut pris 
Orent palefrois et roncis 
Et beaz joeaz et bons doniers, 
Molt lor fist doner volentiers 
^«135 Mesire Durmars li gentiex, 

^^119 Mb. Qui. 



27 



420 

Et si fil lor dons si hastiez, 
Qu'il orent tost et plainement, 
Onqnes n'i ot detriement. 
Tantost com 11 jors déclina, 

15140 Li bons rois Artns s'en ala 
A son oste pOr aaisier, 
Prince et baron et cheyalier 
Sont tôt a lor ostelz aie. 
Lors vait veoir en la cite 

16146 Li nns Vautre par grant desduit, 
Il i ot done celé nuit 
As cheyaliers maint bel soper, 
Et maint tortin i ardent cler. 

Mais del Galois tos vorai dire, 
15160 Cum il est de grant joie sire, 
En une chanbre loins de gent 
En un bial lit.f^aiiant et gent 
S'est mesire Darmars cochies 
Lez s'amie joians et lies. 
15155 Li evesques de Limeri 
Segna lor lit et benei, 
Fors de la chanbre tost s'en ist, 
Et mesire Durmars se gist 
Desoz I covertoir d'ermine 
15160 Molt près de la bêle roine. 

Si vos di bien, qu'il l'a sentue 
Entre ses bras suef et nue. 
Et ele comme debonaire 
Li soffri tos ses bons a faire. 

15166 Mesires Durmars ot la nuit 

Si grant joie et si grant desduit, 
V* c 1 : Comme fins amaus puet avoir, 
Cant il a bien tôt son voloir, 
Grans fu la joie l'endemain 

15186 Mb. gentiex hagtiez. 






421 

fO Ladesor el palais hai 
III jors ont les noceï 
Et al quart jor par 
A pris li rois Artas 
Si a al départir bais 

5 Et le Galois et la rc 
Lors est montes, si s 
Al plus droit qu'il p 
Molt chevace a riche 
Li rois Durmars le c 

Si vos di, qu'il li pr 
Trestot son cors enti 
A faire son commanc 
Et ses manoirs et ses 
Et si dona de ses jo( 

5 Al roi Artu et a sa 
Les plusors done or « 
Et as atres comme €< 
Done chevaz et pale£ 
Hennas et copes et à 

Donoit as povres che 
Grifauz et ostoirs et 
Ce donoit il as hauz 
Des joeaz prent li ro 
I bel ostoir norois se 

5 Li Galois s'en est rei 
Al départir, c'est ver: 
Le baisa mesires Ga\ 
Et Gifles et mesire "S 
Et Saigremors et Per 

Ausi flst Eeé li senes 
A ceaz de la table re 
Qu'estoient li millor • 
A li Galois tant fait 
Qu'il l'aiment tôt sen 



sp&ter zagefUgt. 



422 

15205 Atant s'en vait li rois Artus, 
Cant il est a la mer venus, 
n et ses gens es nez entrèrent, 
Et quant en Bretaigne arrivèrent, 
Grans fu la joie, ce sachies. 

15210 Li rois Durmars est repairies 
Droit a Limeri sa cite, 
Iluec furent tôt assenble 
Li haut baron de la contrée. 
Se li ont fealte jurée, 

15215 Et des chasteaz et des cites 
Est il molt bien asseures. 
Par tote la terre d'Yrlande 
Font ce que li Galois commande, 
Molt se fait amer a sa gent, 

15220 Del sien lor done largement, 
N'i a si febk ne si fort 
A cui il velle fcire tort, 
Ains lor fait droit sens loier prendre, 
c 2 : L'uus n'oze vers l'autre mesprendre, 

15225 Tote la terre est si en pais. 

Que nus hom n'i guerroie mais. 
Gant li Galois i ot assises 
Ses costumes et ses devises. 
De Procidas le chastelain 

15280 A fait son baillieu soverain, 
Tote sa terre li commande, 
Gonfarioier l'a fait d'Yrlande, 
Si est -ses maistres-seneschauz, 
Por ce qu'il est preuz et loiauz 

15285 Et plains de vigor et de sens. 
Voirs est, que li rois Jozefens 
A tant avuec son fil este. 
Qu'il a tôt son règne aquite. 

Or est li Galois molt aaise; 
15240 Car il n'a rien qu'i li desplaise. 
Entre lui et sa doce amie 



423 

Mainent andai si bone vie 

Et tant s^entr(e)aimeiit docement, 

Qu'il rehaitent tote lor gent 

15245 De la bêle vie qu'il mainent. 

Vérités est, qu'andui se painent 
Et li Galois et la roine 
De maintenir lor joie fine, 
Andoi recordent molt sovent 

S250 Le premerain acointement, 

Quanqu'amors lor a fait sentir 
Dist Tuns al autre sens mentir, 
Bien ont gehis et recordes 
Tos les mais qu'il ont endures 
Et lor joies et lor envis, 
Et ce lor senble grans desduis. 
Gant il recordent lor amers 
Et lor joies et lor dolors 
Et lor désirs et lor pensers, 
»0 Je vos di, que li recorders 

Fait lor amor croistre et esprendre; 
Mais je ne puis mie or entendre 
A deviser tote lor vie. 

Li Galois ne s'oblia mie; 

^ Car très le jor, qu'il (l')esposa, 
Todroit a sa mère envoia, 
Et il et ses père ensement 
Se U mandent certainement, 
Qu'il sunt tôt sain et tôt haitie, 

i70 Et de quantqu'il ont esploitie 
Li font la vérité savoir 
Et se li mandent bien por voir, 
Qu'il seront a brief terme o li. 
De ces noveles s'esjoi 
^275 La roine molt durement, 

Volentiers les ot et entent. 

* 
^^51 Mb. lors. 



424 

Tôt si eiiQÎ sont oblie, 
Gant ele sot la vérité 
De son mari et de son fil. 
c3: N'i a De meschief ne péril 

16281 Qae fi GMois n'ait tiespasse 
Qà'il n'ait a sa mère mande, 
Et ens es letres bien li mande, 
Qa*il est rois et sire d'Trlande; 

15285 Ce dient les letres al lire, 

Qu'il a qoantqne ses caers désire. 
La roine fait molt grant joie,. 
Par le pais letres envoie 
Et as dames et as pnceles, 

15290 Si lor fait savoir les noveles. 
Gomment son fil est avenu, 
Et chascune en loie Jhesu 
Le haut segnor de tôt le mont, 
Par totes Gales joie font 

15295 Chevalier et clerc et boijois. 

Huimais vos dirai del Galois 
Et de sa moillier ensement 
Et del riche roi Jozefent; 
I jor ont lor oire apreste, 

15300 De chevaliers mainent plante. 
Et cant a la mer venu sunt, 
Es nez entrent qui molt tost vont. 
Tant ont nagie, tant ont sigle. 
Qu'il sunt en Gales arrive, 

15305 Des nez issireut, puis montèrent. 
Lors chevacierent et errèrent 
Todroit vers la blance cite. 
Mais je vos di par vente, 
Cant il en sunt bien près venu, ' 

153 10 Lors ne se sunt pas coi tenu 
Cil de la grant cite laiens, 
Ains s'en issent totes les gens, 
Et povre-et riche qui la sont 



426 

Encontre les II rois s'en yont 
^5315 A porcessîon hante et grande; 
Car la roine le commande. 
Ele meisme 8*en issi . ' 
Et mainte dame ensenble o li 
Et mainte pncele senee, 
Bien vestne et bien acesmee. 
La ot asses et vair et gris, 
Ilaec veissies revestis 
Hauz evesqnes et hanz abes 
Et liantes persones asses, 
La u les U rois eucontrerent 
Bel senblant et lie lor mostrerent. 
Cil a cheval snnt descendu, 
Et quant li doi roi sunt venu 
Près de lor gent qui contre auz vont, 
D'anbes II pars grant joie font. 
Je n'aroi' en pièce acontes 
Tos ceas qui les ont salues 
Ne totes eeles ensement. 

Li rois Durmars premiers descent 
Contre la roine sa mère, 
Et li rois Jozefens ses père 
Descent encontre sa moillier, 
Acoler le vait et baisier. 
Et ele lui premièrement 
Et puis son fil molt docement, 
Longement le tient acole. 
Anchois qu'ele ait a lui parle. 
De joie se taist et sospire, 
Et tantost qu'ele puet mot dire, 
»Beaz fiexc fait ele »en mon vivant 
N*oi je mais mon cuer si joiant, 
Comme j'ai por vos orendroit.€ 
»Dame€ fait il »dex vos otroit. 
Que vos soies joian[s] et lie. 
^0 De ce que vos estes haitie, 



426 

C^est la plus grans joie que jH 
Ensenble o vos sejomerai 
Grant pièce sens vos eslongier. 
Dame, vez ici ma moillier 

15355 Par cui je sui rois corones, 

Je vos proi, que molt ronorës.€ 
»Beas fiexc fait ele »yolentiers, 
Vers li sera mes cners entiers.c 
Lors s'est envers li aprochie, 

16360 Si Ta hautement bienvegnie, 
Et ele son salu li rent, 
Molt s'entracointent docement. 

La bone roine Andelise 
Baise la roine Fenise, 

15365 Et quant ele a bien remire 

Son cler.vis et sa grant béate, 
»Fille€ fait ele »bien sachies, 
Mes fiex n'iert pas bien consilUes, 
S'il jamais vos eslonge I mois 

15370 Ne por guerre ne por tomois 
Ne por querre nul' aventure 
Qui soit perillose ne dure. 
Puis qu'il a tôt son desirîer, 
Por coi s'iroit mais traviïlier? 

16375 Bien doit garder en reposant 
Ce qu'il conquist en travillant.« 
»Dame,« fait la bêle roine, 
»Si m'aime de bone amor fine. 
Tant doit il miex son pris garder 

16380 Por lui et por moi honorer, 

Et deus li doinst garder si bien, 
G'on nel en puist blasmer de rien.< 
Les II roines tôt ensi 
S'entracointent, com je vos di, 

15385 Dedens la cite sunt entrées. 
Laiens sunt les cloches sonees 
Par ces glises molt hautement, 



427 

Les mes simt plaines de gent, 

Et si snnt bien encortinees 
3 De verdes foiUies ramées 

Et de porpres et de cendas. 

La behordent sor grans chevas 
: Maint chevalier et maint borjois, 

Grant joie font par les II rois. 

^ A une glise renomee 

Qui fd en Tonor den fondée 
' Li doi roi descendu i sont, 
Molt riches offrandes i font 
Et les doz roines ausi, 

> Ghascune d^eles i offiri 

Riches pailes et dras de soie. 
Apres vont faire lor grant joie 
Li doi roi el palais plenier, 
La veissies maint chevalier 
Et mainte dame bien vestie, 
De gens est la grans sale enplie, 
Li un as aultres vont parlant 
Et molt grant joie vont menant. 
La ot mainte harpe sonee 
Et mainte viele atempree, 
Es chanbres vont les II roines, 
Lor puceles et lor meschines 
Les ont laiens bien acesmees, 
Puis sont el palais retomees. 
Maintenant fa près li sopers; 
Et que voroit Ions devisers? 
Âpres mangier lors se levèrent 
Cil et celés qui la soperent, 
A ostex vont quant li jors faut. 
Trop gràns alongiee riens ne vaut, 
La nuis passe, et K jors revint, 
Et li bons rois Jozefens tint 
Sa cort j)leniere VIII jors entiers. 
A tos les povres chevaliers 



428 

15425 Done li rois Dnrmar» beaz dons 
Et a tos les riclies barons 
Se fait molt durement amer; 
Car molt bien les set onorer. 
Les n roines sagement 

15430 Donent'lor avoir largement 
Et as dames et as meschines 
Et as puceles orfenines 
Et as poyres nonains gentiez, 
Molt orent lor cuers ententiex 

15436 Les II roines en bien faire; 

Mais ci me covient d^eles taire. 

Li Galois maine bêle vie, 
Par sa bonté a resbaudie 
Chevalerie en maint pais, 

15440 Molt est larges, molt est jolis 
Et sages et bien entendans. 
Les povres chevaliers vaillans 
Que Ton tient a chevaleroz, 
Cant il les voit sages et proz, 

15445 De sa maisnie les retient. 

Tôt ades croist ses pris et vient, 
Durement amoit sa moillier; 
Mais il ne vot onqnes laiâsier 

c 3 : Por li né por sa compaignie 

15450 Son pris ne sa chevalerie, 

Ains maintenoit bien sa'proece; 
Car il pensoit a grant hautece. 
Qui Jones est et sains et riches 
Trop est mavais et vielz et nices, 

15455 Cant il por sa moillier enpire 
Ne por chose qu'ele puist dire, 
Ja qui de bien haut cuer sera 
Por sa moillier n'enpirera, 
Âins s^ avance molt durement 

15460 Prodom qui bone dame prent. 
Li periceus as cuers laniers 



• 429 

Cil enpireBit por lor moilliers; 
Mais li Galois n'enpira mie 
De ce, qu'il esposa s'amie. 
Vérités fa, que molt Tama; 
Mais ains por li ne sejoma 
Por tant, qu'il qnidast en Terrer 
Son pris avancier ne garder. 

En sa bone chevalerie 

Et en sa plus grant seignorie 

S'est li rois Durmars porpenses, 

Que par deu est il amontes. 

Et que nus biens ne molteplie. 

Se daiQedeus a'i fait aie. 

Et des biens que dex fait venir 

Le doit on vblentiers servir. 

 ce pense ententivement 

Li rois Durmars celeement, 

Bien voit, que totes les hateces 

Et le beuban et les richeces 

Et tos les terriens solas 

Covient finer, c'est I trespas; 

Mais la joie de paradis 

Icele durera todis, 

Ne puet finer ne abaissier, 

Por celi doit on bien laissier 

La joie qui lues passe et faut. 

Gant li hom muert, rien ne li vaut 

Ses grans beubans ne ses parages, 

Cil qui deu aime cil est sages; 

Car deus . rendera, ce savons, 

De tos services gerredons 

Et des biens et des maz ausi 

Que chascuns ara deservi. 

Chascuns hom set bien, qu'il mora; 

Mais l'eure que la mors venra 

Ne savons pas a deviner, 

Todis ades sens demorer 



480 

Doit chaseniiB ertre si gumis, 
IMOO Qu'il ne soit en pechie sopris. 

là rois Dnrmars a ce pensoit 
Et tôt ades Ten sorenoit, 
Molt en a sa yie amendée, 
Mainte abeie a estoree 
Y* cl: Et mainte hante chanesie. 

15506 Les poyres cheyaliers marie 

As dames qni grans terres ont, 
Les puceles qni povres sont 
Fait prendre as riches amasses 

15510 Ei terre et avoir ont asses, 
Les yeyes dames consilloit 
Et le povre gent sostenoit. 
n ne creoit nnl losengier 
Ne ne daignoit prendre loier 

15515 Por droit ne por justice £ure, 
Fans jugemens ne li pot plaire, 
Ains n'ot talent de droit fiauser 
Ne de nului deseriter. 
Molt haoit mavais consilliers, 

15520 Tant ert loiauz et droituriers. 
Que, se aucuns li consillast, 
Que il nului desiretast, 
Ce meismes faisoit celui 
Que cil looit a faire autrui, 

15525 Tant quHl Tavoit espoente 
Et fors de son consel oste. 

A deu et al siècle plaisoît 
Ce que li rois Durmars faisoit, 
Molt donoit robes et destriers 
15580 Et molt amoit les chevaliers 
Et les dames et les puceles, 
Sovent tenoit grans cors et be 

15526 ist spftter zugefOgt. 



4SI 

Tant parert de joli senblant, 
Que bien qnidoient li anquant, 
i5535 QuMl n'amast se le siècle non; 
Mais sa pins grans entenidon 
Metoit en Jhesn Grist servir, 
Deu et le siècle vot tenir, 
Molt fa prodom li rois Dormars, 
^5S-4o N'ert mie de bien faire esclvars. 



I jor estoit en boz aies 
Et lui chevaliers asses. 
Gel jor li plot molt a chacier. 
Tant que li soliaz dut cochier, 
Dure la chace et li desduis, 
Lors vient li vespres et la nuis, 
Et li rois Durmars s^oblia. 
Si corut tant et cha et la. 
Qu'il perdi ses chiens et sa gent. 
Par le boz vat huchant sovent 
Ses veneors et ses archiers 
Et apelant ses chevaliers; 
Mais molt li tome a grant enui, 
Gant il n'ot respondre nului. 
é Lors a devant lui regarde, 
Si voit une grande clarté 
Si clere, qu'il s'en esbahist, 
Vers la clarté li rois guenchist, 
Et quant il vient desor I gaut, 

^0 Lor voit sor I grant arbre en haut 
Tant de chandelles atachies. 
Si espessement arengies, 
Que nus ne les seust conter, 
Et les plusors ardent si cler, 

^5 Que li Galois s'en esmervelle. 
Noire flanbe inde et vermelle 
Les plusors chandoilles jetoient 



ff. Vgl. 1507 S. 




g: «le»'"" . ,; ^ s»*!». 

Et >^ "^l V >» ■""" 

<^ •^'^'^ JÏ àe-«« ^'^^ 
Et lues açtf ^^ 

Insi comme ^^^ ^^eietent, 

Bt les autres J«* t^«,ee. 

a; tfiteteut i»»^^ ° teeepassee, 

^-tslS^^^AfetÏÏes, 
Q^^ ' t; bo» soit àefeoiss 

,5^00 Dont s'est b 

,. t T vois sene-. 
l^o'^^N*'" Lt'esmaietn^^' 
,CUevaber8^ ^,iveu 

ç^ quaaq«« 



433 

CTest de par deu le^roi Jhesu; 
» Mais ja a nul jor de'ta yie 

Ne saras que de signée 

De ci adont, que tr^Vseras 

La a tp te* confesseras , . 

Al saint apostole de Rome 
^ Qui done consel a maint home. 

 Borne, ce sachies sens dote, 

Est li chies de vostie loi tote, 

Dont est ce li plus hauz volages 

Et li plus hauz pèlerinages 

5 Qui soit nul lieu, c'est vérités 
Fors en la terre u deus fu nez. 
La meisme(s) tienent la gent 

La loi de Borne hautement. \, 

: Sor tote la crestiente 
3 Â Tapostoiles poeste; 

Car el lieu saint Piere est ais^s 

Qui les clés a de Paradis. 

Se tu vues del enfant savoir 

Et des chandelles tôt le voir, 

6 D'aler a Rome t'aparelle, 
Âl apostoille te conselle. 
Si croi ce que il te dira. 
Jamais joie ne te faura. 

Se tu tiens bien sa commandise, 
^ Menbre toi del jor del juise 

La u li bon seront joiant 

Et li mavais seront dolant. 

Va t'eut de ci, pense de toi, 

D'orenavant ser le gran* roi 
5 Qui tos les services merist.« 

La vois se taist, X^ne plus ne dist, 
Et li rois Durmars s'en toma, 
Grant aleure chevacha 

« 

1 Ma. tu saras. 

rg 28 



434 

Par mi le grant forest ramee. 

15640 Si tost cnm il Tft trespaasee, 
Si ot une noise de genk, 
Celé part 'broche purement, 
Tost les ataint, si conoisfc Uen, 
Qne ce sont si home et si ehien. 

15645 II lor eMrie: »Atendes moi.« 
Gant cil reconoissent le roi, 
Vers li retornent Uement, 
Si veneor li font présent 
De la venison qu'il ont prise, 

15650 Chascnns li raconte et devise, 
Comment il lor ayint el bois. 
Yolentiers les ot li Galois 
Lor aventnres raconter, 
Ghascnn vuet molt bien escoter; 

15655 De maintes choses lor plait tieneni, 
Tôt deyj^nt al ostel vienent. 

I 

Li rois descent a I desgres. 
En la hante sale est montes, 
Laiens a sa mollier trovee, 

15660 Si Ta baisie et acolee 

Et ele lui molt docement, 
De sa Tenison fait présent 
Al bon roi Jozefent son père 
Et a la roine sa mère. 

16665 Li veneor et li archier 

Racontent el palais plenier, 
Comment il lor avint le jor, 
Asses i mentent li plosor; 
Laiens n'ot parle celé nnit 

15670 Fors de joie et de grant desdoit. 
Li rois Dnrmars apreb mangier 
Se vait reposer et cochier 
Deles la roine al vis cler 
Et Tendemain après disner 
f283r<'cl: Vait a son père consillier, 



^6 Lni et sa mère et 
Dist li Galois celé 
Que lui co vient al 
Droit a Rome en 

En tel point i doi 
Que lui coyient p£ 
Dedens XL jors n 

Li rois Jozefens r 
»Beaz fiex, a Rom 

5 Por.la compaignie 
Et si menrons ens 
Bons chevaliers et 
Et bons serjans p: 
Tant en menrons 

Que nos porons pj 
Par mi les perilloî 
Atant envoient les 
Et en Grales et en 
Et en Danemarch( 

5 Chevaliers et serja 
Si vos di, qu'il en 
Dedens I mois si ] 
Que dedens la blai 
Ne porent pas tôt 

Ains en covient la 
Tant con je ne sa 
Li duc et li princ< 
Ont molt enquîs e 
For quel besoigne 

5 Et li rois Durmar 
Et tant de béas p 
Que li voiages lor 
Bien ont lor estoii 

ttuant la bêle roin 

Que li rois Durma 

Et qu'il s'eslonger 



I 



436 

Ele li va priiér merci 

»Beaz doz amis,« disi la roine, 

»yos ne m'ames pas d'i^nor fine, 

15715 Se vos a Borne aies sens moi, 
Por deu la merci vos en proi, 
Qne vos sens moi nH aies mie.« 
»Gertes« fait li rois »doce amie, 
Molt Yolentiers vos i menrai 

15720 Et Yostres chevaliers serai. « 
Fait li rois Jozefens ses père: 
»Et je i menrai vostre mère 
Por l'amor de vostre moillier; 
L'on ne se doit pas mervillier, 

15725 Se nos nos moilliers i menons; 

Car bien sai, que miex en varons 
La u mestiers iert de valoir. 
Beax fiex, ce vos di ge por voir, 
Que de son pris renoveller 

15780 Se doit todis prodom pener. 
c2: Eu ce voiage u nos irons 
Nos II roines i menrons. 
Si vuel, que devant nos amies 
Faisons bêles chevaleries, 

15735 Se nos les trovomes u faire. 

L'on ne doit pas son pris défaire, 
Por ce s'on vait enviellissant, 
Ains doit om vivre en amendant. 
Cil qui fine mavaisement 

15740 Pert quantqu'il fait en son jovent, 
Ja vers la fin n'enpirerai, 
Ains vos di, que, plus viverai. 
Tant amerai je plus largece 
Et joie et honor et proece. 

15745 Je vuel reiioveler mon pris; 
Car ju aroie tôt mespris. 
Se je vers la fin enpiçoie.« 

Li rois Durmars fait molt grant joie 






S 



437 

De ce qu'il ot son père dire, 

>0 »Sire« fiiil il ^sens contredire 
Sni tos a vostre volente.< 
Atant ont lor oire apreste 
Li doi roi qui tost s'acheminent, 
Dusqu'a la mer d'errer ne finent, 

»s Devers Bretagne en mer entrèrent, 
Par devers Gales arrivèrent. 
Il ne vont pas trop sejomant, 
Ains vont grans jornees faisant, 
Maint savage pais troverent; 

O Mais par force de gens passèrent 
Par mi les estragnes contrées, 
Tant chevachent par lor jornees, 
Qae la cite de Rome voient. 
En icel tena vena estoient 

^ IIII roi paien devant Rome 
Et pins de IIII C mil home 
Qai tôt haioient sainte glise, 
La cite avoient assise, 
N'i avoient que II jors siz, 

^ Molt s'efi&oient cil del pais. 

De cele aventure fu lies 
Li rois Durmars, bien le sachies, 
Et il et ses père ensement 
Armer fisent tote lor gent 

^ Et lor batailles* conreerent. 
Si vos di, que il assenblerent 
As mescreans molt durement, 
En l'onor deu omnipotent 
Se conbatirent tôt I jor 

^ Et tant soflFrirent en l'estor. 
Qu'il desconfirent les paiens. 
Ce fu grans joie as crestiens. 
Plus de II liues les chacierent, 

^ Md. en la mer. 



{ 



438 

Pardedens le Toivre noierent 
15786 Plas.de XX mile mescreant. 

N'onqnesmais ne fist d'armes tant 
c3: Li rois Darmars en un sol jor, 

Cam il fist la ta cel estor, 

Ne li rois ses père onc^uemais 
15790 Ne soffiri d'armes si grans fais, 

Com il fist çn cel estor la; 

Mains cheyanéra li tesmoigna, 

Qu'il ot Tencue la bataille. 

Des II rois vos di ge sens faille, 

15705 Que molt hautement esploitierent ; 
Car tôt l'avoir qu'il gaaignierent 
As chevaliers le départirent. 
Tôt cil de Rome s'en issir^nt 
Bien acesme de beaz conrois, 

15800 Si vont encontre les II rois 
A molt haute procession. 
La lor a fait beneicon 
Li apostoiles, ce sachies, 
Si les(t) assost de lor pechies. 

15805 Li doi roi a lui s'acointierent, 
Dedens la cite herbergierent, 
A molt grant joie i sgomerent. 
De lor pechies se confessèrent 
Et il et lor moillier ausi 

15810 A l'apostoile, je vos di. 

Molt fa l'apostoles prodom 
Et de bonté ot grant renom, 
Li rois Durmars a lui parla, 
Del arbre qu'il vit li conta 

15815 Et del enfant et des chandelles 
Qui li senblerent grans mervelles. 

L'apostoles li respondi, 
»Beaz arai8« fait il »je te di, 
Li arbriB que tu veis la 



439 

Î5S20 Trestot le mont senefia, 

Et les chandoilles Yoirement 
Senefient tote la gent. 
Celés qai clerement ardoient, 
Sachies, qn'eles senefioient 

Qi2ô Ceauz qui sont par lor dignité 
Del saint esp«rit alame, 
Celés qui Ters terre clinoient 
Et qui laide flanbe jetoient 
Senefient les oatrageoz 

^30 Et les chaitis luxurieuz 

Qui sunt espris de mavais fu 
Dont li pecheor sunt perdu, 
Et li enfechons qui saignoit 
Et qui pardeles lui metoit 
Les cleres chandoilles a destre 
Et les autre deyers senestre 
Ce senefie Jhesu Grist. 
Tôt si, con dex reoeut et prist 
Le martire en la sainte crois, 
^^ Si se mostera li grans rois 

Tôt droit al jor del jugement, 
Tos ceaz et celés ensement 

^ ^ ^ Qui ses commans aront tenus 
Tornera a dertre Jhesus, 
En paradis les metera; 
Et a senestre laissera 
Tos les pecheors desloiaus 
Et totes celés et tos chaus 

^ ^ Qui passe aront les commans. 
^^^ Les cleres chandelles ardans 
Que tu veis lancier amont 
Ce sunt li Lom qui monteront 
Avuech Jhesu en paradis. 
Et les autres que tu veis 
^^5 Qui si laide flanbe jetoient 

Et qui vers terre trebuchoient 
Ce sunt cil qui mavais seront 



440 

Et qui dedens infer charont, 
Et li efi&ois que ta ois 

15860 Ce senefie, beaz amis, 

La grant iror que deas ara, 
Quant tos cis siècles finera. 
Va t'ent, a deu je te commant, 
Que tu faces d'orenavant 

15865 Les commandemens Jhesu Crist.c 



Tantost sa penitance prist 
Li rois Durmars corne senes, 
A deu est ses cuers atomes, 
Al apostoile pren[t] congie. 

16870 Andoi li roi sunt repairie 
Et les n roines ausi 
Tôt droit vers Gales, je vos di, 
Molt ont bien lor voie fomie; 
Mais je ne vos puis ore mie 

16876 Totes les jornees conter. 

Tant vont et par terre et par mer, 
Que droit en Gales venu sunt. 
Cil del pais encontre vont, 
Grant joie font de lor venue. 

16880 Lors fu une grans cors tenue 
Todroit a Bangort la cite. 
Maint riche don i a done 
Li rois Jozefens, ce sachies ; 
De lui se part mains hom tos lies. 

16885 Vn jors tos plains la cors dura. 
Et al départir s'en ala 
Li rois Durmars a Limeri 
Et la bêle roine ausi, 
Cil del pais encontre alerent, 

15890 Et maint bel présent lor douèrent. 

Droit a Limeri el chastel, 
El haut palais plenier et bel 
Qui molt fu fors de totes pars 



p - 



441 

La tint sa cort li rois Dnrmars, 
Molt i dona de riches dons. 
Por voir tesmoigne Sayechons, 
Que bien avient o la proece 
Grant eortoisie et grant largece. 
Cant haas hom est bons chevaliers, 
Et il est trop fel et trop fiers 
Et trop avers et trop vilains, 
Certes, sa proece en vaut mains. 
I cortois larges, bien apris 
Doit estre plus tost de haat pris, 
C*nns fel avers plus preos de loi 
Qui plains est d*envie et d*anai. 
Gant li hom est bien entechies. 
Ses bones teches, ce sachies. 
Font sa proece renomer 
Et son pris croistre et amender. 
Et vos, saignor, bon chevalier 
Qui d'armes faites a prisier 
Haes orgnel et félonie 
Et avarisce et vilenie, 
Largece et eortoisie âmes. 
Si iert vostre pris corones. 



Li rois Dnrmars que sages fist; 
Car ensi com li contes dist, 
Largece et eortoisie ama, 
Tant cnm il vesqui et dura, 
Molt ama deu et sainte glise, 
Et si tenoit droite justise. 
Aveques ce, que deu amoit. 
En tel point le siècle tenoit, 

-^ Que tôt cil qui joli estoient 
Lui et sa conpaignie amoient. 
Molt tenoit bêles cors sovent 
Et del sien donoit largement, 
N'onques vers la fin n'enpira; 

^^O Que plus vesqui, plus se pena 



442 

De maintenir sa grant bonté; 

Por ce sont de lui raconte 

Li bienfait qa'il fist a son tans. 

Gant li hom est haus et poissans, 

16935 II doit tant en sa vie faire, 

C'on paist après sa mort retraire 
Chose dont il face a loer 
Et par cpi ses nons pais dnrer. 
Li bons rois Artas est fenis, 

15940 Mais encore dore ses pris, 
Et de Charlemaine ensemeut 
Parolent encore la gent, 
Et d'Alixandre, ce savons, 
Dare encore li grans renons. 

15945 De lor pris et de lor valor 

Chantent et content li plosor, 
Por ce que de hante onor furent; 
Puisque lor nom encore durant, 
Dont vos di je bi^n sens envie, 

16950 Qu'il valurent molt en lor vie. 

Chascuns hauz hom se doit pener. 
Qu'il puist en tel guise finer, 
C'on doive son nom retenir; 
Cant il covient Tome finir, 
c3: Et ses nons muert ensenble o lui, 

16956 Je conte por noient celui. 

Or »t..ae. . m. »•». . 

Roi et duc et conte et baron, 
Vos qui les grans terres tenes 

16960 Et qui povre vie menés, 

Menbre vos des bons anciens 
Qui jadis fisent les grans biens 
Dont il les grans honors conquisent, 
Faites ausi comme cil fisent 

15965 Dont li grant bien sunt raconte, 
Sovigne vos de lor bonté, 



4«8 

Soit renovele et florie, 

Et qae par vos soit reUsaacie 

^Td Onors qui trop est abaissie; 

Car li aactors dist et li contes, 
Que c'est damages et grans hontes 
De ce, que li siècles enpire. 
A paines, qu'en tôt I empire 

^"^fi Puet om I riche home trover 
Qui velle le siècle amender. 
Moi est ayis, que trop meffont 
De ce, que si poi de bien font 
Li roi et li duc et li. conte. 

^^ Ci fine lystoire et li conte, 

Mainte gent le prisent et loent 
Et molt volentiers dire Toent, 
Et se g'i ai aucun mot dit 
Que Jhesus Crist tiegne a mesdit, 
Dex qui ne Tout onques mentir 
Me face si bien repentir 
Et de mesdis et de meffais 
Et de quanque je sui meffais, 
Que mi forfait et mi pecbie 
^O Soient défait et depecie. 

Beaz sire deus, devant la fin 
Me faites si bon et si fin. 
Que je vostre pardon rechoive, 
Et que je Tenemi dechoive. 

^ ^5 Del roi Durmart li conte fine 
Et de sa doce amie fine, 
Or proions deu qui lasus maint, 
Qu'il en son paradys nos maint. Amen. 



^^67 ist auBgefallen , die iQcke ist im ma. nicht bemerkt. Ich 
^^ vor: Que lor largece et cortoiaie. Vgl. 15898. 15915, 



444 



Ci finist li romans de Durmart le Galois. 



Explicit. 



415 



NACHSCHRIPT DES HEBAUS6EBERS. 

I. 

W&hrend meiner studien ttber die altfranzôsischen handschriften 
der Oxforder bibliotheken durchmusterte icb auch den katalog der 
werthvollen samralung zu Bern, welchen Sinner in der zweiten 
hftlfte des vergangnen jabrhunderts verfaGte und stieG dabei auf 
den Romans de Durmart le Galois, den ich vorstehend zum ersten 
mal yerôffentlicbt babe. Die ausgabe darf auch die erste bekannt- 
macbung des inbalts desselben beansprucben , da die kurze erwfth- 
nung und die wenigen ausgebobnen verse bei Sinner und kaum 
mebr die niysteriôse notiz in Jubinals Rappoi-t ttber die Berner 
handscbriften , welcher ebenfalls eine kurze textprobe beigegeben 
tiar, dièses verdienst nicht beansprucben kônnen. Die worte Ju- 
binals : c'est un vieux roman gaulois d'environ 9000 vers (ich citiere 
tas dem gedâcbtnis) lassen selbst an seiner ausdrttcklichen âuGerung, 
cr habe das gedicbt gelesen und werde eine analyse davon ver- 
Offentlichen, zweifeln. In der tbat ist meines wissens dieselbe nie 
erscbienen. Nacb Jubinal bat nocb Rocbat unsem roman kurz er- 
wâbnt (Percheval li Galois, 1855, einleitung), ferner HoUand und Bech 
(Germania 2, 163 und einleitung zum Iwein Hartinanns von Aue XIII). 
Ke beiden letzteren machen nur auf den scliluG desselben auf- 
"ïerksam, welcher mit der einleitung des deutschen Iwein (v. 1 — 20) 
««ftllige ahiilicbkeit zeigt. 

Von Oxford nach Basei ttbersiedelnd wapdte icb mich durch 
v^ Basler bibliotheksbebôrde nacb Bern um die betreffende hs., 
^^Icbe mich zunftchst wegen der complainte Jérusalem contore Rom 
Wehe n, 13) interessierte. Bereitwilligst entsprach der Berner 
^berbibliothekar herr voti Steiger meinem wunsch und ftthle ich 
^>ch gedrungen, ihm hier meinen schon in meinem Cod. MS. DigTby 86 
^^^edrttckten dank zu wiederholen; denn uahezu ein jahr (bis zu 



446 

meinem aafbruch nach Italien ende October 1871) konnte ich die 
hs. in der Basler bibliothek aasnutzen. Aucb meinen yerebrten 
coUegen und freunden , den Basler bibliothekaren herren prof. W. 
Vischer juû., dr Sieber und dr Meyer, bin ich fur die erleià- 
terungen jeder art, die sie mir dabei erwiesen, zu danke verpflichtet, 

Bei darclimusterung der zahlreicben stiicke der Berner bs., 
lenkte sich mein interesse besonders auf zwei umfangreiche ge> 
dichte, auf die Chanson desLoheraim (siehe II, 1), welche in zabl- 
reichen hss. ûberliefert ist und von der ich eine kritische ansgabe 
vorbereite und auf vorstehenden Romans de Durmart. Es ergab 
sich aus nachforschungen und nachfragen aller art, daB letzterei 
gedicht allein in unsercr hs. erhalten sei. Die fast vollstândige 
unbekanntheit seines inhalts und sein trotz der ûber gebûhr groGei 
lange nicht unbedeutendes interesse ftlr die litteraturgeschichte be- 
wogen mich, eine ausgabe des gedichts in angrifif zu neh'men. Den 
Stuttgarter litterarisclien verein und seinem wohlverdienten prâsiden* 
ten , welcher mein anerbieten bereitwilligst aufnahm , verdankt dai 
gelehrte publicum das schnelle erscheinen derselben. 

Ich habe der ausgabe des Durmart mehrere beigaben hinzo- 
gefttgt, eine besehreibung des gesamraten inhalts der hs., eine ana- 
lyse unseres romans, bemerkungen, literargeschichtlichen linguistischeo 
tnd metrischen inhalts, erklârende und verbessernde noten, sowie 
ein verzeichnili der namen und der in den noten besproehnen oder 
sonst bemerkenswerthen worte. Hier noch einige kurze erlâutentt- 
gen Uber das verhâltnis meines textes zu dem der hs. 

Der umstand , daB unser gedicht in einer einzigen hs. und il 
leidlich gutem zustand auf uns gekommen, daG ferner weder ver- 
fa&er, alter oder entstehungsort ausdrûcklich angegeben sind oder 
durch sichere anspielUDgcn festgestellt werden kônnen, liefi mir bei 
einer editio princeps keinen zweifel ûber die zu wâhlende méthode. 
Die handschriftliche ûberlieferung war getreu bis aufs kleinste w 
achten. Nur einige unbedeuteude iinderurigen habe ich mir erlanbt, 
so die auflôsung der abkttrzungen, die unterscUeidung von u undv, 
i und j gemâû den principien der tibrigen publicationen der biblio- 
thek, ebenso die setzung groGer buchstaben bei eigennamen nnd 
die interpnnktion. Aucii auf die absâtze der hs. , welche durch 
grolie, die vordere halfte von acht zeilen beangpruchende, bunte 
initialen angedentet sind, habe ich mich niciit beschrànkt. D» nur 
ein initial in jeder spalte steht (aber auch fast ausnahmslos stehen 
muû), da dieser ôfters nîcht einmal einen satzanfang andeutet, und 
da gegen den schluQ hin auch noch ein zweites absatzzeichen ((l) 



447 

lirande erscheint, so hahe îch zwar die initialen der hs. durch 
ktten drack wiedergeben lassen, die absâtze aber Dacb eignem 
ennessen geregelt. Schreibfehler, welclie durch nnterpanktieren 
Us solche kenntlich gemacht waren , habe ich unter den text ver- 
lesen, wo auch die fàUe bemerkt sind, in denen buchstaben oder 
orte beschildigt- oder vom schreiber lûcken gelassen siud. AUe 
ideren durch [ ] angedeuteten zusâtze fehlen durcliaus in der hs. 
id beschrftnken sich wie die durch ( ) eingeschloGnen tlberflttBigen 
chstaben und worte auf f&lle, wo metrum oder flexion verletzt 
iîeneo. Yiele derselben werden in den bemerkungen ttber den 
ilekt des schreibers und dicliters oder in den anmerkungen als 
Ihwendig ausdrucklich nachgewiesen , einige voreilig bei textcon- 
tntion oder bei der correctur gemachte werden ebenda zurttck- 
zogeu werdeo. In den anmerkungen werden ferner einige weiter- 
hende besserungen vorgeschlagen und eine reihe besonders in 
e ersten bogen eingeschlichner druckfehler namhaft gemacht wer- 
m. Ob ich aile besondera weniger wichtige fehler und inconse- 
lenzen z. b. bei der interpunktion oder worttreiiniing bemerkt, 
eifi ich nicht, wiewolil ich zeit und niûhe nicht gespart habe. 
Gern h&tte ich die littërarischen, grammatischen und lexicalischen 
ndien, welche ich beigefûgt habe, in y ollst&n digérer und durch- 
sarbeiteterer gestalt verôffentlicht , und befriedigendere resultate 
litgetheilt. Biiden doch dièse studien den wahren reiz und er- 
fthen sie docli betrâchtlich das yerdienst derartiger publicationen. 
ber die verhâltnisse lieQen mich das kaum begonnene nicht mit 
abiger und ungestôrter muGe zu ende fQhren. Nach kaum einem 
ihr akademischer tliHtigkeit im stillen Basel drttckten sie mir von 
cuem den wanderstab in die hand, der mich zuvor nach Frank- 
eich und England gefûbrt batte und nun nach dem scbôuen sûden 
leutete; sie lieûen mich die bibliotheken von Bem, Neuenburg, 
lenf, Lyon, Grenoble, Turin, Genua, Pisa, Lucca, Florenz, Rom 
ind Neapel durchwandern und manchen wichtigen fund machen, 
ie legten mir aber auch gegen die Berliner gesellschaft ffir neuere 
ipnchen, deren untersttttzung ich genoB, zeitranbende verpflich- 
-ungen auf, sie ffthrten mich in eine reihe neuer studien, und ver- 
walaûten mich schlieBlich als mitherausgeber der ersten romanisdien 
ichzeitschrift Italiens (Rivista di filologia romanza) fur die ein- 
bhruDg der bisher in diesem lande allzu sebr vernacblâi^igten 
^dien fur meinen theil mitzuwirken. Dièse urastande, zu denen 
noeh persônliches misgeschick kommt, und vor allem der mangel 
der nOthigsten litterarischen hilfsmittel in meinem jetzigen anfent- 



448 

hait werden bei bilUg denkenden lesern manches yers&umte i^f 
verfehlte entschuldigen. Ein schlichter dank fttr die bereitwjJI|p 
untersttttzung, welche mein frcund £. Monaci mir bei lesung der 
drackbogen gew&hrt hat, môge diesen ersten abschnitt der Dach- 
schrift schlielien. Geschrieben Rom den 1 August 1872. 



n. 



DIE HANDSCHRIFT. i 

Die einzige handschrift, welche uns den Romans de Dormait 
le Galois erhalten hat, ist die werthvolle handschrift der Beroer 
stadtbibliothek, welche daselbst die nummerllS trâgt. Sie stamoil; 
wie die andern Berner handschriften altfranzôsischen inbalts a» 
der sammlung des hochverdienten rathgebers Heinrichs lY Jacques 
Bougars, geb. 1554, welcher eine hâlfte der sammlung des Pierre 
Daniel nach dessen tode 1603 kâaflich erwarb. Die andere hilfti 
der bibliothek Pierre Daniels gelangte durch mehrere b&nde an die 
kônigin Christine von Schweden und wird gegenw&rtig im Yaticu 
zu Rom aufbewahrt. Pierre Daniels bibliothek aber stammte zui 
grôsten theil ans dem Benedictiner kloster Fleory zur Aube, dio- 
cèse Orléans, dessen bttcherschâtze 1562 von den soldaten Condéi 
geplûndert und verschleppt wurden. Durch Daniels opferwilligkeit 
und entschloQenheit wurden die meisten manuscripte aus den hla- 
den der rohen horden gerettet. 

Die abfaCiungszeit des grôGeren theils derselben ÙHi in die 
regierung Ludwigs IX (f 1 — 217)*. Der zweite kleinere theil 
(f 218 — 290) ist wahrscheinlich kurze zeit nach dem ersten et«i 
gegen ende des 13 jh. nachgetragen und eine dritte hand eod- 
lich ebenfalls ziemlich derselben zeit hat den freigebliebnen tliefl 
des vorletzten blattes (f 290) ausgefûllt. Das letzte biatt ist leir, 
abgesehen von einigen lateinischeu worten einer spàten klosterband and 
von einem autograph Bongars. £in ausgekratztes wappen ist oor 
noch an den umrlBen erkennbar. Das format der handschrift is^ 

* Vgl. unten nummer 11 der in der ha. enthaltenen werke. ^ 
Meyer (Remania I, s. 245) hat meine anf gleicher argumentation be- 
ruhende altersbestimmung der Oxforder ha. Digby 86 angefochten, obae 
dagegen grande yorzubringen. 



449 

io. Die seiten sind in 3 spaltc 
30 getheilt. Fast jede spalte ii 
r farbe an beliebiger stelle gez 
nan bemerkt aber besondcrs in: 
dchmâfiigkeit, welche jeder sf 
Da ein solcber in der regel d< 
beanspracbt, so belânft sich di 
alte aaf 57 oder 56 verse. Die 
ler hand und lâBt eine Ittcki 
i f 112 und 113 anberûcksichtig 
roUst&ndig erbalten. 
. genaues verzeicbnis des gesamm 
denn die bescbreibnngen von Sir 
14), Jubinal (Rapp. sur une miss 
(Perche val li Galois, Zurich 18 
end. 

le hand des 14jhdts bat auf der 

int-deckblattes die titel der „ri 

irerzeichnet; doch sind dieselbe 

shlichsten stûcke namhaft macl 

les blattes nicht vollstftndig erl 

3ite des zweiten papierdeçkblatl 

gebe daher nachstehend ein 

m auf die einschlâgige litterat 

ul&nglichen hilfsmitteln mir mt 

f 1—86 V* c 3. La Chanso 

>300 verse umfaGende text reic 

klause. Da ich in einer spezia 

5s untersuchen werde und da a 

mer (1. c. und Extraits de qu 

Lausanne 1759 s. 20ff.) gedrucl 

rauf, die derOxforder handschr 

n. Die letzte tirade beginnt f 

De Pampelune s'est Gerbers 

Ensamble lui Mauoisins et 

Molt sont ioiant do conte ï 

Que il ont fait rarme do c< 

>ch 34 weiteren versen schliefit 
Or faut Testoire do Loherei 
Et de Fromont qui ot deu 
Et de Guillaume Torgillos < 
Do fil Fromont Torgillos F: 

Mrs 



450 

Et de Gerbert le roi poesteis 
Qui taute terre a son espie conqnist. 
Ëxplicit. 

Von einem grol^en llieil des gedichtes besitze icfa collation oàer 
abschrift, welche ich fur eine spâtere kritiscbe aiugabe zu Te^ 
wertben gedenke ; zu gleichem zweck babe îch die Toriner hs. dtt 
gedichts einer eingebenden durcbmusterung unterworfen. YiJLjaé- 
nen demuâchst erscheinenden aufsatz ttber dieOxforderCbaDSons de 
geste bss. (Romaniscbe Studien, beft 3). 

2) f 87 V*— 115 V® c 2. Li Romans de Percheval 11 
Galois, ein etwa 9550 erbaltene verse bietendes gedicfat Eni 
Ittcke zwiscben f 112 and 113 von wenjgstens 8 blftttem bringt dii 
zabl auf circa 12200 verse oder mehr. A. Bocbat (tJber elMi 
bisber unbekannten Pcrcbeval li Galois, Zûricb 1855) bat davon &Êâ 
inhaltsangabe mit umfangreicben proben circa 2050 verse geliefert^ 
In einem spâ,teren aufsatz (Pfeiffers Germania IV s. 414 ff.) oat 
statiert er, daG unser gedicbt nichts sei als ein fragment des lingei 
Conte del Grual, dessen verfaGer und fortsetzer Cbrestiens de Troii^ 
Gantiers de Denet, Gerbers und Manessiers sind. Ob der pM 
bier vorliegende tbeil dem Gautier de Denet zu komme, deofli 
eigentbum Rocbat von dem schluG des sogenannten Perchevalii 
viel, also ein betr&cbtlicbes sttlck vor anfang unseres textes, begii* 
nen l&Gt , oder ob Cbrestiens werk bis zu der lOcke unserer hand- 
scbrift gebe, will icb bier nicht entsebeiden, obgleicb mir die letxten 
ansicbt die wahrscbeinlicbste scbeint. Voiles licbt auf dièse strei^ 
frage wird erst eine kritiscbe ausgabe, die wenigstens bis za dei 
scbiuG unseres textes reicbt, werfen. Es sei mir erlaabt, bieriMck 
auf eine neue hs. des chrestieniscbcn werkes aufmerksam za macfaeit 
welcbe icb im ms. 2943 der bibl. Ricardiana zu Florenz entdeckt 
habe. Ibr inlialt ist im catalog Lamis, s. 344 sowie in dem haod- 
scbriftlicben alphabetischen verzeicbnis der mss. Rico, angegebai 
als: «Romanzo di Filippo di Fiandra,» dem bekanntlich CbrestieH 
sein werk widmcte. Dièse irrige bezeicbnung berobt, wie ans dotf 
note licrvorgebt, auf einer angabe des emsigen Sainte-Palaye. Noch 
verschlimmert wurde sie durcb Lacroix (Diss. VII 105 oder Met 
bist. III 320), welcher daraus oinen «Roman de Pbelippe de France» 
macbtc , obne freilicb die nummer anzugeben. Keller (Romv. 98) 
konnte die hs. nicht finden. Sie gehôrt dem 12. jh. an, ist in 8* 

« 
* R. bat trotz dem er »v« fiir »u« und »J€ fQr »i« durcbfahrte, di« 
Ofters feblerhafte wortircnnung des ma. beibehalten, ja nocb vermehrt 
Auch sonst merkt man der gchnft an, daû sie eineerstlingaarbeitwtf. 



S 



451 

'bloogo einspaltig und besteht aus 128 blftttern zu 60—62 zeilen. 
'Qdenhaft am schluf^ und sonst. Der text ist yielfach beschftdigt. 

3) f 115 V* c 2 — V* c 1. Les XIV conquestes Jerusa- 
m ohne tDgabe der ûberscbrift. Dasselbe stttck findet sich auch 
I ms. Hatton 77 der bodleîauischen bibliotbek zu Oxford mit 
ligen abweichungeu. Es beginnt: Voirs est que li plusor ont este 

0iiqueste et sont encore de sauoir par quantes fois la sainte 
98 de Jherusalem a este prise et que Sem li fix Noe commença 
mes et por co que bon est a sauoir je le nos ferai sauoir. Voirs 

qoe lonc tans [Der eingang bis hierher feblt im ms. Hat.] do- 
it Vincarnation nostre segnor ert une cites en Gresse qui est 
)lee Ëlide u. s. w. Die ersten 6 eroberungen durch Nabugodonosor, 
tiochus Epipbanes, Ponpeius, Cassius, Titus, Eliadrians stimmen 
beiden versionen; dann folgt nur in unserer die des Costentio 
Blaine, die 8 — 14 unseres ms., die des Codroe roi de Perse, des 
acle empereor, der heiden, des Charle le Grant und C!o8tant de 
stantinoble, der Tttrken, des Buiamont, Roiamont und Godefroi 
Bâillon und des Salahadin eutsprechen der 7 — 13 eroberung des 
itton ms., welches schlieBt: A. M. eCCXLUII anz le rendi nostre 
uar iesu crist a templers, cheualers sa duce règne dicel. Te denm 
idamus. Uusere handscbrift dagegen scblieGt : Et encor le tienent 
Turc en partie car nos nen somes mie en uraie possession et 
^t par les pecies de nos mauais crestiens ne ne sauons par cui 
! quant ele îert deliuree. Dex solement le set qui par sa uraie 
isericorde nos laist veoir sa délivrance. 

4) f 115 V* c 1 — c 3. Or commence cil estoire de 
angre d'Anteuile le père Robert Guiscart. 

Anfang: Tangres d'Auteuile ot IX fix etIIII filles. Li ainsnes 
» fix ot nom Rogiers u. s. w. 

SchluG: Ensi conquist Robers Guiscars totes les terres, qu'il 
ona et départi a ses amis et se ferma par mariages en totes terres 
ont il fu cremus et redoutes et deçà mer et delà et donc li 
oi et li conte sont estrait et li prince des terres. 

Ich besitze abscbrift davon. 

5) f 116 r® c 1 — f 166 v° c 1. Chi commence li cro- 
'ikes de le terre d'outre mer. 

Siehe ttber dièse noch unedierte chronik die Hist. litt. XXI, 
• 679 ff., wo auch 3 Pariser mss. citiert werden. 

AnfftDg: El non le père et le fil et Tesperit saintime. oies et en- 
^des coment la terre de Jherusalem et la sainte crois fu conquise 
« Sarrasins sor Crestiens. Mais ainscois que iel vos die vos no- 

29* 



452 

meral les rois et les segnors qui farent puis le tans le dncGodefrol 
de Buillon u. s. w. 

SchluQ: Qaant li rois Jehans fa aiiaes en Constantinoble. li 
cheualier de le terre alerent encontre et le rechnrent a grant ioie 
et a grant honor. Quant li rois ot I poi seiome en Gonstentinoble. 
il manda tos les cheualiers de le terre et fist esponser se fille il 
vallet qui empereres deuoit estre et li fist porter corone. Quot 
li valles ot porte corone et il fu empereres 11 rois 11 requist qil 
U fesist ses couenenches et il et 11 cheualier de le terre. li eni' 
pereres et 11 cheualier li fisent uolentiers qnanquMl deuisa si (m 
il Tauoient en couent et li rois atant s^en tint. Ëxplicit. 

6) f 166 r^ c 2 — Y® c 3. Oies la deuise del saint lii 
de Jherusalem und des heiligen landes. 

Anfang: Oies la deuise del saint liu de Jhemsalem qui ODqM 
les uora cerkier por orer si uoist par le porte saint Ëstenene. k 
fors le porte deuant Tasneric est li lius u il fa lapides. 

SchluQ: £t deuers occident par desous est 11 cites de Nanr 
reth u nostre dame fu née et anoncie plaine del saint espir pff 
Gabriel Fangle et la fu sa maisons. De Nasareth a Saforie a nM 
liue et la fu S. Anne née. De Saforie al Safran a ni Hues et 11 
fu nés mesire sains Jakes de Galisse. Ëxplicit. 

7) f 166 V® c 3 — 169 v® c 1. Lettre du prestre Jehti 
a Menual Fempereur de Costentinople. Ohne angabe dff 
ûberschrift. Di6 ist der bekannte brief, welchen Jubinal (OeaM 
de Rutebeuf U s. 454 — 470) und Denis (Le monde enchanté, Ptfii 
1843 s. 185—205) edierten. Der letztere in einer veijûngten gi- 
stalt des 15 jh. Er steht ebenfalls im ms. der bibl. des dac8 de 
Bourg, zu Brttssel no. 9310 und provenzalisch im ms. 10535 
Paris (Bartsch L. B. s. XXI u. grundris s. 92.). Zahlreiche ande« 
franzôsische manuscripte davon sind in Paris, London, Oxford; v[^ 
Jubinal (1. c, s. 443) und meine beschreibung des ms. Digby86 
(Halls 1871 s. 5.) Jubinal sagt, er habe den text nnserer hx^ 
schrift mit seiner ausgabe collationiert. 

Anfang: Prestres Jehans par la grasse de Jhesucrist rois entre le» 
rois crestiens mande salus et amor a Menual Temperenr de Con- 
stantinoble. Nos faisons sauoir a la uostre amor. et il nos a este 
plusors fois raconte que nos desires molt a sauoir nraies ensegnes 
de nos et de nos couines et de. nos terres et de nos choses. 

Schluû : et de quanque nos nos auons dit de nostre cort et 
de nostre terre et de nostre iestre et de nos choses est si floi'* 
que uos crées deu nostre segnor estre el ciel, car nos ne uos ^' 



453 

liens ne mentiriens en noie manière ne de che ne d^autre chose 
£zp]icit 

8) f 169 ▼• c 1 — f 170 r* c 2. Lapidaire ohne angabe 
1er flberBchrift Folgende steine werden beschrieben: 

La iagODce. Xi topas. Li esmeraude. Li rubis. Li safirs. 
ji iaqpes. Ligare. Li camahins. Jji amatistes. Li crisolites. 
/onicles. Li berides. Li diamans. L*alectores. Li chelidoines. 
i coraLs. Le corneline. Le pierre de Taigle qui a a nom indiose. 
à mannes. Le cheranne. L'eliotrope. Li geracintes. L^ematistes. 

Es ist eine yerkttrzte prosaische ûbersetzung des Liber de Gem- 
nsTon. Marbodius (letzte ausgabe im anhang von Hildeberti opéra, 
idita'a Beaugendre 1708), aber ohne rûcksicht auf die dort be- 
olgte reihenfolge. Yon einer provenzalischen, ebenfalls prosaischen 
learbeitung ist ein bruchstûck erhalten und davon von P. Meyer 
Jahrb. f. r. u. e. 1. TV s. 78 ff.) eine probe mitgetheilt. Ira ms. 2738 
1er ehemaligen bibliothek des duc de la Yallière (De Bure, Catal. 
J, s. 245) findet sich auch eine afr. prosaûbertragung des Liber de 
Jemmis. Ebenso im Turin, ms. 138 [L YI 41 ait i 1 32] (J. Pasinus, Cat. 
3odd. mss. Taur. 1749 II s. 494). Ob die erstere mit der unsern iden- 
tkeh ist, vermag ich nicht zu sagen, die letztere ist verschieden. 
Bine poetische altfranz. version ist in erwâhnter ausgabe des Mar- 
NMiios neben dem lateinîschen text gedrnckt, handschriftlich ist eine 
»lche im ms. 61 (2 abth.) der bibl. de la ville de Chartres f 101—113 
[TgL Cat. des mss. de Chartres. 1840, s. 140). 

Unser stûck beginnt: La iagonoe granas de sarde, nule vertu 
ne truis en li fors tant qu^ele tout liror de Tonicle. Li topas 
i le color d'or cuit. Le plus oscur tient a millor. il rent proeche 
i home et garist do mal c^om apele emoroides et siut le lune et 
remet Tome en pais de toutes ireus et de tos coros ausi com il 
refroide les ondes boillans. 

8cblu6: Ematistes est une piere molt bone. ele est bone as 
i&aladies d'iels et a la camure des papieres. et prendes do jus 
ûe la grenate et de le glaire del uef et frètes le piere. metes sor 
les six et d^ la bouche sanglente et escumeuse et de le menison 

et do sanc de totes ces maladies garist ele et si est de U 

<^lori zosse et ferrine. en Ethiope et en Aufrike et en Arabe la 
trouve on ces pierres qui bien les conistroit. Explicit. 

9) f 170 r* c 3. — 175 r« c 2. Histoire de la franchise 
de France et por coi on Tapelle France et comment la 
franchise fut conduise. 

Anfang: Si com nos trovons escrit es anciens liures Troye fn an- 



454 

denn'ement la plus noble dtes del monde. 

SchluG : Et tant dura la guerre que li rois Jehans pai 
besoing qui de la vint ala en Engleterre et li rois entra e 
mendie et tant fist li rois que secors ne aie ne porent an 
roi Jehan et rendirent au roi Phelippe de France la terre 
fortereces par le commandement al roi Jehan qui seoorre n&lc 

10) f 175 r* c 2 — 178 r« c 1. Relation du patri 
an pape Innocens de Testât des Sarracins et 
terre sainte. Ohne angabe der ûberschrift and ohne 
welchen absatz. Ans Jacobi de Vitriaco historiae orientalis I 
(Gesta dei per Francos. Hanoviœ 1611 b. 1, s. 1125 ff. I 
stûck findet sich imOxforder ms. Douce 137. f2 v® — r® une 

m 

scheinlich im ms. 10411 der bibl. des ducs de Bourg, zu Bi 
Anfang: Li apostoles Innocens uolt sauoir les costnmei 
usages des terres as Sarracins et les nous de clans qui sej 
estoient et qui por le défendre encontre Tost des crest 
estoient aparellie. Si manda al patriarche de Jherusalem q 
queist la vérité et le mandast a Teglise de Rome par se$ 
Et li patriarches li manda uraiement ausi com il ot enquis 
en tel manière en son escrit. [Dieser eingang fehlt imms. 
Doi haut home frère Sarasin estoient. Li uns ot nom Sale 

autre Safadins f 176 v® c 2 unten: Ilec emblerent li V 

le cors saint Marc a tote la sépulture ilec eslist on les prati 
et sacies bien que les pois et les feues et les veces et ces n 
de semences i quieut on cascun an de le feste saint Martin 
Marc, et tos les frnis. et les chieures et les berbis i fa( 
fois Tan [Hiermit schlieBt ms. Douce und fttgt hinzu: Et 
manda li patriarches a Tapostoele de Rome] a tôt le mai 
hier stimmt es mit Yitriacus. 1. c. s. 1127 1. 5; was folgt 
gânzlich ^etschieden] La terre de iherusalem est asise e 
(c. 3) monde et en la plus grant partie a molt de montagn 
terre est molt plentives d'arbres, devers orient est Arabe, 
midi Ifti terre d'Egipte u. s. w. 

ScbluG: Nos auons dit la diuersite des crestiena. 0: 
de ciaus qui ne sont mie crestien et ont en la terre mai 
ie sunliGui qui sunt plus mauais que femes et si sont serf 
Explicit. 

Von f 176 v° c 2 unten an besitze ich abschrift. 
11) fl78 r* cl — c2. C'est la nie des rois del 
Anfang : Cloeuis li premiers rois de France régna X] 
Olotsires li fix Cloeuis LYI ans. . 



455 

SchluQ: Loeys li gros li fix Phelipon régna XXXm ans. Loeys 
X Loey li gros XL VI ans. Phelipes H fix Loey XLIIII ans. Loeys 
K Phelipe III ans. et Al mois. Et Loeys qui ore règne de le 
ie Haon Capet. Explicit. 

Dieser theil der handschrift rûhrt also ans der zeit Lndwigs 
IX her. 

12) f 178 r® c 2 — 198 v* c 3. Li romans de tous les 
losophes par Alars de Cambrai. Gedicht von circa 7000 
en, zuletzt besprochen in der Hist. litt. XXIII. p. 243 £, Es 
3t sich noch in der Panser arsenalhandschrift 175 woraus F. 
lel (Chans. des Saxons, préf. LYII) anfang und schluB mitgetbeilt 
sowie in der S. Germ. handschrift 658 f 182—220, und unvoU- 
dig im ms. bibl. imp. 7534 f 211 — 252, worûber mau die Hist. 
. c. nachsehe. Das gedicht ist noch unediert nnd wird es wohl 
ï noch geraume zeit bleiben. Ich theile deshalb hier eine etwas 
ère probe mit, welche das gedicht hinlânglich characterisîert 
eigenthûmliches intéresse bietet. 

Anfang: Cil qui en soi a point de sens, 
Ei set les dis et les assens 
De dire et de biax mos trover 
Volenters se doit esprover 
5 En raison et en vérité 

Dant il puist droite autorite 
Traire avant, quant mesters li est. 

c 3: 

21 D'une oure me wel entremetre 

Dont a tesmoing puis traire et mètre 
Les plus maistres clers qui aine forent 
Qui tôt sorent et tôt conurent. 
25 Je, Alars qui sui de Cambrai 

Qui de maint bel mot le nombre ai 
Vos wel ramenteuoir par rime 
De ce qu'il disent il meisme. 
De lor sens est grans U renons, 
30 Or uos uorai nomer les nous. 
Tulles qui molt fu sages clers, 
X De totes clergies p)us fers 

Que tôt autre maistre de pris. 
Est premiers esleus et pris. 
35 Apres est nomes Salemons 
Qui tant sot, ce iuge li mons, 
C'om ne trovast nul plus sage home 
En [tresjtot Tempire de Borne. 
Seneques est après nomes 



466 

40 Qui tant ert pieas et reDomei, 

Que to8 li mondes le prisoit 

Par le sens qne'ea lui aroit. 

Terences est nomes li qnara 

Qni sauoit bien totes les an, 
45 Li qoins est apeles Lncana 

Qni sot de mosiqne et de cans • 

Et a memeilles fu cortoÎB, 

Cil sanoit bien totes les lois. 

Perses est après li U simes, 
50 Cil trôna les ners leonimes 

Et fist le linre des anctors 

Com cil qni bien en sot les ton. 

Li sepmes ot non Cicerons, * 

Cil n^estoit mie trop enbrons, 
55 A memelles estoit haities, 

Prex et cortoid et afaities. 

Boece après est ici mis 

Li witimes com nrais amis, 

Molt fa prex et bien se prona, 
60 Maint exemple dist et trôna. 

Diogenes est li nonimes, 

Orases après li disimes 

Qni par Tentente qn'il i mist 

Maint bel- linre troaa et fist. 
65 Li onsîmes est Juyenax 

Qni molt fa cortois et loiax. 

Socrates li dosimes fd, 

Bons clers ert et de grant verta. 

Onides li tresime estoit 
70 Qui molt noblement se vestoit 

Et molt par fa de bones mon, 

En ses linres parla d'amors. 

Li Xnii»» ert Saluâtes 

Qui aine ne pensa manaîstes. 
y^ c 1 : 75 Li qainsimes ot nom Ysidres 

En deu crei plus que [crei] es ydres. 

Le sesîme ot non Aristotes 

Qui ne prisa onqaes gens sotes, 

Molt fu bons clers et molt sotiex, 
80 Larges, cortois et enteutiex. 

Li dieseptimes [ert] Catons 

« 
* in den Panser mss. scbeint Boece vor Cicero genannt su wen 
VgL Hist litt. 1. c. 



467 

Et li distdtimes Platons, 

Icil forent bon compagnon 

Et bon clerc et de grant renon. 
85 Virgiles fu après li sages, 

Bien fu emploies ses aages, 

Grans science en lui habonda, 

Mainte riche cite fonda. 

Li yintimes ce fu Macrobes 
90 Qui tos iors uesti blances robes. 

Li poètes est après diis 

Qui molt estoit plains de bons dis 

Et li philosophes après 

Qui molt fu de bien faire engres. 
95 S. Pois est mis en cest escrit 

Qui tant ama deu Jhesu Crist. 

Tulles nos deuise le premier point d^amistie. 
113 Tulles nos dist a ces besoins, 

Qu*en amiste a lin poins 
115 Laues de tote malvaistie. 

Li premerains poins d^amistie 

Est d'amer ce que li hom aime 

Qui sens engien ami le claime. 

Et ce qu'il het doit il hair, 
120 S'il ne wet amistie trair. 

Et ie nos di ici endroit, 

Que cis n'est pas amis adroit 

Qui [m'] aime et siut mon anemi; 

Et li hom qui het mon ami 
125 Loial amor pas ne me porte, 

Quant il por moi ne s'en déporte, u. s. w. 

s gedicht schlioGt: 

Cil qui cest liure a rimoie 

A si son afaire amoie. 

Que de plus ne uos est contere; 

Car ici fine la matere 

Del liure de moralité 

Qui est estrais d'auctorite. Explicit. 

) f 198 v° G 3 — 199 v° c 2. La complainte Jerusa- 
)ntreRome. Satirisches gedicht von 25 zwOlfzeiligen stro- 
2mal heransgegeben von A. Jubinal 1) aus unserer 2) ans 
aager handschrift (Rapp. s. une mission en Suisse und Lettre 
mss. de la bibl. roy. de la Haye s. 65 ff.) und kûrzlich yon 
3h den beiden genannten und einer Oxforder handschrift in 



458 

kritischer gestalt. (Cod. ma. Digb. 86 s. 106 £) Eine 4te hs., du ^ 
Panser ms. fr. 12471 f 106 citiert P. Meyer (Romania I, s. 247.) 

14) f 199 V c 2—200. Exemples des mors. Fragment 
eines ebenfalls in 12zeiligen strophen verfaBten gedichtes, welches 
theils Helinand theils Thibaud de Marly* zngeschrieben wird and 
4mal nach yerschiedenen mss. heransgegeben ist. N&heres darûber | 
sehe man bei Mussafia (Ûber eine afr. hds.' zu Pavia. Wiener 
sitznngsberichte LXIV, s. 546 ff.). Man vrgl. noch Les vers du 
Monde, welche Jabinal (Contes et dites II 124 ff.) abgedmckt bat. 
Ist die ehemalige la Yal. hs. 2738 (De Bure Cat. II 246) mit einer 
der Yon Mussafia citierten Pariser hss. identisch ? Sie enth&lt 575 zeilen 
oder 48 strophen. Auch die hs. 9413 der bibl. des ducs de Bou- 
gogne enth&lt: Le dit de le mort. etc. und beginnt wiedieYal-hs.: 
Mors qui m^as mis muet; ebenso die Turiner hs. fr. 134, ygl. 17 nnten. 
Mir ist leider auQer den 3 strophen des Adam de la Halle bei Jnbinal 
(Contes et dits II, 273), welche sich in nnserer version nicht finden, 
keine einzige ansgabe zur hand. Ich setze daher die reime der20Tor- 
handènen strophen von der zweiten an hierher. 2. droiture, pois 3. en- 
voisiés, termine (das erste reimwort dièses reimes ist mit zeile 3 ansge- 
fallen) 4. crient, faille 5. commence, filosophie 6. vials, délite 7. rent, 
cols 8. âste, essiliés 9. saint, fable 10. pensassent, argent 11. guerroies, 
Outrages 12. fume, fices IS. cras, recôvre 14. uns, vengieres 15. di- 
vers, laidengiés 16. apérte, foire 17. mars, senéstre 18. ont, juise 
19.** communément, confort 20 désirée, nature. 

Die erste strophe ist in unseren ms. arg verstûmmelt and 
lautet also: 

Mors fait a tos dis en brun cape 
Et de la pure terre nape 



5 Mors conuertist et roi et pape 
Mors fait de franc hom cuiyert 



* P. Mejer (Eomania I, s. 246) sagt: »Je publierai dans le pro- 
chain numéro de la Romania un texte qui confirme la première de 
ces attributions. « 

** In der Digby handschrift stebt dièse stropbe als 16 und letzte 
der Compl. Jerus. (n. 13), woraus hervorzugehen scheint, daO beide vat. 
eine vorlage hatten, in der die beiden gedicbte einander folgten. Der 
Bchreiber von D. copierte vom zweiten* gedicht nur dièse strophe, ww 
mit seiner auch sonst deutlich hervortretenden neigung zu mB$BaîMr 
inehun^en ganz im einklang steht* 



459 

Mort rent'casoun co qu*il désert 
Qui mains li done plus i pert 



10 



Le sien li tout et bien le fi*ape. 

Die zweite lûcke kann mOglicherweise auch nach dem vers 6 
izasetzen sein, denn weder sie noch die erste ist im ms. kenntlich 
macht, wie denn ûberhaupt das ganze gedicht ofane irgend wel- 
en absatz sich wie ein unstrophisches dem ersten blicke darbietet. 
b besitze abschrift des ganzen. 

15) f 200 r« c 3 — 201 r* cl. Li fabliax des bons Tins 
1er La bataille des vins par Henri Andeli. 

Das gedicbt ist gedruckt nach der Pariser hs. 837 (anc 7218) 
mBarbazan Méon (Fabliaux et contes I, s. 152 — 158) and besprochen 
m der Hist. litt. XXIII, s. 227, wo jedoch als verszahl irrig 104 
att 204 angegeben ist. Ygl. noch Paul Meyers aufsatz: Henri 
'Andeli et le chancelier Philippe (Romania I, s. 190). Unser text 
ietet folgende varianten von Méons druck: 1. Segnor oies une 
. Qai auint jadis sor la t. 7. son aiunacor 10. but quil anoit soi 
1. fti 13. Cal. le m. vin q. 15. Primes 17. d'Ansois 26. saint 
'ion 31. VindeSesane 35. Sansuere 36. Verselai 37. Tonaireetde 
laueni 38. Soueni 51. dant Mauel 52. Qui crois ens esdos de 
Kauer 55. Et mesire Rogel 59. Les cacha li prestre de oort 60. 
faitant ferant d'un baston cort 63. Moe uure u B. (undeutlich und 
Q rasnr) 64. Clermont lor chier v. 65. Ces II vins 68. Ne proisa 
0. qu'en este se t. 73. Vin d'Ariences, Chambure, Resnes 76. Je 
ai 82. Tu sues 83. Iceste triues sont e. 85. Au tesmoing do vin 
'7. bee sac 88. .trop dolent 91. Que fait dant Croe de S. 92. de 
^aon de Tausons 93. pèsent 96. Auuiler 98. te' fais 99. paissons 
00. les goûtes 102. Lors saut 105. a cort 111. Les Colonois p. 
'argent 113. Aunis de la R. 114. Aussois 115. gent herre 117. B. 
formans, Flamans, Galois. 125. Qu'i li 127. Agolesmes 128. Si i 
129. li bons vins blans 134. fait il tester 137. Chauueni 138. et 
eteoi 140. Purent deuant le roi tôt un (141 u. 142 umgestellt) 
U. De trestos nos bons vins francois 143. Li vin fr. se d. 144. 
ni c. 149. Vermentun 150. la gent 152. force uiuer 156. pies et 
>8. no laissasent 159. com il e. 163. C'estoit un p. t. 171. e. les 
80it 173. A c. vin d. u. bont 174. i se goiit 175. Bi s. T. 176. 
aditoet 178. Hersoi drincoi fu 183. si s'ala 184. III jors III nuis 
WJ. son don 188. com vraie e. 189. Pus fist 191. V contes 194. ot 
K). Desd' a Pore quil m. 204. Bauons t. v. com. d. n. d. 



460 

16) f 201 r® c 1—202 r® c 1. La riote du monde in 
prosa, heraasgegeben von Fr. Michel 1834 nach der Pariser k 
1553, (anc. 7595). Vgl. Hist. litt. XXIU, 104. 

Anfang : Ge sni d'ane manière dont j^ai molt de compagnons, que 
ie boif plus volentiers après mangier qae devant si ne mangai on- 
ques uolenters a mon ostel. 

SchloG: An luminaire nostre dame dites li qa^ele mangace de 
iors si ne Ten covenra point. Explicit. 

Unsere version scheint bedeatend von der Pariser abznweichen. 
Leider ist mir Michels ansgabe nicht zugânglich, sondern nnr die 
proben im Pariser hss.-catalog und in der Hist. litt. 

17) f 202 r« cl — 203 r* cl. Li doctrinals le Saunage. 
gedruckt vonJubinal nach der par. hs. fr. 837 (anc 7218). Weiterc 
mss. werden citiert. Hist. litt. XXUI 238 und Stengel God. ms. Digby 
86. s. 69 ff. 

Auch im ms. 9422 de la bibl. des ducs de Bourgogne zu Brûssel, 
im ms. Harl 4333 zuLondon (Romanial, s. 208) und im Turiner ms. 
fr.l34[jetzt LV32, ait GI 19; Passini in seinem katalog U, 8.493 
verzeichnet nur das erste stQck. Die beschreibung Schelers (Notice 
de deux mss. de Turin) liegt mîr nicht vor.] steht er. Vgl. noch mss. 
10397 und 10459 de la bibl. de Bourg, zu Brûssel. 

Wie die ansgabe enth&lt unser ms. 59 strophen, doch feiilt 
ihm die strophe 1 und 16—22 derselben und folgen die ûbrigeo 
strophen in anderer reihenfolge. Ich setze hier die nummern der 
strophen der ansgabe her in der ordnung, wie sie unsere handschrift 
bietet, in klammern dazu die entsprechende strophe der Digby hs. 
2—7 (3—8) 10 (9) 8 (11) 9 (10) 11—13 (12—14) 31 (15) 32-37 
(16—21) 14(22) 15(51) [folgt. 1. strophe, welche der ausgabe feUt 
und anf&ngt: Celui qui vaillans est et bien le set a voir (32)] 23 
(70) 25 (fehlt D) 24 (30) 26(31)27—30(23—26) [folgen 4 strophen, 
welche der ansgabe fehlen undanfangen: Voirs est que bonesteches 
sont bones (bêles) et plaisans (27) Puisque li riches hom set bien 
gent herbergier (se set b. h.)- (28) Et s'il est aucuns hom (si il 
est a ki) qui voluntiers tornie (29) S41 ert un rices princes et anee 
ce sauoit (33)] 38—45 (34 56—61. 63) [folgt eine strophe, welche 
der ausgabe fehlt und anfângt: Apres son grant despens doit si bel 
(ben) esparnier (62)] 46—48 (fehlen D.) [folgt 1 strophe, welche so- 
wohl der ausgabe wie D. fehlt und anfângt: Li haus hom doit aaoir 
si bone conoissance] 49—56 (66 67 65 52—55 68) [folgt 1 strophe, 
welche der ausgabe fehlt und anfângt: Or nos dites por deu se no* 
tôt nos rendons (Or me d. p. d. si tous nous rendisoums) (69)] 57-'59 



461 

71. 72) Ich besitze eine yollstândige collation dièses stûckes. 

Brflsseler and Turiner hss. entbehren wie die unsere und wie 

hs. Notre Dame 273 der anfangsstrophe der ansgabe. 

18) f 203 r* c 1 — c 3. Li fabliax de Paradis. 

Da ich den besonders von strophe 18 an interessanten text 

ends sonst nachzuweisen vermag, drucke ich ihn nachstehend 

itândig ab. Der dichter war wohl ein Picarde. 

1. Se je nos fas entendre, si me deues oir 
Une uraie raison por le fol maintenir. 
Quant dex uenra en terre por le monde veir, 
Les bons fors des mauais en uora départir. 

2. Oies le iugement que tôt doient oir 

Coi dex uora a uoir es grans biens maintenir. 
Oies que dex dira as grans et as petis, 
Quant il yenra en terre iries et engramis. 

3. Ëscoutes, car oir le deues et aprendre 
Que uos aues ci quis, ie nos ferai entendre: 
Cascuns de uos me doit de ses fais raison rendre, 
Si en deues de moi le guerredon atendre. 

4. Mais ie uos doi ainscois raconter et retraire, 
Por coi uos deussies le mien seruice &ire. 
Quant ie fis d*ome primes et de feme la paire, 

J'es mis ansdex ensanble por croistre et por fruit faire. 

5. Je fis home âanblant a la moie figure. 

Sa face estoit molt bêle et clere et nete et pure, 
n n'auoit en lui point de pechie ne d'ordure, 
Je li donai poissance sor tote créature. 

6. Et quant i'oi sa faiture de biaute si garnie 
Et ie li oi donc pooir et segnorie 

Sor tote icele rien que i'auoie establie, 
Do bien c'oi en lui mis ot diables enuie. 

7. A lui deceuoir ot molt longement bae. 
I tôt sol arbre auoie que ie li oi vee, 
Que ne maniast do fruit, et si li oi grae, 
Cases eust de Tautre a trestot son ae. 

8. Quant diables uit Tome en liu tant delitable. 
Cil lius estoit tant biaus et tant esperitable 
Tant li ala entor par engien et par fable, 
Que il le bota hors de uoie ueritable. 

9. Et quant ce uit diable qui tos les bons gerroie,» 
Que il ot tel pooir, si en ot molt grant loie. 

Li hom par tel engin fu fors de bone voie. 
Que il mania le fruit que vee li auoie. 



4«2 

10. For ee de pandii ietai rome et la feme 
Qbd roôe qvîda ertre des ciex et dame. 
£o terre laborerent, a la mort misent Tame 
DeaUes en iniiBr; eoti eoet qui ai semé. 

11. De tote lor lignie aniiit molt longement, 
Que li dîabie eiioient a lor definement, 
Ja uns a'emt neecn tant bien ne saintement 
Qoi n*a]ast en infer sans contretenement. 

12. Quant ie m, qne noe tôt alies si a perte, 
Por ce qne li premiera aaoit fait la déserte, 
Je pris car en la uirg(e)ne, co est bien cose ape 
Sos humaine char fd ma deites cooerte. 

13. Ja ne fnst restoree Tame qui ert perdue. 
Se une autresi bone ne fnst por li rendue; 
Et por ce fn de char ma deites uestue, 
Qu^ele ne fust el monde de diable conene. 

14. Je me soffii por uos a trair et a uendre, 

Et quant ie fîi uendus, ie me soffiri a prendre, 
En la crois qui ci est me soffiri por uos pendre 
Et ces pies et ces mains closfichier et estendre. 

15. Je fui por uos plaies ou coste malement, 
Sanc et eue en issi por uostre sauuement. 
Yees ici la lance, celi nomeement 

Qui la plaie me fist et les clos .ensement. 

16. L^orguel et la fierté al diable plaisai. 

Quant mort soffiri en crois, en infer m'abaissai, 
Les portes en brisai, onques puis ne cessai, 
Jusques Toi tos les miens, les autres i laissai, 

17. Por ce que cis max ert a uos tos auenus. 
Fui auec uos en terre XXXm ans tenus. 
Lors remontai es ciex dont ie soi ca uenus, 
Por iugier bons et maus sui a uos descendus. 

18. Or uos traies auant li mauais corone. 

Car uos deues bien estre premiers araisone. 
Je uos auoie sens plus c'as autres done 
Et mon cors a baillier trestot abandone. 

19. Molt deussies net estre, quant uos me baillieH 
Et ma car et mon sanc i cascun ior usies, 
En uos mains nuement le mien cors tenies, 
Celui nomeement qui fu crucefies. 

20. Molt deussies net estre de peehie et d*ordure, 
Quant ie uos prestai sens de conoistre escriture, 
Les âmes uos baillai et en garde et en cure, 



). 



463 

Mais nos ne m^n rendes 'ne tsatel ne usure. 
Gros et cras eaties, quant au siècle vesquistes, 
Les rentes des autes malement despendistes, 
Onques a nul bien fshire yostre main n^estendistes, 
Poures ne herbergastes, ne. bien ne lor feistes. 

Sor mon pule auies hautece et «egnorie, 
Or aures en infer dolor et pullentie, 
En ordure serois et en tai et en lie; 
Tant com ie serai dex, ne uos faura ce mie. 

Or ca li cheualier après deues uenir 
Qui tant uos solies noblement contenir. 
Je uos prestai espees por iustice tenir, 
Ne le uos prestai pas por orguel maintenir. 

Vos erries au siècle roi et empereor. 
Amiral, conte, prince et maistre iugeor, 
De iustice ^nir esties tricheor, 
Tôt le mont meties en ire et en freor. 

Bobes achaties cascun mois bien n paire, 
Li une estoit d'ermine li autre gris u yaire. 
Quant uos les laisies, ie ne m^en wel pas taire, 
Li riche les auoient, n^en volies el faire. 

i. Malement le feistes, molt chier le compares, 
Do plus parfont infét el puis uos bagnerea, 
En ordure et en tai et en ire serez 
Et iamiiis a nul ior ca ne reuertire& 

'. Les dames trainoient après eles lor coe, 
Sor lor testes ardra a cascune la soe, 
Apres uos en iront celés a maie eure, 
Dedens infer bouront, ia n'iert qui les erecore. 

i. Départes uos en II, li un iront a destre 
Et li autre seront par deçà a senestre, 
Et as bons et as max wel demostrer mon estre, 
Je wel bien, que on sace, por c'en m'apele mestre. 

K Quant en terre vesquistes, riche uie menastes, 
Poures fui entre uos, mal sanblant me mostrastes, 
Aine ne me reuestistes, ne ne me soelastes; 
Mais quant uos mangies, uostre porte fermastes. 

I. n auint maintes fois, quant entre uos estoie. 
Que ie par grant besoing Tostel uos requerroie. 
Et uos que deaies: »Fui ribaus, va ta Toie!« 
Et ie qui ère estragnes es portes me gisoie. 

.. Li poures ce sai ie, bien le wel a tos dire. 
Nus bien ne me feistes, nel poes contredire, 



464 

S'en ires en ténèbres, en dolor et en ire 
En paine et en torment, en doleros martlre. 

32. Or nos traies aoant ma gent boneeuree. 

Vos aoes fait por moi mainte grant consiree, 
Or entres en la ioie c'aues tant désirée 
Qui nos est a tos iors otroie et donee. 

Âhnliche gedichte sind viele vorhanden. Ich erw&hne hier 
eines in gleichem versmaaG abgefaiSten, von dem aber nor der 
schluIS and anch der halb zerstôrt erhalten ist îm ms. Bawl. Uiac 
1370 f 85 der bodL bibliothek za Oxford. Femer eines âhnliebei 
des schlaGes eotbahrenden im ms. 473 der n&mlichen sammliugi 
Dièses ist aber in 8 silbern. Yon einem dritten li vers de joitt 
hatPaolMeyer (Arch. des Miss., trois, rapport) ans ms. Can.Mi8c74 
der bodl. bibL proben mitgetheilt. Das gedicht findet sich ebenso 
im Par. ms. 19525. In dem letzten ms.ist noch ein ^Sermon sor 
le jugement de Dieu" in 68ilbigen versen mit schweifreimen, wel- 
chen Jubinal danach verôffentlichte (Paris 1834). Er ist noch ent^ 
halten im Arundel ms. 292 des brit. maseum f 31 — 38, im ms. 435 
des Gains collège zu Cambridge f 129 — 135 and onvollst&ndig in 
ms. Digby 34 za Oxford f 76—80. 

19) f 203 r« c 1 — 236 r* c 3. Li romans de Parthenope 
de Blois von Denis Piramas. * 

Die angabe des aators mangelt in dieser, wie in allen ttbrigen 
hss. In einer aasdrûcklichen ftuGeruDg in der yie seint Edmond 
von Denis Piramus (Michel, Rapp. 1838, s. 251) giebt dieser sich 
als verfaBer eines Partenope an .and ist daher Hist. litt. XQ, 
* s. 629 ihm die vorliegende einzig bekannte version des altfrani5- 
sischen Partenope zageschrieben. Ob init recht and ob besond^ 
die gesammtheit des romans als sein eigenthnm anzaseben, mnCkk 
dahin gestellt sein lalSen. Herausgegeben wnrde das gedicht ohne 
angabe des verfaGers von Crapelet (Paris 1834) and zwar nacli 
der âltesten hs. (A), welche in der Panser arsenalbibliothek aof- 
bewahrt wird and die numer 194 trâgt Femer enthalten das ge- 
dicht: 2) (G) die hs. S. Germain 1830, wovon die verse 1449—1580 
in facsimile, femer zor erg&nzang von lûcken in A die verse 1901 
—1946, 5099—5416, 5577—5894, 6375—6694 in abdrack bei jCr»- 
pelet stehen, anûerdem die verse 1105—1610 bei Le Grand à'Anss! 
(Fabl. et Contes, 3 éd. vol. V, append. s. 15) and circa 1200 weitere 
verse in Roqueforts aafsatz (Notices et extraits, Paris 1813, sec. 
partie, s. 3—84). 3) (P) die hs. der Panser nationalbibliothek tfr' 
368 (anc. 6985), wovon die verse 1503—1654 in âuximile bei Cra- 



465 

>elet stehen. 4) eine frtther*im besitz des marquis Garnier befind- 
iche hs., von welcher ich nur durch die notiz bei Crapelet (préf. 
I. 25) kenûtnis habe. Robert (ib. s. LXm) sagt, er habe sie nicht 
kuffinden kônnen. Maûmann (Parthenopeus s. 125) und Bartsch 
Partheuopier and Melior) ignorieren sie g&nzlicb. 5) die hs. 207 
1er bibliothek zu Tours, aus welcher Rayuouard (Journal desSavans 
L834, s. 731 ff.) eine reihe varianten mittheilt. £r setzt die hs. in 
las fûnfzehnte jahrhundert. Weder MalSmann noch Bartsch haben 
âUiynonards entdeckung erwâhnt. 6) zwei vorsatzbl&tter der hs. f. 
T. 792 (anc. 7190 »• s. a.) der Pariser nationalbibliothek , welche 
sin fragment des Parthenope bieten und von Bartsch erw&hnt wer- 
len. Siehe ûber sie den catalogue des mss. français der biblio- 
àèque impériale vol. I, s. 82. Unsere hs. (B) bnngt die zahl auf 
deben. Sie ist sonderbarer weise ^reder von Crapelet nocb von 
Etaynouard, Maiimann oder Bartsch erwâhnt. Ihr text besteht nach 
meiner zâhlung aus 11068 versen. Ihr verhâltnis zu A 6 und P 
làfit sich mit httlfe der facsimile, welche Crapelet ton diesen letzteren 
BSgeben hat und unter berûcksichtigung des von A abweichenden 
sehlai^es in B G P leicht feststellen. Es ergiebt sich, da(S G und P 
auf eine gemeinsame quelle z weisen, welche mit B auf eine ge- 
neinsame quelle y leitet, die dann mit A aùs x der urquelle (oder 
ans der die gesammte ûberlieferung um&Genden und dem original 
mn&chststehenden quelle) floB. Auf die mittelbare quelle y weist, 
nie der mit BGP gemeinsame schlutS andeutet, auch die Tourer 
1». Welcher der drei hss. (BGP) sie aber zunâchst steht, vermag 
ich gegenw&rtig nicht festzustellen, 9a mir die materialien dazu fehlen. 
Han sieht, da(S es^fûr eine kritische constituierung des textes der 
nuammenstellung der von A abweichenden lesarten in y bedarf, 
b& îùT die lûcken * in A y dièses voUstftndig ersetzen mufi und 
ài& bei feststellung der lesart von y unsere hs. die erste stelle 
dnnimmjt. Herr Lutz, lehrer an der realschule in Basel, hat die 
iateressante und sicher lehrreiche aufgabe ûbemommen, den eben 
dargelegten andeutungen folgend, zunàchst die lesart von y und 
àuranf die von x zu recon-struieren. Daû A nicht ungetrUbt die re- 
eension von x erhalten hat, lâBt sich schon aus den varianten der 
verse erkennen, von welchen Crapelet ein facsimile mittheilte. Die 
Weise fttr die eben .angedeutete classification, wird herr Lutz in 

* Eine dieser lûcken (nach vers 8936) bat Crapelet unausgefûUt 
9BlïiGen und seine and Eoberts angaben iiber die ausdehnung dersel- 
^ (pré£ 8. 22, 8. LVI und vol. II, s. 133) widersprechen sich. 
Doman ^^ 



466 

seiner arbeit, die hoffentlich nicht zu langé aaf sich warten Mt, 
mittheilen. Ich babe ihm ailes darauf bezUglich •gesammelte sowie 
meine copie von vers 8741 der bs. (v. 8867 éd.) bis zum schluû, 
und einige andere aaszûge znr verfttgung gestellt. Vielleicht wiid 
berr Lutz dorcb die resultate seiner nntcrsuchung veranlaût, eine 
neue dem jetzigen standpankt der wi&enscbaft entsprecbende and 
zugleich zngânglichere ausgabe des gesammten gedicbtes besorges 
und dabei anch die vergleichung der verschiednen deutschen, nor- 
dischen, spanischen and catalanischen versionen mit dem franzôs- 
schen original ins auge fassen. Eine ans dem spanischen ins cata- 
lanische ûbersetzte bearbeitung finde ich in Quaritschs Catalogne 
of Romances of Chivalry, London 1872, No. 3480 : General Histori* 
del esforçat Cavalier Partinobles, Comte de Blés: y après foncii 
Ëmperador de Constantinopla. Gerona, Jaume Bro (circa 1700) n 
kl. 4* 68 seiten. 

Bemerkt sei hier noch, daG mit blatt 218 oder mit vers 4891 
(v. 5001 éd.) die' zweite hand der handschrift beginnt. 

20) f 236 r* c 3 — 283 v® c 3. Li romans de Durmartle 
Galois. 

21) f 283 v<» c 3--290 r« c 3. Ici après commence li lij- 
stoires del saint Graal et comment il fu conquis et quel 
cheualier Talerent querre. Si nos tesmoigne Josephei 
qui ceste hystoire fist par Tanontion del angle et si dist : 
que. Perceuaus et mesires Gawains et Lancelos del Lie : 
furent li troi cheualier qui le queste en fisent. £t sinof | 
dist Josephes qui i fu. que Perceuaus le conquist. 

Dieser unvoUendete text ist vollstândig erh|ilten in der Oxforder 
hs. Hatton 82 und wobl auch sonst wo. 

Anfang: Li hystoires del saintisme uaissel que on apele le 
Graal o quel li precioze sans al saueor fu receus al ior qu*il fu crnce- 
fies por le peule rachater d'infer. Josefes le mist en remembraoee' 

por Fanontion de la uoiz d'un angle Li hauz liores del grsal 

commence el nom del père et del fil et del saint espirit etc. 

ScliluG: Sire fait la damoisele qui le coffre ot aporte faites les 
letres lire qui snnt dedans le cofre seelees d'or. Si sanroh qu 
li chevaliers fu et de quel linage et por quele ocoison il fa oeis. 
Li rois sist deioste la roine et fist apeler son chapelain. Pais W 
asseoir tos les cheualiers de la sale et commanda al chapelain. 

22) f 290 r^ c 3 — v^ c 4. Fragment einer bearbei- 
tung der Maccabaerbticher in einreimigen tiraden von zelifl- 
silbern, bestehend aus 318 versen. Ob dièse bearbeitung w* 



467 

iner andern von der Hist. Htt. XXIII (liste générale des écrivains 
a XIII 8.) erwfthnten identisch ist, vermag ich leider nicht zu 
igen. Das fragment ist sehr schwer lesbar and bat daher von 
abinal (Rapp. s. 21) ftlr ein fragment der Chanson d^Antioche aus- 
egeben werden kônnen. Rochat vermuthete in ibm sogar «einen 
er ^blreicben lais, welche zur zeit der kreazzûge entstanden and 
emmgesangen warden.> Ich besitze abschrift davon. 

m. 

INHALT DES ROMANS DE DURMART. 

Einleitende bemerkung des dichters: Derjenige, welcher etwas 
liGe, mûQe es andern mittheilen, aber nar denen, welche ein on- 
lefiudgnes interesse seiner mittheilang entgegenbringen. Eine ko- 
ligliche abenteuergeschichte habe er sich zur aufgabe gestellt karz 
md ohnc Iftstige weitschweifigkeit zu erzâhlen (1 — 20). 

In Wales gab es einst einen edlen kônig Jozefens, dessen schône 
nran Andeltse die tochter des Dânenkônigs and erbin seines reiches 
mur. Ans der glûcklichen ehe dieser beiden entsprang ein sohn, 
irelchem sie den namen Durmart gaben (92). 

Bis zn seinem 15 lebensjahre warde er za hanse anferzogen 
ind versprach an kôrper and geist ein vollendeter ritter zu werden 
(148). Da beschloû sein vater ihn za weiterer aasbildung dem 
Noesdial »der weiûen stadt« (so hieG die haaptstadt von Wàles) 
m flbergeben. Dieser ein reicher aber schon bejahrter mann 
Itttte die thorheit begangen, sich mit einem noch nicht 18j&hrigen 
Uldschônen m&dchen za verheiraten, aaf welche Durmars schon 
Miigst ein ange geworfen hatte. Der jange kônigssohn kam somit 
il nftchste berdhrung mit dem gegenstand seiner wttnsche (210). 
Aich die dame wandte ihre neigung von dem alten gemahl ab and 
laf den frischen Jtlngling, waste es jedoch aas klagheit vor den 
leaten zu verheimlichen (220). 

Ëines tages reitet der seneschal mit sâmmtlichen genoGen Darmarts 
ttf die jagd ans. Durmars ist zurûckgeblieben , ein unwohlsein 
lonchUtzend. Kaom sind aber die andern fort, so begiebt er sich 
it das empfangszimmer, wo er die geliebte allein antrifft, die gerade 
n die lektttre eines romans vertieft ist. Sie bemerkt ihn and beide 
^rfl6en sich and setzen sich vor einem kôstlich ausgestattetem 
ktt nieder. Die junge fran entschuldigt sich, daG sie noch nicht 
Mcommea sei sich nach seinem wohlbefinden zu erkundigen, worauf 

30* 



468 

Darmars dankt and ihr seine liebe in lângerer rede gesteht (282). 
Die dame erwidert gleichfalls in lângerer rede, dafi âe seine li^ 
annehme and bemerkt ansdrûcklich , er sei ihr erster and weide 
ibr einziger geliebter bleiben. Darmars dankt ihr and beide ?er- 
bringen den ganzen tag in nngestôrtem liebesgenafi mit eioander, 
ohne jedoch darttber die mahlzeit zn vergessen (341). 

Der seneschal kehrt von der jagd, aaf welcher er zwei hirsche 
erlegt bat, zarûck and ist hOchlichst erfreat ftber das woblbefindM 
seines pfleglings. Die ganze gesellscbaft setzt sich za tische, woM 
es weder an kôstlichen speisen noch an kûhlen, herben and klarei 
weinen mangelt. Nach der mahlzeit treibt man allerhand korzweil, 
man geigt, spieit die barfe, wftrfelt oder vergnftgt sich am brett*, 
and schacbspiel. Dormars hingegen verlangt nur nach der dam 
seines herzens and* weder er noch sie machen jetzt ein hehl nu 
ihrer gegenseitigen liebe, so daG es selbst der seneschal bemerlt' 
Ohne seine fraa za schelten, zieht er sich in ein waldschloft zorlcfc 
and lâfit Darmars, welchen aach aile seine begleiter bis aof eioei 
diener verlaûen, allein mit seiner antrenen gemahlin znrflck (399). 

Drei jahre ftthrt Darmars dièses leben and will von krieg oii 
tnmieren nichts wissen, da bôrt sein vater Jozefens von seinoi: 
nnritterlichen lebenswandel. Jozefens ist kaam aas Danemark, «•-; 
hin ihn regierung8geschâfte gernfen hatten , znr&ckgekehrt, als er . 
aaf allen seiten schlimmes von seinem sohne reden hôrt. Nachdfli 
er genaaeres darttber in erfahrnng gebracht bat, l&ût er den Dtt 
ISjâhrigen Darmart vor sich rafen. Dieser, obwohl angem, gehorehtj 
and kommt mit seinem einzigen knappen , welcher ihm beim ak* ' 
steigen das pferd h&lt (432). Die im schloOe befindlichen Mi 
spotten seiner. Ohne sich jedoch am sie za kftmmem oder sie «tfk 
nar eines blickes za wftrdigen, geht Darmars gerade aaf seintt 
vater za, dessen gesicht keinen freandlichen empfang verspridit 
£r kniet vor ihm nieder and begrûBt ihn geziemend (450). Mr 
kônig lâfit ihn hart an and fordert ihn aaf, seinen leiditôfiai- 
gen liebeshandel aufzageben und seine 60 janker zarfickzanifei. 
In 2 jahren werde er ihm dann zngleich mit 100 gef&brten des 
ritterschlag ertheilen. Hôre er jedoch nicht aaf seine mabnoDgei) 
so môge er seine aasgaben von einem anderen bestreiten hM 
zu ihm dttrfe er nicht mehr kommen, und wenn er etwa sich etvtf 
vom besitz seines vaters aneigne, so wûrde er die tiefe der kerk» 
erblicken (608). 

Darmars weigert sich den mahnnngen seines vaters folge 
leisten and wird daraaf von diesem verstoGen (520). Er kràrt nr 



469 

iame seines herzens zarûck, welche ihn durch versicherung ihrer 
iebe und durch die aussicht auf beûere zeiten nach seines vaters 
bleben trôstet. Sie setzen sich an ein schachspiel (545). Tag and 
lacht Terbringen die beiden mit einander, einzig auf den genuB 
iurer liebe bedacht. Durmars wird genôthigt, seine m&ntel, gûrtel 
Ad kostbarkeiten zu yersetzen, und muG von seiner dame sich er- 
lalten latSen; zusammen mit seinem knappen besitzt er nur noch 
inen einzigen gaul. Aile welt hâlt sich ûber ihn auf und bef(irch- 
et die zeit, wo er die leitung des reichs ûbernehmen wird (566). 
So vergeht der winter, zu ostern h&lt kônig Jozefens hof in 
1er »weiGen stadt«. Eines morgens als Durmars sich angekleidet, 
litt er ans fenster, und wàhrend er ûber die giiinen wiesen schaut, 
lu heitere wetter beobachtet und auf den gesang der lerchen horcht, 
xrwachen in ihm gedanken Uber die verwerflichkeit seines bisherigen 
ebens (592). Er ruft seinen diener Dionet uud theilt diesem seinen 
intschluG mit, eine seiner wûrdigore lehensweise zu beginnen. Er 
vill sich von seiner buhle trennen und zu seinem vater gehen. 
ITenn dieser ihm den ritterschlag verweigere, werde er anderswo 
lenselben zu erlangen suchen und solche proben seiner tapferkeit 
iblegen, daû sein vater bereue, ihm seine untersttitzung entzogen 
m haben (640). Diones bestârkt seinen herren in dem gefafiten 
rorsatz und versichert ihm, kônig Jozefens werde sich mit freuden 
leiner annehmen (654). Daruber kommt Durmarts buhle herzu. 
Auf ihre frage, warum er so nachdenklich sei, erwidert Durmars, 
Br wolle zu hofe und ritter werden, mûBe sich also von ihr trennen, 
âoch kônne er sie auch entfernt wohl lieben (675). Die buhle er- 
widert leichten herzens, so lange er ihr treu bliebe, werde sie ihn 
n lieben fortfahren ; anderenfalls wârde sie nicht vor gram sterben, 
irwm er sie vergâûe. Sie werde Gott bitten, sie mit ihrem gatten 
«BTOsOhnen (692). So trennen sie sich ohne abschiedskuss. Die 
dime ]&&% sich keinen verdruû anmerken. 

Durmars geht ttber den markt, wo er von den btirgern und 
âinen mit einer stubenmagd verglichen wird, und tritt dann in 
bei^tung seines dieners in den palast; hier trifft er den kônig 
■h 100 rittern und die kônigin mit 50 damen (725). Die gesell- 
tAaft hôrt gerade den vortrag eines jongleurs an. Viele erheben 
Mi und begrûlien den eintretenden Durmart. Dieser erwidert 
iben gruû und geht auf seinen vater zu, ihn geziemend zu be- 
Wûen. Der kônig erwidert jedoch seinen gruû nicht, und Durmars 
''Oiidet sich zur kônigin, welche ihn willkommen heiût; kniend er- 
*Ht er mehr denn sieben ktisse von ihr (761). Unterdessen wird 



470 

das eQen aufgetragen. Durniars ergreîft eine kanne (bodei 
bringt seinem vater wafier. Der kôuig w&scht sich, ohne 
zu seinem sobne zu sprechen. Als Durmars daraaf anf die î 
zugeht, entreifit ihm ein knappe die kanne and raft ihm h 
zu, er solle der frau des seneschals das waGer reicben, 
man ihm antrauen werde; einer kônigin za dienen, sei e 
wertb. Durmars scblâgt ibn zu boden und bâtie ibn getôdtet, 
nicbt die ritter dazwiscben getreten. Die kônigin di-ûckt il 
friedigung ûber die bestrafung des vorwitzigen knappen ai 
setzt sicb auf einen boben tbronseGel (808). 

Durmars ergreift nun ein meBer und legt die speisc 
wobei er die bewundemden blicke der anwesenden auf sicl 
welcbe nur beklagen, da& ibm der rittersinn abgehc (826). 
dem eGen wird wein aufgetragen und Durmars gebt zum 
um sicb mit ibm auszusôbnen und ibm seinen entscbluG, ein 
ritter zu werden, mitzutbeilen. Der kônig bôrt erfreut j 
ermabnt seinen sobn, seine liebe nur einer kôniglicben pri 
oder einer regierenden kônigin zuzuwenden, wie er selbst c 
getban. Die versôbnung wird durcb einen kass besiegelt 
Auf wunscb der kônigin wird die erhebung Durmarts in dei 
stand auf kommende pfingsten festgesetzt, worûber Durma 
erfreut ist; er ruft nun aile seine begleiter wider zurûcb 
Ëines tages bittet er aucb nocb den kônig, den senescbal mi 
frau wieder auszusôbnen, was denn aucb gescbieht (920). 

Im monat mai, gerade am pfingstfeste , versammeln sic] 
und frauen auf den ruf von Jozefeus und seiner gemahlin in 
anzabl in dei »wei&en stadt^, sammtlicbe zimmer sind mit 
und binsen bestreut, ebenso markt und strafien (948). Met 
1000 reicbgescbmtickte ritter und damen sind anwesend. I 
beicbtet bei einem biscbof und bôrt zwei feierlicbe messen 
denen sicb ailes biozudrângt, um den scbônen und stattlich 
deten jttngling zu bewundern. Die frauen besonders ricbt 
blicke auf ibn und jede môcbte ibn den ihrigen nenner 
Nacb der zweiten messe kehrt man aus dem kloster zurfl 
begiebt sicb auf eine mit boben dichtbelaubten b&umen be] 
wiese, dort wird ein groûes mabl abgehalten, dabei wart 
jungfrauen und ebensoviel ritter auf, und singen dabei laut 
lieder (1033). In freudiger stimmung und ohne streitigke 
das elien vorttber. Nacbdem die diener die tischtacber ab 
men, beginnt barfen und geigenspiel, die knappen steigen « 
und turnieren (1049). Nacb mittag lâBt das erscheinen einer s 



471 

sen wolke es rathsam erscheinen, vor dem losbrechen des stormes in 
lie nahe stadi zurûckzukehren, damit die festkleider nicht leiden. 
allés eilt za pferde (1068). 

Dnrmars einer der letzen ist in eifrigem gcspr&ch mit einem 
ritter, als er vor dem haupttlior der stadt eincn groûen, alten baner 
nrblickt, welclien er nie zuvor geselien. Dieser verneigt and be- 
iorenzigt sicb 3 mal, nnd indem er seine hilnde erhebt, ruft er ans, 
àafi er hier ein wnnder erblickc, cin anderes jedoch, was er frûher 
diblickte, sei grôBer als dièses (1090). Dnrmars fragt ihn, wel- 
ches wnnder er erblicke nnd warum er sicb 3 mal bekreuzigt babe, 
iroranf der baner erwidert, seine ttbermftGige scbônbeit sei das 
une wnnder, das andere sei indess noch grôGer. Dnrmars fragt, 
«lis das denn sei (1115). Die kOnigin von Irland, versetzt der 
biner, welcbe durch ihre scbônbeit aile frauen der erde ûbertrifft. 
8ie ist noch nicbt 18jabraltnndnocb nnverbeiratbet. Er, Dnrmars, 
welçher an scbônbeit aile mânner ûbertreffe, passe fQr sie nnd 
nifie, wenn er ein tapfrer mann sei, vor keiner gefahr znrûck- 
■cbenen, nm sie anfzusncbeu (1162). Anf Durmarts befragen nach 
dem namen der schônen kônigin weiû der baner nicbts anzngeben, 
«Sensowenig vermag er ibra den weg dabin zu zeigen, denn der- 
tdbe sei sebr gefabryoll. Dnrmars entscbliefit sich gleicbwobl die 
lAnigin an£znsnchen, deren verehrer er yon jetzt an zn sein gelobt; 
sim dank beschenkt er den baner mit 100 sons nnd mit seinem 
^^itigen mantel. Der baner bedankt sich demiithigst nnd gebt 
ittrt (1203). 

Dnrmars kommt nacbdenkend bis zum palast, wo nnterdessen 
■naik nnd tanz von neuem begonneu batten. Bei seinem eintritt 
«ird er geziemend begrûût (1228). Zu seinem vater gewendet, 
.lordert Dnrmars sofortige Ubergabe seiner waffen nnd des besten 
pferdes, widrigenfalls er anf nimmerwiederseben davon gehen werde. 
Anch will er nicbt sagen, welcbes abentener er aufsnche, bevor er 
die waffen empfangen bat (1248). Bescbreibung seiner ansrûstnng 
(1282). Die kônigin seine mutter macht ibn durch ûbeiTeicbnng 
flhes kostbaren gttrtels zu ibrem ritter. Durmars kûsst sie 7 mal. 
Der kônig gûrtet ihm das schwert nm (1305). Hieranf erklârt der 
Me ritter, daû er obne begleiter die kônigin von Irland, welche 
lein herz besitze, anfsucben wolle (1330). Vergeblich sucbt ibn der 
bnig in seinem entscbluB wankend zu macben. Durmars empfieblt 
>8iaem vater seine gefâbrten und verabscbiedet sicb (1372). Dranûen 
*lrtet sein pferd; bescbreibung der vorzage desselben. Er ergreift 
^Id nnd lanze (1426). Ermabnung des vaters an Dnrmart, stets 



472 

der rittertagend eingedenk za sein (1456). Darmars verspricht ei 
nach krâften ^u thmi and bittet seine matter, gottes schutz fftr ilm 
anzoâehen, daraof reitet er freudig davon. Der kOnig kehrt in 
den palast zorûck. Die kOnigin ist nacbdenklich and betrftbt flber 
die trennang Ton ibrem sobn (1473). 

Bemerkang des dicbters: Es sei vormals allgemeine sitte der 
kônigssôbne gewesen, aaf rittertbaten aaszozieben. Seien sie dani 
zorûckgekebrt, so baben sie, von aller welt geebrt, die berrschaft 
ftbemommen. Aach baben damais verberrlicbangen solcber ritter- 
tbaten reicben lobn eingebracbt, jetzt seien die reicben leate ¥e^ 
weichlicbt, nar im zanken and spiélen, scbmeicbeln and Iflgen, in- 
trikieren und grolSprablen seien sie stark (1495). 

Darmars reitet 10 meilen bis er bei anbracb der nac^^t in eioei 
wald kommt Dort erblickt er einen banm, VDn anten bis obei 
voll brennender kerzen. Uber der spitze des baomes sieht er 
ein nacktes kind, das nocb gl&nzender war als die kerzen. Eioe 
stimme mabntibn jedocb, nicbt nftber beranzakommen, daer, soball 
er die wunder des kindes nnd der kerzen gesohen, bei todesstnfe 
die auftr&ge aasfûbren mftGe, welche er dann bôren werde (1542). 
Darmars, in fnrcbt gesetzt, reitet davon and kommt za einem non- 
nenkloster, wo er fur die nacht eine nnterknnft findet. Denanden 
morgen bricbt er auf, passiert in 3 tagen das meer and betritt 
Irland. Der dichter wiil nicbt aile einzelheiten erzftblen, «i 
lange weile za vermeiden and bemerkt, daQ jetzt erst die eigent- 
licbe geschicbte beginne (1574). 

Als Darmars aas dem scbiff gostiegen, reitet er bei scbOnstem 
wetter ins land liinein, er kommt in einen wald and gegen mittag 
erblickt er einen ritter mit einem jagdhand. Sie reiten aaf einander 
za and begriiQen sich (1603). Darmars erkundigt sicb nacb seiner ge: 
liebten (1618); wird daraaf aber von dem ritter befragt, wie viel 
tarniere and kàmpfe er scbon nm ihrer liebe willen bestanden, nnd 
schliel^lich, als er gestebt, nocb keine, von ihm hart ange&bren und 
zu dem schimpflichen gelôbnis anfgefordert , von seiner liebe abn- 
steben oder mit ibm zu k&mpfen (1644). Darmars erwidert, wie 
es sich gebûhrt. Der ritter zieht sicb ein stûck zarûc^, bindet 
seinen bnnd an einen tannenzweig and kommt dann aaf Durmart 
za. Der kampf beginnt. Des ritters lanze bricbt wftbrend desselbeo 
in 3 stUcke, woraaf ibn Darmars vom pferde za boden schleader^ 
so da6 er ganz bet&abt nicbt wieder anfsteben kann (1692). DB^ 
mars steigt vom pferd, stôGt seine lanze in die erde and gebt mit 



473 

:ezûcktem schwert aaf ihn za. Der ritter bittet um gnade (1705). 
)iinnars schenkt ihm das leben, unter der bedingang, daû er ihm 
âge, ^as er vod der kônigin von Irland wiBe, und dafi er sich als 
[e&Dgner zur kônigin Andelise begebe (1730). Das letztere ver- 
pricht der ritter zu thun. Von der kônigin von Irland weiû er 
iber nichts, giebt ihm jedoch seinen jagdhuud, mit der weisung, er 
ioUe immer den weg einschiagen, welchen dieser nehmen werde 
1748). Darauf steigt der ritter zu pferd und reitet davon nach 
ier weiûen stadt, wo er wohl aufgenoramen werden wird. Doch 
ffill der dichter nicht weiter von ihm erzâhlen (1760). 

Darmars reitet sammt dem hunde ebenfalls von dannen. Er 
sommt in einen wald. Gegen 9 ubr abends gelangt er auf eine 
tiiîdefllUîhe von mehr denn einer meile ausdehnung. Hier erblickt 
ar einen h&QIichen zwerg. Durmars redet ihn figur an, worûber 
ier iwerg sehr erzttmt ist, gleichwobl aber nicht umhin kann, die 
ritterliche gestalt und die waifeu Durmarts zu loben (1804). Darauf 
reitet er davon; Durmars will ihn noch ausfragen, fûrchtet aber, 
irdiin er ihm nachreitet, vom weg abzukommen und folgt deshalb 
éet spur des hundes nach. Da kommt eîn groûer ritter (Nogans) 
Qber die haide, hoch zu ross und prâchtig ausgerttstet (1830). Durmars 
l)ewandert ihn. Beide nâbern sich und bewillkommen einander. 
Darmars erkundigt sich bel ihm wiederum nach seiner geliebten 
(1853). Der groûe ritter weist seine frage unwillig zurtick. Hàtte 
er Dormart nicht begrûGt , so wUrde er ihm ftir solche zumuthung 
den kopf spalten (1864). Durmars erwidert, das* wûrde ihm nicht 
flo leicht werden. Der groûe ritter heiût ihn fliehen , da ein sieg 
tU>er ihn ihm keinen ruhm einbringen werde, und kehrt dann, ohne zu 
wurten, um. Durmars ist zwar ûber den schimpf aufgebracht, doch 
treonen sie sich ohne kampf. Durmars zieht seines wegs ûber die 
Inide weiter und beginnt zu eilen (1887). 

Da kommt auf einem wei(Sen zelter eine liebliche jungfrau 
(Fenise, die kônigin von Irland) ganz allein aus dem wald. Beschrei- 
hmg ihrer kleidung und der gestalt. Sie bat das gesicht verschleiert 
Md ist das schônste mâdchen, welches mânner und frauen ihrer 
Mit je gesehen haben (1939). Durmars sieht, als er nâher ge- 
bmmen, wie sie ibren kopf aufhebt und ihr gesicht entblô6t. Da 
Ile 80 schôn ist, nâhert er sich ihr und griXÙt sie hôflich. Sie er- 
Vidert seinen gruG. Darauf hâlt Durmars sein pferd an und er- 
^digt sich bei der jungfrau nach der kônigin von Irland, der sie 
^ein an schônheit nachstehe (1972). Die jungfrau lachelt und 
^^, ob er geschenke und boten von ihr empfangen, und ist auf 



474 

Durmarts verneinende antwort tiber die seltsame liebesleidenschaft 
erstaunt, verlangt deshalb, um Durmart auf die probe zq stellen, 
bei der treue, welche er seiner geliebten schulde, den ihn begleitenden 
hund. Durmars ûberMt ihr denselben mit eiuem seufzer und bittet 
nur um auskunft Uber seine geliebte (2000). Die jangfiraa rath 
ibm uiit ihr nach Landoc zu geheu, \vo tags darauf Cardroains ein 
fest feiere. Dabei werde ein spcrber ausgesetzt fQr die schônste 
frau, welche Yde de Landoc, Cardroains geliebte, zu sein glaabe; 
woUe eine andere den sperber erlangen, so miïùe sie einen ritter 
mitbringen, welcher ihre grô&ere schOnheit gegen die von Ydain 
im kampf mit Gardroain vertheidige. Verliere jener, so werde Yde 
ihre nebenbuhlerin schânden und iu's gefângnis werfen (2036). 
Cardroains habe zwar schon 7 ritter bei solchen festcn getôdlet, 
dennoch habe sie die fûnfwôchige reise unternommen und hoffe, 
den sperber davon zu tragen, denn ilir ritter sei der, welchenDor- 
mars wohl kurz zuvor angetroffen habe (2049). Durmars versichert, 
er habe nie einen so groISen ritter gesehen. Die jungfrau meint, 
niemand dUrfe weder ihren noch des groûen ritters namen erfahreo, 
bevor sie in ihre hoimat zurûckgekehrt seien. Der groBe ritter 
sei ihr lehnsmann. Durmars soUe aber mit nach Landoc kommen, 
wo er hoffentlich ûber seine dame nachrichten erfahren werde. 
Wenn sie tibrigens jetzt zu dem groûen ritter kâmen, solle er bei 
der treue, welche er seiner dame schulde, auf robe zumuthungen 
desselben immer hôiiich erwiderp, doch nur so lange, bis sie erprobt 
haben, wie er sich morgen gegen Cardroain benehme (2096). 

Durmars willigt gern ein (2109). Sie holen den grofien ritter 
ein, welcher die jungfrau mtirrisch ermahnt zu eilen und Durmart, 
ihren begleiter einen schelm heiût. Durmars erwidert, er sei nor 
gekommen ihm zu dienen und konne deshalb seine reden ertrageo 
(2134). Sie roiten ihres wegs und treffen denzwerg, welcher unter 
einer eiche ein feuer angezttndet bat und daran ein grofies stock 
speck bratet. Er ruft ihnen zu, das fleisch sei schon gar (2150). 
Als er Durmars erblickt, erschrickt er und fragt, welches unheil 
ihn herftthre. Durmars fertigt den zwerg zu groûer heiterkeit der 
jungfrau und des groGen ritters ab , wâhrend dieser vor ârger bei- 
nah geborsten wâre (2172). Die ritter steigen ab, Durmars hilft 
der jungfrau vom pferde , der zwerg holt ans seinem koffer dtf 
tischgerâth und deckt auf grttnem boden den tisch. Die ritter 
waschen sich, zuerst jedoch die jungfrau, dann setzeo sie sich, nBà 
der zwerg wartet auf (2198). Durmars und die dame efien «« 
einer schûfSel , w&hrend der groûe ritter aus einer andera alieio 



475 

ifit, und sobald er mit seiner portion fertig ist, die der beiden 
jangen leute ergreift UDd ebenfalls vertilgt (2216). 

Nach dem eûen borcheu sie auf den vogelgesang and verbrin- 
gen die zeit bis anbrucb der nacht mit unterlialtung (2230). Der 
grofie ritter befiehlt Durmart, der jungfrau und fern davou ihm 
ein nachtlager zu bereiten und die uacbt zu waclien. Falls er ihn 
beim schlaf ertappe, werde er ihn todten. Durmars bereitet gedal- 
dig die lagerstâtten (2252). Sie begeben sich zur ruhe; die jung* 
fraa mag aber nicht schlafen, da sie gedanken nachhd.ngt, ûber 
welche der léser spâter mehr hôren wird. Noch vor tagesanbruch 
legt sie sich ihre kleider an , schûrzt des thaues haiber ihre rôcke 
in die hôhe und geht so auf Durmart zu, welchen sie schlafend 
findet, und wegen seiner schônheit die der moud ihr recht deutlich 
erblicken ia6t, bewundert. Um ihn zart zu erwecken, kOsst sie ihn 
3 mal und mahnt den erwacliten an des groBen ritters drohung (2286). 
Durmars erhebt sich und macht, unterstiltzt von der jungfrau, ailes 
ZQm aufbruch bereit. Als der gro(Se ritter erwacht und ailes bereits 
in ordnung findet, freut er sich und versichert der jungfrau, sie 
werde noch heute seine tapferkeit crproben (2312). Sie steigen 
Bon zu pferde und reiten davon. 

Gegen neun uhr kommen sie auf der wiese vorLandoc an, in deren 
nitte eine vergoldete stange mit einem sperber darauf aufgerichtet 
war. Yiele leute waren versammelt. 12 ritter, die zu kampfrich- 
tem ausersehen waren, hûteten die stange. 102 mâdchen sangen, 
ebenso ritter und damen und trieben andere kurzweil (2338). In 
einem zelt fern von der stange befand sich Cardroains, wohl ge- 
wafiiet, und seine geliebte, Yde. Cardroains glaubte ohne kampf 
den sperber zu bekommen (2352). Da kam der groûe ritter durch 
die menge, hinter ihm die jungfrau, Durmart und der zwerg. Die 
fente glauben, Cardroain werde es schlecht ergehen, erklâren die 
jnngfrau fur die schônste und bewundern auch Durmart (2374). 
Der groûe ritter fordert die jungfrau auf, den sperber zu ergreifen, 
tie thut es beherzt (2388). Yde bemerkt es und verlangt von Car- 
droain, da6 er ihr denselben zurtickgebe. Dieser verspricht es, 
wird von ihr darob drei mal gektlsst und dann gewaffnet (2405). 
Cardroains hoch zu ross und begleitet von Ide, reitet auf die stange 
zn. Ide verlangt von der jungfrau hochmttthig den sperber zurûck. 
ttese weigert sich und verweist Ide ihre heftige sprache. Der 
•treit sei sache der mânner. Die leute bewundern die kluge rede 
der jungfrau (2460). Cardroains befragt nun den groBen ritter, 
ob er wir^]îch behaupte, der jungfrau gebûhre ihrer schônheit haiber 



476 

der sperber. Der groGe ritter bejaht es, woraufsiesichgegenseitig 
herausfordern (2472). Cardroaîns hat die prahlerei des groGen 
ritters erkannt und schickt sich znm kampf an, worauf der groGe 
ritter crsciirockeD nachgiebt und den sperber zurûckzugeben yer- 
spricht (2486). Die jungfrau will nicht glauben , daû dièses ver- 
sprechen dem grofien ritter ernst sei, wird aber von diesem des 
gegentheils bedeutet. Er habe nie mit Cardroain k&mpfeu wollen, 
sondern geglaabt, er werde diesen durch seine grôGe einschûchtern 
and so den sperber bekommen (2506). 

Ide and Cardroains wollen die jungfiraa ergreifen and ins g^ 
fângnis werfen lassen. Dièse weint (2521). Da stûrzt Darman 
vor, eilt bei dem groGen ritter, welchem er beinah einen tritt vor 
die brast versetzt h&tte, vorbei, stUrzt 30 andere ritter za boden 
and setzt Cardroain zar rede. Die jangfraa sei die scbOnste, ihr 
gebtthre der sperber, er sei bereît, fur dièse seine behauptung za 
kâmpfen, wenn jemand ibm widerspreche (2542). Cardroains nimmt 
die herausforderung an und \&ùt die jangfrau los. Beide ziehen 
sicb zarQck und machen sich kampfbereit (2563). Dann stflrzen 
sie auf einander mit gefâllten lauzen, durchbohren die schilde und 
entmaschen die balsberge, die rosse prallen an einander und beide 
ritter stûrzen verwundet und betâubt za boden (2586). Eine stunde 
lang bleiben sie bewegungslos liegen, so dafi die lente sich nâhern 
und beide ftlr tôt erklâren (2598). Da kommt Durmars wieder 
zu sich, zieht' sein scbwert und kommt stracks auf CaHroain za; 
^ie er ihn aber bewegungslos liegen sieht , greift er ihn nicht an, 
sondern geht das blut seiner wunde zu stillen (2616). Er zieht 
sich den lanzenstumpf heraus, verbindet sich mit dem seidenen 
lanzenfâhnchen .und geht zur nahen quelle (2628). Dort entwaffnet 
er sich und stillt mit dem fâhnchen das blut, aber seine wonde 
schmerzt ihn sehr, doch fuhlt er, daû sie nicht lebensgefâhrlich ist 
Die jungfrau batte ihm gern geholfen , doch lieu man das nicbt za 
(2648). Als Durmars sich vérbunden und schild und schwert wieder 
ergriffeç, geht er wieder auf Cardroain zu, welcher mitten durclis 
herz getroffen, tôt dalag (2660). Einer der kampfrichter tritt 
Yor, erkennt der jungfrau den sperber zu und lâût Durmart ftr 
seine zerbrochene lanze nach der sitte des landes eine andere 
reichen. Durmars dankt (2674). Der rftter ermahnt nun Durmart, 
welcher schon zu ross gestiegen, eiligst davon zu reiten, da Car- 
droains bruder Bruns von Morois, wie auch andere jahre, sich in 
der nàhe versteckt halte und, sobald er seines bruders tod vernebaie, 
hervorbrechen werde, am denselben zu r&chen. « 



477 

Durmars dankt auch fur den guten rath (2704) und reitet mit 
der jungfrau, welche den sperber mit sich nimmt, davon. Die jung- 
fraa bietet ibm zam dank fur seine bilfe unterwegs ihre dienste 
an, sofem dadurch ibre ehre nicbt gescbâdigt wûrde und fragt ibn 
nach seinem namen. Durmars nennt sicb (2731). Die jungfrau 
.drûckt bierauf ihr bedauern tiber seine verwundung aus, und ver- 
spricht ibm, wenn sie in ibr land gekommen seien, ibm die kônigin 
Ton Irland zu zeigen, docb mttûe er bis dabin sich ailes weiteren 
nachforschens entbalten. Durmars verspricht das (2768). So reiten 
âe eiligst weiter, da kommt der groûe ritter ibnen nacbgeeilt, wel- 
cher von seinem zwerg erfabren batte, daû Durmars verwundet sei, 
und nun meint , leicbt ibn besiegen zu kônnen (2783). Die jung- 
frau bemerkt ibn zuerst und zeigt ibn besorgt Durmart. Dieser 
bemhigt sie (2796) und erwartet den beraneilenden groûen ritter, 
welcher die jungfrau von ibm zurtickfordert. Sie bereiten sicb zum 
kampf (2812). Sobald der groûe ritter merkt, daG es ernst wird, 
îerliert er den mutb. Durmars wirft ibn vom pferde, plattaufden 
boden. Sein pferd eilt davon (2841). Durmars und die jungfrau 
reiten dorch den tannenwald weiter. Dièse lobt Durmart und 
wQnscbt, dais sie bald einen arzt fttr seine wunden finden môgen 
(2853). 

Wâhrend sie so reiten, boit sie Bruns von Morois ein und ruft 
Durmart zu, daû er seinen bruder râchen wollë. Durmars und die 
ge&ngstete jungfrau balten an (2882). Durmars fordert Brun von 
Morois auf, zuerst ibn anzobôren (2894). Bruns von Morois b&lt 
an und fragt , was Durmars ibm zu sagen babe. Durmars erklârt 
liierauf, er sei tôtlich verwundet und Bruns von Morois braucbe 
deshalb seinen bruder nicbt zu râchen; wenn aber durcb Gottes 
Wfe er Durmars ibn tiberwinde, so werde das Brun von Morois zif 
ewiger scbande gereicben (2914). Bruns von Morois ist nocb nicbt 
gfaizlich berubigt, worauf Durmars verspricbt, daû er, falls er wieder 
genèse, binnen 60 tagen sicb zum kampf mit ibm stellen werde 
(2937). Bruns willigt unter dieser bedingung ein und bestimmt als 
btmp^latz sein schloû Morois. Durmars gelobt ibm sein versprecben 
«u halten (2954). Darauf reitet Bruns von Morois davon und triflft 
*ttf den groûen ritter, welcher wieder zu pferde sitzt und sagt, er 
l^iibe beabsichtigt. Brun gegen Durmart zu helfen; er wird darauf 
^on Brun mit nàch seinem scbloi^ genommen (2986). 

Durmars reitet weiter, doch seine wunde schmerzt ibn mehr und 
"Uehr. Unter einem baume steigt er und die jungfrau vom pferde, 
^Htwaffnet sich uo^ besorgt die rosse. Die jungfrau hilft ibm (3001). 



478 

Beide setzen sich nnter eine belanbte eiche, Darmarslehotaafbitten 
der jangfraa sein haupt aof dièse und schlâft sogleich ein. Die 
jungfraa wacht die ganze nacht hindorch bis znm morgen (3026). 
Dormars erwacbt und fQhlt sich wanderbar gest&rkt. Sie reiten 
weiter auf breitem wege (3045). Der tag wird sehr beifi und Dar- 
mart schmerzt seine wande. Gegen 3 nbr kommen sie zn einer 
scbônen waldlicbtung , wo eine tiefe quelle spnidelt; dabei stelit 
ein rotlies zelt. Unter einem baum sind zwei knappen mit brateo 
beschaftigt (3068). Durmars reitet herzu und scbaat in das zelt. 
£r erblickt ein prâcbtiges bett darin, auf welchem ein Mnlein sail, 
damit bescbâftigt ihre haarc zu k&mmen. Vor ibr bielt ein jonges 
mâdclien einen spiegel und vor dem bett spielten zwei knabea. 
brader des Muleins, schach (3 104). Dormars und das frftolein be- 
grû&en sicb. Dièse erbebt sicb nnd fordert Durmart and diejang- 
frau auf abzosteigen und ins zelt zu kommen (3120). Die koaheo 
belfen Durmart vom pferde und ebenso der jungfrau und besorgen 
den sperber und die rosse (3136). Durmars entwaffnet sich und 
wird dabei von den beiden jungfrauen untersttltzt. Das Mnlein 
bemerkt, da6 sein waffenrock blutig ist (3155). Sie fragt, ob er 
verwundet sei , und als er es bejaht und ttber schmerzen klagt, ter- 
spricht sie, ihn vor 4 tagen zu beilen. Sie legt ein pflaster nf 
die wunde und giebt ihm einen starken trank ein (3179).- Daraïf 
spricht sie ihm muth zu und lâ&t ihm einen mit hermelin verbrSii' 
ten mantel geben. Eine magd breitet vor d^m bett ein seidnes 
tuck ans und knappen decken den ti§ch (3216). Nachdem sie ge- 
geûen, wird der nachtisch und wein aufgetragen und das frioleis 
spielt auf der harfe einen laich. Darauf setzt sie sich neben Dv- 

\mart (3237) und erz&hlt ihm von ihrem freund Gladinel des 
Hothen und von dem grausamen Fel de la Garde, welcher jedwedea, 
gleichviel ob dame , ritter , knappe oder priester , wenn er ibm b^ 
gegne, sein pferd wegnehme (3272). Gegen ihn sei ihr freund \$p 
vorher am morgen ausgerittcii und sie sei seinethalber in grofter 
sorge (3288). Durmars spricht ihr muth zu (3300). Er ufld die 
jangfirau mit dem sperber bleiben 3 tage in dem zelte des Gladinel 
nnd werden aufs beste bewirtet. Gladineaz kehrt aber oiebt 
zurttck (3322). 

A m 4ten tag frtth rûstet sich Durmars zur weiterreise, ebeno 
seine begleiterin. Er nimmt abschied von denf frftalein (3358) 
Da kommt ein knappe herbeigelaufen mit zerri&enem wamf. ^ 
frftulein erkennt ihn als ihren diener und verspricht sich bOse tMA- 
richten (3382). Der knappe tritt nnterdes ins^elt imd berieUet, 



479 

wie li Fels de la Garde ibm sein pferd geraabt und erzftblt habe, 
dali Gladineaz sein gefangner sei. Das fr&ulein ist ob dieser nach- 
riclit sehr bestftrzt (3410). Durmars firagt den knappen nach dem 
weg, welchen li Fel de la Garde eingeschlagen; der knappe erklftrt 
sich-bereit, ibm den weg zu zeigen (3426). Durmars rûstet sich 
and lâBt seine begleiterin im zelt (3458). Der knappe Iftuft ibm 
m fdfi Yoran und es dauert nicht lange, so seben sie den Félon de 
de la Garde, welcber mit seinem zwerg nacb baase zurûckkebrt. 
Der knappe zeigt ihn Durmart and dieser ruft ibm zu, er soUe bal- 
ten(3499). LiFel de la Garde hâlt und beide kampfen. Scblieû- 
Kch bleibt Durmars der siéger (3572). Li Fel de la Garde bittet um 
gnade und verspricbt, aile befcble Durmarts ausfUbren und sicb beûern 
zn wollen (3596). Durmars lâ&t ibn geloben, Gladinel sogleich in 
freiheit zu setzen und bel dessen freundin verzeibung zu erbitten. Dar- 
iifsolle erzukônigJosefentreiten und sicb derkônigin aïs gefangnen 
ti)ergeben, mit dem bemerken, daû er von ibm geschickt sei (3623). 
li Fel de la Garde gelobt es und darf darauf wieder zu pferde 
iteigen. Der knappe besteigt sein pferd ebenfalls wieder und Dur- 
mars tràgt ibm auf, mit dem Félon de la Garde zu reitcn, um 
seinen berren Gladinel zu befreien. Er selbst, Durmars, werde bei 
dessen ankunft im zelt scbon abgereist sein (3680). Auf befragen 
des knappen giebt Durmars seinen namen an und reitet davon. 

Ër kommt an eine stelle, wo drei wege aus einander geben und 
flchl&gt statt des linken den recbten ein. In gedanken an die ko- 
nigin von Irland vertieft, bemerkt er seinen irrtbum nicbt und 
i<eitet mebr den 20 meilen obne das zelt zu erreicben (3684). Li 
Fel de la Garde fabrt sein versprechen getreu aus (3698). Die 
JQngfrau mit dem sperber ist sebr betrtibt, als Durmars nicbt zurtlck- 
kehrt, besonders da sie sicb fUrcbtet ibren weg allein fort zu setzen 
(3715). Gladoins bietet ihr seine begleitung an. Die erzâblung 
Bchweigt nun ftlr lange von der jungfrau mit dem sperber (3736). 

Durmars bemerkt endlicb, daG er sicb veriiTt und betet zu 
Qott, da& er ibm den recbten weg zeige (3763). Da hôrt er ein 
iigdhom und eilt darauf zu. Es ist ein jâger. Ër bittet um aus- 
knnfl ûber das rothe zelt (3785). Der jâger weiB aber nicbts von 
einem solcben, zeigt ibm jedocb den weg zu dem scblo&e des Brun 
^on Branlant, wo er gute unterkunft finden werde (3804). Dur- 
inars reitet nacb dem scbloG und findet das baupttbor offen. Knappen 
bewiilkommnen ibn und nebmen ibm pferd und waffen ab (3836). 
& Bteigt binauf in das schloG und wird von Brun von Branland 



480 

frenndlichst aafgenommen , ebenso von den rittem , deren Yiele in 
saale waren (3874). Auch die frau and die zwei tôchter Bruns 
kameD, nm Durmart zu begrtiûen (3896). Sie setzen sich zo tisch 
(3914). Nack der mahlzeit erkundigt sich Dormars nach dem rothen 
zelt (3934). Bruns weiû nicbts zu melden, woraaf Dannars beridi- 
tet, daû er in dem zelt eine jungfran zurttckgelaûen habe, welcke 
ihm versprochen batte ihn zur kônigin vonlrland zu ftlbren (3964) 
Bruns von Branl%]Qt erzâhlt Durmart, daû er die kônigin von Irland 

• 

Yor Landoc geseben habe, dort babe sie den sperber dorch die 
tapferkeit eines ihrer zwei begleiter davon getragen. Derselbe bilie 
die n&mlicbe rûstung wie Durmars gebabt (4020). Dormars fngt 
wober Bruns wifie , dafi jene jungfirau die kônigin von Irland ge- 
wesen, woraaf Bruns erwidert, er babe es von einem ritter, wekiMi 
er dort vorûbergebend geseben, gebôrt, mue aber leider nifito 
nftberes (4038). Durmars wei6 nun , daû er bisher mit seiner uf- 
erkornen gereist war. Auf beA*agen, giebt er seinen namen nd 
herkanft an and erfâbrt darauf, da6 Bruns, als er noch ledig itf, 
mit Darmarts vater in engem verhâltnis gestanden babe. Braii 
verspricbt Durmart desbalb eine neue, seiner jetzigen ganz gleieke 
rûstung, und zwar solle er dieselbe in empfang nebmen, wensflr 
wieder bei ibm, dem Bran vorspreche (4067). Durmars dankt, nf 
nachdem er vergeblich gebeten ist langer zu verweilen, legt er lidi 
zur ruhe (4088). Die nacbt tràumt er , er scblafe bei seiner ge- 
liebten, und erwacht sebr* entt&uscbt (4111). 

£r bricbt nun in aller frttbe auf, um das rothe zelt wiedff 
aufzusucben (4145). Gegen abend kommt er an einen waldMoa, 
und trifft einen knappen an. Er erkundigt sich bei ilun nach des 
zelt, bekommt aber keine aaskunft.(4168). Als er darob sich sekr 
beklagt, meint der knappe, er habe heute einen ritter geseheit 
welcher noch weit mehr unglftck gebabt habe. Durmars bittet dei 
knappen ibm nâheres zu berichten (4184). Gestem (hente) morgOi 
so erzàhlt nun der knappe, ritt kônig Artus mit seinen rittem ind 
der kônigin auf die jagd ans. Ydier dem sohn des Nu wftr die 
bewacbuDg der kônigin tlbertragen. Die jagd batte sich entiei^ 
and Ydier befand sich mit der kônigin and einer kammeijoDl'Bf 
allein an einem kreuzwege (4206). Da kam Bruns Ton Morois, der 
in die kônigin seit lange verliebt war, in voiler rtkstang herbei, ^ 
die kônigin zu sich auf den sattel und schlug Ydier, welcher seîBes 
pferd in die ztigel fiel, mit der fanst in die z&hne, m dafi 0f 
boden stûrzte. Ydier ritt ihm nach und machte îfam w^d eeiiti 
anritterlichen raubes vorwttrfe. H&tte er waffen bei ridi, wflrde^ 



481 

îiuu seinen verrath beweisen (4238). Bruns von Morois bielt an 
ind versprach vor der nacht sich an der kônigin nicht zu vergreifen. 
Wenn bis dahin ein rîtter in sein schlo& komme und ibn im zwei- 
Eampf besiege, solle die kônigin frei sein. Er verbûrgte aaûerdem, 
laû der ritter in seinem schlofi sich nur vor ihm zu hûten babe 
4254). Bruns kehrte darauf mit der kônigin in seine burg und 
rdier, der nicht wagte zu Artus zurûckzukehren, folgte ihm und 
rartet nnn vor dem schlosse (4270). 

Dnrmars dankt fÛr des knappen bericht, denn es ist ihm dadurch 
ein yersprechen wieder in den sinn gekommen, daû er nach seiner 
riederherstellung Brun von Morois aufsuchen wolle, um mit ihm zu 
Ampfen. Durmars bittet aiso um angabe des weges, und erhidt 
wreitwillige auskunft (4302). Nicht lange bat er zu reiten, so ge- 
Ingt er in die n&he des schlosses, das eine von der natur sebr 
;nchlltzte lage bat. Bruns bat dasselbe von keinem berren als i 
Idien, seine unterthanen sind getreu und nicht, wie jetzt viele barone, 
forr&ther (4340). Sieben w&lle umgeben die stadt, jeder ist durch ein 
(kor verschlossen. Ganz nahe bei denselben findet Dnrmars Ydier, 
der sogleicb auf ibn zukommt und ibn bittet ihm roû und rtlstung zu 
Jaihen, um sich an Brun von Morois râcben zu kônnen (4372). Dur- 
airs schlâgt ihm seine bitte ab, da er selbst mit Brun kâmpfen 
■lase, er wolle aber Ydiers sache zugleich mit verfechten. Ydier 
ist hoch erfreut und beide ziehen in die stadt (4398). 

Die stadt ist groG und reich und schôn gebaut, und ist die 
Ittiçtstadt der ganzen gegend, 140 ritter sind darin ansâ,fiig (4418). 
b giebt auch viele schône frauen darin , auf welche Durmars und 
Tdler oft ihre blicke richten (4438). Als sie nun zu dem eigent- 
Kchen schloi^ gekommen, erblicken sie an den schieBcharten eines 
ttarmes 40 durchlôcherte scbilde (4465). Alsbald sehén sie einen 
UUichen zwerg tiber den bof kommen, welciier einen affen bei sich 
hL Dnrmars und Ydier spotten ttber ibn und nennen ibn figur. 
Dirmars beschwôrt ibn bei seiner hâGlichkeit, er solle ihnen seinen 
knren zeigen und erklâreu, was die scbilde zu bedeuten haben 
(tt96). Der zwerg erwidert ibnen ingrimmig, die schilde seien aile 
ïon rittem, welche sein herr besiegt babe, der Durmarts wûrde 
•och heate dazu kommen und der kopf Ydiers wûrde auf einen pfahl 
losteckt werden, darauf zeigt er ihnen den weg zu Brun von Morois 
,4520). Cher eine brûcke kommen sie durch einê thûr in einen 
SMen. Unter einem baum ist ein mit gold durchwirktes seidenes 
^h ausgebreitet (4536). Dort sitzt Genoivre die kônigin, vor ibr 
^ïw» von Morois, sechs frauen und vier jungfrauen sitzen dal)ei. 
Ouman ^1 



482 

BruDs von Morois fleht am die liebe der kOoigin, wfthrend diee» 
ihn best&ndig afiweist (4572). 

Da kommt Darmars herbei nnd fordert Bnin von Morois zmn 
kampfe heraas, er komme die kônigin za befreien nnd sein wort 
einznlôsen (4598). Brans obwohl widerwillig nimmt die heransfor- 
derang an (4610). Er erbebt sich, stôût in ein elfenbeinborn zmi 
zeichen, daQ seine knappen ibm seine waffen bringen onddieritter 
des schlosses als zeagen des kampfes zor stelle kommen sdleo. 
Bruns droht Ydier mit dem tod , sobald er Dnrmart besiegt bake 
(4634). Seine knappen rttsten ihn. Er steigt anf sein streitroft 
(4656). Die ritter nnd damen bilden einen kreis nm sie. Bnoi 
bat anf seinem scbild einen goldnen adler (4676). Der kampf be- 
ginnt. Beim ersten anprall zersplittem ibre lanzen, ihre ro«e 
stûrzen nnd die ritter fallen beide betftnbt za boden, springen aber 
bald wieder anf, and der kampf emeaert sicb mit den SGhwerten. 
Beide yerwanden sicb mebrfacb (4730). Die znscbaner bewnnden 
den barten kampf, der nocb anentscbieden ist (4758). Endlieh 
betâabt Darmars darcb einen wacbtigen scblag seinen gagner asd 
streckt ihn za boden, er wirft sicb dann qaer ûber seine broit 
Die kônigin nnd Ydier sind bocb erfrent (4780). Brans àM, 
daQ weitere vertbeidigang nnmôglicb ist nnd bittet om gnade, or 
yerspricbt aile racbegedanken wegen des todes seines braders Gtf^ 
droain aafzugeben nnd allen befeblen Dnrmarts zn geborchen (4820) 
Darmars willfabrtet ibm anter der bedingnng, daQ er Genoirre 
nocb béate dem kônig Artus zarttckgebe and seine feste von diesem 
za 4cben nebme, daG er auûerdem andern tags sicb in die gefangeB- 
scbaft der kônigin von Wales, der fraa des kônig Josepbent be- 
gebe (4857). BrnoB yerspricbt die befeble aaszafûhreq. 

Darauf steben beide aaf und geben anf die kônigin Genoivn 
za, von welcber Darmars verzeihang fur Bran yon Morois erbittet vnd 
erbâlt (4878). Die kônigin will nicbt langer yerweilen «nd Broi 
yon Morois giebt ibr 20 litter und 20 franen als begleiter mit K 
nnd Darmars lassen sicb entwaffnen, und Darmars bîetet der kOnigii 
seine dienste an, scblâgt aber deren auffordemng nnter kônig Art* 
ritterscbaft zu treten ans, da er dazu nocb nicbt wflrdig 8ei(4tt4^ 
Tdier kttGt Durmart beim scbeiden. Die kônigin and ibr geMf 
kommen bis anbrucb der nacbt nacb Bel-Brullet. Als sie AHl 
wieder gefunden, bericbtet sie ibm ibr abenteuer. Dieser aofnf 
sebr aufgebracht, wird durch die versicberung der 20 begleiterf* 
ritter, daG die ehre der kônigin ungeschâdigt sel und durch * 
worte der kônigin, daû Bruns sein land yon Artus zu lehen nekB* 




483 

werde, beruhigt and erkl&rt anf den rath seiner ritter sich bereit 
Bnm za seinem lehnsman anzunehmen (4974). 

Durmars wird unterdes von Brun aufs beste bewirthet (5014). 
Fflr seine zerstttckten waffen, l&ût Bruns ibm neue, ganz weiQe 
wfthrend der nacbt fertîgen, and verspricbt ibm andern morgens 
sejnen weg^nacb dem schloû La Garde zu zeigen und selbst nach 
Wales aafzabrecben (5040). Andern tags brechen demnach beide 
fr&hzeitig aaf and reiten 7 meilen miteinander, wonacb sie sich an 
ihem kreuzweg trennen (5061). Bruns kommt sonntags (14 tage 
nieh pfingsten) nacb Bangot, wo er Josepbent, seine frau und viele 
ritter antrifft (5078). Der kônig kommt grade ans der messe. 
Bruns tritt mit seinen zerhauenen waffen in das schloû und ricbtet 
leinen aoftrag ans (5104). £r wird gut aufgenommen und muIS 
den tag ûber da bleiben, um von Durmart zu erz&hlen. Innerhalb 
der D&chsten fûnf tage buldigt er kônig Artu (5124). 

Durmars bringt die erste nacbt in einem wald bei einem ere- 
Biten zu und kommt tags drauf an die stelle, wo vormals das rotbe 
nlt stand, er erkennt den ort sogleich wieder (5141) und bricht 
in klagen ans, die mit reflexionen ûber wahre liebe untermischt 
rind (5194). Beim scbeiden von dem platze kann er die thrftnen 
lidit zurttckbalten. Dièse thrânen nennt der dichter liebesreliquien 
(5202). Er kommt alsbald an eine mit schieûscharten versehene 
muier und an einen viereckigen turm. Ein knappe der mit vogel- 
bog bescb&ftigt ist, tbeilt ibm auf befragen mit, es sei La Garde 
(5222). Durmars findet im scbloG auf einer wiese den scbloûberren 
lit seiner frau und sieben rittern, wie er grade einem s&nger zu- 
bOrt Aile gehen ibm entgegen und bewiUkommen ibn. Die knappen 
nehmen sejn pferd in empfang und entwaffhen ibn. LiFel vonLa- 
Garde^Mn^ibn in den saal und lâISt ibm einen mantel umh&ngen 
(5254)|r Nacb der mahlzeit sagt Durmars auf befragen seinen namen 
(5280). Li Fel von la Garde erzâblt ibm darauf, daû er erst kûrz- 
Hch von Wales, wohin ihn Durmars geschickt batte, zurttckgekehrt 
•et, und dais die jungfrau im rotben zelte, welche Durmars zurûck- 
Belassen, seinetwegen sehr betrttbt gewesen. Sie sei mit Gladiuel 
Ud seiner geliebten weiter gezogen, wohin wiûe er aber nicht (5312). 
Durmars erklârt, daQ er gerade dièse jungfrau suche und bittet 
nmrath, wo er sie erkunden kônnte (5324). Am hof des kônig 
Arta, meint Li Fel von la Garde, der- seit vorgestern zu Gladin- 
glAieres drei tagereisen von la Garde jenseits des meerarmes sich 
mOulta, kOnne er sicher etwas horen. Er kônne ihn nicht hin- 
iMfMen, wolle ibm aber den weg bescbreiben (5346). Beschrei- 

31* 




484 

buDg des wegs (5364). 

Durmars dankt, verabschiedet sich, legt sich schlafen and ver- 
l&ût andern morgens frûh das schloQ (5384). 6 meilen reitet er 
im thaï, auf der hôhe aogekommen hôrt der weg auf und er reitet 
durch wtlstes land grade auf das meer zu. Er lâGt sich ûbersetzen 
und setzt den andern morgen seine reise zu land fort. Er triffi 
an einem kreuzweg eine einsiedelei und fragt den einsiedler nach dem 
weg nach Gladingesbieres (5416). Dieser sagt es gebe derenzweiund 
rftth ihm den lângem als den sichereren einzuschlagen, auf dem aie 
dem laufe er gefahr mit den rittem des schlosses Roche-Brune za- 
sammen zu stoQen, welche seit mehr denn einem j.ahre den weg 
unsicher machen. Freilich haben kttrzlich Gavains, Tvains, Lauce- 
los, Engrevains, Sagremors, Perchevals und Ques 36 derselben ge- 
tOdtet, 14 audere seien aber entkommen und nach wie vor ûb6^ 
mttthig, denn uoch gestern haben sie vor seinen augen einen ritter 
getôdtet (5454). Durmars beschlieût den gefahrvoUen kûrzeren weg 
einzuschlagen. Der einsiedler sucht ihn vergeblich davon abzuratheo. 

Durmars reitet ein und eine halbe meile im wald , bis er an 
eine lichtung, die von kastanienb&umen umgeben ist, kommt. Dort 
erblickt er sieben bewaffnete ritter, die sobald sie ihn sehen eiligst 
auf ibre pferde steigen (5490). Zwei stûrmen vor den andern gegen 
ihn an. Den ersten tôdt et Durmars mit der lanze und wirft den andem 
mit dem lanzenstumpf betftubt zu boden (5519). Auch die anden 
fûnf erlegt er (5552). Der dichter beruft sich wegen der wah^ 
heit dieser heldenthat auf seine quelle. Durmars wischt sein schwert 
an seinem waffenrock ab und steckt es in die scheide, steigt tod 
pferde und ftihrt sein pferd, um es verschnaufen zu lassen, heroa, 
dann sitzt er wieder auf, nimmt eine der lanzen der erschlagnen 
und reitet davon (5572). ^ 

Keinc meile weit auBerhalb des waldes erblickt er zu^^toi 
das scbloû Roche-Brune, das ganz in vertheidigungszustand gesetit 
war, da seine insassen einen angriff des kônig Artus erwartetei 
(5589). Durmars reitet hart dabei vorbei, kommt in einen tanncB- 
wald und hôrt in der ferne hilferufe (5604). Er eilt dahin «ndfiadet 
sieben ritter, von welchen drei ganz unbewaffnet sind, die vier ttWf» 
aber weder heîme noch schilde kampfbereit haben. Fûnf ritter a* 
ihren frauen ftthren sie gebunden mit sich (5626). Sobald die fnM0^ 
Durmart erblicken, fleheii sie ihn an sie zu befreien. Oime iMgtf- 
zaudern stttrmt Durmars auf ibre fûhrer los, ttberwâltigt nieirt * 
drei unbewaffneten und danach auch die andern (5660). Aile M» 
auf einen todteter. Dieser eine sucht zu entfliehen, wird aber toi 



486 

Pormart eingeholt and za boden geschlagen (5676). Er bittet 
Snrmart nm gnade and verspricht ihm dafttr Roche-Brane za ûber- 
liefeni, so wie mehr denn acbzig gefangne, welche dort seien. £r 
sei Creoreas der herr von Rochc-Brane (5701). Hierbei fâllt er 
aof die knie and Darmars scbenkt ibm das leben. 

Sie kommen za den fûnf frauen zarttck. Dièse haben ihre 
nftnner scbon befreit and mit den rtistangen der erscblagnen ge- 
waffhet. Sie grûûen Durmart und danken ihm. Darmars bittet sie 
M nach Roche-Brane za gelciten. Sie erkl&ren sich bereit daza 
(5742). In Roche-Brane angekommen, melden dreiBig bewaffnete 
iiener dem Creoreas das schicksal der andern sieben ritter. Nar 
Creoreas neffe Pinels li Brans habe noch etwas leben gehabt and 
iknen den ritter beschrieben, welcher sie getôdtet habe (5769). Die 
beschreibang passt aaf Darmart, weshalb ihn Creoreas anter zasi- 
dienmg ihn deshalb kein leid zuzafâgen fragt, ob er die that gethan 
baba (5786). Darmars erzâhlt darauf, daG er von ihnen angriffen 
vorden and sie erschlagcn habe. Er verlangt tlberdies, ehe er den 
iielm abnehme, die herausgabe der gefangnen (5809). Creoreas 
hgt sich bereitwillig seiner forderang. Die nennzig befreiten ge- 
hognen bewillkomnen Dnrmart and entwaffnen ihn (5832). Creoreas 
renprîcht von jetzt an sich sa bessern and fragt Darmart nach 
«mem namen (5856). Daraaf fûhrt er ihn zur rast in den schloû- 

Darmars erkandigt sich bei den gefangnen nach der kônîgin 
t)nlrlanâ, keineraber weiû ihm aaskanft za geben, ein knappe ver- 
pricht ihm jedoch in ein benaohbartes schloû za ftthren, wo er er- 
Unsobte nachrichten vernehmen werde (5886). Der knappe hieii 
hdvres li Blons. Darmars nimmt sein anerbieten an (5899) and 
rftgi^^lem Creoreas aaf, andern tags za Artas za reiten, diesen von 
em besieger des Bran von Morois za grtiûen, sein scbloû Roche- 
^ne vom kOnig als leben za nehmen and ihm aile seine nanmehr 
efireiten gefangnen vorznstellen. Daraaf so]le er zar kônigin von 
fales fahren, sie von ihm, ihrem sohne griiûen and ihr seine waffen- 
btten erefthlen (5936). Creoreas verspricht es za thun. Daraaf 
etien sie sich za tisch (5956). Nachher legt man Darmart in ein 
ehfines bett. Die befreiten gefangnen wachen vor ihm die ganze 
ticht and zwingen die schloISinsaGen die nacht anbewaffnet aafier- 
•D) des schloBes zazabringen (5974). 

Andern morgens verabschiedet sich Darmars and reitet mitGaivret 
• Blont davon (5995). Creoreas seinerseits begiebt sich mit den 
lefuignen za Arta nach Glatingebieres (6010) and richtet Darmarts 



486 

befehl aas (6040). Artus yerzeiht Creoreas wegen Dnrmart nnd be- 
daaert, daQ dieser oicht selbst gekommen nnd in sein gefolg» 
eingetreten sei ^6058). Creoreas bleibt die nacht am hofe and die 
gefangnen kehren heim (6076). Tags daranf reitet Creoreas nach 
Gales nnd richtet in der »weiQen stadt« Dnrmarts anftrag ans 
(6100). Dnrmars reitet nnterdessen mit Gnivret le Blont znm zehen- 
jnngfranenschloû. Gnivres erklârt ibm, wesbalb das scblofi diesen 
namen trage. Es wobnen zehn jnngfranen nnd zebn ritter in dem 
Bchloû. Die letzteren seien weit nnd breit wegen ibrer tapferkeit 
bekannt. Ibr anfûhrer beiQe Geogenans nnd sei sein, Gnivrets 
obeim (6172). Dnrmars denkt bei dieser rede an seine geliebte 
nnd beide reiten stnmm weiter bis in die n&be des schlosses (6200). 
Gnivres reitet voran, nm Dnrmars anznmelden (6214). Er triilt 
die scbloGbewobner vor dem tbor (6229) nnd wird als ein Iftogst 
anfgegebner berzlich bewillkommt (6245). Er berichtet, wie er 
dnrcb Dnrmart befreit sei nnd, daû dieser die nacbt im schlofi 
znbringen werde (6274). 

Indem kommt anch scbon Dnrmars berbei nnd wird von allen 
frenndlicbst begrûQt. Die jnngfranen selbst entwafihen ibn ond 
bekleiden ibn mit einem pnrpnrmantel (6296). Im palast machen 
sie sicb n&her mit einander bekannt nnd setzen sicb dann zu tiscke 
(6328). Dnrmars ifit gemeinsam mit der schônsten der zehn juDg- 
franen, welcbe Dyonise heiBt. Das essen ist groûartig, jeder bekomot 
doppelte teller (6364). Dnrmars erknndigt sicb nach dem essen 
bei Geogenant nach der kônigin Ton Irland (6379). Geogenans 
weiG ibm nicbts ûber sie zn sagen, meint aber, Dnrmars werde 
nâchsten montag bei anlaû eines tnmieres zwischèn den schlOssem 
Blanches-Mores nnd Roche-Lande ansknnft erbalten kônnen. Dièses 
tnrnier haben die damen der beiden schlôsser ansmfen lasMD, es 
solle zwei tage danem. Der siéger des ersten tages erbatte die 
dame von Blanches-Mores zur fran, der des zweiten, die von Boche- 
Lande (6412). Zn diesem tnrnier kâmen ritter von zwaDzig tige- 
reisen her. In der mitte des tnmierplatzcs sei fQr die franen Ob' 
jnngfranen des landes, besonders fttr die zwei jnngfranen, derentweges 
das tnrnier statthabe, eine groBe tribune von 3 stockwerken, ringi- 
nm mit fenstern versehen, erbant. Sieben bejahrte ritter seiei 
die kampfricbter. Dort kônne Dnrmars ûber seine geliebte sicher 
naheres hôren. Er solle bis moQtag bei ihnen verweilen, d8nnw^^ 
den sie aile mit ibm dorthin ziehen nnd ihm als gefolge âieneii. 
Der turnierplatz sei nur fttnf meilen entfemt (6454). Pnrnar» 
willigt ein (6472). Geogenans fordert ihn daraof aof ni safll^ 



487 

was fttr neue waffen er haben wolle, da seine ganz zerhanen seien. 
Dormars wûoscht sich neue weiûe, schlâgt aber das anerbieten 
Oeogenants, sich ein nenes streitroG auszusachen ans, da sein roQ 
ihm die besten dienste thae (6502). 

Nach diesen reden legen sie sich znr rnhe and stehen tags 
daraof nicht zu frûh auf (6522). Dyonise schickt Durmart frische 
wftsche and neae kleidangsstttcke. Die ritter kleiden sich an, hOren 
die messe. Darmars begrûGt daraaf die damen (6559). Die ge- 
sdienke, welche sie ihm anbieten, wagt er nicht aaszaschlagen, 
schenkt sie aber vor seiner abreise den kammermMchen wieder (6576). 
Nadi der messe setzt man sich zn tische und treibt dann aller- 
hand andere karzweil (6599). Die gaben, welche die ritter Dar- 
nart anbieten, schlâgt er ans. So vergehen zwei tage, montag in 
aUer fr&he brechen sie anf, aach die zehn jungfrauen reiten mit 
(6624). Darmars besteigt ein anderes pferd, sein streitross wird neben 
ihm hergefûhrt. So reiten sie davon; aile wege sind voll von men- 
schen, welche aach zu dem tumiere zieben (6646). Geogenans 
z9hlt ihm die ritter auf, welche an demselben theilnehmen werden. 
Anf seiten von Blanches-Mores werden sein: li rois des Mores, 
kftnig Ydier de Comuaille, graf Brandis von Gai voie, graf Galans 
delGaat-Destroit, der kônig Bangon von Valon, Galebes von Comillon, 
Bruns vonMorois, der graf Enor vonDuveline, Clamador von laBraiere, 
der graf von la Grant-Montaigne und ihre genofien (6676). 

Aaf seiten von Roche-Lande sind nicht soviel lente, aber bessere 
litter. Dort sind die Artusritter, li rois des Isles, die kônige von 
Orcanie, von Escosse, von Benewic, die grafen von Riswic, von 
Blanche-Lande and der graf Braiains von Arondel. Geogenans 
schlAgt vor, daÛ sie selbst sich zn denen aaf der seite von Blanches- 
MorQi wenden (6713). Darmars willigt em (6732). 

8o kommen sie in die nâhe des kampfplatzes , wo schon ailes 
bereit ist (6770). Darmars, Geogenans und seine gcfâhrten wappnen 
tich aaf dem plan und reiten dann mit erhobnem banner fûrder 
(6843). Sie kommen znr tribûpe und steigen in die bôhe (6894). 
Geogenans erkundigt sich erfolglos nach der kônigin von Irland. 
Die frauen and jungfrauen begehren Durmart kennen zu lemen, 
ond werden dnrch Geogenant mit Durmart bekannt gemacht. Doch 
bat dieser nicht zeit zu vielen worten, denn das turnier beginnt 
(6938). Darmars und seine gefâhrten steigen zn pferd and reiten 
Twrwârts (6968). Ein zweikampf zwischen Yvain und Durmart bleibt 
ta 25 GllngeH onentschieden (6996). Geogenans kâmpft mit einem 
geflaurten Yvains (7004), und Kez mit dem Félon von la Garde. Beide 



488 

I 

letzteren stttrzen za boden (7048). Darmars nnd T^ams mischen âchin 
den kampf. Kez steigt wieder zu pferde (7082), anch li Fel von la Garde 
wird befreit and beritten gemacht. Ywaiiis and Kez werden sehr 
bedrângt (7115). Da kommen die ûbrigen Artasritter zor hilfe 
berbei, Gawains, Lancelos del Lac, Sagremors, Perchevaoz, Ërec, 
Gales li Chaas, Talaz von Rogemont, Engrevains, Giibares, Gaharies, 
Mordres li petis, Gifles, Talaz von la Déserte aod Ydier der sohn des 
Na. Gawains befreit Twain and Ke (7182). 

Artus scbaat za and bewandert Darmart, welchen er aos ns- 
kenntnis seines namens seiner waffen balber den weiGen ritter neimt, 
aach Ywain lobt er. Artas batte viele begleiter bei sicb (7226). 
Ydier von Cornoaille, der graf von Davelline and Brans von Monns 
rflcken vor, gegen sie Gawains. Darmars richtet sicb gegen Gawun 
(7272). Kampf zwiscben Lancelot and dem Grafen von Duvellioe. 
Der letztere fâUt, wird aber wieder befreit (7300). Kampf zwischen 
Bran von Morois nnd Saigremors, zwiscben Tdier von Comaaille ond 
Perce val le Galois, der letztere wird vora pferd gestoûen (7342). 
Allgomeino kâmpfe (7400). Der kônig von Scbottland streitet mit 
Galehet de Cornilloi) (7435). Li rois des Isles mit kOnig Bangon 
d^Avalon and graf Barndis de Galvoie (7486). Dièse wftren jedoch 
zurttckgcdriingt and besicgt, wâre ibnen nicbt grafGalaas delGaot- 
Destroit nobst dem grafen von laGrant-Montaigne za bilfe geeilt(75l8). 

Unterdessen kftmpft Darmars zur bewanderang der fraaen nnd 
jangfraaen mit den rittern aus Artas gefolge (7554). Reflexionen 
des dichters ttber prableriscbe aber untûcbtige ritter (7614). DlI^ 
mars reitet in das dicbteste gedrftnge and wird von den zebn ritten 
aafs krftftigste anterstûtzt. Artas und seine begleiter kônnen ibn 
nicbt genug bowandern (7642). Die damen baben manche gefangne 
and strcitrosse, die ibre ritter ibnen geschickt baben. Die lebD 
jangfraaen erbielten von ihren rittern Tulaz de la Déserte, Mor- 
dret le petit and Ke als gefangne. Dièse sind gegenstand des 
spottes der fraaen. Kez ist darob sebr erzûrnt und verwflnscbt 
die frauen (7700). 

Li rois des Mores rUckt vor. Gegen ibn die kônige vos 
Orkanie nnd Benaic, die grafen von E varie und Blancbe-Lande and 
der graf Briains d'Arondel (7780). Die ritter von der tafelrande 
kommen nocb dcuni nnd drângen den kônig des Mores zor&ck 
(7846). Da kommt ibm Clamador von la Braiere za bilfe, anch er 
wird jedocb sehr bedrângt (7896). Za seiner anterstûtzang eiltGi- 
lehes de Cornillon berbei (7932). Ibm stellt sich aber der kOnig 
des nies entgegen (7948). Indessen wenden der kOnig des Hom 



489 

graf Branc^s von Galvoie und der graf del Gant-Destroit sich zur 
(boht (7964). Darmars stûnnt zur hilfe herbei, sticht Saigremor 
Tom pferde, doch er and die zehn ritter gerathen arg in8 gedr&oge. 
Brans kommt sie za unterstûtzen (8016). Lancelos befreit iudessen 
Saigremor, doch nan kebrt auch der âieliende kônig des Mores nnd 
lie grafen del Gant-Destroit nnd von Galvoie nm, und so ist die 
irankende schlacht wieder ins gleichgewicht gebracht (8062). 

So wftbrt das turnier bis sonnenuntergang, da trennt man sich 
ind kehrt in die qnartiere zurOck. Die kampfrichter kônnen sich 
ûdit einigen, wem sie den sieg znerkennen sollen. Neben Durmart 
tommen noch in erwâgung Gawains, Yvains, Lancelos, Perchevans, 
Brans de Morois, Galehes nnd li rois des Isles (8142). Artus kehrt 
frOhlich mit seiner schaar nach Roche-Lande zurûck, nnd nnterhâlt 
deh mit Saigremor (8184). Gavains meint der ritter mit den weifien 
vaffen (Darmars) sei hente der siéger gewesen. Artus theilt seine 
ansîcht. So kommen sie nach Roche-Lande (8224). Durmars und 
die zehn ritter begeben sich indessen nach Blanches-Mores, wo sie 
9dsen und dann zur ruhe gehen. Andem morgens nehmen sie 
Binen nicht zu starken imbiQ und waffnensich (8286). Durmars 
lird von den jungfrauen gewappnet und mit rosenkr&nzen geschmûckt 
S308). Dann reiten aile gemeinsam aus auch die jungfirauen (8326). 
lez erkundigt sich bei Geogenant ûber sein schicksal (8350). Geo- 
Bnans lafit ihn und seine mitgefangnen ohne lôsegeld frei (8361) 
Dd theilt ihm auf befragen Durmarts namen und heldenthaten mit 
376), woraaf Kez sich mit Durmart bekannt macht und dann sich 
kch Boche-Lande wendet (8390). Die Artusritter rûcken in ge- 
hloBsnen reihen vor. Geogenans nennt Durmart die ftthrer der 
uelnen abtheilungen und bescbreibt ibre wappenschilde und 
isrQstung. Die fûbrer sind Gavains, Ivains, Lanzelos, Percevaus, 
rec, Kes, Avllas de Rochemont (Tnlas de Rogemont?) Gifles und 
ristaos (8538). 

Das turnier beginnt von neueçi^ Der graf von Duveline reitet gegen 
du kdnig des Isles, keiner briogt aber den andern zum fall (8578). 
*er kampf wird allgemein. Durmars ist immer im dicksten gewûhl, i 
ile sagen, daû er der siéger des turnieres sei (8636). Auch Gavains 
CUnpft wacker, wird aber in der rechtenhand verwundet und kehrt 
^Bmi seinen leuten heim (8659). Die âi'zte verspreohen ihn binnen 
i^rzehn tagen zu beilen (8688). Das turnier nimmt unterdessen 
dinen verland Durmars bli^bksieger, Artus und die kampfrichter 
^tennen Hua den preiû zu, auch die frauen und jungfrauen be- 
^mâem ihn sehr (8738). Artus batte ihn gem kennen gelemt 



490 

und schickt deshalb nach Geogenant Bieser kommt sogleîch ma 
drei begleitern. Artus erkundigt sich, wer der ritter sei (8768). 
Geogenant steht ihm rede (8792). Der kOnig bittet ihn danui( 
Darmart zn ihm zn fûhren (8811). 

Dnrmars jedoch hat sich schon heimlich hinweg begeben, ui 
die spnren seiner geliebten aufzasnchen. Ohne rast reitet er, bis 
er einen groûen wald erreicht hat (8862). Artns ist traorig, daft 
Darmars nicht gefunden werden kann, IftQt aber Josefent dard 
einen brief die nachricht von dem sieg seines sobnes znkommeB, 
woranf dieser und sein ganzer hof hocherfireat sind (8900). Die 
beiden jangfraaen aber, derentwegen das tamier statt batte, siid 
betrûbt, als sie Dormarts heimliche abreise erfohren. Sie siai 
80 in ihn verliebt, daû sie nie heirathen (8928). 

Darmars reitet indessen Yoran, bleibt die nacht und den tag danif 
bei einem vavassor und reitet donnerstags weiter (8948). Selbstge- 
spr&ch Durmarts ûber die aussichten seiner liebe (9076). 

Ober vier monate lang nach dem turnier irrt er umher ohM 
seine geliebte zu finden (9100). An einem wintertage kommt er 
wieder zu Brun von Branlant , der sich grade mit seinen rittem bei 
der falkenjagd vergndgt und von einem kiiappen Durmart gezeigt wiri 
Alsbald kommt Bruns auf Durmart zu (9146). Durmars wird be- 
willkommt und ins schloû gefûhrt (9179). Kaum hat er seioei 
namen genannt, so erkennt ihn Bruns wieder, auch er hat scboi 
von Durmarts turniersieg gehôrt (9204). Er bewirthet daher Da^ 
mart aufs beste und l&6t auch seine frau nebst seinen zwei tOcbten ^ 
herbeirufen (9216). Dièse begrûûen ihn. Darauf geht man n 
tische (9238). Bruns hat sein Mheres versprechen, Durmart, weu 
er wieder vorbei komme, eine neue, seiner ersten gleiche waiBi- 
rûstung zu schenken, nicht vergessen, sondern l&sst sie ohne vemg 
herbeibringen und Durmart ûberreicben. Durmars nimmt sie dai- 
kend an, verweigert aber das streitroû und das schwert, dadie 
seinigen ihm die besten dienste tibun (9294). Er verabschiedet ôA 
darauf von Brun, um sich zu Artu nach Glastingebiere zu begebd 
(9330). Auch von den frauen nimmt erabschied, legt sich zornlis 
und bricht andern tags frûh auf (9356). Bei einem bauer erkmidi|t 
er sich, ob er auf dem richtigen weg sei und erfâhrt aufierdem, daGdort 
morgen am tagianctœ nativitatis groûer hoftag abgehalten werde(93dO). 

Durmars ^ommt bald nach Glastingebiere und sieht an défi 
palastfenstcru zweihundert schilde au^ehftngt, drinnen hingen nœk 
weitere hundert. Er weifi sich den grund davon nidit zn sagei 
(9396). In die stadt gekommen, erregt er die bewQndenuig der 



491 

leote. Aof einem erker des palastes nnterh&lt sich Eez mit Saigre- 

mor (9421). Sie erblicken Durmart, gehen ihm entgegen nnd be- 

wfllkommen ihn (9462). Durmars erkundigt sich nach den schilden, 

worauf Saigremors ihm erklârt, daG sie \vâhrend der acht tage des 

koflagers da hingen, jeder ritter dessen schild sich darunter be- 

fiode, sei verpflichtet, falls sein schild herabgeschlagen werde mit dem, 

welcher es thue za k&mpfen (9488). So gehen sie weiter und kommen 

in deo palast, der kônig hôrt grade messe. Im schloGsaale befin- 

dflt sich ein zaaberkrftftiger stuhl, welcher jeden der sich daranf setzt, 

«ihnsinnig macht; nur ritter yon bew&hrter tapferkeit kônuen darauf 

mbeschadet sitzen. Eez erz&hlt dies Durmart nnd wamt ihn (9654); 

Dsrmars aber setzt sich kûhn darauf nnd bleibt zur verwunderung 

TOn Ee und Saigremor ungesch&digt. Er giebt sich hierauf auf 

Kes frage zu erkennen und wird von diesem nun um so freundlicher 

begrflfit (9579). Artus kommt indes ans der vesper und wird durch 

Ke Yon Durmarts ankunft benachrichtigt. Artus ist hoch erfreut, 

deim Durmars ist sein vetter (9602). Er findet Durmart noch auf 

fan zauberstuhle sitzend. Gegenseitige begrtlGung. Saigremors muG 

ik.kOnigin rufen (9632). Dièse l&Bt wiederum Gavain und Tvain 

a sich kommen und begiebt sich mit ihnen und vielen frauen und 

jngfirauen in den saal. Die ritter und Durmars begrûGen sie. Sie 

«kennt Durmart wieder (9684) und empfiehlt ihn ihrem gemahl. 

filYains und Yvains machen sich mit Durmart bekannt (9712). 

Airmarts schild wird neben denGavains aufgehângt. Artus fordert 

Darmart auf in seinem gefolge zu verbleiben (9734). Dieser schlftgt 

ti aber ans (9761). Der kônig dringt nicht weiter in ihn. Man 

Mit zu tische. Eez mit 15 rittern warten auf (9802). Nach tisch 

T0rgDftgt man sich bis tief in die nacht mit musik ucd erzâhlungen 

(0822). Durmars will vom kônig abschied nehmen, dieser bewegt 

Bm àher den folgenden tag noch zu bleiben (9844). Die ritter 

Qntfemen sich nach und nach und Durmars geht mit Gavain und 

ïrain in Ees wohnung (9869). Dort unterhalten sie sich noch 

oine weile, legen sich dann zur ruhe und begeben sich andem 

moigtns ins kloster, wo sie mit dem kônig die messe anhôren (9908). 

^ Artus macht darauf Durmart mit den rittern und damen seines 

lltfes bekannt (9942). Eez bereitet unterdes die mahlzeit. Man 

tetitrflich, anch die kônigin nimmt an dem mahle theil (9982). 

Durmars sitzt bei Gavain, zwischen ihnen die schwester des grafen 

ytm Arondel (9995). Wâhrend sie noch bei tafel sitzen, sehen sie 

^en ritter hoch zu roû herbeikommen, vor ihm her eine jungfran, 

Unter ihm fttnf zwerge, von denen jeder eine lanze tr&gt (10042). 



492 

Der ritter nnd seine begleiter reiten gerade anf das schlofi zn, fy 
treppen in die hôhe and gerade in den saal zar verwanderang dar 
anwesenden and besonders Kes (10068). Cladains, so heiBt der 
ritter, schlâgt Darmarts schild heranter (10101). Sogleich springt 
dieser aaf and rflstet sich zam zweikampf (10185). Artos, die kft- 
nigin and der ganze hof schaaen dem bevorstehenden tamiere il 
(10200). Der kampf entbrennt heifi, bleibt aber anentsdiiedn 
(10262). Da bittet die jangfraa, welche mit Gladain gekonuiMi, 
Arta die streitenden za trennen (10306). Der kôoîg that es uni 
80 endet das tarnier fûr beide glflcklich. Darmars verabscbiedet 
sich, Cladains bleibt an Artas hof (10345). Darmars reitet dafoi. 
Der dichter wiU nicht aile seine abenteaer erz&hlen, Darmars wflnscht 
seine geliebte wûste von ail den drangsalen, die er ihretwegen ànrà 
macht. Reflexionen des dichters (10406). 

Eines tags gegen mittag (Darmars reiste grade darch wtkste 
gegenden Irlauds) gelangt er in ein land, dessen stâdte verbramiti 
dessen bnrgen zerstôrt and ganz verlafien sind, weiterhin findet 
er sieben handert leicben qaer flber dem weg liegend (10434). Il 
einem wald erblickt er nach l&ngerem reiten einen jftger an emea 
feaer sitzend (10461). Dieser will fliehen als er Darmart nihai 
sieht, bleibt aber aaf dessen zaraf (10481). Er bietet Darmart an il 
seiner mahlzeit tlieil zn nehmen and ebenso dem ross Darmarts, die 
hâlfte der ration des seinigen zazathcilen (10511). Darmars nimnt 
es dankbar an (10545). Er erkundigt sich daraaf bel dem jSger 
nach der arsache der verwttstangen, welche er am tage gesehei 
bat (10570) and erfâhrt, daG sie vom kônig Nogant yerfibt seiei. 
welcher seine lehnsherrin and verwandte die kOnigin von lâui 
bekriege (10592). Yeranlassnng daza sei sein benehmen bei des 
sperberfest vor Landoc gewesen (10636). Die kOnigin habe, ili 
sie nach hanse gekommen sei, ûberall Nogants feigheit erzfthlt, sobiU 
er das erfahren, habe er die rechtmâ&igkeit ihrer thronansprflchs 
angefochten, viele ihrer nnterthanen zam abfall bewogen and belir 
gère sie nach verwûstung ihres landes seit gestern mittag in ik9 
residenz Limeri (10700). Darmars erklârt nach karzer flberlegst^ 
datt er der kônigin gern gegen Nogant helfen môchte (10740). Dtf 
jdger, welcher ein dienstmann der kônigin ist, meint, er soUe ei 
nnr than and erklilrt sich bereit, ihn in die stadt za fbhren, dia 
nar 7 meilen entfernt sei (10778). 

In der that brechen sie andern tags frûh dahin aaf. Der jfigtf 
mit namen Césars voraaf , Darmars hinterher. Bald erblickei ai 



493 

Limeri, dessen schlofi sich hoch aaf einem felsen beôndet, die stadt 
wlbst liegt am fuûe desselben and ist rings mit mauern uiid wftllen 
nageben. In der vorstadt bat sich Nogans festgesetzt. Dnrmars 
nin seine banner wohl erkennen (10833). .Césars zeigt ibm ailes. 
He borg and stadt kOnnen sich sieben jahre halten, denn es seien 140 
itter, 1000 diener, 100 bogenschtttzen and mehr als 3000 bewaffnete 
Orger darin, and lebensmittel far zwei jahre (10860). Nogans habe 
000 ritter and 100,000 andre lente, sie kOnnen aber wegen des 
nnes and des sampfes nicbt zu ihuen gelangcn. Limeris sei die 
luige feste der kônigin (10881). Die mûhle von Limeri znr linken 
ei anch befestigt and heiGe daher mûhlenschlo&. Der herr des- 
elben sei der jange Procidas, ein knappe von acbtzehn jabren. Er sei 
lar kOnigin trea ergeben and sehr wacker. Bei ibm seien 60 knappen 
ind 100 diener (10,959). Wenn Darmars sich ihnen auschlieBe und 
ie fAhre, kônne er Nogant tûchtig belftstigen, gebe er aber in 
Be stadt, so sei dies nicbt môglich (10988). Ihr weg bis zam 
ithlenschloi^ sei sehr eng, er fûhre ûber den morast and sei nar 
ilgen des harten frostes gangbar. Darmars mûûe absteigen and 
H fafi gehen, er, Césars, wblle sein pferd fûhren. Im mtlblenschloi^ 
UBen sie beide ibre pferde zarûcklassen , wenn er in die stadt 
Nlte, denn sie mûi^en ûber den ûnÙ fahren (11025). Darmars will 
Ihber im mûhlenschloû bleiben and bittet César, der kônigin seine 
ikanft za roelden and sie von ibm zu grfllSen and sagt deshalb 
W seinen namen (11074). 

So kommen sie nach langem beschwerliclien weg noch vor anbrach 
Br nacht yor das mûblenschloG (11106). Die zagbrûcken sind in 
6 hOhe, Césars raft, man solle sie uiederlassen. Der diener weichert 
di, da er Darmars nicht kenne, will aber Procidas rafen. Dieser 
unmt mit zehn knappen.. Césars zeigt ihn Darraart (11138) and 
gt daraaf zam Procidas, daû Darmars gekommen sei ihnen za 
Ifen (11168). Procidas verlangt, Darmars solle aaf die heiligen 
s beschwôren, and steigt, als dieser daza bereit ist, ûber die 
Ikcke zn ihm. Sie eutwaffnenDarmart (11204). Darmars schwôrt 
)i9%^n heiligen der kOnigin^ getrealich za helfen and wird ein- 
tanen und freandlicbst beherbergt (11256). 
•4 Bew efien sitzt er mit einem caplan ailein am tisch, die knappen 
«en AIE boden (11287). Darmars tr&gt César, welcher nach Limeri 
ifbricht, aaf die kOnigiu za grttûen and ihr za sagen, dafi vor 
Bngsten ibre noth beendet sein werde (nach vers 11222 and 11374 
A es nodi etwa ein monat bis dahin) (11316). César richtet seinen 
iiftrag ans (11399). Die kOnigin erinnert sich sogleich Darmarts, 



494 

verbirgt aber ibre freade tôt des kvUa, ent» ab âe îb bett nk 
1161 sie ibren gedanken freien laof (11538). Aadb Darnars Ieui 
nidit schlafen, sondern denkt an seiae gcfiebte (II5M). Ànâm 
tags nacfa der messe fordert Dnnnan Proddaa a cincB anU 
gegen die belagrer aof (11609). Proddas scUigt tut, dièse ben 
trftnken der pferde zn flberfallen. Eàn farater gcfAasterttf nf 
zwiscben zwei mor&sten fflhre sie sidier bîs aa die triake (11639)i 
Sie wappiien sich und theilen sich in zwei haafea. Ihôfiîg kaaiipeiié- 
ten mit Darmars and dreiftig bleiben als reserre (11684). Bald stota 
sie aaf die feiode, welcbe grade zarOckkebren, YîenigritlerdendbM 
decken den zag (11702). Dieselben madien ao^eieh kdirt ab rii 
Darmart and seine scbaar erblicken , sie werden jedodi llbel af^ 
ricbtet, besonders darch Dnrmart (11770). lai achfeft limerilsk 
man den ansfall mit angeseben nnd Césars meldet der kftnigin ëê 
waffentbatenDurmarts. Sie weiA ibre freode darOber zn yeiberga 
(11836). 

Darmars und seine gefâbrten kebren ins mablensdiloft zoilcL 
Darmars scblftgt vor, tags daranf zwanzig der kniqipen n lîttan 
za scblagen. Procidas ist damit éinientané^p (11900). Der kflnjl 
Nogans flber seinen verlast erztlmt, bfllt ratb nnd befolgt Brisitt 
TonRocbiers vorscblag tâglicb secbzig ritter nnd bnnderl dienerès 
lager bewachen za lasseo (11976). Der andre tag bricfat an. Pro- 
ddas scblflgt vor in aller eile ritterkleidnng anfertigen zn IsMi 
nnd so lange za verziehen. Darmars giebt zn bis znm nicMi 
tag za warten (12021). Zwei knappen fabren nacb limeri nnd be- 
sorgen zwanzig waffenrOcke, decken, wappensdiilde nnd belme (13056). 
Sie bringen sie Proddas, welcher sie Dnrmart flbergiebt, ent tigi 
daranf vertbeilt dieser sie anter die neaen ritter (12108). Dnroiii 
bftlt denselben ibre pflichten vor nnd fordert sie anf gleidi am id* 
ben tag einen neaen ansfall za machen (12156). Procidas ist bereit 
nnd Iftût die messe siugen, daranf empfangen die nenen ritter dit 
degen and den ritterschlag von Darmart (12178). 

Sie steigen za pferde and tbeilen sicb in drei banfen. H* 
zwanzig ritter, von Dnrmart angefubrt nebst zwanzig dienem Wi* 
den erstcn, je zwanzig knappen mit dienem die baldea aolip 
banfen die erst eingreifen sollen, wenn die ritter der bilfe bedflite 
Dnrmars IftQt dièse an der brttcke am ende der sobienss hsltfli 
(122Ô2). Die ritter reiten weiter nnd stoiSen einen armbmstsekift 
weit davon anf Briain von Roders nebst secbzig rittem nnd bnndfft 
dienem. Briains ermahnt die seinen keinen der ansfallenden enfe- 
kommen zn lassen. Aber darcb Dormarts, Proddas nnd der flbrigtt 



496 

nen ritter tapferkeit werden sie znrûckgetrieben (12348). Von 
meri schaut die kôoigin and ihr hof dem kampfe zu (12392). 
Hnnars nnd die seinen verfolgen Briains schaar bis za ihren lager- 
Itten, ziehen sich aber, als das gaoze heer Nogants gegen sie 
irQiekt bis zur schlense zurûck, nm im rûcken gedeckt zu sein 
240S). Dnrmars ermahnt zam ausharren, da kommt auch scbon 
leor, ein reicher graf and ungetreuer vasall der kônigin Yon Irland, 
nrbei, er ist den andern einen morgen vorans (12461). Darmars 
flnt ihn za boden, wobei ihm der recbte arm bricbt. Die seinen 
■gen ihn anf seinem schilde ans dem kampfe (12484). Die groGe 
benahl dr&ngt indessen Dnrmart und seine schaar zurUck, aach die 
Biden andern haafen, welche zar hilfe anrtlcken vermôgen aaf die 
lier nicht stand za halten. Darmars deckt mit Proddas den 
Ickzag bis aUe die brtlcke ûberschritten haben, wo sie vor wei- 
ner verfolgang sicher sind (12588). Die belagerer haben sech- 
ig todte, die belagerten aber nar 36 leicht verwandtete (12620). 
ib Darmars and die seinen zarttckgekehrt, laBen sie sich eùen 
ad rahe wohl than and machen am andern tag zwanzig neae 
itter (12633). Die kônigin schickt ihuen am selbigem tag darch 
leur allerhand schmacksachen and Darmart speziell das versprechen 
chOnen lohnes fur seine dienste, was ihm Césars heimlich verkûn- 
let, Darmars war darob hoch erfreat (12682). 

So yergeht eine geraame zeit. Durmars bleibt wfthrend eines 
lonats in sieben k&mpfen siéger and flôGt dem heer Nogants groûe 
trdit ein (12706). Deshalb sendet eines tags Nogans an Arta 
id Terspricht ihm Limeri, zwanzig schlôsser nnd anerkennnng 
iner lehnsoberhoheit, wenn er ihm helfe Limeri einzanehmen 
^49). Anf Gavains rath willigt Artns ein, sammelt in Révèlent 
n heer yon mehr als 10000 rittern, in dem aach kônig Jozefens 
it Yielem volk sich befindet (12770). Nogans kommt Arta ent- 
^[en^ wiederholt feierlich seine yersprechangen nnd raûmt ihm 
m Qaartier ein (12808). Darmars bemerkt die verstârkang des 
)lagerangsheeres and ermahnt zam aasharren, worin ihm Proddas 
datimmt (12861). Artns erkandigt sîch bei Nogant ûber die ver- 
lÉUiger Yon Limeri nnd desMûhlenschloÛes (12940). Daraaf bittet 
A Ka» andern tAgs alleiu mit fttnfzig rittern seiner schaar gegeïi 
is lltUenschloG reiten za dûi'fen und rûhmt sich Darmart leben- 
ig oder tôt dem kônig za ûberliefem (12967). Artns willigt ein 
dd Kez bricht andern morgens frtth aaf. 

Artas and seine gefâhrten folgen ihm anbewafihet am dem 
impf zozasehen (13023). Kez sprengt voi*w&rts and trifft Darmart 



496 

nebst dreîfiig rittem nnd vierzig dienera , wie de gerade das ende 
der schlease befestigen, er fordert Dannart znm zweikampf herans 
(13054). Darmars Dimmt ihn an. Eez stûrzt beim ersten anpraU, 
seine nnd Dormarts gefâhrten eilen non berbeL Eez wirâ zwar 
von seinem neffen le Laid-Hardi befreit, aber er nnd seine schair 
werden, obwohl mit mttbe, znrdckgedr&ngt (13151). Ârtos lobt 
Dnrmart lant. Jozefens bat bemerkt, daiS der tiqifre litter seioM 
sobnes wappen trage (13184). IndeGen wendet sicb Dnrman m 
nnd kebrt mit den seinen in das mûblenscblofi znrflck (13210). Die 
kOnigin von Irland bat von Dnrmarts neaer wàffentbat dnrch Gew 
knnde erbalten nnd ist sehr frOblich, ancb Darmars denkt an de (13256). 

Andem tags reitet Gavains mit dreiGig rittem in aller stifle 
gegen das MûhlenscbloG. Artns bOrt es, verbietet den andem àà 
zn rftsten , nnd reitet wie am tage znvor, nm den kampf mit an» 
sehen. Gawains Iftût seine begleiter jenseits der brOcke, die er 
selbst flberscbreitet (13330). Darmars kommt mit dreiiSig gefthrta 
ans dem.scbloG, erblickt Gavain nnd l&Ot nach einer ennahnoBi 
znr vorsicht die seinen ebenfalls znrftck (13388). Kampf zwisdMi 
Gavain nnd Dnrmart. Ibre pferde brecben znsammen. Beide stfines. 
Gavains kommt unter sein pferd zn liegen, w&brend Dnrmars wieéff 
anfspringen kann nnd nur betftubt ist (13434). Von beiden s^tii 
eilen die gefâhrten berbei. Dnrmars reiGt Tvain vom pferd ai 
besteigt es selbst (13470). Yvains befreit nacbber Gavain. SagI^ 
mors wird von Dnrmart zn boden geworfen (13527), aber von Oanii 
nnd Yvain, die wieder zn pferde sitzen, befreit (13550). Dormait 
kommen drei&ig knappen nnd fftnfzig diener zn bilfe (13592). Dm 
kônigin von Irland von Limeri nnd Artns vom lager ans bewondertt 
Dnrmart Jozefens, der vermathet, daG der tapfere ritterseinsobn 
sei, scblâgt vor tags daraaf ihn sowohl wie die kônigin von Irlaod 
nnter zosicherang freier rûckkehr vor Arta zn laden nnd von ihnei 
die ursacbe des krieges zn erkanden. Artns ist damit einverstandei 
(13645). Die kônigin von Irland bat indessen groûe angstnmD^^ 
mart (13677). Dieser scbant voU liebe nach den damen im schlofi, 
so daû er fast nmzingelt wilre, er schl&gt sicb aber durcb, tôdtet 
das rofi von Engrevain, der jedoch schnell ein andres besteigt (1371S)> 
Kez mit fttnfzig geffthrten mischt sich in den kampf^ wird aber va 
den dienem vierfach verwnndet nnd muù den kampfplatz ferisfiei 
(13792). Artns leibarzt nntersncbt ihn nnd verspricbt seine baldjge 
beilnng. 400 ritter brecben auf Ke zn rftchen (13826). 

Darmars nnd die seinen mûûen weichen, ziehen sicb aberio 
bester ordnang znrttck, bescbtttzt darch Dannart and ?ro&é»t' 



497 

inch die belagerer kehren heim, mehr als 100 ritter ohne pferd 
13882). Artus bcgrttût Gavain und dieser preist Durmart (13938). 
rtas, Gavains und die ûbrigen pflegen der ruhe; nach tische sagt 
rtns aafs neue zum Jozefent, daQ er Durmart und die kônigfn 
m Irland tags darauf zu sich kommen lassen wolle und tr&gt Jo- 
ifént auf, die kônigin zu geleiten, den grafen Galant aber Durmart 
iKoholen (13999). Nogans ist sehr erbittert ûber des kônigs ent- 
faluG. Jozefens bricht frûh mit 400 rittem und 700 dienern nach 
imeri auf, l&Gt die kônigin auf die mauer rufen und verkûndet 
orArtos botschaft (14168). Die kônigin ist bereit, sich wegen der 
ischoldigungenNogants vor Artu zu rechtfertigen und unter sicherem 
deit sich zu ihm zu begeben (14196). Darauf geht sie um sich 
i schmAcken und reitet ohne weiteres verweilen mit zahlreichem 
sfolge in Jozefents gesellschaft zu Artus lager (14246). Sie wird 
om kônig aufs freundlichste empfangen und von allen ihrer schôn- 
•it halber bewundert (14278). Nogans erneuert seine anschuldi- 
nngen (14303). Die kônigin weist dieselben als falsch zurttck und 
rUftrt sich zur feuerprobe bereit (14384). 

Indessen kommt auch Durmars mit seinen dreiGig rittem, ge- 
Bitet Yom grafen Galant, wâhrend gerade Artus mit seinen rittem 
ith h^t (14482). Die kônigin von Irland und Durmars begrûûen 
ieh. Artus erkennt sogleich Durmart und er und Jozefens begrûGen 
hn (14597). Durmars berichtet seine erlebnisse (14619). Nogans 
commt ans einer berathung mit seinen anhângern und wird von 
ihrmart zum zweikampf herausgefordert (14646). Nogans meint, 
ar branche nur die herausforderung eines kônigs persônlich anzu- 
lehmen und Durmars sei nur der sohn eines kônigs (14666). Dar- 
tnf tritt Jozefens Durmait eines seiner beiden kônigreicbe ab und 
incht ihn zum kônig (14684). Nogans geht sich mit den seinen 
n berathen und entflieht dann heimlich (14711). Als Artus und 
lie anderu es erfahren, ist groGe freude. Die kônigin von Irland 
rerzeiht ihren abtrûnnigen unterthanen (14765) und fordert Durmart 
ttf, sich eine belobnung zu wâhlen, welche er wolle (14788). Dur- 
Bars bittet zaghaft um ihre liebe (14855). Bereitwillige zusageder 
iBOnigin (14879). Betrachtungen von Artu und seinen rittem dar- 
Bber (149.10). Man trennt sich um die morgende hochzeit vorm* 
bereiten (14952). Hochzeits- und krônungsfeierlichkeiten der nâchsten 
dm tage (15204). Àm vierten kehrt Artus nach Bretaigne zurûck. 

Durmars nimmt besitz von Irland und emennt Procidas zum 
SOnfiinoier von Irland. Jozefens bleibt bei seinem sohn, in dessen 
Dumus 32 



498 

gesellscbaft er nicht lange nachher nach Gales zu seiner frau An- 
delise reist. Audi Fenise, die kônigin von Irland, reist mit. Sie 
werden feierlichst empfangen (15333). BegrOGung der ankômmlinge 
darch die kOnigin Andelise (15436). So lebt Durmars glficklicli, 
ohne dabei aber seiner regentenpflicht and seines ritterthumB zo 
vergeGen; anch bleibterGott ganz ergeben (15540). Eines tags ût 
er aaf die. jagd ansgeritten and bat seine lente Yerloren, als er 
plQtzlich einen hellen lichtschein erblickt, daranf zareitet and dei 
wanderbaren lichterbaam , welcber scbon anfangs (1507 ff.) erwilmt 
warde, sieht. Bald daraaf verscbwindet die vision and eine stimae 
sagt ibm, er wenle in Rom vom papste die erklArong derselbei 
erfabren (15635). Nicht lange, so bat Durmars seine lente wieder 
gefanden and kebrt mit ibnen heim. Es werden vielejagdgeschidh 
ten aufgetischt. Darmars erzàblt seinen eltem and seiner frai, 
was cr geseben and erklftrt seinen entschlnfi, binnen vierzig tagM 
nach Rom anfzabrecben (15682). Jozefens \vill ihn begleiten uii 
rittcr and diener mît nebmen. Sie entbieten eine grofie anssU 
von allen seiten, welcbe sicb im laofe eines monats in der weifiei 
stadt versammeln. Anch die beiden kôniginnen machen die pilger- 
fabrt mit (15747). Die reise gebt dnrcb die Bretagne and M 
wQste gegenden, dnrcb die sie mit gewalt sicb den darchzngcr 
zwingen mûssen. VorRom tinden sie vierHeidenkônige mit 400000 
mann, welcbe es seit zwei tagen belagem (15770). Dieselben wer 
den gescblagen, mebr als 20000 ertrinken in dem Tiberstrom (15793)i 
DieRômer mit dem papst an der spitze, zieben ihren befreiem entgegn 
and bewillkomnen sie. Der papst ertheilt ibnen absolntion nnder- 
klârt Dnrmart seine vision (15816). Der licbterbanm bezeichne die 
menscbbeit, die aufwârtsgericbteten licbter die gnten, die abwiirts- 
gericbteten die scblecbten menscben, das blntende kind Christ» 
(15865). Durmars und die seinen kebren beim and balten in der 
stadt Bangort in Gales ein 7tâgiges boffest ab (15890). DnriBir» 
kebrt darauf nacb Limeri znrUck , regiert lange and gut und be- 
wabrt stets seine ritterscbaft. Ërmabnnng des dichters an die 
fttrsten seiner zeitDurmart nacbzuabmen, dânn wtkrde ibr andenkei 
nicht vergessen werden, wic man ja von Artu, Karl dem Grofie» 
and Alexander ttberall nocb reden bore. ' Scbluûworte (15998). 



499 



IV. 

LITTERARGESCHICHTLICHE BEMERKDNGEN. 

Bei vorstehender analyse des romans von Durmart le Galois 
labe ich besonders rttcksicht genommen, nichts was zur bcantwor- 
mg der litterargeschichtlichen fragen dîenen kOnnte, unbcachtot 
n laQen. Leider wird der léser sclion die spftrliclikeit und das 
umireichende der eingestrenten anspielungen bcmcrkt haben. Sic 
agen ans nicbts ûber den namen, die stellung und die lebenszeit 
les verfafiers, sie geben nns keinen anhalt znr feststellung, wo, ftkr 
ven nnd wann das gedicbt vecfaût ist. Es kônncn daher auch die 
lachstehenden bemerkungen nur weniges und unbofriedigendes bieteu, 
ramàl ich von der einschlftglichen lîtteratur, litterargeschicbten so- 
irohl wie texte an meinem gegenwartigen provisorischen aufenthalt 
10 gat wie nichts vorfand, also auf die wenigen von mir mitgebrach- 
ton bflcher beschrftnkt war. 

Was znnftchst den autor anlangt, so ist, wie gesagt, desscn 
maie weder im gedicbt noch in eîncr Uberschrift in der einzigon 
hindschrift ûberliefert, die ilberschrift feblt vielmchr gftnzlich, und 
die schluGschrift giebt nicbts als den einfachen titel des romans. 
MOglich, da& ein glUcklicher zufall uns wie bei dem Partenopc de 
Blois durch eine anspielung in einem andern gedichte den autor 
QBth&Ut. Auch der roman von Partenope de Bloi wurde ja als 
anonymes werk von Crapelet berausgegeben , da in keiner der vicr 
ihm bekannten nnd auch in keiner (}er drêi weiteren oben (II, 19) 
dtîerten, der autor genannt wird; aber wenige jabre darauf fand 
neh in des anglonormannen Denis Pyramus Vie de S. Edmund le 
ni, die angabe, daû er verfalier eines Roman de Partenope sei; 
■il welchem grund danti dièse angabe auf den uns erhaltnen roman 
de Partenope, der mebrere verfafier haben kônnte , bezogen ist, ist 
Uer nicht der ort zu untersuchen. 

Môglich ist ferner, daQ andere bss. unsercs gedicbts aufgefun- 
te werdeh, und daû dièse uns den namen des autors offenbaren; 
Vioh das ist ja eine im mittelalter gewôhnliche erscbeinung. Icb 
^rionere hier nur an den romans des Loberains, dessen haupttbeil, 
AVr Yon vier handscbriften dem Jean de Flagy zugescbrieben wird, 
^ aUen andern feblt jede erwilhnung eines autors. Auch hier ist 
^ilich und zwar in erbôhtem grade die so bczeugte antorscbaft 
^t grofter vorsicht aufzunebmen. Ich werde anderweitig nacbweisen, 
^ jene vier handscbriften aber auch nur jenc allerdings das werk 

32* 



600 

Jeans de Flagy enthalten, dafi dièses aber nnr eine leicbte ûberar- 
beitnng der recension ist, welche nns die andern handschriften mebr 
Oder wenig getren erhalten haben. Ffir ansern Durmart habe ich wenig 
hoffnang, weder aaf die eine nocb anf die andere mOglichkeit f&r 
entdecknng des antors, denn die zahl der anbekannten gedichte 
and der anbekannten bandschriften, wenigstens solchen amfangs, ist 
lient zu tag nach vielseitigen nacbforscbongen anf altfranzôsiscfaoii 
gebiet sehr gering anznscblagen. Denn es sind wenige bibliotheken 
Yon bedentnng, die nicht wenigstens flftchtig von romanisten besncht 
sind, oder von deren handscbriftlichen schfttzen niemand knnde 
h&tte. Icb selbst habe eine betrftchtliche anz^l von biblioihekei 
besncht, nirgends aber eine spnr von onserem Dnrmart gefnndeo. 

Lassen wir aber das anf sich bemhen, so entsteht eine andere 
frage n&mlich die: Ist ffir den Roman de Dormart le Galois ein 
antor im eigentlichen sinne des wortes anznnehmen, oder babeo 
wir, wie bei den meisten gedichten der Karlssage es znnftchst mit 
einem blosen fiberarbeiter zu thnn, hinter dessen werk in schatten- 
haften umrissen ein oder mehrere &ltere litterarische vorlagen und 
schlieGlich die volkssage erscheinen? 

Ich glaube, daG schon im allgemeinen die ansicht zutrift, 
welche die gedichte, die dem sagenkreis von Artns angehOren, ali 
knnstepen bezeichnet, denen also der stempel der individnalitlt 
eines bestimmten dichters unverkennbar aafgedmckt ist. Der dicb' 
ter eines Artusromans kann and wird sicherlicli eine vorlage ge- 
habt haben; da der inhalt derselben aber seinem zahôrer ondles^ 
kreis fern stand, da er nicht der lebendigen heimischen sage aoge- 
hôrte, so steht der dichter seinem stoff nnabh&ngig gegenfiber, j* 
ist genôthigt ihn nach dem geschmack des pnblikams amzawandclo. 
In der volkssage war der dichter von anfang an gebonden, sowoU 
weil er selbst sich von seinen jagenderinnerangen nicht losmachen 
konnte, als auch, wenn er es gewollt h&tte, bei seinem paUikiui 
auf entschiedenen widerspruch gestoGen ware. Dieser nmstand tf' 
klârt auch, wie die heimische Karlssage sich so schnell von dei 
phantastischen ûberspannten abenteuergedichten tlber Artns nui 
seine ritter hatte verdrângen lassen. Es war die zeit gekommeOi 
wo das individaum sich aas der masse hervorzoarbeiten begasHi 
wo der dichter seine schôpferische kraft zeigen woUte und diesnckt 
nach neuigkeiten im litterarischen publikam aufkam. 

Daû es freilich mit der unabh&ngigkeit and individnellen 
schôpferkraft des dichters noch sehr schwacb besteUt war, liegt n^ 



501 

• 

der hand nnd schon die parallèle ausbilduog der beiden sagenkreise, 
die vielen analoga, welche die charakterîstik von Artns and Karl 
imd die ibrer respectiven begleiter bieten , zeigen , welchen groûen 
einflnft die heimiscbe sage auf die von der fremde her eingefûhrte 
ftbte. Aber anch die einzelnen dichter waren im entlehnen von 
episoden ans anderen werken fthnlicher art oder gar in kaom ver- 
niUeiertem plagieren nicht im mindesten zaghaft. Ein solcbes pla- 
pi^ mit geringen neuen znthaten, liegt in der mehr denn zu viel 
mid za vorortbeilsvoll discutîerten frage fiber das verbftltnis von 
Qinot zu Cbrestien de Troies vor. Ein beispiel von entlehnen and 
iidibilden des grandgedankens and vieler einzelnheiten ans Chre- 
itimis Parzival so wie ans seinen ûbrigen werken bietet derFergus, 
fie Martin in seiner kttrzlich erscbieneneu ausgabe deatlich nach- 
geviesen bat. Ganz fthnlich wOrde sich das auch ans anserem 
roman nachweisen lassen. 

Martin meint, daû der ebenfalls anonyme verfasser desFergns 
die fobel seines gedichtes selbstândig erfunden babe, and dafi seiner 
«udrûcklichen angabe »en escrit trove rai« (110, â4) kein glaaben 
m schenken sei. Der grand, welchen er dafttr anfOhrt, dafi eine 
sage von Fergas nirgends bezeagt ist, scheint mir nicht hinreichend 
UA einem dichter des dreizehnten jahrhnnderts, wie viel aach immer 
er sich fthnlichen gedichten angelehnt, die schôpferkraft znzngestehen, 
ivelche zur erfindang desFergus nôthigwar. Wie viel von celtischer 
iige ist ans in zaverlftssigen qaellen erhalten, and sind dië stadien 
tber mittelalterliche sagenstoffe wirklich so *weit gediehen , um mit 
^ii%er gewiûheit das nicht vorhandensein einer Fergassage zu be- 
bwipten? Fur mich ist das gedicht Uber Fergus ein beweis, dafi 
eine solche sage existiert bat, môglich, daG sie verloren, môglich 
femer ja im hohen grade wahrscheinlich, daû sie ans in dem ge- 
didit arg entstellt ist. 

Ich habe mich langer bei diesen fragen aafgehalten, we^lsle 
dienfalls bei anserem roman von Durmart aafgeworfen werden kônnen. 
Die aatorscbaft eine» bestimmten dichters ist bei dem roman von 
Onrmart anverkennbar. 

Dafftr spricht, die deatlich hervortretende moralische tendenz, 
die strenge geschloGenheit and fein durchgefûhrte gliederung, von 
wdcher weiter anten die rede sein wird. Ëbenso aber scheint mir 
dtt vorhandensein einer sage von Dnrmart and deren benutzang 
durch anseren dichter nach den wiederholten and deatlichen an- 
Bpielnngen desselben daraaf (964, 1750, 3665, 3699, 3734, 4438, 
«W6, 8926, 12706, 15064, 15972) nicht za bezweifeln, obwohl mir 



502 

• 

wenigstens keine solche bekannt ist. Welcher art die Yorlage war, 
ist schwer festzustellen. Die namen contes and matere, mit welchen 
der dichter aie bezeichnet, erlauben keinen sichern sdilafi, 

DaG jedoch uuser dichter sich seiner Yorlage sehr frei gegen- 
ttber stellte, da(S er vielfach andere sagenstoffe herbeizog oder epi- 
soden nachbildete, daG er seine einfache vorlage za einem gedicht 
von 16000 verseu ausdehnte und vielfach fUr seine zwecke umge- 
staltete, dafttr liegen viele kennzeichen vor. Die entlehnungeD, 
welcbe unser dichter besonders ausChrestiens gedichten genommen, 
sind zahlreich. Leider kann ich sie ans mangel der texte im ein- 
zelnen nicht nachweisen. Ich erinnere daher nnr an den kampf 
um den sperber im Ërcc, welchem der kampf am den sperberldes 
in der wiese von Landoc 2313 ff. entspricht, and an welchen aach 
das pfingstfest im Lais da Graelant (Poésies de Marie de France 
p. p. Roquefort, b. I) anklingt, an welchem Artas seine fraa anf eio» 
estrade allen seinen rittern unverhttUt zur schaa stellt, am ihie 
scliônheit bewundern zu lassen. Femer findet sich die entfohnmg 
der kônigin Ginevra durch Morois and der zweikampf Darmiits 
mit Gladaiii le Vert an Artus hoftag in Glastingesbieres (4185 1 
9996 ff.) im eingang des Romans du chevalier a la charette wieder, 
nur daG dort beide episoden in eine einzige znsammengezogen sind. 
Der geffthrliche stuhl, auf welchen sich Darmars im palast des kOnigi 
Arta setzt, bat sein Analogon in dem gef&hrlichen bett des GoBte 
del Graal , in welches sich Gawains legt (Holland Chrestiens v<n 
Troies p. 202) das wander des lichterbaumes mit dem kind daraii 
1507 und 1555 erblickt auch Gawains (ib. p. 204) and so liefien 
sich noch viele zttge sammeln, welcbe anser dichter ans anden 
dichtuugen entlehnt haben kann. 

Bemerkenswerth sind die anspielungen , welcbe der dichter 
Geogeuant bel aufzâhlung der artusritter in den mnnd legt. Gavaios 
wird da kurzweg als «li fiers» (8410) bezeichnet, Ywains bat le coer 
plain'de bonté (8427). Lancelos bat lauter jange leate zagefâbrteOi 
von Perceval sagt er (8447 ff.): 

Qui molt est plains de grant vallance 
Cil quiert le graal et la lance 
Dont je ne vos sai dire rien, 
Mais Perceval conc|B je bien. 

Erec der sage stammt aus kOniglicher famille. 

Il prist une povre pucele 

Por ce qu'il le vit jone et bêle. 

Kr ist aach reich and sohn eines bertthmten kônigs. Von Ke and 



503 

3 de Ronge-Mont wird nichts bezeichnendes gemeldet. Gifles 
M)hn des Do von Garduel n'aime pas vilain orgnel (8500) Tri- 
endlich qui onques ne rist (8512) ist herr vieler burgen and 
tichtiger ritter. 

Mais trop est fiers et orgilloz, 

Certes, si foist bien entechies, 

Par tôt le mont fuist resoingnies. 

Biches hom est et bien meubles, 

n deust todis estre armes; 

Car il ne vaut s^a armes non. 

Maint home Tont trove félon, 

Mais de ce le tien je a sage, 

Qu'il ne mostre pas son outrage. 

S'il ne voit molt bien sou affaire 

A quel chief il en pora traire. 
^ufier den zunâchst liegenden entlehnungen ans den ûbrigen 
iten des Artnskreises hat unsèr dichter aber offenbar manches 
ans den beiden andern groQen sagenkreisen entnommen, wie er 
3h in den schluûversen ausdrttcklich darauf aufmerksam macht. 
Larlssage kônnte wohl den kreu/zug Burmarts zur befreiung 
veranlaût haben und fttr seine kenntnis der Alexandersage 
it eine anspielung auf den schimpflichen tod des Darius (vgl. 
imerk. zu 8166). Fur weniger deutliche fthnlichkeiten mit 
Q und jenem gedichte irgeud welches sagenkreises siehe die 
AuGer den entlehnungen aus epischen gedichtcn fûhrt unser 
ir eine reihe allgemeiner sentenzen und sprichwôrter an, welche 
n schluG dièses abschnittes zusammenstelle , da sie, soweit sie 
vom dichter selbst herrûhren, gerade zur ermittlnng seiner 
n betrftchtlich beitragen. Zwei mal werden solche lebensregeln 
ticklich einem uugenannten gewâbrsmann zugeschrieben. 

1) Li auctors tesmoigne et retrait, 
Que bons chevaliers entresait 

Puet plus faire, c'om ne puet croire. (5553 ff.) 

2) Cis auctors dist en son lengage, 
C'om doit bien doter et cremir 
Chose dont enuis puet venir. (12676 ff.) 

beiden fftllen derselbe gewâhrsmann gemeint ist, und welcher 
ich noch nicht feststell^n kônnen, doch môchte ich auf eine 
in Dante aufmerksam machen, die ganz âbnlich klingt und 
leicher grundquelle geflossen sein mag. Yirgil sagt Inferuo II, 
zu Dante: 

Temer si dee di sole quelle cose, 
C'hanno potenza di fare altrui maie; 



504 

Deir altre no, cbe non son paortMe. 
Man beacbte andi im zweiten beispiel die worte en wa lengage, 
wekhe anf eine nichtfranzOsische also wohl lateinische qoelle ge- 
deatet werden kônnen. Ein drittes mal v. 15896 wird SavechoDS 
(Sauvages) namhaft angefahrt (s. die anmerkong zn v. 15896). 

Za ail diesen mehr oder weniger wahrscheinlichen entlehnongeD 
kônnte man noch eine andere rechnen, welche onser dicbter ms 
der lebensgeschichte eines trobador gemacht habea mttftte. Von 
allen einzelheiten des gedidites ist offenbar die berrorstecbeDdste 
and sdieinbar originellste die nacb Josepbents ansicbt nabezn hb- 
sinnige liebe Dnnnarts za der kônigin Yon Irland, die er nie ge- 
seben and von der er nicht weiû, wo sie wohnt, noeb wie sie beifit, 
die er vielmebr nnr von einem etwas mjstiscb sprecbenden pilger 
batte preisen bôren. Dièse liebe bildet dcn knoten der verwiddug 
des ganzen gedicbts. In keinem gedicbt des nrittelalters ist die 
excentricit&t der liebe, so weit icb wenigstens weiG, derart ansge* 
bildet. Wir baben wobl den fall , daG dnrcb die kftnste einer ter- 
liebten fee ein jnnger ritter obne es selbst za wissen wie in m 
fremdes land and an ihre seite gefftbrt wird, à&ù er geloben vaâ 
eine gewisse zeit lang ibren anblick nicbt za yerlangen oder wie 
im Lais de Lanval, im Lais de Graelant (Poésies de Marie de Fnoee 
p.p. Roqaefort 1820 y. I) and im Roman der Cbastelaine deYergy 
wenigstens das gebeimnis ihrer liebe za bewahren. Von da aber 
ist es nocb weit bis dahin, daG ein jflngling mit Yollem bewnfit- 
sein aasziebt, am eine ihm bis auf den naroen and wobnort onbe- 
kannte dame, die er nie geseben, aafoisacben. 

Ein einziges ziemlich nabekommendes analogon bietet die ffir 
gescbichte aasgegebne biograpbie des trobador Jaafre Radel, deres 
anfang ich bier, nacb Mabn. Biogr. XY za vergleicbang bersetze. 
Jaufres Rudels de Blaia si fo molt gentils bom princes de BUia^ 
Et enamoret se de la comtessa de Tripol ses vezer per lo gran 
ben e per la gran cortesia qnel aozi dir de lieis als pelegrins 

qae vengron d'Antiochia e per volantat de lieis vezer el s^ 

crozet e mes se en mar per anar lieis vezer .... 

Es ist bier nicbt der ort, die historische glaabwflrdigkeit der 
provenzalischcn biographien za prQfen; docb kann von niemand 
gel&nguet werden, daG sich in dièse aafzeicbnangen, die fOr mehrere 
dichter circa 100 jabre nacb ihrem tod fallen (denn sie werden 
schwerlicb vor der mitte des dreizehnten jabrbnnderts aafgezeichnet 
sein), manche sagenhaftc zttge eingescblicben baben kOnnen, àsù 
Ofters die vermatbang nabe liegt, als seien sie aos falsch ansge- 



505 

legten andeatangen und excenirischen âuûerungen der dichter selbst 
&bridert. Die so weitverbreitete sage vom berz des geliebten, das 
seiner dame zur speise vorgesetzt wird, begegnet aafier in der 
biographie Goillem Cabestaings auf franzQsischem gebiet z. b. noch 
im Ghastelain de Coucy und im Lais d'Ignaures von Jean Reuanlt. 
Kaan nicht anch in diesem biographischen bericht Uber Jaufre Radel 
iieselbe sage in historischem kleid auftreten, welche etwas ver&n- 
iert und verschflrft in anserm gedicht und vielleicht schon in dessen 
rorlage aufbewahrt ist? Diez môchte ù'eilich die historische glaub- 
laftîgkeit der biographie aufrecht erhalten, doch haben micb seine 
rftnde nicht flberzeugen kônnen. 

Diez sieht sich nâmlich genôthigt, Jaufre Rndel zwei mal nach 
Bm heiligen land pilgern zu lassen, ein mal im jahre 1147 als 
leilnebmer an LudWigs VU kreuzzug, auf dièse reismtfeutet ein 
)d,welchesbeiMahn,Gedicbte der Troubadours n®88 yollstSldig steht, 
id worin er nach einer feurîgen lobpreisung seiner herrin abschied 
m ihr nimmt, nm nach dem heiligen lande zn ziehen, das zweite 
gU etwa im jahre 1170, wozu die lebensyerhftltnisse vonMelisende 
ehter des grafen Raimund I, in welcher Diez die gr&fin von Tri- 
ilis der biographie zu erkennen glaubt, nôthigt. Ich frage nnn: 
t 88 wahrscheinlich , daG ein ritter, nach dem er schon vor 23 
hren eine pilgerfahrt nach dem heiligen lande angetreten, bei der 
' eine geliebte zurûckgelassen halte, noch die toile idée fassen 
3nnte, ein zweites mal dahin zu ziehen, nicht um fur das heilige 
]id zu k&mpfen, sondem um eine nie gesehene dame aufzusuchen, 
i die er sich auf die berichte von pilgern hin verliebt hatte? DaQ 
in mittelalterlicher jûngling derartige abenteuerliche gedanken 
bssen und ausftthren konnte, begreift man, aber bei einem mann 
on circa fttnfzig jahren wird sich hôchstens die phantasie in dich- 
îrischen ergûfien soweit verstiegen haben, an praktische ausfûhrung 
onnte er schwerlich je gedacht haben. 

Und sind denn wirklich die anspielungen auf dièse liebe in 
aofrés gedichten so deutlich, dafi sie die biographie bestâtigen 
ittssen, daG sie nicht den anlaG zu der erfindung des romantischen 
^erichtes geliefert, vom dichter selbst aber nur als ein phantasie- 
piel betrachtet wurden , ein phantasiespiel , das er selbst ans ihm 
^kannten sagen entnommen haben kônnte? Diez bezieht zwei 
ieder Janfres auf jene phantastische liebe. In dem einen (Rayn. 
QI. ICI, M. W. I. 65, Bartschs liste 262, 2) erinnert sich der dichter 
l'on amor de lonh; daQ er seine geliebte aber noch nicht gesehen, 
ïteht nhrgends, im gegentheil deuten mehrere stellen z. b. Mas tôt 



506 

sia cnm lieys platz anf frohere gegenseitige bekanntscliaft. Abu- 
liche anspieloDgen auf eine feroe liebe kommen aach in andern 
gedichteo Jaafres vor, werden aber yod Diez anf einen Mheren 
liebeshandel bezogen. Sie bezeugen îm gegentheil, dafi Janfire mit 
demselben gedanken stets nene phantasiegpîele anstellte, and die- 
selbcn scblieûlich in dem andern Yon Diez anf diè grSfin Yon Tri- 
polis bezognen gedichte aof die spitze trieb, indem er znr ent- 
fernnng von der geliebten ancb die bisberige nnbekanntscbaft mit 
derselben binznfflgte. 

Das gedicbt ist abgedrnckt bel Rayn. m. 97 nnd M. W. I. 64, in 
^e'' findet sich dasselbe in zwei versionen. Die eine wohl ans ^M'' 
entlehnt besteht ans nar 4 stropben (1, 2, 4, 6 der dmcke) die 
andere ans oiner verlomen bs. ebemals in Plàs besitz, besteht zwar 
aus 6 strogben und geleit, weicbt aber im texte stark ab. Icb wiil 
dièse noch nnbekannte version daher bierher setzen, getrcu, wie der 
text der bs. ,,e'' sie bietet: zunâchst die darauf bezftgliche note Plàs: 
Qaesta canzone di quattro sestine vien anche riportata dal Bastero 
nella sua Crnsca Provenzale alla p. 119. Nel mio Codice pero i 
legge la stessa in sei sestine, quasi che fosse stata rifatta ed aocres- 
ciuta d^altra mano con moite varianti .... (s. 195) 

1) No sap chantar qui'l so non di, 
Ni vers trobar, qui'ls motz non fà, 
Ni conois de rima co^s vk, 

Si raz6 non enten ensî. 

Mai lo mieiiB chantars comens^ aisi, 

Con plus Taudiretz, mais valrk. 

2) Nulls bom no^e meravill de mi, 
Sieu ara so, que ia no*m veirk, 
Quel cor ioi d'autr* amor non k 
Mai d'aissella, que anc non vi; 
Ni per nuill ioi aitan non ri, 

E no sai, c'als bes men venrk. 

3) Colp de ioi mi fer, que m'ausl, 
£ ponha d'amor, que'm sostrà 
La carn, don lo cors magrira. 
£t anc mai tan greu no'm feri, 
Ni per nuill colp tan non langui; 
Car no covè, ni non s'esck. 

4) Anc tan soven no m^adurmi, 
MoB esperitz tost non fos Ik; 

♦ 
Str. 1, 5 hat eine silbe zu viel vgl. »e 1«: Perb mon chante. >• 
2, 2 ygl. »e 1«: que non veirai ik. 4, 1 vgl. »e 1«: tan snau. 



• 507 

Ni tan d*ira non ac de Bk, 
Mo8 cors ades non fos aqui. 
E can mi reisit lo mati, 
Totz mos boB sabers mi desva. 

5) Ben sai, c*anc de lieis no'm iauzi, 
Ni ià de mi no's iauzirà, 

Ni per son amie no'm tenrà, 
Ni coven no'm farh, de si. 
Ane no*m dis ver, ni no'm menti ; 
Ni no sai, si ik mi veirà. 

6) Bos es lo vers; anc no i failli, 
Si tôt so, que i es, ben esta: 
Ë sel, que de mi Tapenrk, 
Gart nol franha, ni nol pessi. 
Ë vueill Tavia en Caersi 

En Bertrams el Coms en Tolzk 

7) Bos es lo vers, e faràn hi 

Calque re, don hom chantark. ^ 

Die zweite strophe ist die, auf die es hauptsftchlîch aDkommt. 
hr ganze zusammenhang des gedichtes aber, die gekilnstelten rede- 
'eisen and die vokalreime zu deren getreuer bewahrung der dich- 
^ den sânger, der sein gedicht lerne, ermahnt, widerstelien einer 
^ellen au^assnng seines gestândnisses, das vielmehr eine poetiscbe 
^ion darstellt und der biographie das material zu dem erw&hnten 
)richte lieferte. 

Wie dem auch sei, es kônnte leicht unser dichter, sei es direkt 
ier indirekt den zug von Durmarts romantischer liebe der an 
iufres namen mit reclit oder unreclit gehefteten geschîchte ent- 
>mmen haben, nur batte er ihn dann in freiester weise behandelt. 
er jange Dnrmars, der vor eifer brannte, seine jugendsUnde zu 
Ihnen, muûte der aufforderung des mjstischen pilgers die schône 
Ônigin von Irland aufzusuchen, folge leisten, weniger aus wirk- 
Bh schwarmerischer liebe, als aus durst nach ritterabenteuern. Leicht 
fttte aber dièse romautische liebe, wenn auf harte proben gestellt, 
rkalten kônnen, unser dichter lâGt daher unseren helden wenige 
ige nach seinem aufbruch von hanse, mit seiner unbekannten ge- 
cbten znsammentreffen, ihre neigung durch wackeren ritterdienst 
ïwerben, sie dann verlieren und nun erst vernehmen, daG er mit 
^«m gegenstand seiner wttnsche mehrere tage zusammen verbracht 

* 
5, 5 u. 6 bilden in »e 1« die schluûverse von str. 1. 6, 5 ûbersetzt 
^ avia mit abbia er hfttte auia schreiben sollen; vgl. »e 1«: Car si 
«««on e C. 6, 6 vgl. »e 1«: Lo coms de Toisa Tentendrlu 



508 ' 

babe. DaG er jetzt mit neaem eîter aile abenlcner mnâ gebhren 
bi» za ihrcm endlicben wieder-aoffinden ond zn seiner ebelidieB 
verbindang mit ibr besteht, ist natflrlicli. Es ist fireilkh nkht ncher 
aaszumachen, ob uoserem dichter die ehre dieser f^acklicfaen io- 
dcroDgen zakommt, dem nachternen, ftberall anf wahrscfaeinlidt- 
machen der Torg&nge ansgebenden geist, den das ganze gedlcbi 
verrfttb, cntsprechen dieselben aber io liohem grade. 

Nacbdem icb die ab&6ang nnseres Dunnart dmth einen be- 
stimmten dicbter nnd dessen verhâltDis za seinen qndleo, so weit 
es mir mOglicb, angedeutet babe, wftre es angemesseD, einiges flbff 
seine lebensverbftltnisse za sagen. Wie scbon bemerkt^ ist dsrflber 
nichts bestimmtes im gedicbt angegeben. Da(S er ein dicbter toi 
profession gewesen, scbeint wabrscheinlicb , aas deo ôfteren Uaga 
ftber den geiz der grofien gegen dieselben, and die rllbmende he^ 
vorhebang der freigebigkeit Dnrmarts, Ton dem Li bon ménestrel 
de baat pris Orent palefrois et ronds Et beaz joeaz et bons de- 
niers (15131 — 33) nnd das scbnell and obne zaadem. Bezeidineod^ 
sind anch die voranfgehenden verse, wo er der ebre, welche n 
Dnrmarts zeit dichter nnd sftnger genossen, die brotlosigkeit der- 
selben zu seinen lebzeiten entgegenstellt ânddabei aacb einigehMc 
gegen seine coliegen aastheilt. Die einen yerlangen gaben, indoi^ 
sic sich als hofsânger aasgeben, andre ziehen von tamier za tnrnier, 
die einen abmen den sot-sage nach, die andlsm macben die hOflis- 
ge und sprechen von liebe in nnsinniger weise. Wer eiu boch 
nacbznmacben, zn plagiieren wisse, verlange gleicb ein pracbtge- 
wand dafûr. 

Za diesen andeutnngen kdnnen wir noch die fQgen , da6 noser 
dicbter ein gâter rômischer katbolik war; das gebt ans mehreren 
stellen des gedicbtes bervor, z. b.: 

A Rome, ce sachies sens dote, 

Est li chies de vostre loi tote, 

Dont est ce li plus bauz voiages 

Et li plus bauz pèlerinages 

Qui soit nul lieu, c'est ventes 

Fors en la terre u deus fu nez (15611—16). 
Freilich rUgt er ancb indirekt die seiner zeit so bftafige anntte, dit 
religion mit der politik za vermiscben, indem er den angetreoei 
vasallen Nogant seine lebnsherrin Fenise bei Artas der ketseiei 
bescbnldigen l&fit, in der absicht, sie ans ibrem erbe za verdrftnges. 
Fttr welcben fttrsten nnser dicbter sein werk abge&fit, ist qb- 



509 

bekannt; nnr muQ derselbe sehr fromm nnd moralisch gewesen sein, 
diabgesehen von dcr jagendliebe Dormarts, der ûberdies ftuGerst 
delikat behandeltcn scène im wald, wo Fenise and Dnrmart dnrch 
drei kttsse erweckt, nnd den sp&Gen der Artasrittcr vor der boch- 
KHt keine einzige stelle an die unmoralit&t der verwandten gedichte 
erinnert. 

Dièse moralische tendenz, verschiedene anspielangen and klagen 
Iber verfall des ritterthoms, die wahrscheinlicbe entlehnang des 
Jaafrescben liebesabentheaers , die ftafierong (15939—46), daG von 
Âtto, Karl dem GroGen and Alexander fiberall gesangen and erzfthlt 
«ird, bieten abgeseben von den schlUssen, seiche sprache and metrik 
Befem werden, den einzigen anbalt, am die abfaGangszeit des ge- 
tfcbts etwa in die erste hftlfte des 13 jabrhanderts za setzen. 
Der ab&fiangsort «kann lediglich ans spracblichen beobachtangen 
^immt werden, was im n^chsten abschnitt gescheben wird. EUer 
loch einige bemerkangen ûber den litterarischen werth anseres 
ledichtes. 

Um die stellang, welche anser denkmal in der litteratarge- 
chichte einnebmen wird, za ermitteln, bedûrfte es einer genaaen 
eigleicbang mit den gedichten verwandten inbalts, in bezag aaf 
andenz, disposition nnd aasfohrang. £ine solche anzastellen, mangelt 
lir zeit and material. Aaf die tendenz des gedicbtes, welcbe sich 
un als die vei*sôbnang des mittelalterlichen ritterthams mit der 
hristlichen moral bezeichnen Iftût, habe kh schon aafînerksam ge- 
nacht. Dièse findet sich etwa den Percheval aasgenommen, in keinem 
Ler mir bekannten Artasgedichte, aacb nicht in solchen, welcbe 
rie Partenopeas dem sagenkreis nahe treten. Sie zeichnet also 

a 

UKser gedicht ans and sichert ibm einen wichtigen platz in der 
itteratnrgeschichte. 

In gleicber weise bemerkenswerth ist die disposition des stoffes, 
wekhe sich der dichter entworfeu bat. FUnf abscbnitte sind es, in 
velche anser gedicbt deatlich zerfâllt; doch habe ich, am nicht von 
ier handsdiriftlichen Uberlieferang abzaweichen, anterlafien diesel- 
Den im text kenntlich za machen, obwobl der dichter selbst 
lieselben anverkennbar angedentet bat Die eigentiiche erz&h- 
Ang omfafit die drei mittleren absch'nitte and wird dnrch einen 
sioleitenden and einen abschlieGenden abschnitt vervollstftndigt. Die 
ùgentliche handlang amfaGt ein jahr, die jngend Dnrmarts wird in 
lor einleitang, das sp&tere leben im schlaû berichtet. Die drei 



510 

mittleren abschnitte schildern die zeit des kampfes and der prûfang 
anseres helden, die beiden âafieren die des rahigen gennOes, des 
naiven wie des wohlerworbnen. 

Der verlust der unschuld , das ringeu die begangnen febler zu 
sQhnen und der rubmesglanz nacb erworbnem sieg, das ist derklar 
hervortretende ideengang des gedichtes. Das sachen nach der 
kônigin von Irland, nach einer Durmarts wQrdigeren liebe, zerfôllt, 
wie ich schon bemerkt, selbst wieder in drei abschnitte, erstes nn- 
bewuIStes aaffinden, verlust and neaes sachen, and bewalStes wieder- 
anfônden derselben. Auch hierin IftGt sich Isine allgemeine ethische 
ideenentwicklang nicht verkenncn und die steigerung der nach und 
nach geschilderten scenen ist eîne darchaus kanstgerechte. 

Die disposition lûfit sich noch weiter bis ins kleinste verfolgen^ 
kOnnen wir doch im dritten abschnitt selbst wieder zwei unterab- 
theilungen anterscheiden. Die erste abtheilang am£aiSt Durmarts 
aofnahme bei Bran de Branlande, seinen kampf mit Bran tob 
Morois zur bcfreinng der kôniji^in, seine besiegang von Greoreas 
und dessen gef^hrten, seinen aufenthalt im zehnjangfrauen-schlofi 
und den triumph, welchen er bei dem zwéitdgigen tarnier zwisdien 
Roche-Lande und Blanches*Mores davon trug. Die zweite abtheilang 
ist durch einen zeitranm von mehr denn vier monaten von der 
ersten getrennt, sie beginnt mit einer zweiten und glftnzenden anf- 
nahme Durmarts bei Brun de Branlande, an die sich eine nœh 
glftnzendere am hofe des kônig Artu schlieGt, bei der Dnrmais 
durch die probe des zanberstuhles und im zweikampf mit Gladain 
le Vert gelegenheit liât, seine tapferkeit und ritterlichkeit vpr der 
ganzen tafelrnnde zu erweisen. Damit ist das ende der prfifnngen 
gekommen. Der nunmehr allseitîg als wackcrer kâropè anerkannte 
Durmars bat seine jugendsttude getiigt und ist des preîses seiner 
ritterthaten, des besitzes der geliebten wûrdig. Der vierte abschnitt 
fûhrt ilm wirklich auf die spur derselben, doch maù er, am in deo 
besitz seiner dame zu kommen, noch harte kâmpfe gegen ihrefeinde 
und selbst gegen die durch falsche vorspiegelungen lierbeigerofiDcn 
Artusritter bestehen. Ër erhâlt dann aus Artos hand die krone 
und seine geliebte. Der glttckliche besitz darf aber den menschen 
nicht der immer fortgesetzten th&tigkeit ûberhebeu und neben dem 
irdischen wohlergehen, darf er nie das heil der seele und das wohl 
der kirche vergessen, das darzulegen, dient die fQnfte abtheilung. 

Wer bemerkt nicht die mathematische genaaigkeit, die fort- 



511 

w&hrende gleichm&ûige steigerung bis z 
wachsen der gefahren and der ans i 
ehren, welcbe Durmart entgegentreten 
nicht génug, der dichter hat sorge get 
eignisse genau abzagrânzen, die baui 
jahr in ansprucii und wir kOnnen hiei 
eignisse fixieren. 

Der ritterschlag Durmarts erfolgt z 
gelangt er nach Irland, trifft ohne si( 
besiegt ani folgenden tag Cardroain, zieh 
und gelangt einen tag sp&ter in das ro 
er dort, iim seine wunde zu beilen, an 
den Rotbcn und ûbemacbtet bel Bran 
findet der zweikampf mit firun von Mo 
nacht bei einem einsiedler, einc andcr 
eine dritte aaf dem meere, eine viert( 
gende tag ist ein Freitag, am abend 
sehnjuugfraaen-scbloiSundbleibt dort bis! 
ist das tumier, bis Donnerstag darauf 
and irrt dann mehr denn vier monate 
finden. SchlietSlich kommt er wieder 2 
tags darauf nach Glastingebieres an Ar 
nacktsvorabend. Am weihnachtsfest kâ 
wieder groQer zwischenraum. Etwa eir 
langt er nach -dem mûhlenschloB, und s 
Pfingstfeste statt. 

Dièse pr&cision der zeitbestimmung 
iu der uns ûberlieferten gestalt des gec 
Mehr denn vier monate vom weihnac 
geben anfang bis mittc August, und d 
drflcklicber angabe (921) in die ersten 
zwischenzeit aber, welche das gedicht 
minen ergiebt, betrâgt hôchstens vier, \ 
wochen. Um ferner den Freitag, an we 
veriiel^, mit den frûheren zeitbestimmn: 
bleiben nar conjecturen ttbrig, denn i( 
wortlaut der angaben nach nur zwci ' 
80 daiS Darmarts aufbruch von Roche-Br 
Ich weïù nur eine wahl, die zahl der 
verringem and die nacht bei dem eins 
La Garde zu streichen, beide sind nw 




512 

kOnnen sogar als entotellangen nnd interpolationen angesehen we^ 
den. Aach die yier monate, welche Darmars nach seioem tarme^ 
siég hcramirrte , laGen sich leicht in secfas ftndern and dann lllt 
die zeitbcstiromang and aafeinanderfolge der thatsadien an prftdsioi 
nichts vermissen. Aber anch schon ohne dièse hentellong, wîri 
schwerlich ein anderes Artnsgedicfat nnd noch weniger eînei 
der andern sagenkreise eine fthnlicbe fein entworfne nnd streng 
dtirchgefilhrte disposition nnd zeiteintheilong bieten. 

Was nnn scblieGlich die ansfilbrang des i^nes, den poetisdwi 
wertb des gedicbtes anlangt, so l&ût dièse ja allerdings besonden 
far nnsem geschmack viel zn wQnscben ftbrig, nnd idi weiB nîck^ 
ob der znversicbtliche ansspmch dicbters: 

Mainte gent le prisent et loent 

Et molt Tolentiers dire Toent 

wirklich ein nrtbeil seiner zeitgenoGen enthâlt nnd nicbt TidiMlr 
einen frommen wnnsch des antors. Was mir dièse yermnthoDgtrf* 
drftngt, ist einerseits das vollstândige schweigen der zettgenôssbelMi 
litteratnr aber den Roman de Dnrmart (bisher wenigstens ist wete 
mir nocb anderen in altfranzGsischer litteratnr beininderten fre» 
den eine notiz davon anfgestoGen), als ancb die vollkommne isoliert' 
beit desselben, welche nicbt sehr fâr einen weitTerbreiteten beitl 
der moraliscben gescbmacksricbtnng in derartigen ritterromntf 
spricbt, ferner der nmstand, daG wir nnr eine einzige bandseUl 
davon erhalten baben. 

Die et was allznbreite ansfûbmng, das gefiallen an stereotjpei 
seelenstimmnngen der liebenden, die sncbt nacb verflacbnng mi 
wabrscbeinlicbkeitmachnng nnwabrscbeinlicher abentener, der gtttf 
etwas allzn berecbnende prosaiscbe ton, welcber das gedicht dnRb* 
klingt sind offenbar keine allzn gro(Sen vorzûge des gedicbtes. Bi* 
zelne facta sind anGerdem nicbt recbt vermittelt in den zosammeS' 
bang gefttgt. Das erscbeinen nnd die mystiscben worte des pilgen^ 
welcber Dnrmart anffordert, die kônigin von Irland anfznsnchen, dit 
hilfe, welche Dnrmart dabei der jagdhnnd des ersten von ibm tb»* 
wnndenen ritters leisten soll, die sonderbare nnkenntnis, wdehi 
aile irlftndiscben ritter, die Dnrmars befrftgt, aber die kOnigin k* 
Irland (wenn ancb nnr eines betrâcbtlichjBn tbeiles desselben) be- 
knnden, die nnwahrscbeinlicbkeit schlieGlicb, daG ein jflngling toi 
nocb nicht zwanzig jabren solche ritterthaten nnd in so knrzeriat 
ansfahren, die besten nnd erprobtesten helden fiberwinden kini 
dièse nmstftnde nnd nocb mancber andere sind offenbare schwadie 



513 

Mten des gedichts. Aber sind das fehler, welche unser gedicht 
aOein aafweist, fur welche also sein verfaGer verantwortlich gemacht 
«IffdeD kann? Weisen nicht aile anderen gedichte der zeit die- 
selben unserem faeatigen geschmack misfallenden nachliiGigkeiten 
■lehr oder weniger stark hervortretend auf? 

Die weitschweifigkeit oder vielmehr die redseligkeit ist freilich 
M nnserem dichter besonders entwiekelt und er ist sich selbst durch 
immer wiederkehrende selbstermabnuiigen zur kûrzc, derselben be- 
imt (dièse ermahnungen sind auBerdem aber ein poetischer kunst- 
griff, der spftrlicber verwandt auch sonst begegnet und die aufmerk- 
ùkeit der bôrer oder léser aufrecbt erhalten soU); doch feblt es nicht 
n noch viel langathmigeren gedichten dièses und anderer sagenkreise, 
idi erwâhne hier nur des noch gânzlich unbekannten Romans de 
Sono de Nansay (nicht Lone de Nansay wie Passini im catalog der 
loriner bss. II, s. 468 druckt. Die gegenwârtige signatur der be- 
MTenden hs. ist L. I. 13), dessen umfang ich auf circa 22000 verse 
ibschatze. 

Die unwahrscheinlichkeiten, welche unser dichter sich zu schul- 
hn hat kommen lassen, verschwinden gegen die, welche andere 
jttdichte aufweisen. Wo sind in unserem gedichte, die feen und 
iesen, die zauberschlôsser, wunder und ungethûme, die den apparat 
éderer Artusromane ausmachen? Die fee bat sich in einereizende 
BBgfirftalichekônigin, die riesen haben sich in pilger, raubritter oder 
âglinge, wie Nogans, die zauberschlôsser in einfache, an gûnstigen or- 
en angelegte burgen verwandelt, die wunder sind bis auf den zauber- 
tuhl in Artus palast und die vision des lichterbaumes verschwunden, 
■on nngethûmen ist nirgends mehr die rede, ttberall springt aber die 
analogie mit den phantasiegestalten der frUheren romane in die 
uigen. Man kann behaupten, dalS fur mittelalterliche léser dièse 
Tstematische vermenschlichung und verwahrscheinlichung einen ver- 
Qst an poetischen reiz mitfûhrte, wird aber zugesteben, daQ die 
Mtrebangen des dichters in dieser richtung dem litterarhistoriker 
m hohen grade anerkennenswerth erscheinen mtissen; mag auch 
kmit etwas romantik verloren gegangen sein, sie deuten ein 
anilenken zu anderer und kûnstlerischer geschmacksrichtung an. . 

In der darstellnng und lebhaftigkeit der ausmalung kann unser 
gedicht, abgesehen von einigen lângen, wohl den vergleich mit den 
llbrigçn aushalteu, ein bild folgt auf das andere, jedes in sich ab- 
genmdet und scharf ausgeprftgt, die scenen wechseln bestândig und 
der dichter weiû jeder ein neues interesse zu verleihen. Scenen, 
irie die des ersten zusammentreffens der beiden geliebten im walde, 

Darmarfl 33 



514 

kOnnen dreist za den perlen der mittelalterlicben poésie g 
werden, and wenn man auch die turnierbeschreibang nnd d 
kftmpfe um Limeri kûrzer gefaOt seben môcbte, so laGen 8i( 
an klarheit and lebendigkeit nichts za wttnschen ûbrîg. 

Dazu kommt aber als grôGter vorzog die dorchdringni 
ganzen gedichtes in allen seinen einzelnen theilen von etb 
motiyen, jede einzelne rittertbat Darmarts bat eine sittlicbe 
feder, er yertbeidigt seine ehre, bilft der im stiche gelassnen 
gin, befreit den geliebten seiner pflegerin, befreit die kônig 
nevra and lôst zugleich sein ebrenwort ein, zttcbtigt die ranl 
und so weiter, nirgends eine jener iQsternen scenen, nirgend 
spur von laxer moral und wo der dichter doch aasnahmswei 
versnchung nicht widerstehen konnte, wie in der meister 
waldscene, eine so delikate und zarte andeutang deraelben, d 
nur bei zeloten anstoG erregen kann, oder eine derbe und g( 
scherzhaftigkeit, welcbe nicht im mindesten das moralische 
verletzt. Aach die unmoralische jugendiiebe des helden \f 
angemoBener weise erzâblt und biidet ilberdieQ den anlaO za 
spâteren tUchtigkeit. Nirgends aber tritt die moralisierende rii 
des dicbters so deutlich zum vorschein, aïs in der groGen 
eingestreuter sentenzen, deren meiste er ans den damais circu 
den sammlungen von moralsprUchen geschOpft haben wird, \ 
denn wirklich eine solche ausdrttcklich und zutreffend Sa^ 
beilegt, was ich schon oben bemerkt babe. Ich will hier zum i 
dièses abschnittes die kQrzeren derselben zusammenstellen ui 
lângeren citieren: 

168 . jeunes viellece despist. 

Bien va le diable chacant 
170 Vielz hom, sachies, qui prent enfant. 

183 , ja vilain n'ierent si riche, 
Que lor conseil ne soient niche. 

615 . on doit bien Tamor laissier 
Dont on ne fait fors empirier. 

639 Nus ne se doit désespérer 

Mais plus et plus al bien penser. 

643 . quant li hom dist sens et bien, 
Si ne le fait, ce ne vaut rien. 

1446 . uns avers mal entechies 
Est de mainte chose blasmes 
Dont uns cortois seroit loes. 



515 

Mains ]M>m par sa mÉlTaise teohe 
Pért bien grant cri de sa proece. 

1917 A visage de crucefiz 

Ayient li tains et li remis, 
Mais dame ne s'en doit meller, 
Ti'op est viea chose a porpenser. 

4565 Nus ne doit corocier de rien 
Ce qu'il aime de fin cuer bien. 

4853 De grant méfait doit estre i^se 
Grans veingnance u hâte amendise. 

6731 Beubans est une vainne chose, 

Nus bon[8] proudom mostrer ne Tose. 

7597 Cil tient de lui molt grant sermon, 
Cant il ne voit se mavais non; 
Mais quant il est entre les bnens, 
Adont n'est mie li plais suens, 
Ains est tos mus et tos tapis, 
Por ce qu'il ne vaut un tapis. 

7609 . les sages bien entendans 

Aiment les preus et les vaillans, 
Et les chaitives les chaitis, 
Ensi est n siècles assis. 

815J Com est riches de bial tlSesor 
Qui bons chevaliers a o lui! 

8164 . rois ne puet onor avoir, 
Se de chevaliers ne li vient. 

8175 Molt doit on riche home blâmer 
Qui chevaliers ne vuet amer 

8182 . ce n'est pas losengerie, 

S'on dist le biem,^ quant on le voit; 
Car on le doit aire par droit. 

8617 Telz i convoita del autrui 

Qui del sien ot molt grant ennui. 

9261 . de prometre sens douer 

Ne doit nus en grant pris monter. 

9307 . haus hom ne doit bonté prendre, 
S'il ne vuet le gerredon rendre. 



9669 Bons chevaliers d'armes prisies 
Doit estre molt bien entechies; 



33 



616 

Car o 1» giMii cheTalerie 

8iet molt bien la gnas eortoine. 

10399 Des buens ett li biens recordes; 
Molt est li hom preos et senes 
Qoi se trayaille por bien fiûre. 
Et tôt cil sont de yiel aflbire 
Qui pooir ont de faire bien. 
Quant en lor vies n'en font rien« 

10663 Molt doit on bien celui reprendre 
Qui se honist por ayoir prendre; 
Car, quant li avoirs est aies, 
N'est pas li blasmes oblies. 

10742 n ayient, c'ons bons chevaliers 
Raloie tos ceaz d'un pais. 

10747 Li aventure d*un seul jor 

Fait d*nn povre home un gprant saignor 
Et par un tôt seul cop, beaz sire, 
Bescout uns hom tôt un empire. 

10755 . ja bien prodom ne sera 
Qui tos péris renfusera; 
Par mi periz covient passer 
Ceaz qui vulent el pr*^ monter. 

11039 . chevaliers que veut valoir 

Doit blés a grant besoing paroir 
Et en tel point se doit mostrer, 
Qu'il i puist sa paine salver. 
Cant la proece est renomee, 
Dont est bien la paine salvee. 

11483 . en prison covient manoir 

Celui qui ne s'en puet movoir. 

11486 L'amor c'om ne puet oblier 
Et dont on ne 'm puet partir 
Doit on bien a vraie tenir. 

11499 n sunt maintes joies d'amors 

Qui grant blasme font a plusors 
Mais la joie plus onoree 
Doit estre la plus désirée. 

11537 Cant autre chause avoir n'en puis 
Al sohaidier la me desduis. 

11873 Quant a grant table a pou de gent 
Ce mesavient trop durement. 



617 

12188 . il n*e8t pas chevalien a droit 
Cil qui choTalier n'a fera 
Et qui n'a porte son escu 
U en tomoi u en bataille. 

12145 Par droit est chevaliers nomes 
Cil qni s'est as armes proves 
En tel point qu'il en soit prisies 

12151 . tôt li novel chevalier 

Doivent hautement commencier, 
Et qui n'a bon commencement 
Ses pris en vient plus lentement. 

12425 Âl grant besoing, chu est la some, 
Gonoist om Tuevre del prodome. 

12432 Telz est beubanciers et bruians, 
Quant il quide avoir le millor, 
Qni tost s'enfuiroit del estor, 
Se il le grant meschief veoit 
Ne consillier ne s'i saroit; 
Et quant telz gens quident valoir, 
On en doit grant despit avoir. 

12657 Telz [om] parchoit maint covenant 
Qui n'en mostre mie senblant. 

12671 . qui bien aime coralmeat 
Sovent se dote, que la gent 
N'en, sachent tôt le covenant. 

12825 Àl grant besoing sont esprove 
Li riche cuer plain de fierté. 

14121 Telz gaagne al commencement 
Qui puis pert al definement. 

14883 . [cil qui] fait mal autrui 

Li malz doit revertir sor lui. 

14749 . fins cuers amerous, gentiez 
Doit estre debonaife et piez, 
Cuers qui plains est de fine amor 
Ne puet estre sens grant dochor. 

14783 . qui bel service oze prendre 

Bien en doit bel guerredon rendre. 

14803 . grans désirs et fors talens 
Font trespasser raison et sens. 

14847 n avient, quant uns hom enprent 



518 

Une chose hardiement, 

Se bien Ten vient, molt es loee, 

8i Ten meschiet, ti est blasmes. 

14858 Cil doit bien avoir hant' amie 
Qai hautement Toze conqueire, 
Mais ne doit hâte ainor reqneire 
Nus hom qni deservir ne Pose. 

15121 Chascnns aime gens a son fuer, 
Selonc ce qu'il est de hait cuer, 
Li sage aiment les entendans 
Et li nice les nonsachans. 

15951 Chascuns hauz hom se doit pener, 
Qu'il pnist en tel guise finer, 
C'en doive son nom retenir; 
Cant il covient Tome finir, 

15955 Et ses nons muert ensenble o lui, 
Je conte por noient celui 

Zu diesen kilrzeren sentenzen fûge noch folgende Iftngere mo- 
ralisch-didactisclien ergûûe: vHr. l— -10, 283—298, 860—867,4332 
—40, 5155—70, 7581—96, 8836—48, 10365—90, 11523-29, 
12831—48, 13915—27, 14995—16034, 16453—62, 16478-15500, 
sowie einige ans volksthtlmliche streifende redeweisen and bilder: 

710 Idl mgptenra le règne 
Assi cmn nne ohamberiere. 

1832 A foi, fait il, mavais fus-arde, • 

Celui qui la vient s'il n'est preus. 

2464 Vos aves menti grans clochiers. 



LINGUISTISCHE BEMERKUNGEN. 

Im vorigen abschnitt haben wir gesohen, wie leider jeder 
ftuBere anhalt fttr befriedigende feststellung der abfaûnngszeit nod 
des abfafiungsortes nnseres gedichtes mangelt, wiedieentstehnngdes- 
selben nur im allgemeinen etwa in die erste hftlfte des 13 jh. gesetzt 
werden kann ; sachen wir hier nan dnrch nntersachang der laot- 
and flexionsyerh&ltnisse etwas genaueres ûber die gegend, in der 
unser dichter seine heimat hatte , festzastelleo. Es liegt aaf der 
hand, dàG wir bei dieser untersachong nicht die (Iberlieferte fonn 



519 

es gedichtes als entscheidend anseben dûrfen, dièse kann ja das 
rerk des gegenwârtigen und frttherer schreiber sein, bliebe darûber 
lOch ein zweifel, so genûgte ein blick in das inhaltsverzeicbnis der 
landscbrift in abscbnitt III deuselben za beseitigen, denn wir finden 
la werke von autoren picardischer, normannischer und burgundiscber 
lerkunft und dièse sind fast ganz in das nâmlicbe orthographiscbe 
^ewand gebttUt. Unser hauptaugenmerk wird also auf die reime 
:a ricbten sein, zu welchen als zweiter factor fur einzelne fâUe der 
lexion die élisions und biatverbâltnisse kommen. Mit diesen bilfs- 
nitteln mûûen wir dialekt und flexionsgesetze des dicbters zu er- 
ichlieGen versuchen und feststellen, welcbe verànderungen der oder 
lie scbreiber sicb erlaubt baben. 

Man soUte meinen die groBe ausdjsbnung des gedichtes, welcbes 
3000 reimpaare bietet, sollte unscbwer ein festes résultat erzielen 
a&en. Aber man weiB, wie wenige der romaniscben reime eihen 
Jticbhaltigen schluû auf die aussprache und somit auf einen be- 
itiinmten dialekt erlauben, uud wie hâufig eine betonte endung mit 
tich selbst reimt, wie wenig fernerbin bisber die unverkennbaren 
œnnzeigen der altfranzôsiscben dialekte aufgespûrt und zusammen- 
[estellt sind. Dazu kommt noch fttr micb der fast absolute mangel 
!er nôthigen hilfsmittel. Docb greifen wir der untersucbung nicbt 
or und stellen wir zunâchst die hauptsâchlicbsten facta zusammen. 

I. Zur lautlehre. a) Vokale. 

A. 1) = lat. a in position. — 2) in dans, dame und seinen ablei- 
ingen. Hier h^ es môglicberweise eine dumpfere geltung, denn dame 
3imt stets (4031, 10586, 10717 u. s. w.) mit roiame, dessen a = 
fir. au = lat al ist, was aucb die scbreibung roialmes 542 andeu- 
;t. — 3) = lat. al nfr. au in dem eben angefûhrten roiame und 
mst, docb mit al und au abwecbselnd z. b.: atre 58 (altres 234 
itre 4274) atrui 496 (autresi 320) chafoit 10458 baz 172 (halz88 
luz 4214) bateze 27 (hautece 189) mavaise 803 (malvais 406) res- 
idir 465 (resbaudir 610) sceneschaz 171 (seneschalz 203 scenes- 
laus 152) vat 10385 (valt 289 vaut 285) u. s. w. Mit nfr. au wecb- 
It es ferner in ara 637 (aurai 308) saroies4163 (saures 4507) — 4) 
= lat. ell(us), ill(us) , welche endungen mit wôrtern von 3) reimen 
b.: chevauz: auz 5493, 13733 auz: vermauz 12915 chevaz: vermaz 
$27 chevauz: solauz 8075 chauz: seneschauz 8381 loiaus: chaus 
5847, sonst werden dièse worte gewôbnlich mit ea, ia, e geschrie- 
m z.b.: eaz 380 cealz 4509 soliaz 4135 chevealz 580 cbevalz660 
levelz 110 cbastialz 1175 chastez 6112 bealz 1 bialz 1264 belz 139 
lealz 1976 juiaz 327 jovencialz 482 jovencels 970 u. s. w. — 5) = 



520 

lat. a vor einfacher consouanz wie nfr. in der endung al(is) z. b. 
emperial 864 esperital 906 loial 150 poitral 1385 roial 17. M 
diù nicht blose etymologische sclireibung ist, sondern die aussprache 
des dichters wiedergicbt, beweisen die reimwôrter: sceneschal 
149 vassal 18 u. s. w. — 6) = nfr. ai vor moailliertem 11 z. b.: 
batalle 2350 (bataille 1297) mallent 4722 (maille 1274) allois 
628; auGerdem in den endongbetonten formen von amer 23, 
in lasse 7489 (laisse 479) praeries 4318 vraement 4568 (vraiement 
11470). — 7) = nfr. ê in chane 3002 (chaîne 2139) — 8) = nfr. 
e in craalment 10562. 

j^i 1) = lat. a vor nasalen und in einigen andern fâllen. Aofier 
den auch dcni nfr. bekannten formen bemerke man: champaigne 12999 
a compaigne 2125 compaignpns 491 compaignie 392 gaaiguet 292 
sairement 4972 aive 5948 (eve 335 eave2193). In saige 166, 186 
saigement 5902 îst wohl ai bloûe schreibung, da sonst stets sage 33, 117 
sagement 841 stehen und keines der wôrter auf âge den vokal ai 
aufweist. Ëinzeln steben ebenfalls haioient 6010 neben haoit 15519 
eschais 544 (esches 373) — 2) = lat. ë ï und i in position z. b.: 
chaîne 2139 (chane 3002) desdains 132 (r. compains) enpaint 1681 
(r. remaint) fainte 1285 frain 2421 mainent 550 (mener 559) mains 
298 paine 10355 (r. certaine) plain 6745 (r. plain). 

An 1) = lat. an. — 2) = lat. en, ien z. b.: tena[n]t: estant 
759 corans: rescintelans 1279 tans: chans 369: poissans 15933 
oovenant (r. vallant) 11158 covenent (r. plainement) 5940. Auûer 
den part, prses. der e und i conjugation bat ilbertritt von lat. en 
zu an, in tans stattgefunden, d. h. es reimt nie mit worten, welche 
ersteres bieten. Das einzige covenant schwankt scheinbar zwischen 
an und en (vgl. anm. 4208). Der schreiber freilich hat das ety- 
mologische en ôfter wieder hergestellt, z. b.: tens 1476 (r. dolans), 
wie er im gegentheil in anderen worten es durch an ersetzt, wo 
der dichter en sprach z. b.: argant 2348 (r. escient) ebenso en- 
samble 4082 (ensemble 4189) an 1515, (en 1319) annuit 12084 
(ennuit 11997). 

Au 1) siehe A 3) und 4) — 2) vereinzelt = lat. au: chause 
11537 (chose 4059). 

E hat zwei verschiedene geltungen, welche nicht miteinander 
reimen, jenachdem der laut auf lat. a oder auf lat. e und i zurflck- 
geht. Ëinige ausweichungen mOfien dabei aber beracksichtigt werden. 
— 1) = lat. a z. b. : avers 158 eve 768 (s. Ai 1) ) levé 2195 sevent 7 teche 
1449 atretel: charnel 4749 ostel: el 203 u. s. w. Dazu kommen 
folgende ausweichungen : bacheler 865 (r. amer) cruel 3473 (r. ostel) 



521 

le 2051 (r. encontre) erent 1375 (r. commandèrent) ère 4061 (r. père) 
natere 566 (r. père). Zwei dieser worte zeigen aacb ie n&mlicii 
•achelier und diex, siehe le. — 2) = lat. e, i and a mit folgendem 
Qttaral: esches 373 (r. ades). — 3) = nfr. ai ist es in: het, 
eent 6145, 5344 livrcson 10509 mes 7419 (mais 38) pers 7225 
ez set 460, 2154 (seit 1) feble 2878 (floibes 1692). — 4) = nfr. 
i vor mooilliertem 11: mervelles ,(r. chandelles) 1537 (merveille 1087) 
ermelle 1927 parelle 1088 consel 474 (conseil 184). — 5) = nfr. o, 
Q anOer der tonsilbe z. b.: felenie 3593 (félonie i091) honerer 
4979 (honorer 3592) corecies 267 (corocies 426). — 6) = nfr. oi 
• b.: aver (r. recovrer) 8695 (avoir 992) vee8 4503 veausll9 (voiant 
iSl) esteles, wie statt estoiies 1514 (r. chandoillos) stehen sollte; 
lenn chandelles reimt, wie soeben (un ter 4) angegeben wnrde, 
id mervelles. — 7) = ue nfr. en: velle 7920 vêlent 7318 
ovulent 3). 

£a 1) = a, an, ia, e z. b.: bealz, cealz, eaz (s. A4) — 9) 
= lat a in eave 2193 (s. Ai). 

£i 1) == e in: chandeilles 5368 conseil 184 merveille 1087 
pougneis 13368 queil 1097 soleil 3747 veingnance 4854. — 2) = i in 
sei 4973 (si 4957). 

. En = lat. en ist auûer wenigen verlusten an an (worûber 
dort) von diesem getrennt geblieben. Auch feme hat noch nicht 
dennfr.lauta, wie der reim mit gemme 111 beweist. Manbeachte 
lias fem. dolente 3701 (r. gente) 5296 (r. tente), welches also nicht 
hm, des part, prses. dolans ist, wogegen auch schon die flexion sprechen 
^Mlrde. Die schreibung dolantc 700 ist also verwerflich. Vgl. 
Baoglente 13849 (r. entente) sanglens 4226 (r. dens) sanglent 13418 
(r. laidement). 

Eu 1) = lat. al: teuz 7581 (r. preuz) — 2) = lat. êl: crueuz 
2088 (r. prguilleuz) 2781 (r. preuz) — 3) = lat. ô tritt meist niir 
in der enduug osus eii\, und auch da ist o gewôhnlicher, und be- 
çegnet dabei ou. Vgl. 2). — 4) = lat. u: deseure9459 (r.eure) 
qaeurent 14027 (corent 4677 courent 3775). — 5) in deus 13171 
(f. fioz), wo jedoch der dichter ie sprach (siehe dort). 

I 1) = lat. ï — 2) = nfr. c 'estrine 803 (r. aati(s)ne). 3) = 
Jïfr. ei : pigne 3089. 4) = nfr. oi : ti 873 (r. li) veir (r. partir) 
8108 (veofr 8259) damisel 237 (damoisel 356) — 5) == lat. a, zu- 
<>i&menziehnng von ié veranlaût durch folgendes e z. b. irie: araisnie 
^7, Fur irfe begegnet auch iree 2444 (r. mostree), ganz wie fur 
^és auch ires vorkommt. Vgl. le 1). 

la = a, au, ea, e (s. A 4). Es sollte regelrecht sobald das 



522 

flexivische s wegf&llt sich in el auflôsen, doch begegnen: bial 506 
Bolial 3746, 8114 (bel 201 solel 8436). 

le 1) = palatal influenziertem lat a z. b.: targier 1340 (r. 
mestier) congie 1206 (r. pie). Einige der hîerbergebôrigen worte 
baben eine doppelforro auf é: z. b.: iries 11901 (r. lies) and ires 
2171 (r. crevés) pitié 2680 (r. consillie) and pite 4803 (r. mavaiste). 
Ffir pite: mavaiste liegt es nabe pitié: mavaistie zu bessern, deno 
wenn aucb 1390 malvaistes 4804 mayaiste begegnen (vgl. amiste: dine 
SOIS) nnd pites belegt ist, gerade wieires (vgl. Tobler, Aniel, s XXX 
und V 308), '80 spricbt docb ein metriscbes gesetz, daG zwei ant 
einanderfolgende verspaare nicbt denselben reim aufweisen dOrfen, 
fur die ftnderung. Die formen bacbeler nnd de (s. El)) htben 
neben sich: bachelier 7514 (r. aidier) And diex. Die schreiboogeD 
deus nnd dieu sind nicbts als orthographische schattierungen. - 
2) = lat. ë — 3) = lat. î vor 1 und v: gentiex 14235 (r. diex) 
16433 (r. ententiex) 15135 (r. bastiex) gentiez 14749 (r. piez> 
Vgl. auch liège 14540, 14633 (liges 10953). — 4) = lato: lies lOm 
(r.miex) liex 13624 (r.fiex) iex 15009 (r.miex) vielz 507 (r. mieli) 
gie 875 (r. baisie). 

leu = ie im auslaat der wôrter, welche zu den abtheilongeB 
2) — 4) von ie gehôren. dieu: lieu 5875 dieu: esquieu 13059. 

lu 1) = ie 3) und 4): fiuz 13171 (r. deus) gentiuz: giuzl049 
gentiuz: eskiuz 133 lius 1007 vint (veut) 2790 (r. siut) 2) =«: 
reciute 803 biurent 835 parciurent 394. Es ist schwer von ui n 
scbeiden. 

bat wié e zwei verschîedene geltungen, die nicbt dorch de» 
reim verbunden werden kônnen, jenachdem es auf lat. o in positioi 
und au oder auf lat. 5 und u in position berubt. — 1) = lat. o in 
position und au. Es wird stets ungetrttbt bewabrt. — 2) = lat. ô 
und u in position. == nfr. o eu und ou. Yor nasalen wecbselt ei 
ôfkers mit u: font 1016 (funt 5046) sont 4396 (sunt 4317*) nombre 
2317 (numbre: umbre 1001). In der endung osus and einidn 
wecbselt es mit eu und reimt dann, wie wir .dort sahen, mit bt 
al und el : orguilloz 2012 (orguilleuz 2087) proz 2176 (preuz 1833 
prouz 1429). Die reiime vos: dois 251: ameroz: doz 1931 ros: or- 
guilloz 2011 beweisen, da6 eine feste scbeidung von o und en ent- 
sprechend nfr. ou und eu nicht existiert. Seltener als der wecbsel 
mit eu ist der mit ou: prouz: chevalerouz 1429, honor4 (bononr 2949 

« 
♦^flunt^iflt die hâufigste schreibung, weshalb ich sie auch bei »n^ 
lOeung der abkûrzun^ eingefïLlirt babe. 



528 

• 

loneore 14618) courent 3775 douces 63 pou 13460 (poi 1830); 
»fters begegnet er in tôt: mot 173 mont*: tont 14035 (vgl. anch 
Dit: fnit 2363). — S) = lat. û in moUier 416 (moillier 33). ~ 
:) = oi Ofters meist in unbetonten silben: boz 4291 (boiz 4318) 
oement 14507 (coiement 14695) cosine 10910 (coisin 13961) fros- 
eÎB 7343 (froisseis 8068) loal 4329 (loial 150) loaltes 14613 nordr 
4648 (noir 1778) seoeut .730 siwôent 13035. 

' Oi 1) == lat. ë und i. Es tritt noch ôfter als nfr. auf, so 
. b. in: floibes 1692 (feble 15221) irois: troverois 4289 (sonst 
utet die endnng aber stets es) poise 200 proi 1289 (r. moi, aber 
i: pri 1999). DaG es ôfters mit ai, e, i wechselt, iet an den be- 
reffenden orten schon nachgewiesen. — 2) = lat. au, o, u. Auch 
âer bat der umfang des vokals im nfr. einbuQe erlitten, es begegnen 
s. b. doi 1150 (r. roi aber lui: dui 11533) loie 15292 oi (r. moi) 
1979 (eu 9014 ou 11349). Wir sehen, es begegnen mancherlei doppel- 
Eormen, welcbe noch dazu meist durch die reime best&tigt wedbn 
und eine zwischen ft ô und i schwankeude aussprache vermutiien 
la&en. — 3) = ue ui in voit 2640 (wit 3872), wo es aber dtirch 
keinen reim gestutzt wird. — 4) = palatalinfluenziertem lat. au: 
poi 1830 (pou 13460). 

Ou = 2). 

D 1) = lat fi wie nfr. — 2) = lat. ô in fuz 3068 fu 1509 (r. 
tenu) — 3) = 2) mit dumpfer aussprache z. b. utre 7314 (outre 
443). 

Ue = lat. ô, nfr. eu, z. b.: cuer: fuer 197 vttel: orguel 241 
Toet: duet 329 muet: puet 1659 buens: suens 7599 buens: cuens 
7397. Ftir buens findet sich schon meist die nfr. schreibung bons 
72, 240 u. s. w. Hingegen hat der schreiber le 4) Ofters durch ue 
wiedergegeben so: uelz 275, vuelz 495 vuez 845. 

Ui 1) = palatalinfluenziertem ô oderû, z. b.: desduis: ennais 
289 puis: desduis 11537 hui: sui 2159 lui: audui 1601 u. s. w. Die 
doppelform doi fur dui ist schon unter Oi 2) erw&hnt. Fflr doi 
qvechen die reime 2587, 2976, 13068 u.s. w. fQr dui 4758, 6103, 
9709, 14537 u. s. w. Ganz âhnlich ist die unter 2) aufgeftthrte 
fcppelform tuit und tôt; wenn dagegen in vuis und seinen ablei- 
tangen ui durch oi ersetzt wird, wie voit 2640, voide 15094 voident 
7169 (vuedent 7310) u. s. w., so ist dieser wechsel durch keinen 
reim gestûtzt, wahrend fUr ui eine'anzahl sprechen: nuit: wit 3871 

* 
* Die abkûrzung mit, welche in den meisten f&Uen steht, habe 
oh molt aufgelôst. 



524 

desduit: vuit 4103 bruit: wit 7616 u.s. w. — 2) = n: fiii 2072 
(fa 868) fuist 700 (fust 139) plais 6242 (plas 111). 

Y = i dyables 7013 (diables 169 deable 4602) dyaspre 8299 
(diaspre 8376) hystaires 10395 tymbres 6760. 

Consonanten. 

Aaslaat. 1) Die verb&rtang der matae im anslaat Iftût sidi 
recht deutlich bei den dentalen beobacbten and entspricht wie vide 
reime beweisen der aassprache des dichters: grant 2050 (grande 
255) qaant 363 entent 195 mont 848 froit 367 ot 11948 (od 125 o 431) 
at 400 (ad 12722 a 329) a. s. w.; ebenso bei gattanden: lonc lOS 
0ongel61) blanc: sanc 103 (blanche 151) renc 15060 (raingies 998); 
ebenso wird v zn f in vif 10558 saf 14182 brief 11066 aber pensiv : podiT 
661. — 2) Aach die schreibangen z andx fQr einfaches s, obwohlniebt 
principiell darcligefQhrt and bestftndig mit einander ond mit s ab- 
wechselnd, scbeinen eine bftrtere oder schftrfere aassprache anza- 
deaten. x wird am seltensten verwandt and fast nar nach arsprflqg- 
lichem aber anterdrûckten 1-laate , z. b. : beax 9750 beaz 459 beib 
1 beals 72 dex 450 deas 755 fix 8776 fiez 8777 frex 8301 tm 
12419 fres 12053 assex 11678 assez 4044 asses 11611 gardexl429 
gardes 1431. — 3) Statt des zischlaates begegnet ôfter ein palatales di 
oder c, welche darch vereinigang eines gutturallaates mit dm 
schlaG-s entstanden sind, so: aine 341 and ains 886 avaech 74 
avuec 397 doch 4093 doz 4542 dois 252 miech285, 514 miex4541. 
Abfall des s lâGt sich bâafig beobachten: bon 6732 chevalier 12915 
deu 3378 14582 (deas 755) dite 11608 (dites 663) esqi^ier 3822 (escoiff 
3438) jor 3325 O'ors 240) le 2571 lor 3809 Qors 64) mestier 12254 nain 
10025 onque 122 (onqaes 59) pense 11521 perda 5755 pacele 3447 
(paceles 75) Saigremor 13514 (Saigremors, 13503) sere 5984 (serei 
3166) tote6959 (totes 5) un 3280,6253,12726 (uns 69). — 4) Eben- 
so begegnet abfall von t: a 329 (at 400) di 13690 (dit 177) doi 
4338 (doit 12371) es 1399 (est 10) fier 4672 (fiert 11743) o 
431 (ot 11948) on 7895, 9880 (ont 363) oren 3223 (orent 388) 
oz 11750 (ost 10649) par 3649 (part 526) qui 2642 (quit685) siflea 
9816 voien 13834 (voient 358). — 5) Seltner kommt der abfall von 
r. vor, icb habe nur zwei fftUe bemerkt renfure 7495 lind arme 5046; 
1 fehlt hftufig dem pronomenil 189; c fehlt in ren 7797 (renc 15060); 
p in pion 6198 (r. maison). Die schreibung plonc 4449 bestfttigt 
ebenfalls, daG der dicbter und schreiber pion spracben. Im flbrigea 
ist ziemlich sicher anzunehmen, daft der abfall der consonanten s, 
t uud r der sprache des dichters nicht angehOrt, sondern nur der 
des schreibers , er ist deshalb aber fur den sprachhistoriker nicht 



626 

reDiger intéressant, da er schon ganz die tendenzen der neneren 
prache erkennen l&Gt. Nfther daraaf einzngehen, ist hier nicfat 
er ort. 

Inlaut. 1) Ansfall des ersten von zwei einander folgenden con- 
3nanten hat statt, wenn der erste consonant ein ] ist, der schreiber 
ewahrt hier ôfter die etymologische orthographie, doch heweisen 
ie reime deatlich, da6 er damit die sprache des dichters verschlim- 
essert: z. h. vos: dois 251 gentiex: diex: ententiex: hastiex: piez 
[e 3)) gentioz: giuz: eskiuz (la) roiame: dame (A 1)) ros: or- 
nilloz 2011 estolz: rolz77Ô seolz: dangereuz 2201 teuz preaz7Ô81 
nieiiz: preuz 2781 a. s. w. Es sind also rein willkûrliche schwan- 
nngen, wenn uns begegnen: fiz 4196 filz 18 finz 13172 coz 3539 
dx 3546 escolte 842 escouta 3965 eaz 380 cealz 4509 chauz 8382. — 
I) Derselbe ausfall hat statt, wenn der letzte consonant ein s oder n 
lA, bel allen mntœ. z. b. grans 98 (r. ans) frans 2098 (r, vaillans) chans 
'470 dras 980 haubers 10244 und so dorchweg. Yor n: digne 783 (r. 
xiine) linage 2332 orine 2775 senefie 15837. — 3) Ist der zweite conso- 
laot ein r, so fallen dentalen vor ihm ans oder werden assimiliert z. b. 
diaront 13494 crerai 14311 desirrier 4111 desirier 849 gorra 8852 
m 8857 pora 14082 roberes 4232 seres 11876 verrai 1242, ebensô 
lin: laires 2804 sorriant 1973. — 4) Auch s, fâllt hftafig vor 
rolgendem consonanten weg, was wieder eine nfr. tendenz ist, aber 
oicht mit sicherheit als der aussprache des dichters gemftG bezeich- 
œt werden kann. Nur einige der hauptsâchlichsten beispiele: 
Utmer 421 fblasmer 7) cretealz 11773 (cresteaz 11787) defer- 
ner 11325. duc 9840 (dusques 12395) evella 9000 (esvellier 
»D03) forclose 11635 (forscloient 7069) tojors 674 (tos jors 533) 
tretot 382 (trustes 124). — 5) Wo n vor folgenden consonan- 
ten ausfiel, kann ich nur eine nachlâssigkeit des schreibers er- 
IroaneD, welcher das abkttrzungszeigen daffir (den strich ilber der 
nile) zu setzen vergaû. Es kommt freilich oft genug vor z. b. 
blice 12304 bote 9008 régie 12220 volet 8271 tenat 759, ebenso 
1804, 1644, 1618, 2473, 3193, 3309, 4256, 4508, 4928, 4935, 
6243, 7417 n. s. w. — 6) Seltner ist der ausfall einesr vor zweitem 
eonsonanten und wird wohl ebenfalls auf schlechter schreibung be- 
nhen. Ich habe bemerkt coves 4644 esclacir 4135 herbegera 192 
kering[i]er 3794. Steht r an letzter stelle, so wird es hâufig hinter 
den ibiD folgenden tonlosen vokal gesetzt, doch so, daû es nicht in 
te -aufllaut zu stehen kommt. z. b. Bertaigne 8353 (Bretaigne 
1(»85) burir 7931 (bruir 13120), enfernes 1383 enterras 500, 
fciïdr 271 (frémir 7706) enconberroie 2120, mosterront 6887 



526 

(mostrera 2695) perpes 4857 (prendre 9448 pormene 5565 por- 
cession 15315 (procession 15801). Eine entgegengesetzte nm- 
stellong begegnet in fremee 5967 (fermes 987). StoGen dnrch er- 
stère versetzung zwei r znsammen, so wird oft nnr eines bewahrt 
z. b. deliveront 13294 mosterai 2742 repaieras 3633. — 7) £^- 
schiebung eines euphonischen consonanten ist ein anderes mittel, 
nm die aussprache unbequemer consonantenverbindungen zn erleidi- 
tern. Sie findet statt zwischen Ir nnd nr. sr. z. b. mieldre 1313 
Yoldroie 756 vindrent45 poindre: joindre 1673 Yaintre9590 keusdre 
12034. Dabei fâllt dann bei Idr meist der erste consonant au, 
das d assimiliert sich mit r and doppeltes r wird za einfachem, z. b.: 
miedre 1296 vodres 692 vorroie 4109 voroie 14086 morre 1090f 
torroies 476. DaG aach bei ndr wenigstens in einzelnen fUlen diesc 
vereinfachung statt batte, dafûr sprechen : merres 1739 and der rein 
tolirent: sorvinrent 793 , welcher beweist, daû der dichter soryîreit 
sprach. Der schreiber bat freilich meist die harte laatyerbindoog 
bewahrt and nie findet sich n nach einscliiebung' von d unterdrfickt 
z. b. devinrent: tinrent 4019 venres4606 menrai 9863 reponre 1490 
a. S.W. — 8) Die ftlle der assimilation sind schon besprochen; ikr 
entgegengesetzt zeigt sicli dissimilation, wo m. vor einen labial tritt, 
es wird dann nàmlich za n, doch bewahrt der schreiber daneben die 
formen mit m, z. b.: chanbre8 4451 (chambres 4408) gainplesSljiB- 
be7389 (jambes 99) ronpre 12472 (rompent 8081) senble316(6eiDid6 
328) ensenble4191 (ensemble 4189) a. s. w. der umgekehrteM, die 
verwandlang von n za m zcigt sich in emprendre 650 (enprendre 797). 
— 9) Der vereinfachang von doppelconsonanteu ist schon mehrfach e^ 
wfthnang gethan, hier noch einige weitere f&lle; 1: bêle 33 celé 332 
paceles 75 (pacelles 233) toreles 11773 (torelle 12866) valet 223 
(valles 438) vieler 370 (vielle 733); m; feme 112 (femme 472); r: 
core 7489 (corre 7414); s: groses 12186 (grosses 12467). Unige- 
kehrt findet verdoppelung eines einfachen consonanten statt bei b 
z. b. donner 463 (doner335) ennuit 11997 (enuit 11161) vainne6731. 
Ahnlich: leffras 1785 (lefras 107). Wie viel von ail diesen fiUlender 
dissimilation der vereinfachung and verdoppelung dem dichter, wie 
viel dem schreiber zazuschreiben, ist schwer zu bestiromen. 
A nia ut bietet nichts besonderes zu bemerken. 
. Einzelne consonanten iman-und inlaut — 1) Die liquide* 
1. and r. gehen in einander ûber, z. b.: roi 14335 (loi 13973)^^ 
tralient 7698 (fur contrarient) paient 6179, 12549 (porentliïiê^^ 
2) n wird Ofters eingeschoben, z. b.: ensaie 11491 «nstormir 13W 
(estbrmir 11846) ensaucha 8168 (essaucier 9971) renlnser 2102' 



527 

freilich kGnnte in mehreren dleser fâlle n anch anders erklftrt wer- 

jen. — 3) Der nasal wird aaf verschiedene weise ausgedrûckt darch n 

[m) ng (ne) nnd gn ngn z. t). vien 10271 viegn 11053, fthnlich tien 

L800 om 9 on 249 pion 6198 plom 4504 plonc 4449 gaagn 11711 loing 

»30 loingn 4071 (r. besoing). Tritt der nasal in den inlant, so verliert 

)r nfr. bald die nasale anssprache bald bewahrt er sie, das letztere 

L b. wenn ihm ein palatales g folgt. Dièses palatale g bat weder 

lei nnserem diebter noch bel dem schreiber statt, wie verschiedene 

reime beweisen, z. b. compaigne: estrange 3123 montaigne: estraigne 

1353, nnd wie die vorwiegenden schreibnngen ngn und gn darthnn 

E. b. vengnier 2685 vengnement 2906 (vengement 14827) vengnies 2900 

[yengies 2909) estragnes 15761 (ganz analog finden sich: engignies 425 

engingnies 4107 enseignies 118 ensengnier 1999 ensengnemens 511 

poigneis 12332 pongneis 12394). Wir haben also wohl far aile 

Bile, wo nfr. vor g das u nasaliert, die einfache anssprache anzn- 

nehmen. Ob dieselbe anssprache vor enphonischen nnd nrsprûng- 

lichen labialen anznnehmen, bleibt nngewiss. — 4) Zn den eigentlichen 

dentalen ist nichts zn bemerken, wohl aber zn s. Oefters steht 8 

ftr c im an- und anslaut: se 2967, 11056 (ce 46) si 2695 (ci 646) 

sent 9390 (centisme 491) gars 452 (garçons 795). Hierher gehôrt anch 

de8siree3364 (nfr. déchirée). — 5) Fur s tritt z nur vereinzelt im 

îolaut aaf, w&hrend es im anslaut, wie wir oben sahen, gar hftnfig 

ist z. b. choze 528 4569 (chose 4059) ocezisse 1327 oze 4257 ozoit 

4650(086 4543) perillozes 1186; âhnlich: hateze 27 (bautece 189), 

ebenso vereinzelt ist se fur s u. ss, z. b. sceneschal 149, 152 (sene- 

schaz 177) senescbalesce 205 (r. ostefsse) senechaucesse 230; doch 

vertritt dièses se hâufig einfaches c, z. b.: grasces5572, grasci 12860 

(gracierai 13796) avarisce 15914 bisce: honisce 3393 espisces 6357. — 

6)Doppeltesnfr. ss wird meist durch c ansgedrtlckt. z. b. chacier 221 

(ehasser) chacies579 (chaussé) largece 1436 perece 457 simplece257 

tristece 636 viellece 168 ; daneben aber auch ostesse 206 senechaucesse 

230. Intéressant ist der reim : teche: proece 1449. Nehmen wir dazn 

renne wie boche: doche 6879 (douces 63 dochor 14752 docor 3108) 

manches: conissances 51 bla[n]che : contenance 3193 franche : semblance 

4091 nices: riches 10371 n. s. w., so ergiebt sich deutlich, daO den 

nfr. lanten ch ç und ss nur ein einziger entspricht, da6 dièses 

Ç sein musse, ist zwar wahrscheinlich , Mt sich aber nicht mit.be- 

stimmtheit feststellen. Die schreibnng dièses lautes ist eine sehr 

flchwankende ; im allgemeinen wiegt ch vor, in einzelnen fâUen aber 

leigt sich sogar qu, was auf gutturale anssprache des schreibers 

deutet: qnele 14692 (celé 332 cheles 2127) mequeance 3285 (me- 



528 

schies 8647). — 7) Der weiche palatallant wird auch dorch zwei schrift- 
zeigen wiedergegeben , weiche h&nfig mit einander abwechseln: 
chanjaist 4324 change 327 je 5 ge 224 jehir 214 gehir 310 joer 
372 gius 209 joir 902 gorra 8852 lojoient 12810 logier 12781 
serjaDS 438 sergans 4934 (servant 3904). — 8) Der harte gnttarallaiit 
bat drei schreibungen: c. k. qn., weiche oft vertaascht werden z. b. 
cant 4067 quant 4077 car 602 kar 7 quar 35 c' 556 (ce 10882 
ist wohl ein bloGer schreibfebler) ke 4925 que 563 ki 1 qai 20 
corent4677 queurent 14027 cuist 3159 keu 12095 qaerre 3067 es- 
coier 431 esquiier 4076 (eschaiers 799 ist wohl nur ein schreib- 
febler) onkes 40 onqaes 59 a. s. w. Im allgemeinen ist k am sel- 
tensten verwandt. Mit dem weichen gattarallaat wechselt c in 
gonfanon 8600 confanons 8086. — 9) G vor hellen vokalen sollte, wo 
es gutturale aussprache bat, stets dnrch ein euphonisches a Yon 
diesen getrennt Werden, docb fehlt dièses n ôfter, so z. b. gaaires 
1238 gaires 1553 guenchi 12567 regenchis 13700 longe 161. — 10) H 
f&llt in- und anlauteud bftnfig weg, docb nicht conséquent z. b.: 
flautoient 3813 flahutent 6754 traitre 4339 (trabitres 4231) boorder 
1048 (behordoient 348) (erbe 584 herbe 2186) om 9 (home 444) 
onore 14616 (honore 3218, in bonor 2969 mn6 h anterdrûckt wer- 
den, da der voraufgejiende vokal von o elidiert wird) aubère 3332 
(hauberc 3145) elmes 3517, 7326, 10132 (helmes 1302, 3559, 6944, 
10167 ailes beispiele in welcben h den hiat verbindert). Wir sehcn 
in helmes (und wohl auch in haubers) ist die aspirierte aussprache 
in erbe, om onor hingegen ist h stumm, ganz wie im nfr. — 11) P 
erweicht sich vereinzelt zu u (v): bautesme 14136 (baptizies 89). 

II. Zur flexion. 

1) Der artikel fem. s. lautet oft le z. b.; 230, 9849, Ofte» 
auch li und nur in dieser scbreibung widersteht er der elision Tor 
folgendem vokal. z. b. li uevre 1323 li atre 2032 li aube 411*4 
5975 (l'abe 2261) li viande 6325 (la viande 12095) U aventure 
10747 li oz 10873. — 2) Das s des nom. sing. der declination 
steht regelrecht, wo ibm im lat. ein s entspricht. Den unregel- 
m&Gigen abfall desselben, haben wir schon bei den aoslautsgesetzen 
besprochen und dem schreiber zngewiesen. Fehlt hingegen im lat 
nom. das s, so ist die frage verwickelter. Sftmmtliche feminina der 
ersten deklination entbehren es und es schiene, als wenn ancb die 
feminina, weiche sich aus der lat. dritten deklination herleiten, dasselbe 
entbehren. Denn es begegnen: honor 4 poison 3173, 3181, daneben frei- 
lich : cbalors 3050 dolors 3946 raisons 3733 und, was besonders gewicbtig 
ist, der reira foisons: barons (obi. pi.) 951. Wir werden also deo 



529 

emininen dieser deklination ein nomiDativ s znerkennen mûssen und 
ionor[s] poi8on[8] zu bessern haben. Wegen der declination von 
iens, amors, gens siehe die anmerkungen zu vv. 43, 48, 404. Von 
[en masc., welche im lateinischen im nominativ s entbehren, kom- 
len zun&chst die worte auf re in betracht. Es begegnet atres 199, 
998 (beide fâlle dnrch sonst eintretenden hiat untersttttzt) dagegen 
Qtre 4274, maistres 180 15233, dagegen maisire 334, li vostres 
513 (vor folgendem vokal), dagegen nostrc 823 vostre 2130 (mit 
Kidiertem schluGvokal). frères 2926 dagegen frère 2697 (mit 
lidiertem schluGvokal 10764 (r. venere); cbenso verlangt 2693 die 
letrik untrûcknng des s. pères 636 (vor folgendem vokal, man 
[ônnte allerdings leicht ara in avéra bessern = 1744) père 15267, 
15773, 15789 (mit elision des schluûvokals) 15336, 15721 (r. mère 
»bL 8.) 5279 (wo der vers unterdrtlckung des s verlangt). — mère 
147 (r. père obi. s.) sires 3915 mesires 4054, dagegen sire, 
neaire 709, 3896, 4297, 4323, 4422, 6489, 13265, 13444, 14110 
L8. w. (ailes fàlle, in welchen vers oder reim das fehlen des s be- 
it&tigen) contere 6075 (r. matere) empcrere 6174 (r. frère) lerres: 
roberes 4231 trahitres 4231 vanteres 1434 vantere 6169 (r. mère) 
reneres 10793 venere 3805 (r. clere) miedres 13475 raiedre 1296 
(1313 folgt vokal, durcb elision wird aber der vers gefâlscht. Die 
beûerung »[o] est* liegt nahe) pire 3280 (r. dire). Die zusammen- 
Btellung dieser beispiele ergiebt, glaube icb, mit sicherbeit, daG den 
wôrtem auf re kein nominativ s zukam, und daG, wo ein solcbes 
Bteht, es dem schreiber zukommt, der sogar einige mal seiner 
qprache zu liebe den vers fâlscbte. Unsicber bleibt jedoch, ob atre 
und maistre unter dièse regel fallen, es scbeint wahrscheinlicher, 
da£ de wie wôrter auf lat. us bebandelt wurden, und daG die fâlle, 
wo 8 fehlt, dem schreiber zur last fallen. bei vostre (und also auch 
kel nostre) ist eine spaltung eingetreten, absolute form ist vostres 
«ihrend die adjectivische vostre blieb. Zu diesen worten kommen 
wch einîge andere, welcbe ein nominativ s nicbt zulassen. Regel- 
recht sind: om 9 ber 2808 (r. aler) 6536 (r. cler) fel, 776, lor 72. 
<tebonaire 120 deputaire 776 (beide worte mit elidiertem schluG- 
Wkal, vgl. anmerk. zu v. 256), schwankungen zeigen cil 11 cis 316 
k»n 4 biens 805 li demorer 3347 aber li recorders 15260 (r. pen- 
■«rs obi. pL). Die worte, welcbe auf st ausgehen, unterdrttcken t 
'ttr dem nominativ s und ziehen dann die beiden s in s oder z 
«ïaammen: fuz 1417 fores 1518 oz 10873. Die worte mit stamm- 
iifkem schluG s bleiben unverândert — 3) Der casus obi. s. scheidet 
•îch gewGbnlich nur durch mangel des s vom nominativ. Die ver- 
Dnnnars - 3^ 



530 

setznng des accentes and lautgesetze bringen einige bedentendere 
abweichangen hervor, die aber im afr. dnrchg&ngîg herrschen. Ëben- 
so ist die plaralbildang die gewOhnliche. Ich fllhre Dur die fâlle 
auf, in welcben die regel verletzt ist oder scbeint. So steht en- 
seignement 185 (enseignemens 511 1456) vallet 11696, 11885 
(valles 11893, 12110) valles 9171, 11648, 12057 (vallet 348, 9238, 
12062) vis 518 (vif 10558) arçons 7768 (archon 13585) jors 11590 
(jor 11612) lois 14289 (loi 14285), meismes 3336, 11454, 13232, 
15617 (meisme 3696, 4205, 11514) uns 3132 (un 14) dames 14147 
(dame 14133) garçons 795 (gars 452) savere 14584 (f&r saveor in 
reim aaf père, siehe die anm.), traître 4339 (trahitor 10661) samit 
1258, 1278, 3086 samin 10020, 14415 sami 3088 (samis 979, 1893, 
3081, 3284, 4984, 6527, 8418, 9275, 9952, 10112, 12113, allei 
ffllle, welche darch den reim gestûtzt werden, w&brend keine der 
anderen scbreibungen durch denselben bestâtigt werden) glaîTes 
(n. pi.) 11649. Wegen der flexion von guez siehe die anm. z. 11619. 
— 4) Folgende worte werden nur oder meist plaralisch gebrandrt: 
covertures 4645 dras 980, 4536, 9927, 10027, 11854 (drap 1380, 
3199, 4211) espérons 1270 fons 87 galos 3505, 11721 lettres 8873, 
12708 tfives 14048 u. s. w. — 5) Die femininbildung der adj. 2 en- 
dnngen und part, praes. ist erst vereinzelt zu beobacliten. Durch- 
geftthrt erscheint sie in -ois lat. -ensis z. b.: cortoise 934, cor- 
toiscs 4554 Galoisc 5923 (r. cortoise). Jones 868 bat im fen. 
n. s. jou(e)ne, jone 281, 6371 (der schlafivokal wird elidiert) 
n. pi. Jones 1025 (m. jone, jou(e)ne 1028, 210). Grans 450 lantet im lu. 
s. grans 359, 3058, 3771, 4454, 9875, 11868 u. s. w., grande 255, 
3050, 4532, 6812, 8245 u. s. w., im f. obi. s. grant 22 , 354, 2144, 3354, 
4558 a. s. w., grande 756, 5136 u. s. w., im f. n. pi. grans 4401, t 
obi. pi. grans 6966 grandes 102. Die part, praes. laaten im f. l 
wie das m. s., und, wenn 700 dolante stelit, so baben wir scbon in 
der lautleiire gcseben , da6 hier ein fem. von dolentus and nicM 
von dolans vorliegt, wenn ferner begegnen: plaisant 159 (r. ans) 
vaillant 3151 (vaillans 3302) so ist daran offenbar nur der jûngere 
schreiber schuld. Im pi. n. dagegen zeigen sie wie jones nnd grans 
ein s z. b. plaisans 8858, 10702, 11074 (r. joians n. s. f.), wfthrcnd 
das maso, desselben regelrecht entbebrt z. b. dolant 2515. Qoes 
bat ira f. n. s. ques (qaelz) 1093, 2156, im f. obi. s. quel 1597, 
1820, 3414, 4269, 10889 u. s. w., quele 1245 (mit elidiertem e; la 
le quele 507 und la quele 6405 wird durcb unterdrOckang de» 
schluû e der vers hergestellt), im f. n. pi. quelz qaex 10349, 12045 
im f. obi. pi. queles .0024. Ebonso flectiert telz 8617, im f. n. s: 



531 

teb 10, im f. obi. s. tel 1724, 2081, 10315, 11588, 12558, 13192 
11.8. w., dagegeQ tele 1636 (mit elision von e) 9349, im f. n. pi. 
;elz 12347 tele8 9277, im f. obi. pi. telz 1195, 8487, 11260, 12415, 
13292, 14214 u. s. w. teles 5022. Wenn man bedenkt, da(S neben telz 
sine zweite form itelx, atelz 2264, 4064, 4264, 9347 vorkommt, so lassen 
kh aile wirklicben Mlle von neuer femiDinbildang durch einsetznng 
lieser form beseitigen, abgeseben davon, d&Ù auch durch andere 
iaderangen leicht die integrit&t des vei*ses bewahrt werden kann. 
ïei anderen adj. zweier endungen habe ich keine spur der nenen 
émininbildung gefanden. Hier eiiiige beispiele: f. n. s. cruelz 6252 
{eatilz 4491, 14235 viez 1920, f. obi. s. brief 11066 emperial4211 
0ial60 natnral4330, f. pi. n. fors 8258; f. obi. pi. foi-s 1186 gentiex. 
L6483,adverbia:briement 15 forment 196igalment 10263 viement 11918. 
Man sieht: im ganzen ist,. mit aasnabme von jone grans und der 
Bndong ois, der lat. standpankt sei es getreu bewahrt, sei es leicht 
herzastellen ; bemerkenswerth ist aber das eindringen des s ira f. 
ii.pL, welches, wie die vorstehenden beispiele lehren, zor regel er- 
lioben wurde and somit als ein vorl&ufer der vollstUndigen neuen 
Indoûibildung anznsehen ist. Dasselbe s ist auch bei den weib- 
iMhen substantiven , die in der lat. dritten dcclination ihren nr- 
^ning haben, im n. pi. anzauehmen. 

Verbum. — l)In der ersten pers. s ind. praes. beobachte ich 
eioige doppelformen : aîn309, 5316 aimme 11489, clain8360 claime 
5202, oz 4340, 12746 ose 264 (r. enclose) 9869 ferner. faiz 4250 
bis 10495, 11579. fai303, 602 fait (faicV; vgl. liac 513 und foc im 
Fergus 42, 11) 10497. Andere formen sind regelmâûig. z. b. doins 
314 muir 2925 puis 673 truis 683 vois 675 voiz 11007, amain 2045 ataing 
8422 comant 675 demant 10275 dot 11516 lais 2941 preng 12796 
m 9568 ser 2128 tien 166 val 4916 vien 10271 vuel 180. ai 181 
di 224 doi 612 lo 12751 o 642 otroi 313 proi 11299 (pri 2000) 
8ti 597 sni 599 vea 8666 voi 597. — 2) In der dritten person s. ind. 
l»r»8. begegnen einige unregelmâGige formen mit t, so: appelet 593 
abcr apele 10283, 10583 (im hiat) 11600 (r. chapele) assemblet938 
chevacet 8861, 11686 aber chevace 1567 (mit elision) 8947, 11673, 
13024 (mit ejisioa) froisset 13147 bastet 10108 portet 6972 aber 
•porte 12183 (ebenso im conj. diet 2080 tieguet 14467 aber tiegne 
14582 facet 14472 aber face 14475), auch das part, praet. bat eini- 
ge mal archaisches t: estet 3007, 6269 parlet 2450 repairiet 15047, 
tgl. auch prêt 3980. — 3) Die endung der ersten pers. pi. ind. praes. 
iit ons, doch begegnet stets spmes 13489 auûerdem : seroraes 13490 
trovomes 15735. — 4) Die erste pei-s. s. ind. imperf. lautet oie fttr 

34» 



532 

aile conjngationen, tmd daG das nicht eine nnberechtigte schreibang 
'ist, sondern eine der sprache des dichters gemftGe, bezeogen reime 
wie: racontoie: gasteroie 547 trovoie: ociroie 2246, und ebenso 
bietet die zweite peinson s. oies, die dritte pers. s. oit aod die dritte 
pers. pi. oient z. b.: creoies: torroies 475 amoit: parcivoit 217: 
plaîsoit 377 tenoit: justicoit 417 seoit: portoit 1891 corroit: droit 
1397 esgardoient: disoient 975 querroient: estoient 1477 u. s. w. 
Unregelmâûigkeiten einzelner verba werden in den amnerkangen 
besprochen werden. 

Sehen mv nun nach dieser leider nnr anvoUkommnen dar- 
legnng der lant- nnd flexionsverhâltnisse , welchen schluG wir sas 
denselben zielien kônnen. * In der lautlehre ist besonders ein 
gesetz wichtig, die sonderang von lat. en und an. Wie P. Meyer 
dargethan bat, ist dièses gesetz nur im normanniscben in kraft ge- 
blieben und wir hàtten demnacb die beimath unseres dichters io 
der Normandie zu suchen; noch ein anderes zeichen spricht fftr 
dièse annabme,.das begeguen von e fttr oi. Leider ist dieser 
ûbertritt ganz vereinzelt. Bedenklich macht femer die dem nor- 
manniscben fremde gleicbstellung der imperfectendungen sftmmtlicfaer 
conjngationen. Wie kommen wir also ans dem Dilemma von theils 
normanniscben theils unnormannischen kennzeichen, ich glanbe but 
durch annabme eincs mischdialectes, indem wir entweder den dich- 
ter an der grenze der Normandie und Picardie geboren^ oder 
wenigstens, wenn er ans der eigentlichen Normandie stammte, spftter 
nach der Picardie ûbergesiedelt und dort sein gedicbt verfaût baben 
laGen. Fttr annahme eines solcben mischdialectes sprecben auch die 
anderweitigen zwiefachen behandlungen vieler laute, die wir oben aaf- 
geftthrt baben. N&her darauf einzugehen, und zu scbeiden, wasin 
jedcm einzelnen fall fttr normannisch oder picardisch zu halteD, 
muG ich aus mangel an zeit und hilfsmitteln hier unterlassen. Nnr 
noch eine bemerkung, welche die frUber gegebene altersbestimmoDg 
unseres gedichtes noch etwas mebr praecisieren konnte. Die fleiion 
unseres gedichtes ist entschieden archaischer als die des Fergns, 
wo die worte auf re sclion das nominativ s angenommen haben, 
wâhrend unser gedicbt wie Crestiens werke dasselbe noch nicht 
zulaGt. 



VI. METRISCHE BEMERKUNGEN. 

Die altfranzôsiscbe metrik ist bekanntlich sehr einfacb. Pw 
princip der silbenzahlung laGt eine mannigfaltigkeit, wie sie io 



633 

entschen und beschrftnkter im italiâDischen vers herrscht nicbt zu. 
'eonoch habeji die dichter sich den so einfachen versbau nocb da- 
irch erleichtert, daG sie einigen worten doppelformen zugesteben, 
elche die silbenzabl um eine vermehren oder vermindern lassen. 
ach unser dicbter bat sich dièse erleicbternng h&nfig za gâte 
munen lassen. So begegnen avuec 397 aveqaes 15923 com 241 
»mme 3744 or 853 ore 803 encore 2260 ancors 5709 sor 1061 
are 14027 desor 660 desore 1003 nient 5162 (r. sovîent, also 
nsilbig) noient 4700 (r. ensement, also zweisilbig) deirains 1070 
3erain 2832 midis 3686 miedis 6416 prez 1005 pree 2005 prael 
321 praerie 996 vaus 5131 vallée 5351 vespres 5882 vespreè 3763 
M 709 nostre 823 vos 257 vostre 2130 lévrier 1765 leverier 1595 
mierel654; dahiu gebôren auch die endangeu ons und ornes beim 
nrbam ert 161 eret 4197; ferner die futura: avéra 1744 ara 1756 
veroie 2470 aroit 14062 renderai 2398 rendra 5707 u. s. w. Um 
Msion zn vermeiden, tritt ein abgefallner endconsonant v^ieder an, 
rie wir das bei der dritten pers. s. prœs. sahen. Auch die gesetze 
iber elision und biat sind fur eirizelne worte sebr elastiscb. Wenn 
mdi hiiate wie: fille al 37 elme estoient 7177 dem scbreiber allein 
mfedlen, so wird doch que unbedenklich vor einem folgenden vokal 
{eduldet z. h. 424, 592, 1587, 1905 u. s. w., daneben wird es na- 
Meh auch elidiert z. b. 5, 403, 1993, 4132, 7201 u. s. w. Ebenso 
nrd ce behandelt, im biat steht es z. b. 492, elidiert aber wird 
»z.b.7448. Meist stehen im biat fur ce die formen co 177 cbo 17, 
dni 3257. Dasselbe findet mit je statt, im biat lautet es je 1876 
W> 2126 oder ju 3960, elidiert wird es z. b. 13. Der artikel m. 
). 8. sollte nie elidiert werden , und doch komroen manche fâUe 
iiw elision vor. z. b. 3280, 5058, 15620, 15811, 15817. Das 
«minin la hingegen, welches in der regel elidiert wird, bâlt sich im 
Wt in dër schreibung li. Auch die partikeln se, si lassen theils 
Wrt, theils elision zu: 4058, 4150, 4217, 11398. Das f. possessiv. 
ft dagegen wird stets elidiert: z. b. 5679, 6049, 10360. 

Der reim, welcher nie mehr als zwei verse verbinden darf, ist, 
»ie gewôhnlich, frei von dem nfr. interlacen^ent des rimes, doch 
ttt sich vorliebe fur wiederhohlung desselben reimwortes in ver- 
ichiedener bedcutung beobacbten. z. b. avoir 14291 chief 13643 
*inte 1285, 1415 feroie 2611 garde 3389 gens 1219 haste 2191 
ils 14295 lasse 1595, 1763 part 2151 point 497 tapis 7601 trait 
4051 faire: afaire477 metent: entremetent 763 part: départ 8637 
tisemble: semble 45 balance: lance 2523 delitables: tables 1009 
iatre: combatre 2029, 9487 enbat: conbat 8643 avoies: desvoies 



534 

8819 conroi: desroi 12449 revient: sovient 527 erranment: enten- 
danment 10267 morra: gorra 8851. Dièse vorliebe, welche gewôhn- 
lich nar vereinzelt aaftritt, wird an zwei stellen zum princip er- 
hoben, um denselben grôGeres gewicht zu verleihen. Die vene 
14287—14346 welcbe die erste stelle bilden, entbalten die feiertiche 
anklage Nogants und die vertheidigung der kônigin Fenice. Die 
zweite stelle machen die 40 schlaûverse ans, in denen der dichter 
die moral seiner erz&hlung seinen lesern oder hôrem einscbftrft. 
Dieselbe tendenz eines reichen reimes begegnet anch andersvo, 
doch sind die stellen bei vreitem kûrzer als in nnserem gedicht 
Es w&re nioht uninteressant, die ausdehnnng, welcbe dieser raidie 
reim im ganzen gebiet der altfranzôsiscben poésie genommen bat, 
festzustellen; es wOrde dadarch ein nener factor gewonnen, wekher 
die abfassungszeit , wenn nicbt den abfasser unseres gedichtes 
zn bestimmen belfen kônnte. Icb muQ dieser anziehenden nnter- 
sochang vorlftafig ans den mehrfacb angegebenen gr&nden entsagen 



Vn. ERKLÂRENDE ANMERKUNGEN UND 7ER- 

BE8SERUNGEN. 

8. L. reprendre 9. L. [mains] 

16. annioz steht deutlicb in der bs.; Tgl. annnis 10 ennuis 290 
anuis 93 anni 126 enni 4176 annuler 546 annit 576. 

16. alongemens, 14210 = Aufscbub, verzôgemng ebenso alon* 
ges 3736, 4655, 13221, 14953 alongies 15420, welches in along(i)ei 
za bessern ist; vgl. alongier 2312, 6076, 7445. enlougier 211, 
403, 520, esloDgier 670, 829, 4200, 14699, 15014 Ions (anm. 2884). 

17. BeGere: roial[8] und ebenso 18 vas8al[s] 

22. conrois = sorgfalt, pntz , ordnnng, beeresabtheilong 14211, 
12449, 6664, 12212, 12617; vgl. conreer 15775 desconroier 12314 
desrois, 8568, 12450 (unordnung), 14306, 14869 (thorheit) 253fi, 
2894 (unrecht), se desroier 6658 10592 (sicb bemûben) desrees 8482 
(eifrig, bestftndiges epitheton von Saigre mors) desreans 6666 (bitzig) 

23. Al. die verbindung der verbalpraeposition mit dem ardkel 
des obiects lâût sicb oft beobachten z. b. 1043, 3424, 7221, 9906, 12252, 
12612 ; siebe Toblers beispielsammlnngen ûber diesen fall in Herrig's 
Arch. 26, 288; Cbev. au lion 12; Aniel v. 5. 

23. siècles = welt, leben 465, 668^ 1482, 1849, 13804; 72.(5310 
bessere s[i]ecle); vgl. mons (anm. 1143). 

31. poigneis, pongnêis = schlacbt, kampf 12332, 12394; y^ 



535 

poindre 1673 pongneis 13368 poingnent 2564. poins = faust 4224, 
14423 enpoîgnier 1697, 11659 poins = punkt (anm. 12700). 
37. Beûere: Fille [ert] al. 

40. belissor (Diez E.W. m 220); vgl. bealz, biaz, beaz 1, 33 
201, 328, 2176, 5188 bêlement 4160 bealtez, bealtes, béates, biates 
255, 1121, 1127, 1848 abelir 1215, 2256 jolis 108, 1211. 

43. rien(s). Anch sonst begegnet fehlerhafte flexion, welche, 
wie hier, dem schreiber allein zur last gelegt werden kann, z. b. 
n. s. rien 46, 2167 riens 101, 377, obi. riens 749, 2090, 3043, 
6693, 6906, 7174, 8361, 8720, 9027, 10054, 10318 rien 848, 857 
(r. bien) D;S. w." Das s. im casas obliquas ist wohi als das der 
adverbia anzasehen. Ich bemerke noch, daG riens eine poetische 
bezeichnang fur wesen, individaum ist 2090, 4141, 5317, 9065; 
1790, 2167; vgl. chose, choze 10, 528 afaire 590, 604, 1884. 
45. L. Qaant. 

48. amors ist wohl der form nach als obi. plural zu faGen, 
ifie es se oft vorkommt: 265, 324, 1033, 1266, 2891, 5155, 5204, 
6182, 6829 (r. plusors obi. pi.) 6949, 7563 (r. plusors obi. pi.) 8989 
(mit adj. fine im reim auf roine) 9035, 11499 (r. plusors obi. pi.) 
13245, 14811 (mit vostre) 14997, 15108 (mit art. unes, und adj. 
nices und foies r. paroles) 15257 (r. dolors). Mehrere der ange- 
gebenen beispiele beweisen, da6 es trotzdem me ein sing. behan- 
delt wnrde, nur eines weist mit bestimmtheit pluralbedeutnng auf, 
doch zeigt dieselbe sich im n. pi. amors 4145 (verbum ont.). Die 
fiexion ist, wie man sieht, aucb hier die der feminina, welche wir 
bei den adj. zweier endungen beobachteten. Der sing. begegnet 
and hat sîngùlare form z. b. n. s. 261 obi. 35; vgl. amer (anm. 
4566). 

51. gninple, guimple halstuch der frauen, welches ihre ritter 
fflch auf helm oder lanze befestigten z. b. 1901, 3179. 

52. conissances = les couleurs chevaleresques ou les figures 
symboliques par les quelles on se donoit à conaître (Gachet) 5025, 
12071, sing. connissance 7864; vgl. conoistre, conois, conoist, conui, 
coneust, conoistras 140, 277, 493, 3953, 4033 desconoistre 5166 
reeoDoistre 853, 5141, 14566, 15646 acointans (anm. 120). 

• 77. L. Notes, vielles 

78. BeGere: en lor maison[s] 

79. covine = benehmen, verhâltnis, zustand, plan 384, 2058, 
2776, 2858, 3658, 9026. Féminin, wie hier, ist es 2058. 

94. L. tôt. 

loi. sofraindre = mangeln; vgl. Du-Cange-Henschel s. v. so- 



536 

fraindre und Scheler im Jahrbnch f. r. u. e. 1. X, 268. 

107. Was bedeutet anscais? In den wôrterbûchern findc ich 
es uiclit Es scheint hier synonym mit lefrus = aussâtzig zasein; 
vgl. leffrus 1785 lentilloz 4473 rossez 4473. 

114. antres îst mir dankel. 

115. engiens, engins 2951, 3600, 12703, 14370; vgL engignoz 
5073, 11944 engignier 425, 4107, 14454 ars 9505 tricbier 4260 
tricherie 2951 trahir 10668, traisons, trahisons 4235; 4331 trahitres 
4339, 10661 lerres 4231 roberes 4232 proie 10065. 

117. envoisies = heiter, munter, frisch, auch vop leblosen 
dingen, wie waffen, kleidem gebraucht 163, 726, 953, 1128, 5075, 
8233, 10281,. 12076; vgl. s'envoisier 2219 envosiement 4647. 

119. parliers f. parliere = beredt, geschwatzig 1434, 10688, 
11148; vgl. parler 428, 524, 4161 aparler 14123 parlemens 8138, 
13632, 14064 parole 279, 2424 beaz dis 9813, 12049 moz 1, 543, 840. 

120. acointans = umganglich ; vgl. acointier 4034, 4608, 5054, 
13964, 14101, 14238 (kennen lernen) 3403 (bekannt machen), entra- 
cointier 15384 racointier 14595 acointance 4063, 4070, 5728 acoin- 
teftiens 2762, 4093, 15250 ceintes = geputzt, schôu 1023, 8704, 
14935 cointement 376. 

129. escremir = esquermir 4719, 4753. 

130. riber ist hier wohl = saillir (anm. 7002). Die bedeutung, 
welche D.-C.-H. ihm beilegt (folâtrer, badiner indécemment avec nne 
femme), paût hier nicht. 

134. eskiuz, esquiez = feind, abhold 13060 s. D.-C.-H. eschis2; 
vgl. eschiwer = meiden 409 5423, 5453 s'esquiver 5458. 

141. entales = thôricht; ebenso: Quant aucuns est trop pa- 
resseus, Enturlez, lours et oublieus. Boet. ConsoL MS. lib. 4. s. D.-C.-H. 
s. V. lurdus. Man streiche also die note zu 141 und beûere: K'es- 
toit d'entulee m. 

145. L. Conques. 

148. estre bien de q. = auf gutem fuû mit j. stehen 4062, 
4195, 4913, 9599. Wegen der flexion von estre s. anm. 13490. 

159. BeGere: plaisans 

160. Man erinnere sich, daG auchKes der seneschal deskdnig 
Artu, eine junge, schône aber ungetreue frau hatte, namens Arrière 
Oder Androete; vgl. Mant. maut. v. 414. Wolf, Lais s. 351 o. 367. 

162. acesraer = ankleiden, putzen, bedecken 1422, 2293, 3450, 
14924; vgl. acesmeement 6979 acesmemens 6824, 14200. 

168. L. jou(e)nes, ebenso 1361, 3141, 3880. So und nicbt 
jov(e)nes zu schreiben veranlaGt mich jones (s. oben s. 5305); 



537 

^gl. jonece 852 , jovens 15740 jovencels 3098, 4658 jovencele 1148 
nelz, vies 178, .3079 viellece 168 enviellir56 eages, aages 165, 1982, 
J882, 5099 sire obi. saignor, seignor 806, 2096, 3631, 15089, 15150 
8. oben s. 529) saignorie, seignorie 2064, 12744, 15470. 

170. enfes, obi. enfant 87, 95, 3121; vgl. enfecons, enfechons, 
ibl. enfancon 15590, 15833, 1523 ; 15575, 15586 enfance 137. 

185. Befiere: enseignemens; vgl. 511, 1456, 1459. enseignier, 
nsengnier 118, 164, 179, 1999, 4493 mostrer 6, 68 demostrerll07. 

187. Die wiederhohlung des objectes durch le wird oft unter- 
assen so z. b. 538, 778, 793, 2666, 8306—8, 10146, 12553, 13550 
Aeh la fehlt 1992, 4218 und sogar les 14738. 

188. teche = eigenscbaft, tugend 1449, 4653, 8798; vgl. en- 
«chies 1432, 1446 vertus (anm. 2522). 

189. i[I]; icb babe spâter das 1 nicbt mebr hinzugefttgt, obwobl 
Me nnterdrûckang vielleicbt dem scbreiber angehôrt, z. b.: 5112. 

194. nicetes = einfalt; vgl. niches, nices 184, 2414, 2902, 
10371. 

195. Die zusammenstellung von synonymen ist eine vorliebe 
unseres dichters; bisweilen erstreckt sie sieh sogar aaf gauze redens- 
arten z. b.: La lane lieve et li jors faut 10440. Allitération gesellt 
sich seltën dazu, so 201. 

200. L. n'en 

201. bon, bel sind neutra, ebensb 248, 508, 866, 4239, 11715, 
12003 u. s. w. Sichere spuren einer neutralen substantivflexion, wie 
sie Tobler und Mussafia (Arch. 26, 288. Jahrb. g, 128; 9, 116) 
Nerwârts nachgewiesen haben, sind mir nicbt aufgestofien. 

205. L. seneschalesce ; vgl. seneschaucesse 230, scenescbaz, 
cenechauz, senechalz 149, 152, 171, 203, 5011. 

211. L. N'irai 212. L. tant, 218. L. s'en parcivoit. 

219. volages = einfâltig 1129, 11170, 15102; vgl. voler 2561, 
696, 13550. 

221. BeGere: aies. 

222. arcoier = jagen und archoier 11007 .= sich durchwin- 
en; vgl. ars 10469 arciers 10706 archons 1894 chacier (anm. 4187) 
erser 6596 venere 347, 3805 venisons 10460, 15649. 

225. BeGere: se fai|n]t malhaities. 

225, Malhaities = unwohl, von hais wohlbefinden, heiterkeit 
'art. 3299, 8580; vgl. haities 353 (gesund) dehaities 250 (unwohl) 
ehetier 2230 dehes 458 (unglttck) rehaitier 2760, 3300, 8976, 
5244 haidier 10368 (wûnschen) sohais 10378, sohaidier 10365. 

226. voidier = leeren, rftumen, verlassen 7169, 10079, 12806, 



538 

intr. 9847 ; wegen der verbindnngen voidier les archons 7310, 12302 
V. les seles 7875 s. Tobler Aoiel 103; vgl. vois, vais 2640, 4104 
(leer) 15094 (ami). 

227. L. sotainement; vgl. premerains 687 deerains 1070 6767 
seulz, seuz, souz 232. 235, 1575, 4550, 10365 seulement 2093. 

228. chambre = schlafzimmer der haasfraa; vgl. chambreles 
234 chamberiere 711 chamberlains 1199 sale 154 soliers 4408 loge 
1379, 6420 logier 10824, 12781, 12810 cheminée 4451, 6199, 14072. 

229. s'abandonner = sich ûberlassen, wo verweilen, sicb wohin 
begeben 1231, 4588, 4763, 12947, 14971; activ steht es 4673, 14768. 

233. meschine 3197, 4203, 15431; vgl. meschins 4076. 5692 
meschinete 3092 toselz 3102 tosete 3091 pacele, pacelle 75, 233 
virginelment 14349. 

249. L. on me 

250. vains = schwach, unwohl, feig 2878, 6157, 5704, 6731, 
13487; vgl. envain 7197 (schwach, gering) vantere 1434, 6169, 7596 
s'envannir 15589. 

251. Seize apostroph hinter devoi, ebenso 1168, 1333, 1890, 
2118, 3063, 3713, 4192, 4197, 4362, 5819, 10652, 11625, 14414. 

256. debonairetez = gflte3154; vgl. debonairement 2106, 3936, 
4052, 8957. Dièse weiterbildnngen beweisen, daft debonaire 120 
demalaire 5714 depntaire776 als adjectiva behandeit warden, obwobl 
ihnen noch nicht das nominativ s znkommt and obwohl man nocb 
theilweise die allé zosammensetznng durchfûhlte, wie de trop mal 
aire 10728 beweist; vgl. airs = laft 1582, 4135. 

259. L. dame, 

268. destrois 3742, 4748, 10260, 11824; vgl. destrois 5440 
(engpafi) destrece 258 destraindre (anm. 1384) lez == weit 703, 
1773, 11090. 

269. tout und 270 peut; in anderen filllen steht ooderoaz.b. 
122, 1690 ferner sot: desplot 411 sot 220 plot 15543 ot 1691 vot 
1056 vont 4222 vaut 9290 sou 9048 ou 11349 oi 1979 eu 9014 
peu -9027 porent 2318 pulent 6179 orent 3515 seurent 14696. 

270. que = car 18, 44, 2614, 3113, 3161, 3727, 4186, 4259, 
5783 (?), 8054, 14152, 14434, 15930 = comme 1514, 4286, 15917 
= seit 3288 = so daG 330, 341, 444, 524, 3182, 4222 qoeqae 
655, que = daG 1187; tilge die note zu 270. 

272. entremesler = die farbe wechseln; vgl. mesler (anm. 1644) 

pâlir 272 pales 5704 mors de sanc 104 se pasmer 5297. 

277. Sel, 1 deutet vorl&ufig den objectssatz 280 an, 

279. Streiche das komma. 



530 

280. L. e8Colel372; ygl. so auch Et le chastie de parole Mais 
1 n'a cure de s'escole. FabaL tom. I. p. 66 bei D.-C.-H. s. v. 

284. Nies habe ich wohl verlesen fttr vies. 

286. torte = grobes scliwarzbrod. z. b. Li abbes . . . doit a cbas- 
sos ... dishnit pains ... la moytic blanc et Tautre moitié tonrte. 
'.-C.-H. s. V. panis tornatus. — Andere worte, welcbe geringfûgig- 
eit aosdrttcken, sind: point 497 mie 285, 1869, 11139 pas 312 
oient 292, 604 nient 5162, 5178 II nois 408 pome 4960 II cane* 
8 1358 gote 4333, tapis 7602 ne tant ne quant 5074. 

291. detriemens = zaudern 15138, von trier » auswàbleo. 
liez E. W. m. 444. 

303. dangiers 2849, 7399, 15005; vgl. dangereuz 2203 perilz, 
eriz 3520, 10754 perUloz, perlUouz, perilleuz 1186, 13414, 15005, 

305. promerains = premerains 687, 12461, 13266; ahnlich 
romierement 1842, 4159 premiers 1994, 11448; vgl. primes 11332 
Tinstens 571 princes 1020, 6175 princiers 8162, 9932, 14688. 

309. entirs = unversehrt, unbescholten 680, 4458, 4723, 7567 ; 
gl. entiers 606, 6424, 9923 tos 5, 29, 32, 440, 14036. 

311. (je); die personalpronomina felilen h&ufig 216, 829, 851; 
2505; 11411; 827. 

322. araisnier hat in den formen mit tonlosen flexionsendungen 
len volleren stamm, gerade wie parler (841, 655); doch hat sich 
1er volière stamm auch sonst ôfters erhalten z. b. arraisona 3413, 
0550, 12408, 13355, 14075 araisones 2856, 4049, 13982 gegen 
raisna arraina 1359, 2232, 5268 ai-aisnoit 9240 arainie 1842, 3778. 

327. L. juiaz, ebenso 552. joiâz; vgl. 1976, 6561, 6566, 12635. 

333. L. mangier; vgl. 273 mangue 2207 mainga2201 mangiers 
897. 

334. L. maistre-serjans ; est ist als compositum zu fassen, 
benso: maistre-mires 8664, 13808 maistres-senescbauz 15233 maistre- 
orte 1067 maistre-chastealz 4445, 9409; vgl. roaistres 180. 

354. A grant merveille = sehr 412, 1828, 10055, 11464; 
benso a merveille 817, 6008; vgl. très, tre 124, 382 molt 9844 
lolt très 4193 bien 24, 44, 9864 durement 2619, 11890 menuement 
073 asses, assez, assex 1217, 8687, 11574, 11678 par 27 plus 4143 
i 7366 tant 59 trop 10869, 11576, 11934 tôt 4208. 

361. viande = speise 3905, 10484, 10943, essen 2150, 12095. 

365. L. riche[s] 

375. L. sifaitement; ebenso 6265, 7639, 13735; vgl. sifais 478, 
>mfais 626 ; aber assi fais 1826 , 4003 bleibt besser getrennt. 

388. gaus = wald 2868, 4152, 5128, 15569; vgl. boîz, boz 



540 

142, 1888 boscâges 5402 fores 1518 brnlles, brailles 5596, 5609 
bruiere 5335 lande 3056, 3360, 4531 larris 2956, 4128. 

388. pleniers, planiers = groû. 736, 949, 1021, 2593, 4527, 
5390, 15423 adv. plenierement, planierement = reichlich 5956, 
6586; ygl. plains 25, 6745 plantes 4189, 14074 compile 9353 acon- 
plis 10942 enplir 15406 raemplir 9771. 

392. Tilge das semicolon , denn Tos les valles gehOrt za com- 
paignie. 

404. gens die flexion dièses wortes ist schwankend n. s. gens 
7917, 12896, 14144 gent 7, 404, 617, obi. gent 2147 n. pi. gens 
1570, 4201, 5162, 12437, 13210 dagegen gent 12868 (r. entent) 
obi. pi. gens 5.; vgL gens = zart 98, 161, 816, 1219 gentioz, 
gentilz 133, 186, 562 gentilece 2892 persone 15324 hom, om 6, 9, 
562 poples 4322. 

409. L. eschiwoit 

430. s'en déporter = answeichen einer sache 686; vgl. se dé- 
porter = sich ergehen 13178 déporter = vortheil bringen 1862 = 
schonen 3269, 4815, depors = spiel 13062, 13783. pors 5063, 
5394 porte (8.334anm.) porter = tragen 51, 86, 87, 11156, 11176 
porter a terre = niederwerfen 11739, 12379, 13512 aporter 810, 
1195 enporter, emporter 3618, 3834, 4243 

433. L. palais. 

439. Dnrmart. Der falsche reim l&Gt sich nur darch eine 
starke emendation be6ern, etwa: £t quant i est entres Darmars; 
doch kônnte der fehler aach wohl dem dichter angehôren. 

440. en geter, jeter 4905, '4942, 9632, 10996, 14356 geter 
1907, 4755, 4757, 12504; vgl. anm. 4935. 

452. L. Gars, 

491. Toi centisme, dièse hâufige redeweise (970, 6446, 8754, 
10946, 11744, 11982, 11992) steht immer im casas obliquas, aach 
wenn sie sich auf einen nominativ bezieht; ygl. jointes mains 14746 
Salve m'onor 2717. 

493. L. entre ci 

497. L. auras 

507. BeGere: lequel(e) que; vgl. oben s. 530, 5). 

518. Beûere: a vif (s. Fergus 19, 8); vgl. vis (anm. 10558). 

520. Ygl. lasse m'ent en pais 1855 lasse me ester 1874. 

522. maltalens = unwille 2304, 2699; vgl. talens 2273, 4100, 
12721, 13715, 14803. atalenter 2744 entalenter 4046, 4100, 6444, 
6692, 7637 talentis 6666. 

535. L. Sel 



541 

543. Befiere: ces mos 

556. roncis = gaul, pferd der diener 1777, 3268, 3391, 3476, 
628, 3773, 5622, 15132; syDonym damit ist chacere, obi. chaceor 
405, 4156. palefrois ist das reitpferd der frauen nnd ritter 1061, 
418, 2519, 3135, 13815; 1891, 4227, 6622, 7208, 15188 aucb 
Dgesehene sânger erhalten ein solches aïs belolmung 15132. Das 
treitroG der ritter heiGt cbevaus 1236, 1827, 2291, 4212, 15188 
der destriers 432, 3135, 12987; vgl. sonmiers 6633, 6646 droma- 
lires 14697 dromons 1838. 

560. L. cbevalerie; 561. L. rien. 591. L. Et 

595. va 4522 eine zweite dnrcb den reim bewiesne form ist 
ait 4442, wâhrend vat 15550 nicbt im reim erscheint. Aucb fur 
en snbj. prses. begegnen zwei formen voist 5327 (erste pers. 
. voise 2103 dritte pers. pi. voisent 5731) aille 12964 (r. faille); 
|1. aloient aler. alerent, aies, alaisse, alissiez 70, 221, 224, 647, 
160, 1881, 10739 vois 654, 675. vont 4116 irai 1241 irois 4289 
asir (anin. 4315) aleoirs 10191 aleure 6286, 15638 congies 485, 
»4, 4829 râler 5119, 8118 ramper 6973. 

603. Tilge das komma. 

606. Be6ere: Passe[s], denn das mit avoir verbundene parti- 
ip ricbtet sicb nach dem object, gleichviel ob dasselbe vorauf- 
:eht Oder nacbfolgt 506, 803, 1121, 1195, 3351, 9260, 10856 
*rme[s]), 11311, 11911, 11985 ein' einziges mal spricht der 
dim gegen dièse regel gaagnie[s]: repairie. Der schreiber batte 
Berst gaaignies gescbrieben, es dann aber unterpunktiert. Sollte 
ier, wo zwischen object und part, das subject tritt, die regel eine 
nsnabme erleiden? Fehlt ein bestimrates object, so tritt das part. 
1 die oblique form des singular masc. oder vielmehr des neatrum, 
b. 339, 1015, 1036. Das pron. vos der hôflichen anrede bat 
as part, im sing. bei sich, z. b. 11379. 

632. qnidiers 1836, 8960, 8975; s. Tobler, Aniel 104; vgl. 
utreqnidance 501 outrequiderie 1635 quidier 65, 685, 789, 4333. 

649. entendre = binneigen 845 hôren 596, verstehen 4039 
ich befassen mit 1208, 15262 austrecken 6092; vgl. entente 162 
ntentions 15536 ententiex 15434 ententivement 15477 tendre 5139, 
210, 6569, tente 4041 tenter 3168 estendre 4535 destendre 5306 
tente 2406 atendre 1240 contrfttendre 2114 contendre 2485 tentir 
^079 retentir 4152 tencons (anm. 10192) enteser 1699, 4224. 

657. diaspres, dyaspres, ein kostbarer stoff 1898, 8299, 8376 
^-C.-H. druckt fâlscblicb diaspré wâbrend der accent auf der vor- 
'tzten silbe ruht, wie das reimwort aspre 8375 beweist). 



542 

669. losangier, losongier = schmeicheln, bes&nftigen 8181 
iQgen 1489, in der wappenkande ist es = ausscbmûckeD. 8452, 
8461, 8463; vgl. losengiers = schmeichler 15513 losengiers adj. 
7400 losengerie 8182 mentir 679, 4278 menchonge, mencoigne 4820, 
12049, 14338 boisier 1718, 3622, 4955 boisdie 13215, 14455 gaile 
4419. 

683. bobance beabance 12992; vgl.babans, beubans 6310, 6730, 
15480, 15489 bobanciers, beubanciers 2476, 6726, 9801, 12432. 

685. derver, desver 9530, 9536 = muer son sens 9587 enn- 
gier 9526 esragier 3461. 

695. tors adj.; oben 532 stand tort als verb (s. Fergns 12,18; 
13, 30); vgl. tors = anrecht 1634 und anm. 805. 

703. L. Par mi und so Uberall, wo dièse beiden worte ver- 
bunden sind. Man kann darUber streiten, ob es nicht besser sei 
sie durcbgângig zu verbinden und somit als walire prœp. anzasehen. 
Es sprechen gewichtige grûnde ftlr dièse ansicht , nur m&Gte daon 
ebenso en mi verbunden werden; vgl. en mi lieu 5135 midis, miedis 
1589, 3686, 6416, 10413 demis 620, 3804 rois mais 11222, 11374 
moitiés 12816. 

707. Coi[e]ment; vgl. 441, 822. 

719. esclariement ^ von sp&rliclicm gefolge umgeben, soDst= 
in geringer anzahl 10950, ebenso esclarics adj. 5067; vgl. esclairir::^ 
lichten 7523, 12550, aclaroier = zerstieben 13722 esclairier == 
hell werden, beginnen 4112, 9338, 14933 = sich aufkl&ren von der 
erz&blung 1762 esclarcir, esclacir 1582, 4135 resclarcir == glftozen 
3200 clers (sbst.) 1395, 1530 clers 367, 446, 4152 clartés 359 seris 
3047. 

731. tristors = tristece 636; vgl. tristes 3380 mornes 1472, 
3712 maris 4842, 8908 esmarir 8684 doloir (anm. 2988). 

775. estolz, estouz, estez = tlbermtltlng, tapfer 4651, 6166, 
10610 adv. estotement, estontement 5851, 12305; vgl. estouti6 8017 
orguilloz, orguilleuz 2012, 2087, 7152, 8485 orguelz 242, 7304 es- 
vertuer (anm. 2622) fiers (anm. 4709) norois 7301, 15194. 

796. Beûere est[o]ies, denn es ist 2 p. s., die 2 p. pi. wftre flber- 
dies zweisilbig 1156. 

804. L. aati(s)ne = herausforderung 1656, 4250, 14647; Tgl. 
aatir = herausfordern 10606, 10620, 13056, 14441 8'aatir = cW 
wttnscben, geloben 3274, 12240. 

805. al chief del tor; s. Burguy s. v. tor; vgl. de cbief en 
chîef 82, 538 venir a chief 11014, 13644 chies 4534 (ende) 4430, 
7010 (kopf)6165 (anftthrer) 4417 (hauptstadt) derediief894 asdue- 



543 

er achiever, achiver3679, 4548, 4762 raeschies 8647, 11572, 12435. 

811. dierent = durent 9231 diurent 1226 vgl. diet 13239 diut 
710 dut 747 doi 612 dois 1197 doit 2 doies 1784 doie2108 doive 
doivent 866 deves 304 devoi' 251 deveroit 13234 deusse 605 
ensgent 7340 deussies 781. 

821. consillier rath pflegen, sprecben 827, 840 (im geheimen), 
555 consillier q. = rath ei-theilen, helfen 1467, 3779, 11804 se 
onsillier := sich helfen 12436 se consillier a q. =r sich raths er- 
olen 2003 desconsillies = rathlos 4177. consealz 184, 474, 718, 
3634, 14562. 

823. damoisiaz, damoiseaz, damoisealz, damisialz eigentlich =» 
anger adlicher mann 202, 210, 237, 315, 481, 1584, 3222, 11133, 
1er K prinz, junker; vgl. damoisele 1064 dansealz 355. dans 1867 
lamedex 14310 dame 39, 75, 4885 diemence, diemenche 5062, 6416. 

835. nés = gefâû 1577, 5395 = schiff 2146, 4412, 11981 ^ klug; 
rgl nacek 11318 nagier 11024, 11320 batealz 11321. sigler 15303. 

860. ff. Ahnliche worte verwendet der vater im roman von 
kcassin und Nicolette: »De ce (mit einem mâdchen niederer her- 
moft) n*as tu que faire, et se tu femme viz, je te donrai le fille 
i an roi u a un conte.« Hist. litt. XIX. 750. 

865. bacbelers, bacheliers 951, 5075, 6410, 6835, 7514, 7883, 
Î008; vgl. vavassor 861, 865, 5072, 7205 (Sâmmtlich cas. obi. s. 
Hier pi. n. . Wie lautet der nom. sing.?) chevaliers (aum. 4146) 
)er, obi. baron 951, 4332 bamages 12862 sire, obi. saigner 4323, 
1325 mesire 4509 cuens, dus, rois, empererc (anm. 15238) sene- 
ichalz (anm. 205) escuiers (anm. 7417) arciers (anm. 222) valles 
mn. 1793) pages 11699 jovencels (anm. 168) toselz (anm. 3091) 
m 1355, 6633, 11699 garconiers 5528, 15119 serjans (s. oben 
.527, 7)) sers 8171 hom 10839 homages 4846, 4871 vilains (anm. 
i564) ribaus 4336, 11699. 

882. fie = mal , ist hâufig steht fur fiée nach den laut- 
;esetzen und ist = afr. fiede L. R. 11 it. fiata und nicht = dem 
iraplex via, wie Diez E. W^ I. 243 anzunehmen scheint. Ich glaube 
iberdies, da6 altsp. altpg. pr. vegada, rhâtor. gada identisch damit 
ind und nicht auf vice zurûckfûhren; vgl. fois, foiz 61, 759. 

923. glais = glaie nfr. glaïeul, iris, siegwurzel; vgl. Quant jo 
^<^ la glaie mure Et le rosier espanir. Chans. de Raoul de Soissons, 
^aborde s. 218. bei D.-C.-H. s. v. 

942. jons, joins =binsen 6314; vgl. joncier == mit binsen oder 
>lomen bestreuen 940, 946, 6314, jonciere binsengegend 9128. 

943. Unterdrûckung von qui und que 'begegnet oft z. b. 364, 



544 

4469, 7310, 11635. 

956. BeGere: ne sembla 

980. BeQere: D'uns dras, denn der plaralische gebranch von 
uns ist hHufig, besonders bei daaliscben begriffen. z. b. 1270, 8873, 
8893 und aucb dras kommt hâufig pluralisch vor z. b. 4536, 11854. 

983. Vgl. Et coler d'uevre sebeline 6532. 

990. ligiers bereit, behend 1273, 1361, 4640, 8008, 11361, 
14030 = legiers 1028; vgl. aligemens 13429. 

998. raingie = reihe; vgl. rens 1021, 7006, 7797, 15060 
rengier 12532 araingies 6885, 15562 desrengier, derengier 7455, 
8564, 12309 ordenes 963 ordener 7722, 11678. 

1010. Be6ere: i erent 

1018. se faindre = nachlâssig betreiben, feig weiden 1285, 
2569, 3639, 12711, 13149, 15039; vgl. faindre = sich den anscheio 
geben 2774 faintcraent 3218 faintiz 1694 faintise 1389, 1451, 3600. 

1026. L. en pars, ebenso9949; vgl. Et la contesse en par oo 
paile bloi. Aubri, Becker Fierabr. s. 159*; vgl. purs 1102, 1906, 
5932 nés 4408, 4412, 4936 esmeres 1120 esmereement 1911. 

1037. foler = ausgelassen sein, sich unvemûnftig benehineD 
7222, 7912, 11474; vgl. affoler 2928, 4695, 5546 folz, fous, fouz 
796, 2414, 11860, 15113 folie 479 folement 4206 folages 2430 
buinars 796. 

1060. ores 1065 = orages 1056; vgl. vens, venteler 10007 
ventaille 10558 baloier 7237. 

1075. ester 479, 1474, 1874, 2535, 2746, 2889, 15237; vgl. 
contrester 2044 rester 14380 arester, arrester 1212, 4126, 4198 
estages = lage, stellung 4745. 6297 = stockwerk 4979, 6421 esU- 
giers 4624, estables 7701, 10911 establer 5243, 9450 connesUbles 
12280 establir 2013, 14351 a estai 4485 estaler 5487. 

1079. esclavine = sorte d'habillement ou casaques propre aax 
Sarrasins ou Esclavons. D.-C.-H. 

1080. bordons = pilgerstab; s. Et un petit bourdon ferre. 
Chast. deCouci6613. D.-C.-H; vgl. pèlerins 1991 pèlerinages 15614. 

1084. encliner q. = sich vor j. verbeugen 1206, 5197, 10335, 
11211; vgl. encliner 3516, 3562, 7442, 11822 enclins 3764 cliner 
3016, 13820, 15827 décliner 15139 déclins 2136 s'umelier 1204 
humilités 5468 apuier, apoier 583, 4868 enbronchiers 3194 eDbroD- 
cies 3368, 13466 enbrons 13706. 

1092. fins 284, 3228; vgl. finir, finer3466, 8127, 8360, 15952, 
15954 fenis = tôt 15939 definer 14562 definemens 14122. 

1111. L. bien oi 



545 

1121. Tilge das komma. 

1123. L. ne m'a 

1131. L. clere [et] 

1143. mons, obi. mont, monde 848, 1484, 1853, 2914, 6648, 
'182; vgl. mons 3796, 8610, amont 2637 lamont 6855 contremont 
086 monter 1047, 1815, 3230, 3812,4359 montans 12877 amonter, 
0382, 15472 desmonter, démonter 3258, 3404 remonter 4229, 5567 
ormonter 13732 montaigne 5353. 

1150. avenir = geziemen, passen, stehen 312, 3093, 14208, 14245 
= sich ereignen 1153, 14683 = reichen, sich ausdehnen 1082; vgl. ave- 
lans = lieblich 14203 desavenans 4642 mesavenir 11874 venir = 
leziemen 2613 aventure 14, 1245, 2041, 4387 malaventure 2156 par 
iventure 3298, 4363 aventurer 6249. 

1164. despondre = auseinandersetzen 11812, 12719, 14659, 
14676; vgl. reponre 1490 reposer, resposer 2254, 5566, 12106, 
15375 reposers 12979. 

1181. fel, obi. félon, adj. =r bôs, gefahrlich 776, 3402, 4476, 
10579, 12535, 15001 subst. 464; vgl. félonie, félonie = bosheit 2360, 
Î593, 4236 = beleidigung 2091 bricons 2124 coars 4523, 8704 
îoardement 10641 coardise 1390, 10645 coardie 12446 envers, cul- 
^ers 2840, 4231, 5483 gaignars 5314 engaigne 2126 borderes 7596 
aniers 10656, 15461 pautoniers 4500, 5626, 5714 rolz 776. 

1188. fais, faiz= aufgabe, lastll90, 5660, 7107, 8579, 15790. 

1194. ainz = angelhaken; vgl. Li vales vint au cbastelain Que 
unours avoit pris a Tain. D.-C.-H. 

1198. baillier, ballier = aushândigen, tibergeben 1236, 2671, 
>462, 14496 ergreifen 2432, 4218, 5444, 13092; vgl. malbaillis 
2604 baillieus 15230 baillie 199, 5170. 

1202. loer = belohnen ; sonst=loben 15292, 15937 = ratben, 
►eistimmen, 2075, 4958, 14189 u. s. w.; vgl. loz = lob 6722 loiers 
=^ belohnung 8174, 15223, 15514. 

1220. L. trueve 

1229. L. avant; 

1234. Eine beQerung von mais in mes liegt sehr nalie. 

1239. L. prendre ? 

1250. espawires, espeures, espoeres = in sorgen, furcht 2880, 
0470: vgl. paors 3718, 4259, 14648, 14706 espoenter 3376 espa- 
nter 7362. 

1270. L. Uns espérons; âlinlich: La fille le duc H chauca uns 
sperons, puis l'acola. Rom. de Trubert. Hist. litt. XIX. 745 ; vgl. 
éperons 3518 a esperon 3631, 5037 esperoner 2819, 7258 brocher 7401. 

Uormart ^5 



546 

1280. L. restincelans; vgl. estinceler 1899, 7734 estincek 4720. 

1298. L. d'outremer. 

1290. Beûere: depar; ebenso 1726, 5098, 5925, 6035, 15604. 

1336. BeGere: nostre 1346. L. Sire, 

1 358. cenele = frucht der stechpalmc. Vgl. Je ne prise mie 
deux coneles Vos siaumes ne vos misereles Mir. MSS. B. M. V. lib. l. 
s. D.-C. cenitus. 

1365. L. s'i. 

1384. estrains = festgosattelt. Vgl. destraîndre =■ bcdrâiigen 
4767, 7948, 8790, 12347, 13742. 

1388. délivres; vgl. delivrement 13610 délivrer 86, 4939, 5690 
livrer 4811 livresons 10509 rescore, resquere 3395, 4241, 5826, 
6017, 7621, 10750, 13860. 

1392. Beûere: drue; vgl. 2521, 6747; drus = dicht 2186, 
3332, 7884, 8394, 8577 u.s.w. 

1398. radement scheint sjcb mit roidemcnt (der dichter spracb 
vielleicbt raidement) gemiscbt zu baben; vgl. 1665, 1673, 1681, 
1684, 11738, wftbrend die adj. noch geschieden sind: rades 6665, 
13403 rois 1418, 2580, 2678, 3550, 6189, 10046; vgl. ravine 6985, 
7254. 

1425. BeGere: plaisans, 

1433. Be6ere: beubanciers; .vgl. 683. 

1434. BeGere: parliers; vgl. 119. 

1450. cris = geschrei, ruf 5605, 13826; vgl. crier 2801, 3501, 
4230, 6387 criais 7590 s'escrier 4580 braire 15100 glatir 4151 
henir 6820 friente 7467 bruir, burir 5650, 7786, 7931, 8723, 13120 
bruis 128, 7469 noisier 9986, 13206 noise 13551 bustins 14606 
toner 1054 tons 7469, 7808, 13046 vois 1^34, 1786, 3769, 5628, 
10053 s'effroier 15770 eflfrees 7854 effree[e]ment 7170 effrois 4150, 
7392, 7444; 8123; 2520, 5752. 

1464. blastenge = tadel, scbmach; vgl. blastingier 786. 

1467. L. gart.« 1469. L. en vait. 1471. L. en tome. 

1484. L. mous; 1485. L. plaire. 

1495. L. a l'aventure. 1503. d. s'en va. 

1510. L. cbemin tenu. 

1539. L. estue[tj ne; estovoir = mttssen 2807, 2500, 3491. 

1542. L. >cer8.« 

* 

1545. bocier = beben (s. Ferg. 16, 37: Sor le mavois qoJ 
vait hocent); vgl. bondir 10467. 

1551. estores 4418, 14141, 15504; vgl. estoire 15708 garne- 
mens 11878 garnir 414, 2763 desgarnir 4413, 10488. 



547 

1573. hontes 7096, 15972; vgl. lionir 2035, 3394 hontages 
1609, 6022 hontos, honteuz 4256, 4922. 

1581. virs = vers 1588, 3980, 4529, 6839, 15390, anm. 10285; 
gl. verdoier 584 azors 7732, 8557 bais 1401 bis 5862 blans 103, 
51 blanchoier 925 blons 110, 161, 3087 brunis 1894 chanus 1780 
ris 5861 indes 1918, 15566 noirs 1778 norcir 14648 rogir 2304, 
0106 sors 2054, 7909 vairs 955, 1931, 8510, 11257, 12114, 15112, 
5321 vernies, vermaz, vermauz 2348, 4041, 4164, 4434, 13420 
ermilles 6879 ferrans (anm. 3773) sinoples 1408, 4046 colors 6870 
ernis 1918 taindre 12015, 14706 tains 1824, 1918 tainture 1916 
stains 1445, 14328 paindre 6976, 1408. 

1604. Beûere: La u (il) 

1621. BeGere: Quant pogneis. Der auffallige sing. steht auch 
►827—28, 11405; vgl. quans 3663 tans 3708, 13377. 

1632. L. N'onques chevalier n'i 

1640. L. Orendroit — ebenso 4272, 4284, 4384, 5270; vgl. 
idroit 7317, 8140, 12854 oraius 5849, 7300 dorénavant 3590 
)esor 4045. 

1644. raellee, raeslee, melee = kampf 1882, 3266, 7521, 13124, 
13543; vgl. meller = haudgemein werden 7795 se inesler de q. 
îh. =: sich womit abgeben 3163, 4602, 6073 mellecraent 13577 en- 
remesler (aura. 272). 

1646. eschars = karg 15540; vgl. cscars = lichtung 3471 
Jschars = spott 440 escharnir 7570, 11382 chiches 158 avers 3908, 
1527 avarisce 1441 larges 8059 largement 15220 largece 121. 

1678. Sa lance ist zugleich object zu a brisie und subject zu 
«t enclichie. Fâlle dieser art sind meines wissens im afr. noch 
licht nachgewiesen, wohl aber im mhd.: z. b. er hct bi ôsterlande 
îln hûs an Ungermarke stât. Klage 1113 A (anders B.C.D.) s.Hil- 
lebrands aufsatz in Zachers zeitschrift II 261. Àhnlich ist 3311 
owohl auf 3310 als auf 3312 zu beziehen, ebenso 3539 auf 3538 
md 3540. 

1692. floibes— febles 2878, 15221; vgl. aflfebli 4784 affebloier 
i6l5. 

1713. L. Parsi 1715. L. mesire 

1728. prisons = gefàngnis, gefangenschaft 2036, 3397, 4800 = 
'efangener 5710, 9598; vgl prisoniers 3615, 5891 enprisoner 6036 
'esprisoner 5962, 6245 mesprisons (anm. 4236). 

1734. desvoies = ratblos 3759; = falscli 3758; vgl. desvoians 
=: irreftthrend 1182, desvoier 3802 forvoier 3749, 3782, 9047 
^oier 3760, 3793, 5358 ravoier 3933 convoier 5338, 15179 en- 

35* 



548 

Toier 6708, 9433 renvoier 4831 voie 3740, 3755, 3765, 4287, 4385, 
12563 voiages 1730, 5921. 

1736. liges lièges — lehnsraann, getreuer, geliebter 9062 eben- 
so liges chevaliers 1613 hom liges 10955, 12457, 12791 liges hom 
14745 (hom 4832) lige dame 10585, 14540, 14633 (dame 8832, 
14164) liges sire 10953 adv. ligement 4848 4953; vgl. fies 12458 
casemens 12742. 

1737. L. Neporquant -— ebenso 4604, 6566. 
1754. L. cite. 1769. L. en trépasse, 
1777. L. Desor 

1790. L. ainsmais — ebenso 1951, 1982, 4420, 4735, 4750, 
5146, 12743 aincmais 2227 onquemais 4733; vgl. avant (anm.4270) 
ains (anm. 9870). 

1793. Figure. Dièse verâchtliche anrede begegnet noch 4491, 
ebenfalls im spottischen sinn, wàhrend nain 2165 keine beleidigong 
einschlieût. Verâchtliche anrede zwischen rittern ist Beaz amis 
1855, welches sonst nur der hôher stehende dem niederen gegenûber 
sagt 11119 (vgl. César, beaz amis 11394, amis 3421, 3647 beaz amis 
chiers 6106 beaz doz amis 10790 frère 3414, 3779, 5221, 10476, 
10551 beaz frères 3630, 4301, 6173, 10735, 10764 valles, vallet 
4161, -4179, 5213, 9132 prodom 1092, 1165) oder die dame zu 
ihrem ritter (beauz doz amis 677, 14857, 15713 beaz doz sire 1955 
beals sire 662 beaz sire damoisealz 1975 sire 243, 1981, 2001, 
2305, 2391, 3117, 14100, 14261 mesirc Durmart 14776«.s. w. sire 
rois 14305) oder derPapst zu Durmart 15818. Ehrerbietige anrede 
zwischen rittern ist Dans chevaliers 1867. Anrede bei herausfor- 
derungen vassal 1634, 2453, 2544, 2802, 2872, 2897, 4599, 13059, 
14653 sirè vassalz 779 (vassalz = ritter 2592, 2822, 3510, 4678, 
5053, 6503, 7468, 7826; vgl. vasselages, vaselages 826, 4298,1176?). 
Andere anreden zwischen rittern sind sire chevaliers 1630, 2475, 
3498, 9569 beaz doz sire 5294, 5825 beaz sire 1620, 2680, 
3849, 9150, 9610, 9701, 9855, 11883 pi. beal saignor 11813 (so 
wird auch der einsidler von Durmart angeredet 5408 beaz doz 
sire 5414 sire 5455) und am gewôhnlichsten einfach sire. K^ 
letzten anreden wcrden auch von nichtritteni rittern gegenûber 
gebraucht: sire chevaliers 2157 bealz sire 641, 10836, 10899, 
11235 (beaz sire chiers 10482, 10572 mavais chevaliers 4499; die 
himmlische stimme redet Durmart an chevaliers 1535, 15602). 
Auch Artus wird angeredet sire 8177, 8192, 8671, 8769 u. s. w. 
beaz sire 9614 oder sire rois 9584 rois debonaire 10269 rois Artus 
de Bretaigne sire 14630. Àhnlich sind andere feierliche anreden 



549 

rois des Mores 8024 roîs d'Yrlande 12868 rois de Gales 14569, 
Sire, senesclial de Bertaigne 8353 Mesire Durmars 9716 mesire 
Gavains 9859 mesire Ke 12969 sire Galois 9896 vos chevaliers ver- 
maoz 13048. Die frâuen werden von den rittern angeredet dame 
238, 252, 532 u. s. w. douce dame 14541 douce dame debonaire 
9007 doce dame franche 11554, damoisele 2115, 2397, 3030, 3107, 
10307 doce damoisele 1953 amie 2493 doce amie 15718 ma doce 
amie 3291 bêle 1957, 1978, 2309, 3158. Gladinels geliebte redet 
Fenice an: vos pucele 3118. Anreden von familiengliedem sind: 
Genoivre und Andelise zu Artu und Josefent sire 9685, 910; Artus 
zaGenoivre: dame 9697, Josefens zn Andelise: douce amie 885; 
Durmars zu Josefent: sire 510, 847, 904 u. s. w. sire rois 1309 rois 
de Gales et des Danois 449; Josefens zu Durmart: gars 452 (eben- 
80 Durmars zum escuier garçons malvais 795) beaz filz 1237, 1244, 
1307, 15728. Durmars zu Andelise: dame 755, 1292, 15348 An- 
delise zu Durmart: beaz filz 753, 1289, 15345 Fenise zu Andelise: 
dame 15377 Andelise zu Fenise : fille 15367. Gladinels geliebte zu 
iiiren brûdern: enfant 3121. Artus zu Gawain und Geogehans zu 
Gttivret: béas nies 6243, 8191, 8666, 9851, 12757 bon nies 13887. 
Yvains zu Gavain: beaz corapains gentiez et doz 13320, Gavains zu 
Yvain: compains 13488. Die anrede mit einfachen eigennamen be- 
gegnet in folgenden fâllen: Gardroain 2458, 2483, 2535 Bruns de 
Morois 2889, 4581, 4824 Guivret 5896 Geogenan 8760 Saigremors 
9561 César 10799, 10888, 11063, 11115, 11141, 11169, 11298, 
U340, 11380 Procidas 11212. Nattirlich begegnen auch viele fâlle, 
^0 von jeder besonderen anrede abstand genommen wird, oder das 
einfache pronomen vos oder tu auftreten. Die verwendung des 
tetzteren ist ûbrigens ziemlich selten. Nie reden sich zwei ritter 
Dit tu an, auch nicht, wenn sie eng befreundet sind, wie Gavains 
ind Yvains, Kes und Saigremors, oder verwaudt wie Josefens und 
)armars, Artus und Gavains, nie spricht ein nichtritter zu einem 
itter auders als mit vos, nie wird eine frau, sei sie gemahlin, 
autter oder geliebte anders als mit vos angeredet und nie redet 
ine frau einen ritter anders an. (Nur der papst und die himm- 
ische stimme sprechen mit tu zu Durmart 15819, 1506, 15608 
md Andelise beim abscbied 1467. Auch nichtritter werden ôfters 
ait vos von rittern angeredet, so Guivres li Blons von Durmart 
897 (mit lu 5897) Césars von Durmart 10477, 1Q515, 10791, 10800 
1. s. w. (mit tu 10767) und von Procidas 11142. Doch dutzt Dur- 
aàrs Dionet 594 die knappen 797, 4162, 9132 den pilger 1093 den 
Iger 3784 den bauer 9364 und den zwerg 1793; ebenso sagt Kes 



550 

zum thtirwàrter 9493 und Césars zum diener 11119. Bis zu seiner 
erbebung in den ritterstand wird Durmai-s von seinem vater mit tu 
angeredet 452, 845, ebenso Guivres von Geogenant 6243. 

1832. Vgl. 15831 Qui sunt espris de mavais fu. 

1855. Man beobacbte die imperativiscbe geltung des infinitivs, 
auch das futurum vertritt ôfter den imperativ 2979, 3606, 5904. 

1867. L. Dans chevaliers por vo(s); die nebenform vos vo fftr 
vostre begegnet n. s. m. vos 257, 3299 obi. s. m. vo 4367, 9039 
n.8.f. vo 5782 obi. s. f. vo 1649, 2462 vos 1867. 

1868. ruistece; vgl. mistes 2424, 8067, rubestes 2475 gros 
103, 1786, 2678, 4471, 4769 gras 4687 eschevis 1025, 10019 ten- 
res 2206. 

1901. affiebler, affubler = umthun, befestigen 658, 3195, 
5860, 10021; vgl. deffubler, defubler 1944, 9950. 

1926. L. NM. 

1966. en gi-ande m in groûem verlangen 6912, 12096 s. Tobler 
Aniel 1; vgl. grans = grôûe 3881, 10913 groG (s. oben s. 530,5) 
grandece*1817, 14682 gaans 1327, 1830 nains 1779 fee 231. 

1977. Befiere: son messagier; vgl. 1979. 

1992. L. sospire, 

2009. geste = geschlecbt 8555. Das wort bat auch im ita- 
lienischen eingang gefunden, so begegnet es im italienischen Fiera- 
bras, den icb bald zu verôffentlichen hoffe; vgl. parages (anm. 2833) 
linages 172, 2332 orine 2775 oirs 709, 12851 eritages 4878 desi- 
reter 12797, 15518 engenrer 709 père, mère, fre^e (s. oben s. 529) 
repairier 1761, 3633, 4131, 5445 frarins 956 suer 9887, 14418 
germains 2686, 6170, 9600, 10587 orphenins, orfenins 14458, 15432 
maris, sire, moilliers, femme, veve (anm. 14887) filz, fiz, fiez, fiex 
18, 2727, 4220, 4841, 9575, 11446 fille 15367 oncles 6241 nies 
8477, 13288 nièce 6390 coisins 13961 cosine 10605 creere, obi. 
Creator, criator 4326, 11814 créature 1934, 14139. 

2030. Befiere: s'il (V) en. 

2091. L. S'il. 

2122. pas = schritt 3418, 8395, 11085, 12029, 14577 pas = 
weg 11094; vgl. compas 2121 trespas 15482 trespasser, trépasser 
1528, 1767, 1769, 9752 respasser 2973, 3311, 4597 mespasser 10994 
outrepasser 5336. passer 606, 634, 6378, 6928, 13399, 15487, 
15690, 15849 se passer 2579 passages 15691. 

2123. compains obi. compaignon 131, 491, 13488, 13306; vgl. 
compaigne=begleiterin 3123, 3216, 7502, 8318 =begleitang 8391, 8550 
compagnie, compaignie 892, 3109, 3319, 3714, 12271, 14879 s'acom- 



651 

paignier 2125 se descoinpaignier 5056 pains 5954. 

2127. cheles. Die vorlâufige andeutung des folgeuden objects 
Jurch ein proiiomen begegnet ôfter 277, 1400; ebenso* voraufiiahme 
les objects 7695 f., 15395 ff. 15731 f. ; vgl. die doppelte setzung der 
)r»p. vor obj. und regierendem inf. 3355 uLd anm. 4058. 

2145. goces obi. gocet 4468, 4474, 4479 ist wohl eine weiter- 
)ildnng von nfr. gueux. 

2146. voisoz, viseus = klug 12292; vgl. Qui trop est sages et 
'oisols Part 7180, bel D.-C.-H. 

2152. partir 613, 4103, 12086; vgl. un giu partir = zwischen 
wei dingen wâhlen lassen 4855 se partir 526, 3649 départir 396, 
►93, 14994, 15031 pars 2151, 13614 parcons 4630 partie 4138. 

2161. L. mande. 2162. L. viande? 

2177. descendre 3258, 14251; 191, 351, 432, 846; vgl. ascen- 
ioiis 14358. 

2208. L. ajue. 

2219. Tilge den punkt. 

2240. serains = abendluft, oder thau? 3823. D.-C.-H. ûbersetzt 
)ir, nuit, welcbe worte hier niclit ganz zutreflfen; vgl. soirs 2279. 

2256. vellier, veillier = wacben 3020, 5964, 5969; vgl. en- 
îllier, eswellier = erwecken 2274, 9003, 12696 resveillier 4103 
esvellier, s'evellier = erwacben 2276, 3027, 9000. 

2279. L. [i]er soir; vgl. anm. 3006. 

2286. Si 2900, 9299; 2814; 7591; 10744,11056 80 4778; 2964; 
106, 5416, 11399 si bien 11010 si com, cum 9478, 11737 si que 
)54 se non 4315, 5484; vgl. ausi, assi 223, 711 ausi que 1528 
isi313, issi7174 et si, se 1371, 2919, 5121, 8457 parsi que 1713, 
.559 portant que (anm. 10817). 

2300. garir, guarir 3183, 6037, 8178; vgl. garisons 13847 
.rans 4634, 12935 garantir 10570 meciner 3164 mires 8675, 13811 
igemens 3184. 

2333. charoler, caroler 2336, 15073; vgl. carole 2423, 15082 
.nser 1222 tumer 4477. 

2366. poestes 15620; vgl. ponee 3254 podis 662 poissans 4214 
mipotens 15778 poissance 2911 pooirs 3423 pooir 273 puis 673 
let 4 poons 13370 puent 7544 poient 10545 puit 14876 pooie 
72 peu 9027 pot 122 peut 270 porent 2318 pulent 6179 puisse 
7 puist 4248 puis 15938 poissons 13372 poistes 2048 poissent 
92 poroit 546 poriens 10996. 

2384. longe i:^ mlat. longa --^ *corrigia, qua ligantur et reti- 
ntur falcones ad sedem suam quamcunque quse sua longitudine 



552 

• 

comparata ad parles meretur dici longa, falcoDarîis longe [Occurrit 
in Legibus Palatinis Jacobi II régis Majoric tom. 3 S.S. Junii p. XXIV]. 
Vide Fridericum II liber 2 de arte venandi in prologo et cap. 27, 
39.« D.-C.-H. 8. V. longa 1. Im provcnzalischen lehrgedicht ûber 
die jagdvôgel begegnet: longa ni torn[$] noi dea faillir éd. Monaci 
V. 689; Bartscli Cbr. 175, 18 batte es misverstauden; vgl. Ions 103, 
136, 161, 290 loins, loing 53, 630, 1194, 3928 lontains 2321, 6833 
alongier (anm. 16) selonc, solonc 3246, 14241, 15122. 

2387. esbatre; vgl. batre 981 abatre 4227, 11528 combatre 
2494, 5285, 12930 s'enbatre 8643 rabatre 791 bataiUe, batallel297, 
2350, 8692, 12505 batestal 346 batillies 4454, 5206, 10904, 10920, 
12233. 

2414. L. niches — sembler wird stets mit dem nom. verbuu- 
den2590, 3371, 3380, 3865, 3996, 12001, ebenso resembler 10901; 
freîlich ist fol in folz zu beûern wie 796; vgl. anm. 2797. 

2421. Sor frain = mit erhobnen, verhângten zûgeln 6980; 
vgl. frains 4221 enfrener 10148 resnes 7318 règnes 3827. 

2434. le — im ms. steht li. 

2487. Avoi 3012, 11431 interjection; vgl. avoier 5358 avoes 
14661 voier 5317 ha 2715 va 3839, a 847, 10269 e 11532, las 9035 
elas 9044 e dex 8199 dex 8157. 

2516. BeGere des reinen reimes halber: quel virent. Wegen 
der verkarzang von la zu 1 vgl. anm. 3218. 

2522. s'esvertuer; vgl. vertus 2933, 6054,9330, 13714 péchiez 
471, 15500 pechere 15832 perece 457, 6145 pereceuz, periceuz 
10371, 13325 luxure 457 luxurios, luxurieuz 469, 15830 castes 7378 
hardis, hardiz 114, 264 hardiemeut 7190 bardemens 266, 878«, 
12822 estolz (anm. 775) oser 264, 429, 651, 5341. 

2525. les, lez 3237, 15154 = deles 9239, 15673 pardeles, 
pardelez 3005.; vgl. lez a lez 9898, 14498. 

2531. L. radement 2532. L. gent, 2533. L. jus 2537. L. Qui. 

2543. airer = sich erzttrnen 2698; vgl. airs zom, eifer 2786, 
3503, 14650, irer, irier 2171, 2427, 2444, 2484, 3371 ireèment 451 
ire = zorn 3554 irors 15861 iroz 3508 irascus 2426, 4351 eu- 
gaigne (anm. 1181) corecier, corocier, corechier 267, 426, 4223, 
13923 enflez 4487. 

2551 acoisier = ruhig werden, sich beruhigen 2982; vgl. cois 
2535, 4239, 4268, coiement, coement 707, 14507. 

2557. targier, tarjer 1989, 4073, 12758, 14884 atargier 3612, 
7168 demorer 397, 483, 4206, 13052, 13193, 14690 demoree 3927 
respis 290, 492, 2752 délais 3236, 14388. 



553 

2578. demallier, desmaillier 2585; vgl. mallies, maillies 8284, 
4410 maille malle 1273, 3526, 14412; davon verschieden sind 
aallier, maillier = mit der streitaxt schlagen 4722, 7834, 13145 
lale 2183 (= cscrins 14922) mallars = enterich 9126. . 

2581. floter ss wogen, hier von den lanzen, deren spitzen in 
itetang and kOiper der ritter eingedrungen waren ; vgl. Sains Juliens 
en Rant moy Jnllioute Ferai teil chanteir Tous mes cuers en 
joute D.-C.-H. 

2586. froissier, frossier 13108; vgl. defroisier 15599 froisseis, 
rosseis 7343, 8068 froer 2669, 3531 fraindre 5090, 7037 sofraindre 
Mm. 101) quassier 7771 quas 2834 rompre (aum. 4498). 

2613. estanchier 4156 restancbier 2651 weer 2634 faissier, 
ender (anm. 8497). 

2618. oster2629, 3131, 3145, 3147, 3213, 3846, 14923, 15526 
oster; vgl. tolir (anm. 5676). 

2632. crosier = durchkreuzen , aber croissier =: zersplittern, 
îh spalten 3548; vgl. crois 1533, 4289 escrois7764 escroseis 8583. 

2632. letrés (Tout ert la tombe neelee Del or d'Arabe bien 
tree. Les letres de fin or contoient Et en lisant coura contoient. 
l. et Bl. 661); vgl. lettres 8873, 12708 lire (anm. 5010) escrire 
708 escriture 14140, 14336 descrire 1936, 3662, 9097. 

2648. s'en consiwir = entsagen; vgl. siwir 2789, 2857, 2963, 
63, 8625, 13035 parsiwir 8763 essaiver 3470. 

2689. assembler = versammeln, soust = beisammen sein, be- 
nnen, 3971, = zusammentreffen 2822, 15776, ^ sich zu jemand 
«ellen 12915, = beiraten 14875; vgl. assenblee = verbindung 
:877 = menge 3982 = zusammenstoB 7766. desassembler 14878 
sembler 3791, ensemble 4189 ensamble 4082, sembler (s. 2414 
im.) semblans 4098, 14517 semblance 262, 1826, 4064, 4092 en- 
ment 4424, 4699 joindre 2553, 3493, 5639, 7871, 13615 joinz 
dj.) 1734 (sbst. anm. 6338) communs 5425 communalment 1329. 

2697. L. outres. 

2728. Beûere tote[s]; vgl. 11447, 15294. Gales ist durchaus 
aral im gedicht. 

2738. L. aillors. 

2768. mercis der plural begeguet nocb ôfter z. b. 5365, 6493, 

Denso grasces et merciz 5572 docb findet sicb auch der singular 

b. 2673, 2722. Vgl. mercier 1414, 2702, 3303, 12972 grasces 

4584 grascier, gracier 12860. 13796 savoir gre 4903 merir 5466, 

4782, 15635. 

2797. L. coià, der n. ist bel se tenir wie bei sembler (s. 2414) 



554 

auch sonst belegt. Ebenso bei avoir a non 26 a. s. w. 

2804. L. mal gre — ebenso 4986, 7094; vgl. grès 2517, 4903, 
9269, 14771 outre son gre 4587, en gre 4058, de gre 5312 tôt de 
gre 2826 agréer 9065, 15707 desagreer 591, 14866. 

2833. plas 4471, 7090 place 6765, 11765 plains (anm. 4317) 
planes 2580 plancons (anm. 4682) aplanoier (anm. 4437) pers 1849, 
3278 parages 869, 1971, 8443, 9722 parens 9612, 14152 pareb 
1088, 1928 aparillier 361, 2235, 3126 s'aparellier 2298 igaus 6839 
igalment 10263. , 

2961. L. »Ê8tes 

2964. tost 3266, 3468; vgl. tantost cnm 4048 tost-tost 3676. 

2966. L. chief, 2967. L. »Fait Bruns de Morois«. 

2988. adoles = von schmerzen gequalt; vgl. doloir 330, 2160, 
3169, 4376, 10360 dolante 700 duels 2152, 3362, 5624 dolors 298, 
3034, 3946, 4182 tristes (anm. 731). 

2989. rengrever = grever 2638, 3049, 3112, 4738,5464,9521, 
vgl. peser (anm. 6046) nuisir 3160 damages 598 damagier 10720 
adamagier 3541. 

2993. Beûere: Sor; vgl. 3016, 3026, 3119, 3562, 3596, 4140, 
11782, 13323 seure 3578, 14027 desor 660, 1038 desore 1003 
deseure 1263, 9463, 13289 soverains 15230 desos, desoz 1011, 
4535. 

2997. Beftere: atache; vgl. atachier 1654, 4155, 15561. 

2997. loriers, ebenso wie oliviers 2993 gehôren nicht wohl 
nach Irlaud, dessen baumgattungen vielmehr sind: chanes, chaînes 
2139, 3002, chastengiers 5478 aunois 6776, 6788 sapins 2174 (sa- 
pins adj. = tannenl666, 2844); vgl. arbres, abres 999, 1522,3065 
arbreseaz 4140 branche 2999, 4140 branchetc 1665 rains 2239 raime 
10464 rames 1768, 16390 copiers 1616 planter 999. 

3002. L. Desos. 

3006. en cest jor d'ui 3750, 4176, 14097; tgl. hui 240 ni 
main 4042 huimais 3344, 12018 encui, enqui, anqui 2309, 14175, 
14400 hier 4132 devanthier 3399 , 5331 devantier 34S3 hier main 
12817 hier matin 3281 hier matinet 4187 [ijer soir 2279 Fautrier 
4813, 5287 l'autre jor 5284 demain 3004, 5373 al parmain 14885 
lendemains 6398 nuis 2231, 3864 enuit, ennuit, annuit 3009, 11997, 
14887 annuitmais 12084 anuitier 1500, 5736 jors 3048 jornee 64 
ajomer 240, 3021, 4048, 9103 sejoi-s 646 sejomer 1592, 1658, 3S17, 
12770 dis 503 vespres 5882, 9358 vespree 3753, 5262 avesprer 
11269 serains (anm. 2240) aube, abc 2261, 2287, 4114 maUns3026, 
5023 matinée 3046, 8903 ore, eure 56, 11294, 12246, 13838 loisirs 



555 

^537, 9235, 12014 tans, tens 369, 854, 1476, 1988, 8939 tempre 
185 temprer 12111 atemprer 1044 destemprer 3173, 6343 termes 
6273 termines 85, 889, 11066, 14062 respis (anm. 2637). 

3007. travillier = abmûhen 3549, 10373, 15374; vgl travals 
= mtihe 4046, 10382 labors 5407 ovrer 246, 668, 4923, 14419 
evres 332, 9509, 12426, 13946 ovraigne 3333 orfrois 7732. 

3008. aaisies, aasies = behaglich 4295, 4378 aaisier 3136, 
m, 9857, 16741 a aise 6597, 7675, 15239 aisier 3830 entresait 
554, 12422 ensaier 11491. 

3010. L. 3010. 3068. Beûere Lor(s). 

3071. pans = seite, streifen 2266; vgl. espanir 4137. 

3080. eschequeres 6794; vgl. escheqoiers ' 545 , 3099 esches, 
ischais, eschez 373, 544, 12099 tables 373 dez 12099. 

3095. noirere (?), pbl. mireor; vgl. mirer 3096 remirer 1526, 
1743. 

3097. L. pardevant ebenso 3104. 3103. L. estoient, 

3120. Chaiens, chaeiis3281, 3288 vgl. laiens, laens3073, 3819 
icdens 3183 diadedens 5805 ens en 3845, 15283 chafors 6515 
hadefors 4087, 6219 la fors 5083, 6937 chasus 7675 lasus 7546 
ajns 7676 lamont 6855 ca, cha 404, 596, 3121 la 4246 jus 244, 
082 sus 1382, 2386, 3083. 

3139. le — die hs. bat: la. 

3141. roses = rosenfarbig; vgl. rose 4530 rosiers 923 lis 8558 
lais 923 fechiere 2186, 2235 erbe, herbe 584, 2186, 3172. 

3159. querre = kochen, brennen, schmerzen 3067; s. Eulalia 
D; vgl. keus 12095, 15049 cosine 10910 recuis 5072 coitier 1806, 
m rostir 2145, 10460. 

3160. L. me nuist. 

.3169. manoier behaudeln, halten 3339; vgl. mains 102, 182 
aniers 7634, 13476 manière 148, 278, 950, 8120, 9518, 15120 
lise 4873, 14723. 

3170. droiture 1496, 3262, 6742, 11154; vgl. droituriers 1614, 
i520 drois, adj. 98, 103, 161, 8148, 9271 subst. 85, 2196, 6598 
•oit adv. 696, 4157, 15574 adrois 2176 orendroit (anm. 1640) 
ecier 334, 2599, 3825 adrechier 4129 redrecier, radrecier 760, 
K)9, 7405. 

3176. rasuager = erleichtern; s. Part. 10191; vgl. sues, obi. 
lef 668, 6628, 13261. 

3193. L. blaLn]che. 3194. L. contenance 

3218. nés 1541, 7486 = ne les 15563, ebenso nel 4311, 7087 
= ne le, 3954 = ne la 3963, sel 277 = se la; vgl. anm. 2516. 



556 

3223. L. oreD[t] 

3261. L. chevaceure, 3262. L. droitare; 

3275. costume 1476, 2670, 15228; Ygl. costumiers 123, 3113, 
3909, 5070 (s. Ferg. 36, 37 anm.) usages 2166, 5935 suelent 13126 
soliens 13385. 

3280. L. rnii[s] 3325. L. jor[s] 3332. I . blanc aoberc 

3336. L. meisme(s) 

3351. TÎe ist dativ, da rendu sich auf me bezieht; vgl 606 
anm. 

3363. hurepes = struppig, mit verwirrten haaren; vgl £t ft 
molt hurepes et ot moult longue barbe. Robert BorronMeriioMS. 
D.-C.-H. s. V. horripilatio. 

3378. L. diunedeu[s] 3381. L. me dira 3382. L. Qui ne 

3418. L. oste[l]; Tgl. 203, 766, 3474 u. s. w. estez 3908, ost« 
= wirth 3859, 4125, 12030 ostesse 206 osteler 3792. 

3420. preus sbst. 4335, 4655 proz, prouz, preuz 1429, 2176. 
2781 prodom 4582 proece 4612. 

3440. L. trueve 3453. L. Trop ert 

3485. contraires; Ygl. contralier 7698 contre 3848, 4955, 5619, 
13458, 15335 contrée 4417, 6441 encontre 1225, 11727 encontres 
7457, 13413 encontrer 2571. 

3495. L. Apres wie 833, 3501; vgl. près 1068, 1788, 2150, 
2152, 4147, 4184, 5330 près a près 7941, 10029 près, obi. prest 
1638, 15415 prester 4368, 15004 aprester 762, 2541, 12160 s'apre- 
ster 3855. 

3504. L. Durmart 

3536. brans; vgl. glaives 11649 espee 3539 espies 3550 bnih 
dir 2479, 7032 fuerres 1696, 5656. 

3590. L. Dorénavant, ebenso 1193, 5700, 5846, 15634; vgl. 
1640 anm. 

3619. L. s'en parti. 

3637. besoigne 4386, 15704; vgl. besoins 4006, 11040 soins 
629, 14116 resoignier, resoingnier 8506, 8520 mesUers2668, 9317, 
15094 menestreus 15103. 

3642. Beûere: „Ha!" fait il, (beaz) sire cb[eval]iers; vgl. 1793 
anm. 

3673. desperemens; vgl. désespérer 3726 espérer 4274, 4907, 
9028 espérance 7376, 8843 espoirs 2066, 2491 démonter 3715. 

3710. L. piech'a , ebenso 5715, 6320, 7028, 8431, 9245, 9712, 
12732, 12863; vgl. grant pièce a 7184 grant pièce 3552, 3734, 
une grant pièce 2607 en grant pièce 7045, 13442 est ja jûece 3337; 



557 

rgK pièce 4712 pecoier (anm. 7526). 

3731. L. jo, 

3733. seoir 4578, 4583, 5003, 5008, 7018, 7208, 9229, 9557, 
)784, 9880, 11613, 11876, 12732, 15058 se seoir 10457 asseoir 
1537, 7012,* 9507, 9534 s'asseoir 244, 4540 sièges 4584, 4977, 9540, 
1862, 14148 assegier 10826 desegier 10709 ostages 14762. 

3760. L. sire dex, 

3773. ferrans= grau, eisenfarbig 7746, 14406; s. Gachet s. v.; 
gl. fers 3525, 4122, 4504 ferres 3044, 4348 aciers 3536, 7829. 

3794. L. herbig[i]er; vgl. 3120, 3842, herbegier 3243, 3799, 
•736 herbergier 6196, 6211, 15699, 15806 herberges 12395 herber- 
:erie 8122. oz, obi. ost 10649, 10873, 11695, 11750. 

3812. gaite = wache 13260; vgl. gaitier 2770, 4755, 5973, 
3494 garder 176, 1429, 1467, 2162, 3256, 4598 se garder 5181 
ntregarder 14537 garde 4251, 5282, 10477 la Garde 5029, 5216 
sgarder esguarder 1255, 1529, 7613, 12971 esgardeure 1933 re- 
arder, resgarder 3159, 4399, 5215 regars 257, 2642, 8725, 11012 
omr, norir 95, 2072, 4483, 4579, 8466. 

3822. L. esquiier[s]. 

3839. L. va Wegen Di va s. Gachet und Diez E. W. s. v. da. 
oser beispiel ist intéressant, da die verbalkraft noch ungeschâdigt 
eben der interjectionalen bestelit. 

3873. mainie, maisnie = gefolge, versammlung 3873, 4917, 
5445; vgl. manoir = wohnen 388, 10434 manoirs scbloG 155, 14108 
lanans = reich 4322, 8160 remanoir 2423, 14019 maisons 78, 153 
laisiere = wand 9546. 

3930. absconser = esconser untergehen 3605; vgl. consirent 
513 (='sie verbargen). 

3990. L. il 4004. L. todroit; 4005 L. loing. 

4011. L. desraina 4023. L. deu. 

4042. sente 1890; vgl. sentiers 3652, 3758, 3801 sentir = 
Ihlen, 9568, 2639, 12328 15161 riechen 2220, 4136; vgl. assener 
anm. 10225). 

4053. BeGere: Ques il oder Qui il. 

4058. Die vorlâufige andeutung des folgenden subjects ist ana- 
)g der oben 2126 besprochenen des objects. 

4092. membrer 8998, 15630; vgl. ramembrer 4282, 7027 so- 
enir 2247 , 4283 , 5161 , 7029 ramentevoir 8139 , 13212 recorder 
90, 9075, 15249 recorders 15260 recors 8787, 12858 oblier 4940 
'oblier 368, 15547 obliance 261 entroblier 3467. 

4096. ff. Vgl. 9069 ff. und eine anonyme provenzalische cobla, 



558 

welche Grttzmacher nach G abgedruckt hat (Arch. XXXV, 109). 
Der zweite text in Q. (f. 107 r. c. 2) ist fast ganz werthlos, da 
seino besonderhciten nur in spracblichen entstellungen bestehen. 
Icb gebe liier dcn text von G lesbar gemacbt darcb ricbtige wort- 
trennnng und interpunktion : ' 

Grant gaug m'ave la noit, qand sui colgaz, 

Q'en dormen vei la ren qe plus volria 

Qe m'acoill gen e m'a bella paria, 

E ba[i]8 sas mans dond mi tenc per pagaz, 
5 E ai grand gang; car m'a tan bel solaz. 

£ qand resit, sui alegres e sors 

E prec a deu, qar en veillan m'avegna; 

Per qe li prec, qe de mi li sovegna; 

Qe, qand la vei, noill ans qere secors. 

Nocb nUher kommt folgende • stelle aus einera brief Arnauts von 
Maroill, welche von Bartsch in der Chr. 92 z. 43flf. nacli R nnd 
nach Mahn W. I. 154 abgedruckt ist. Ich gebe sie hier nach c (f. 
24 V. c. 1), fûge aber die varianten von Bartsch bei: 



150 Clans son mos oils, faç un sospir, 

En sospiranz uac endormiz. 

Adonc s'en ua mos esperiz 

Tôt dreitament, donna, uas nos 

De cui ueçer es oobeitos. 
155 Toi enaissi com eu désir 

La nueich el iorn, qan m'o consir, 

A son talent ab nos dompneia, 
c. 2: Abraça e baisa e maneia; 

Sol q'enaissi dures mon sons, 
160 Non uolri esser reis ni cops ... 

Per la douçor faz un sospir, 
170 Pueis, qan me uen al esperir, 

Obri mos oilz esnelamen, 

Gard çai e lai tôt bellamen, 

Trobar nos cuit, dompna, lono mei, 

Mas non uos trob ni non nos uei, 
175 Clauçi mos oilz e torn ma chera, 

Las mans iontas d'aital mainera, 

150 Mos olhs clauzens f. u. s. — 158 Embrass' — 159 Ab qn« ^• 

aissi m. s. — 169 Per vostr' amor — 170 E pois t. a. resperir ^ 

171 0. m. o. soptozamen — 173 latz mei — 174 M. jes nous t " 

175 Mas clau mos olhs, torni m'arreira — 176 Mas m\ — 



51 



Si iam poiria endormii 
Mas ges noi puesc esdi 

4111. desirriers = desiriers 
3; vgl. desirere 5163 désirer 41, 
mvoitier 820, 5495 engres 3100, 

4125. rover = bitten 14786, 
)99, 3691, 5730, 9723, 11047, 
)rer 9201, 11210 demander (ann 

4130. trover 65 truis 683, 1 
oevent 7841 truisse 630 trova 2 
îrdre 296, 563, 856, 4132 s*es 
J200. 

4133. savoir 666 sai 598 s( 
.ches 504 sachies 92 sachons 20^ 
iusse 11559 senst 5120 sarai 62c 
L63 seu 83; vgl. sages 33, 117 5 
ent 2347, 12840 devins 12960 d 

4134. esbadir, esbaudir — ai 
3079 ; vgl. resbadir, resbaudir = i 

baude = keck, lustig, vorlaat i 
3ment 1491. 

4135. soliaz, solauz, solax 41 
747 solial 8114; vgl. lune 2270, 
)52 rais (anm. 8497) rosée 2265 

4138. bien 2; vgl. biens 8< 
enovres 2184, bienseans 145 bi 
2, 33, 15164 bon (anm. 201) boi 
t5, 12842 miedre, mieldre 129' 
580, 8161, 12433 mielz, niiez (nei 
B9, 295. 

4139. menus 3551, 5328, 73'; 
ains 298, 6663 pou, poi 1136, 2 
îtites 11822 cors 285, 889 acord 

4141. démener = fûhren, zu 
^1. mener 559 amain 2045 enmai: 
ena 390 merres 1739 mené 40S 
)rmener 5565 ramener 4965 mai 

4142. penser 640, 663, 2085. 
insee 11525, 13652 penses 214, 

« 
177 Vezer si poiria dormir — 1 






660 

mespenser 14368 porpenser 1920, 15471 trespenses 5393. 

4143. plus; Ygl. li plas 4170 sens plus 11263 plus qae 111 
plus et plus 640 plusor 208, 370 molt, mot, mont 76, 548 (adj.), 
163, 2441 (adv.) molteplier 15473 mais 3577, 5020, 12633 croistre 
435, 872, 4359 mains f. mainte 7, 30, 61, 4148. 

4145. Iacierl276, 12175; vgl. deslachier, deslacier 2384, 3139, 
5616 laz 12054 lasse 1595 laceis 6528. 

4146. cbevalcier, chevalchier, chevacier, cheyachier 146, 4128, 
9422; vgl. chevacie 4296 chevaceure 3261 chevaliers 28, 73 che- 
valerie 995, 8155; 50, 4233, 8203, 12028, 13027 chevalerouz, che- 
valeroz 1430, 8096. 

4149. oriere; vgl. orlez7864 penne 3193 licies8548 d'or listes 
4928 border 14416 enbordeure 7865 marche 414 marcis 6834. 

4152. L. que. 

4159. Saluer 444, 448, 492, vgl. salus 743, 1977, 6102 sans 
2717, 3142, 13972, 14183 savement 14155 salver, saver 5412, 11042, 
12612 savere 14684 savetes 2856, 11617 sains 367, 2182, 4320 
santés 3190 saner 2852, 3166. 

4163. novele = nachricht 1852, 3961 ; vgl. noveliers 1858 re- 
noveler 3946, 13717 novelz, novials 34, 92, 969, 1263, 1923, 8277, 
11057, 12419, 13210 de novel 1000 fres, frez, frex 1263, 1280, 
8301, 14414 freschement, frescement 10042, 13603. 

4166. cortois 118, 934, 4654, 4663; vgl. cortoisement 448 
cortoisie 121, 480, 4603 cors, obi. coii; 631, 10183, 10306 cors (de 
la forest) obi. cor 3770 encortiner 15389. 

4169. Certes 259, 858; vgl. certains 305 certainement 607. 

4178. L, n'estes. 

4180. terrestres; vgl. terriens 14986, 15481 terre 32 enterres 
10975 tertres 5389 pais 73, 4321 cielz 587 celestres 3348 paradis 
15482 infers 10067 mers 1568, 5392 maroniers 5395 aiguë, aive 
3214 s. oben s. 520 Ai), fuz 3068, 1509 fusilz 2142. 

4181. volentiers; vgl. tresvolentiers 4193 volontés 323, 326 
voloirs 4777, 15168 vuel 180 vuelz 495, 519 vielz 607 vuez 846 
vues 15623 vuelt 198 wet 14707 vulent 3 vêlent 7318 vint 2790 
velle 7920, 15976 voloit 66 volies 4368 vont 4222 vot 1056 vant 
9290 vorent 8924 vosisse 4280 vossist 294 vodrai 12261 vodres 
692 voldroie 756 vorroie 4109 voroit 15416 vuel (s.) 410. 

4182. moie; vgl. soie 1946 mien 497 siens 416, 1317, 11757 
sien 13655 mes 254 ses, sos 180, 2209, 2368 mon 1972 son 6 ma 
13 sa 1944 mi 1348 si 4957, 13790 sei 4973 gie 875 ge 224 g' 2130 
je 5 j' 13 jo 688, 2126 ju 849, 2045 tu 471 il 36 i 12420, 12537 



561 

44 el 2121 moi 239 toi 483, ti 873 lui 55 li 34, 51, 162, 236 
me 11 m' 11 te 462 t' 453 le 196 V 41 la 65 le 64 P 35 le 1312 
se 24 s' 48 nostre 823 vostres 1803, 4004, 4613, 6174 vostre 2130, 
2455, 3293, 3349, 6103, 6889 nos 10016 vos, vo (anm. 1867) 
lor 68, 82, 440 lors 3068, 7245, 7477 nos 10989 vos 4232 il 11618 
nos 11636 vos 81 lor 46 les 3, 67 eals 74 eaz 380 eauz 11738 
auz 5494 cil 11 cis 316 ciz 3618 icil 710, celé 332 icele 8940 cel 
11768 icel 13682 celui 364 celi 1733 cil 11612 celz 3 cealz 4509 
dbaaz 8382 cheles 2127 cestai 8804 cesti 1090 cest 266 ceste 623 
cist 12085 ce 1609 c' 7448 co 177 cho 17 chu 11 si, ci 1746, 
2695, 4627, 9447, 10774 desi, deci 1615, 2763 avuec (anm. 15237). 
qai 20, 8907 ki 1 que 592, 1905, 12082 qu' 5, 1993 cui 3994, 
7582, 7966, 8166, 9825, 10700 coi 1239 que (anm. 270) ou, o, 
u 66, 414, 1813 ques, telz (s. oben s. 530, 5) li quelz 607, 5633 quel- 
que 532, queque 13301 chascuns 4701, 5080 meismes 3696, 4780. 

4183. raisons 2082, 2617, 3733, 3967, 5094, 10789, 14804, 
16095; vgl araisnier (anm. 322) desraisnier, desrainier 1625, 2026, 
4011, 10608. 

4185. conter 2, 81, 3966, 15956; vgl. raconter 647 esconter 
4660 acointer, aconter 3403, 15331 contes 14, 17 contere 6076 
de^ser 19, 8307, 12037 devisers 15416 devise 1315, 1819, 2368, 
9908 devisions 1936 fable 517 fa vicier 9812 romans 236 hystoire 
15091 15980 matere 9097. 

4187. chacier 221, 13373 enchacier 13386; vgl. porchacier 
628 chacere, obi. chaceor 3405, 4156 chace = jagd 7428, 16646 
chaitis 398, 7586, 7611 achater (anm. 8354) décevoir 5174, 10668, 
12736, 14788 dechoivre 15038 parcivoir 218, 394, 3054, 14529 
^parcivoir 382, 3477 chacier = nfr. chausser 579, 1269 chaces, 
chances 1267, 6527, 12117 deschauz 10557. 

4190. honorer, honerer, onorer3592, 3885,4057,14278,14979; 
irgl. honors, honours, onors 4, 2949, 2969, 12820, 16970 desonerer 
)699 desonors 13244 prisier, proisier 79, 196, 286, 304, 442, 620 
[)ris 638, 850 deprisier 412 despis 12438, 14654 despire 55, 168, 
121 esmer 6814. 

4197. commander 176, 518; vgl. commandemens 15865 com- 
nans 11888, 15843 comraandise 15629 mander 427, 2161, 12009, 
15696 demander 423 , 4508 remander 481 somer 12865 somondre, 
semondre 932, 5008, 12760. 

4206. dire 1 di 5 dis 858 dit 177 dites 663 dient 405 dies 
9493 die 4259 diet 2080 disoit 4205 dist 247 desist 3632 désistes 
9020 dires 691 di (imp.) 3839 dit 779; vgl. dis (anm. 119) con- 

Dnrmars 



562 

tredire 9149 contredis 3919, 13390 dédire, desdire 2540, 14172, 
14308 entredire 326 escondire 9833, 14170 maudire 4334 mes- 
dire 2446, 13914 beneoir 2761, 3110, 9151, 11380, 13640, 14374 
beneicons 15802 jebir, gehir 214, 310 nuncier, noncier 2779, 4844, 
14716 faire (anm. 12756) lengages 8368, 12676 sermons 1169, 
7597 gas 7692 plais (anm. 4441). 

4207. oir 3 o 642 ot 195 oes 4264 oient 13920 oi 713 oissies 
310 ora 8857 oroie 4181 oies 4207 oi 1111; vgl. entendre (649 
anm.) escolter, escoter, esconlter 842, 4184, 9489 oir-dire 3661 
sors 1482. 

^ 4208. sorvenir = plôtzlich kommen 794; vgl. sovenir (anm. 
4092) avenir (anm. 1150) coveuir 57 covenans, covenens 5940, 11168, 
12678, 14518 covenance 3623, covenancier 2972 covine (anm. 19) 
devenir 5305 entrevenir 1671 , 4679 en venir 2075 ren venir 4617 
revenir 64, 6582, 12042 venir 4 vien 10271 viegn 11053 Yiegne 
1446 veigne428 vengne 2950 veignent 4625 ving 2131 vinrent 4019 
(s. oben s. 526, 7) vindrent 45 venist 4363 venra 2698 vien (imp). 
594 venus 564 venue (sbst.) 4355, 15879 venirs 253 bienveignier 
5246, 12786. 

4211. soie 6529, 14419; vgl. diaspres (anm. 657) samis (anin. 
1258) cendalz, cendas 8445, 15391 bokerans 12032 escarlate 3861, 
12113 porpre 6295, 15391 vairs et gris 6868 gris 13814 lins 10492 
linges 6526 burealz 146, 3101, 11258, 12004 haire 11258 dras 
980 chainsis 1897, 1903,6871 manche 1902, 10021 guimple (anm. 61) 
blias 1256, 2266 porpoins 1257 cote 1277, 4469 sorcos 1783, 9202 
chemise 1782 robe 2264, 11257 mantiaz 551 m. a penne d'ermioe 
6531, pailes 11208, 15401 coûte 3080 coverture 8295, colers d'aevre 
sebeline 6532 chapealz 6535, 7217 chapeax de roses 8292 cha- 
perons 10028 chape forée d'ermine 7214, 13012 eschaper 318 coudre, 
keusdre 1260, 12034, 14934 dessirer 3364 fermauz (anm. 10915) 
chainture 52 aumosniere 6533 chace 1267 solers tranceis laceis 6528 
gans 6533 aneaz 12635 cercles d'or 659 joiaz (anm. 327) gemme 111 
rubins 984. 

4213. v^illans 150, 299; vgl. vallance, vaillance 26, 4910 valors 
39 valoir val 4916 valt 289 vaut 285 vat 10385 vales 4907 valle, 
vaille 11529, 11580. 

4214. hauz 4332, 4854 (s. oben s. 519 A 3); vgl. haucier, hacicr, 
hauchier 2526, 3071, 6807 ensauchier, ensancier 8168, 9688 essao- 
cier 9733 rensaucier 15969 hautains 15170. 

4220. s'avanchier 2452 avancier 850, 857 avancemens 14262; 
vgl. avant 311, 2049, 3322 avantages 9689 devant 1786, 4166 pâ^ 



568 

devant 3097 ainsmais (anm. 1790) anoois, anchois 634, 4894 ancis 
(? antis) 6884 anciens 15961 ancesserie 6411. 

4225. dens; vgl. boche 109 nez, nés 109, 13419 entraels4435 
uels, iez, ielzlOS, 1931, 11522 frons 109, 7139, 7180 froncies 1780 
cervelé 4694 cerviaz 13407 chevelz 110 poils 1401 orelles 7586 
Bttssele 1924 mentons 1925 barbe 1082 vis 1913 visages 105, 1917 
viaires 14202 chiere 277, 446, 3114, 3712, 6310, 15033 chies (anm. 
806) teste 4471, 4766 gorge 6881 cois 103 acoler 325, 3563, 4390 
espale 1907 espaler 4698 bras 102, 5335, 11642 enbracier 1370, 
1629, 7066 poins (anm. 31) mains (anm. 3169) dois 4338, 12371 
ehanole 1390 forcele 5517 forcies 4199 pis, piz 2528, 5506 poitrine 
1083, 2583 poitrals 1385, 2292 qaisse 13422 braons 13608 adosser 
12407 endosser 4986 caers 701, 2109, 14172 corages 220, 1972, 
4297 coragouz 11671 rains 1691 bus 2640 cors 100, 7230, 14367 corsuz 
1078 genoz 3513 agenoillier 11209 engenoillier, engenillier 447, 
767, 11289 talons 10500 piez, pies 99, 4154, 13758 jambe 99 
nembres 986, 1913 membras 2496 ners 13608 sans 2614 sanglens 
13418, 13849 ensangl enter 3153 saignier 2616, 15833 sanguins 6295, 
7215 chars 5934, 13621 charnels 4750 alaine 4783 arme, arae 1542, 
12884 esperis 964, 15826 esperitals 906. 

4235. Beûere: Mais vos feistes t. 

4236. mesprisons; vgl. prisons (anm. 1728) mesprendre 2527, 
6572, 13581 esprendre 1878, 3456, 4094, 8078, 14510, 15261 apren- 
dre 2, 6301, 8918 enprendre 650, 797, 10620, 14847 entreprendre 
804, 3669 porprendre 7123 reprendre 8, 12824 soprendre, sorpren- 
dre, sosprendre 4538, 4813, 5158, 12823, 14560, 15500 se prendre 
4134 prendre 4220 preng 12796 prens 503 prent 170 pernes 4857 
preognies 3488 prist 167 preisse 6045 preist 6567 presist 12558 
pris 5617 prise 35. 

4239. tenir 8154 tien 166 tiens 472 tient 8190 tienent 8324 
tiegnet 14467 tenoit 417 tint 32 tenra 6664 tenres 3623 tien (imp.) 
507, 520 tenant 14250 se tenir 24, 8206 il tient de (impers.) 
11833 voie tenir 4133 en un tenant 759 maintenant 2185 main- 
tenir 23, 29 se contenir 12596 contenance 3194, 5980 détenir 11250 
retenir 294, 1363, 4882, 14336 sostenir 14335, 15512. 

4240. croire croi 576 creoies 475 creussent 7379, 10987 crerai 
516; vgl. créance 13974 mescroire 5774 mescreans 12885 mescre- 
uice 14370 recroire 859, 12836 creanter 5699, 5738, 6713 acreanter 
1367 recreandise 843, 12843 otroier 313, 4252. 

4242. avoir 294, 4908 aver 4803, 8696 ai 13 as 486 a 329 
at 400 ad 12722 aves 612 ont 363 ait 182 avoit 35 avies 4242 oi 

36* 



564 

1979, 12744 en 9014 oa 11349, 14337 ot 21 ont 11645 orent 338 
easse 4364 east 252 aorai 306 ara 637 ares 5352 aries 645 ea 62; 
Tgl. avoirs 1871, 7637 ravoir 3424, 4369, 14778. 

4244. enforcier, efforcier, efforcMer 1065, 10803, 12812, 12815; 
vgl. force 214, 4987, 12753 fors (adj.) 1185, 3514, 4343, 8258 for- 
ment 196 fort 13464 forterece 10413 fors (prœp.) 4203 fors (part.) 
4988 defors 2345, 3184, 11112 fors de 4105 fors qne 4701 confon 
2920 conforter 3221, 5570 reconforter 5299 desconforter 4171 fnew 
198, 386, 9747, 15121. 

4245. loisir 3024 Init 3806 Inist 15572 Inisent 4711, 7713, 
11650 lnira4245 lnisansl401; vgl. relnisir 6968 alnroer (anm.4094) 
Inminaires 8255 enluminer 106, 1119, 1822, 3656, 10043 estÎDcele 
(anm. 1899) flamboier 6752 flamboians 4667 reflavboier 6818 resplen- 
dir 4720, 8436, 11650 resplendors 7650, 11974 obscnrement 15568 
nmbre 1002 ombrages, ombrages 1130, 4900. 

4248. entrer, oltrer 1624, 2697, 2913, 4248; 1687, 10217, 
12321; vgl. ontreement, ntreement 7374, 8630, 8833 outre, otre 
(adv.) 443, 5508, 7461 outre, utre (prœp.) 2112, 4587 outragier 
3751 oltrages, utrages, outrages 2429, 10309, 11913 outrageuz 15829. 

4253. paroir 1506 part 4909 pert 11149 perent 3087, 6199 
paroit 3084 paroent 3881 parra 4253 parans 5209 paranment 8766; 
vgl. apparoir, aparoir 6766, 7944, 15575. 

4254. socorre, secorre 11428, 11653, 13570; vgl. socors, secors 
2737, 11818 core 7489 corre 6826, 7414 cort 3578, 10916 corent 
4677 courent 3775 queurent 14027 comstes 5852 corus 7409 troz 
1777 trotiers 556 galos 3505, 6215 galoper 2420, 3456 ambler, 
anbler 1827, 6734 ambleure 3045. 

4262. chastealz, chastez, chastialz, chastiaz, cbastias 389,612, 
1173, 1847, 10901, 14117; vgl. chastelains 10940 chevaz chastelains 
7081 fermetez (anm. 10915) palais 1219 doignonsl54 maisons (anm. 
3873) manoirs (anm. 3873) habitacles 5405 hermitages 5401 hermites 
5403, 5417 molins 4409 mosniers 13892 morre 10907 esmolus4728, 
12066 chapele 3820, 4409 chapelains 11279 glise 10477, 10554 
mostiers 4409 moines 3269 none, obi. nonain 1551, 15433 cbaneffle 
15503 chanoines 3270 abeie 9354, 15504 abes 14334 ville, vile 1847, 
10416 cites 151 marchiez 703, 945 marcheanz 9324 place 7183 
hors 2067 forbors 10823, 10830 borjois 192 arche 3a 

4304. esploitier 880, 1567, 2850 esplois 1721, 2854, 11344; 
vgl. haster, aster, hauster 295, 2192, 8538, 9993 hastiex 15136 
hastivement 487, 14903 ploier 11208, 12540 desploier 7247, 12192 
desvoluper 13832. 



565 

4309. croliere = sumpfiger, lockerer boden 10998; vgl. croler 
= erdrôhnen 1545 moliere 10997 moles 11096 mares 4309, 10990. 
4315. entrée 4342, 5587; vgl. entrer 228, 355, 581, 4906, 
4919 entre 555, 4921, 5308, 7314 dentre 7071 issir ist 523 issons 
11639 issi 656 issirent 2137 istra 13314 isterons 11624 issus 717 
sortir 7358. 

4317. gaignerie; vgl. gaaignier 292, 1197, 4631 gaains 7850, 
8615, 11711 chans3772, 4292, 5347, 5552, 12494 champaigne 7250, 
12999 plains 6746 planes 6749 prez, pree, praelz, praerie (s. oben 
8. 583) jardins 4410 vergiers 4319, 4528 vingne 6192, 6223. 

4327. guerroier, gerroier 10680, 11220; vgl. guerre 31, 407 
ftide 4796 pais 520, 1855 apaisier 10274, 11068 trives 14048. 
4339. BeCere: traitor (anm. 115). 

4339. punais; vgl. deputaire 776 flairs 4136 encens 9905 ordes 
13800 naistres 332. 

4344. murs 156; vgl. tors 4454 torele 6209, 11773, 12355, 
13683 tornele, turnele 3811, 4344, 10920 bertece 13039 cresteaz, 
cretealz 11652, 11773 creteler 5581 border 5578 lice 4345, 4347 
barbakane 4346 cloies 5579 bare 13040 enbarer 5089 desbareter 
11904 escluse 11625, 13037 fosses 10821 trencheis 6194 porte ferrée, 
oolleice 4348 pons 11106. 

4365. franchise 1705; vgl. frans, f. france, âranche 1412, 1841, 
3098, 4091. 

4371. vengnier, vengier 2685, 2909,2937, 2978; vgl. vengnance, 
veingnance 3488, 4854 vengemens, vengnemens 2978 vengnesons 
2874. 

4383. aquiter 4589, 5286; vgl. quites 8360 quitement 4423, 
14809, 15025 renfuser, renfurer 2102, 4688, 7495 offrir 15400 
offrande 15388. 

4393. veoir 205, 8259 veir 8052, 8108 veoirs 11526 voi 456 
voit 226 vuet 1253 veons 11135 vees 4503 voies 823 voient 358 
voie 4333 vi 4198 vit 145 veis 15819 veist 143 veismes 5769 
veîstes 5311 veissies 766 verres 5354 veres 2078 verroit 194 vez 
(imp.) 707 voiant 381 veuz 4192: vgl. vis, visages, viaire (anm. 
4225) raviser 9180 vis 4539 avis 5236 visablement 4099 entre veoir 
1238 envie 13916, 14314 enviôz, envieuz 13917, 13933 choisir 2153, 
4739 esgarder (anm. 3812) espiier 2780, 4217. 

4401. rue; vgl. rue chavee 2837 chemins 3044, 5061, 6744 
eh. battus 5052 ch. forcies 4199 cheminer 10435 s'acheminer 5130, 
5392 chaucie 13501 pas, passages (anm. 11040) voie (anm. 1734) 
sentiers (anm. 4042) paves 624, 4402, 11627 rue de paon 8484. 



566 

4407. crûtes; vgl. votes, celier8 4407 voltis 10039 Chartres 501 
machoner 4448 bastir 948 destmire (anm. 4949). 

4437. trece; vgl. trechis 954 pignes 3089 pigner 3090 chevel; 
110, 580 eschevelaz 3085 châves 4470 chavés 2837 recerceles lU 
aplianoies 580 galones 1908 crcpes 11136. 

4441. plais 470, 1488, 1643, 2338, 6226, 9501; vgl. plaidiei 
2032 plaidere 7400 plaisirs 400, 9297 plaisans (subst.) 47 plaire 
2482 , 3190 plaist 11 plaisoit 377 , 5269 plot 15543 plaisans 300 
desplaire 122, 591, 3676 plevir 4797, 5784 a gas 2576, 6099, 7692, 
11760. 

4444. errer 715, 3466 oirre 12712 oirrent 6139; vgl. oires 
9357, 10803, 15299, 15752 erreure 2042, 14691 errant 14880 er- 
ranment 3203 esgares 398 estraiers 7517, 8613. 

, 4448. piere 7734; vgl. periere 10814 perins 13594 pions 4449, 
4504, 6198 fers (anm. 3773) argens 2190 ors 659, 834, 1899, 4536 
dores 3174 orfrois 7732, 9921 ivoires 4613 esmarbres 1521 charbons 
2143. 

4479. clocbier; vgl. clocbiers 2464 bochus 4470 boceres 10025 
remuses 10026 reboles 4472. 

4484. ris, riz 11551; vgl. rire 4488 rist 2169 rient 325 rians 
676 s'esrire 2216 sosnre, sorrire 2163, 1973. gaber 2491 gais 108, 
3023 lies, liez, liex 42, 232, 354, 881 , 13882' lieraent 228 joie 29, 
2013, 2518, 14971 joiosement 14919 joir 902, 2482, 4162, 6064, 
8896 gorra 8852 esjoir 3221, 8183, 11890 se resjoir 5570. 

4492. laidure; vgl. lais 734, 1780, 1790 laidement 5636 lai- 
dengier 785, 1801, 3373, 5634, 13548 hisdoz 2165, 4476. 

4498. crever 13525, 13567, 14326; 2261, 2287, 4114; vgl. 
craventer 1837 escraventer 12524 fendre 4498, 4691, 13412 ronpre, 
rompre 8081, 12472, 13146, 13411 desrompre, derompre 7533, 
12537 casser 7177 brisier 1677 debrisier 13490 troer 4469, 5090 
estroer 6482 escaver 1888 percier 4682 trespercier 7056, 11737. 

4519. de fi 2154; vgl. fis 10487 fois 1832, 4388, 4608, 11245 
fiance 684, 2923, 4252, 4399, 10780 fiancier 2942, 14885 affier 
5706, 5738 défier 3511 fealtes 11238, 15214. 

4527. guiches 11022 porte 11109 portons 10860 uiz 5579 huis- 
siers 9492 fenestre 583 fenestres 4406 enfenestres 6422 desgres 
5082, 15657 clés 5745, 15657 desverroillies 5225 clous de fer 3836. 

4547. cremir 1453 crien 14183 crient 2881 cremissent 10988 
cremerai 1460 cremus419; vgl. se cremir 2505, 2792, 10718, doter 
1702, 4296, 4604, 11516 se doter 9056 redoter 4339, 5901 doteu- 
sement 7924 dotance 138, 3286, 4590 balance 14470 trembler 7144, 



667 

7260, 14648 angossier 5536 angoisse 3146 angoissoz 7802 frémir, 
fermir 4106, 13501 abanbir 5528, 5853, 6723 esmair, esmaier 618, 
2466, 2497, 6624, 10504, 15602 esraaance 11729 e8bahir744, 1130, 
1543,6319 esbahiasemens 14609 enbahir6308 espoeuter (antn. 1250). 

4564. viloniel958, 6131; vgl. vilz, viez, viex 185, 4335, 4646, 
5628, 10371, 10402 viement, vilment 11918, 12846 vieïtes 13299 
ayiUer 10318 vilains 1202, 3824, 10939. 

4566. amer 23 ain 297 aim 4568 aimme 11489 aime 197 
amoit 44 ama 59 amBrai 453 âmes 419 amans 681, 5165; vgl. s'en 
amer 12556 entramer 48 amis 288, 4841 amie 49 amistes 3015 
amors (aïim. 48) amerouz 13272, 13693, 14621 amorer (anm. 4727) 
enemis 5339 hair 513, 5344, 6010 haine 878. 

4568. vraemeut, vraiement 1986; vgl. vrais 1459, 11488 voirs 
4828 voire 7677 voirement 15821 voirs = wahrheit 4820 vérités 
1753, 4174 vertes 1525, 4904 fins 1138, 3224, 7280, 8968, 11216, 
14083 faus 4335, 4801, 4900 fauser, fausser 3145, 4683, 11174, 
14330, 14390 fausetes 14314. 

4670. daignier, degnier 386, 477, 2605, 4570, 12573, 15614; 
vgl. dignes 468, 783 disnement 14350 dignités 4967, 5501 desdains 
132. 

4681. lever 5044, -5411, 6200, 11593 anhebeu 3050, 10440 se 
lever 339, 578 estre levés 3337 levés 3811 leviers 3112; vgl.alever 
15116, 16119 eslever 1409, 8482, 8557 relever 789, 2591, 7292, 
13442 solever 2637, 10008 legiers (anm. 990) sordre 9119 resors 
2598 sorgier 2182, 4320, 5137 resusciter 14355. 

4608. mar 1338, 2805, 8173; vgl. mal 2468, 4486, 7694 mais, 
maz 804, 3294, 10496, 11569 malement 10432 malvais, mavais406, 
803, 4439 malvaistes, mavaistes malvaisties 1390, 4804, 12844 piz 
9478 li pire 3280, 5422, 7137 peior, pior 11224, 13668 enpirier 
616, 4700. 

4652. doz, dolz, dois, 252, 2104, douch 5193 dolce 3033 doce 
49 doche 80 douces 63 docors 3108 dochors 14752 douchors 3016 
adolcir 3034 amers 7604, 14319. 

4666. saisir 767, 812, 4221, 5167, 6867; vgl. resaisir 14475 
saisine 4026, 4828, 6670, 10625 sacbier 778, 3374, 12893, 13465 
haper^ hauper 7791, 7849, 8701 esrachier 777. 

4682. ais; vgl. planche 11006 plancons 4516 fuz 1417, 6845 
estache 13036 estachier 3063 perce 2323, 9178 verge 9798 vi- 
mielle 9953 buce 9360 astele 7767, 7876 esclics 7407 escliche 4686, 
11734, 12468 esclichier, escligier 1678, 7037. 

4686. riches 136, 4214, 4978, 7126, 16401 richement 4088; 



568 

ygl. richeces 15480 manans (anm. 3873) povres 133, 2903, 12262 
povremeDt 3721 frarÎDS 956 chiers 24, 288, 462, 4984 chiertea 
5015 chérir 3246. 

4689. hurter 4743; vgl. hnrteis 7806 deharter 8152 s'entre- 
hurter 2582 chuqaier 4689, 13086. 

4693. chaoir; chiet 1684 chaient 8593 chai 788 chairent 8574 
chaas3566, 13569 charont 13494 charoit 10997 escfaara 542 mescbeance 
4508 mcqueance 3285 mescheoir 2033, 7680, 9520, 10850, 13801 
branler 7706 chanceler 4744 coler 9123 trebucbier 2587, 13416 
triper 9545. 

4694. estoner 1685, 2589, 3546, 12545; vgl. estordis 788, 
4770 estordisons 4702. 

4707. cruelraent, crualment 10562 cruelz, craenz 2088, 2781, 
6252, 12332; ygl. crualtes 14756 craozement 3257 aspre8 367, 1866, 
8375 asprement 5523 tenres 8278. 

4709. coz, colz 3539, 3546; vgl. colee 12178, 13118 coaper, 
coper 4756, 5645, 8657 acoper 3815 decoper 13606 trescoiiper 
13134 boter, bouter 790, 1038, 2811, 5965 raboter 5562 ferir3374, 
4225, 4672 entreferir 3523, 4681 referir 12161 afiert, affiert 2447, 8641 
fiers 114, 6189 fer 2603 fiertés 4671, 13447 flatir 13534 flaz 1686 
marteler 12382 martelisons 13589 charpenter 12523 mallier, maillier 
4722, 13146 enpaindre 1681, 3628, 4725, 12520 chapler 4725, 7931 
chaploier 12539 chaples 7352, 13528 chapleis 8067 tochier 4814 
adeser 6292 esclas 7416. 

4716. navrer 3032; vgl. plaier 4595 plaie 306l bleder 2814, 
2968 mehaignier 4726 mehains 1403 escorcier 14740. 

4718. mors 104, 792, 2863 morir 57, 4856 muir 2925 mnert 
15488 morra541 mors (snbst.) 268 mortes 11707 mortelment 5340; 
vgl. decoler 5764 estrangler 2366 mater 5547 tuer 5441 ocire 2503, 
2859, 2908, 2970, 4629, 4790, 4809, 5447, 12524, 14657 outrer 
(anm. 4248) espapillier, esparpellier 5543, 11806 fondre 7668, 7811, 
13513 confondre 792 fons 505 parfons 3058, 5402, 7534, 11637, 
13664 fonder 15396 noier 13668, 16784. 

4727. agus; vgl. tranchier, trainchier 813, 4668, 9922, 13756 
tranchie 10919 taillier 100, 3660, 12034 entaillies 10195 amores 
2404, 6604. 

4730. solas 529, 3319, 4102, 15030, 15481; vgl. solachier 
9421 gîex, gius, giuz, jeuz 209, 2337, 4730, 4855, 6605, 12100 
joer, juer 372, 545, 6595 juglere 732 s'enbanoier 3823, 9878 es- 
banoier 3924, 12098 desdais (anm. 15104) revels 14965. 

4734. jurer 2371, 11173; vgl. conjurer 4602, 9505, 14374 



569 

mjuremens 1993, 4497 parjurs 14640 parjurés 9527 nigremance 
m sairemens 4876, 11225 sacramens 12888, 14136 sacres 13640, 
1367 tesmoiDgnier 4970, 6782 tesmognages 6040 justicier 415, 
J46, 14149 justice 3599, 7435 juise 15630 jugier 268 jugemens 
J841 jugiere 6429, 8123. ^ 

4742. suer 3146; vgl. chaufer, chafer 10458, 10543, 11151 
aloir 539, 7833 nonchaloir 1174, 3134 chalors 3050 chas, chade 
>82 frois 367 froidure 9313 refroidier 2180 geler 9101, 11001 
)is 6946. 

4745. remuer 2608, 5655; vgl. muer 276 mue (subst.) 612 
ues 201B muiers 2326 changier 327, 4324, 4584, 9293. 

4761. pener6861; vgl. paiDe 2158, 14508 peneus 1400 travillier 
nm. 3007) martire 12542 soffrir 2132, 5819, 7059, 7925, 8051, 

4782. défense; vgl. défendre 1463, 4546, 4572, 5449 defen- 
ibles 7241, 7702, 7958 defois, defoiz 2962 12566, 12902. 

4803. pites, pietés pitiés 2680, 3304, 10619, 19670; vgl. piez 
4354 14760 manaide 4793. 

4807. querre 1191, 4265; quier 1208, quiert 4822 querres 
245 querisse 4807 querrai 5182 conquesisse 2969 requerroient 
0979 malquerans 12454 quis 8869 conquis 4370, 4509 requis 311; 
îl. queste 7377 conqueste 5687 requeste 7377 enquerre 6903 mes- 
nerancè 2912. 

4812. Man kônnte sich versucht fQhlen zu beGern: „Que vivs 
•aitre estre c." wodurch die harte elipse des infiuitivs gehoben 
are. Man vergleiche aber fâlle me : E si m'est bon et ieu bon 
issaraent. Meyer Dern. Troub. p. 64. v. 34., wo ich die beûerung 
m «et> in «er> unnôtbig halte, fern^r: Com vos ternes, aisai ves 
38. (erg. ieu torn). Novelle vom Papagei v. 188 Riv. d. fil. rom. I. 
40. 

4830. lues maintenant 3636, 3901 lues eiTanment 4847, 5050 
les après 15589 lues que 3106, 3911, 4158 lues 2783, 5159, 16487; 
gl. tost 4367, 4677 tantost 4999 tantost que 12633 t. cum 6233 
tant 14766 manois 807 demanois 6116, 6667, 9679 a bandon 
768, 6038 a estroz 4656 ades 64 tostens 34 tojors 674 todis 48 
OYent 70, 6228 or 853 ore 4332 encor 4739 ancors 5709 encore 
260 (anm. 7618) lors 4128 ja 53, 4389, 4919, 6246 jadis 21 
unais 1242 gaires 2049 onkes 40 onques 69 onques mais 4733 aine 
anm. 4220) après (anm. 3496) puis 4160 puisque 14668 trespuisque 
8 dont 4170 donques 4619 adont 68 adonc 193 dusques 6067 
usque 600 dusqu' adonc 193 desque 6669. 

4861. amender 8, 12, 1876, 3610; vgl. amendise 4864, 4879 



570 

86 cbastoier 5445 chastoierSS? cbastois 513, 5471 se repentir 403^ 
15037 repentie 14811 penitance 15866 confesser 15608 assostlÔSO^ 
descoper 14316 encoper 14315 metre sus 14321 rester (anm. lOTOj 
reproche (anm. 7223) reprendre (anm. 4236), blasmer, blâmer 7, 
9, 404, 421 blasmes 12849 blastingier 786 blastenge 1464 escole 
280, 1372 doctriner 12124 enseignier (anm. 185). 

4855; Ygl. Je t'ai mostrees II raisons 506. 

4856. Man beacbte die anterdrflckang des zum infinitiv ge- 
hôrigen artikels, wegen des von jenem abbftngigen pronomens. Den 
nmgekehrten fall, daG der artikel des abh&ngigen objects zur prsep. 
des infinitivs gezogen wird, siehe anm. 423. 

4896. BeGere: tost(e). 
. 4912. L. mon saigner 

4935. gésir 2036 (?) 5799 gist4105 gisent 2592 se gîsoit 13458 
gisoient 8070 juoient 6516 giut 2657, 4773, 5128 jurent 5043 giurent 
4935 gieront 5014; vgl. jeter (anm. 440). 

4941. nomer, nommer 3172, 4051, 5854; vgl. nons 26, 5276 
renons 15944 renomes 20 apeler, appeler 90, 593, 4619, 11600 
rapelerl807 clamer 2155, 4501, 5202, 8360 reclamer 11816 bacbier 
1553, 2871, 9361 bus 12245 huée 7848 chalengier 2442, 4606. 

4946. essillier, 4328, 10420, 10548, 10650, 14300; vgl. gaster 
10416 gastine 5391, 10436 desers 5391 déserter 10432, 10568 
destruire 12345 destorber 1214, 5430, 6184, 10431 torbler 8076 
ardoir 798, 1832, 4997, 10416, 11256 enbraser 2143 fus 2140 fa- 
mée 8075, 15695 fumiere 9503 fusilz 2142 savages 10409, 15759 
estraignes, estranges 3124, 5354, 15761. 

4950. environ; vgl. avironer 4662, 5478, 10190 gîrones H481 
coroner 7733, 14673 cercles (anm. 4211) chercier 4151 acbaindrc 
7947 caindre, chaindre 1286, 5724, 7213, 13013 descaindre 3900 
enchaindre 84 chainture, cainture 52, 3365 chainsis (anm. 1897) 
cainler 1384 reons 3057, 6186. 

4963. Iaissier675 lait 1813 lasse 7489 laisse 5508, laissai 4601, 
5194 lairai 5559 lairons 6100 laires 4290 laisse 479 lasse (anm. 
520) laissies 391; vgl. Iasquier3448 enlaissicr 6826, 7065 eslaissier 
2568, 5637 eslaissies 10098, 12396 estais 10210 eslains 7760 las 
5694 lasser 7178 guerpir, guirpir 3593, 4010, 5715, 13865 relique 
6202. 

5010. cuellir942, 5307; vgl. acuellir 4316, 8121 escuellir 3492 
(s. Tobler Aniel 28) lire 236, 12719, 15285 eslire 8004, 8707, 9571 
11886 lis 4088 laituaire 6356 delitables 3206, 15062 delitoDsemeDt 
6160. 



571 

5020. L. Ja mais. 5022. BeBere: Itez. 

5024. Beftere: Dites comfaites les voles 

5032. mètre mes 4278 met 2188 metent 763 meterai 5035 
netes 5032 miz 6029 mist 22 misent 5950 mis 13, 263; vgl. en- 
remetre 7Ô4, 15051 malmetre 10568 remetre 7483, 13434 prometre 
i843, 9261 promesse 14790 trametre 9598, 12664 messages 4846, 
1039, 8892, 12710 messagiers 1867, 12726 mes 365 entremes 9982, 
nesse 5044 noncier 4844, 6150, 14716. 

5049. L. s'en tornent 5050. erranment, 

6064. Beûere: Bango[r]t; vgl. 15881. 

6082. L. desgres; vgl. 15667. 

5106. Beliere: se lor 

5131. vaus 6388; vgl. valee 6361, 6386 aval 766, 1083 avaler 
)438, 11184 contreval 8609, 13466 mote 5208 roche 6686 de- 
•ochier 3536, 11746. 

6147. Auch dièse tropische redeweise ist dem minnegesang 
iotncmmen und kommt bei tronbadors wie troveors liâ,afig vor. 

5196. plorer6750, 14746; vgl. plors 52()1 plaindre 4046, 11410 
i plaindres 2668 larme 6201 latmoier, lermoier 2514, 6200 sospirer 
:106, 8888 sospirs 11404. 

6275. celer 216, 9026, 11457; vgl. celeement 16478, 15677 a 
elee 2690 a recelée 14891 reces 6696, 12899 cesser 12638 estre 
nbles 9942 s'enbler 8821, 14694 s'en enbler 8902 a enblees 8931 
lucier 1490 reponre (anm. 1164) esconser (anm. 3930) secres 5162. 

5385. S'aresta. Ist hier etwa s'adreca zu bessern? vgl. 5360. 

6507. de plain randon; vgl. de randon 13607 de grant randon 
2536 en un randon 3561 (en un tenant 759 a un bruit 7614) de 
mdonee 3505, 7814 randir 7031. 

5535. descharcier 7167; vgl. enchargier 1188 chargier 1613, 
Î81, 12933 chargies 6643, 7894 charcans 5814. 

5618. loier; vgl. desloier 5718 raloier 10743, 13721. 

5649. L. d'eslais. 

6676. tolir 10586 tout 3264 tôles 4792 toli 3391 tolirent 793 
rra 5913 torroies 476 tolue 478 retolir 14672. 

5720. visteraent; vgl. vistes 2198, 4760 vistece 2600, 13394 
lelz 7748 isnelement 4116, 5719 rades (anm. 1398) délivres (anm. 
88) lentement 11917. 

5766. L. Qu'i 5789. Beûere: main[s] 

5813. cbaaine 4614; vgl. buie 5814 esgaiole 5815 charcans 
nm. 5535) 

5898. alques, auques 7178, 10498; vgl. alquans, auquaus 371, 



572 

730, 7407, 8636, 9811 aacans 6440 alcan 4362 allors, aillors 628. 
4627 el 204, 496 atres 199 autrement 6412 atroi, aatrai 370(^ 
7560, 8062 atresi 10453 autresi 320 atretel 4749. 

6046. pendre 798, 4518 pent 4613 pendent 2174 pendisa 
6046 pendans 12708 penda 4496; vgl. apendre 2728, 887B rependr^ 
2654 penser (anm. 4142) despendre 496, 553, 854 peser 200, 250, 
1957 enpeser 43 pesance 2451. 

6052. se merveller, mervillier 1 105, 6072 esmerveler 473 raer- 
velle 817, 4697 merveille 412 (anm. 354) mervilleuz, mer?elleoz 
1834, 9605 mirer (anm. 3095). 

6145. Befiere: Mavais(e)te he[en]t; vgl. anm. 4608. 

6158. Beûere: De riverer; vgl. 9113 rivière 142, 10870 rius 
2625 rui8elz2633 arriver 6063, 5398 li filz d'une eave corant 11025 
fons 87 fontaine 2181, 2625, 4319, 5136 fontenele 1007, 4410. 

6192. florir 569, 2860; vgl. flors 246 fuelle 3025 foiUis 4529, 
5128 foillus 2139, 6224 foiUie 2239 fuellete 10008 falloler, faiUoler 
4648, 8419, 10004 (s. D.-C.-H. fueilloler = s'élancer dans les airs: 
Carriaus et sajetes qui volent Au destachier treshaut feuillolent. G. 
Guiart I, p. 178 v. 4080. Die bedeutung passt nicht auf unsere 
stellen, welchen vielmehr »blattfôrmig aufsetzen, l)esetzen« zu ent- 
sprechen scheint; afr. faille pr. falha == fackel darf wohl nicht 
damit in verbindung gebracht werden). 

6338. poissons; vgl. lamproie, saumons 6339 brars, moles, 
estorgons 6340 lus 6341 chars (anm. 4225) viande (anm. 361) mes 
(anm. 5032) lardes 2144 joinz 8277 poucins 8278 pastes de faisans 
2205 sels 765, 2188 salière 9947 poivres gerofles 6342 canele 6343 
roisins 8279 socis 6341 jus 8279 laituaire (anm. 5010) episces, 
gingebras 6337 fruis 8269 gasteaz 2188 pains 5954 torte (anm. 286) 
vins 367 clares 9879 raspes 6346 mangier (anm. 333) paistre 2242 
disner, se disner 336, 5045, 8276 disnee 10352 soper, souper 5008, 
5256, 10539 boivre 10530 boit 3175 boivent 6360 beu 13800 
biurent 835 but 339 abrieves, abuvres 1816, 7306, 11693, 13559 
poison[s] 3173 saveros 6880 coteaz, coutelz 765, 812, 2187 haste 
2191 haster 3067 esquiele 5261, 6344, 10494 henas 6358, 10493 
cope 834, 2204, 6358 boclers 767, 2193 toneas 6346 nape 765, 
2187 tualle, tuaille 2184, 10492 table 362 laver 2194 levé 2195 
lèvent 6354 lave 363 bains 12111. 

6375. Man fûhlt sich versucht Qui in que beûeni zu wollen, 
doch begegnet auch sonst dièse relativische anknOpfung, welcbe 
wir mit »und< auflôsen: 2608, 2695, 3846, 7493, 12341, 13469, 
13689, 13990. 



573 

6384. lundis; vgl. mardis 6401 juedis 8945 yenredis 6102 
emenche (anm. 823) samaine 2042, 12909 mois 9078, 11222 mais 
Il mismais (anm. 11374) prinstens (anm. 305) estez 567 iyers567 
is 97, 620 paschor 571 pentecoste, penthecoste 937, 3620, 14362 
ste 1870, 2010. 

6Ô66. BeGere: n'estoit; vgl. 6304: Car il n'ert pas a enseignier. 

6597. L. a aise (ebenso: 7675, 15239) 

.6621. trosser 1781, 10496; vgl. sele 2055, 4690 enseler 2291, 
^40, 6938 sanbue 4928 ardions (anm, 222) estriers 1683, 7315, 
1732 espérons (anm. 1270) poitrals (anm. 4225) blasons 4463, 
)45, 12052 coverture (anm. 4211) rains, resnes, frains (anm. 2421) 
)rgie 1895 bernais 2241. 

6667. Man beachte, daG Bruns von Morois, obwohl er im ver- 
lltnis eines lehnsmannes zu Artu steht, nicbt auf dessen seite 
Slmpft, sondern auf seiten seines obeims des kônigs des Mores 
rgl. 8027). Yerwaudschaft geht also dem lebnsverb&ltniss vor. 

6726. L. cointe 

6732. L. ne l'ose 

6827. L. tant[e] guimple; vgl. 1620. 

7000. Beûere: s'e[n]trefierent 

7002. joste 2846, 6994; vgl. joster 5792, 7005 jostere 4796, 
499, 9718 joste 6788 dejoste 5004 s'ajoster 938, 6775, 7844 tor- 
ois 407, 6387, 8782 tornoier 6384, 6449 tornoiemens 6137, 7004 
ehorder 129, 348 boorder 1048 cenbiaus 6704, 11635 esters 3575, 
091, 12514 estormir 11846 s'enstormir 13849 envair 11620 envaie 
2685 assaus 10812 assaillir .4311 assaillie 12686 saillie 11845, 
2871 saillir 2386, 4721, 12028, 13502 resaillir 13758 riber (anm. 130). 

7024. liupars, liepars, lupars 1279, 13902 lions 4671, 6973 
onceaz 7324 singes 4476 cers 344 bisce3393 senglers 10796 beste 
0505 bues, moutons 10928 cbiens 71, 4151 leveriers, levriere, 
ivriers 1595, 1654, 1765*braches 10456, 10501 chevaz (anm. 556) 
3e, haïrons, mallars 9125 poucins (anm. 6338) paons 7218 aigles. 
567 aiglies 8415 esperviers 2441 faucons 9117 grifauz 15191 
itoirs 15194 aloes 586 roseignoz926 oisealz 71, 246, 570 poissons 
inm. 6338). 

.7031. Der vers begegnet fast ebenso Part. 8051: Quanque 
ivals li puet randir. 

7037. L. f[r]aingnent ; vgl. anm. 2586. 

7043. verser 3573, 5672, 7496, 13088; vgl. a reversées 13090 
ïrs 69, 2440, 4129 devers 4292, 10877, 11218, 13130 envers 2096, 
1467 entravers 4773, 5631 divers 1006, 1380, 11976 revertir 14384, 



574 

7061. descombrer, desconbrer 10075; vgl. enconbrer 2120, 
7115, 10184 taz, tas 7212, 7415 s'entasser 13366 amasser 15509 
espessier 1504, 7643, 7700 espes 972 espesse 3469 espesseroeot 
7794 espessemens 8074. 

7079. Beûere: a ceas decba (denn delà wttrde auf seine eigne 
partei deuten; vgl. 6678). 

7101. tyrer, tirer 1956, 7851, 8702, 10450; vgl. tire a tire 94 
Etirer 877 traire 319, 1812, 2142, 2649, 3145, 3228, 4570, 4705, 
5010, 8528, 8652, 10205, 12901, 14388 estrais 4428, 9722 retraire 
538, 915, 8013, 12150 traitiz 1929 traitie 1653, 2339, 2712, 3392, 
11101 trais 2212. 

7146. L. G(r)awains 

7148. L. Tôt (= Torz; vgl. Amie est Tors le filz Ares. Mant. 
Maut. 286 Wolf. Lais s. 348.) 

7155. L. Déserte. 

7172. prover 1099, 1985, 11440, 12146, 14437; vgl. esprover 
1631, 10931, 10986 reprover 10662 provance "2460,. 6462. 

7185. commenchalles; vgl. commencemens 12153 commencier 
15, 271, 5094, 6807 recommencier 7344. 

7223. aprochier 1787, 2164, 4307, 5092, 9439; vgl. entrapro- 
cbier 1839, 7228 prccbains 2626, 6728, 9612 procbainement 13812 
reproche 12852 près (anm. 3495). 

7276. L. desconissans 

7279. L. ermine 

7395. enseigne, enseinge, ensegne, ensaigne =scblacbtnif7509 
(s. Si corne peignent criant vont Itels enseignes comme ils ont Cil de 
France crie Monjoie Cen (Ceo ?) leur est bel que l'en les oye Guillaume 
crie Deu aye C'est l'enseigne de Normendie Rom. de Rou bei D.-C 
s. V. intersignum 3). Zwei solcber schlacbtrufe begegnen auch io 
unserem gedicht: Cornillon 7928 Morois 8005 Wie hâufig dièse 
schlacbtrufe, far welclie also der name ^der burg unter deren ab- 
zeichen die ritter k&mpften, verwandt wurde, in den Karlsepen 
vorkommen, ist bekannt. Die einfache bedeutung abzeichen begeg- 
net auch im Durmart so 7124, 8403, 8445, 8549, 10875; vgl. en- 
seignier 12012 entresaigne 7129, 13274 eutreseignier 8504 baniere6672 
pegnons, pignons, peignons 2621, 4464, 8601 pengnencias, peig[nJ0Dcias 
peignenciaz 6636, 10031, 10155 guimple (anm. 51) confanons, 
gonfanons 8086, 8600 gônfanoiers 15232. 

7417. iro[n]s; vgl. tronchons, tronçons 4464, 13400 tronchoner 
7494 lance 1411 lanciers 4123 lancier, lanchier 2510, 2524, 2816, 
4772, 14051 entrelaneier 4729 chamois 13075 chamoider 7665, 



575 

• 

.849 espee (anm. 3536) pomeaz, pumeaz 3545, 4765, 10251, 13511 
ace 7220 boions 10205 ars (anm. 222) arbalastree (lange eines 
mbrnstschusses) 11100, 12273 armes 357, 4361 armeure 4364 
mer 4117 desarmer 2179 enarmes 1420, 4577 guige 3442 bocles 
•73 esGuz 4455, 12085 escaiers, eschuiers, esquiers, esquiiers 438, 
i9, 2301, 4335 blasons (anm. 6621) haubers, aubers 3145, 3332, 
»83 liaubergier 5970 helmes, healmes, baumes, liaulmes, elmes 
i02, 3559, 6944, 9013, 10132 ventaille (anm. 1060) alemele 7336, 
1398 cercles 2586. 

7432. frester, fréter = ausfttllen 8479 (s. >culmare fe^ter vel 
>mbler« glosse bei D.C.) Das wort ist weiterbildung von afr. fest, 
ste eig. frestc nfr. faite, welches nach G. Paris (Rom. I p. 98) 
if unser first zurûckfûhrt. Unsere beispiele, welche das sonst afr. 
icht belegte »r< erhalten, sprechen ftir dièse herleituog. 

7526. L. pe(r)coie; vgl. pecoier, pechoier 7313, 7494 depecier, 
epechier 5813, 10419 pièce (anm. 3710), 

7531. Tilge das komma und setze es 7530 nach cler. 

7580. L. mavaiste; vgl. anm. 4608. 

7591. L. escorder, 

7595 f. Der gestôrte sinn und die durcbgehend verletzte flexion 
ieuten einè corruption in der vorlage unserer hs. an. Ich môchte 
•eûern: Recréant sunt et vanteor Coint et coart et bordeor. 

7601. tapis = mus 7601; vgl. taire 1252, 15436 je me tais 
340 se taist 3734 se teut 269 me tairai 4974, 8221 tapis (sbst.) 
602 (N'a cil povoir qu'il li eschape Tant ait tapith ne corte chape 
t. d. R. IV, 85 V. 2335). 

7618. encore = zu dieser stunde, in diesem moment; vgl. 
nm. 4830. 

7647. L. [Car] de la loge (la) u eles sunt 

7951. Ich mochte jetzt lieber beliern: Car (mesire) Galebes 
ivant] chacoit. 

7970. L, Grosse lance [a] cler f. t. 

8124. In der hs. steht: Li quer. 

8166 ff. Àhnliche, veràchtliche anspielungen auf Darius sind 
ich in der provenzalischen lyrik hàufig. So sagt Peire Vidal 
I. P. 4, 37 — 48 aber Lier in der lesart von A mitgetheilt) : ^Reis 
n ama valor Qe vol creire traiter Ni serv galiador Escoutar ni 
zir, Qe serv fant joi delir E baisson cortesia E poignon en trahir 
)r seignor chascun dia: C'Alixandres moric Per son serv qel trahie 
. rei Daire feric De mort cel qel noiric*. Ein anderes gedicht 
sselben verfassers enthâlt folgende zeilen (B. P. 35, 14 f.): »Mas 



576 

be laiss'om a mal senhor son feu; E pois val pauc ries hom, qaaci 
pért sa gen, Qu^a Dairel rei de Persa fo parven«. Ugiers de S. 
Donat (oder Guillem Augier iiach Bartsch G. 205, 6) sagt in einem 
noch unediertem gedicht (iesart von F f. 56 r^: »Qu'ab dar fo 
Alixandre ries E Dairos per tener enics« Das geleit einer eben&l/s 
unedierten anonymen Cobla (nur in F f. 61 v*— 62 r*. Bartsch G. 461, 
239 and 218 ftthrt anrichtig cobla und geleit als zwei anabb&ngige 
gedichte auf) lautet : Seigner Marco, Alexandres per dar Conques lo non 
e los portz de la mar, El reis Daires lo tôt perdet an dia Sol per 
non dar als baros qael avia«. So wûrden sich auch in afr. dich- 
tangen eine reihe âhnlicher anspielangen zasammcnfinden lassen. 

8180. Man beachte, da6 Artas hier wegen seiner freigebigkeit 
gerûhmt wird, w&hrend ihm in anderen gedichten geiz gegen seine 
amgebung vorgeworfen wird. 

8220. Lors fa asses qui le servi ; vgl. Assez est qui son cbeval 
tient 1217. Andere eliptische redensarten sînd: En sa béate n'a 
que reprendre 1136 (ahnlich 1171). Por un poi que 1830, 2172 
A pou que 1880. S. auch anm. 4812; vgl. assaser 3312. 

8354. bargaignes; vgl. achater 1871, 12067 rachater 12689 
vendre 4260 raencons, raenchons 5452, 8356, 14468 paages 3272 
paier 14897 gages 14644 engagier 551 marchiez (anm. 4262). 

8497. faisse, fasse 7863; vgl. fassier, faissier 2652, 8503 bende 
8437, bender 2649, 8441, 9921 loier (anm. 5618) coes 9922 rides 
1782, 7566, 10022 roies 11126, 11854 raier 2614 rais 3024. 

8512. Ein ahnliches wortspiel mit dem namen Tristan bietet 
Ramonz (Ralmenz) Bistortz d'Arle (B. G. 416,1; R. L. 498; hier 
nach F f. 45 r®): »Ai bels Fenics, merces e cortesia Mi vaill ab 
vos, quez eu non mor aman E camzel nom detanstrist (tantstrist. 
Ray.) en Trîstan«. Auch vom namen Frédérics findet sich eine 
âhnliche poetische etymologie in einem anonymen, noch unedierten 
prov. Gedicht (B. G. 461, 219 nur in F f. 102 v*): Qel noms es 
segnals e prezicx, Qe joven segner ez anticx Devetz sobrar, qe 
Frédérics Vol aitan dir com fres de ricx. 

•8708. L. S'i. 

8744. Die beBerung veigne(nt) ist unnôthig, da Artus wohl 
des Procidas begleiter zugleicli mit entboten wissen nvill. 

8772. Ergtoze beGer: »QuMl est aussi a vos plaisans«. Doch 
wttrde die erg&nzung ganz unnôthig, wenn mr den fQr deo sino 
ttberflttssigen vers 8771 als interpolation betrachten, und streicheo, 
dadurch wttrde zugleich die anstôGige aufeinanderfolge zweier vers- 
paare mit gleichem reim beseitigt werden. 



577 

8811. BeGere: espars; vgl. 8117 esparpellier (anm. 4718). 

8860. Die hs. bietet drue. Umgekehrt stand 1392 dure, wo 
r reim drue verlangte; vgl. durs 4686, 7958 durement (anm. 354) 
rer 1774, 4737, 6838, 15920, 15940 endurer 7059, 11569, 13845 
us (anm. 1392). 

8882. G ist wohl durch einen etwas zu phantasiereichen schrei- 
r statt X oder XX in den text gekommen, denn nur dièse letzteren 
bien sind annâhernd wahrscheinlich und auf walirsclieinlichkeit, 
hen wir ja, ist unser dichter stets bedacht. 

9069 ff. Vgl. anm. 4096. 

9078. Um dièse zeitbestimmung mit den frtiheren und nach- 
Igenden in einklang zu bringen (vgl. oben s. 511), scblage ich vor 
i beGern: A erre plus de plains VI mois (vgl. 3317, 7384) und 
}80: Et dedens ces VI mois vos di. 

9094. BeGere Ne as q. 

9396. Mit diesem vers sucht der dichter die spannung seiner 
îser zu erregen; vgl. den âhnlichem zweck dienenden vers 2259. 

9504. chaiere 9513; vgl. chairete 9551 chaierole 9638 sièges 
anm. 3733) dois 5003 escameas 3204 table (anm. 6338). 

9510. treslies; vgl. treillie 6223. 

9564. sengnier, segnier, saignier, seignier 1103, 3438, 4521, 
5156, 15600; vgl. senefier, signifier 4495, 15606, 15820, 15837 
îDseigne (anm. 7395) signes 1533. 

9693. L. proece, 

9690. vaintre, vaincre 30, 3294, 6398, 6401, 7138, 8124. 

9744. voer 8666. 

9935. Tôt ist wohl in Tant zu beûern. 

10020. vestir 13296; das p. p. lautet bald, wie hier vestis 
•898, 15405 bald vestus wie 4469, 6540, 12494 und beide formen 
i^erden durch den reim gesttttzt; vgl. revestir 11595 fervestis 12507 
dober 1241, 10928 endosser 4986 affiebler (anm. 1901) acesmer 
anm. 162) parer 4985 atorner (anm. 11095) entorner 3041 nus 
787, 8676, 10428. 

10192. a estri 14646; vgl. estris 2336, 14396 estriver 806, 
250, 14479 tencons, tenchons 822, 7393, 8136, tencier 2719, 4373 
înciers 2447 riotes 1488. 

10235. assener 302, 2572 assenés 1798, 6120; vgl. rasener 
783, 9048 forsener 7672 malsenes 1797 senes 193, 3162, 14192 
isenser 14363 sens 6, 25, 480, 2700 sentir (anm. 4042). 

10285. Ist ver == vert, oder= ber? 

10339. L. pris(t), 

Durmars ^* 



578 

10480. assegurer = asseurer, aseorer 324, 5788, 8682, 14158; 
vgl. seurs 3187, 4862 seurement 4327 seortes 11179, 11230. 

10558. vis, obi. vif (anm. 518); vgl. vivre 621, 4271, 10682, 
15920 en son vivant 2227, 3595 vie 47, 6228 viande (anm. 361) 
vigors 1158 vigeroz, viguerouz 4640, 11915 naistre 406, 4428, 
4579, 14349, 15616 nativités 9377 natare 115 natarals 4330 norir 
(anm. 4718). 

10649. oz banie 14456; vgl. banir 14678. 

10657. deniers 6654, 15133, 15189; vgl. solz 1198 mars 4280 
trésors 1304 (nicht tressors), 4524, 8158, 14291 sodée 14899 sol- 
doiers, sodoiers 11057, 13951, 14898. 

10796. BeGere: ocire. 

10817. Portant que = unter der bedingang, daû 1394, 3278, 
6720, 7575, 15467 portant := dennoch 15109; vgl. parsi qae (anm. 
2286) neporquant 1737, 4181, 4604, 6566 qaant que, qnanqae, 
qoanqaes 329, 2718, 15286 quant, cant 45, 232, 2038, 3358, 3706, 
4057, 4067, 5999 corn 241 corne 2723, 4232 comme 2066, 3744, 
12342 comment 95 tant com, cum 498, 672, 13288 car, qaar, 
kar 7, 602, 1177, 1344, 8026 bien que 6681. 

10869. ve(e)s ci 707, 1638, 11707 vez ici 15354; vgl. es vos 
3876, 6230, 14620 estes vos 3853. 

10882. BelSere: Queque 

10915. enclore 263, 7109; vgl. forsclore, forclore 7069, 7739, 
7815, 8102 forclose 7105 desclore 7070 clore 5967 closices 9274 
serrer 3332, 7122 sereement 11840 enserer, enserrer 3484, 5710, 
5805, 11358 fermer 155, 1299, 4398, 10821 affermer 16017 
s'afermer 7316 déformer 1552, 3818, 11325 ferms 6628, 13464 
fermement 15026 fermetés 2068, 4349, 14709 fermauz 984, 6534, 
9626, 12636 fichier 2340, 4516 affichier 1789, 9626 rafichier 7315 
apers 1282, 4394 overs 4450 ovrir 10860, 11109 covrir 220, 380, 
11403, 11655, 12013 descovrir 2750 coverture 4645, 8295, 12039 co- 
vertoirs 15159. 

10915. deriere, derrière 712, 2359, 8508; vgl. derrier 7949 
arrière 7358, 7920 deerains 2832, 6767 derrains 688, 1070 en 
bellin 8438 en chantel 7012. 

10925. L. Jones 

10988. BeGere: creraussent 

11095. tomiole; vgl. torner 395, 532 (?), 1661, 3842, 
13584, 13919 s'entorner 523, 1765, 5049, 14204 retorner 7418, 
13696 retors 344 atorner 2650, 6617, 9339, 10906, 14115, 
15868 alors 4443 trestomer 1548 guenchir 1813, 2556, 12667, 



579 

5658 reguenchir, reguencir, regenchir 1688, 3537, 11102, 13700 
îculer 6995 fuir 8103, 12544 s'en fuir 2364, 5663, 7854, 14707 
3sevrer 10303. 

11099. Loee 1774, 3928, 14892, liwee 8094 liuree 6119 liée 
)93, 8586 live 10433 liwel499; vgl. arpens 4532, 5590 toise 3533 
eaure 435 mesurer 2553, 11632 démesure 10579 desmesurance 
)2 desmesures 1100. 

11297. respondre 242, 282, 509, 749, 13818, 14666; intr.= 
•drôhnen 7809 respons, répons 1227, 3306, 14273. 

11298 ff. Sehr âlinlich ist der auftrag, welchen Fergus dem 
onig vor Roceborc an seine geliebte Galiene ertheilt : Fergus d'une 
)se li prie Que par le castiel s'en alast Et la pucele saluast Sans 
on de par le chevalier Qui aine le pot plus corecier. Fergus hsg. 
. Martin 163, 14—18. 

11374; L. mis mais := mitte mai. Durch versehen habe îch 
ben s. 493 und 511 mais = mois gesetzt. 

11441. bas 866, 1770, 37§3, 11244 bassement 3204; vgl. bais- 
1er 1744, 2567, 3747, 5638 abaissier 2633, 3230, 3275, 3355, 15485 
aisier 1205, 11245 s'entrebaisier 11242 baisiers 321, 9001. 
' 11466. Beûere N'ai[n]s 

11476. Man beachte die ausdrucksvolle asynthetische satzver- 
indung. 

11547. soçaellier; vgl. dormir 2243, 4109, 5375 s'endormir 
017, 4095 sonjier, songier 4101, 9034 cochier (anm. 12309). 

11566. L. Mais. 

11606. ne = oder 58, 94, 11635; vgl. ne 54, 4167 ne ne 500 
î-ne 53, 1314, 3313 ne pas 5 nus ne 40 aine ne 4168 onques 
> 59 jamais ne 1242 nenil 5147, 9495 nesuns 4735, 6000 naie 
120 noient, nient 8868, 9908 non 10, 2168 nus 56, 602, 4626, 
'19, 10738 guaires, gaires 1238, 1553, 5154, 5668 oil 8744 et- et 
84, 12712 et 1 que- que 959, 11912 u = oder 1241. 2036 u-u 
141. 

11619. L. guez; denn, daG »z« als zum stamm gebôrig be- 
ichtet werden muû, geht aus 12275 und 12405 hervor. Dem- 
cîh môchte ich 11613 ^gue« in »guez^ beBern und 11694 »des 
es* in »del gues«. Im Ferg. 7, 37 begegnet gue als obi. s. 

11724. rendre 743, 1002, 1968, 4249, 5097, 5707, 11192, 
644; vgl. doner, donner 135, 314, 450, 463, 4709, 7636, 14672 
ns 317, 5078, 8808, 12949 entredoner 13118 pardoner878, 4874, 
757 en pardon 12645 guerredoner, gueredoner 8839, 10730 gér- 
ions 9308, 12646 estrine 803 presens 3603, 9267, 14916 pre- 

37* 



580 

8eiitcr-1316, 3730, 4852, 15180 fornir 1656, 5039, 8100, 12559. 

11782. crestientes 13477; Tgl. cresdener 1610 baptisier 89 
baatesme, baptesme 14136, 14350 fons 87. 

11935. L. [ramenbr]e8 

11948. ot, od, o 125, 431, 2021, 2843, 3216, 3239, 11948; 
Tgl. avuec, avaech, aveques 397, 1362, 1438, 2100, 15237, 15923 
a tôt 1765, 13517 ensemble (anm. 2689) seus 4073 a 2053, 
3350, 3910 de 1134, 3431, 3518, 4020, 4278, 8368, 9734, 11384, 
13874, 14176 des 1515 en 2258, 3318 par 61, 4130 por 1324, 3639, 
10684 très 5331, 9369, 10412, 15265. 

12094. tortin8 8244, 9773,9806; vgl. tortîces 3906 chandoilles, 
cbandelles 3906, 8244 cierges 360, 3854, 8260. 

12247. faloir, faut 392 faloit 6613 falu 46 faoroit 7683; vgl. 
faiUir fail 14843 fales 11866 faillent 4713 faUrent 4638 faiUis, falis 
1922, 9002, 10880 faUle, falle 4266, 7736, 8213 fallance 2829 
faillemens 488. 

12309. descodiier 13106; vgl. coacbier, cochier 3746, 4089, 
6612, 8114, 11207 liez, licx, lies, lieuz 5141, 6867, 7667, 8066, 
9616, 10197 en lien de 12114. 

12395. L. Dusqu'es 

12605. Be6ere: tos garis 12697. L. compaignie 

12700. poiDS 498, 2924, 4264, 9460, 10035, 10303, 13030, 
14382, 14526, 15706 a point 1783, 10692, 14243, 14865 en point 
2904, 4110, 10724; vgl. apointier 10054, 14907. 

12756. faire 6058, 6841, 10502, 12972; 5323, 5362, 14511; 
9212, 9453, 12762; 4088, 5339, 13073, 13862; 238, 5325, 6283, 
faire 121 fai 303, 13994 fait (faic!) 10497 fais 471 fait 214 faisons 
11879 font, funt 4332, 14589 face, facet 1650, 14472 façons 5989 
faciez 10753 faisoit 50 fis 483 fiz 851 fi^ 38 usent 4331 feist 
10724 fesistes 9009 feistes 4593 fais 481 fai 11121 ferai 489 feras 
480 fera 631 fara 6434 faiz 478; vgl. fais 547, 8466 faiture 9513 
faitement (anm. 375j façons 2167 contrefaire 15101, 15111 forfaire 
4948 forfais 3464 malfaire 10592 meffais 7027 parfaire 10246 des- 
confire 5571 desconfiture 7488 afaitier, affaitier 3179, 6930, 11331. 

12841. L. loiautc 

12884. Beliere: ne[l] und erkl&re: welche ihn (n&mlich chief 
de saignor 12881) ihnen selbst um den preilS ibrer seele nicbt gebeo 
wttrde »Die kônigin will, so bildet sich Nogans ein, nicbt beiraten, 
weil sie ibn verschm£lbt bat. 

12890. Beliere: mescreant, 

12995. cienquante; vgl. quinze 97 uns 1^ 69 pi. li un 706 



581 

f 

anm. 980) primes (anm. 305) simples 1127, 1932, 3180 simplece 
Î57, 1435 doi, dui 1150, 11534, 15399 ambedoi, ambedui, andoi, 
insdoi 244, 4395, 4488, 4865, 6933, 11642 doblement 2308 dobler 
136 troi 402, 8357 est en trois (se. parties) esclite 1678 (âhnlich 
juerre Sainte MS. Vat. Reg. 1659 f. 63 v® c 1: esteit en deus 
lepartie, und unser deutsches: entzwei) tiers f. tierce 3055, 8754, 
[4355 entercbier 1860 trente 12683 quatrevins 5817 quars 3186 
luartiers 7433, 8409 quares 5207 escarteler 8492, 13586 sexante 
13352 samaine (anm. 6384) nonel051, 1770, 2004, 2315 cent, sent 
^20, 9390, 13726 centismes 491 mil 12878 milles 12906 mile (neutr. 
)!.?) 12879 miliers 8882 nombres 2317. 

13189. BeGere: nés 

13216. route, rote 6165, 6637; vgl. desroter 7383 rens (anm. 
)98) batalle (anm. 2387) tropeaz 8633 presse 7055 foisons 10485. 

13235. ff. Im romans von Sones de Nansay, dessen inhalt von 
LScheler im Bibliophile Belge 1866 s.252ff. bekannt gemacht ist*), 
indet sich folgende âhnliche stelle, welche ich mir bei meinem 
lufenthalt in Turin angemerkt habe (MS. Turin fr. 32. f. v* c 3 
;. 31 ff.) : 

Sones s'en ist parmi la porte; 
Mais de son cuer mie u*en porte, 
Ains la laissiet le cuer Odon, 
De cuer de cors lui a fait don; 
Et cheli apielent Ydain. 
Cuer et cors li met en sa main, 
Sans cuer en va li jovenchiaus 
Ei lors ert des biaus li plus biaus, 
Du tout en va énamoures, 
Si est en un serviche entres 
U molt le couvenra manoir; 
Mais ce n'iert mie a son voloir. 
A Nansay vint, ne sot que faire 
D'amour qui le justiche et mère; 
Car il n'avoit che pas use. 
Or a molt son siècle mue. 

Man beachte in obigen versen den namen Ydain, welcher ja 
ich in unserera gedicht vorkommt, an einer anderen stelle (f. 39 r), 
Sones der schônen Ydain eine liebeserklârung macht, aber ab- 
îwiesen wird, begegnet ein schloG Landon, welches sebr an Landoc 

« 

*) 8. 513 habe ich irrthûmlich den Homans de Sone de Nansay 
9 gâ.nzlich unbekannt angefuhrt. 



582 

anseres gcdiclitcs erinncrt. Die stelle hat mir mein freand ^r'o 
Wessclowsky mitgetheilt, sie lautet: 

A chel mot la pachielle rist 

Et après sa volente dist: 

> Vallès, vo tamps n'est pas uses, 

De maint pays iestes uses, 

Vous saves a moult grant fuison 

De tel art de castiau Landon; 

Bon est a vostre oes paruser, 

Quant tel siècle voles mener. « 

Chilz demande, qu'est fins amis, 

Quel art il a en cel pais/ 

Chelle dist, que li mendieur 

I repairent et 11 mokeur 

El vont par le pais mokant. 

L'un vont loant, l'autre blasmant. 

13364. movoir 3696, 15682 muet 2806, 6984 moyens 5881 
meves (beûere: moves) 13364 mnevent 6932 iûovent4676 moverons 
3723 romurent7045 e8mas39Ôl; vgl. removoir 2695 esmovoir 12771, 
13187 meubles 8521 mueblez 6691. 

13409. entrataindre ; vgl. ataindre 2086, 14327 tocbier 1516 
terdrc 5561 recovrer 3929, 5667, 6991, 7503, 8106 recovrier 6686. 

13490. estre 20 sui 138 es 875 est 10 somes 13489 estes 178 
sunt 324 soie 4071 soies 498 soit 240 scions 11535 soient 184 
est[o]ies 796 estoit 27 estot 4191 astoit 6564, 7966 esties 249 
estoient 67 ère 4061, 11453 ert 161, 657 eret 4197 erent 5961 
fui 5291 fu 25 furent 362 fuisse 311 fuist 3239 fost 53 fuissiens 
11915 fussions 11919 serai 633 sera 708 serons 533 seromes 13490 
seras 3166 seront 6685 seroit 9319 serions 12286 iere 2130, 3589 
iert 193 ierent 5020 esteres 2746 estant 760 estes 178, 15237; 
en est = il y a 5170 parestre 1334 reestre 2061 estre (sbst.) 2733, 
13625, 14318. 

13695. desaiwer 5525, 6025, 6996, 8049; 13704; vgl. aidier 
627 ajuc 2208 aut 4824, 6046 ait 6500 aï 597 ait 4810 aidastes 
2723 aidera 666 aidies 637 s'en aidier 2208 aie 3352, 4619, 15474. 

13929. L. nies. 

14088. adestrer 14217, 14253, 14978; vgl. destres 1532, 4291, 
5002, 14239 senestres 3654, 4292. 

14335. rois = lois 742, 11203, 13973, 14160, 14285, 15612; 
vgl. loialz, loalz, loiaus, loiaz 467, 4329, 4802, 13247 loiatez, loial- 
tez , loaltez 1436 , 1437 , 4806 desloialz , desloiaus, desloiauz 3402, 
9528, 14640. 



583 

14346. L. deu 

14383. Beûere: Qui par tort 

14455. Beûere: tort 

14584. savere falsch fur saveor. Beûere: »Grasces doinst diex 
grans savere « und tilge den punkt nach père 14583. 

14887. esposer 14989, 15009, 15265; vgl. marier 15506 maria- 
3s 870, 14351 maris 690 sire 4583 raoilliers, molliers 33, 416, 
)83, 5229 femme, feme 112, 4837 veve 15511 noces 14882, 15171. 

14972. flajoz 7727; vgl. flajoler 6758, 10033 flahute, flaute 
514, 7134 flahuter, flauter 3813, 6754 frestels 7725 chalemels 7726 
irpe 1221 liarper 371 vielle 1221 vieler 370, 8252 gigues 15077 
•ges 9906 psalteres 15081 citoles 15081 cors 347^ 4613, 7807 
trner 9775, 13260 araine 9776 businer 8082 tronpes 8036 tronper 
)82 tymbres, timbres 6760, 12772 tymbrer 6760 tabors 12772, 
chielete 1560, 3815 cloche 15386 clochiers 2464 clochier 4479 
mpanete 10011, 10093 estrumens 9810 mélodie 7728, 15080 note 
f noter 9904 sons 6153, 8252 soner 347, 3766, 4615, 12010, 
•386 resoner 2820, 4710 lais 6153 chans 370, 9903 chancons 77, 
091 chanter 163, 8251 chantere 5234 deschans 9904 descorder 
116, 8720 acorder 8128, 8719, 11969, 13929 racorder 690. 

15065. servir 399, 2192, 10542, 15634; vgl. deservir 8838, 
05, 15494 parservir 9995 servises, services 5188, 6581, 9703 
rjans, sers (aiim. 865). 

15104. dois (Rome est la doiz de la malice Fabl. et Cont. II. 

332 C'est la fontaine, c'est la doiz Dont sortent tuit li let pechie 
.s. 337); vgl. (anm. 4225, 9504) dus 15063, 15958 conduire 12882, 
224 se desduire 289, 349, 4404, 11538 desduis 71, 575. 

15238. règnes 710; vgl. rois 18, 26 roine 36, 59 roiauz 14, 
i3, 13562 roialmes 417 emperere 6174 empires 4324, 10750 em- 
rials 4211 princes (anm. 305) dus (anm. 15104) cuens, quens, 
]. conte 1020, 6657, 6659. 

15420. Beûere: along(i)es; vgl. anm. 16. 

15609. apostoles, apostoiles 15620, 15803, 15811 archevesques 

333 evesques 14334 prestrcs 3270 clers 88, 9903 lais 14295 abes, 
auoines, chapelains, moines, none (anm. 4267) porcessions, pro- 
ssions 15315, 15801 sains 11206 deus, <iex diex, obi. deu, de 
'47, 1960, 2051, 2463, 3852 diables, deables 169, 518, 4602, 
H3, 12914. 

* 

15968. L. renovelee. 



584 



NACHTRA6E. 

Nacli beinah vollstâadîgem drack vorstehender beigaben er- 
Bchien im Jahrbuch fur rom. nnd engl. litt. b. I nener folge s. 65—103 
der «rste theil einer dnrch zahlreiche textproben bereicherten in- 
baltsangabe unseres romans von Fôrster. Der verfaGer bat, trotz- 
dera er recbtzeitig von dem vorgerûckten stadiara meiner ansgabe 
(die nur dnrch znf&Uige nrast&nde spâter als sein aafsatz in die 
bande des publiknms gelangt) wuQte, eine verôffentlichnng seiner 
arbeit nicht fiir ttberfittfiig gehalten, aber ancb meiner ansgabe mit 
keiner silbe erwâhnnng getban. Ohne mit ihm ttber dièse seine 
anschaunng recbten zn woUen nnd ohne anch in eine kritik des 
von ihm geleisteten, die beGer anderen znsteht, eintreten zn woUen, 
will ich das wenige, was davon dem léser meiner arbeit von interesse 
sein kônnte, hier znsammenstellen. Ich gebe zunâchst die varian- 
ten, welche die von ihm mitgetheilten textproben ([s. 66] v. 1—21, 
[s. 67] 33—37, 98—113 [8.68] 165—70, 202—6, 228—321 [8.70] 
377—99 [s. 71] 509—18 [s. 72] 532—5, 556, 558, 567, 584-92 
[8.73] 673—4, 685—8, 691—2, 750 [8.74] 859—66, 921—6 [8.75] 
1189—93, 1310—7 [s. 76] 1332, 1346—50, 1476—93 [s. 77] 1507-48 
[s. 78] 1574, 1608—14, 1793, 1906—39 [s. 80] 1963—72 [s. 81] 
2213—4, 2255—76 [s. 82] 2423—4 [s. 83] 3011—26 [s. 84] 3225-30 
[s. 85] 3741—4, 4096—111 [8.86] 4331—40 [s. 87] 5142—69 [8.88] 
5201—2 [8. 89] 5547—58 [s. 90] 7013—20 [s. 91] 7375-80, 
8164—76 [s. 92] 8454—9, 8512—28, 8831—52 [s. 93] 8920-5, 
9063—73 [s. 94] 9097—100, 9111—25 [s. 95] 9774—84, 9810-4 
[s. 96] 9901—8, 9938—42 [s. 97] 10361—406 [s. 99] 11400-9 
11423—32, 11471—538 [s. 102] 12885—90, 12914—7, 13001-3, 
[s. 103] 13618—28, 13692—9.) von vorstehendem abdmck bieten, 
lasse aber die weg, welche der verfalîer in einer mir ttbersandten 
nnd im zweiten heft der Riv. di filol. roraanza s. 135 anm. 2 ver- 
oifentlichtenfehlerverbeûemngbeseitigt bat; — 3. oir (ohne komma) 



585 

- 4 bien (wie ich) im fehlerverzeichnis: biens (wohl eine emen- 
ition, auch onor muG in onors geândert werden) — 9. Et on i 

sans — 16. anuioz (vgl. anm.) — 17. roial (ohne komma) — 

1 fils — 36. non — 37. Fille [ert] (vgl. meine anm.) — 105. 
saîge — 112. femme — 165. seneschans — 168. Quant — 205. 
ne . . . seneschalcesce — 241. voel — 251. devoi[e] — 271. Adont 

- 272. pâlir. — 273. dire, (dieselbe interpunktion wie ich, doch 
ôchte ich jetzt lieber schreiben pâlir, .... dire — 275. dol- 
ment, 276. sovent. — 279. parole — 280. escole. (interpunktion, 
6 auch ich in den anm. hergestellt habe, durch druckversehen ist 

2 dort nicht deutlich erkennbar) — 286. [Et] je ne pris mie — 
17 todîs (wie oben) im fehlerverzeichnis: tos dis (falsche emen- 
ktion ebenso falsch 674, 8522, 8840, 9070, U535 tôt tritt in sol- 
len fâllen nicht mit dem subst. in gleichen cas., num. und geschlecht) 
■ 311. Se (je) — 316. Ces (1. cis) d. m. semble assez, fehlerver- 
jûerung: Cil — 317. onques — 382. tretot (1. trestuit) (zweifel- 
ifte belierung, ebenso. 396, 1348, 1929, 10402, denn die angabe 

102 anm. die reime sprâchen fttr tuit, widerlegt das oben s. 523 
jsàgte) — 386. nés un — 511. enseignemens — 518. uif (vgl. 
im.) — 532. a quil quil (1. cui qu'il) fehlerverzeichnis: a quoi 
l'il — 1190. en chargerai — 1313. C'est (1. co est) — 1347. 
a'onques — 1348 sont, ebenso 1487 und ôfter — 1512. cis (wie 
ben) fehlerverzeichnis: cil — 1616. tochier (wie oben) fehlerver- 
îichnis: cochier — 1517. chandoilles — 1519. Mesire (wie oben) 
îhlerverz. Messire (ebenso 1627, 1543, 8835, 884Ô, 9064 — 1625. 
îs (bei mir druckfehler) — 1531. fais (bei mir druckfehler) — 
537. merveilles — 1538. De l'enfancon et des chande[i]lles — 
541. nel — 1611. non — 1613. Ge — 1920. uiez (wie oben) 
îhlerverz.: uieuz — 1926. Ne (vgl. anm.) — 1929. traitif — 2213. 
ûques — 2264. D'itel[z] — 2272. adeuiner — 2423. rema(i)nent 

- 3024 les — 4102. Moût (so durchweg fttr ml't der hs.) — 4103. 
ert (von mir falsch aufgelôst) — 4107. Dieus — 4108. esuellies, 

- 4333. ne (1. nel) — 5149 puet — 5156. n'en — 5551. a l'aie 
ichtige worttrennung beim féminin, welche aber auch im masc. 
m Fôrster angewandt wird) — 6565. qu'on — 7378. Quar 

(est) ■— , 7379. creussent (cod. croissent) — 7380. Que son (so) — 
L70. uie(u)ment — 8513. sire[s] — 8518. orguilloz. -^ 8523. 
i(8) — 8524. homme — 8831. le (cod. se) — 8833. outreement 

- 8842. s'enmait (= s'esmait) — 8847. Ou. . ou — 8852. Ou ... . 
rra 8920. onques — 9100. qu'on — 9940. cuident — 9941. mon- 
tées, — 9942. u(u)elent — 10367. s'en — 10368. cas* . . . sohai- 



586 

dier — • 10369. aconplis — 10377. mauvais — 10382. traaa(i)l - 
10384 oa — 10385. Mont iia(a)t a. molt iia(a)t p. — 10398. haut 
oueare, fehlerverz.: haute oueure — 11406. m'a guerrc^e (unzu- 
làûig) — 11409. Nogan(t) — 11423. E, deus! f. e. p. r. — 11429. 
Ou ou — 11430. socors — 11480. nraie (»e8 dflrfte »neraie« zq 
lesen sein ebenso 11489. ain je bien ueraiement«) (sehwerlich) - 
11490. m'en — 11504. preus — 11512. erra{m)ment — 11518. chaieiis 

— 11521. miez — 11522. ueoir(8) — 11524. ouel — 11525. miez 
. . assez — 11532. dez — 11533. assembles — 11535. ensemble 

— 11537. chose — 12889. sunt — 12890. mescreant — 12915. i 
cheualier enseuble — 13623. fiez — 13624. liez — 13627. 8oMr 

— 13699. guerpis. 

Der in einzelheiten ôfters ungenauen und etwas zu subjectiT 
gefârbten inhaltsangabe sind kurze bemerkungen verschiedDer art 
vorausgeschickt und eingefttgt. Die wesentlichsten setze ich her. 
Die oben s. 445 erwâhnte notiz Jubinals lautet nach Fôrster s. 65: 
»le roman de Durmart est une vielle fable galloise assez intéres- 
sante en vers de 8 syllabes, ce qui lui donne une allure assez vive. 
Elle se compose malheureusement d'environ 9000 vers, ce qoi est 
un peu long, toutefois elle mériteroit d'être mis au jour etc« 

Von der bel beschreibung der hs. unter no 5 angefûhiten 
chronik befindet sich in Paris eine abschrift (bibl. nation. Coll. ste 
Palaye fonds Moreau 1565). Unsere hs. soU nach Fôrster ans der 
mitte des 13 jh. herrtlhren (daû sie vou 2 h&nden geschriebeo, 
wird nicht erwRhnt). AuGer der vou mir gelieferten bescbreibang 
der hs. soU der nach Fôrster »demnâch8t erscheinende Berner ka- 
talog , dessen franz. theil dr Grœber bearbeitet« eine genaae be- 
schreibung der hs. bringen (s. 66). Die Yerszahl des Durmart wird 
ungenau auf ttber 16000 verse angegeben, seine »sprache zeigtkeine 
besonderen eigentlitimlichkeiten, nur hie und da findct man einen 
picardischen anflug, wovon sp&ter eiugehend gehandelt wird. Seiner 
composition nach zahlt er zu den besten seiner art und man kann 
ihn neben die besten erzeugnisse von Crestien de Troyes hinstellen, 
den der unbekannte verfaGer vor augen gehabt bat. Wir findeo 
bei ihm dieselbe seelenmalerei , die langen monologe, die in leben- 
diger frage und antwort das wogen der gedanken in der bmst er- 
kennen lassen und dergl. Dabei herrscht aber ein zug derrealit&t 
darin, der nicht wenig absticht und auf eine opposition binweist. 
, Wenn der held ungewôhnliche waffenthaten verûbt, allein 10 (oder 
mehr; sic! 14) gegner besiegt, so wird dies eingehend motivieit< 
(Fôrster denkt an den kampf Durmarts mit Greoreas und seineo 



587 

genossen.) »Ferncr finden wir cîn conséquentes fernhalten ailes 
waoderbaren, kcine riesen und feen, keine zauberer — dabei jedoch 
aoffàllig^r weise zwei erscheinungen, die auf einer keltischen quelle 
(?) beruhen dttrften und worauf icli die aufmerksamkeit der fach- 
ffl&nner zu ricliten mir erlaube.« F. meint die zweimalige erschel- 
Dong des lichterbaums vor Durmart. Ich kann darin absolut uichts 
celtisches finden. Es ist nichts als eine ziemlich ungeschickte allé- 
gorie und wenn Forster s. 77 die erste erscheinung »ftlr eine fremd- 
artige épisode hâlt, die \\'ohl ihrem gehalt uach auf das graue hei- 
dentum zurûckfilbrt und mit der bandlung des gedicbtes in kelnem 
dgeutlichen zusammenhang steht, wiewohl der dichter am schluGe 
des gedicbtes darauf zurttckkommt,*^ so verrâ,tli er zum mindesten, 
da6 er den ethiscben zweek, welchen der dicbter verfolgte nicht 
erfaGt bat. Mit v. 692 ist nach Forster s. 72: »der erste theil zu 
ende, die flegelj^bre sind voriiber* wâhrend er s. 78 selbst den 
vers 1574: »or primes commence li contes« anfûhrt. Die strenge 
disposition des gedicbtes ist also gleichfalls von ibm verkannt, wie 
er denn aucb nirgend im verlauf der inlialtsangabe sie hervorbebt. 
In der frage der juugfrau nach den kleinoden und boten, welche 
Dormars von seiner geliebten der kônigin von Irland empfangen 
babe, verstebtF. s. 80 unter den juealz die hUndin, jedenfalls eine 
sehr gekûnstelte erklârung. Bcztiglicb des sperberkampfes wird 
aaf £rec 73ô sq. und Descou. 1565 sq. verwiesen, bezttglicb des 
verirrens aus allzu tiefem nacbdenken wird auBer auf Perc. beson- 
ders auf den Chevalier as II espees f 14' c 2 verwiesen. »Die 
beschreibung des turniers gehôrt zu den glânzendstcn und gelun- 
gensten tbeilen des gcdiclites, was bci der sprôdigkeit des gegeu- 
standes um so mehr anzuerkennen ist. Sie ist jedenfalls bei weitem 
jener Crestiens in seinem Lancelot iiberlegen.* Bei der scbilderung 
der Artusritter, welche Geogenans am folgenden turniertag Durmart 
bei deren vorbeiziehen entwirft, wird an die teichoscopie erinnert, 
aber aucb im afr. epos begegnet sie noch oft, ich verweise bei- 
spielsweise auf die Chanson de Jérusalem v. 7217 ff. 

Zu (fem oben s. 446 f. gesagtcn fûge ich hinzu, daG in den noteu 
der gesammte wortschatz gesammelt ist und daG in dem nach der ttbung 
des litterarischen vereins einheitlich angefertigten register, die citate bei 
Bîgennamen auf das gedicht selbst, bei an deren worten auf die noten 
sicli beziehen. DaB die anordnung der anmerkungen hâufig eine 
willktlrliche ist, verkenne ich selbst nicht, hoife aber dièse anmer- 
kungen werden den hauptzweck, den ich bei ihrer wahrlich nicht 
mttbelosen anfertigung im auge batte, nâmlich das lexicalische ma- 



S88 

terial anseres gedichtes vorzafQhren, erreicht haben. Eine 
malige, nnverhoffte ibersiedlang veranlaûte den abscblafi dièses 
bûches in Marburg, wo meine masestunden mir begreiflicherweise 
anfangs knapp genng gemessen sind. Dièse umstftnde môge der 
gfltige léser bei beurtheilung nicbt ans dem ged&chtnis verlieren. 

— s. 445 z. 5 von nnten 1. contre — s. 446. z. 8 v. o. Lo- 
herains — s. 448. anm. z. 1. P. Meyer. — s. 460 17) Die erste 
der beiden brûssler hss. welche einen Doctrinal enthalten citiert 
Scheler als 10575. Das letztere entb&lt nach ihm eine dberarbei- 
tang des alten doctrinal von Jean de Stavelot ans dem jahr 1444. 
Dieser bat 25 nene strophen zugefOgt. — s. 465. Die in aussicht 
gestellte arbeit des Herren Lutz bat leider von diesem wegen 
krankheit aafgegeben werden mflssen. Yielieicht werde ich spftter 
selbst dieselbe ansfObren. — s. 509. z. 3 tilge: und. — s. 539 
anm. 334. 1. es ist 

— 547 anm. 1678. Eine reiche beispielsammlnng ans mittel- 
hochdeatscben schriftstellem bat Haupt in der anmerkang znr 
2ten ausgabe von Hartmanns Erec v. 5414 gegeben. 

— s. 548 anm. 1790 z.2. 1. anm. 4220 und z.3. 1. anm. 11606. 

— s. 562 z. 5 1. 6150, 14716 — anm. 4208. z. 3 1. (anm. 79) - 
anm, 4211. z. 1, 2 1. samis (oben s. 530) — z. 10 forree 7216, 
9141, 13012 — 8.564 anm. 4245. z.2 1. alumer9159 — anm. 4267. 
(nicbt 4262) — s. 565 anm. 4401. z. 3 1. passages (anm. 2122) - 
s. 570 anm. 4950. z. 3 1. descaindre 3000 — z. 5 1. caingler - 
s. 571 anm. 5782 (nicbt 5789) — s. 572 anm. 6338. z. 5 1. espisces 

— z. 6 1. gingebras 6357 — s. 573. anm. 6564. (nicbt 6566) - 
anm. 7043 z. 3 1. converser 5429 revertir. 



liEGISTEB. 



adamagier 2989 
adea 4830 
adeser 4709 
adestrer 14088 
adober 10020 
adolcir 4652 
adoles 2988 
odout 4830 
adosser 4225 
adrechier 3170 
adroîs 3170 
afaire 43 
afaitier 12756 
aferir 4709 
afermer 10915 
affaitier 12756 
aflfehbier 1692 
affermer 10915 
affichîer 10915 
affiebler 1901 
affler 4519 
affoler 1037 . 
affubler 1901 
j^enoillier 4225 
agréer 2804 
agaa 4727 
aidier 13695 
^gles 7024 
aiguë 4180 
Mllors 5898 
aine 11606 
aincmaû 1790 
B 1790 



airer 2543 


anuuit 3006. 


aira 256, 2r,43. 


anqiii 3006 


ai» 4682 


an» 6384 


awe 3008 


anacais 107 


aire 4180 


anedoi 12995 


ajonier 3006 


antre* 114 


Bjoster 7002 


anuii 16 


alaine 4225 


anoitier 3006 


alcuiu 5808 


AOift 412& 


aleiiiele 7417 


apaiflier 4327 


aleoiw 59r> 




aler 595 


aparillier 2833 


alever 4581 


aparler 119 


alîgemens 990 


aparoir 4253 


allora 5SS8 


apeler 4941 


aloef 7024 


apendre 604G 


alongemene 16 


apeta 09 ir, 


akiuaiiH ^898 


flpianoier 4437 


aliimer 4245 


apoier 1084 


amaMei 7061 


apointier 12700 


ambedui 12995 


aporter 430 


amWer 4254 


apostole» 15609 


ame 4225 


apparoir 42Ô3 




appeler 4941 


amener 4141 


aprendre 4256 


amer 4566 


aprea 3495 


amen 4652 


aprester 3495 


amU 4566 


aprochier 7223 


amistes 4566 


apuier 1084 


nmonter 1143 


aquiter 4383 


amorer 4727 


arachier 2997 


amore 48 


araine 14972 


anbler 4254 


araingier 998 


ancesierie 4220 


araisaier 322 


anchois 4220 


. acbalaBtree 7417 


anciens 4220 


arbreBeaz 2997 


ancors 4830 


arche 4267 




fent) 


archons 222 


andoi 12995 


arciera 222 


ane 7024 


areoier 222 


aueaz 4211 


ardoir 494G 


Angarde 3579 {= Garde) 


Ares 7148 (kOnig, 



691 



ant. tnaut. 285, 


701 


, wo 


atirer 7101 


) heiGt) 








atorner 11095 


075 








atrea 5898 


148 


^ 






aube 3006 


!5 








aubers 7417 


17 








auctors (eT. 503) 


7745, 9987 (liegt 


in SuBsex. 


aucuns 5898 


besitzer 


sind 


nod 


jetzt 


Aullas 8493 (de Roche-Mont; vgl. 


; vgl. Arondele 


) iiu 


Ferg. 


ïulas de Roge-Mont) 


') 








aumosniere 4211 


1099 








aiinois 2997 


V. 1899) 








auquana 5898 


1075 








ausi 2286 


0915 








autrement 5898 


158 








autrier 3006 


;art) 222 


(arc) 






auz 4182 


88, 4195, 


5920, 


6002 


(obi. 


aval 5131 

Avalon 6661, 7448 (= Valon. be- 


• 805 








aitz von kônig Bangus) 


18 2177 








avanchier 4220 


0480 








avant 4220 


101 








avarisce 1646 


220 








avenir 1150 


)02 








aventure 1150 


3733 








aveques 11948 


• 10480 








aver 4242 


r 2689 








avers 1646 


L0235 








avesprer 3006 


10235 








avilier 4564 


733 








avironer 4950 


t, 8220 








avis 4393 


10480 








avoes 2487 


4 








avoi 2487 


2286 








avoier 1734 


851 








avoir 4242 


;82 








avres 3495 


)4 








avuec 11948 


2997 








azors 1581 


13409 






^ 


bachelers 865 


• 522 








baillier 1198 


30 








bains 6338 


2557 








bais 1581 


531) 








baisier 11441 


: 3006 








baissier 11441 


649 








balance 4547 



ballier 1198 

baloier 1060 

bandon 483U 

BangOD , BangoB , B&ague 6661, 
7448, 741)9 (kOnig von Avalon) 

Bangot, BaDgort 5064, ISSsi (stadt 
iD àei grafachaft Carnarvon in 
Wales) 

baniere 7395 

haoir 10649 

baptisier 11782 

barbakane 4344 

barbe 4225 

baie 4344 

bargaignsB 8354 

bamages 865 

BanidiB 6657, 7449, 7961 (= Bran- 
dis. Graf vonOalvoie; vgl.Bran- 
delis. Contes del Oraal. Holland, 
Creat. a. 202) 

baa 11441 

baatir 4407 

batalle 2387 

bateak 835 

bateatal 2387 

batillie» 2387 

bauz 4134 

bauteame 11782 

bealz 40 

behorder 7002 

bel 201 

Bel-Brullea 4935 (bei Moroia) 

Beliana 3583 (Bethlebeu) 

beliBBor 40 

bellin 10915 

bender 8497 

beneoir 4205 

Benewic, Benvic 6701, 7743 (cf. 
Berwickahire) 

ber 865 

beraer 222 

Bertaigne 8353 (t= Bretaigne) 

bertece 4344 

besoigne 3637 

bette 7024 



beubanciers 683 

biaz 40 

bien 354, 4138, 10817 

bienreignier 4138, 4208 

bi» 1581 

biace 7024 

Blanche -Cite 151, 573, 939, ITffl 

Joiefeata Teaideni] 
Blanche-Lande 6705, 7747 (Gnt» 

Biti) 

Blanchea - Mores 6385. 6711, m 
{5 meilen ïOm 10-jiiaglTwa>- 
schloO) 

blana 1581 

blasmer 4851 

blaaona 6621 

blaatenge 1464, 4351 

bfecier 4716 

blias 4211 

blons 1581 

bobance fl83 

hocerea 4479 

bocLe 4225 " 

bochua 4479 

boclera 6338 

boclea 7417 

boiona 7417 

boiadie 669 

boieier 669 

boivre 6338 

boiz 388 

bokerana 4211 

bon 4138 

bondir 1545 

bontea 4138 

boorder 7002 

border 4149 

borderes 1181 

bordons 1080 

borjoÎH 4267 

bors 4267 

buH('.a,geB âS8 

boter 4709 

boz 388 

bra«hes 7024 



593 



6703 (= Briains) 


canele 6338 


50 


cant 10817 


8 2997 


car 10817 


Î536 


Cardroains 2011, 2341, 2390, 2656, 


7961 (— Barndia) 


10609 ( — Eardroains, Bruns von 


4147 (Sitz von Brun) 


Morois bruder, Ydains von Tian- 


1693 


doc gatte) 


78 (von Lis, Kes genosse) 


Carduel 8499 (Sitz von Dos, stadt 


36 


in Wales, jetzt Garlisle; vgl. 


225 


Chev. au lyon 7, Ferg. éd. Martin 


38 


8. XIX) 


5 


carole 2333 


9 10285 (= Bertaigne) 


casemens 1736 


6703 , 7745 (= BraiainB. 


casser 4498 


on Arundel) 


castes 2522 


181 


ce 4182 


;9 


cealz 4182 


498 


celé 4182 


1270 


celer 5275 


J88 


celestres 4180 


7858 (Sitz von Clamador) 


celiers 4407 


SO 


celz 4182 


;88 


cenbiaus 7002 


581 


cendalz 4211 


)bl. Brun 1) 3798, 3837, 


cenele 286, 1358 


7on Branlant, Josefents ju- 


cent 12995 


enosse; vgl. Cont. del Gr. 


cercles 4211, 7417 


land S. 202) 2) 2683, 2857, 


cers 7024 


1209, 6667, 7255, 8027 (von 


certes 4169 


i,bruder vonCardroain,neffe 


cervele 4225 


inigs der Mores) 


cerviaz 4225 


383 


cesser 5275 


=52 


cesti 4182 


J4 


clia 3120 


138 


chaaine 5813 


.3 


cliace 4211 


1037 


chacere 556, 4187 


4211 


chacier 4185 


50 


chadedens 3120 


90 

3 


chaens 3120 


14972 


cliafer 4742 




chafors 3120 


4950 


chaiens 3120 


4958 


chaiere 9504 


Bte 14972 


chamdre 4950 


ittl-U 


38 



cbainea 2997 
cbaiDÛs 4211 
ch&inture 4211, 4950 
chkirete 9504 
chaitifl 'ilST 
clialemeU 14972 
chaleogier 4{I41 
chaloir 4742 
clulon 4742 
ClulToie 2490 
e ha tube ri ère '2'2S 
chambre 228 
chamois 7417 
cbampaigne 4317 
chanceler 4693 
chancona 14972 
chandelle 12094 
chanes 2997 
chanede 4267 
changier 4745 
chanoines 42(i7 
ctianole 422& 
chans 4317, 14972 
cbantel 10915 
chanter 14972 
chaniia 1581 
chaoir 4693 
chape 4211 
chapeaz 4211 
chapele 4267 
chaperons 4211 
cbaple» 4709 
charbona 4448 
charcans 5535 
chargier 5535 
chameb 4225 
charoler 2333 
cbarpenter 4709 
chara 4225 
cbartres 4407 
chu 4742 
chascniia 4182 
chateaU 4267 

ChateaU 1) dea molina 10921 (bei Li- 
meri) 2) aa X pucelea 6112 (1 tag 



Ton Rocbe-nrune ; vgl. Cui» 

PHcieles Edinburg. Ferg. 

Martin XIX ». Hollaiid 204 
cbastelains 42â7 
chaatengie» 2997 
chastoier 4851 
chasiis 3120 
chaucea 4187 
cbaocie 4401 
chaufer 4742 
chauE 4182 
chavea 4437 
cheminée 228 
cbemina 4401 
cbemise 4211 
chercier 4950 
cberir 4686 
cbevachier 4146 
chevalerie 4146 
chevalière 4140 
cbevaus 556 
cheveu 4225, 4437 
chichea 1646 
chiens 7024 
chiere 4225 
cbieta 4586 
chies 805 
cho 4182 
choisir 4393 
chose 43 
cha 4182 
chuquier 4689 
ci 4182 
cieb 4180 
denqaante 12995 ' 
ciergea 12094 
cia 4182 
citea 42ii7 
dtole 14972 
cil 4182 

Oladains 10283 (li Vers) 
Clamador 6671, 7858, 7899 (* 

Bruiere) 
ciaroer 4941 
clar«s 6338 



.195 

9 conjurer 4734 

3(Gh'af,anhàngerNogantâ) conneatnlilea lOT!) 

(adj.) conoiatre >^2 

•9 (sbst) conqiierre 4807 

4 consillier 821 



ae 4197 
mile 7185 
10817 



130 



15104 
7395 

4851 
4718 

i44 



GontenLiQce 423fl 
contenJre 649 

contraires d485 
contralier 3485 
contratendre 649 
contre 3485 
contredire 42Û5 
contrée 3485 
contrefaire 12756 
contremoQt 1143 
cootreater 1075 
contre val 5131 
r 7043 
r 1734 
convoitier 4111 
conroitiae (r. 10854) 
cope 0338 
coper 4709 
copiera 2997 
coragee 4225 
coi-B 4254 
eorecier 21)43 
corgie 6621 
corner 14972 
CornilloD 7402, 7928 (Site vo 

lehea, Bchlachtruf) 
Coi'nuaille, CornuiLlle 6655, 

(reich kCnig Ydiers) 
oorrocier 2543 
ooroner 4S50 
corre 4254 
cors 4139 (court) 4166 (cour) 

(corps) 14972 (cor) 
corauz 4225 
cortois 4166 

coûne 2009 (coasine) 3149 (cv 
ooster (v. 7542, 7677) 



coBtume 3275 
cote 4211 
coteaz 63B3 
couchier 12309 
coudre 4211 
couper 4709 
coûte 4211 
coatelz 6338 



coverture 4211, 10915 

covioe 79 

covrir 10915 

coz 4709 

craveater 4498 

creanter 4240 

creere 2009 

cremir 4547 

Creoretu 569S, 5744, 5810 (oheim 

Piuela le Brun, raubritter, berr 

vOD Boche-Bruae) 
crêpes 4437 
createalz 4344 
crestiener 1782 
creteaz 4344 
crever 4498 
criais 1450 
croire 4240 



croitrtre 4143 
croler 4309 

crotes 4407 

crnelz 4707 

cueua 15238 

cuellir 5010 

cuers 4225 

cui 4182 

cnlvera 1181 

cnm 10817 

cure (v. 13, 829) 

cuverB 1181 

daignier 4570 

Dairea 8166 (kaoig Darîvis) vgl. 

damages 2988 



dame 823, 1734 
damedex 823 
damoiaiaz 823 
Daueuiiirche 37, 418 
dangiers 303 
Danoù 449 
dans 823 
dansealz 823 
danser Xi'i-i 
de 11948, 15609 
deable» 15609 
dtiboaaireteB 256 
debrîsier 449S 
declioÎTre 4187 
deù 4182 
decivoir 4187 
declius 1084 
decoler 4718 
decoper 4708 
dedeue 3120 
dédire 4205 
deenÙDS 227, 10915 
défendre 4782 
defermer 10915 
deffubler 1901 
deSer 4519 
definemena 1092 
defoiz 4782 
defora 4241 
defroiauer 2586 
defubler 1901 
deguier 4570 
debaitier 225 
debee 225 
dehurter 4680 
dejoate 7002 
delaia 2557 
delea 2525 
delitablea 5010 
délit tiuaemeut 5010 
délivrer 1388 
délivres 1388 
demain 3006 
démailler 2578 
demalaire 256 



597 



îr 4197 
3 4830 

4141 
r 3673 
3 11099 
)3 
r 1143 

2557 
T 185 
5 

315 
!90 

2152 

7526 

430 

4190 

3 256, 4339 
^ 805 
r 998 
: 5131 
3 4498 

10915 

10915 

85 

8 

: 2804 

13695 

7417 
bler 2689 
ns 1150 
îr 4344 
:e 4950 
B 2177 

14972 
er 5535 

4187 
10915 
ir 12309 
lignier 2123 
er 7061 
3 12756 
•ter 4244 
tre 52 
er 22 
lier 821 



descoper 4851 
descorder 14972 
deacovrir 10915 
descrire 2632 
desdains 4570 
desdire 4205 
desduire 15104 
desegier 3733 
déserter 4946 
deservir 15065 
désespérer 3673 
deseure 2993 
desevrer 11095 
desgarnir 1551 
desgres 4527 
desi 4182 
desireter 2009 
desirriers 4111 
deslachier 4145 
desloialz 14335 
desloier 5618 
desmaillier 2578 
desmesurance 11099 
desmonter 1143 
desonerer 4190 
desor 1640 
desore 2993 
desos 2993 
despendre 6046 
desperemens 3673 
despire 4190 
desplaire 4441 
desploier 4304 
despondre 1164 
desprisoner 1728 
desque 4830 
desraisnier 4183 
desrees 22 
desrengier 998 
desrois 22 
desronpre 4498 
desroter 13216 
dessirer 4211 
destemprer 3006 
destendre 649 




598 



destorber 4946 

destraindre 1384 

destrece 268 

destres 14088 

destriers 556 

destrois 268 

destruire 4946 

desver 685 

desverroillies 4527 

desvoier 1734 

desvoluper 4304 

détenir 4239 

detriemens 291 

deus 15609 

devant 3006, 4220 

devenir 4208 

devers 7043 

devins 4133 

deviser 4185 

devoir 811 

dex 2487, 15609 

dez 3080 

diables 15609 

diaspres 657 

diemence 823 

diex 15609 

dignes 4570 

Diones 594, 595, 641 (obi. Dionet. 

^ire 4505 
dis 119, 3006, 4205 
disnement 4570 
disner 6338 
divers 7043 
dobler 12995 
docors 465'2 
doctriner 4851 
doi 12995 
doigaons 4267 
dois 4225 (doigt) 9504 (siège) 15104 

(source) 
doloir 2988 
dolz 4652 
doner 11724 
deniers 10657 



donques 4830 

dont 4830 

dorénavant 1640, 3590 

dores 4448 

dormir 11547 

Dos 8499 (von Carduel, Gifletsvater) 

doter 4547 

doz 4652 

dras 980, 4211 

drecier 3170 

drois 3170 

dromadaires 556 

dromons 556 

drus 1392 

duels 2988 

dai 12995 

durement 354 

durer 8860 

Durmars 90, 131, 223, 357 (obL 

Durmart) 
durs 8860 
dus 15104 
dusque 4830 
Duveline, Duvelline 6669, 7253, 

7278, 8047 (sitz des grafen Ënor) 
dyaspres 657 
Dyonise 6331, 6523 (eine der lOjnng- 

frauen wohl Geogenants dame) 
e 2487 
eages 168 
eals 4182 

eave (= aive) 4180 
efforcier 4244 
effroiz 1450 
el 4182 
elas 2487 
ele 4182 
elmes 7417 
emperials 15288 
en 11948 
enarmes 7417 
enbahir 4547 
enbanoier 4730 
enbarer 4344 
enbatre 2387 



>275 


Enoi- 8047 (graf von 1 


lire 4149 




ir 4225 


eapeser 6046 


■ 4946 


enpirier 4608 


iBB 1084 


enplir 388 


133S 


enpoigDier 31 


ir 4185 


enporter 430 


be 4950 


enprendre 4236 


1er 5535 


enprisoner 1726 


1084 


eiK^iierre '1807 


10915 


enqui 3006 


er 7061 


enragiet 685 


■8 3485 


eus 3120 


4851 


«D.aiec 3008 


IS30, 7613 


oiisanililB 26S9 


er 4166 


enaanglenter 4225 


W 


«Duiucbier 4214 


ns 3006 




c 11547 


,„..ign.a„!,.H 185 


4211, 10020 


i-u^eler Ol'Jl 


1640 


eneomble 2689 


8860 


ensement 2689 


1566 


enserrer 10915 


170 


enai 2286 


ru 452T 


eoBtormir 7002 





entaUlier 4727 


48 


entalenter 522 


•4244 


entasser 7061 


2421 


ectechias 188 


8354 


entendre '649 


1 1181 


enterchier 12995 


Het 42-25 


enterrer 4180 


2009 


enteser 649 


115 


entire 309 


r 115 


eotor 11095 


i 1966 


entomer 10020, 11095 


111 


ontracDÏntier 120 


iQaG436, 7152,8485,13743 


entraîner 4r>G(i 


ae Ton Ke) 


eiitraprouhier 7223 


: 4963 


entrataiodre 3409 


r 16 


entravera 7043 


«4245 


entrebaisier 11441 


4141 


entredire 4205 


6 


entredoner 11724 



600 



entrée 4315 

entreferir 4709 

entregarder 3812 

entrehurter 4689 

entrelancier 7417 

entremes 5082 

entremesler 272 

entremetre 5032 

entreprendre 4236 

entrer 4315 

entresaigne 7395 

entresait 3008 

entre venir 4208 

entreveoir 4393 

entroblier 4092 

entruels 4225 

entules 141 

enuis 16 

enuit 3006 

envain 250 

envair 7002 

envannir 250 

envellier 2256 

envenir 4208 

envers 7043 

enviellir 168 

envie 4393 

environ 4950 

envis 4111 

envoier 1734 

envoisies 117 

erbe 3141 

Erec 7150, 8453 (vgl. Eres Perg. 

1, 15) 
eritages 2009 
ermine 4211 
erraument 4444 
errer 4444 
es 10869 
esbadir 4134 
esbahir 4547 
esbanoier 4730 
esbatre 2387 
esbaudir 4134 
escameas 9504 



escarlate 4211 
escars 1646 
escarteler 12995 
escaver 4498 
eschais 3080 
eschaper 4211 
escharnir 1646 
eschars 1646 
escheoir 4693 
eschequerer 3080 
escheveluz 4437 
escbevis 1868 
eschielete 14972 
eschiver 134 
eschuiers 7417 
escient 4133 
esclariement 719 
esclas 4709 
esclavine 1079 
escliche 4682 
escluse 4344 
escole 284, 4851 
escolter 4207 
escondire 4205 
esconser 3930 

* 

esconter 4185 

escorcier 4716 

escorder 7591 

Escosse 6699, 7401 (kônigreich) 

escoulter 4207 

escraventer 4498 

escremir 129 

escrier 1450 

escrire 2632 

escroseis 2632 

escuellir 5010 

escuiers 7417 

escuz 7417 

esgaiole 5813 

esgarder 3812 

esgares 4444 

esjoir 4484 

eskiuz 134 

eslains 4963 

eslais 4963 



4190 


eataiDB 1581 


es 1026 


eatal 1075 


celer 6052 


eitaDchier 2613 


aa 1267 


ertendre 649 


oit 13364 


erter 520, 1075 


iter 1250 


estes 10869 


4225 


estei 6384 


r 4225 


estioceler 1280 


ir 3071 


estoile 4135 


tnJer (v. 5653) 


estoire 1551 


.elUer 4718 


estolz 775 


8811 


estoner 4694 


ires 1250 


eatordis 4694 


alz (V. 1181) 


estoces 1551 


3536 


estorgons 6338 


XB 4130 


estormir 7002 


r 3673 


estora 7002 


} 4225 


eatoutement 775 


jiB 1270 


estoTOit 1539 


8811 


eettaiers 4444 


iers 7024 


estrains 1384 


emeiiB 7061 


estrais 7101 


■ea 1250 


estroogler 4718 


3536 


estrangnes 4946 


■ 4393 


estre 148, 13490 


< 6338 


eetrien 6621 


^er 4304 


Mtrine 11724 


iter 1250 


eatm 10192 


. 3973 


estriver 10192 



fable 4185 




fiée 1736 


bcone 12756 




fiei 2009 


&ide 4327 




figure 1793 


foiUtr 12247 




fille 2009 


fullolar 6192 




filz 2009, 6158 


faindre 1018 




finer 1092 


taire 12756 




fins 4568 


faù 1188 




flahuter 14972 


fûsanB 6338 




flairs 4339 


btwe 6497 




flajoler 14972 


falloler 6192 




fianboier 4245 


laloir 12094 




9atu 4709 


fanier 8497 




fiaute 14972 


&iicoiiii 7024 




fluibei 1692 


fanuer 4568 




florir 6192 


favieler 4185 




floter 2581 


fealtes 4519 




foiU»» 6192 


febles 1692 




foia 882, 4519 


fechiere 3141 




foiecms 13216 


fee 1966 




foler 1037 


fel 1181 




fonder 4718 


Pel 3255. 3679, 5232, 7022 (li Fel de 


fondre 4718 


la Garde, e 


n raubritter) 


fon» 4718, 6158, 11782 


feme 14887 




fontenele 6158 


fendre 4498 




forbota 4267 


feneatce 4527 




force 4244 


fënû 1092 




forcele 4225 


FeDi»a 14753, 


15364 (kCnigin tou 


forcieB 4225 


lrUi)d,Durmarta dame ; Tgl.Ctiget 


fordore 10915 


bei Holland Chr. d. Tt. 48 uud 


foret 388 


Meraugie, 


bei Keller Romv. 


forfaire 12756 


599, 17) 




foroir 11724 


fer 4709 




forrez 4211 


ferir 4709 




fors 4244 


fenner 10915 




foraolore 10915 


fermir 4547 




forterece 4244 


ferrans 3773 




forsener 10285 


fers 3773 




forroier 1734 


fervertia 10020 




foBseï 4844 


fette 6384 




IbuK 1037 


fi 4519 




fraindre 2586 


Suider 4519 




frains 2421 


fichier 10915 




frana 4365 


fie 882 




frarina ««9, 4686 


flen4709 




frémir 4547 



608 



109 
!3 

14972 
7432 
1450 

42 

• 2586 

^25 

2586 

38 

192 

!44 

3536 

•95 

1946 

5 

180 

), 4682 

Br 4317 

966 

484 

354 

\ 7153 (Gavains bruder) 

!8 7153 (Gavai ns bmder) 

8 1181 

ie 4317 ^^ 

.830, 11606 

U 

3812 

Galaus 6659, 7487, 7960, 
(Graf des Gaut-Destroit) 

6662, 7402, 7897, 8135 
Cornillon; vgl. kônig Ga- 

im Lai du Cor 508) 
150 (li Chaus, Artusritter) 
!1, 420, 939, 2728, 152^4 
laies) 
3825, 5563, 5896 (= Dur- 

5923 (adj. f.) 
4437 
254 
7449, 7473, 8084 (sitz des 



graf Barndis = Gfalloway ; vgl. 

Martin Ferg.) 
gans 4211 
garantir 2300 
garconiers 865 
Garde 5029, 5216 (= Angarde 3 

tagereisen von Gladingeebieree 

jenseit des meerarmes, sitz des 

Félon.) 
garde 8812 
garir 2300 
garnir 1551 
gars 865 
gas 4205, 4441 
gasteaz 6338 
gaster 4946 
gaus 388 
Gaus-Destrois 7960, 13996 (sitz des 

graf Galans) 
Gavains, Gawains 1804, 5433, 5860, 

7146, 8191, 8410 
ge 4182 
gehir 4205 
geler 4742 
gemme 4211 
Genoivre 4538 (frau von Artu) 

gens "404 

gentilece 404 

gentiuz 404 

Geogenans 6164, 6241, 6366, 8760 

(Guivrets oheim, Dyonises ritter) 
germains 2009 
gerofles 6338 
gerpir 4963 
gerredons 11727 
gerroier 4327 
gésir 4935 
geste 2009 
geter 440 
gie 4182 
Gifles 7154, 8499 (Dos von Carduel 

sohn; vgl. Mant. maut. 526 ff. 

HoU. Cr. d. Tr. 202, 203) 
gigues 14972 




604 



gingebras 6338 

gironer 4950 

giuz 4730 

Gladinax, Gladineaz, Gladoins 3247, 

3601, 3716, 5299, 5308 (li Ver- 

malz, ritter) 
Gladingesbieres, Glandingesbieres, 

Glati ngebieres , Glastingebiere 

5330, 5415, 6004, 9321, 9366, 

9380, 9383 (Artus residenz) 
glais 923 
glaives 3536 
glatir 1450 
glise 4267 
goces 2145 
gonfanons 7395 
gorge 4225 
gorra 4484 
gote 286 

Graal 7377, 8448 
gracier 2768 
graine (v. 8547, 9142) 
grans ]966 
Grans chevaliers, rois 1815, 2045, 

2771, 2984, 10577, 10583 (= No- 

gdns) 

Grant-Montaigne 6gïJ^(gafensitz) 

gras 1868 

gr9,scier 2768 

grès 2768, 2804 

grever 2988 

grifauz 7024 

gris 1581, 4211 

gros 1868 

guaires 11606 

guarir 2300 

guenchir 11095 

guerpir 4963 

guerre 4327 

guerredonner 11724 

guez 11619 

guiches 4527 

gûige 7417 

guile 669 

Guincestre 4524 (li trésors de) 



guinple 51 

guirpir 4963 

guise 3169 

Goivres 5890, 5994, 6184, 6952 (H 
Blons, Durmarts knappe, Geo- 
gênants neffe, vgl. kônig Guivrès 
li petis im Erec. Holland s. 20) 

ha 2487 

habitacles 4267 

haidier 225 

haine 4566 

haire 4211 

hairons 7024 

haities 225 

halz 4214 

haper 4665 

hardis 2522 

Hardis 8477, 13131 (Li Lais, Kes 
neffe) 

harper 14972 

haster 6338, 4304 

haste 6338 

haubers 7417 

hauchier 4214 

haumes 7417 

hauper 4665 

hauster 4304 

hau^ns 4214 

hauz 4214 

helmes 7417 

henas 6338 

henir 1450 

herbe 8141 

herbigier 8773 

hermitages 4267 

bernais 6621 

hier 3006 

hisdoz 4492 

hocier 1545 

hom 404, 865, 1734 

honir 1573 

honors 4190 

hontes 1573 

horder 4344 

huchier 4941 



605 



6 




joer 4730 


8 4527 




joiaz 327 


38 1084 




joie 4484 


3363 




joindre 2689 


1689 




joins 942 


1 




joinz 6338 


1450 




joir 4484 


) 4185 




jolis 40 
jonciere 942 


2 




Jones 168 


4, 2035, 2389, 2509 (— 


Yde 


jons 942 


daîn, Cardroains dame) vgl. 


jors 3006 


13235 




Josefens, Josephens, Jozefens 26, 


5 




174, 411, 927, 3614, 5065, 9600, 


> 




12763, 13961 (kônig von Gales 


} 




und Danemarche, Artus vetter 


333 




Andelises gatte, Durmarts vater) 


4182 




joste 7002 


r, 4881, 5827, 11016) 




jounes 168 


(V. 1548) 




jovens 168 


i81 




ju 4182 


180 




juedis 6384 


J 




juer 4730 


1167, 1311, 1889, 1965 


( — 


jugier 4734 


de , Yrelande , reich 


der 


juglere 4730 


in Fenise) 




juiaz 327 


87, 7437, 7456, 7935 (= 


= 11- 


juise 4734 


sles, ein kônigreich) 




jurent 4935 


720 




jurer 4734 


• 




jus 3120, 6338 


15 




justicier 4734 


531) 




kar 10817 


84 




Kardroins 2390, 2405 (= Cardro- 


1448 




ains) 
ke 4182 
Kes, Kez 5438, 7005, 7083, 7660, 


30 




8353, 12946 (— Ques. Seneschal 


11606 




der Bretagne ; vgl. anm. 160) 


225 




keus 3159 


4317 




keusdre 4211 
ki 4182 


35 




r 4182 


[) 




la 3120, 4182 


>551 




labors 3007 
laceis 4145 



tacier 4145 


les 268, 2525 


laeni 3120 


li 4182 


Iftfora 8120 


lice 4344 


laidengier 4492 


ticies 4149 


UienB 3120 


liegea 1736 


lais 4492, 14372, 15603 


liepara 7024 


LaiB-Hftrdia (v. Hardie) 


liée 4484 


lai88iet 4903 


liez 4484, 12309 




liges 1736 


lajuB 3120 


ligietB 990 


lamont 1143, 3120 


Limerifl 10673, 10969 (Peaieee 


lamproie 6338 


linages 2009 


lance 7417 


linges 4211 


LaooelM MS5, 7147, 7281, 7953, 


lina 4211 


343» (del Lac) 


lionceaz 7024 


lanoiera 7417 


lions 7024 


lande 388 


lire 5010 


Undoc 2005, 2014, 2042, 2316, 


lis 3141 (lis) 5010 (lit) 


10594 (Ides rite, 5 wochenreiïen 


Lis 8478 (Braos de) 8529 (M etiim 


von Limeri) Tgl. anm. 13235 


listel 4149 


laniera 1181 


liupun 7021 


lard» 6338 


live 11099 


krgece lIMfi 


livrer 1388 


laimoier 5196 


liwee 11099 


Urris 388 


loalz 14335 


laa 2487, 4963 


loee 11099 


laaqnier 4963 


loer 1202 


lane 4145 


loge 228 


liiwer 4963 


loiates 14335 


la«ier 520 


loier 5618 


iMuaSm 


loiers 1202 


laver 6338 


Joins 2384 


lu 4145 


lois 14335 


le 4182 


loiiirs 3006 


Urnu 107 


longe 2384 


legien 990 


loDtaiQS 2384 


lengagea 4205 


lor 4182 




loriew 2997 


lentilloz 107 


lors 4182, 4830 


lermoier 5196 


losengier 669 


lerree 115 


loE 1202 


les 2525, 4182 


lues 4830 


letre» 2632 


lui 4182 


lever 4581 


luisir 4245 


lévriers 7024 


Inminairea 4245 



135 




mantiaz 4211 


7024 

3 




mw 4608 
marche 4149 


2522 

î 




marcliiez 4267 
marcis 4149 


2 




mardis 6384 


417 




mares 4309 


er 4407 




miiri tiges 14887 


r 2578, 4709 




Marie 5843 (Sainte) 


0O6 




marii 731, 14887 


3873 




maroniers 4180 


3169 (main) 


4139 (moinB) 


mars 10657 


(maiat) 




marteler 4709 


lant 4239 




martire 4761 


lir 4239 




massele 4225 


43, 6384. 11374 


mater 4718 


3 3873 (Tgl. 


machoner) 


matere 4185 


3873 




matins 3006 


.3873 




maudire 4205 


s 384 




rnavaistes 4608 


ntare 1150 




me 4182 


lis 1198 




meciner 2300 


i78 




mefTaÎB 12756 


i 12756 




mehains 4716 


2804 




meismea 4182 


iea 225 




MelJan8852y de Lis. Tristana neffo ; 


2578, 7024 




vgl. Eolland s. 202, a. 3) 


2578, 4709 




mellee 1644 


ler 4141 




mellors 4138 


re 5032 




mélodie 14972 


rre 4807 






i08 




membres 4226 


:s 10235^ 




raenchonge 669 


na 522 




mener 4141 


1 4608 




meaestreas 3637 


e4808 




mentir 669 


3873 




mentoDs 4226 


4211 




mennement 354 


4197 




menus 4139 


}r 4141 






t 333 




mercier 2768 


1 8169 




mère 2009 





Artuaritter) 


merveller 6052 


Morea 6400, 6652, 7708, 7781 


met 4182, 5032 


morir 4716 


meaaveDir 1150 


mornea 731 


mescheonce 4693 


Moroia 4945, 5051, 800S (Bmna a 


mwchiei 805 


achlachtraf ; vgL Maroia = N 


meachine 233 


roae, Martin Ferg. XXI) 


rnÈBcreaus 4-340 


morre 4267 


meedite 42(lf. 


mors 27a, 4716 


meure 865 


moaniere 4267 


mesler 272, 1644 


mo8ti«ra 4267 


meBpasaer 2122 


mortrer 185- 


mespenser 4142 


moU 5131 


meapriMas 4236 


moutona 7024 


mesqueranoe 4807 


moToir 13364 


roeasagea 5032 


moz 119 


meatiera 3637 


mucier 5275 


meaaure 11099 


mne 4745 


mètre 4851, 5032 


mueblei 13364 


meublea 18364 


muer 685, 4745 


mi 703, 4182 


mnle 6338 


midia 703 


mnra 4344 


mie 286 


mua 7601 


miech 4138 


nacele 835 


mielz 4138 


nagier 835 


mien 4182 


naie 11606 


mille 12995 


nilina 1966 


miUora 4138 


naiatre 10558 


mirer 3065 


naiatrea 4339 


mirea 2300 


nape 6338 


mia 703, 11374 


nature 10558 


moi 4182 


navrer 4716 


moie 4182 


ne 11606 


moiUiera 14887 


nel 3218 • 


moinea 4267 


nenil 11606 


mois 6384 




moitié* 703 


nera 4225 


moliere 4309 


nea 835, 1026, 3218, 4225 


molina 4267 


neaunâ 11606 


molliern 14887 


Dez 4225 


roolt 354, 4143 


DÎcetea 194 


mon 4162 


nièce 2009 


mona 1143 


nient 286, 11606 


montaigne 1143 


niea (284) 2009 


Mordrea 7154, 7658, 8347 (Li Petia, 


nigreroance 4734 



609 



14887 


ombrages 4245 


;8 


omnipotens 2366 


as 10587, 10639 (= li grans 


oncles 2009 


valiers, rois Fenices vetter) 


ongemens 2300 


1 286 


onkes 4830 


4718 


onorer 4190 


1581 


onquemais 1790 


Î86, 4742 


onques 4830 


1450 


or 4830 


res 12995 


orages 1037 


er 4941 


orains 1640 


1606 


Orcanie 6697, 7741 (kônigreich) 


aloir 4742 


ordener 998 


jr 4205 


ordes 4339 


4267, 12995 


ore 3006 


4941 


orelle 4225 


1581 


or endroit 1640 


775 


ores 1037 


3812 


orfenius 2009 


L82 


orfrois 3007, 4448 


4182 


orges 14972 


14972 


orguelz 775 


5 4163 


orine 2009 


4135 


oriere 4149 


11606 


orlez 4149 


1006 


orphenins 2009 


2988 


ors 4448 


3r 4205 


oser 2522 


0020, 11606 


ostages 3733 


196, 4220 (Ydiers vater) 


osteler 3418 


2, 11948 


oster 2618 


4092 


ostes 3418 


rement 4245 


ostoirs 7024 


onB(v. 10327) 


ot 11948 


4718 


otre 4248 


948 


otroier 4240 


4383 


ou 4182 


606 


outre 4248 


!07 


outrepasser 2122 


4444 


outrequidance 632 


009 


outrer 4248 


z 7024 


overs 10915 


PS 2997 


ovrer 3007 


4248 


ovrir 10915 


= hom) 


oz 3773 


irmars 


39 



paageB 8354 
pages 865 
pftier 8354 
pailes 4211 
paiiidre 1581 
paine 47Sl 
paina 2123, 6838 
paù 520, 4327 
pals 4180 
paùtre 6338 
palais 4267 
p&lefroû 556 
paUr 272 
pana 3071 
paona 7024 
paon 1250 
par 354, 1 1948 
paradis 4180 
parages 2833 
parcivoii* 41f<7 
paruoDS 2152 
pardeles 2525 
pardevant 3097, 4220 
pardoner 11724 
parelz 2833 
parens 2833 
pater 10020 
parestre 13490 
parfaire 12750 
parfona 4718 
paijuis 4734 
parler 322 
parliez lit) 
panuain 3006 
parmi 70!i 
paroi r 425^ 
parole 119 
para 2152 
parservir 15065 
parai 2286 
parsiwir 2648 
partit 2152 
pas 286, 2122 
paschor 6384 
pasmer 272 



passer 2122 
pastes 6338 
paunioier (v. 4669) 
paut«iùen 1181 

paves 4401 
pecliieï 2522 
pechoier 7526 
peignoDcias 7345 
pelerias lO80 
pendre 6046 
pener 4761 
peneuB 4761 
p«nitaiice 4851 
penne 4149, 4211 
peoaer 4142 



perce 4682 

Percevaus , Percevauz , Perceni, 
Percheval, Perchevals, Petciw- 
vauz 3741, 4643, 5438, 7149,733», 
7339, 7353, 8446 (li Oahût) 

percier 4498 

perdre 4130 

père 2009 

perece 2522 

periere 4448 

perilloz 303 

perins 4448 

pers 2833 

persone 404 

perte 4130 

peser 6046 

petis 4139 

pièce 3710 

piech'a 3710 

piere 4448 

pietés 4803 

piez 4225, 4803 

pignes 4437 

pignons 7395 

Pinels 5700 (li Bruns, Creonu 
netfe ; Tgl. Pioabel , Qanelai» 
bnider) 

pior 4608 

pire 4608 



S25 porceBsions 15609 

4803 ponnener 4141 

!25, 4608 porpenser 4142 

2833, 4267 porpoins 4211 

er 4441 porpre4211 

4716 porprendre 4236 

Ire 5196 pore 430 

388. 4317 portant 10817 

4441 porte 430. 4344, 4527 

4441 porter 430 

3na 4682 pou 4139 

1 2833, 4317 poucina 6338 

!ra 388 poyrea 4686 

sr 2997 . poz {v. 1778) 

!a 388 ' pr&elz 4317 

!833 pree 4317 

irs 388 premeraina 227, 305 

4441 piendie 4236 

4304 prea 3495 

4448 proBeDB 11724 

' 5196 presae 13216 

154, 4143 preater 3495 

2366 pteatres 15609 

M 2866 preua 3420 

139 prez 4317 

eÎ8 31 prier 4125 

4225 primes 305 

ro 31 princiera 305 

31, 12700 prinatena 305 

286 pria 4190 

iB 6338 priflier 4190 

,iice 2366 prisona 1728 

113 6338 proceasions 15609 

la 4225 prochaina 7223 

ne 4225 IVoeidas 0!)ii4(Feoicea lehnsmaoo, 
ta 6338 herr des iiiulilewchloUes) 

286 prodom 3420 

ta 7417 proece 3420 

2366 proie 115 

leÎB 31 pioter 4i25 

4844 proiaier 4190 

2366' yromer^ina ^05 

, 404 pcometre 5032 

1948 promiers 305 

acilr 4185 provance 7172 



pMlt«re> 14972 

piic«Ie 233 

puis 4830 

ptuneas 7417 

pnnaia 4339 

pu» 1026 

qpaaa 1621 

quant 10817 

qnar 10817 

qoare 12995 

qnu 2586 

qnBwier 2586 

qn^treriDi 12995 

que 270, 4182, 11606 

quels 4182 

qoeiiB 15238 

qnerre 3159 (coire) 4807 (chercliâr) 

Ques 5438 (= Ke«) 

qneste 4807 

qui 4 82, 6375 

quidien 632 

quinse 12995 

qnûae 4225. 

qoites 4883 

rabotre 2387 

Tachater 8354 

racointier 120 

raconter 4185 

racorder 14fl72 

ladea 1398 

ndrecier 3170 

raemplir 388 

raencbona 8354 

rafichier 10915 

raier 8497 



rameDtevoir 4092 
rames 2997 
ramper 595 
racdir 5507 
randon 5507 
rapelei 4941 
raserabler ï689 
rasenet 10235 
râspÉa 6338 
raauager 3176 



raingie ^W 

raina 2997, 4225 

rais 8497 

raisons 4183 

râler 595 

raloier 5618 

ramembrer 4092 

ramener 4141 remetre E 



ravoier 1734 
raroir 4242 
reboles 4479 
reboter 4709 
receler 5275 
recerceles 4437 
reces 5275 
reclamer 4941 
recoivre 4240 
recommencier 7185 
réconforter 4244 
reconoistre 52 
recorder 4092 

1340ft 

4240 
reculer 11095 
recuis 315!) 
redoter 1547 
redrecier MtO 
reeetre 13490 
referir 4709 
reflan bloier 4245 
refroidjer 4742 
regars 3812 

règnes 2421 (rSac) 15238 (r^ru) 
regnencbir 110!>5 
rehaitier 225 
relever 4581 
relique 4963 
reluisir 4245 
remander 4197 



remirer 3095 
remonter 1143 
removoir 13364 
remuer 4745 
remuées 4479 
rendre 11724 
renfuser 4383 
rengier 998 
rengrever 2988 
renomes 4941 
renoveler 4163 
rens 998 
rensaucier 4214 
renvenir 4208 
renvoier 1734 
reons 4950 
repairier 2009 
rependre 8, 6046 
repentir 4851 
reponre 1164 
répons 11297 
reposer 1164 
reprendre 4236 
reproche 7223 
reprover 7172 
requerre 4807 
resaillir 7002 
resaisir 4665 
resbaudir 4134 
rescinteler 1280 
resclarcir 719 
rescorre 1388 
resembler 2414 
resgarder 3812 
resjoir 4484 
resnes 2421 
resoignier 3637 
resoner 14972 
resors 4581 
respasser 2122 
respis 2557 
resplendir 4245 
respondre 11297 
resposer 1164 
resquere 1388 



Rome 600 


savoir 4133 


rompre M98 




concia 556 


M 2286. 4182 


roMe4135 


sebelîps 4211 


roK» 3141 


secorre 4254 


roseignoB 7024 


Becri» 5275 


rouez 107 


soi 4182 


rortir 3159 


aeigBJer 9564 


rote 13216 


aeignorie 168 




BejonSOOe 


rover 4125 


sel 3218 


rubertM 1868 


sele 6621 


robiiis 4211 


selonc 2384 


rue 4401 


seb 6338 


niiaelz 6158 


semblance 2689 


ruistece 1868 


sembler 2414 


B* 4182 


semondre 4197 


te. 4182 


Bene&ance 9564 


sachier 4665 


senee 10235 


«acremena 47â4 




Bages 4133 




Sagremora, Saigramors B4S7, 7149 


seoestreg 14088 


7305. 7955, 7979, 8482 (U des- 


senglecH 7024 


rees, K%$ génoise) 


aengnier 9564 


saignier 4225, 9564 


sens 10235, 11948 


Baigaorie 163 


sent 12995 


Baillir 7002 


setite 4042 


saiiu 4159, 15609 


sentir 4042 


Buiretoeua 4734 


BOoii 3733 


aairine 4665 


BeraisB 2240 


sale 228 


serer 10915 


salière 6338 


serw719 


Balner 4159 


seijans 865 


samahie 6384 


sermona 4205 


eamis 4211 


«errer 10915 


untme 6621 


aéra 865 


saner 4159 


aerrans 865 



Bantea 4159 
sapins 2997 
■aumona 6338 
oatiB 4l5d 
savages 4946 
Huve nient 4159 
Baveroa 6338 



seuls 227. 
aenre 2993 
«eiir« 10480 



615 



8 23 
3 3733 
4182 

375 

835 
ier 9564 
ece 12995 
s 7024 
les 1581 
68, 865, 14887 
2648 
6338 
•e 4254 
jrs 10657 

4745 
ndre 101 
lier 225 

rl82 

211 
3637 
2240 
4730 
ers 10657 

4211 
T 4581 

4135 
( 228 

3275 
; 2384 
0657 
lier 11547 

4197 

Are 4197 
182 
14972 -* 

de Nansay (anm. 13235) 
jr 11547 
6338 

idre 4236 
93 

4211 

4581 
r 4581 
Qter 1143 
ndre 4236 



sorrire 4484 

sortir 4315 

sors 1581, 4207 

sorvenir 4208 

SOS 4182 

sospirer 5196 

sosprendre 4236 

sosrire 4484 

sossages 4133 

sostenir 4239 

sotainement 227 

soumiers 556 

souper 6338 

souz 227 

sovenir 4292 

sovent 4830 

soverains 2993 

suer 2009 (soeur) 

suer 4742 

sues 3176 

sus 3120 

t' 4182 

table 3080, 6338 

Table -Eeonde 7181, 7242, 7812 

(t= la Reonde Table) 
tabors 14972 
taillier 4727 
taindre 1581 
tains 1581 
taire 7601 
talens 522 
talons 4225 
tans 1621, 3006 
tant 286, 10817 
tantost 2964, 4830 
tapis 286, 7601 
targier 2557* 
tas 7061 
te 4182 
teche 188 
tempre 3006 
tencons 10192 
tendre 649 
tenir 4239 
tenres 1868, 4707 



teiu 3006 

Umte 649 

tentir 649 

terdce 13409 

tennee 3006 

tomÛDes 8006 

terre 4180 

tertres 4180 

teamoignier 4734 

terte 4225 

ti 4182 

lien 12005 

timbres 14972 

tirer 7101 

tochier 4709, 13409 

todia 4830 

toi 4182 

toise 11099 

tojora 4830 

tolir 5676 

toneas 6338 

tons 1450 

torbler 4946 

torele 4344 

tomeU 4344 

toraer llOflS 

tornâoîes 11095 

tornoJB 7002 

tors 695 (tort) 805 (tout) 4344 

torte 286 

tortins 12094 

toB 309 

toselz 233 

tosete 233 

toït 2064, 4830 

toatcQH laso 

tôt 354, 11948 

Tot7148(8ohn des kSaig Are^=Toi;, 

Tors, Hecton, Platoia im Uant. 

Haut. 285, 701) 
toi 809 
trahir 115 
traincbler 4727 
traire 7101 
tcaisops 115 



traitie 7101 
traitiz 7101 



4211 
trancbie 472? 
travillier 3007 
trebnchier 4693 
trece 4437 
Ij-echis 4437 
tieiUie 9510 
trembler 4547 
treocheis 4344 
trente 12995 
trépasser 2122 
treB 354, 11948 
trescouper 4709 
treslies 9510 
trésors 10657 
trespasser 2122 
trespenser 4142 
trespercier 4498 
treapnisque 4830 
trestomer 11095 
tricberie 115 
trier 291 
triper 4693 
Trietans 8512 (vgl. 
tristors 731 
trives 4327 
troer 4498 
troi 12905 
tronchous 7417 
tronpet 14972 
trop 354 . 
tropeas 13216 
tsosser 6621 
trotiers 4254 
trover 4130 
trOE 4254 
tu 4182 
taalle 6338 
tuer 4718 
Tnlas, Tulaz 7155, 7657, 8346 (d 

la Déserte, Attns litter) 
Tul&z 7151 (de Roge-Hont^ Alto 



m.) 



le 4344 
es 14972 
7101 



.ges 4245 
it 1084 



. 7078 (Yvs 
. 3275 



verdoier 1581 

TBTge 4682 

veigien 4317 

veritoB 4568 

vemaz 1581 

vermilleS 1581 

Ternis 1581 

ïers 1581 (vert) 

Li Vera cbeTaliecs 10085 ( = Clo- 

dains) 
verser 7048 
vertes 4568 
vertua 2522 
ves 10869 
veapreB 3006 
veatir 10020, 
veve 14887 



187 
5131 
ce 4213 

1793 

4213 

6661 (= 

4213 
■t 250 
ï 1793 
ilSl 
or 865 



ter 4371 
1150, 4208 



viaires 4225 
viande 361 
vie 10558 
vieler 14972 
vielle 14972 
viellece 168 
vielz 168 
vies 4564 
vigne 4317 
vigore 10558 
vile 4267 
vilE 4564 
Tiuùalle 46S2 
vinH 6338 
virgiaelmeiit; 233 
vira 1581 

viB 518, 4225, 10558 
visages 4225 
viseuz 2146 
vistes 5720 
vivre 10558 
vo 1867 
voer 9744 
voiagea 1734 
voidier 226 
voie 1734 
voier 2487 



618 



▼oirs 4568 

vois 226 (vide) 1450 (voix) 

Yoifloz 2146 

volages 219 

Yolentes 4181 

voler 219 

voloir 4181 

voltis 4407 

vos 1867 

vostre 4182 

votes 4407 



vraement 4568 

vuis 226* 

weer 2613 

Tde 2014, 2031 (= Ida) 

Yder, Ydier 1 ) 4196, 4203, 4481, 4525, 
7157, 7952 (Nus sohn), 2) 6655, 
7251, 7319 (k5nig von Gomuaille) 

Yrlande 1333 (= Irlande) 

Ysles 6687 (= Isles) 

Yvains, Ywains 5434, 6970, 
7106, 8427 



619 



INHALT. 



Li romans de Durmaxt le Galois s. 1. 
Nachschrifk des herausgebers s. 445. 

I. s. 445. 

II. Die handschriffc s. 448. 

III. Inhalt des romans de Durmart s. 467. 

IV. Litterargeschichtliche bemerkungen s. 499. 

V. Linguistische bemerkungen s. 518. 

VI. Metrische bemerkungen s. 532. 

VU. Erklârende anmerkungen und verbeGerungen s. 534. 
Nachtrag s. 584. 
Register s. 589. 



621 



tîBERSICHT 



Uber die 



einnalimen und ausgaben des litterarischen vereins 

im 25ten ^erwaltungsjahre yom 1 JaHuar bis 31 December 1872. 



Einnahmen. 

A. Reste. 

I. Kassenbestând und zeitliche anlehen am schlofie 

des 24ten verwaltungsjahres 

IL Ersatzposten 

III. Activausstânde 

B. Laufendes. 

I. Fiir verwerthete vorrâthe frûherer verwaltungs- 
jahre 

II. Actienbeitrâge 

III. Fur einzelne publicationen des laufenden jahrgangs 

IV. Zinse aus zeitlichen anleben 

V. Ersatzposten 

VI. Verschiedenes 

C. Vorempfânge von actienbeitrâgen fur die folgenden 
verwaltungsjahre 

Ausgaben. 

A. Reste 

B. Laufendes. 

L Allgemeine verwaltungskosten (darunter die he- 
lohnungen des kassiers 204 il. 53 kr. und des 
dieners 30 fl.) 

IL Besondere kosten der herausgabe und versendung 
der vereinsscbriften. 

1. Honorare 

2. Druck- und umscblag-papier 

3. Druck 

4. Bucbbinder 

5. Versendung 



0. Provisionen 



7. Verscbiedenes 
('. Vorauszablungen . 



Somit kassenbestând am 31 December 1872 
Hiezu ausstehende actienbeitr&ge u. s. w. 



fl. 



5193 

11 

209 



173 
3421 

179 



66 



9255 



446 




5527 



hr. 

56V» 
30 

47 

22V, 

11 

39 



26 



43 



24 
42 
5 
51 
42 
34 
48 



49 
37 

15V, 

52V« 



622 

Anzahl der actien im 258ten yerwaltangsjahre: 

einzelactien 332, 
lebenslftDgliche 10. 

NeueingetreteDe mitglieder sind: 
Herr J. Bocher, professor an der Harvers-Universitftt in Cambridge. 
Herr Cohen, bachh&ndler in Bonn. 

Herr W. Hermann Fraeauff, professor in Litiz in Pennsylvania. 
Graz: k. k. Universitfttsbibliothek. ^ 
Herr Ëlimar Grube, stadent in Tûbingen. 
Herr Hefele, kaplan in Denkingen. 
Herr dr Ernst Hôpfner, director der realsclmle zom h. geist in 

Breslau. 
Herr dr Oskar Jftnicke in Berlin. 
Herr Karl Mttller, maler in Frankfurt a. M. 
Mûncben: litterariscb-artistische anstalt. 
Rastatt : Gymnasiumsbibliothek. 
Herr dr Karl Schrôder in Leipzig. 
Herr Wilhelm Spemann, bachh&ndler in Stuttgart. 
Herr Ludwig Steffen, buchh&ndler iu Hildesheim. 
Herr dr Elias Steinmeyer in Berlin. 
Strafiburg: kaiserliche apiversit&ts- unâ landesbibliothek. 
Herr Leone Weill-Schott, bankherr in Mailand. 
Herr Emil Weller in Nûrnberg. 
Herr Otto Welter, advocat-anwalt am k. rheinisclien appellations- 

gerichtshof in KOln. 

Tabingen den 26 Merz 1873. 



Der kassier des litterarischen vereios 
universit&ts-secretâr RoUer. 

Die nchtigkeit der rechnung bezeugt 

der rechnungsrevident 
kreisgericbtssecret&r Sautermeister. 



r 
■ 

» 



.1